mercredi 22 avril 2015

France — Nouveaux programmes d'histoire : islam et repentance obligatoires, christianisme médiéval et les Lumières facultatifs

Madeleine de Jessey, agrégée de Lettres classiques, s’interroge sur la pertinence des nouveaux programmes d’histoire et craint que ces derniers n’enferment les élèves dans une logique de repentance.

Après avoir unanimement indigné les professeurs de Langues anciennes et irrité les tenants de l’amitié franco-allemande, la réforme du collège risque à nouveau de faire parler d’elle, sur le front de l’histoire cette fois. Tant qu’à faire, autant énerver tout le monde, égalité oblige.

L’Éducation nationale a en effet mis au point de nouveaux programmes d’histoire pour le collège. On saluera le souci de ne pas faire « disparaître de cet enseignement le cadre national ni la perspective chronologique propre à l’histoire ». Alors que la France se divise en communautés disparates sans parvenir à forger une destinée et une fierté communes, on approuvera aussi la visée poursuivie par ces nouveaux programmes : « Dans un ordre chronologique, le programme permet de mieux lire et comprendre le monde d’aujourd’hui en insistant sur des moments forts, des traits marquants des sociétés du passé et des problématiques indispensables à la formation du citoyen. »

C’est en parcourant ensuite la liste des sujets abordés que l’inquiétude surgit : le Conseil supérieur des programmes (CSP) distingue les sujets « obligatoirement étudiés » des sujets « traités au choix de l’enseignant ». Ainsi, l’étude de l’Islam sera obligatoire, mais celle du christianisme médiéval facultative — ceux qui choisiront de l’enseigner devront le faire uniquement sous l’angle de l’« emprise de l’Église sur les mentalités rurales ». Dans une société en mal d’intégration et de cohésion nationale, on ne manquera pas de s’étonner d’une curiosité si grande pour les religions venues d’ailleurs, et d’une révulsion si manifeste pour nos racines judéo-chrétiennes. N’est-ce pas pourtant en redonnant à l’élève ces racines que nous le rendrons d’autant plus ouvert à l’altérité ? Par ailleurs, où est-il passé, ce « cadre national » que le CSP évoquait précédemment ?

Nos repères communs seront donc extraits des cultures venues d’ailleurs et des tragédies de notre histoire. Plutôt que d’amener l’élève à puiser à la source du christianisme, de l’humanisme et des Lumières, le CSP préfère écouler ses stocks de repentance amère et éculée.

Il apparaît ensuite, nous objectera-t-on. C’est vrai, le cadre national est abordé à travers l’étude obligatoire des heures sombres ou controversées du passé (esclavage, colonisation, génocides, déportation…) En revanche, l’enseignement de l’humanisme et des Lumières, problématiques qu’on croirait pourtant « indispensables à la formation du citoyen », n’est que facultatif. Nos repères communs seront donc extraits des cultures venues d’ailleurs et des tragédies de notre histoire. Plutôt que d’amener l’élève à puiser à la source du christianisme, de l’humanisme et des Lumières, le CSP préfère écouler ses stocks de repentance amère et éculée.

Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’importance du « devoir de mémoire » ; nous affirmons seulement que la mémoire ne formera le citoyen qu’à condition de l’inspirer et de le libérer, en lui proposant le terreau vivant d’une action positive et généreuse. Plutôt que de séquestrer l’élève dans l’obscurité des fautes et des blessures passées, que ne lui propose-t-on des épopées nationales, des modèles, des figures de courage, d’unité et de résistance, dans lesquels il pourra puiser des valeurs incarnées ? Les jeunes générations ont droit, aujourd’hui, à se fondre dans une histoire de France qu’ils pourront enfin connaître et admirer.

Or, loin d’évoquer les plus belles pages de notre histoire, le CSP entend une nouvelle fois enfermer l’élève dans le culte de la culpabilité et de la haine de soi. Le fait n’est pas nouveau : il y a bien longtemps que l’enseignement de l’histoire se fourvoie chez nous dans un travail de sape et d’autoflagellation prodigieusement masochiste. Avec la réforme du collège, un nouveau cap est franchi. Ne cherchez plus la crise de la France : elle est là, dans ce retournement de soi contre soi.

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États-Unis — Quels diplômes universitaires rapportent le plus ?


