dimanche 12 juillet 2015

Tableaux numériques interactifs : des solutions 10 fois moins onéreuses auraient été préférables

Québec aurait pu trouver des solutions 10 fois moins chères au lieu d'imposer au coût de 240 millions de dollars des tableaux blancs interactifs (TBI) dans toutes les écoles du Québec.

Ce plan du gouvernement libéral de Jean Charest, poursuivi par ses successeurs pendant cinq ans, n'était « aucunement une décision réfléchie », conclut une étude, dont le résumé a été obtenu par La Presse Canadienne.

L'étude, réalisée par un centre de recherche de l'Université de Montréal, a été effectuée auprès de 6000 élèves et 400 professeurs.

Elle révèle que les tableaux blancs interactifs comportent certains avantages, mais qu'ils ne sont pas mis en valeur. Les enseignants manquent de formation, les problèmes techniques sont nombreux et les élèves interagissent trop peu avec cet outil pédagogique.

En somme, selon cette vaste enquête du Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE), l'achat de projecteurs électroniques à un coût bien moindre aurait été préférable pour la grande majorité des profs.

Ainsi, un projecteur numérique HD peut se détailler environ 600 $, tandis qu'un tableau interactif de trois pieds par quatre peut coûter entre 7000 $ et 8000 $.

Qui plus est, un tableau de ce format est mal adapté pour une classe habituelle parce qu'il est trop petit pour être bien vu, alors qu'un projecteur numérique est un outil beaucoup plus flexible qui peut être ajusté en fonction de la taille de la classe.

« Arrêtez de nous faire croire que le tableau blanc interactif est la huitième merveille du monde », a dit le chercheur Thierry Karsenti, du CRIFPE, dans une récente entrevue.

jeudi 9 juillet 2015

Cégep — Prof de philosophie « engagé » qui corrige les problèmes d'ECR

François Doyon (ci-contre) est un professeur de philosophie « engagé » au cégep de Saint-Jérôme. Il écrit dans le Huff Post Québec, un organe de presse « progressiste ». Conformiste et majoritaire donc.

Il n’aime pas la religion. S’il faut le croire, « La dernière fois que j’ai assisté à un office religieux, les funérailles de mon grand-père Doyon, j’ai perdu connaissance. » Il a conclu de sa faiblesse que « faire participer des enfants à un rite religieux devra un jour être considéré comme un crime contre l’humanité. » Rien de moins...

« Au lieu de devenir agriculteur ou prêtre, j’ai décidé d’étudier la philosophie à l’université. » François Doyon est né en 1976... Était-ce là vraiment les seuls choix qui s’offraient à lui dans les années 90 ?

« C’est ainsi qu’à chaque session depuis janvier 2007, j’apprends aux jeunes comment devenir souverains de leur esprit en enseignant la logique de l’argumentation et en leur montrant par mon exemple que rien ne doit échapper à la critique rationnelle. »

La belle humilité.

« J’enseigne qu’il est nécessaire de critiquer toutes les croyances, »

Y compris la croyance qu’il est nécessaire de critiquer toutes les croyances ? Au fait, comment savoir si une idée, une affirmation, est une croyance ? En la critiquant ? Cela ressemble surtout donc à tout critiquer. Mais est-ce même possible si tant est que cela serait systématiquement souhaitable ?

« y compris les croyances religieuses. Malheureusement, je constate que l’immense majorité des étudiants qui ont suivi les dix années du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR) sont persuadés que toutes les croyances religieuses sont également bénéfiques. »

Et le gouvernement du Québec nous avait promis que le cours ÉCR n’aurait aucun effet sur les croyances envers les religions des élèves ! Juste des faits, des rites, des phénomènes... Promis, juré.


« Je suis très fier de ce que j’ai accompli pour leur prouver le contraire, et je pourrais d’ailleurs donner de nombreux exemples de réussites à cet effet. »

Il est beau de voir cette autosatisfaction avouée avec une telle candeur.

