dimanche 26 avril 2015

France — les nouveaux programmes d'histoire ou l'effacement de la France

Toujours remarquables ces articles de France où il semble encore y avoir une volonté d’enseigner une culture générale à l’école. (L’université c’est pour apprendre un métier intellectuel, pas pour combler une éducation secondaire lacunaire. Enfin, c'est sans doute une vision « dépassée » aujourd'hui au Québec.)

Que penseraient ces intellectuels français de l’école québécoise qui n'est le plus souvent qu’un désert culturel et un havre du correctivisme politique « consensuel » : au Québec, plus de latin (sauf rarissimes exceptions), ni de grec bien sûr, ni de langues étrangères autres que l’anglais, plus de classiques enseignés ou si peu, plus vraiment d’histoire européenne si ce n’est, semble-t-il, comme occasion de repentance pour les grands méfaits des Européens, par contre les élèves captifs y ont « droit»  à l’écologisme, l’immigration nombreuse nécessairement bonne, le multiculturalisme, l’autochtone mythifié, l’islam nécessairement raffiné et tolérant, la lutte contre l’homophobie au cours d’anglais, de français, de maths, d’histoire (ici et ), etc. Les mauvaises notes y sont aussi bannies. Bref, le Québec est à la pointe du «progrès»... Pourtant, la France partage déjà un trait commun : nettement moins d'heures de français à l'école au Québec comme en France en 40 ans.


Entretien du philosophe et essayiste Pascal Bruckner réalisé par Le Figaro.


— La réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem n’en finit pas de susciter la polémique. Les cours de latin, de grec et les classes bi-langues vont être supprimés tandis que l’instauration de cours d’improvisation inspirés de Jamel Debbouze est évoquée. Que cela vous inspire-t-il ?

Pascal Bruckner
Pascal Bruckner — C’est vraiment prendre les Français pour des imbéciles. On leur supprime le latin, le grec et l’allemand pour leur donner à la place du Jamel Debbouze [Note du carnet : un de ces nouveaux « comiques » subventionnés que nous inflige la République]. L’école devient le véhicule de l’ignorance et non du savoir. L’idéal de l’excellence, porté par Jules Ferry, a été progressivement délaissé par les idéologues au profit d’un égalitarisme qui confond égalité et médiocrité générale. Désormais, c’est le cancre qui devient le plus grand dénominateur commun dans la classe. Initialement, l’école de la République avait pourtant l’ambition inverse de porter une classe d’âge vers le niveau le plus élevé. Dans la novlangue actuelle, apprendre à nager aux élèves devient, « se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé ». On touche le fond ! La première réforme à entreprendre d’urgence serait de renvoyer tous ces « Trissotin » de la technocratie républicaine sur les bancs de l’école.

— Dans les nouveaux programmes d’histoire, la chronologie est abandonnée, l’enseignement de l’islam est obligatoire tandis que le christianisme médiéval et les Lumières sont optionnelles. Qu’en pensez-vous ?

Sans chronologie, l’histoire n’a pas de sens. Cette réforme risque donc d’égarer encore un peu plus les élèves. On peut également s’étonner du choix de privilégier l’enseignement de l’islam par rapport à celui des Lumières ou du christianisme médiéval. À mon sens, il ne s’agit pas d’un choix arbitraire, mais idéologique. Il y a sans doute ici une volonté d’ouverture à l’égard de l’islam, un souci de plaire aux nouveaux arrivants en supprimant tout ce qui peut les heurter : l’enseignement d’un autre monothéisme et l’exercice d’un esprit critique. Mais comment comprendre la France sans connaître le « manteau de cathédrale qui la recouvre » ? Comment comprendre qui nous sommes si l’on ne sait pas d’où l’on vient ? C’est-à-dire d’un pays de culture profondément catholique et républicaine. Quant aux Lumières, elles sont au fondement même de la culture laïque contemporaine. Que l’on soit de gauche ou de droite, croyant ou pas, c’est durant cette période que se noue la modernité. Faire l’impasse sur celle-ci me paraît aberrant. Il est vrai que dans certains quartiers, il est désormais impossible d’enseigner la Shoah en raison du conflit israélo-palestinien ou encore Madame Bovary qui soulève la question de l’adultère. La réforme tend à cajoler les éléments les plus rétifs du système éducatif au lieu de les assimiler. Ce n’est pas forcément un bon signe à envoyer aux Français musulmans les plus éclairés qui voudraient prendre leur distance avec leur propre religion et s’ouvrir au reste de notre culture. Pour nourrir une réflexion plus profonde sur les croyances, il me paraît urgent de rendre obligatoire la lecture du traité sur la tolérance de Voltaire.

