jeudi 1 décembre 2022

France — Comment donner envie de fuir l'école publique (y compris ses bons lycées)

C’est un secret de polichinelle Rue de Grenelle [ministre de l'Éducation]: longue, bien longue est la liste des ministres de l’éducation à avoir prêché la mixité sociale, tout en plaçant leurs propres enfants dans des établissements privés… Pap Ndiaye s’apprête à inscrire son nom au bas de cet inventaire peu glorieux : le ministre promet des mesures pour lutter contre la « ségrégation sociale » en janvier. Rien de bon ne peut sortir d’un tel projet. [Voir France — Le ministre de l'Éducation, Pap Ndiaye, a placé ses enfants dans une école privée élitiste pour avoir une « scolarité sereine »]

À l’origine de l’affaire, les mauvais comptes d’un « indice » imaginé par les services de la Rue de Grenelle : l’« indice de positionnement social » (IPS), qui vise à évaluer les chances de réussite d’un élève à partir de la profession de ses parents. La direction de « l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère » combine les situations du père et la mère à qui elle attribue des points pour déterminer le « score » de l’enfant – pour une fois, personne n’a songé à troquer les points pour des gommettes, des lettres ou des smileys ! L’élève dont la mère est agricultrice et le père artisan recueillera ainsi 99 points, celui dont la mère est professeur et le père ingénieur en comptera 179, etc. – le tout sur une échelle de 38 à 179.

Nombreuses sont les études qui soulignent l’influence de l’environnement dans lequel évolue un enfant sur sa réussite à l’école. Les liens entre le diplôme des parents – celui de la mère en particulier -, la présence ou non de livres dans la maison, l’implication des parents, les conditions de vie… et la trajectoire scolaire ont été établis depuis belle lurette, et ils n’ont au reste rien de vraiment surprenant, ni même de foncièrement répréhensible. Imagerait-on de reprocher aux parents leur appétit culturel, leur succès professionnel ou leur implication dans la transmission d’un bagage intellectuel et moral à leurs enfants ?

Ce qui ne cesse de déconcerter, en revanche, c’est l’incapacité croissante de « l’école de la République » - noyée sous le poids de la massification de l’enseignement hier, fracturée par la défaite de l’intégration [des immigrants et de leur descendance] aujourd’hui à donner à chacun, quel que soit son milieu d’origine, un socle fondamental ; à conduire chaque élève vers le meilleur des apprentissages à sa mesure. Années après années, les classements Pisa de L’OCDE soulignent les piètres performances du système français et son désolant triptyque : baisse du niveau des élèves, forte reproduction des inégalités et dépenses élevées… Les chercheurs internationaux ont pourtant établi noir sur blanc l’évidence : les pays qui ont choisi d’encourager l’excellence sont également ceux qui sont le mieux parvenus à soutenir aussi les élèves en difficulté. En vain. Rue de Grenelle, et dans les cercles « pédagos » qui hantent les couloirs de l’école, d’irréductibles idéologues s’accrochent mordicus à l’idée contraire, et n’ont qu’un mot à la bouche : lisser. Lisser les notes - en faire des groupes ou des lettres, voire les supprimer ; lisser les classes, lisser le niveau. L’« indice de positionnement social » est le fruit de cette obsession égalitariste, de ce génie du nivellement. Longtemps tenu secret, il a d’abord servi d’outil de redistribution au ministère. Puis, évidemment, s’est manifestée la logique de rétorsion inhérente à l’idéologie du lissage : depuis deux ans, à Paris, l’« IPS » sert d’arme anti-ségrégation sociale ». La réforme d’Affelnet, le système d’affectation en seconde, a singulièrement réduit le poids des notes dans la balance. D’abord en les réunissant par groupes de cinq, si bien qu’un 15/20 ou un 20/20 se valent pour le logiciel - inutile, à ce compte-là, de s’étonner de la désaffection pour les maths des élèves français… En minimisant, ensuite, leur importance face à d’autres mesures : critères boursiers et professions des parents du collège d’origine (l’IPS moyen) passent désormais avant le mérite personnel de l’élève. Pour parfaire cette opération de déconstruction, les deux lycées d’excellence que sont Louis-le-Grand et Henri-IV ne sont plus autorisés à sélectionner eux-mêmes leurs recrues – logique vengeresse, toujours.


Le lycée public Louis-le-Grand


Le résultat a été radical : le rectorat s’est félicité de voir la « mixité » augmenter d’un tiers en un an. Encore une poignée d’années à ce rythme, et la carte scolaire sera parfaitement « lissée » : Condorcet, Janson-de-Sailly, Fénelon, Carnot, etc. C’en sera tout à fait fini des lycées publics de bon niveau. En attendant, tous les collégiens ont déjà compris que les bonnes notes ne servaient plus à grand-chose. Leurs parents lorgnent le privé.

Le fameux indice IPS qui profile les élèves selon la profession de leurs parents ne manquera pas de souligner de plus en plus crûment à l’avenir ce phénomène d’« évitement » du public vers le privé, comme le nomment les sociologues de l’éducation nationale : on poussera des cris d’orfraie en constatant que les familles qui le peuvent se sont réfugiées dans les établissements sous contrat.

Or, au lieu de s’atteler à reconstruire, enfin, l’école publique autour de la promotion de la réussite - qui va de pair avec cette véritable bienveillance qui est encouragement et non pas condescendance -, d’y faire vivre le désir d’apprendre, la volonté de s’élever, la curiosité du monde et des autres, beaucoup voudraient déjà appliquer au privé les recettes mortifères qui ont sapé le public…

La faillite qui se produit sous nos yeux est d’autant plus inquiétante que le phénomène d’archipellisation de la société française qu’a décrit Jérôme Fourquet et la révolution numérique ne permettent plus, ou moins, cette intrication des classes, des statuts, des milieux, qui offrait au jeune professionnel une deuxième chance d’ascension. La France se plaint de ses élites. Encore faut-il qu’elle soit à même de faire grandir, demain, les talents qui l’emmèneront vers l’avenir.

