samedi 11 avril 2015

Interruption volontaire de pensée


Basile de Koch revient sur deux reportages sur l’avortement diffusés récemment sur la chaîne Arte.

Pour avoir évoqué l’avortement de façon équilibrée, Arte est vouée aux gémonies par les féministes...

L’autre mardi, Arte consacrait une de ses fameuses soirées Thema à l’avortement, sous le titre rétro Mon ventre m’appartient. Au programme, deux documentaires allemands inédits, mais tout ce qu’il y a de plus complémen­taires, voire contra­dictoires.

Le premier tient tout entier dans son intitulé militant : Droit à l’avor­tement, le combat continue. Après enquête en France, en Allemagne et en Pologne, l’auteur a fini par trouver ce qu’il cherchait : la preuve que ce « droit » — là est aujourd’hui « gravement menacé en Europe ».


Plus que jamais, apprend-on, sur fond de crise économique et de montée-des-populismes (sans oublier l’influence délétère de l’Église), l’accès à l’avortement reste un « parcours du combattant ».

Fidèle à lui-même, Télérama [journal de gauche sociétale qui donne son avis sur les programmes télé] décerne à ce doc de combat son label « 2 T ». (Recommandé par la maison.) Quant au Planning familial, il applaudit avec d’autant plus d’enthousiasme qu’on lui donne ici généreusement la parole.

Avec le deuxième documentaire (diffusé hélas à près de minuit), changement de ton radical : intitulé Avortement, la loi du silence, il met en lumière le côté obscur et les drames cachés d’un acte désormais banalisé. La réalisatrice elle-même confie avoir avorté à 25 ans, sans l’avoir vraiment « choisi ». C’est bien plus tard, en revenant sur les lieux de l’intervention, qu’elle prendra enfin conscience des « séquelles » qu’elle trimballait depuis.

Dès lors, la cinéaste n’a de cesse de rencontrer d’autres femmes traumatisées par leur avortement Dans son reportage, quatre d’entre elles racontent leur expérience et ses conséquences ; toutes témoignent d’un manque général d’information, tant sur l’avortement lui-même et ses éventuelles conséquences psychologiques que sur les alternatives possibles.

« J’aurais tellement aimé que quelqu’un autour de moi m’explique les autres choix qui s’offraient à moi, dit une quadragénaire qui a avorté à l’âge de 17 ans. Mais j’étais entourée de gens persuadés qu’il fallait se débarrasser de l’enfant. À les entendre, c’était aussi anodin que de se faire opérer de l’appendicite... »

« Tu vas gâcher ton avenir », avertissaient famille et amis, tandis que le médecin se faisait rassurant : qu’est-ce qu’un fœtus, après tout, sinon « un amas de cellules embryonnaires » ?

« J’ai tué un enfant », s’exclame une autre de ces femmes, qui a pourtant fini par trouver le chemin de l’apaisement intérieur. Mère de famille, elle se consacre à la prévention en milieu scolaire.

Compliments à Arte d’avoir ainsi rééquilibré, même tardivement, sa « soirée avortement » avec ce « documentaire salutaire sur les séquelles occultées de l’IVG », comme l’écrit le dossier de presse. Le hic c’est que, dans les milieux fémino-progressistes, on ne l’a pas entendu de cette oreille.

À ce programme-là, Télérama colle un infamant « Moins » en forme de sens interdit, et son principal argument vaut le détour : « Ce documentaire manque cruellement de contrepoids ! » Elle n’est pas bonne, celle-là ? Et le doc précédent, dix fois plus vu, c’était quoi ? Intervilles ? [Programme de jeux populaires entre des villes de France.]

De son côté, le Planning familial se fend d’un long et accablant communiqué. Il y accuse Arte de s’être « décrédibilisée avec ce deuxième documentaire, qui tranche radicalement avec la ligne habituelle de la chaîne » ! Intéressant, ça... Arte serait donc sortie des clous en propageant un « discours manipulatoire, prônant la culpabilisation des femmes et la stigmatisation de l’acte de l’IVG » (sic).

Face à tant de mauvaise foi, ma plume reste sans voix. Par bonheur, la réplique qui tue, je la trouve tout écrite dans le dernier Causeur sous la signature d’Eugénie Bastié, qui elle aussi a vu le doc incriminé : « Pour ces féministes-là, on avorte toujours le sourire aux lèvres ! »

D’ailleurs, c’est bien simple : aux yeux de nos Plan(n)euses, tout ce qui n’est pas rationnel n’est pas réel... De quoi s’inquiéter pour leur mouvement, non ?

Source : Valeurs actuelles




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jeudi 9 avril 2015

Où est le problème ?


L’opinion de Solange Lefebvre, titulaire de la Chaire religion, culture et société à la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, sur la victoire de Loyola en Cour suprême.  

