vendredi 23 septembre 2011

L'immigration essentielle pour combler le manque de travailleurs au Québec... Vraiment ?

Joseph Facal revient sur la doxa immigrationniste qui sévit encore au Québec en s'appuyant notamment sur le livre de Benoît Dubreuil et Guillaume Marois dont nous avions déjà parlé.

« Tant le PQ que François Legault proposent de réduire le nombre d’immigrants au Québec, le temps de revoir en profondeur nos façons de faire. C’est très sage.

Ce n’est pas ce que pense Simon Prévost, le président des Manufacturiers et exportateurs du Québec. Une hausse de l’immigration est « essentielle », disait-il la semaine dernière (La Presse, 16 septembre), pour contrer le vieillissement, la pénurie de main-d’œuvre et assurer notre prospérité. L’analyse, tranchait-il, ne permet « aucune autre conclusion ». Penser autrement, c’est (évidemment) être « frileux ».

On se demande bien à quelle « analyse » s’est livré M. Prévost, car le verdict de la science est radicalement différent du sien. Pour ceux qui ne se contentent pas d’asséner des affirmations gratuites, il est établi, ici comme ailleurs, que le seul impact démographique majeur de l’immigration est d’augmenter la population globale et d’en diversifier la composition.

Le vieillissement de la population est effectivement préoccupant parce qu’il augmentera la proportion de gens âgés qui ne travaillent pas, et donc la pression sur les travailleurs qui financent les services publics. Cependant, que le nombre d’immigrants reçus au Québec soit plus ou moins élevé de quelques milliers par année n’empêchera pas ce ratio retraités-travailleurs de doubler d’ici 2031.

L’immigration n’a qu’un effet très marginal sur la structure par âge de la population. Pourquoi ? Parce que le taux de fécondité des immigrants, leur espérance de vie et l’âge de leur départ à la retraite ne sont pas très différents du reste de la population. [Note du carnet : par sélection des immigrants (des diplômés le plus souvent) et de par le relatif faible nombre d'immigrants : il faudrait des masses encore plus nombreuses de jeunes immigrants féconds — probablement inemployables — pour que la population rajeunisse fortement.]  De plus, la moitié des immigrants est composée d’accompagnateurs (parents âgés ou enfants) du demandeur principal.

Les politiciens, les journalistes et les lobbyistes peuvent bien placoter, mais des tas de démographes ont étudié la question dans plusieurs pays. Leurs conclusions sont si convergentes qu’on peut parler d’unanimité. On en retrouvera une excellente synthèse dans l’ouvrage de Marois et Dubreuil, Le Remède imaginaire (Boréal, 2011).

En fait :
« Quelle que soit la méthode adoptée, quel que soit le pays analysé, quelle que soit la période considérée, les résultats convergent tous vers la même conclusion : l’immigration n’exerce qu’un effet marginal, non significativement différent de zéro, sur l’évolution du revenu par habitant, du salaire et du taux de chômage » – Marc Termote, Cahiers québécois de démographie, vol. 1, 2002, p. 83.

[Note du carnet: pour certains économistes, l'immigration diminue les salaires par une offre plus grande de main d'œuvre souvent plus corvéable et moins bien payée que les autochtones. Rappelons aussi que le chômage chez les immigrés est nettement supérieur à celui des autochtones.]

L’immigration serait aussi requise, a-t-on souvent entendu, pour combler les 700 000 emplois vacants dans les prochaines années au Québec. On a inventé ce chiffre en additionnant les 460 000 départs à la retraite prévus et les 240 000 emplois créés par la croissance économique anticipée.

Ce chiffre n’a aucun fondement. Un emploi libéré ne crée pas automatiquement un emploi à combler. Le Prix Nobel Paul Krugman a souvent dénoncé ce sophisme qui laisse croire qu’il y aurait une quantité fixe et globale de travail à se partager. Une foule de facteurs est ici en cause : la technologie, la conjoncture économique, la concurrence pour les emplois dans certains domaines, les taux de chômage élevés chez les immigrants, etc.