Pas de sport

On prête à Winston Churchill, interrogé sur sa longévité, l’une de ces répliques délicieuses dont il avait le secret. « No sport ! », aurait répondu l’ancien premier ministre. Surtout, pas de sport, plutôt des cigares et du whisky ! recommandait-il. À sa façon, Michel Onfray a réitéré cette opération de désacralisation au milieu du concert de bien-pensance qui accompagne trop souvent les grands-messes du foot. « Johnny Halliday remplissait le Stade de France, ce qui ne suffit pas pour parler d’une performance républicaine », ironisait-il dans nos colonnes.

Les émeutes qui ont éclaté à Bruxelles après la défaite du Maroc contre la Belgique ne viennent malheureusement pas contredire son propos sur l’affaissement de la puissance fédératrice du sport.

[...]

            Source : Le Figaro

Mathieu Bock-Côté : « Si vous critiquez le multiculturalisme vous êtes raciste ! »

Essayiste et sociologue, Mathieu Bock-Côté décrypte les grandes tendances et les périls qui menacent la société occidentale, en particulier la tyrannie de la censure, la cancel culture, le multiculturalisme, l’avenir du débat public dans le monde occidental, dans ce grand entretien mené par le grand reporter Régis Le Sommier sur Omerta.


Hambourg — Écologistes se collent pendant concert classique à une barrière métallique...amovible

Ces deux écologistes allemands à la dégaine de gagnants se sont collés à une barrière métallique en plein concert classique pour protester contre… enfin…, l’humanité. Ils n’avaient pas remarqué que la barrière était amovible.

L’image ci-dessus a été prise 5 minutes après le début de leur « action ». Ils avaient alors été rangés avec leur barrière en coulisses.

Ci-dessous le début de l’« action » quand les deux militants croyaient s’accrocher à un objet fixe.

Témoignage d’un francophone présent dans la salle :

C’était à Hambourg mercredi dernier [23 novembre]. Ils étaient au premier rang et, une fois que l’orchestre était en place et accordé, ils sont montés sur scène, juste avant l’entrée du chef et de la soliste. Ils ont sorti leurs blousons pour que nous puissions admirer leurs gilets orange (pourquoi ces gilets, aucune idée…).

Julia Fischer et Tugan Sohkiev ont attendu patiemment et je me suis mis à hurler, un peu seul, Raus ! (dehors ! en allemand), suivi par d’autres spectateurs.

La grosse chose a alors voulu lire un texte et nous avons hurlé : Ruhe ! (silence). De telle sorte qu’elle fut inaudible.

La sécurité les a alors trainés en coulisse puisque la barrière d’une estrade de chef est toujours amovible. Ils ont voulu récupérer leurs sacs et leurs blousons restés à leurs places au premier rang, mais le type de la sécurité ne s’est pas arrêté et le rictus de douleur de ces deux terroristes constitua un moment de bonheur.

Le directeur de l’Elphi [la philharmonie de l’Elbe, la salle à Hambourg] a alors pris la parole pour présenter ses excuses et expliquer que la politique n’avait pas sa place dans cette salle.

Je retiens deux choses de ce moment :

  1. Je vis en Allemagne et y suis bien, MAIS la passivité des Allemands est terrifiante. Nous fûmes peu à réagir en hurlant et en empêchant ces gens de débiter leur propagande malsaine. Il est de notre devoir à tous d’empêcher (sans violence) ces gens et de stopper leurs exactions.
  2.  Le Sénat de Hambourg et la direction de l’Elphi ont décidé de ne pas porter plainte contre ces terroristes au motif qu’ils avaient payé leur entrée. Cette décision est grave, car elle laisse la place à de nombreuses autres actions de ce type ET elle se veut complaisante à l’égard de ces gens qui ne sont en rien des activistes (comme ils sont habituellement dénommés), mais bien des terroristes qui veulent nous imposer leur façon de penser.


mercredi 30 novembre 2022

Population allemande : -1,5 million d'Allemands, + 4,3 millions d'immigrants en 8 ans

Depuis 2014, le nombre de citoyens allemands a baissé de 1,5 million, mais le nombre d'immigrants venus s'installer en Allemagne a lui augmenté de 4,3 millions. Ce qui a fait gagner au pays près de 2,9 millions d'habitants en 8 ans. 

La population en Allemagne a augmenté depuis 2014, mais la proportion de personnes en âge de travailler a diminué. Cette évolution a été affaiblie par l'immigration, comme le rapporte l'Office fédéral de la statistique (Destatis). Au 30 juin 2022, 2 882 000 personnes de plus vivaient en Allemagne qu'à la fin de 2014. Cette augmentation est principalement due à la migration des réfugiés en lien avec la guerre et la violence en Syrie, en Afghanistan et en Irak en 2015/2016 et après le conflit en Ukraine. Mais il y a aussi des afflux réguliers en provenance d'autres États de l'Europe de l'Est tels que la Roumanie, la Bulgarie et la Pologne. Ainsi, entre le 31 décembre 2014 et le 30 juin 2022, le nombre de personnes de nationalité étrangère a augmenté (+4 341 000).


Le décret instituant le plan Biden d’allègement de la dette étudiante déclaré inconstitutionnel

Le juge fédéral du Texas, Mark Pittman, a déclaré il y a quelques semaines que le décret instituant le plan du président Joe Biden visant à annuler des centaines de milliards de dollars de dettes d’étudiants était inconstitutionnel et devait être annulé.

Le plan d’allègement de la dette a déjà été temporairement bloqué par la Cour d’appel du huitième circuit des États-Unis, basée à Saint-Louis, pour examiner la demande de six États républicains visant à l’interdire. Le plan de Joe Biden a fait l’objet de plusieurs actions en justice par des procureurs généraux d’États.

Le juge Pittman, dans une décision de 26 pages, a écrit que la loi HEROES, — une loi qui offre de l’aide financière pour les prêts consentis au personnel militaire et sur laquelle l’administration Biden s’est appuyée pour mettre en place le plan d’aide — ne permettait pas la mise en place d’un programme d’annulation des prêts aux étudiants de 400 milliards de dollars américains. « Le programme est donc un exercice inconstitutionnel du pouvoir législatif du Congrès et doit être annulé », écrit le juge Pittman. 


« Personne ne peut nier de manière plausible qu’il s’agit soit de l’une des plus grandes délégations de pouvoir législatif à l’exécutif, soit de l’un des plus grands exercices de pouvoir législatif sans l’autorité du Congrès dans l’histoire des États-Unis », a déclaré le juge Pittman.