Mme Lefebvre rappelle quelques faits importants ci-dessous. C’est bien. Toutefois, nous n’avons pas souvenir que Mme Lefevre ait pris publiquement la défense de Loyola ces dernières années. Ici, elle semble surtout vouloir s’assurer que la victoire de Loyola sera limitée et ne s’appliquera pas à d’autres écoles qu’elle décrit comme sectaires. Qui décidera de ce qui est sectaire ? Une école traditionaliste catholique est-elle une école sectaire ? Nos notes en italique.

Devant une immigration diversifiée de plus en plus présente, il est normal que notre société s’interroge sur les valeurs et la vie communes. L’ambitieux programme d’éthique et de culture religieuse (ÉCR), instauré [euphémisme : imposé, car il n’y a pas de choix] dans toutes les écoles (primaires et secondaires) du Québec en 2008, se veut un moyen de répondre aux impératifs du vivre ensemble. [On attend d’ailleurs toujours une évaluation de ce programme, permet-il vraiment aux étudiants de mieux vivre-ensemble ?]
 
Le collège catholique Loyola a revendiqué son droit de donner une partie de ce cours dans une perspective catholique, tout en poursuivant les mêmes objectifs, droit que vient de lui reconnaître la Cour suprême du Canada, contre l’avis de la ministre de l’Éducation.

Le groupe de juges majoritaires estime qu’il est normal que ce collège confessionnel, dont l’identité catholique est claire et affirmée, puisse enseigner la religion catholique selon une perspective confessionnelle. [Tous les juges de la Cour suprême l’estiment, les juges minoritaires voulaient aller plus loin et ne voulaient pas forcer Loyola à redemander une équivalence au Monopole de l’Éducation.]

Néanmoins, le cours doit présenter les autres religions et courants éthiques de manière impartiale.

Le ministère considérait que l’enseignement dans une perspective catholique, plutôt que neutre et impartiale, “ne pouvait réaliser les objectifs étatiques de promotion du respect de l’autre et d’ouverture à la diversité”. [Ouverture à quelle diversité ? Religieuse ? Pourquoi l’État veut-il que les enfants soient ouverts à une diversité de religions ? Faut-il en passer par là (et risquer un certain relativisme) pour assurer une société paisible ?]

Le débat concerne en grande partie cet enjeu : une école offrant une perspective confessionnelle – mais dans ce cas très limitée – peut-elle préparer des citoyens à vivre dans des sociétés pluralistes de manière ouverte et respectueuse ? Les faits historiques démontrent que oui. Des milliers d’écoles catholiques dans le monde sont fréquentées par des clientèles pluralistes. Des parents de diverses religions les recherchent, les prisent même, pour la qualité de leur éducation. Pour la qualité de leur éducation, mais aussi pour leur respect fondamental de la religion. Les parents des quelques élèves non catholiques fréquentant Loyola aiment bien ce climat respectueux de la religion. Dans le débat actuel sur la citoyenneté commune au Québec, le principe suivant paraîtrait aller de soi : une vie commune harmonieuse ne serait satisfaite que par une transmission forte de valeurs communes à tous, en distinguant clairement l’éducation scolaire de l’éducation religieuse, cette dernière devant être confiée aux seuls groupes religieux, en dehors du milieu scolaire ou du curriculum obligatoire. Par conséquent, plusieurs estiment que les écoles offrant des projets confessionnels forts sont incapables de former des citoyens ouverts. C’est oublier que l’on peut poursuivre l’objectif du vivre ensemble de plusieurs manières (s’il est vrai que l’on valorise la diversité !), l’une d’entre elles étant d’ancrer ses enfants dans une éducation confessionnelle cohérente, qui contribue à forger une identité claire et des convictions fortes. Toutes les études sur l’identité s’accordent pour dire que l’ouverture à autrui se fonde sur un rapport d’abord clarifié à soi-même.

Si la valeur du pluralisme et l’importance de vivre dans une société diversifiée de manière respectueuse sont reconnues dans ces écoles, où est le problème ? Loyola ne dresse pas des autres religions ou convictions un tableau négatif. Il tient simplement à affirmer une perspective catholique, selon ses orientations éducatives jésuites reconnues partout dans le monde. Si on avait affaire à des écoles sectaires, l’enjeu serait différent. La Cour suprême souligne d’ailleurs le caractère contextuel de son jugement, qui ne peut s’appliquer à tous les cas. Le Québécois moyen, lorsqu’on lui parle de sa religion, a tôt fait d’affirmer qu’il “croit, mais...”, ou qu’il est plutôt agnostique. Ce consensus large et cette religion culturelle vont tout à fait dans le sens du programme ÉCR. [En effet, un vague attachement à sa tradition religieuse sans trop y croire, c’est l’idéal pour ECR.]