Un nouveau rapport de PayScale, un cabinet de recherche, publie le rendement d’un diplôme d’études universitaire. Ses auteurs comparent les revenus des diplômés avec le coût actuel d’obtention d’un diplôme.

L’étude ne semble pas prendre en compte le coût de renonciation lié à des études supérieures, à savoir la perte de revenus pendant les quatre ou cinq années passées à l’université. Coût d’opportunité » qui peut diminuer la rentabilité des diplômes universitaires.

Habituellement, obtenir un diplôme universitaire en vaut la peine, mais ce n’est pas toujours le cas si l’on en croit l’étude. La disciple étudiée importe nettement plus que l’université où vous avez étudié.

Les ingénieurs et les informaticiens (ci-dessous) s’en tirent le mieux, leur investissement rapportant sur 20 ans un impressionnant rendement annualisé de 12 % (le S & P 500 n’a rapporté que 7,8 %).

Rendement des diplômes en génie, informatique et mathématiques en fonction de la sélectivité à l’entrée des universités

Les diplômes en génie d’universités très sélectives n’ont un rendement que légèrement supérieur aux diplômes des universités moins sélectives.

Les diplômés en gestion et économie s’en sortent également bien, leur diplôme offrant un solide rendement moyen de 8,7 %.

Les diplômés en sciences s’en sortent, toutefois, un peu moins bien.

Rendement des diplômes ès sciences en fonction de la sélectivité à l’entrée des universités


Les études en arts et en sciences humaines ont des rendements nettement moins impressionnants. Certains de ces rendements sont même négatifs. Un diplôme ès arts du Maryland Institute College of Art a ainsi un rendement négatif net sur 20 ans de 92 000 $, par exemple.

Rendement des diplômes ès arts en fonction de la sélectivité à l’entrée des universités

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Pourquoi l’université coûte tellement cher aux États-Unis

La bulle universitaire aux États-Unis va-t-elle crever ?

Mark Steyn et l’université américaine.

États-Unis — Diplômés et surendettés





mardi 21 avril 2015

Controversé projet scolaire sur l'immigration à une école secondaire de Karoumaska

Des étudiants de Montréal qui étaient de passage à l’École secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal de Kamouraska cette fin de semaine, où se tenait pour une 14e année le traditionnel tournoi provincial d’improvisation, ont été surpris et, selon le Huffington Post, surtout embarrassés de voir des dessins qu’ils qualifient d’inappropriés placardés sur les murs d’une classe.

Les dessins, qui auraient été produits dans le cadre du cours de Monde contemporain par des élèves de 5e secondaire, portent pour la plupart sur la question de l’immigration et du marché de l’emploi et visent, selon le Huff Post, à « illustrer les bénéfices de l’immigration au Québec ». Voilà qui est neutre.

« Si tu veux des fraises dans ton panier, accepte les immigrants », est-il écrit sur l’un des dessins, qui montrent d’un côté un homme avec une bière dans les mains, un fraisier plein de fraises et un panier vide, et de l’autre, un travailleur immigrant, dont le panier déborde de ces fruits.


Cette représentation caricaturale, apparemment encouragée et approuvée par l’école, puisque affichée sur les murs d’une classe, est choquante à deux égards :
1) Elle représente le Québécois sous les traits d’un homme bedonnant, fainéant, et juste bon à boire de la bière.

2) Nul besoin d’immigration pour avoir des fraises, ceux qui les récoltent sont des travailleurs saisonniers qui retournent dans leur pays à l’automne. Au Québec, 8500 travailleurs saisonniers du Mexique et du Guatemala ont été embauchés en 2013. Cette imprécision ne peut que fausser le débat sur l’immigration.
Récurrence de l’oisiveté et de l’obésité des Québécois (et de la bouteille de bière !)

Dans un autre cas, une illustration semble montrer un homme portant la barbe qui, après avoir trouvé un emploi, renonce aux bombes. L’illustration reprend le même thème du travailleur (saisonnier pourtant) cueilleur de fraises (décidément) qui achète la maison d’un vieux (forcément) Québécois qui peut enfin prendre sa retraite. La même affiche insiste sur le fait que les immigrants sont industrieux et que le dollar ou la richesse augmenterait grâce à l’immigration. Est-ce seulement vrai avec des immigrants peu qualifiés qui feraient un travail sous-payé ? Ce n’est pas l’avis de plusieurs économistes. Mais il semble que les pauvres élèves de cette école n’en sauront rien. Toutes les affiches vont dans le même sens et débitent les mêmes clichés politiquement corrects.