[Note du carnet : Sauf que Voltaire est un mauvais exemple : un hypocrite, intolérant, affabulateur, envieux, pingre, etc. Voir ici, ici, ici, et .]


— Après la série d’attentats qui a frappé Paris en janvier, ne fallait-il pas envoyer des signes d’apaisement ? [Au Québec : Après la crise des accommodements, ne fallait-il pas assurer un meilleur enseignement du « vivre ensemble », etc.]

Il ne faut pas confondre apaisement et reddition. Dans son dernier livre, Michel Houellebecq a magnifiquement dessiné une France possible dans les dix ans à venir. Soumission est bien sûr une utopie négative pour que nous n’empruntions pas ce chemin. Mais la réalité pourrait rattraper la fiction beaucoup plus vite que prévu. Dans le livre de Houellebecq, l’islam prend un visage presque apaisant pour mieux souligner notre responsabilité, notre lâcheté. Le 11 janvier a été un beau moment de résistance et d’indignation. Puis beaucoup sont retombés dans la culture de la peur, allant même jusqu’à suggérer pour certains de revenir sur l’interdiction du voile à l’école. À travers cette refonte des programmes scolaires, on procède au reformatage du logiciel de la France pour complaire aux ennemis de celle-ci et de la liberté. Cela me rappelle l’abandon par Jacques Chirac de la référence aux racines chrétiennes de l’Europe dans le projet de Constitution européenne de 2004. On reproduit aujourd’hui la même logique de repentance agressive en niant les fondements de notre nation. Ses fondements catholiques, mais aussi ses fondements républicains nés de l’idéal des Lumières. J’y vois une tentative délibérée d’amputation des traditions nationales. Au motif de favoriser le « vivre ensemble », horrible terme de la novlangue actuelle, on prône l’effacement de ce qu’il y a de meilleur dans notre héritage. On méprise les Français d’origine immigrée qu’on croit incapable d’intégrer notre trésor national et on prive les Français de leur histoire. Dans les deux cas, il s’agit d’un mauvais coup porté à l’intelligence. Ce qu’il y a de plus terrible dans cette réforme, c’est qu’elle est défendue par ceux-là mêmes qui sont censés diffuser le savoir. Comme si le maître voulait inculquer de force l’ignorance à l’élève.

— Que vous inspire la tentative d’attentat contre l’église de Villejuif ?

— Le choix d’une église ne tient en rien au hasard. Les islamistes radicaux cherchent à éradiquer toute trace des monothéismes antérieurs, car ils se veulent les seuls dépositaires de la vérité. Après les Juifs, le tour des chrétiens est venu...

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Désinformation — Voltaire et le « Combat contre l’obscurantisme » du CNED (Éducation nationale de France)





L'historienne Marion Sigaut a été interrogée par un de ses correspondants au sujet de la fiche « Combat contre l’obscurantisme » éditée par le CNED (cours par correspondance de l'Éducation nationale française) pour les élèves de seconde (secondaire V). Elle analyse ici ce qu'elle qualifie ici de mensonges éhontés publiés sous couvert de l’Éducation nationale dans cette fiche, qui fait les louanges du controversé Voltaire.

Une partie du cours du CNED sur ce sujet est en accès libre ici. Marion Sigaut les commente. L'ensemble des notes est reproduit dans la vidéo.