Des parents plus engagés sur le plan religieux miseront sur leurs groupes religieux respectifs pour la transmission. [Et sur leur école “sectaire” ?] D’autres souhaiteront que le meilleur des héritages religieux, soit pour eux la culture, soit transmis aux générations montantes. Bref, ce programme peut rallier plusieurs types de groupes. Mais pourquoi refuser à certaines écoles le droit de se fonder sur des convictions plus fortes, appréciées de parents attachés aux convictions religieuses affirmées, et offrant un chemin différent de citoyenneté ?
Qui s’oppose vraiment à cela pour Loyola aujourd’hui ? On n’entend personne remettre en question le jugement de la Cour suprême. Mme Lefebvre ferait-elle ici preuve d'un courage facile, une fois la polémique passée et la chose jugée, pour enfoncer des portes ouvertes et se donner une certaine prestance tolérante ?




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Ministre : il n'y a qu'un don fait par les contribuables pour l'éducation


Pour le ministre de l'Éducation, François Blais, il n'y a pas de « droit à l'éducation »; il n'y a qu'un don fait par les contribuables pour l'éducation. Par conséquent, il y a ceux et celles qui refusent ce don, et ceux qui veulent en bénéficier. Ceux qui le refusent ne peuvent empêcher les autres d'en bénéficier.

Les journalistes semblent pourtant interroger le ministre à répétition sur un prétendu droit « de grève » des étudiants. Le site de Radio-Canada opposait aussi au recteur de l'UQAM des votes de "grève étudiante" ce matin : « Robert Proulx réitère que l'UQAM est tenue de donner ses cours, malgré les votes de grève pris par certaines associations étudiantes. »








mercredi 8 avril 2015

Humour — Guy Nantel à la manifestation étudiante



L’avis du journaliste québéco-congolais François Bugingo sur ce micro-trottoir.
Avez-vous la vidéo du micro-trottoir réalisé par Guy Nantel au milieu des manifestants ? Par honnêteté intellectuelle, l’humoriste nous avertit à la fin du film qu’il n’a retenu (pour l’effet comique) que les réponses les plus absurdes. Certes ! Mais ce qu’il révèle est particulièrement troublant.

Je me suis demandé si je devenais un vieux réac qui va désormais passer son temps à regretter l’époque passée. J’ai eu peur d’être en train de perdre mon sens de l’humour. Puis, j’ai visionné encore et encore le court film pour en saisir ce qui me troublait vraiment. Et j’ai compris...

Plus que l’ignorance démontrée par les jeunes interviewés par Guy Nantel, c’est la désinvolture avec laquelle ils assument leurs lacunes qui choque. Pas grave. Pas important de connaître. Pas nécessaire d’être instruit pour mener la “révolution”. Car c’est de cela qu’il s’agit après tout. Une révolution pour le bien de ces masses amorphes qui ne comprennent décidément rien.

Bien sûr, se garder de la généralisation. Mais quand même, de l’aveu de Guy Nantel lui-même, la statistique frappe : 13 sur 15 des jeunes interrogés au hasard démontrent des lacunes de connaissance abyssales.

Bien entendu, se garder de moraliser. N’empêche, on a l’impression d’un vrai gâchis que cette jeunesse assumant avec le sourire son ignorance. Je ne m’exprime pas ici sur la pertinence ou la justesse du mouvement social en lui-même. En même temps, je me demande si, avant de mener une bataille sur l’économie du savoir, les manifestants ne devraient pas d’abord s’investir dans celle de l’effort d’apprentissage. La notion de l’effort qui a foutu le camp. Car, croit-on, mal pris, la technologie palliera. Prof d’histoire, je ne connais même pas les origines de Montréal ? C’est quoi le problème, au moment requis, je ferais un tour sur google et j’aurais la réponse. Futur administrateur ou comptable, je ne suis pas capable de résoudre une fraction simplissime ? Une calculatrice s’en chargera. Futurs leaders de la société massacrant allégrement la langue française ? Qu’importe, le sourire les rend si attachants.

J’ai beau vouloir me garder des jugements lapidaires, je ne peux m’empêcher y voir un renversement de la notion du droit à l’éducation dont on a retiré tout élément de conscience de privilège pour n’en garder que la dimension de tout m’est dû.

Je pense alors à la petite Malala Yousafzai qui a failli payer de sa vie son amour de l’école au Pakistan. Je pense aux jeunes étudiants de Garissa au Kenya qui ont été massacrés pour être allés à l’école [surtout être chrétiens, les étudiants musulmans ont été séparés et épargnés]. Je pense aux enfants du Nigeria, de l’Afghanistan, de l’Inde qui risquent tout pour s’approcher de l’apprentissage. On en est loin, je sais.

Mais que l’on méprise la connaissance pour des motifs religieux, idéologiques ou de paresse, le résultat demeure le même, la lumière recule et la noirceur s’étend.