Le juge texan a affirmé que la loi « ne fournit pas au pouvoir exécutif une autorisation claire du Congrès pour créer un programme d’annulation de prêt étudiant de 400 milliards de dollars ». Il a noté que les avocats de l’administration Trump ainsi que la présidente de la Chambre Nancy Pelosi (démocrate de Californie) avaient estimé que le président Biden n’avait pas l’autorité légale pour mettre en œuvre l’annulation massive de la dette par décret. Mme Pelosi avait déclaré l’année dernière que le Congrès devait passer une loi pour annuler la dette étudiante. Elle a, cependant, déclaré plus tard qu’elle soutenait le programme et a félicité le président de l’avoir proposé. Le ministère de la Justice a fait appel du verdict.

Le Bureau du budget du Congrès, non partisan, a calculé que l’annulation de la dette permettrait d’éliminer environ 430 milliards de dollars sur les 1600 milliards de dollars de dettes d’étudiants et que plus de 40 millions de personnes pouvaient en bénéficier.

Le plan, annoncé en août, prévoit d’effacer jusqu’à 10 000 $ US de dettes d’études pour les emprunteurs gagnant moins de 125 000 $ US par an, ou 250 000 $ US pour les couples mariés. Les emprunteurs qui ont reçu des bourses Pell au profit des étudiants à faible revenu verront leur dette réduite jusqu’à 20 000 $ US.

De nombreuses personnes avaient averti l’administration Biden que cette initiative ambitieuse pourrait rencontrer des difficultés juridiques. Pourtant, lors d’un entretien en octobre, le président Biden s’était vanté devant un aréopage d’activistes d’avoir signé une loi qui propose l’annulation de jusqu’à 20 000 dollars de prêts étudiants fédéraux pour les bénéficiaires de la bourse Pell et de 10 000 dollars pour les autres emprunteurs. Il a ensuite affirmé le bobard en disant que « je l’ai fait adopter par un vote ou deux, et c’est en vigueur. » 

 
Bien sûr, comme souvent quand Biden donne sa version de l’histoire — de son arrestation alors qu’il tentait de rendre visite au défunt président sud-africain Nelson Mandela aux 17 000 miles qu’il a parcourus avec Xi Jinping — l’affirmation de Biden selon laquelle il a obtenu une remise de prêt étudiant grâce à une loi adoptée par la législation était un gros mensonge. Il a contourné la législature et utilisé une directive présidentielle pour faire payer les dettes d’un groupe de personnes, ceux qui ont fréquenté l’université, par un autre groupe de personnes, les contribuables.

Un sondage réalisé par le Wall Street Journal avant les élections de mi-mandat cette semaine a révélé que les groupes clés essentiels aux chances des démocrates pour ces élections de mi-mandat, comme les jeunes électeurs, soutiennent fortement le plan d’annulation des prêts étudiants, bien que le grand public soit divisé sur la question.

CNBC a rendu compte cette semaine d’une enquête récente qui a révélé que 73 % des bénéficiaires présomptifs du plan Biden prévoyaient de dépenser l’argent qu’ils n’auraient plus à rembourser à voyager, aller au restaurant et acheter des articles de nouvelles technologies.

Si Biden voulait vraiment aider les étudiants, il devrait chercher à diminuer les frais de scolarité ruineux des universités américaines. Paradoxalement, une mesure efficace pour ce faire serait de limiter l’accès aux programmes de prêts fédéraux.

Au fur et à mesure que le coût de l’enseignement supérieur augmentait, le nombre d’étudiants ayant besoin d’utiliser des prêts étudiants fédéraux a également augmenté. Parallèlement, le montant moyen emprunté par étudiant, ainsi que le montant total annuel emprunté, ont augmenté. La facilité d’obtention de ces prêts fédéraux conduit à une inflation des frais d’inscription.

Alors que le nombre total d’emprunteurs fédéraux s’élevait à 5,9 millions pour l’année universitaire 2001-2002, il est passé à 9,4 millions d’emprunteurs pour l’année universitaire 2016-2017, soit une augmentation de plus de 3 % par an. Au cours de la même période, le montant annuel total des prêts étudiants fédéraux empruntés est passé de 49 milliards de dollars à 94 milliards de dollars, soit une augmentation de près de 4,5 % par an.

Alors que les prix continuent d’augmenter et que les remboursements des prêts étudiants grugent une partie croissante des salaires des diplômés, certains emprunteurs pourraient ne pas être en mesure de rembourser leurs prêts étudiants. Mais cela ne trouble pas les universités. En effet, lorsqu’un étudiant contracte un prêt universitaire, l’argent est versé directement au collège, ce qui signifie que le collège reçoit son argent immédiatement que l’emprunter rembourse ou non cet emprunt en fin de compte. L’emprunteur devient alors responsable du remboursement du prêt. Dans le cas d’un prêt étudiant fédéral, le gouvernement fédéral est responsable de s’assurer que l’emprunteur rembourse intégralement le prêt.

Dans un marché libre et non faussé, au fur et à mesure que les prix augmentent, la demande du bien en question à ce prix diminue. Mais dans l’enseignement supérieur, la généreuse disponibilité de prêts étudiants fédéraux permet aux candidats de combler l’écart entre ce qu’ils peuvent se permettre et le prix demandé par les universités. Les établissements post-secondaires peuvent donc continuellement augmenter le prix qu’ils exigent pour une année d’études.

Dans une étude de 2015, la Federal Reserve Bank de New York a constaté que chaque augmentation de 1 $ du montant maximal des prêts subventionnés entraînait une augmentation de 60 cents des droits d’inscription, tandis qu’une augmentation de 1 $ du plafond des prêts non subventionnés n’entraînait qu’une augmentation de 40 cents de ces frais de scolarité. 


Si la disponibilité des prêts étudiants fédéraux permet aux collèges d’augmenter les prix beaucoup plus rapidement que le rythme de l’inflation, le gouvernement peut peut-être utiliser son contrôle du marché fédéral des prêts étudiants pour aider à contrôler les coûts. Une stratégie pourrait être d’exiger des universités qu’elles n’augmentent pas le prix d’une éducation post-secondaire plus vite que l’indice des prix à la consommation. S’ils le font, soit leurs étudiants perdent tout accès aux prêts étudiants fédéraux, soit les étudiants ou les établissements devraient financer, de leur poche, l’excédent des frais de scolarité au-dessus du prix autorisé.