Ajoutons que rien ne prouve que les immigrants renonceraient au terrorisme uniquement parce qu’ils ont une bonne situation. C'est un peu court. Les terroristes du 11 septembre venaient de familles bourgeoises, étaient diplômés. Ben Laden avait fréquenté les écoles les plus huppées, sa famille était richissime, etc. C’est à nouveau un point de vue simpliste. En fait, selon Marion van San chercheuse au RISBO de l'université Erasmus à Rotterdam, plus l'intégration scolaire et économique est réussie plus, paradoxalement, le risque de radicalisation est grand parce que les attentes de ces jeunes diplômés sont grandes et que leurs déconvenues peuvent les faire basculer. (Aussi ici en néerlandais et en anglais).




Selon l’un des étudiants, c’est environ une quinzaine de ces dessins qui figurent le long d’un des murs de la salle de classe située au 2e étage de l’établissement, qui a été transformée en salle de spectacle pour accueillir les matchs d’improvisation pendant la fin de semaine.


« Ça réduit l’immigration à un simple pourvoyeur de main-d’œuvre bon marché », a commenté un internaute. « Projet très mal encadré... franchement ! Peu flatteur pour tous... Québécois de souche inclus ! » souligne une autre personne.

Toujours les mêmes thèmes, on dirait vraiment qu’on a soufflé les réponses aux élèves


Un membre du personnel, qui affirme connaître le professeur en question derrière l’activité, s’est limité à expliquer que la démarche ne se voulait pas méprisante envers les immigrants et que le projet du professeur ne se voulait « surtout pas mal intentionné » (envers l'immigration).

Dans un autre dessin, un élève ressort les mêmes clichés éculés selon lesquels sans immigration les usines manqueront de bras, le Québec s’appauvrira et la tombe nous menace collectivement. Or, l’immigration n’est en rien une panacée sur ces trois plans (le Québec a tendance à perdre des emplois industriels, de nombreux immigrants sont au chômage ou mal payés et leur contribution au rajeunissement de la population est maigre). Voir à ce sujet le livre de Benoît Dubreuil et de Guillaume Marois : Le Remède imaginaire. Et 200.000 immigrants en quatre ans, est-ce bon pour le développement durable ?
Mais les pauvres élèves captifs de cette école secondaire n’en entendront probablement pas parler. Comme si souvent l’école québécoise semble politiser les débats et combat certains préjugés pour ne présenter que d’autres mythes, politiquement corrects ceux-là.


Le faible impact de l’immigration sur le rajeunissement de la population. En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle). La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.


Voir aussi

Institut Fraser : L’immigration massive nuit au bien-être des Canadiens en général ; les politiques d’immigration doivent être revues (étude de 264 pages)

L’immigration, le remède imaginaire

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

Québec — L’immigration, ou plus précisément la « diversité », sera vue comme une fin en soi

Un Québec de plus en plus divers, est-ce vraiment une bonne chose ?

Début d’un petit débat sur l’immigration au Québec ?

Bock-Côté : Immigration, un tabou explose

L’immigration, les yeux grands fermés

Québec — anglais intensif pour tous les francophones, pas de français intensif pour les immigrés ?

Immigration au Québec comparée au reste de l’Amérique du Nord

Formation à l’« éducation inclusive » à Montréal, ses tics, ses trucs, ses gadgets

vendredi 17 avril 2015

Belgique — Religion, morale ou rien ? Les parents doivent choisir

La ministre de l'Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet (cdH), vient d'envoyer une circulaire dans les écoles officielles leur demandant d'interroger les parents, qui devront signaler si leur enfant choisit religion, morale ou rien en septembre 2015. Le formulaire devra être remis pour le 8 mai. Et les écoles devront avoir communiqué les résultats au ministère pour le 18 mai, rapporte Le Soir vendredi. C'est une opération pour du beurre car un même questionnaire, définitif et déterminant celui-là, devra être rempli par les parents en juin. En raison d'une décision de la Cour constitutionnelle, l'élève qui le souhaite pourra obtenir une dispense pour l'année 2015 sans devoir se justifier. Cet élève-là aura un trou de 2 heures dans sa grille.