C’est pour cela que je n’ai pas cœur à rire sur ce film de Guy Nantel. Ce n’est pas ce dernier qui est en cause. C’est ce qu’il révèle qui me fait peur.




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samedi 4 avril 2015

Le « toé tais-toé » d’une commission scolaire


Pierre Trudel dans le Journal de Montréal revient sur l’activité sur l’islam (« dessine Mahomet qui monte au paradis ») en ECR et la réaction du père de Lanoraie qu’elle a suscitée.

Le Journal de Joliette rapporte qu’un résident de Lanoraie a reçu une mise en demeure de la Commission scolaire des Samares. On lui demandait de retirer de sa page Facebook ses propos critiques contre le cours d’éthique et de culture religieuse. La Commission scolaire soutient qu’elle a l’obligation d’agir lorsque les propos sont haineux, diffamatoires, discriminatoires. Mais elle n’indique pas en quoi les propos contreviennent à une loi. L’attitude de la Commission scolaire fait très bon marché de la liberté d’expression de ce citoyen.

Une autre illustration du réflexe frileux de censure qui caractérise plusieurs des élites québécoises.

Le citoyen a exprimé son mécontentement face au travail scolaire de son enfant. Son propos a été partagé par plusieurs milliers d’internautes.

Il déplore le fait que son enfant se voit enseigner les bases de l’islam dans le cours Éthique et cultures religieuses. [Et une certaine normalisation joviale de l'islam] « Ils ont banni le catéchisme de nos écoles pour faire place à l’enseignement de l’Islam », déplore-t-il.

Il a photographié les pages du devoir en question et les a publiés sur Facebook.

Nous avons ici d’un citoyen exprimant un point de vue critique au sujet d’une question hautement débattue dans la société québécoise. On peut convenir que le choix des mots peut parfois laisser à désirer. Mais le droit de s’exprimer n’est pas réservé qu’aux récipiendaires du Prix Goncourt.

Il faut s’étonner qu’une Commission scolaire se donne spontanément mission de policer Facebook et l’Internet. Plusieurs croient que les commissions scolaires en ont plein les bras à s’occuper des écoles sous leur responsabilité.

De toute évidence, le cours d’Éthique et de culture religieuse ne doit pas accorder beaucoup de place à l’enseignement des libertés et droits fondamentaux. Car un tel réflexe d’exiger que les citoyens se taisent est peu conciliable avec l’exercice effectif des libertés fondamentales.

Ici, nous avons une autorité publique qui utilise des ressources publiques pour menacer de poursuivre un citoyen dont le tort aura été de protester contre un enseignement qui lui semble contestable.

Il n’est certainement pas le seul à considérer que l’approche de ce genre de cours n’est pas adaptée à la réalité québécoise. Il a le droit constitutionnel de le dire haut et fort. Une autorité publique ne peut l’en empêcher que si elle est en mesure de démontrer que le propos contrevient à une loi.

Mais ici, la Commission scolaire choisit d’utiliser les ressources publiques pour le contraindre au silence.

Faut-il se demander encore longtemps pourquoi les citoyens se désintéressent des affaires publiques, pourquoi ils sont si peu nombreux à voter pour élire les commissaires d’école ?

Lorsqu’on constate la vitesse à laquelle on a eu recours à des procédés pour faire taire la critique, on peut s’interroger sur le caractère démocratique de telles institutions.

Mais, cet épisode donne à penser qu’au Québec on est plus intéressé à prêcher les religions et le « toé tais-toé » que le respect des droits fondamentaux.

L’éthique est à géométrie variable !




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jeudi 2 avril 2015

ECR — Père mis en demeure par la Commission scolaire à cause de son opinion sur l’islam


 Mise à jour du journal régional :

« La direction des communications [de la Commission scolaire] a tout d’abord tenu à préciser que la Commission scolaire a fait parvenir une mise en demeure non pas basée sur une opinion sur l’Islam, mais bien sur l’obligation qu’elle a d’agir quand il s’agit de propos haineux, violents ou diffamatoires. Dans le document envoyé à Jacques Maurice, la CSS reproche notamment l’usage de mots déplacés et incitant à la violence. Le citoyen a depuis modifié sa publication originale. »

[Note du carnet: C’est noyer le poisson, ne pas répondre sur le fond, sans doute à dessein. Pourquoi cette présentation complaisante de l'islam à cet âge ? Pas de réponse.

La commission aurait-elle envoyé une sévère lettre si un parent avait qualifié le christianisme de « religion de m*** » ? Et pourquoi ? Pourquoi ne peut-on pas exprimer ainsi son opinion ? Ce n’est pas élégant, c'est vulgaire, mais en quoi cela oblige-t-il la commission scolaire à mettre en demeure le parent ? Peut-on diffamer une religion, plutôt qu'une personne ? Et même si c'est le cas, la diffamation de la religion n’est pas la diffamation des croyants. Ne peut-on plus exprimer de propos violents ? Ne peut-on plus haïr un système philosophique ou religieux ? N'est-ce pas vouloir réprimer le blasphème (que tous les esprits fins défendaient dans le cas de Charlie Hebdo pourtant) ?