Supprimer complètement l’accès aux prêts étudiants fédéraux pour les étudiants d’une faculté pourrait réduire considérablement la demande. En conséquence, de nombreuses universités seraient probablement forcées de maintenir leurs prix dans la fourchette de prix recommandée ou risquer de faire faillite.

Voir aussi 

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Québec — 90 900 étrangers (et non 50 000) s'y sont établis en 1 an

C’est un total de 90 900 personnes provenant d’autres pays qui se sont établies au Québec du 1er juillet 2021 au 30 juin 2022.

La différence, ce sont les immigrants temporaires, des gens qui sont entrés au Québec pour diverses raisons – travailleurs agricoles, étudiants internationaux, travailleurs spécialisés, demandeurs d’asile. Pour l’ensemble du Canada, on en compte plus de 850 000.

Il y a ainsi un décalage important entre les chiffres sur l’immigration, utilisés dans le débat public, et le nombre réel de personnes qui s’établissent ici.

Le débat porte sur le nombre de personnes qui obtiennent, chaque année, le statut d’immigrant permanent.

C’est ce chiffre qui fait l’objet de désaccords entre la cible de Québec, 50 000, et celle d’Ottawa, 500 000, d’ici 2025. Ou encore, lors de la campagne électorale, entre le seuil de 50 000 défendu par les caquistes, celui de 70 000 des libéraux ou les 80 000 des solidaires. Et pourtant, ces données, qui ont pris valeur de symbole, ne décrivent pas adéquatement la réalité de l’immigration.

« On ne prend pas les bons chiffres », affirme l’économiste Pierre Fortin.

« Les chiffres officiels qu’utilisent Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec sont les chiffres de l’immigration permanente. Il faut ajouter à ces chiffres la hausse annuelle de l’immigration temporaire », explique-t-il.

L’Institut du Québec dit la même chose. Dans un rapport publié en juin, les auteurs constatent : « Bien que le gouvernement du Québec ait au cours des dernières années abaissé ses seuils d’accueil pour les immigrants permanents, la province a, en réalité, accueilli bien plus de nouveaux arrivants sur son territoire. »

Les données sur les seuils d’immigration ne sont évidemment pas fausses. Ce sont des statistiques officielles. Mais elles ne tiennent pas pleinement compte de l’ampleur de l’arrivée, sur notre territoire, d’un nombre additionnel de dizaines de milliers de personnes venues de l’extérieur, et donc des défis liés à l’intégration et à la prise en charge, ou encore les effets sur les équilibres linguistiques.

C’est comme si, en voulant mesurer le nombre de calories que l’on a absorbées dans une journée, on ne tenait compte que de l’apport calorique des aliments solides, mais qu’on oubliait de prendre en compte les calories provenant des liquides.

Le vrai chiffre de l’immigration, au sens des Nations unies, au sens de Statistique Canada et au sens de l’Institut de la statistique du Québec, c’est bel et bien la somme des deux types d’immigration, temporaire et permanente.

Pierre Fortin, professeur émérite de sciences économiques à l’UQAM

« C’est l’augmentation d’une année à l’autre du nombre de personnes qui entrent et habitent sur le territoire de la nation », ajoute l’économiste.


 

Difficile à estimer

L’image que l’on associe souvent à un immigrant, c’est celle d’une personne qui a fait une demande à partir de son pays, qui a obtenu une réponse favorable des autorités canadiennes et qui, un jour, arrive ici. Autrefois en bateau, maintenant en avion.

Mais dans les faits, une très forte proportion des gens qui obtiennent le statut d’immigrant étaient déjà ici, parfois depuis des années, en vertu de divers programmes, et ont finalement obtenu la résidence permanente. [C'est une stratégie pour immigrer ici pour ceux qui n'auraient pas été choisis s'ils avaient fait leur demande alors qu'ils étaient encore dans leur pays ou à leur arrivée ici. Ils viennent avec la ferme intention d'immigrer de façon permanente mais disent d'abord juste vouloir y étudier ou y travailler temporairement, puis font la demande d'immigration permanente.]

Ils n’arrivent donc pas au Canada ou au Québec, ils changent de statut, et de colonne dans les statistiques.

« Il y en a encore qui sont choisis à l’extérieur, mais ce que je comprends, c’est que les gens ont peut-être un meilleur profil s’ils sont déjà ici. Je pense que c’est intéressant de prendre des gens qui sont déjà ici parce qu’ils sont intégrés », explique Stéphanie Valois, présidente de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration.

Le nombre d’immigrants permanents est assez stable, selon les plus récentes données de Statistique Canada : de 50 000 à 56 000 dans les années 2010, 44 866 en 2018-2019, avec l’arrivée de la CAQ au pouvoir et son engagement de réduire le seuil à 40 000, une chute à 33 295 et à 33 673 durant les deux années marquées par la pandémie, une remontée à 62 798 en 2021-2022, en raison d’un rattrapage post-COVID-19.

Pendant ce temps, un autre processus est en jeu, celui des immigrants temporaires qui entrent au Québec et en sortent. Leur nombre est plus difficile à évaluer en raison du caractère non permanent de leur présence. Les statistiques officielles mesurent toutefois le solde de ces arrivées et de ces départs. En quelques années, le solde des immigrants temporaires a explosé, passant de 12 671, en 2016, à 63 076, en 2019.

Le fait que le nombre de personnes qui entrent ainsi au Québec soit supérieur au nombre de ceux qui partent fait en sorte que le bassin de résidents non permanents augmente d’année en année.

L’ancien ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) Jean Boulet a déclaré en juin qu’il y avait 177 000 immigrants temporaires, au Québec, en 2021.

Ce chiffre se décompose ainsi : 23 795 titulaires de permis de travail du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), 62 270 détenteurs de permis de travail du Programme de mobilité internationale, et 90 800 étudiants internationaux.