« Ce que j’aime le plus dans l’enseignement de la philosophie, c’est la transmission de l’héritage de sagesse qui a libéré mon esprit de la religion catholique. »

Cela ressemble quand même à un règlement de compte personnel, à du prosélytisme : l’imposition, pardon, la « transmission » à tous ses élèves captifs de sa « sagesse » (ses croyances, ses préjugés philosophiques).


mercredi 8 juillet 2015

Nombre d'heures de français en diminution alors qu'une majorité de décrocheurs en 5e secondaire échoue en français

Alors que le nombre d’heures de français (et de matière donnée en français) a sensiblement diminué ces dernières années pour faire place à plus d’anglais, on apprend que pour la majorité des élèves qui décrochent en cinquième secondaire, c’est leur échec en français qui les éloigne de leur diplôme.

C’est l’une des conclusions du document intitulé Les décrocheurs annuels des écoles secondaires du Québec, mis en ligne récemment sur le site du ministère de l’Éducation.

« Ça consacre l’idée que le pire retard est celui en lecture. Ça finit par affecter la pensée », affirme Égide Royer, spécialiste en adaptation scolaire et professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval.

La publication dresse notamment un portrait des 22 % de décrocheurs qui abandonnent l’école alors qu’ils étaient inscrits en cinquième secondaire et permet d’identifier ce qu’il leur manque pour obtenir leur diplôme.

Dans 64 % des cas, ces décrocheurs avaient échoué à leur cours de français.

Et si on enseignait d’abord le français dans les écoles du Québec ?


Voir aussi

Québec — Le taux d’échec en français bondit en 5e secondaire

Un nombre record de cégépiens faibles en français

Quatre cents heures d’anglais de plus, centaine d’heures de français de moins ?

lundi 6 juillet 2015

Traitement cosmétique ? Le décrochage au Québec est-il vraiment en baisse ?

Depuis quelques années, le taux de décrochage est en « légère diminution » au Québec. Il est passé de 20,3 % en 2007-2008 à 16,2 % en 2011-2012. « Cette diminution est attribuable à l’augmentation des qualifications décernées », peut-on lire dans la Bulletin statistique de l’éducation.

Il s’agit de nouveaux parcours mis en place au secondaire, comme le certificat de formation à un métier semi-spécialisé et le certificat de formation préparatoire au travail. Dans ces deux cas, il n’est pas nécessaire d’avoir réussi la deuxième année du secondaire pour y être admis.

Égide Royer, spécialiste en adaptation scolaire et professeur à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, trouve le phénomène très préoccupant. « On vient consacrer la sous-scolarisation des garçons en difficulté », qui obtiennent en grande majorité ces certificats. Si l’on exclut ces nouvelles qualifications qui ne sont que de la « fausse représentation », le taux de décrochage au Québec fait du surplace, souligne cet expert.

Source : Bulletin statistique de l’éducation, Les décrocheurs annuels des écoles secondaires du Québec, ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

samedi 4 juillet 2015

Des nuisances de l'éolien

Claude Brasseur, mathématicien, chercheur, et fondateur d’un centre de recherche sur les énergies renouvelables se penchent sur les nuisances de l’éolien.
Le sénateur John Madigan a remis à la presse le rapport intermédiaire du Sénat australien (1) sur les effets sanitaires des éoliennes industrielles (IWT, Industrial Wind Turbines). On y lit que les sénateurs ont été profondément affligés par les propos et les méthodes du lobby des énergies renouvelables, des promoteurs et des fabricants d’éoliennes industrielles, de certains fonctionnaires ou membres du personnel académique (2) qui tournent en dérision et raillent les victimes, victimes qui tentent de décrire leurs souffrances.