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samedi 25 avril 2015

Petite propagande ordinaire à l'école publique québécoise

Mathieu Bock-côté revient sur l’affaire de l’école de Kamouraska dont nous avions déjà parlé et élargit le débat :

L’histoire peut sembler banale mais elle ne l’est pas. C’est le Huffington Post qui y a d’abord fait écho. Récemment, des élèves de tout le Québec se réunissaient dans une école Saint-Pascal de Kamouraska pour un concours d’improvisation. Certains élèves de Montréal, issus de l’immigration, ainsi que leurs professeurs, ont découvert accrochés aux murs certains dessins réalisés dans le cadre d’un cours d’univers social.

Les dessins pouvaient sembler indélicats. De fait, ils l’étaient (on les consultera ici). À tout le moins, ils étaient caricaturaux. On avait demandé aux élèves de dire pourquoi l’immigration était bénéfique au Québec. Ou si on préfère, on leur demandait aux jeunes d’expliquer pourquoi l’immigration est une richesse. Ils l’ont fait avec des images convenues et des préjugés un peu gênants. Il y avait l’immigrant cueilleur de fraise [sic, fraises], Ou celui qui cueille les bleuets. Ou encore qui s’esquinte en occupant les emplois dont les Québécois de souche ne veulent pas.

Étrangement, l’exposition de ces préjugés n’est peut-être ce qui devrait le plus nous inquiéter dans cette petite controverse. Il est dans la nature même de l’exercice. Depuis quand est-ce le rôle de l’école de se transformer en camp de propagande ? Depuis quand doit-elle faire la promotion d’une vision de la société plutôt que d’une autre ? L’école peut bien parler de l’immigration aux élèves. Elle ne devrait pas leur dire à l’avance qu’elle est bonne pour le Québec. Non plus qu’elle est mauvaise. Elle devrait leur présenter ce phénomène avec les nuances nécessaires.

Représentation caricaturale du Québécois bedonnant et fainéant, confusion de l’immigration et du travail saisonnier

Prenons le débat plus largement. L’immigration a certainement des avantages. Elle a aussi des désavantages. Les leaders politiques et les leaders d’opinion en débattent (plus ou moins) librement, en tenant compte de différentes variables. Les scientifiques aussi, en débattent. On cherche à évaluer ses effets sur l’économie québécoise ainsi que la pression qu’elle met sur l’État social, on veut voir si elle contribue ou non à l’anglicisation de Montréal, ou alors, de quelle manière l’islam qui s’implante ici avec elle contribue ou non à transformer notre société.

Pourquoi donc l’école devrait-elle effacer cette complexité et reprendre le slogan plus que simpliste qui veut qu’en elle-même, l’immigration soit une richesse ? Il suffit pourtant d’étudier l’histoire des sociétés pour constater qu’elle peut être à la fois source de progrès et source de problèmes. C’est même une question d’honnêteté intellectuelle élémentaire que de le reconnaître. Effacer cette complexité pour basculer dans une vision romantique et lyrique des mouvements migratoires, cela ne renforce certainement pas l’esprit critique.

On l’aura compris, l’école, ici, sans même s’en rendre compte, et croyant simplement pratiquer la pédagogie des bonnes intentions, se fait le vecteur de l’idéologie multiculturaliste. Elle cherche à inculquer une idéologie à de jeunes esprits, à façonner durablement leur mentalité, et implicitement, à faire passer pour très méchants ceux qui nous inviteraient à développer une vision plus nuancée de l’immigration. Pour elle, l’ouverture à l’autre est une valeur en soi, peu importe qui est l’autre en question et de combien d’autres on parle. Cette vision des choses est notamment promue par le cours Éthique et culture religieuse ainsi et que par les nouveaux cours d’histoire.

On en vient à l’essentiel : l’école ne devrait pas faire la promotion du multiculturalisme, non plus que le combattre. Elle ne devrait pas faire la promotion de la souveraineté, non plus que la combattre. Elle ne devrait pas faire la promotion de l’écologisme, non plus que le combattre. Elle ne devrait pas faire la promotion du socialisme, non plus que le combattre. Elle ne devrait pas être militante pour une cause ou pour une autre. J’imagine un exercice scolaire où on demanderait aux jeunes d’expliquer pourquoi la souveraineté est une bonne chose. Je m’y opposerais tout autant.