Cependant, ce chiffre ne tient pas compte des personnes résidant temporairement au Québec qui ne sont pas titulaires de permis, « comme les enfants des titulaires de permis, les conjoints qui n’ont pas demandé de permis, les demandeurs d’asile qui n’ont pas de permis, les personnes dont le permis initial est expiré et qui sont en attente d’un renouvellement avec permission de travailler ou non », souligne le porte-parole du MIFI Gabriel Bélanger.

Le sommet précédent avait été atteint en 2019, avant la pandémie, avec 167 435 personnes. Il était de 102 125, en 2016.

Si le nombre des immigrants temporaires augmente, c’est parce que les gouvernements, tant à Québec qu’à Ottawa, souhaitent leur présence.

Dans son Plan d’immigration 2022, le MIFI vise notamment à « appuyer les employeurs de toutes les régions du Québec dans leurs démarches de recrutement de travailleurs étrangers temporaires, afin d’augmenter le nombre, de diminuer les délais avant leur arrivée et de faciliter les démarches pour répondre aux besoins de main-d’œuvre à court terme ».

Source : La Presse

Universités — L’exclusion des hommes blancs d’appels de candidatures fait l’objet de plaintes

Frédéric Bastien dont il est question dans le billet ci-dessous a été pris à partie par une enseignante de l'Université Laval le décrivant comme un « homme blanc médiocre». Il lui répond ci-dessous.


Un appel de candidatures à l’Université Laval (UL) pour le poste de titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire du Canada-Québec, qui exclut les hommes blancs, a incité un professeur, qui s’estime violé dans ses droits, à porter plainte à la Commission des droits de la personne du Québec et du Canada.

Campus de l'université Laval à Québec

« On est dans une dérive. On pense que combattre la discrimination par la discrimination, ce n’est pas une bonne façon de procéder. Ça va juste attiser les tensions, lance Frédéric Bastien, historien, professeur au collège Dawson et militant. C’est rare, un poste en histoire. »

Il estime qu’il aurait pu avoir les compétences nécessaires pour postuler : il possède un doctorat en histoire et a plusieurs publications à son actif, dont l’ouvrage La bataille de Londres.

On pense que combattre la discrimination par la discrimination, ce n’est pas une bonne façon de procéder. Ça va juste attiser les tensions. C’est rare, un poste en histoire. — Frédéric Bastien

Or, dans l’affichage de poste [...], l’Université Laval écrit [en gras] que « seules les personnes candidates possédant les compétences requises ET s’étant auto-identifiées comme membre d’au moins un de ces quatre groupes sous-représentés (femmes, Autochtones, personnes en situation de handicap et personne appartenant aux minorités visibles) seront sélectionnées ».

Extrait de l'appel à candidatures

« L’Université Laval ne peut déposer d’autres types de profils de candidatures tant que ses cibles de représentation ne sont pas atteintes, et ce, conformément aux exigences du Programme des CRC [chaires de recherche du Canada] », ajoute-t-on.

Quotas diversitaires

Ottawa a fixé des cibles de diversité à la suite d’un jugement de la Cour fédérale qui a fait l’objet d’un ajout en 2019. Celui-ci vise à réparer un déséquilibre historique dans la représentation des minorités. Les cibles pour décembre 2029 sont de 50,9 % pour les femmes, de 22 % pour les minorités visibles, de 7,5 % pour les personnes handicapées et de 4,9 % pour les Autochtones. Les universités s’approchent de l’objectif : des données du Programme des chaires de recherche du Canada montrent qu’en septembre 2022, la représentation pour les « femmes et personnes de minorités de genre » était de 44,3 %, de 24,9 % pour les personnes racisées, de 6,1 % pour celles ayant un handicap et de 3,8 % pour les Autochtones.

Pour y parvenir, des universités d’un peu partout au pays excluent dès le départ les candidatures d’hommes blancs aux postes de chaires de recherche financées par le fédéral. Cette situation avait été dénoncée par le gouvernement du Québec et l’opposition en mars dernier.

Du côté de l’UL, on prend le soin de préciser que « toutes les universités doivent se conformer à ces exigences ». « Avant le lancement de chaque concours de CRC, une évaluation est faite afin de savoir si des écarts restent à combler pour atteindre les cibles établies par le Programme [des chaires de recherche du Canada]. Si ces cibles sont atteintes, les CRC peuvent être attribuées à toute personne », explique la porte-parole Andrée-Anne Stewart.

Pour des questions de principe, Frédéric Bastien a acheminé le 31 octobre une plainte contre l’Université Laval et une contre le Programme des chaires de recherche du Canada aux commissions canadienne et québécoise des droits de la personne. « En faisant cela, elle a violé mes droits, écrit le professeur. En étant considéré comme un homme blanc, hétérosexuel, je ne pouvais postuler au poste en question, car les quotas pour les catégories indiquées plus haut n’étaient pas atteints. »

Matière à contestation 

Comme cette façon de faire génère de vifs débats, le professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal (UdeM) Stéphane Beaulac estime que le fait de porter plainte est une bonne nouvelle parce que « cela va permettre de régler la question » et de « tester le programme » [mettre à l'épreuve les critères discriminatoires du programme de financement].

« Il y a matière à aller contester ces affichages [de l'appel à candidatures]. Il y a de la poigne, juridiquement parlant », croit le spécialiste en droit constitutionnel. Mais pas nécessairement sur l’aspect discriminatoire, ajoute-t-il, parce que cela s’inscrit dans un programme expressément autorisé par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et par le régime législatif.

« Le concept clé, c’est celui de la proportionnalité. C’est là que la poigne [le levier] juridique se trouve, estime celui qui a lui-même été président du comité d’embauche à la Faculté de droit de l’UdeM pour deux mandats. C’est de dire que ça va trop loin parce que le processus est censé garder comme priorité absolue la compétence à remplir selon les fonctions de l’affichage. C’est donc de se priver d’entrée de jeu de plusieurs dossiers qui permettraient de voir, dans le marché de l’embauche, qui sont les personnes les plus compétentes. »

Contacté par Le Devoir, le Programme des chaires de recherche du Canada insiste sur le fait que les « objectifs d’équité et l’embauche stratégique sont considérés comme des pratiques exemplaires par la Commission canadienne des droits de la personne pour remédier à la sous-représentation historique et persistante » des minorités.