Il n'y a sans doute aucun texte juridique qui oblige (plutôt que permet) la commission à mettre en demeure le parent pour ses propos peu respectueux envers l'islam. Par contre, le professeur d'ECR doit recadrer l'élève qui s'exprimerait ainsi. La commission prendrait-elle le père pour un de ses élèves ?]


Billet original 

Un résident de Lanoraie s’est vu envoyer une mise en demeure par la Commission scolaire des Samares après que ce dernier ait critiqué, via les médias sociaux, les devoirs sur l’Islam que devait effectuer un de ses enfants dans le cadre du cours Éthique et cultures religieuses.

Le mécontentement de Jacques Maurice face au travail scolaire de son enfant est littéralement devenu viral, alors que près de 10 000 personnes ont partagé sa publication. Dans cette dernière, le résident de Lanoraie déplore le fait que son enfant se voit enseigner les bases de l’Islam lors de la période Éthique et cultures religieuses. « Ils ont banni le catéchisme de nos écoles pour faire place à l’enseignement de l’Islam », déplore M. Maurice avant d’ajouter qu’il était dévasté en voyant le contenu du devoir en question. Il a photographié les pages du devoir en question avant de les publier sur Facebook. Le tout est rapidement devenu viral avec tout près de 10 000 partages en quelques jours seulement.

La Commission scolaire des Samares a cependant fait parvenir une mise en demeure au citoyen exigeant à ce dernier de retirer sa publication, affirmant que cette dernière contrevient à la déclaration des droits et des responsabilités de Facebook, notamment en ce qui à trait à la publication de contenus incitant à la haine ou à la violence. « Bien que la chartre des droits et libertés protège la liberté d’expression, les propos haineux sont inacceptables », annonce le document, qui précise que la CSS est devenue laïque en 1998. La Commission scolaire des Samares devrait livrer ses commentaires au cours de la journée.

[Note du carnet : faut-il comprendre qu'on ne peut donc plus rejeter les enseignements d'une religion ou d'un système philosophique ? Sauf peut-être le christianisme, voir ici et .]
 
Pour Jacques Maurice, il s’agit d’une situation complètement aberrante. « On enseigne à nos enfants des principes avec lesquels je suis en profond désaccord », explique ce dernier. Il ajoute avoir procédé à des modifications de sa publication après la réception de la mise en demeure. « Les mots ont peut-être dépassé ma pensée, mais le fond du problème demeure, peu importe la manière dont on en parle », explique Jacques Maurice. Il insiste sur le fait que son opinion ne repose pas sur le racisme, mais bien envers l’équité de la population. « Est-ce vraiment équitable de voir un enseignement être imposé de la sorte? Avant, les parents avaient le choix », souligne le résident de Lanoraie. Ce dernier ajoute qu’il ne blâme en aucun moment l’enseignante ou la directrice de l’établissement. « Ce sont des personnes formidables qui pas le choix que de travailler avec les outils que leur impose le ministère de l’Éducation. » [Note du carnet : eh oui, le Québec : le royaume du mur-à-mur, du « consensus », du monopole éducatif.]

 Travail annoté par Jacques Maurice publié sur Facebook

Jacques Maurice a déclaré qu’il aimerait que le ministère de l’Éducation modifie son programme pour le cours d’Éthique que culture religieuse. « J’aimerais vraiment que les parents qui, comme moi, ne sont pas à l’aise ou en accord avec ces croyances, soient pris en considération », explique le citoyen. Ce dernier affirme que plusieurs autres parents du secteur partagent son opinion. Il ajoute que dans le contexte de tension internationale observé en ce moment, il ne serait peut-être pas une mauvaise idée de revoir ce programme.

Le Ministère de l’Éducation devrait également réagir à cette situation au cours de la journée. [Note du carnet: on apprendra par la suite par le journal régional que le ministère n'a pas répondu aux questions du journaliste local.]

 Travail annoté par Jacques Maurice publié sur Facebook

Message originel du père sur Facebook

Jacques Maurice / Facebook / 2015-03-25 à 17 h 57


Je vous écris afin de faire suivre mon mécontentement sur les écoles catholiques qui imposent des devoirs sur l’islam à mon fils et ce, sans pratiquer notre propre religion à nous. Ils ont bannis le catéchisme dans nos écoles du Québec pour faire place à l’enseignement de l’islam qui est une religion sans respect pour notre culture au Québec et sans intérêt pour nous.

ans son école (La Source d’Audrey à Lanoraie), ils ne parlent pas de Jésus mais enseignent l’islam en parlant du prophète Mahomet. Quand mon fils a voulu me faire signer son devoir, j’étais dévasté par ce que j’ai lu sur son devoir. Je ne l’ai pas signé, mais j’ai laissé un note au verso pour leur faire savoir mon mécontentement face à cette religion de merde, et que tout notre pays (Québec) va voir ou vous êtes rendu la Commission scolaire des Samarre dans Lanaudière, et ce que vous enseignez à nos enfants et ce, sans leur enseigner notre religion catholique et sans nous demander notre avis à nous parents...