Les sénateurs australiens se déclarent sensibles aux malheurs des familles qui ont dû fuir leur maison et qui, faute de moyens, errent dans la misère. Une famille a dû fuir une maison occupée depuis 5 générations ! À distance des usines éoliennes, constatent les sénateurs, la plupart des victimes guérissent. La thèse du « nocebo » présentée par le professeur Simon Chapman n’est pas retenue. Chapman nomme le « syndrome éolien » « une maladie de communication », donc d’origine psychologique et générée par le fait qu’on parle des éoliennes industrielles.

Les sénateurs estiment que des normes doivent être établies. Ces normes doivent éviter les souffrances bien réelles des victimes. L’État australien a pris position : ces normes devront être respectées.

Le rapport concerné est évidemment beaucoup plus long et il s’agit ci-dessus de l’essentiel des § 13 à 16 et LA question que tout le monde peut se poser est : comment a-t-on pu installer 200.000 éoliennes industrielles dans le monde sans que des normes objectives soient fixées pour protéger les populations de ces machines (3) qui, de plus, vivent à 50 % d’aides de l’État ? Il y a même un État, le Québec, qui construit et installe des éoliennes industrielles alors qu’il est « noyé » dans l’électricité de ses barrages !

Une escroquerie peut durer des décennies. Pour qu’elle cesse, il faut qu’un individu courageux trahisse l’omerta, la loi du silence, et porte à la connaissance du public le contenu des documents internes de l’entreprise où il apparaît que les escrocs savent parfaitement qu’ils nuisent (4).

C’est ce qui est arrivé en Australie où Pacific Hydro a confié à un acousticien, Steven Cooper, une enquête auprès de victimes d’éoliennes industrielles. Les 1.000 pages de son rapport témoignent des dégâts liés aux éoliennes industrielles et montrent qu’il s’agit plus d’effets cumulatifs que de sensibilité immédiate (5) et sur cette base Pacific Hydro s’est permis d’affirmer qu’il n’y avait aucun lien entre les infrasons des éoliennes industrielles et les plaintes des victimes…

C’est pourtant le rapport de Steven Cooper qui a déclenché l’enquête du Sénat australien dont le rapport final sera présenté au mois d’août 2015. Pour la première fois, une autorité politique s’inquiète de la santé des citoyens face aux éoliennes industrielles ! Précisons que, questionné par le Sénat, Steven Cooper a signalé que son contrat lui interdisait d’utiliser les éléments de son travail (5). Par « privilège », le Sénat lui a accordé le droit et le devoir de parler librement. Il n’est pas le seul à avoir parlé ! Le Sénat a reçu plus de 400 documents de victimes…

Ma proposition d’enquête objective sur les effets sanitaires des éoliennes industrielles porte le n° 357. N’importe qui peut la faire avec l’aide d’un mathématicien compétent en statistique et, pour la Belgique, seule manque l’autorisation que j’ai demandée à plusieurs ministres concernés. Cette méthode est à la disposition de ceux qui la demandent.

Déjà le Sénat australien recommande la création d’un « Comité indépendant d’experts scientifiques sur le problème des bruits industriels » orienté vers les effets sanitaires des éoliennes industrielles. Il se déclare à la recherche de méthodes objectives, comme celle que je propose, pour quantifier les effets des infrasons des éoliennes industrielles. Le Conseil Supérieur de la Santé belge, dans sa publication 8738, propose en 2013, au point 8, une collaboration internationale. L’espoir est donc permis. L’omerta ne sera pourtant pas facile à vaincre, car le lobby éolien a les moyens d’imposer ses vues dans les médias… et il se sert de tous les procédés psychologiques connus pour conditionner le public. (6)


Entretemps, Hydro-Québec vient de s’engager à acheter pour 1,33 milliard $ d’énergie éolienne au cours des 20 prochaines années. Selon l’article de Pierre Couture, Hydro achètera chaque kilowatt-heure près de 10,3 cents en moyenne aux producteurs de ce parc éolien (frais de raccordement inclus), et les revendra à 14,9 cents en moyenne à ses clients québécois.