« Les hommes blancs sont admissibles à plusieurs postes de chaire de recherche à travers les universités canadiennes, ajoute la porte-parole Andrea Matyas. Le Programme des chaires de recherche du Canada n’exclut personne et se veut inclusif. C’est justement pour cette raison que des mesures sont prises par le programme pour assurer une représentation qui corresponde à celle de la population. »

Empiètement sur la vie privée

L’Université Laval ajoute de son côté qu’un candidat ne peut pas obtenir un poste à une chaire de recherche canadienne s’il ne remplit pas un formulaire d’auto-identification. Consulté par Le Devoir, celui-ci comprend des questions avec des choix de réponse détaillés sur le genre, l’orientation sexuelle, l’identité autochtone, l’appartenance à une minorité visible et la présence d’un handicap. « Il s’agit d’une condition du Programme lors de l’évaluation des dossiers par le gouvernement fédéral », précise Andrée-Anne Stewart.

Une situation que dénonce Frédéric Bastien, qui envisage de porter plainte contre ce formulaire. « C’est la sphère privée de l’individu qui est envahie par l’employeur », croit-il.

Source : Le Devoir


Angleterre : le nombre de musulmans a doublé en 10 ans, les chrétiens ne sont plus majoritaires

Le recensement 2021 effectué par l’institut national britannique des statistiques souligne aussi que la population blanche dans les villes principales du pays est passée sous la barre des 40%.


Un recensement évocateur. Le rapport 2021 publié le 29 novembre par l’institut national britannique des statistiques a mis en lumière l’évolution de la population en Angleterre. Et le constat est sans appel, comme l’indique Le Point : le pays n’est plus une nation à majorité chrétienne. En effet, si les Chrétiens représentaient 59 % de la population en 2011, ils sont un peu plus de dix ans plus tard 46 %, soit moins de la moitié. Dans le même temps, la population blanche est passée sous la barre des 40% à Londres et Birmingham, les deux principales villes du pays. A contrario, le recensement souligne que la population musulmane a doublé en une décennie et demeure la deuxième religion du pays avec quatre millions d’individus musulmans. Quant au nombre de juifs, d’hindous et de bouddhiste, il reste plutôt stable.

Convictions entamées

En revanche, l’institut national britannique des statistiques souligne que le nombre d’athées a connu une forte progression depuis 2011, passant de 25 % à 37,2 %. La société multiculturelle d’outre-Manche a donc connu une nette évolution, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Brexit a fortement diminué l’immigration des catholiques européens au profit de ceux du sous-continent indien et africain. Ensuite, les scandales à répétition au cœur de l’Eglise ont entamé les convictions de nombreux Chrétiens. « Le pays a fait une croix sur l’attachement automatique au christianisme. Nous devons mieux faire connaître la doctrine du Christ », a expliqué le révérend Stephen Cottrell, numéro deux de l’Église anglicane. Pour limiter le recul historique de la foi chrétienne en Angleterre, et alors que le nouveau roi Charles III s’est toujours dit défenseur de « toutes les fois », tout reste donc à faire.

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lundi 28 novembre 2022

Angleterre — L'endoctrinement scolaire crée une jeunesse woke - et les conservateurs se taisent

Un texte d’Eric Kaufmann, chercheur principal au Policy Exchange et professeur de politique à Birkbeck, Université de Londres, paru dans le Telegraph de Londres.

Les moins de 26 ans sont de plus en plus sous l’emprise du socialisme culturel. Ne pas s’y attaquer produit une génération fortement à gauche.


La Grande-Bretagne devient de plus en plus illibérale et antipatriotique à mesure que les jeunes d’aujourd’hui, de plus en plus woke, deviennent des électeurs.

Ce que j’appelle le socialisme culturel — le désir de créer des résultats égaux et de protéger les groupes identitaires minoritaires contre les vexations psychologiques — a trop souvent la priorité pour la génération Z et la génération Y sur les valeurs britanniques historiques telles que la liberté d’expression, la vérité objective et l’attachement aux réalisations historiques de la nation. Contrairement aux contes de fées que se racontent les politiciens conservateurs, ces jeunes ne changeront pas d’avis à mesure qu’ils franchiront des étapes de la vie comme prendre un emploi, posséder une maison ou avoir des enfants. La révolution woke est culturelle, pas matérielle.

Considérez les conclusions de mes récents rapports du Policy Exchange sur la politique des jeunes Britanniques et l’opinion publique sur les questions relatives à la guerre culturelle. Parmi les répondants à un sondage âgés de moins de 26 ans, davantage étaient opposés plutôt que favorables à la défense par le vice-chancelier de l’Université de Sussex de la liberté universitaire de la philosophe critique de la théorie du genre Kathleen Stockt traquée par une foule d’activistes trans sur le campus. Ce groupe d’âge est également partagé entre ceux qui veulent que JK Rowling ne soit plus publiée par son éditeur et ceux qui pensent qu’elle devrait rester, ou entre ceux qui veulent que la statue de Churchill soit enlevée ou qu’elle reste sur la place du Parlement. En revanche, les plus de 50 ans soutiennent Rowling et Churchill avec une marge écrasante de 85 contre 5.

Les jeunes sont influencés par les médias sociaux, mais les écoles jouent un rôle important dans le renforcement des croyances woke. Une nette majorité d’écoliers britanniques sont endoctrinés avec des idées culturelles socialistes. Parmi les jeunes de 18 ans que j’ai échantillonnés, 63 % ont appris ou entendu parler par un adulte à l’école au moins un des trois concepts dérivés de la théorie critique de la race : « privilèges blancs », « préjugés inconscients » ou « racisme systémique ». Si nous incluons des idées féministes radicales telles que le « patriarcat » ou l’idée qu’il existe plus de deux genres, ce chiffre monte à 78 %. Ceux qui en ont appris davantage sur ces théories de justice sociale critique (CSJ) sont plus susceptibles de favoriser le politiquement correct comme moyen de protéger les groupes défavorisés, plutôt que de considérer le correctivisme politique comme un étouffoir de la liberté d’expression.