L’école devrait transmettre un savoir, un patrimoine de civilisation et permettre à chacun de se faire peu à peu une tête sur les grands enjeux de notre société. Mais elle ne devrait pas servir les intérêts idéologiques des uns ou des autres, sans quoi, elle n’est plus fidèle à sa mission.

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vendredi 24 avril 2015

Cour suprême : les écoles francophones auront droit aux mêmes services que les anglophones


La Cour suprême du Canada, dans un jugement unanime sans surprise, a donné raison aux parents de l’École francophone Rose-des-Vents à Vancouver qui réclamaient, depuis 2010, des services scolaires équivalents à ceux offerts aux élèves anglophones.


La plus haute instance juridique du pays a jugé à l’unanimité (7-0, 7 des 9 juges avaient entendu la cause) que Colombie-Britannique a enfreint le droit constitutionnel à l’instruction d’une communauté francophone en mettant à sa disposition des installations scolaires de qualité insuffisante.

En 2012, la Cour suprême de la Colombie-Britannique avait statué que les parents devraient avoir accès à une école pouvant accueillir 500 élèves et de qualité « équivalente aux locaux offerts aux élèves de la majorité anglophone ». Mais en 2013, la Cour d’appel avait renvoyé la cause devant la Cour de première instance, estimant que le juge de la Cour suprême provinciale avait fait erreur en ne tenant pas compte dans sa décision de certains éléments présentés par la province.

Le jugement du premier tribunal est donc rétabli et l’affaire sera renvoyée en Cour Suprême provinciale, sauf si les parties parviennent à négocier un accord au préalable.

La décision rendue par la Cour suprême du Canada pourrait faire jurisprudence dans le reste du Canada, où plusieurs conseils scolaires francophones minoritaires exigent de leurs gouvernements provinciaux davantage de fonds et de pouvoirs pour créer et maintenir des écoles de qualité.

Remarquons une nouvelle fois que la Cour suprême tend à l’unanimisme comme dans le cas du jugement sur la prière du conseil municipal de Saguenay où les juges avaient admis que leur jugement s’ancrait dans leur « interprétation évolutive de la liberté de conscience et de religion » et non à cause de la « Charte québécoise [ou de] la Charte canadienne [qui] n’énoncent [pas] explicitement l’obligation de neutralité religieuse de l’État » ([71] de leur décision). Même jugement unanime sur le fond dans l’affaire Loyola (malgré un partage sur les modalités de l’autorisation à accorder au collège), du cours ECR de Drummondville. Cette unanimité fréquente (cet esprit grégaire ?) avait déjà été notée quand l’Institut de politiques publiques Macdonald-Laurier avait décerné le Prix du décideur politique 2014 à la Cour suprême du Canada.





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mercredi 22 avril 2015

France — Nouveaux programmes d'histoire : islam et repentance obligatoires, christianisme médiéval et les Lumières facultatifs

Madeleine de Jessey, agrégée de Lettres classiques, s’interroge sur la pertinence des nouveaux programmes d’histoire et craint que ces derniers n’enferment les élèves dans une logique de repentance.

Après avoir unanimement indigné les professeurs de Langues anciennes et irrité les tenants de l’amitié franco-allemande, la réforme du collège risque à nouveau de faire parler d’elle, sur le front de l’histoire cette fois. Tant qu’à faire, autant énerver tout le monde, égalité oblige.