À vrai dire  :
« Pour la pénurie de main-d’œuvre, la solution numéro un reste la formation de la main-d’œuvre. Dans ce contexte-là, on peut toujours aller chercher des immigrants dans des domaines spécialisés, mais l’immigration ne règlera pas la pénurie de main-d’œuvre de façon générale », Carlos Leitao, économiste, Banque Laurentienne, 2008.

Plus largement,
« Le PIB global (…) est un critère non pertinent et trompeur dans l’évaluation de l’impact économique de l’immigration. La taille globale de l’économie n’est pas un indicateur de prospérité. L’analyse doit plutôt se concentrer sur les effets de l’immigration sur le revenu par tête de la population d’accueil ». – House of Lords, The Economic Impact of Immigration, 2008, p. 5.

Le Québec, qui a reçu 54 000 immigrants l’an dernier, peine déjà à intégrer le nombre actuel. À cet égard, le grand démographe Jaques Henripin notait en 2007 :
« selon mes calculs, compenser le déficit des naissances par l’immigration nécessiterait, à terme, l’accueil annuel de 70 000 à 80 000 étrangers ».

On peut certainement améliorer nos politiques actuelles. Mais c’est rêver en couleurs et nier toute la recherche sérieuse que de s’imaginer que l’immigration peut jouer un rôle « essentiel » pour solutionner nos problèmes économiques et démographiques. »

Voir aussi

Le Québec reçoit-il trop d'immigrants ? L'immigration profite-t-elle au PLQ ?

200 000 immigrants en 4 ans au Québec, bon pour le développement durable !?

L'Institut Fraser : la politique migratoire actuelle coûterait près de 20 milliards par année au Canada





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ECR — Retour sur l'affaire du voile à Jonquière et l'évincement des parents

Myriam Ségal revient dans les colonnes du Quotidien du Saguenay-Lac-Saint-Jean sur l'expérience du voile islamique imposée à des élèves d'une école de la région lors du cours d'ECR. Elle donne plus de détails sur la lettre envoyée aux parents et cette manière d'écarter les parents des décisions en les sermonnant. Enfin, elle s'interroge sur la politisation des cours à l'école québécoise, « tout en tassant les parents » démunis et isolés devant l'appareil monolithique éducatif (nos mots).

Un prof de la Polyvalente de Jonquière a fait essayer le voile à ses élèves, dans le cadre de l'étrange cours d'éthique et culture religieuse (ÉCR). Je pensais déjà bien du mal de ce cours délayé sur dix ans, souvent confié à d'anciens agents de pastorale ou à des profs qui complètent ainsi leur temps plein, sans formation historique et sociologique.

Il tourne fréquemment à la propagande gouvernementale pour nous passer en travers de la gorge le multiculturalisme, la tolérance tout azimut, au détriment de nos propres convictions et de nos révoltes légitimes. À défaut de convaincre leurs parents, on dresse les jeunes à accepter comme raisonnables des accommodements douteux.

[...]

La manière

Au lieu de cela, on les pousse par expériences maladroites et ludiques, à gommer leur propre identité collective. L'égalité des hommes et des femmes constitue un credo de la société québécoise, que les accommodements religieux bafouent trop souvent. [...]

La manière dont l'école a amené la chose aux parents m'a aussi choquée: une lettre circulaire signée par le prof, le directeur et le directeur adjoint. Le directeur a légitimé publiquement l'exercice en affirmant qu'aucun parent n'a protesté, signe d'assentiment, croit-il.

Moi non plus, je n'aurais pas protesté. En appuyant d'emblée officiellement et unanimement la démarche, la direction de l'école ferme la porte à toute velléité de « rouspétance ». Le parent rétif comprend: « N'essaye même pas, on sera tous contre toi ».

D'ailleurs, la lettre se termine sans demander ni assentiment, ni opinion des géniteurs. Sur un ton moralisateur, elle conclut : « Ils [les élèves] seront en mesure de (...) dialoguer dans un esprit d'ouverture sur le monde. » Les parents lisent entre les lignes : «Si vous n'approuvez pas, votre esprit n'est pas ouvert sur le monde ! »

Dans la vie, il faut choisir ses combats. Il ne restait qu'un seul champ de bataille pour livrer celui-là: jeter la lettre dans le domaine public, via les médias.