Les jeunes qui ne sont pas d’accord avec l’orthodoxie le font à leurs risques et périls, et le programme d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) les oblige à se censurer. Une majorité de jeunes de droite qui ont déclaré avoir appris au moins trois des cinq concepts CSJ ​​craignaient d’être expulsés ou punis pour avoir exprimé leurs opinions. Près de la moitié des employés de droite de moins de 35 ans qui ont suivi une formation sur la diversité craignent d’être licenciés ou de perdre leur réputation.

La pression des pairs est souvent immense, s’ajoutant aux sanctions institutionnelles. La grande majorité des jeunes soutiennent Remain [Rester dans l’Union européenne], et seulement un tiers des jeunes partisans de cette option disent qu’ils sortiraient avec un partisan du Brexit. Ceux qui font de la discrimination dans leurs fréquentations sont également beaucoup plus susceptibles de faire de la discrimination à l’embauche. Quatre-vingts pour cent des partisans de Rester [dans l’Union européenne] qui disent qu’ils seraient « très mal à l’aise » de sortir avec un partisan du Brexit disent, toutes choses étant égales par ailleurs, qu’ils préféreraient embaucher un partisan de Rester [dans l’UE] à un partisan du Brexit.

Comme le remarque Ed West dans son livre Small Men on the Wrong Side of History, il existe une puissante culture jeune anti-conservatrice reproduite dans les médias et le système éducatif et qui bénéficie d’un élan de deux décennies. Ce point de vue est devenu plus strident chez les moins de 25 ans alors que la politique se moralise et prend des proportions de lutte cosmique entre le bien et le mal. Il n’est donc guère étonnant que les élections de 2019 aient révélé un écart partisan sans précédent de 43 points entre les habitudes de vote des plus de 65 ans et celles des moins de 25 ans.

Il ne s’agit pas d’une « rente générationnelle » qui ne parvient pas à atteindre les objectifs matériels de la classe moyenne comme la propriété d’une maison ou une famille. Ni la propriété d’un logement ni l’état matrimonial ne changent beaucoup les attitudes envers la liberté d’expression ou le passé britannique lorsque vous considérez l’éducation, l’âge ainsi que d’autres facteurs. Bien qu’il soit prouvé que les gens se déplacent de 20 points vers la droite au cours de leur vie, cela est loin d’être suffisant pour compenser le déficit actuel des conservateurs parmi les moins de 35 ans. Des stratèges conservateurs complaisants qui pensent que les jeunes d’aujourd’hui reviendront comme par magie au bercail une fois qu’ils paieront des impôts, souscriront à une hypothèque ou fonderont une famille vont avoir un réveil brutal quand, en deux décennies, ils deviendront un parti d’opposition naturel comme les conservateurs du Canada. [Un parti qui attend pendant de longues années une alternance, comme par lassitude de l’électorat envers le parti naturel du pouvoir, la gauche.]

Mon travail montre que le public s’oppose au wokisme par une marge de plus de deux contre un sur 25 questions, et ces questions divisent la gauche tout en unissant la droite. Pourtant, les conservateurs semblent incapables de lutter contre la propagation du socialisme culturel dans les écoles, la santé publique, la police et la fonction publique. Les députés conservateurs manquent à la fois de conviction et de courage pour agir, contrairement à leurs homologues républicains américains comme Ron DeSantis. Trop nombreux sont les libéraux d’affaires qui prêchent le dynamisme économique et se soucient peu de la culture et des traditions du pays. Cela se reflète dans le chiffre sans précédent de la migration nette de plus d’un demi-million [en 2021-2022] et dans l’inattention soutenue pendant des années au flux de demandeurs d’asile traversant la Manche.  

[Au cours de l’année se terminant en juin 2022 : 1,1 million de personnes ont migré vers le Royaume-Uni et 560 000 personnes en ont émigré, laissant une migration nette de 504 000 personnes. L’ONS [Office de la Statistique] a déclaré que les chiffres de l’immigration et de la migration nette, qui n’incluent pas ceux qui arrivent par des routes clandestines telles que sur de petits bateaux à travers la Manche, étaient les plus élevés depuis qu’il a commencé à collecter des statistiques sur la migration en 1964. Le record précédent pour la migration nette était juste plus de 330 000 en 2015.] Ceci malgré les promesses du parti dit conservateur de juguler l’immigration, une des raisons avancées pour réclamer le Brexit.]

Si la plupart des Britanniques ne croient plus à la liberté d’expression ou à la raison scientifique et considèrent notre passé comme un cauchemar raciste, il ne s’agit pas d’un sujet mineur dans la « guerre culturelle ». Cela mine l’essence même de la civilisation britannique.

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dimanche 27 novembre 2022

Les illusions perdues et la conversion au nucléaire de Greta Thunberg

Pour Bruno Alomar, économiste et professeur à Sciences-po, la conversion de l’icône du climat au nucléaire est la preuve que le réel finit toujours par renverser l’idéologie :

L’Europe gelée, victime collatérale consentante, du Grand Jeu américain contre la Russie ?

« Enfin Greta adouba l’énergie nucléaire », serions-nous tentés de nous écrier pour saluer la jeune Greta Thunberg, égérie de l’écologie politique, qui a déclaré le 11 octobre à la télévision allemande qu’il serait sans doute préférable de prolonger les activités des centrales nucléaires plutôt que de rouvrir des centrales à charbon. Voilà le nucléaire civil sauvé ! Les autorités politiques nationales et européennes n’ont plus qu’à obtempérer. D’ailleurs la Suède l’a bien compris, qui a annoncé la construction de nouveaux réacteurs nucléaires quelques jours après ces déclarations.

Le propre du réel, est que, tout ou tard, il renverse l’idéologie

Disons-le sans ambages : la façon dont les médias, le monde politique, en un mot l’Occident s’en laisse compter par une jeune fille — dirions-nous une gamine ? — inexpérimentée ne lui fait pas honneur. Et si de beaux esprits citeront avec emphase le rôle de l’enfant du conte d’Andersen qui ose seul dire que le « roi est nu », il faut plutôt voir dans les fureurs de Mademoiselle Thunberg une lointaine réminiscence de ces enfants destructeurs que le Moyen-Âge et la Renaissance ont connus, qu’il s’agisse des pastoureaux ravageant la France ou des séides de Savonarole brûlant les œuvres d’art dans la Florence du Quattrocento.