L’analyste en énergie de l’Union des consommateurs, Marc-Olivier Moisan-Plante, résume bien la situation : « Un non-sens alors qu’Hydro-Québec nage dans les surplus énergétiques. Ce sont des achats inutiles qui se traduiront par des hausses de tarifs au cours des prochaines années ». Pendant qu’on apprend que des budgets seront amputés, en éducation entre autres, le Québec continue de perdre des millions de dollars en suivant une stratégie énergétique ruineuse.

Comme une étude de l’IEDM l’avait démontré il y a déjà deux ans, la filière éolienne nous coûte collectivement 695 millions de dollars par année, soit 200 $ par ménage par année. Et cela, c’était avant les plus récents contrats ! Cette électricité produite à partir de l’éolien, si dispendieuse, ne représente pourtant qu’une infime partie de notre production totale, sans ajouter quoi que ce soit à notre bilan environnemental déjà enviable.




(1) Il s’agit du Senate Select Committee on Wind Turbines créé en décembre 2014 en Australie.

(2) En France, la ministre Ségolène Royal – noyée sous les plaintes de victimes d’usines éoliennes – déclare sereinement que rien ne lui est parvenu. L’ANSES – alerté entre autres par moi – ne réagit pas… En Belgique, des écrits couverts par le professeur Huart de l’Université. libre de Bruxelles, permettent au ministre Di Antonio de déclarer que « les infrasons sont sans effets connus sur la santé ». Je veux croire qu’ici, en Belgique, c’est par surcharge de travail que les spécialistes contactés par moi et par d’autres ne répondent pas… y compris ceux qui ont découvert les effets mortels de l’insomnie – symptôme dont se plaignent le plus souvent les victimes d’éoliennes industrielles.

(3) C’est seulement en 2015 que l’Ordre des Médecins allemand exige une enquête et des normes pour limiter les nuisances des éoliennes industrielles. Ces nuisances sont connues de la NASA depuis 1985 !

(4) Les nuisances du tabac étaient connues des cigarettiers depuis des décennies – preuves à l’appui – avant qu’un responsable interne ose briser l’omerta. Depuis lors, les non-fumeurs sont protégés dans les lieux publics…

(5) Une famille très « écolo » avait accueilli avec enthousiasme une série d’éoliennes industrielles sur ses terres, éoliennes industrielles qui lui assuraient en plus un confortable revenu. Toute la famille est malade mais n’a pas les moyens de fuir…

(6) Il faut lire Propaganda d’E.BERNAYS, livre écrit en 1928, trop peu connu


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Rétrospective 2013 sur le traitement médiatique du « changement climatique »


vendredi 3 juillet 2015

Enquête sur le réchauffisme

Journaliste météo depuis 20 ans, présentateur à France 2, chef du service météo de France Télévisions et diplômé d’une maîtrise en développement durable, Philippe Verdier est le seul représentant de sa profession à connaître l’intérieur du système des conférences internationales sur le climat. Il publiera le 1er octobre 2015 un livre sur le climat devenu un enjeu, une guerre, une religion même (voir aussi les propos étranges du Pape argentin sur ce sujet, ici, ici et ).




Cinq ans après la désastreuse conférence de Copenhague, le climat revient sur le devant de la scène. Le réchauffement planétaire n’a pourtant, lui, jamais cessé. Après une génération de pourparlers, les Nations Unies prouvent leur incompétence à répondre à cette question fondamentale. Il n’existe aujourd’hui plus aucun lien entre le climat et le discours systématiquement alarmiste. L’ultra politisation du GIEC rend les rapports des experts inaudibles. La crédibilité et les soupçons de corruption font aujourd’hui douter de leurs révélations. Les politiques tentent d’évangéliser, en s’appuyant maladroitement sur les récents soubresauts de la météo.