Le parent

Cela en dit long sur l'espace des parents à l'école. On rembarre systématiquement tous ceux qui demandent que leurs jeunes ne suivent pas ce cours, peu importe leurs motifs. Le « gouvernemaman » sait mieux qu'eux ce qui est bon pour leurs enfants.

On recrute des parents pour siéger au conseil d'établissement, où ils approuvent des listes scolaires et un code de vie « prémâchés ». On les sollicite pour financer des sorties ou des investissements. Mais pas pour échanger sur une pédagogie douteuse.

Combien de parents ont vu, à tête reposée, les manuels d'ÉCR, d'histoire, de maths, de science ?

Ces livres restent à l'école. Le parent tente de suivre par les devoirs, sans vue d'ensemble. On reçoit souvent un résultat d'examen à signer, mais sans les questions. Comment faire réfléchir l'enfant à ce qu'il a raté sans savoir ce qui lui était demandé ?

Sans accès aux manuels, comment juger si l'école mène une propagande ou une démarche scientifique ? [Note du carnet : les manuels sont une partie du matériel didactique, il y a également nombre d'activités et de documents qui circulent en classe et qui sont laissés à la discrétion de l'enseignant. Ces activités et ces documents sont parfois pires que les manuels qui eux sont scrutés par le Politburo du Monopole de l'Éducation à Québec !]


J'ai souvent des doutes, non seulement pour le cours d'ÉCR, mais aussi devant les déclarations écologistes très péremptoires de certains textes éparpillés dans toutes les matières, du français aux sciences.

Comme parent, on riposte trop souvent en décrochant ou en dénigrant cette école qui nous largue.

Il faut choisir ses combats. Celui-là mérite qu'on le mène.

Voir aussi

ÉCR — Une enseignante fait expérimenter le voile à ses élèves





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« La science est établie »

Depuis Einstein et la relativité restreinte, il est interdit de voyager à une vitesse plus rapide que la lumière. C’est une constante de la physique fondamentale. Or des physiciens, en collaboration avec le CERN, viennent d’observer des particules allant plus vite ! Pas de beaucoup – 60 nanosecondes sur 730 kilomètres – mais le résultat est suffisamment incroyable pour jeter le trouble dans des équations jusqu’à lors coulées dans le bronze. Et les pousser à demander l’avis de leurs collègues.
Des neutrinos vont plus vite que la lumière au CERN ?


Inaugurée en 2006, l’expérience OPERA consiste à envoyer des neutrinos depuis le CERN, à Genève, dans un tunnel sous les Abruzzes jusqu’à Gran Sasso, en Italie. Le but est d’étudier les transformations de ces étranges particules fugaces que rien ou presque n’arrête. Sur les milliards envoyés depuis le CERN, seule une infime partie est détectée. Mais suffisamment pour les physiciens en aient observé 15 000. Le résultat est sans appel : ils arrivent plus vites que la lumière. Les neutrinos gagnent la course de 20 centimètres sur le parcours souterrain de 732 kilomètres. Le résultat des recherches est publié ce matin sur le site de la revue scientifique en accès libre arxiv.org.

Un nombre incalculable de fois, les scientifiques ont refait leurs mesures. Ils ne peuvent mettre en doute les moyens employés. Travaillant avec des expert en métrologie, ils se basent sur la précision des horloges atomiques et des systèmes GPS les plus avancés qui leur permettent de déterminer le temps de voyage des particules avec une précision inférieure à 10 nanosecondes.

Face à cette bombe, ils se montrent prudents et sollicitent l’avis d’experts indépendants. « Si ces mesures sont confirmées, cela pourrait changer notre vision de la physique, mais nous devons être sûrs qu’il n’y a pas d’autres explication, plus banale. Cela demande des mesures indépendantes », a déclaré le directeur de la recherche au CERN Sergio Bertolucci.

Ceci nous rappelle que contrairement aux dires de certains écologistes animés par une ferveur religieuse — mais certainement pas scientifique — la science n'est jamais établie, la messe n'est jamais dite en science. Ses résultats tiennent jusqu'à une prochaine contradiction par les faits, une correction et le plus souvent un raffinement ultérieur.