Je vous demande mes amis et famille, de partager ce document qui est le devoir de mon fils et de dire votre avis sur l’enseignement de l’islam dans nos écoles du Québec. Moi je vais envoyer une copie au Journal de Montréal et à tous les réseaux sociaux afin qu’ils arrêtent ça l’enseignement d’une religion autre que la nôtre. Merci de partager.



Voir aussi

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

Manuel d’histoire (2) — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

Histoire — « On a trop souvent mythifié el-Andalous »

Les chrétiens et les juifs dans l’Occident musulman

« Un Dieu, trois religions »

Manuel d’histoire agréé par le Monopole de l’Éducation du Québec : pas moins de cinquante erreurs !

Les manuels scolaires québécois d’histoire... (Attaque en règle par Christian Rioux et Magali Favre)

Histoire — Le Moyen Âge, une imposture

Cours d’histoire : « Qui croit en Dieu ? »

La Grande Noirceur, revue et corrigée

Plan de lutte contre l’hétérosexisme à l’école secondaire (en histoire, les élèves apprendront comment ont évolué les lois sur l’homosexualité depuis l’antiquité)

France — Classement gouvernemental des lycées 2015 : tout le monde gagne

« Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ! Tout le monde il est excellent ! Tout le monde il est un grand lycée, à Paris, en province et en banlieue surtout ! », s’exclame Éric Zemmour, qui appelle à ne pas croire tout ce que l’on raconte. « Paul-Éluard, à Saint-Denis [banlieue à mauvaise réputation], est bien meilleur qu’Henri IV [école élitiste] ! Alfred-Nobel, à Clichy-sous-Bois, largement au-dessus de Louis-le-Grand ! Le Corbusier, à Aubervilliers, enfonce Condorcet ! », s’amuse-t-il.



Ainsi les lycées des ZEP [Zone d’éducation prioritaire à mauvais résultats scolaires], « que tout le monde contourne avec soin, où le français est souvent une langue étrangère », seraient en vérité les meilleurs de France. « Peu importe que les profs y mettent rarement leurs enfants, que les ministres ou les journalistes n’appellent jamais les proviseurs pour y imposer leur progéniture : les classements de l’Éducation nationale, c’est désormais comme l’école des fans au temps de feu Jacques Martin, à la fin tout le monde gagne », lance le journaliste.




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jeudi 26 mars 2015

ECR — L'avertissement de la Cour suprême


L'opinion de l'avocate Mélanie Dugré dans les pages de La Presse de Montréal :

Devant la vitesse à laquelle s'opèrent les bouleversements sociaux et les changements législatifs, la Cour suprême du Canada a l'embarras du choix parmi les dossiers à étudier et les questions à trancher.

Plusieurs ont donc sourcillé devant sa décision de se pencher pour une seconde fois en si peu de temps sur le sujet du cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR), enseigné dans les écoles québécoises depuis 2008.

On se rappellera en effet qu'en février 2012, la Cour suprême avait maintenu le refus d'une commission scolaire de Drummondville d'exempter des élèves de ce cours, précisant que l'enseignement des fondements des religions du monde et l'exposition des enfants à des réalités autres que celles qu'ils vivent dans leur environnement familial immédiat ne portaient pas atteinte à la liberté de conscience et de religion garantie par la Charte.

Bien que ce jugement ait été unanime, les juges LeBel et Fish avaient émis des réserves, refusant de confirmer définitivement la validité constitutionnelle du programme ÉCR, soulignant que «l'état de la preuve ne permet pas de conclure que le programme et sa mise en application ne pourront éventuellement porter atteinte aux droits accordés aux appelants et à des personnes placées dans la même situation».

Ce commentaire avait visiblement un caractère prémonitoire puisque la Cour suprême vient de donner raison à l'école Loyola, qui souhaitait être exemptée d'offrir ce cours selon les termes du programme ministériel. L'école Loyola est une institution privée, catholique et anglophone, fondée et gérée par les Jésuites, qui cherchait à adapter les enseignements du cours ÉCR en fonction de ses traditions, de son identité et de sa perspective confessionnelle.