Toutefois, à partir de septembre 2016, on en aura fini avec les traditionnelles 2 heures de religion/morale. Ce ne sera plus qu'une heure. Et l'heure libérée sera consacrée à un cours de citoyenneté (obligatoire comme il se doit dans une société libérale) – qui reste à inventer.

Voir aussi

Belgique — les cours de religion ou de morale laïque ne seront plus obligatoires dès la rentrée prochaine

Belgique francophone — Les parents devront bientôt justifier la scolarisation à domicile

Belgique — Les filières universitaires à éviter pour trouver un emploi


jeudi 16 avril 2015

Les nouvelles perles de la « novlangue » pédagogiste

Les nouveaux programmes scolaires français présentés par le Parti socialiste, censés entrer en vigueur en 2016, font la part belle à un jargon « pédagogiste » ravivé. Un paradoxe alors qu’ils sont présentés par le Conseil supérieur des programmes comme « plus simples et plus lisibles ».



Se déplacer (…) dans un milieu aquatique profond standardisé. (Page 22, cycle 4)

Le « milieu aquatique profond standardisé » est tout simplement… une piscine. Ce type de jargon foisonne dans les programmes d’éducation physique et sportive (EPS), une des disciplines scolaires les plus récentes (1981). Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

« Créer de la vitesse » et « traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête » (Page 22, cycle 4)

Toujours en EPS, discipline friande de termes pédants, « créer de la vitesse » signifie « courir », tandis que « traverser l’eau en équilibre horizontal » signifie nager. Et comment appelle-t-on un plongeon ?

« Produire des messages à l’oral et à l’écrit » en histoire-géographie. (Page 5 du cycle 4)

Le collégien à la sauce 2016 n’aura plus besoin de rédiger un devoir ou de répondre verbalement à une question de son professeur. Il se contentera de « produire des messages » écrits ou oraux. En « montrant un raisonnement construit ». Tout de même…

« Aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs ». (Page 17, cycle 4)

La « visée générale » des programmes de « langues étrangères et régionales » est d’« aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs ». Cette visée se veut poétique, mais semble un rien prétentieuse. Il est possible que beaucoup se perdent en chemin.

L’éducation aux médias est mise en œuvre, et organisée de façon « spiralaire ». (Page 53, cycle 4)

Selon Sylvie Queval, philosophe de l’éducation, la notion de pédagogie « spiralaire », inventée en 1960, a « vite rencontré un large écho chez les pédagogues, qui trouvent dans la métaphore de la spirale une façon juste d’exprimer qu’apprendre est un processus continu qui suppose une reprise constante de ce qui est déjà acquis ». À en perdre l’équilibre.



Aussi, ce rappel :




Source

Voir aussi

Ne dites plus... parlez pédagogiste...

Novlangue — OQLF prescrit « action positive » plutôt que « discrimination positive »

Sélection novlangue de la semaine (en construction)

Sélection novlangue de la semaine (2)

Lexique du Plateau

mercredi 15 avril 2015

Les directeurs d'écoles seraient favorables à la fin des élections scolaires

Selon le Journal de Québec, le ministre de l’Éducation, François Blais, peut compter sur l’appui des directeurs d’école qui sont d’accord avec la disparition annoncée des élections scolaires.

C’est ce qu’a indiqué Danielle Boucher, présidente de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles ce mercredi. « Pourvu que M. Blais présente quelque chose qui soit viable » pour remplacer les élus, a-t-elle précisé.

Son association est « favorable » à la création d’un conseil d’administration auquel siégeraient des représentants du réseau scolaire et de la communauté, comme l’a évoqué François Blais. À condition toutefois que ces derniers soient désignés par un collège électoral plutôt que par le ministre. Il ne semble pas que les parents doivent être représentés en priorité, mais fassent partie d’une communauté vague.

« Si la population n’en veut plus d’élections scolaires, c’est peut-être l’occasion de faire autrement et de faire mieux », affirme Mme Boucher.

