jeudi 11 septembre 2008

Après l'ex-conseiller de Stephen Harper — Le président de l'Union paysanne se joint à la Coalition CLÉ

Dépêche reçue par le fil de presse CNW Telbec :
MONTRÉAL, le 11 sept. CNW Telbec — La Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) reçoit un autre appui de taille. Le porte-parole de l'Union paysanne, M. Benoit Girouard père de cinq enfants, se joint, à la Coalition Clé « pour dénoncer le caractère obligatoire du cours d'ÉCR et aider les parents du Québec à empêcher l'État de traiter nos enfants comme les cobayes d'une nouvelle lubie pédagogique » a-t-il déclaré. Cette déclaration rejoint celle de M. Jacques Parizeau qui dénonce l'échec des politiques de l'actuel gouvernement Charest et du gouvernement du Parti québécois, lorsque Mme Pauline Marois dirigeait le ministère de l'Éducation.

La CLÉ s'oppose au nouveau cours obligatoire d'éthique et culture religieuse (ÉCR) qui, depuis la rentrée scolaire, remplace l'enseignement moral et religieux dans toutes les écoles primaires et secondaires du Québec, allant ainsi à l'encontre même du caractère laïque de l'éducation que l'État prétend réaliser. « Comme parent, je suis le premier responsable de l'éducation éthique, morale et religieuse de mes enfants et l'État ne peut pas m'usurper ce droit » a précisé M. Girouard. Les parents, les enseignants et le public en général sont donc invités à la « résistance civique » et à s'informer d'urgence sur cet acte totalitaire de la ministre Michelle Courchesne contre leurs droits fondamentaux, avec la complicité coupable des syndicats, des commissions scolaires et des partis Libéral et Québécois.

On peut contacter la CLÉ au : Coalition-CLE.org

Renseignements : Brigitte Roy, (514) 772-9205

« L'enseignement public francophone en train de s'effondrer » selon Jacques Parizeau

Dans une entrevue au Journal de Montréal, Jacques Parizeau estime que le système de l'enseignement public francophone est carrément en train de s'effondrer et somme le ministère de l'Éducation du Québec d'expliquer comment il a pu en arriver à un tel gâchis.

Monsieur Parizeau a été frappé a plusieurs égards, mais surtout le sort des garçons francophones (et allophones) de Montréal qui l'a interpelé quand on le compare à celui de leurs homologues anglophones. C'est ainsi que cinq ans après leur arrivée au secondaire, seuls 36 % des francophones des écoles publiques relevant de la Commission scolaire de Montréal avaient obtenu leur diplôme, en juin dernier, alors que 67 % des anglophones du secteur public l'avaient obtenu. Après sept ans, moins de la moitié des francophones et allophones du secteur public francophone (49 %) l'avaient obtenu, contre 79 % du secteur public anglophone.

mercredi 10 septembre 2008

Cours d'ECR — « Le boycottage s'étend » selon le Journal de Montréal

« Des parents protestent contre ce pot-pourri de religions qui banalise la leur ».

C'est sous ce titre et sous-titre, le sous-titre uniquement visible dans l'édition papier, que le Journal de Montréal rapporte que le mouvement de boycottage contre le cours d'ECR s'étend.

Quelques remarques sur l'article :
Aucun des 860 parents québécois (sur un million d'élèves) qui ont jusqu'à maintenant demandé une exemption ne l'a obtenue.
Ces chiffres sous-estiment grandement les demandes d'exemption puisque l'école Loyola à elle seule totalise 650 demandes d'exemption !
« Il faut faire la preuve qu'il y a un préjudice grave, dit le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron. À mon avis une telle démonstration ne peut pas se faire. »
On se demande bien pourquoi il a été facile pour les parents qui s'opposaient au cours de religion catholique ou protestante de se faire exempter au même titre (article 222 de la Loi sur l'instruction publique). En quoi serait-il impossible pour un parent croyant de démontrer un préjudice similaire face à un programme qui banalise sa religion, enseigne un pluralisme condamné par son Église et expose ses enfants à des pressions conformistes au niveau des croyances familiales ?

Après tout un enfant d'athée n'était pas forcé de croire ce que l'on enseignait au catéchisme non plus, d'ailleurs le catéchisme seul a, semble-t-il, eu bien peu de succès quand on considère le nombre important d'athées adultes qui y sont passés pendant leur jeunesse. Aucun préjudice grave dû au catéchisme non plus alors ? Et pourtant on a bien accordé avec facilité des exemptions dans ce cas-là !