L’Éducation nationale a en effet mis au point de nouveaux programmes d’histoire pour le collège. On saluera le souci de ne pas faire « disparaître de cet enseignement le cadre national ni la perspective chronologique propre à l’histoire ». Alors que la France se divise en communautés disparates sans parvenir à forger une destinée et une fierté communes, on approuvera aussi la visée poursuivie par ces nouveaux programmes : « Dans un ordre chronologique, le programme permet de mieux lire et comprendre le monde d’aujourd’hui en insistant sur des moments forts, des traits marquants des sociétés du passé et des problématiques indispensables à la formation du citoyen. »

C’est en parcourant ensuite la liste des sujets abordés que l’inquiétude surgit : le Conseil supérieur des programmes (CSP) distingue les sujets « obligatoirement étudiés » des sujets « traités au choix de l’enseignant ». Ainsi, l’étude de l’Islam sera obligatoire, mais celle du christianisme médiéval facultative — ceux qui choisiront de l’enseigner devront le faire uniquement sous l’angle de l’« emprise de l’Église sur les mentalités rurales ». Dans une société en mal d’intégration et de cohésion nationale, on ne manquera pas de s’étonner d’une curiosité si grande pour les religions venues d’ailleurs, et d’une révulsion si manifeste pour nos racines judéo-chrétiennes. N’est-ce pas pourtant en redonnant à l’élève ces racines que nous le rendrons d’autant plus ouvert à l’altérité ? Par ailleurs, où est-il passé, ce « cadre national » que le CSP évoquait précédemment ?

Nos repères communs seront donc extraits des cultures venues d’ailleurs et des tragédies de notre histoire. Plutôt que d’amener l’élève à puiser à la source du christianisme, de l’humanisme et des Lumières, le CSP préfère écouler ses stocks de repentance amère et éculée.

Il apparaît ensuite, nous objectera-t-on. C’est vrai, le cadre national est abordé à travers l’étude obligatoire des heures sombres ou controversées du passé (esclavage, colonisation, génocides, déportation…) En revanche, l’enseignement de l’humanisme et des Lumières, problématiques qu’on croirait pourtant « indispensables à la formation du citoyen », n’est que facultatif. Nos repères communs seront donc extraits des cultures venues d’ailleurs et des tragédies de notre histoire. Plutôt que d’amener l’élève à puiser à la source du christianisme, de l’humanisme et des Lumières, le CSP préfère écouler ses stocks de repentance amère et éculée.

Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’importance du « devoir de mémoire » ; nous affirmons seulement que la mémoire ne formera le citoyen qu’à condition de l’inspirer et de le libérer, en lui proposant le terreau vivant d’une action positive et généreuse. Plutôt que de séquestrer l’élève dans l’obscurité des fautes et des blessures passées, que ne lui propose-t-on des épopées nationales, des modèles, des figures de courage, d’unité et de résistance, dans lesquels il pourra puiser des valeurs incarnées ? Les jeunes générations ont droit, aujourd’hui, à se fondre dans une histoire de France qu’ils pourront enfin connaître et admirer.

Or, loin d’évoquer les plus belles pages de notre histoire, le CSP entend une nouvelle fois enfermer l’élève dans le culte de la culpabilité et de la haine de soi. Le fait n’est pas nouveau : il y a bien longtemps que l’enseignement de l’histoire se fourvoie chez nous dans un travail de sape et d’autoflagellation prodigieusement masochiste. Avec la réforme du collège, un nouveau cap est franchi. Ne cherchez plus la crise de la France : elle est là, dans ce retournement de soi contre soi.

Source




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États-Unis — Quels diplômes universitaires rapportent le plus ?


Un nouveau rapport de PayScale, un cabinet de recherche, publie le rendement d’un diplôme d’études universitaire. Ses auteurs comparent les revenus des diplômés avec le coût actuel d’obtention d’un diplôme.

L’étude ne semble pas prendre en compte le coût de renonciation lié à des études supérieures, à savoir la perte de revenus pendant les quatre ou cinq années passées à l’université. Coût d’opportunité » qui peut diminuer la rentabilité des diplômes universitaires.

Habituellement, obtenir un diplôme universitaire en vaut la peine, mais ce n’est pas toujours le cas si l’on en croit l’étude. La disciple étudiée importe nettement plus que l’université où vous avez étudié.

Les ingénieurs et les informaticiens (ci-dessous) s’en tirent le mieux, leur investissement rapportant sur 20 ans un impressionnant rendement annualisé de 12 % (le S & P 500 n’a rapporté que 7,8 %).