Mais la grand-messe « Paris Climat 2015 » se prépare, et ses organisateurs veulent à tout prix mettre les Français au pas, alimentant les peurs, simulant un engagement de notre société, pour constituer un enjeu de négociation. La France est pourtant l’un des pays les moins concernés par les impacts du réchauffement. Mieux encore, notre pays bénéficie déjà des effets positifs du changement climatique qui stimule notre économie. Qui pourra tenir ouvertement de tels propos, sous la pression extrême des dirigeants et des organisations écologistes Philippe Verdier, chef du service météo de France Télévisions, qui a suivi trois sommets internationaux sur le climat, brise les tabous et dévoile les dangereuses connexions entre politiques, lobbys et scientifiques. Fruit de huit ans d’enquêtes, Climat Investigation démonte une à une les idées reçues et donne une vision éclairée sur une préoccupation aussi brûlante qu’impalpable.
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Les climato-optimistes

Écologisme — Pas de réchauffement climatique depuis 16 ans ? (m à j, réactions prof Lindzen)

Une heure pour la Terre : la grande noirceur

Bjørn Lomborg : L’Écologiste sceptique


jeudi 2 juillet 2015

Pour Le Devoir, les écoles privées sont moins touchées par l'austérité. La FEEP répond.

« La cure d’amaigrissement imposée au réseau public aurait dû avoir pour effet de relancer le débat sur le financement des écoles privées, moins touchées par l’austérité, et dont l’attrait ne peut qu’être encore renforcé. »

— Michel David, « L’inégalité des chances », Le Devoir, 2 juin.

Extraits de la réponse de Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés :

Les Règles budgétaires 2014-2015 ont en effet imposé des restrictions financières sévères aux établissements agréés, en concrétisant le budget déposé par le gouvernement du Québec le 4 juin 2014. C’est du jamais vu depuis près de 20 ans, dans la mesure où les écoles privées sont touchées beaucoup plus durement que les écoles qui relèvent des commissions scolaires.

En plus de subir les mêmes compressions que l’école publique pour le financement gouvernemental des services éducatifs, elles se sont vu couper différentes allocations qui n’ont pas été coupées aux écoles publiques (allocations pour le transport scolaire, la lutte contre la toxicomanie, l’accueil de stagiaires en classe, l’intégration des technologies, l’orientation scolaire, etc.).

Ces coupes brutales, annoncées quelques semaines avant la rentrée scolaire, s’ajoutent à cinq ans de compressions successives. Depuis 2009, le financement gouvernemental des écoles privées et publiques québécoises n’augmente pas au même rythme que le coût de la vie, ce qui représente un manque à gagner. Les écoles publiques ont augmenté les taxes scolaires pour compenser. De leur côté, les écoles privées sont limitées quant à leur capacité à demander davantage d’argent aux parents par la réglementation et par la capacité de payer des parents.

Les écoles privées sont durement touchées par l’austérité et ont dû revoir leur façon de faire pour s’adapter à cette réalité. Dans certains cas, les écoles ont dû demander une baisse de salaire à tout leur personnel afin de ne pas se trouver en situation de déficit.

Pas la plus généreuse

Le Québec n’est pas la province la plus généreuse envers les écoles privées. Voici à ce sujet un extrait d’un rapport des économistes Pierre Fortin de l’UQAM et Marc van Audenrode de l’Université de Sherbrooke.

« La plupart des pays intègrent un réseau d’écoles indépendantes dans leur plan d’ensemble, parfois pour de simples raisons historiques, parfois pour répondre à la diversité des préférences des familles en matière de confession religieuse, d’orientation pédagogique, d’encadrement disciplinaire, de choix parascolaires, etc. Le financement public de ces écoles privées varie en importance et en modalités d’un pays à l’autre et d’une région du Canada à l’autre. Aux Pays-Bas, en Belgique flamande, au Royaume-Uni, en Suède, au Danemark et en France, les subventions de l’État au privé équivalent à un pourcentage de 80 % à 100 % de subventions au public. Au Québec, au Manitoba, en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique, les subventions des provinces couvrent de 40 % à 50 % des coûts des écoles privées. En Grèce et dans les provinces canadiennes de l’Atlantique et de l’Ontario, les écoles privées reçoivent très peu de subventions, une exception étant les écoles séparées de l’Ontario (les Roman Catholic Schools), qui sont financées à 100 % par la province. »