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Garderies — fermeture de deux garderies par la ministre tatillonne et bakchich pour avoir des places

Il est intéressant de voir les raisons invoquées par le Ministère mêle-tout pour fermer les garderies plutôt que d'émettre un avertissement :

  • Certains planchers sont en céramique, alors que le règlement l'interdit formellement, les risques de blessure étant plus grands;
  • L'une des deux pouponnières n'a pas de fenêtre d'observation, le personnel doit pouvoir surveiller en tout temps les enfants, qu'ils soient dans la pouponnière, l'aire de jeux ou dans l'aire de repos;
  • Des produits toxiques ou dangereux ne sont pas rangés sécuritairement, dans un endroit verrouillé;
  • Les enfants ont accès aux cuisines librement, aucun dispositif de fermeture des lieux n'est présent;
  • Certains modules de jeux ne rencontrent pas les normes de sécurité (CSA) et peuvent représenter un danger pour les enfants. 


    Une nouvelle cause devant les tribunaux

    Et une nouvelle cause devant les tribunaux ! Une. En effet, la propriétaire des deux garderies a fait une demande d'injonction pour empêcher la fermeture de ses deux crèches. La Cour supérieure du Québec entendra vendredi une requête en injonction provisoire afin de garder ouvertes les garderies privées Premiépas et Premiémos, situées respectivement à Saint-Basile-le-Grand et à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie.  Les deux demanderesses de la requête, Denise G. Tresidder, propriétaire des garderies privées, et Nathalie Collette, parent, souhaitent que les deux établissements continuent à offrir leurs services en attendant que le ministère de la Famille et des aînés ait terminé l’analyse nécessaire à l’émission du permis des deux garderies. 

    Les maires demandent un sursis

    Le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Claude Benjamin, ainsi que le maire de Saint-Basile-le-Grand, Bernard Gagnon, considèrent l'avis d'évacuation du ministère de la Famille prématuré et demandent un nouveau sursis. «Il faut tenir compte des conséquences d'une décision trop abrupte», peut-on lire dans une lettre adressée à la ministre de la Famille et des Aînés, Yolande James. Les maires considèrent que les corrections requises dans les garderies peuvent se faire rapidement.

    Des parents en colère

    Sur la page Facebook Contre la fermeture de Premiépas Premiémos, plusieurs parents sont révoltés. «Ça a juste pas de bon sens de nous mettre toujours au pied du mur et en attente comme ca... pour de la céramique», écrit une mère visiblement en colère. «Je n'en reviens pas qu'on puisse nous mettre dans le trouble comme ça pour de si petits détails», écrit une autre qui concède par contre que les produits toxiques auraient dû être correctement rangés dans un endroit verrouillé. «De plus en plus ridicule cette histoire… », commente une autre en invitant les autres parents à continuer de protester contre la fermeture.

    Antécédents

    Rappelons que cette garderie a déjà eu maille à partir avec le Ministère de la Famille argüant qu'elle n'avait pas besoin d'un permis. La réglementation  aurait ensuite été amendée par le gouvermanan pour que ce permis devienne obligatoire. Dans une émission précédente, Mario Dumont s'était déjà demandé s'il ne s'agissait pas d'une mesure de rétorsion de la part du Ministère.

    Voici l'historique des événements selon les deux garderies

    États-Unis — l'engouement pour l'instruction à domicile


    Contrairement à ce qu'affirme la correspondante de France 2 aux États-Unis, les bons résultats des enfants instruits à la maison ne s'expliquent pas d'abord par un niveau social supérieur des parents des enfants qui font l'école à la maison.

    Voici en effet ce que dit une récente étude universitaire :

    « Bien que les élèves de l'école publique aient obtenu, voire dépassé, les résultats attendus pour leur âge, ceux instruits à la maison ont mieux réussi aux différents tests comparativement à leurs pairs, poursuit la chercheuse, les devançant d'une demi-année scolaire en mathématiques à 2,2 niveaux en lecture. Cette supériorité peut s'expliquer par différents facteurs, notamment la taille réduite des classes, l'enseignement personnalisé ou encore une plus grande attention accordée aux matières de base comme la lecture et l'écriture. »

    Dans les deux échantillons, les chercheuses ont également interrogé les mères sur leur état matrimonial, le nombre d'enfants, l'emploi, les études et le revenu du foyer. Elles en ont conclu que les avantages de l'éducation structurée à la maison ne sauraient s'expliquer par des divergences de revenu familial annuel ou de niveau de scolarisation de la mère.