Même son de cloche de la part de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

« Si tu as des gens qui proviennent du milieu, qui sont vraiment impliqués sur le terrain, il y a plus de chances que ça réponde aux besoins des élèves que des élus qui peuvent parfois être éloignés de la réalité de l’école », a affirmé sa présidente, Lorraine Normand-Charbonneau.

« Insultant »

Par ailleurs, Danielle Boucher s’insurge contre les propos tenus mardi par Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires.

Cette dernière craint qu’en remplaçant les élus par des parents, des directeurs d’école et des élus municipaux, les décisions ne soient prises par des gens « qui défendent leurs propres intérêts plutôt que celui des élèves ».

« Je trouve ça odieux et insultant, a lancé Mme Boucher. C’est comme si on ne travaillait pas dans l’intérêt de nos élèves. On vient attaquer le professionnalisme des directeurs d’école. C’est épouvantable. »

Il s’agit d’un argument qui ne tient pas la route, ajoute-t-elle : « C’est comme si on disait que les parents qui siègent sur le conseil d’établissement des écoles sont là seulement pour leurs enfants. »

Pour éviter les « dérapages », il n’y a pas de temps à perdre, selon Mme Boucher. « Il faut que le ministre fasse rapidement connaître ses intentions » concernant le modèle à mettre en place pour remplacer les élus scolaires.

De son côté, Mme Normand-Charbonneau demande à M. Blais de consulter les directeurs d’école afin que la nouvelle structure réponde à leurs besoins.

Le Journal de Montréal ne semble pas avoir interrogé d’associations qui représentent les parents comme la CLÉ ou la FCPQ.




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lundi 13 avril 2015

Le cours d'éducation sexuelle ontarien évite-t-il l'augmentation du nombre de maladies vénériennes ?


Lise Ravary revient sur cette idée que l’inénarrable Sophie Durocher aime à diffuser : il faut un nouveau cours d’éducation sexuelle au Québec, comme en Ontario.

On parle de sexualité dans les écoles du Québec, mais cela est intégré aux compétences transversales (alors que le sexe, c’est horizontal). Mieux vaut en rire, chers lecteurs. Mais voici ce qui est moins drôle : les cas d’infections transmises sexuellement (ITS) montent en flèche et touchent surtout les jeunes de 15 à 24 ans.

La chlamydia, qui peut causer la stérilité, a augmenté de 30 % entre 2008 et 2012. La gonorrhée a fait un bond de 15 % en 2012 seulement, surtout chez les jeunes. La syphilis, pratiquement disparue, revient en force, avec 680 cas en 2012, principalement chez les jeunes hommes de 18 à 24 ans. Et le VIH est en hausse.

Le docteur Réjean Thomas parle de catastrophe.

Enseigner la sexualité en 2015 n’a rien à voir avec les cours d’antan. Les jeunes, alimentés par la porno sur internet et le récit des aventures de leurs pairs, croient tout savoir. Soixante pour cent des jeunes du secondaire sont actifs sexuellement. Près de la moitié ne se protège pas : la pensée magique et l’ignorance règnent.

L’Ontario a déjà, depuis de nombreuses années, un cours d’éducation sexuelle (à part et non enseignée de manière transversale) où l’on informe les élèves des maladies vénériennes et des moyens de s’en protéger. Est-ce que cela veut dire que l'Ontario a connu une moindre augmentation dans les infections transmises sexuellement que le Québec ? La réponse courte est non. Ces infections sont en hausse dans tout le Canada, avec une plus grande fréquence pour la chlamydia et la gonorrhée dans certaines régions peuplées par de nombreux Amérindiens et Inuits. Et bien sûr ces infections touchent toujours d’abord les jeunes dans nos sociétés à la sexualité permissive et précoce. Ce n’est pas une nouveauté ni une « catastrophe » récente.

Les cas d’infections sexuellement transmissibles augmentent dans les milieux homosexuels (mâles). Qui peut prétendre que c’est par « ignorance » des moyens prophylactiques ?