Rendement des diplômes en génie, informatique et mathématiques en fonction de la sélectivité à l’entrée des universités

Les diplômes en génie d’universités très sélectives n’ont un rendement que légèrement supérieur aux diplômes des universités moins sélectives.

Les diplômés en gestion et économie s’en sortent également bien, leur diplôme offrant un solide rendement moyen de 8,7 %.

Les diplômés en sciences s’en sortent, toutefois, un peu moins bien.

Rendement des diplômes ès sciences en fonction de la sélectivité à l’entrée des universités


Les études en arts et en sciences humaines ont des rendements nettement moins impressionnants. Certains de ces rendements sont même négatifs. Un diplôme ès arts du Maryland Institute College of Art a ainsi un rendement négatif net sur 20 ans de 92 000 $, par exemple.

Rendement des diplômes ès arts en fonction de la sélectivité à l’entrée des universités

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Mark Steyn et l’université américaine.

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mardi 21 avril 2015

Controversé projet scolaire sur l'immigration à une école secondaire de Karoumaska

Des étudiants de Montréal qui étaient de passage à l’École secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal de Kamouraska cette fin de semaine, où se tenait pour une 14e année le traditionnel tournoi provincial d’improvisation, ont été surpris et, selon le Huffington Post, surtout embarrassés de voir des dessins qu’ils qualifient d’inappropriés placardés sur les murs d’une classe.

Les dessins, qui auraient été produits dans le cadre du cours de Monde contemporain par des élèves de 5e secondaire, portent pour la plupart sur la question de l’immigration et du marché de l’emploi et visent, selon le Huff Post, à « illustrer les bénéfices de l’immigration au Québec ». Voilà qui est neutre.

« Si tu veux des fraises dans ton panier, accepte les immigrants », est-il écrit sur l’un des dessins, qui montrent d’un côté un homme avec une bière dans les mains, un fraisier plein de fraises et un panier vide, et de l’autre, un travailleur immigrant, dont le panier déborde de ces fruits.


Cette représentation caricaturale, apparemment encouragée et approuvée par l’école, puisque affichée sur les murs d’une classe, est choquante à deux égards :
1) Elle représente le Québécois sous les traits d’un homme bedonnant, fainéant, et juste bon à boire de la bière.

2) Nul besoin d’immigration pour avoir des fraises, ceux qui les récoltent sont des travailleurs saisonniers qui retournent dans leur pays à l’automne. Au Québec, 8500 travailleurs saisonniers du Mexique et du Guatemala ont été embauchés en 2013. Cette imprécision ne peut que fausser le débat sur l’immigration.
Récurrence de l’oisiveté et de l’obésité des Québécois (et de la bouteille de bière !)

Dans un autre cas, une illustration semble montrer un homme portant la barbe qui, après avoir trouvé un emploi, renonce aux bombes. L’illustration reprend le même thème du travailleur (saisonnier pourtant) cueilleur de fraises (décidément) qui achète la maison d’un vieux (forcément) Québécois qui peut enfin prendre sa retraite. La même affiche insiste sur le fait que les immigrants sont industrieux et que le dollar ou la richesse augmenterait grâce à l’immigration. Est-ce seulement vrai avec des immigrants peu qualifiés qui feraient un travail sous-payé ? Ce n’est pas l’avis de plusieurs économistes. Mais il semble que les pauvres élèves de cette école n’en sauront rien. Toutes les affiches vont dans le même sens et débitent les mêmes clichés politiquement corrects.

Ajoutons que rien ne prouve que les immigrants renonceraient au terrorisme uniquement parce qu’ils ont une bonne situation. C'est un peu court. Les terroristes du 11 septembre venaient de familles bourgeoises, étaient diplômés. Ben Laden avait fréquenté les écoles les plus huppées, sa famille était richissime, etc. C’est à nouveau un point de vue simpliste. En fait, selon Marion van San chercheuse au RISBO de l'université Erasmus à Rotterdam, plus l'intégration scolaire et économique est réussie plus, paradoxalement, le risque de radicalisation est grand parce que les attentes de ces jeunes diplômés sont grandes et que leurs déconvenues peuvent les faire basculer. (Aussi ici en néerlandais et en anglais).