Le propre du réel, est que, tout ou tard, il renverse l’idéologie. Alors que le réel frappe à notre porte, beaucoup de certitudes tombent, et pas seulement celles de Mlle Thunberg. Trois exemples l’attestent. Les écologistes ont entraîné le monde dans une transition si rapide qu’elle est pour partie ratée.

Le premier, tient donc à l’énergie. L’idéologie environnementale a causé des dégâts immenses et durables. Car au mépris des réalités, les écologistes ont entraîné le monde dans une transition si rapide qu’elle est pour partie ratée. Comprenons-nous bien : le développement d’alternatives aux énergies fossiles, une utilisation mesurée des ressources sont indispensables. L’UE a d’ailleurs plaidé en ce sens dès 2000. Mais tout est question de mesure, de cette mesure dont Nietzsche disait qu’elle est le plus sûr acquis de l’expérience, et dont les écologistes radicaux sont à l’évidence dénués… quel que soit leur âge.

Le second tient à la question de la défense. Durant des années, bercée de l’illusion des dividendes de la paix, se croyant si moderne que seule elle avait compris que le doux commerce allait mettre fin aux conflictualités, l’Europe a regardé avec suspicion les questions militaires. Il était temps d’en finir — si besoin en les privant de financement — avec ces entreprises que l’on condamnait tels les « marchands de canons » de l’entre-deux-guerres. Et puis la guerre en Ukraine survint. Et dans un mouvement de panique, après avoir stigmatisé les entreprises de défense, l’on — c’est-à-dire financiers, journalistes, politiques — s’est souvenu que, peut-être, il était nécessaire de savoir se défendre. Que l’industrie de défense c’était aussi non seulement des emplois, non seulement de l’innovation, mais bien plus encore la colonne vertébrale de cette réindustrialisation qui est devenue un nouveau mantra.

L’Union européenne ne pèse plus rien
 
Obsédée par la réduction des émissions de CO2, l’Union européenne n’a pu que constater qu’elle n’était pas suivie dans sa croisade. Son isolement, désormais acté, risque de nous coûter cher.
 
Sans surprise, la COP-27 est une déception pour les militants du climat, mais une réussite pour l’Égypte et d’autres pays africains et quelques autres qui ont fait pression pour défendre leurs intérêts. L’Union européenne, leader des COP, a été, comme l’année dernière à Glasgow, désavouée par la majorité des pays.
 
Il n’y a toujours pas d’« augmentation des ambitions » pour réduire les émissions mondiales de CO2. La COP-27 a finalement admis que tenter de les atténuer est une chimère. Depuis la COP-1, les émissions ont augmenté de 59 % et, sans la crise du Covid, elles auraient augmenté de 65 %. L’Union européenne peut encore penser qu’elle est le leader mondial, elle ne l’était déjà plus, et la rencontre de Charm el-Cheikh l’a confirmé.

Les négociateurs de l’Union n’ont pas apprécié, paraît-il, la façon dont les tractations ont été menées par la présidence égyptienne. Mais comment le pays hôte pourrait-il s’opposer à l’utilisation des combustibles fossiles alors que, grâce à de nouveaux gisements de gaz naturel dans la mer du Levant, il est non seulement en train de devenir autosuffisant, mais il va devenir un exportateur de gaz ?

​Ce ne sera guère mieux l’année prochaine, puisque la COP-28 se tiendra aux Émirats arabes unis, un pays qui doit sa prospérité au pétrole et au gaz au point d’avoir choisi de faire figurer sur son drapeau la couleur noire, pour l’« or noir ». L’année prochaine, l’Union européenne sera de nouveau désavouée.
 
​On voudrait nous faire croire que cette COP a posé les bases de la justice climatique, car on a annoncé la création d’un fonds d’aide aux pays les plus pauvres pour compenser les « pertes et dommages » causés par le développement de la prospérité et de la qualité de vie dans les pays de l’OCDE. Seule l’idée a été adoptée, tout le reste est à définir. Mais déjà la France a proposé d’organiser une réunion à Paris pour convaincre les potentiels donateurs, sans doute aussi pour tenter de contrer la forte influence russe et chinoise en Afrique.

La COP-27 aura surtout servi à montrer à l’UE que les pays africains ont l’intention de se développer et que cela ne se fera qu’en augmentant les émissions de CO2.
 
C’est lors de la COP de Cancún, en 2010, que les 100 milliards de dollars par an d’un fonds vert avaient été promis pour que les pays en croissance puissent acheter des éoliennes dans les pays riches. En vain puisque, entre 2011 et 2021, les éoliennes et les panneaux solaires n’ont répondu qu’à 20 % de la croissance de la demande énergétique, si bien que l’écart entre les énergies fossiles et les énergies renouvelables se creuse. Mais on ne change pas une équipe qui perd ! 
 
Heureusement, comme le montrent des travaux de plus en plus nombreux, il n’y a pas d’urgence climatique. Il faut économiser avec mesure et s'adapter.

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L’expérience allemande des énergies renouvelables est terminée

Une fois en Amérique Nord, l’empreinte carbone d’un immigré est multipliée par plus de trois (3) 

Écologie — Évolution de la recherche « acheter du bois de chauffage » en Allemagne

« J’ai arrêté de payer » : la fronde des Britanniques face à l’explosion de leur facture d’énergie  

« Écologie » — Forêt millénaire allemande détruite pour faire place à des éoliennes 

L’Ontario perd des terres agricoles à un rythme effréné à cause de la croissance démographique 

Pour une écologie scientifique et non politique 

Bureau de l’environnement de l’ONU en 1989 : Plusieurs pays risquent de disparaître sous les flots

AFP — Ours polaire « symbole du réchauffement climatique » aperçu en Gaspésie

 « L’écologie politique consiste en une offensive contre l’Occident »

Catastrophisme — la SRC et le palais de Buckingham sous eau

Le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète… Est-ce grave ? [détails sur la hausse du niveau de la mer sur les côtes canadiennes et québécoises]

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« 340 millions menacés par la hausse du niveau de la mer en 2050 », quand les gros médias prennent l’eau    

« Des coraux plus résistants à la chaleur » ou des études précédentes peu fiables et alarmistes ?