Taux et cas signalés d’infection à Chlamydia trachomatis, d’infection gonococcique et de syphilis infectieuse (pour 100 000 habitants) 2002, 2010 et 2011, Canada
Année  Infection à Chlamydia   Infection gonococcique   Syphilis infectieuse 
Cas Taux Cas Taux Cas Taux
2002 56 266   179,5  7 365   23,5 482  1,5 
2010 93 329   273,7  10 743   31,5 1 698  5,0 
2011 100 044   290,4  11 397   33,1 1 757  5,1 

Des augmentations similaires des taux d’infections transmissibles sexuellement à déclaration obligatoire étaient observées en Australie, en Angleterre et aux États-Unis des pays avec des programmes scolaires et d’éducation sexuelle très divers.  Les campagnes de prévention hédoniste comme celle de 2009 ci-dessous ne semblent pas avoir d'effet.



Extrait de Chlamydia au menu  (vos sous à l'ouvrage!)



Hausse de 35 % des cas de chlamydia en Ontario entre 2008 et 2012...


La hausse du taux d’infection est constante depuis de nombreuses années


Chlamydia frappe les jeunes en Ontario aussi

Il en va de même pour la gonorrhée en Ontario, malgré (?) les cours d’éducation sexuelle


Forte augmentation des cas de syphilis infectieuse en Ontario depuis 2008 (près de deux fois plus en 2012 qu’en 2007)



Source et source



Voir aussi

Trois fois plus de gens infectés au Québec par les infections transmissibles sexuellement en 15 ans

Enquête sur le surpoids, la consommation de drogues, d'alcool et la sexualité des jeunes Québécois

Comédiens fonctionnaires dans un cégep : Baiiiiiisez… Aiiiiiimez… Trippppez…

Les campagnes de publicité crues du gouvernement du Québec...

Étude sur les maladies liées à l'activité homosexuelle masculine (MST, cancer)

samedi 11 avril 2015

Interruption volontaire de pensée


Basile de Koch revient sur deux reportages sur l’avortement diffusés récemment sur la chaîne Arte.

Pour avoir évoqué l’avortement de façon équilibrée, Arte est vouée aux gémonies par les féministes...

L’autre mardi, Arte consacrait une de ses fameuses soirées Thema à l’avortement, sous le titre rétro Mon ventre m’appartient. Au programme, deux documentaires allemands inédits, mais tout ce qu’il y a de plus complémen­taires, voire contra­dictoires.

Le premier tient tout entier dans son intitulé militant : Droit à l’avor­tement, le combat continue. Après enquête en France, en Allemagne et en Pologne, l’auteur a fini par trouver ce qu’il cherchait : la preuve que ce « droit » — là est aujourd’hui « gravement menacé en Europe ».


Plus que jamais, apprend-on, sur fond de crise économique et de montée-des-populismes (sans oublier l’influence délétère de l’Église), l’accès à l’avortement reste un « parcours du combattant ».

Fidèle à lui-même, Télérama [journal de gauche sociétale qui donne son avis sur les programmes télé] décerne à ce doc de combat son label « 2 T ». (Recommandé par la maison.) Quant au Planning familial, il applaudit avec d’autant plus d’enthousiasme qu’on lui donne ici généreusement la parole.

Avec le deuxième documentaire (diffusé hélas à près de minuit), changement de ton radical : intitulé Avortement, la loi du silence, il met en lumière le côté obscur et les drames cachés d’un acte désormais banalisé. La réalisatrice elle-même confie avoir avorté à 25 ans, sans l’avoir vraiment « choisi ». C’est bien plus tard, en revenant sur les lieux de l’intervention, qu’elle prendra enfin conscience des « séquelles » qu’elle trimballait depuis.

Dès lors, la cinéaste n’a de cesse de rencontrer d’autres femmes traumatisées par leur avortement Dans son reportage, quatre d’entre elles racontent leur expérience et ses conséquences ; toutes témoignent d’un manque général d’information, tant sur l’avortement lui-même et ses éventuelles conséquences psychologiques que sur les alternatives possibles.

« J’aurais tellement aimé que quelqu’un autour de moi m’explique les autres choix qui s’offraient à moi, dit une quadragénaire qui a avorté à l’âge de 17 ans. Mais j’étais entourée de gens persuadés qu’il fallait se débarrasser de l’enfant. À les entendre, c’était aussi anodin que de se faire opérer de l’appendicite... »

« Tu vas gâcher ton avenir », avertissaient famille et amis, tandis que le médecin se faisait rassurant : qu’est-ce qu’un fœtus, après tout, sinon « un amas de cellules embryonnaires » ?