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    jeudi 22 septembre 2011

    À l'école, la lutte contre « l'homophobie » doit-elle se faire par la promotion de l'homosexualité ?

    Un organisme en Colombie-Britannique, Culture Guard, s'est donné pour mission de dénoncer ce qu'il considère être « des mensonges et de la corruption morale » sous le couvert de la lutte contre l'homophobie.

    « Je pense que les parents seront indignés et à juste titre en colère quand ils découvriront ce qu'on inculque à leurs enfants. J'espère que les parents poursuivront en justice leurs conseils scolaires locaux » de déclarer Kari Simpson, présidente de Culture Guard, une organisation qui vise à préserver les valeurs familiales traditionnelles et les droits parentaux.

    Les mensonges

    Mme Simpson a découvert ce qu'elle considère être la pointe de l'iceberg d'une stratégie conçue pour endoctriner les enfants dans ce qu'elle nomme le « militantisme culturel homosexiste » quand elle est tombée sur Out in Schools (OIS), nom que l'on pourrait traduire par « Sortie du placard à l'école ». Ce programme s'adresse aux élèves âgés de 13 à 18 ans et vise à présenter « des films homosexuels » dans les écoles de Colombie-Britannique afin de « faciliter la discussion avec les jeunes sur l'intimidation, l'homophobie et les stéréotypes » et de fournir un « espace sûr pour explorer ces questions. »

    « Sortie du placard à l'école » (OIS) se vante de proposer une « initiative de sensibilisation » qui «  exploite les puissants médias que sont le film et la vidéo pour susciter l'intérêt des jeunes et des enseignants quant aux questions liées à l'homophobie et la violence. » Cette initiative prétend vouloir faire « la promotion de collectivités plus sûres et plus diverses dénuées de discrimination et d'intimidation. »

    Mais derrière ces mots mielleux et consensuels, selon Kari Simpson, se cachent une réalité et un dessein bien plus sinistres peu perceptibles au premier abord. Mme Simpson en veut pour preuve les scènes d'hommes qui s'embrassent (voir vidéo ci-dessous) projetées lors des présentations d'OIS. Il ne s'agit pas pour la présidente de Culture Guard de rendre les écoles sûres, mais d'éliminer chez les enfants, dans un premier temps, une répugnance envers l'homosexualité, puis de leur rendre l'homosexualité « normale » et finalement de les inciter à pratiquer l'homosexualité (afin de ne pas juger sans connaître).

    Évaluer sérieusement ce genre de programmes

    Pour Kari Simpson, si ce programme visait réellement à diminuer l'intimidation, son succès se mesurerait par la diminution d'insultes et d'autres incidents violents à l'école (« Oh,  le gros lard », « le minus, le nabot  », « l'idiot à deux neurones », etc.) Or, il ne s'agit pas de cela, OIS ne mesure l'impact de son programme qu'en termes de visibilité homosexuelle.

    Le responsable éducation chez OIS, Ross Johnstone, a déclaré à The Dependent que l'impact du programme se « mesure en fonction de la la visibilité des ressources homosexuelles et des questions homosexuelles abordées au sein de l'école. »

    « Nous voulons que les enseignants incluent des évènements historiques LGBT importants dans leurs cours. Mettre à la disposition des enseignants et des étudiants des ressources "queer" utiles pour les aider à résoudre leurs problèmes. Placarder des affiches anti-intimidation sur les murs et créer des espaces respectueux et inclusif ».

    Séduction et corruption

    La préoccupation majeure de Simpson quant au programme OIS est qu'il détourne les jeunes élèves vers un « activisme sexuel » sous couvert de promotion de la santé et de la sécurité, notamment par le biais d'un concours de brefs messages d'intérêt public (MIP). Ces courts messages à la radio ou à la télévision ont pour but explicite de modifier les attitudes et les comportements des gens.