Selon l’un des étudiants, c’est environ une quinzaine de ces dessins qui figurent le long d’un des murs de la salle de classe située au 2e étage de l’établissement, qui a été transformée en salle de spectacle pour accueillir les matchs d’improvisation pendant la fin de semaine.


« Ça réduit l’immigration à un simple pourvoyeur de main-d’œuvre bon marché », a commenté un internaute. « Projet très mal encadré... franchement ! Peu flatteur pour tous... Québécois de souche inclus ! » souligne une autre personne.

Toujours les mêmes thèmes, on dirait vraiment qu’on a soufflé les réponses aux élèves


Un membre du personnel, qui affirme connaître le professeur en question derrière l’activité, s’est limité à expliquer que la démarche ne se voulait pas méprisante envers les immigrants et que le projet du professeur ne se voulait « surtout pas mal intentionné » (envers l'immigration).

Dans un autre dessin, un élève ressort les mêmes clichés éculés selon lesquels sans immigration les usines manqueront de bras, le Québec s’appauvrira et la tombe nous menace collectivement. Or, l’immigration n’est en rien une panacée sur ces trois plans (le Québec a tendance à perdre des emplois industriels, de nombreux immigrants sont au chômage ou mal payés et leur contribution au rajeunissement de la population est maigre). Voir à ce sujet le livre de Benoît Dubreuil et de Guillaume Marois : Le Remède imaginaire. Et 200.000 immigrants en quatre ans, est-ce bon pour le développement durable ?
Mais les pauvres élèves captifs de cette école secondaire n’en entendront probablement pas parler. Comme si souvent l’école québécoise semble politiser les débats et combat certains préjugés pour ne présenter que d’autres mythes, politiquement corrects ceux-là.


Le faible impact de l’immigration sur le rajeunissement de la population. En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle). La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.


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vendredi 17 avril 2015

Belgique — Religion, morale ou rien ? Les parents doivent choisir

La ministre de l'Éducation en Fédération Wallonie-Bruxelles, Joëlle Milquet (cdH), vient d'envoyer une circulaire dans les écoles officielles leur demandant d'interroger les parents, qui devront signaler si leur enfant choisit religion, morale ou rien en septembre 2015. Le formulaire devra être remis pour le 8 mai. Et les écoles devront avoir communiqué les résultats au ministère pour le 18 mai, rapporte Le Soir vendredi. C'est une opération pour du beurre car un même questionnaire, définitif et déterminant celui-là, devra être rempli par les parents en juin. En raison d'une décision de la Cour constitutionnelle, l'élève qui le souhaite pourra obtenir une dispense pour l'année 2015 sans devoir se justifier. Cet élève-là aura un trou de 2 heures dans sa grille.


Toutefois, à partir de septembre 2016, on en aura fini avec les traditionnelles 2 heures de religion/morale. Ce ne sera plus qu'une heure. Et l'heure libérée sera consacrée à un cours de citoyenneté (obligatoire comme il se doit dans une société libérale) – qui reste à inventer.

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jeudi 16 avril 2015

Les nouvelles perles de la « novlangue » pédagogiste

Les nouveaux programmes scolaires français présentés par le Parti socialiste, censés entrer en vigueur en 2016, font la part belle à un jargon « pédagogiste » ravivé. Un paradoxe alors qu’ils sont présentés par le Conseil supérieur des programmes comme « plus simples et plus lisibles ».



Se déplacer (…) dans un milieu aquatique profond standardisé. (Page 22, cycle 4)

Le « milieu aquatique profond standardisé » est tout simplement… une piscine. Ce type de jargon foisonne dans les programmes d’éducation physique et sportive (EPS), une des disciplines scolaires les plus récentes (1981). Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

« Créer de la vitesse » et « traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête » (Page 22, cycle 4)

Toujours en EPS, discipline friande de termes pédants, « créer de la vitesse » signifie « courir », tandis que « traverser l’eau en équilibre horizontal » signifie nager. Et comment appelle-t-on un plongeon ?