« J’ai tué un enfant », s’exclame une autre de ces femmes, qui a pourtant fini par trouver le chemin de l’apaisement intérieur. Mère de famille, elle se consacre à la prévention en milieu scolaire.

Compliments à Arte d’avoir ainsi rééquilibré, même tardivement, sa « soirée avortement » avec ce « documentaire salutaire sur les séquelles occultées de l’IVG », comme l’écrit le dossier de presse. Le hic c’est que, dans les milieux fémino-progressistes, on ne l’a pas entendu de cette oreille.

À ce programme-là, Télérama colle un infamant « Moins » en forme de sens interdit, et son principal argument vaut le détour : « Ce documentaire manque cruellement de contrepoids ! » Elle n’est pas bonne, celle-là ? Et le doc précédent, dix fois plus vu, c’était quoi ? Intervilles ? [Programme de jeux populaires entre des villes de France.]

De son côté, le Planning familial se fend d’un long et accablant communiqué. Il y accuse Arte de s’être « décrédibilisée avec ce deuxième documentaire, qui tranche radicalement avec la ligne habituelle de la chaîne » ! Intéressant, ça... Arte serait donc sortie des clous en propageant un « discours manipulatoire, prônant la culpabilisation des femmes et la stigmatisation de l’acte de l’IVG » (sic).

Face à tant de mauvaise foi, ma plume reste sans voix. Par bonheur, la réplique qui tue, je la trouve tout écrite dans le dernier Causeur sous la signature d’Eugénie Bastié, qui elle aussi a vu le doc incriminé : « Pour ces féministes-là, on avorte toujours le sourire aux lèvres ! »

D’ailleurs, c’est bien simple : aux yeux de nos Plan(n)euses, tout ce qui n’est pas rationnel n’est pas réel... De quoi s’inquiéter pour leur mouvement, non ?

Source : Valeurs actuelles




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jeudi 9 avril 2015

Où est le problème ?


L’opinion de Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire religion, culture et société à la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, sur la victoire de Loyola en Cour suprême.  

Mme Lefebvre rappelle quelques faits importants ci-dessous. C’est bien. Toutefois, nous n’avons pas souvenir que Mme Lefevre ait pris publiquement la défense de Loyola ces dernières années. Ici, elle semble surtout vouloir s’assurer que la victoire de Loyola sera limitée et ne s’appliquera pas à d’autres écoles qu’elle décrit comme sectaires. Qui décidera de ce qui est sectaire ? Une école traditionaliste catholique est-elle une école sectaire ? Nos notes en italique.

Devant une immigration diversifiée de plus en plus présente, il est normal que notre société s’interroge sur les valeurs et la vie communes. L’ambitieux programme d’éthique et de culture religieuse (ÉCR), instauré [euphémisme : imposé, car il n’y a pas de choix] dans toutes les écoles (primaires et secondaires) du Québec en 2008, se veut un moyen de répondre aux impératifs du vivre ensemble. [On attend d’ailleurs toujours une évaluation de ce programme, permet-il vraiment aux étudiants de mieux vivre-ensemble ?]
 
Le collège catholique Loyola a revendiqué son droit de donner une partie de ce cours dans une perspective catholique, tout en poursuivant les mêmes objectifs, droit que vient de lui reconnaître la Cour suprême du Canada, contre l’avis de la ministre de l’Éducation.

Le groupe de juges majoritaires estime qu’il est normal que ce collège confessionnel, dont l’identité catholique est claire et affirmée, puisse enseigner la religion catholique selon une perspective confessionnelle. [Tous les juges de la Cour suprême l’estiment, les juges minoritaires voulaient aller plus loin et ne voulaient pas forcer Loyola à redemander une équivalence au Monopole de l’Éducation.]

Néanmoins, le cours doit présenter les autres religions et courants éthiques de manière impartiale.

Le ministère considérait que l’enseignement dans une perspective catholique, plutôt que neutre et impartiale, “ne pouvait réaliser les objectifs étatiques de promotion du respect de l’autre et d’ouverture à la diversité”. [Ouverture à quelle diversité ? Religieuse ? Pourquoi l’État veut-il que les enfants soient ouverts à une diversité de religions ? Faut-il en passer par là (et risquer un certain relativisme) pour assurer une société paisible ?]