    L'OIS explique clairement sur son site que le but du Courcours annuel des MIP de la jeunesse anti-homophobe est de changer les attitudes des gens envers l'homosexualité. « Les messages soumis à candidatures doivent avoir un contenu antihomophobe et promouvoir des écoles plus sûres, dénuées d'intimidation et d'homophobie. » Les jeunes réalisateurs du film primé verront leur message diffusé sur grand écran lors du Festival annuel du film queer (FFQ) de Vancouver. Pour Mme Simpson, il s'agit là d'une récompense qui pourrait séduire plus d'un jeune ado qui veut briller devant les feux de la rampe.

    Plainte en justice

    Mardi dernier, Mme Simpson a déposé une plainte auprès du service de police de Vancouver alléguant que le conseil scolaire de Vancouver, ainsi que l'OIS et QFF (Queer Film Festival), exposait des personnes, dont certaines âgées de moins de 18 ans, à du matériel pornographique obscène qui enfreint le Code criminel.

    Dans sa plainte, Kari Simpson mentionne le cas du film « Vie et mort d'un gang porno » dont le site QFF fait la promotion. Ce film est accessible via un lien sur le site d'OIS. Les enfants qui suivent les liens à partir du programme scolaire approuvé mis en place par OIS se verront présenter une bande-annonce du film (voir ci-dessous) qui comprend des actes homosexuels et zoophiles explicites, de la violence extrême, des meurtres et de la nécrophilie.

    Avertissement : Les vidéos ci-dessous sont explicites (bien qu'elles aient été en grande partie épurées), elles contiennent de brefs extraits de scènes de sexualité homosexuelle et de violence extrême.







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    Éthique — « La famille, c'est sacré »


    Publicité d'une marque de chaussures (Eram).

    Nous qui croyions que le sacré n'existait plus... Une pique contre les « cathos » ? Mais quelle « famille » : une famille bobo lesbienne qui « fait » un enfant mulâtre (garçon ou fille ?)  Brouiller l'identité sexuelle, l'identité ethnique, la filiation ?

    Quel rapport avec les chaussures ?



    Voir aussi

    Éthique — conception virginale au XXIe siècle





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    École privée catholique doit préciser aux parents que le cours d'ECR ne fait pas la promotion d'une religion

    Le Séminaire Sainte-Trinité de Montarville, en banlieue de Montréal, a dû envoyer en 2010 la lettre suivante aux  parents dont les enfants y sont inscrits pour les informer qu'ils ne pourront plus bénéficier d'une déduction fiscale pour couvrir une partie des frais d'inscription de leurs enfants au Séminaire, la partie pendant laquelle l'enfant recevait une formation religieuse.

    Cliquer sur la page pour l'agrandir

    Il est intéressant de remarquer qu'il ait fallu faire remarquer aux parents que le cours ECR n'est pas un cours de religion. Savent-ils précisément ce qu'on enseigne dans cette école ? Croyaient-ils que ce programme était juste comme l'ancien programme confessionnel ? Cette ignorance explique-t-il la léthargie de certains parents sur le sujet ?

    Il semble, en outre, que le Séminaire ne donne plus aucun cours — même facultatif — qui fasse « la promotion des enseignements spirituels d'une association religieuse donnée et le respect des doctrines et des observances spirituelles sur lesquelles s'appuient ces renseignements » puisqu'« il  n'est plus possible de considérer une portion des frais de scolarité comme étant attribuable à de l'enseignement religieux. »

    Une école catholique ?





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    mercredi 21 septembre 2011

    Laïcité et éthique chrétienne

    Billet de Jean Laberge, professeur de philosophie au cégep du Vieux-Montréal, à propos de La culture religieuse n’est pas la foi. Identité Québec et laïcité, par Guy Durand, Montréal, Éditions des oliviers, 2011, 148 p.

    « Dans son introduction au Québec en quête de laïcité (Écosociété, 2011), Normand Baillargeon signale d’entrée de jeu qu’à propos du débat sur la laïcité au Québec, certains participants « considèrent que la conversation démocratique sur le thème de la laïcité n’a pas lieu d’être », puisqu’ils «considèrent […] que sa discussion [de la laïcité] n’a pas lieu d’être, puisque les réponses qu’il faut lui donner sont d’avance connues – et qu’il suffirait de les réaffirmer dans une forme ou l’autre de retour à des valeurs dites ‘traditionnelles’ présumées définir ‘le’ Québec sub specie aeternitatis. » (p. 12). C’est ainsi que la position sur la laïcité que défend le théologien et éthicien Guy Durand se trouve d’emblée disqualifiée.