Dans une décision divisée à quatre juges contre trois, la Cour suprême conclut que l'obligation d'enseigner le programme ÉCR constitue une contrainte inconstitutionnelle, car elle porte gravement atteinte à la liberté de religion des personnes qui veulent offrir et qui souhaitent recevoir une éducation confessionnelle, d'autant plus que l'existence des écoles privées confessionnelles est légalement reconnue au Québec.

Le cours ÉCR ne pourra pas pour autant être remplacé par un programme de doctrine et de religion, mais devra pouvoir bénéficier de certaines adaptations dans son application pratique afin de permettre aux enseignants de parler de la foi catholique d'un point de vue religieux. Un beau défi en perspective pour le nouveau ministre de l'Éducation! Rappelons aussi que ce qui est bon pour pitou est aussi bon pour minou. Ainsi, si les mains se frottent de contentement à l'école Loyola, la satisfaction est certainement aussi grande au sein de toutes les institutions privées confessionnelles de la province, qu'elles soient catholiques, juives, musulmanes ou autres.

En résumé, donc, une institution confessionnelle privée ne peut être contrainte d'offrir le cours ÉCR contre son gré et son identité religieuse, le tout au nom de la liberté de la religion, mais les élèves d'une école publique de Drummondville ne peuvent en être exemptés pour la même raison. J'entends au loin l'écho de la confusion et les grondements de protestation.

Le plus percutant, c'est qu'il y a, dans le ton et l'humeur de ce jugement, un sérieux avertissement à l'endroit du gouvernement et de tous les partis politiques qui pataugent en ce moment dans la charte Drainville et la question identitaire. La Cour suprême vient poliment de leur rappeler que nous avons choisi d'enchâsser dans notre constitution une Charte et que les droits et principes qu'elle protège ne peuvent être contournés d'un coup de balai législatif, aussi bien intentionné soit-il.

Ce jugement confirme que le législateur devra se lever de bonne heure pour qu'une éventuelle loi sur la neutralité survive à la contestation judiciaire. Que tous se le tiennent donc pour dit, le débat est loin d'être fini.




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mardi 24 mars 2015

ECR — « Il faut retirer le volet religieux » et... « abolir le financement public des écoles publiques »

Pour Daniel Baril, militant laïciste de longue date (ancien président du Mouvement laïque québécois, Intellectuels pour la laïcité, Association humaniste du Québec, Mouvement des Brights), s’exprimant dans les colonnes de Voir.ca :

Un aspect du jugement ne manque d’attirer l’attention du lecteur attentif : chaque fois qu’il est question du volet éthique, la Cour suprême le présente toujours comme s’agissant d’éthique religieuse. Même si ce volet est sensé [sic : censé] être indépendant du volet religieux comme le prétend la littérature des concepteurs, jamais les juges majoritaires n’abondent dans ce sens dans leur phraséologie. Plus précisément, l’éthique autre que catholique est toujours qualifiée d’« éthique d’autres religions », l’éthique humaniste demeurant invisible sous le radar.

Voici d’ailleurs comment ils présentent le cours :

« Imbrication de l’éthique à la religion

Daniel Baril
Le programme ECR a pour objectifs explicites la “reconnaissance de l’autre” et la “poursuite du bien commun”. Ces objectifs visent à inculquer aux élèves un esprit d’ouverture aux droits de la personne et à la diversité ainsi que le respect de l’autre. Pour réaliser ces objectifs, le programme ECR comprend trois volets : les religions du monde et le phénomène religieux, l’éthique et le dialogue. Ces trois volets sont censés se compléter et se renforcer l’un l’autre. » (page 6, emphase ajoutée)

Vous avez bien lu : à la lumière de son analyse du dossier, la Cour suprême conclut que le volet éthique est censé renforcer la religion alors que le volet religieux est censé renforcer l’éthique. Il y a imbrication des deux volets. Du côté de la mouvance laïque, c’est toujours ainsi que les choses ont été perçues malgré le discours officiel occultant ce biais. Cette réalité enlève toute crédibilité au cours et annule toute prétention à la neutralité.

Les trois juges dissidents estiment quant à eux que :
« Il n’y a rien d’inhérent aux objectifs du programme ECR (reconnaissance des autres et poursuite du bien commun) ou aux compétences qu’il vise à inculquer aux élèves (religions dans le monde, éthique et dialogue) qui exige que l’on adopte une démarche culturelle et non confessionnelle » (paragraphe 148).

Autrement dit, le fait qu’un enseignant oriente le contenu du cours par ses propres croyances religieuses n’empêche pas l’atteinte des objectifs du cours. Ce qui revient à dire que ces objectifs ne visent pas nécessairement la transmission culturelle et non confessionnelle du fait religieux. À moins que les juges n’aient rien compris. Mais si leur raisonnement est vrai pour une école privée confessionnelle, il l’est également pour une école publique supposément laïque. Ce cours ne met donc pas les élèves l’abri de la transmission d’une religion.