Le débat concerne en grande partie cet enjeu : une école offrant une perspective confessionnelle – mais dans ce cas très limitée – peut-elle préparer des citoyens à vivre dans des sociétés pluralistes de manière ouverte et respectueuse ? Les faits historiques démontrent que oui. Des milliers d’écoles catholiques dans le monde sont fréquentées par des clientèles pluralistes. Des parents de diverses religions les recherchent, les prisent même, pour la qualité de leur éducation. Pour la qualité de leur éducation, mais aussi pour leur respect fondamental de la religion. Les parents des quelques élèves non catholiques fréquentant Loyola aiment bien ce climat respectueux de la religion. Dans le débat actuel sur la citoyenneté commune au Québec, le principe suivant paraîtrait aller de soi : une vie commune harmonieuse ne serait satisfaite que par une transmission forte de valeurs communes à tous, en distinguant clairement l’éducation scolaire de l’éducation religieuse, cette dernière devant être confiée aux seuls groupes religieux, en dehors du milieu scolaire ou du curriculum obligatoire. Par conséquent, plusieurs estiment que les écoles offrant des projets confessionnels forts sont incapables de former des citoyens ouverts. C’est oublier que l’on peut poursuivre l’objectif du vivre ensemble de plusieurs manières (s’il est vrai que l’on valorise la diversité !), l’une d’entre elles étant d’ancrer ses enfants dans une éducation confessionnelle cohérente, qui contribue à forger une identité claire et des convictions fortes. Toutes les études sur l’identité s’accordent pour dire que l’ouverture à autrui se fonde sur un rapport d’abord clarifié à soi-même.

Si la valeur du pluralisme et l’importance de vivre dans une société diversifiée de manière respectueuse sont reconnues dans ces écoles, où est le problème ? Loyola ne dresse pas des autres religions ou convictions un tableau négatif. Il tient simplement à affirmer une perspective catholique, selon ses orientations éducatives jésuites reconnues partout dans le monde. Si on avait affaire à des écoles sectaires, l’enjeu serait différent. La Cour suprême souligne d’ailleurs le caractère contextuel de son jugement, qui ne peut s’appliquer à tous les cas. Le Québécois moyen, lorsqu’on lui parle de sa religion, a tôt fait d’affirmer qu’il “croit, mais...”, ou qu’il est plutôt agnostique. Ce consensus large et cette religion culturelle vont tout à fait dans le sens du programme ÉCR. [En effet, un vague attachement à sa tradition religieuse sans trop y croire, c’est l’idéal pour ECR.]

Des parents plus engagés sur le plan religieux miseront sur leurs groupes religieux respectifs pour la transmission. [Et sur leur école “sectaire” ?] D’autres souhaiteront que le meilleur des héritages religieux, soit pour eux la culture, soit transmis aux générations montantes. Bref, ce programme peut rallier plusieurs types de groupes. Mais pourquoi refuser à certaines écoles le droit de se fonder sur des convictions plus fortes, appréciées de parents attachés aux convictions religieuses affirmées, et offrant un chemin différent de citoyenneté ?
Qui s’oppose vraiment à cela pour Loyola aujourd’hui ? On n’entend personne remettre en question le jugement de la Cour suprême. Mme Lefebvre ferait-elle ici preuve d'un courage facile, une fois la polémique passée et la chose jugée, pour enfoncer des portes ouvertes et se donner une certaine prestance tolérante ?




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Ministre : il n'y a qu'un don fait par les contribuables pour l'éducation


Pour le ministre de l'Éducation, François Blais, il n'y a pas de « droit à l'éducation »; il n'y a qu'un don fait par les contribuables pour l'éducation. Par conséquent, il y a ceux et celles qui refusent ce don, et ceux qui veulent en bénéficier. Ceux qui le refusent ne peuvent empêcher les autres d'en bénéficier.

Les journalistes semblent pourtant interroger le ministre à répétition sur un prétendu droit « de grève » des étudiants. Le site de Radio-Canada opposait aussi au recteur de l'UQAM des votes de "grève étudiante" ce matin : « Robert Proulx réitère que l'UQAM est tenue de donner ses cours, malgré les votes de grève pris par certaines associations étudiantes. »