    Corrigeons tout de suite l’erreur consistant à croire que Guy Durand n’aurait peu ou prou d’intérêt à discuter du problème de la laïcité au Québec. Au contraire. L’auteur, en effet, n’est pas à son premier essai sur le sujet puisqu’en 2004, il publiait Le Québec et la laïcité. Avancées et dérives. (Éditions Varia), ainsi que Le cours ECR. Au-delà des apparences (Guérin, 2009). Ce dernier essai constitue un solide examen critique des présupposés douteux et des principes de laïcité discutables qui ont conduit à l’élaboration et à l’implantation de ce cours que plusieurs contestent, Éthique et culture religieuse.

    Ce qui disqualifie Guy Durand aux yeux de Normand Baillargeon et de Jean-Marc Piotte, c’est que le théologien conçoit la culture identitaire québécoise comme irrémédiablement liée au christianisme de sorte que la laïcité au Québec ne saurait faire fi de la part cruciale jouée par l'héritage chrétien. Puisque, selon Baillargeon et Piotte, la religion se trouve par définition exclue de la laïcité, la question posée par la laïcité étant dans quelle mesure l’État québécois doit prendre ses distances vis-à-vis les religions, la position de Durand, faisant consister l’identité québécoise comme incluant l’héritage chrétien, est a priori exclue. Ils ont bien tort.

    Il n'est pas dans mon intention de faire le compte rendu de l'ouvrage remarquable de Durand qui défend fort bien sa thèse. Dans le premier chapitre, Durand recueille de très nombreux témoignages de Québécois qui, aujourd’hui comme hier, ont façonné le Québec par l’héritage chrétien et ce, dans tous les domaines d’activités, voire même dans les institutions démocratiques elles-mêmes du Québec. On sait que la question de la laïcité de l’État québécois s’est cristallisée autour du fameux crucifix de l’Assemblée nationale. Les tenants de la laïcité intégrale ou stricte l'ont en horreur, même des croyants. Durand plaide pour conserver le crucifix car il fait partie de notre fibre d'être québécois, que nous soyons ou non des croyants, voire chrétiens.

    J’ajouterais à la longue liste de Durand, la figure marquante de Michel Chartrand (1916-2010), dont le militantisme dans les jeunesses catholiques a préparé une vie consacrée à fond à la justice sociale. C’est l’abbé Lionel Groulx qui maria Michel et Simone en 1942 à la Basilique Notre-Dame de Montréal. La justice sociale ainsi que la solidarité sont des valeurs issues directement du christianisme.

    Comment ne pas mentionner également le docteur Camille Laurin, le père de la loi 101, qui caressa à l’âge de vingt-ans, au séminaire de L’Assomption, le sacerdoce ? La liste est longue, voire étonnante. Elle révèle que l’histoire du Québec fut marquée en profondeur par le catholicisme, et que faire fi de cet ancrage historique indélébile dans l’être identitaire québécois n'est rien de moins qu’aberrant.

    Certes, la position de Durand n’est pas celle d’un Mgr Ouellet qui ne voit que dans le retour à une église catholique ultramontaine et triomphante la seule voie de salut pour les Québécois d’aujourd’hui. Durand n’est heureusement pas de cette école. Il affirme toutefois que le refus de prendre en compte l’héritage chrétien dans l’identité du Québec d’aujourd’hui est aberrant : « …la christianophobie, écrit-il, est la réaction d’une nation qui ne s’aime pas. » (p. 37)

    En effet, dans une nation qui fut « colonisée », les chaînes de notre passé de colonisation sont lourdes à porter, et reviennent aujourd’hui nous hanter. Le refus et le dénigrement de notre histoire, de notre héritage chrétien en particulier, en sont les signes manifestes.