Aux États-Unis, on assiste à l’émergence des Charter Schools dans les villes où les taux de décrochage sont les plus élevés ; ce sont des OBNL autonomes qui fonctionnent selon le même modèle que nos écoles privées subventionnées, sauf que tous les frais éducatifs sont subventionnés, ce qui les rend accessibles à tous. En Ontario, où les subventions aux écoles privées ont été coupées, on assiste à un déplacement des familles de la classe moyenne dans les quartiers où il y a des écoles d’immersion qui sélectionnent les élèves et demandent des montants importants en frais afférents. Le modèle américain et le modèle ontarien, avec des écoles privées non subventionnées réservées à une petite élite, ne répondent pas aux attentes des parents.

Réflexions sur la « victoire » du collège Loyola


Quelques réflexions intéressantes extraites du dernier Convivium.

L’éditeur écrit :
Un des arguments de la partie adverse, en faveur de l’imposition du programme Éthique et culture religieuse, même à une école privée catholique, était le besoin d’avoir un moment où pourrait s’opérer ce qu’on appelle la dissonance cognitive. Pourtant, il est évident que l’école Loyola est cette dissonance cognitive par rapport à la culture ambiante. Elle est l’occasion de dire : « Attendez, un instant. Que dites-vous là ? » En effet, la foi religieuse elle-même, dans la culture contemporaine, est cette dissonance cognitive, n’est-ce pas ? La foi religieuse consiste à se demander : « Quoi ? En quoi croyez-vous ? De quoi s’agit-il ? »

Le Père Raymond de Souza écrit pour sa part :

Cette victoire consiste en une décision unanime (7-0) permettant à l’école catholique d’enseigner le catholicisme d’un point de vue catholique. Pardonnez-moi si je ne saute pas de joie parce qu’un peu de bon sens a enfin prévalu. Mais une majorité des juges n’a pu se résoudre à déclarer que Loyola avait le droit d’enseigner tout son programme d’un point de vue catholique. Il y a une manière catholique d’enseigner la musique, la littérature et, oui, les religions comparées et l’éthique. Une majorité des juges (4-3) a statué que Loyola devait enseigner, disons, l’islam, l’athéisme ou la sorcellerie d’un point « neutre » de vue. Pour une école catholique être neutre quand on aborde la sorcellerie ce n’est ni être fidèle à sa religion ni respecter sa liberté. La minorité des juges penchait pour donner davantage de liberté à Loyola, mais la majorité n’a su concéder un droit à la liberté religieuse qu’en forme de requête particulière, à savoir que les catholiques ne doivent plus faire semblant d’être neutres quand ils parlent du catholicisme. Malgré les cris de « victoire totale » de nos amis à Loyola peu après le jugement, il ne s’agissait que d’une défaite différée. [La société et les tribunaux continueront à limiter la liberté de religion, une défaite plus complète pourrait bien encore survenir.]


Cérémonie Wicca tenue lors d’un cours ECR dans une école de Montréal (Lasalle) dans le cadre de l’étude des « nouvelles spiritualités » dans le programme ECR


Un regret dans ce numéro de Convivium consacré en grande partie à la Cour suprême et à l’affaire Loyola : nous n’avons vu aucune réflexion sur comment élargir cette « victoire » de Loyola. Comment faire en sorte que d’autres écoles puissent bénéficier de cette nouvelle liberté, malgré tout très restreinte ? Comment faire pour accroître cette liberté et aller au-delà du droit de pouvoir enseigner la doctrine de sa propre religion de manière conforme à sa religion ? Quel est l’impact de ce jugement sur les parents éducateurs à la maison, sur les écoles privées qui n’enseignent pas le programme ECR de manière neutre (parfois clandestinement) ? Rien. En fait, on a l’impression que l’on ne veut pas vraiment en discuter. On ne veut pas faire de vagues. Peut-être est-ce lié au fait que la victoire de Loyola consiste à devoir retourner devant le Monopole de l’éducation et à le convaincre que le programme proposé est vraiment équivalent et donc à être encore une fois en position de demandeur qui veut plaire au Monopole de l'Éducation.


mercredi 1 juillet 2015

Faut-il abolir les frontières ?