« Produire des messages à l’oral et à l’écrit » en histoire-géographie. (Page 5 du cycle 4)

Le collégien à la sauce 2016 n’aura plus besoin de rédiger un devoir ou de répondre verbalement à une question de son professeur. Il se contentera de « produire des messages » écrits ou oraux. En « montrant un raisonnement construit ». Tout de même…

« Aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs ». (Page 17, cycle 4)

La « visée générale » des programmes de « langues étrangères et régionales » est d’« aller de soi et de l’ici vers l’autre et l’ailleurs ». Cette visée se veut poétique, mais semble un rien prétentieuse. Il est possible que beaucoup se perdent en chemin.

L’éducation aux médias est mise en œuvre, et organisée de façon « spiralaire ». (Page 53, cycle 4)

Selon Sylvie Queval, philosophe de l’éducation, la notion de pédagogie « spiralaire », inventée en 1960, a « vite rencontré un large écho chez les pédagogues, qui trouvent dans la métaphore de la spirale une façon juste d’exprimer qu’apprendre est un processus continu qui suppose une reprise constante de ce qui est déjà acquis ». À en perdre l’équilibre.



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Lexique du Plateau

mercredi 15 avril 2015

Les directeurs d'écoles seraient favorables à la fin des élections scolaires

Selon le Journal de Québec, le ministre de l’Éducation, François Blais, peut compter sur l’appui des directeurs d’école qui sont d’accord avec la disparition annoncée des élections scolaires.

C’est ce qu’a indiqué Danielle Boucher, présidente de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles ce mercredi. « Pourvu que M. Blais présente quelque chose qui soit viable » pour remplacer les élus, a-t-elle précisé.

Son association est « favorable » à la création d’un conseil d’administration auquel siégeraient des représentants du réseau scolaire et de la communauté, comme l’a évoqué François Blais. À condition toutefois que ces derniers soient désignés par un collège électoral plutôt que par le ministre. Il ne semble pas que les parents doivent être représentés en priorité, mais fassent partie d’une communauté vague.

« Si la population n’en veut plus d’élections scolaires, c’est peut-être l’occasion de faire autrement et de faire mieux », affirme Mme Boucher.

Même son de cloche de la part de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement.

« Si tu as des gens qui proviennent du milieu, qui sont vraiment impliqués sur le terrain, il y a plus de chances que ça réponde aux besoins des élèves que des élus qui peuvent parfois être éloignés de la réalité de l’école », a affirmé sa présidente, Lorraine Normand-Charbonneau.

« Insultant »

Par ailleurs, Danielle Boucher s’insurge contre les propos tenus mardi par Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires.

Cette dernière craint qu’en remplaçant les élus par des parents, des directeurs d’école et des élus municipaux, les décisions ne soient prises par des gens « qui défendent leurs propres intérêts plutôt que celui des élèves ».

« Je trouve ça odieux et insultant, a lancé Mme Boucher. C’est comme si on ne travaillait pas dans l’intérêt de nos élèves. On vient attaquer le professionnalisme des directeurs d’école. C’est épouvantable. »

Il s’agit d’un argument qui ne tient pas la route, ajoute-t-elle : « C’est comme si on disait que les parents qui siègent sur le conseil d’établissement des écoles sont là seulement pour leurs enfants. »

Pour éviter les « dérapages », il n’y a pas de temps à perdre, selon Mme Boucher. « Il faut que le ministre fasse rapidement connaître ses intentions » concernant le modèle à mettre en place pour remplacer les élus scolaires.

De son côté, Mme Normand-Charbonneau demande à M. Blais de consulter les directeurs d’école afin que la nouvelle structure réponde à leurs besoins.

Le Journal de Montréal ne semble pas avoir interrogé d’associations qui représentent les parents comme la CLÉ ou la FCPQ.




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