    Sergio Leone, le réalisateur des fameux westerns-spaghetti, bon athée et anarchiste, n’a pu s’empêcher d’user d’images religieuses chrétiennes dans son cinéma que la longue tradition catholique lui a légué en héritage. Ainsi, dans son tout premier film, Pour une poignée de dollars, « l’homme sans nom » (Clint Eastwood) incarne en l’ange Gabriel, envoyé par Dieu à Nazareth (San Miguel) afin de protéger la Sainte Famille incarnée par Marisol (Marianne Koch) et son mari, Julian, ainsi que leur enfant nommé « Jesus ». La famille resta une valeur centrale pour le réalisateur italien, et on sait combien la famiglia est si importante chez les Italiens.

    De son côté, le réalisateur québécois, Bernard Émond, érige ses films, dont la trilogie des vertus théologales, sur des valeurs explicitement chrétiennes. Bernard Émond revendique nommément l’héritage chrétien, tout en se disant agnostique. Sans doute, Émond constitue la figure actuelle la plus signifiante et vivante de l'identité québécoise. Durand cite Émond diagnostiquant la crise actuelle des valeurs et le vide spirituel au Québec par le rejet de l’héritage chrétien. (p. 31) « Conservateur de gauche », Émond entend « préserver notre héritage [chrétien], sans nier pour autant ses erreurs ». (ibid.) Commentant la position d’Émond, Durand écrit : « Les valeurs chrétiennes sont nécessaires à la vie. Reprises et réinventées. Particulièrement les trois vertus théologales : foi, espérance et charité. » (ibid.) Et de citer Émond :

    …L’espérance renverse l’ordre du monde sans espoir. La charité renverse l’ordre d’un monde égoïste. La foi renverse l’ordre d’un monde désenchanté et cynique. Pour moi, la redécouverte du patrimoine chrétien n’a pas seulement une importance, disons, culturelle ; il y a quelque chose de plus profond qui se joue là, à tout le moins sur le plan des valeurs. (ibid.)

    Il y a là en effet quelque chose d’important, d’essentiel, que Bernard Émond déterre. En somme, il s’agit de l’éthique chrétienne de l’agapè. Agapè est le terme grec désignant l’amour. C’est saint Paul qui écrit : « Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés…, s’il me manque l’amour (agapè), je ne gagne rien. » (I Corinthiens 13 3). On a pris l’habitude de traduire le grec agapè par le latin caritas, charité en français. Malheureusement, le mot charité évoque le plus souvent l’idée du don des biens fait aux pauvres. Saint Paul le dit : même si je donne mon argent aux pauvres, je ne témoigne pas pour autant de l’amour-agapè. Ce type d’amour est la vertu la plus haute qui soit. C’est celle du don de soi total. C’est donc cette vieille vertu dite « théologale », l’amour-don, qu’a redécouvert Bernard Émond et qu’il exhibe dans ses films admirables.

    À mon sens, on tient avec l’éthique chrétienne de l’amour-don, le cœur de notre identité québécoise. C’est le joyau de notre identité comme être québécois. Nous devons être fiers de nous ainsi que de nos ancêtres qui se mesurèrent à cet idéal sublime de vie. Aussi, dans notre concept québécois de laïcité, il nous faut impérativement y joindre la pièce essentielle qui est celle de l’éthique chrétienne de l’amour-don.

    L’éthique chrétienne de l’amour-don ne se suffit pas de respecter les différences, voire d’effacer les différences, où tout devient neutre et propre, comme l’appel de leur vœu les tenants de la laïcité stricte ou intégrale. L’amour-don aime l’autre comme soi-même. Aussi, faut-il au préalable s’aimer soi-même comme peuple et nation. La christianophobie, comme l’appelle Durand, de certains d’entre nous, montre à l’évidence qu’on ne s’aime pas, et si on ne s’aime pas soi-même, inutile d’essayer d’aimer les autres.

    Pour ma part, je plaide en philosophie morale pour une éthique de la vertu remontant à Aristote. C'est la visée de mon récent essai Plaidoyer pour une morale du bien (Liber, 2011). L'éthique chrétienne de l'amour-don se situe dans son prolongement ; Thomas d'Aquin en est le génial initiateur. Nous avons au Québec une tradition aristotélicienne et thomiste de premier ordre qu'il nous faut également redécouvrir. »





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