Étienne Chouard, dont on peut récuser certains points de vue caricaturaux sur l’économie et les méchants capitalistes, répond à la question de l’abolition des frontières. On voit que, venu de la gauche internationaliste et idéaliste, il a révisé certaines de ses idées simplistes sur les frontières.

On semble retrouver des éléments de l’Éloge des Frontières de Régis Debray et de L’Enracinement de Simone Weil.



« La frontière, c’est la modestie : je ne suis pas partout chez moi. J’accepte qu’il y ait de l’autre et pour faire bon accueil à un étranger, il faut avoir une porte à ouvrir et un seuil où se tenir, sinon ce n’est plus un hôte, mais un intrus. »

« Le réseau à la place de la cité, le flux à la place du site, tout cela finit par déstabiliser, par brutaliser les êtres humains – à qui l’on invente une habitation inhabitable. Du coup, l’envie de murs a progressé, au fur et à mesure que l’on empêchait la régulation par les frontières. L’ultra-local, voire le repli jusque dans la haine, dans la négation de l’altérité, finissent par apparaître obligatoirement, comme contre-pôle au “sans frontière” invivable. Repli sur l’identité raciale, sociale, culturelle, religieuse, idéologique : peu importe. Repli toujours, paniqué, d’un être humain qu’on a prétendu empêcher d’habiter dans un monde humain, donc limité, borné, encadré. »

« L’abolition des frontières produit du régressif, du barricadé, du soupçonneux. »

Régis Debray


Tous les journalistes anticonservateurs au Québec ? L'aveu ?

Selon le journaliste Vincent Marissal :


Il faut dire que le lendemain, Richard Martineau qui passe parfois pour de « droite » se félicitait que cinq personnes non élues (sur 9) décident de redéfinir l’institution immémoriale du mariage :

La Cour suprême américaine a enfin légalisé le mariage gai partout au pays. [...]

Ma nièce, qui est lesbienne et qui vit à Brooklyn, va pouvoir enfin se marier avec sa copine américaine. Bravo, Masha ! Go, girl ! (D’ailleurs, je veux être invité au mariage. Et quand vous allez avoir un enfant, envoyez-moi une photo !)
Aucun journaliste québécois n’oserait écrire l’inverse. Plus par mimétisme au sein d’une petite classe médiatique au Québec dont les membres se connaissent tous que par impossibilité de penser autrement (voir les réactions nombreuses parmi les journalistes aux États-Unis opposés à cette décision dictée par ces nouveaux régents de nos démocraties : les juges). Cette opposition ne se limitait pas aux journalistes américains, le gouverneur de la Louisiane allant jusqu’à suggérer la suppression de la Cour suprême. D’autres, comme Ted Cruz, suggérant de pouvoir renvoyer les juges de la Cour suprême lors d’élections.

Au passage, Martineau n’est pas connu pour sa rigueur : à Brooklyn les homosexuels peuvent « se marier » depuis le 24 juillet 2011... Quant à ce que deux femmes aient un enfant ensemble... L’idéologie aveugle visiblement et refuse de voir la réalité : les enfants se font toujours avec un homme pour l’instant. On prive donc dans ces cas les enfants d’un père et d’une part de leur identité. Au passage des couples lesbiens de Brooklyn pouvaient et avaient déjà « eu des enfants ensemble » (voir article de presse new-yorkais).