Ces trois mêmes juges estiment que l’approche non confessionnelle obligée forcerait les enseignants de Loyola, lorsqu’ils sont « confrontés à des positions qui heurtent de front la foi catholique […] à adopter une attitude de neutralité fausse et superficielle » (par. 156). Ou bien les enseignants croyants se font violence à eux-mêmes avec ce cours, ou bien les élèves ne seront pas longtemps dupes de positions non authentiques. Encore une fois, cela vaut quel que soit le statut public ou privé de l’école.

Retour en arrière

Bien qu’il ne s’applique qu’aux écoles privées confessionnelles, ce jugement risque donc d’avoir un effet psychologique non négligeable sur la posture professionnelle que peuvent adopter les enseignants de ce cours dans les écoles publiques. La pression en ce sens n’est pas qu’une vision de l’esprit. La Coalition pour la liberté en éducation, un lobby interreligieux opposé à la laïcité scolaire [c'est inexact, la Coalition lutte pour la liberté scolaire de tous, mêmes celle de M. Baril, mais pas l'imposition de ses préjugés aux autres] n’a d’ailleurs pas tardé à demander que ce jugement soit aussi appliqué à toutes les écoles publiques au nom de l’équité… envers les croyants ! (à 1 min 22 de ce reportage de Radio-Canada)

À l’Assemblée nationale, la députée péquiste Nicole Léger a pour sa part déclaré que ce jugement représentait un « retour en arrière » fragilisant la déconfessionnalisation des écoles [confessionnelles ou publiques ?] C’est en fait le cours ECR lui-même qui a marqué un retour en arrière. Ce cours n’était demandé par personne du côté des minorités religieuses et des associations laïques. Il a été imposé par le lobby catholique — héritier du Comité catholique — comme compromis visant à maintenir de l’enseignement religieux à l’école. Sous le régime confessionnel, il était toutefois possible, en principe, d’éviter l’enseignement religieux en choisissant l’enseignement moral. Ce choix n’est plus possible [La CLÉ a toujours défendu le choix des parents... ]  dû aux fondements supposément neutres du cours ECR  et tous les enfants sont maintenant soumis à un cours de promotion de l’identité religieuse.

Nous sommes ainsi revenus à la situation d’avant l’exemption de l’enseignement religieux qui prévalait dans les années 70.

Avec le cours ECR, l’État est allé jouer dans des plates-bandes qui ne sont pas les siennes, celles de l’appartenance religieuse. La seule avenue envisageable est de retirer le volet religieux de ce cours et d’enrichir le volet éthique par une approche favorisant la formation de la pensée critique. Quitte à ce que le fait religieux soit abordé dans les cours d’histoire lorsque nécessaire.

Et ultimement, abolir le financement public des écoles privées.




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La procréation assistée pour lutter contre la dénatalité ?


Patrick Lagacé se plaint de la suppression annoncée du Programme de procréation assistée par le gouvernement du Québec. Il décrit ce programme de la manière suivante :
« Un succès étincelant, qui stimule la science [lire : la technique] made in Québec, qui contribue à adoucir le choc démographique et qui comble de bonheur les couples qui peuvent concevoir sans se ruiner. […] Les méchantes langues diront que la mort annoncée du Programme de procréation assistée est une autre manifestation de l’indifférence du gouvernement Couillard à l’égard des femmes. La chose a été démontrée : l’austérité frappe davantage les programmes et les mesures dont les femmes profitent. [Les hommes de ces couples privés d'enfants ne seraient donc pas affectés ?] Cette indifférence fait probablement partie de l’équation. »

Ce programme a mis au monde 5 000 bébés québécois depuis 2010 ans. Ce programme a coûté au gouvernement la rondelette somme de 280 millions de dollars, soit 56 000 $ par bébé. 

On peut se demander s’il n’y a pas des manières moins chères de soutenir la démographie québécoise : endiguer l’exil économique des Québécois (114 603 ont quitté la province depuis 2010) en allégeant le fardeau fiscal, aider toutes les familles nombreuses (actuellement l’aide est presque uniquement dirigée vers le retour des femmes au travail), rappeler que l’infertilité est souvent due à une nuptialité de plus en plus tardive (l’âge des mères primipares — accouchant donc pour la première fois — ne fait qu’augmenter : il est passé de 24,7 ans en 1981 en à 28 ans en 2011), mais le rappel au réel est mal vu ces jours-ci.

La seule solution n’est pas de dépenser de plus en plus d’argent pour des résultats médiocres.

Voir aussi

Québec — Plus petit nombre de naissances depuis 7 ans

Les dépenses dans la politique de retour au bureau des mères et de congés parentaux (ce n'est pas une politique nataliste) du Québec ne font qu'augmenter.

Québec — L’immigration, ou plus précisément la « diversité », sera vue comme une fin en soi