Mais bon, le « deux poids, deux mesures » n'est pas exclu au Québec bien sûr.

Et les écoles privées évangéliques ?

L’école catholique secondaire Loyola a demandé à être exemptée du cours d’ECR imposé par le Monopole de l’Éducation. Qu’en est-il des autres écoles confessionnelles ?

À notre connaissance, l’école chrétienne Emmanuel de Dollard-des-Ormeaux est la seule autre école du Québec qui ait officiellement demandé à être exemptée. Le Monopole de l’Éducation n’a pas encore répondu à sa requête.

On ne parle pas souvent des écoles évangéliques privées non subventionnées dans la presse et de la manière dont elles perçoivent ce cours. Pourquoi ne sont-elles pas montées au créneau alors que ce cours tend à banaliser le christianisme et prône une découverte autonome par l’élève de l’éthique dénuée de toute perspective religieuse qui lui donnerait une assise ?

D’après nos renseignements, une douzaine de représentants d’écoles évangéliques qui enseignent le programme ACE se sont réunis le 26 et 27 juin à l’Assemblée du Plein Évangile (Full Gospel Assembly) à Montréal à quelques pâtés de maison du pont Mercier pour une session de formation sur le nouveau cours d’éthique et de culture religieuse.

L’instructrice originaire de l'Inde aurait précisé à son auditoire de chrétiens convaincus que ce cours permettrait à de nombreux élèves dans les écoles publiques, dépourvus de toute connaissance chrétienne, d’entendre parler de Jésus et que le volet d’éthique permettrait à l’enseignant de souligner le point de vue chrétien dans certaines décisions éthiques alors que les élèves pourraient ne connaître auparavant que la réponse éthique « laïque », contraire à la Bible. Notons que certains musulmans et juifs se disent également la même chose, pensant tous que ce cours leur offrira une exposition supplémentaire dans les écoles québécoises et ne pensant jamais que tous pourraient peut-être bien y perdre.

Lors de cette réunion, l’instructrice qui a beaucoup insisté sur les préjugés racistes des Québécois à cause de sa couleur de peau aurait indiqué que les écoles évangéliques privées pourraient adapter le cours et ne seraient pas obligées d’enseigner ce qu’elles considèrent répréhensible pour autant qu’elles enseignent des éléments factuels sur les autres religions.

On leur aurait également signalé que, bien qu’idéalement le professeur doive adopter une position neutre, il est évident que les convictions de celui-ci ne pourront rester totalement cachées. L’important étant de fournir, une heure par semaine, des faits sur d’autres religions et de développer des compétences favorables au dialogue. Les sujets en éthique pourraient être choisis afin de ne pas aborder des sujets contraires au projet éducatif de l’école (ne pas aborder le droit à l’avortement ou les mariages homosexuels par exemple).

Si ces informations (provenant de deux sources différentes) devaient se vérifier, pourquoi le Monopole de l’Éducation n’adopte-t-il pas la même souplesse envers l’école Loyola ?

Il n’est pas clair à ce stade que la formatrice ne sera pas désavouée ultérieurement par le Monopole de l’Éducation, ni que ces mesures conciliantes, si elles sont avérées, à l’égard d’écoles évangéliques ne seront pas supprimées une fois l’opposition au cours aura été vaincue dans les secteurs public et privé subventionnés. « Il faut harmoniser ». Rappelons que ces écoles évangéliques avaient été déclarées illégales par le Monopole et que leur existence est toujours menacée par un non-renouvellement de permis. Me Claude Grant de Gatineau représente ces écoles dans leurs déboires avec le Monopole de l'Éducation.

Interdite d’enseigner le cours d’ECR dans une perspective catholique, l’école Loyola prépare un recours en justice

La Gazette rapporte que l’école secondaire Loyola, un établissement catholique privé pour garçons de Notre-Dame-de-Grâce, se prépare à un recours en justice au sujet du nouveau programme imposé d’éthique et de culture religieuse.

Loyola – une école confessionnelle privée rappelons-le – propose déjà son propre cours de culture religieuse, mais celui-ci n’a pas été approuvé par le Monopole de l’Éducation.

Le directeur de l’école, Paul Donovan, a déclaré à la Gazette « Je pense qu’on en arrive à un point où les tribunaux vont devoir décider. Nous avons demandé à discuter avec le [ministère de l’Éducation], mais ils ne nous ont pas répondu. »
Objection principale : le volet éthique du cours

Opposé au volet éthique du nouveau programme.

« Il y a beaucoup de bonnes choses dans cette matière qu’ils proposent et nous ne nous opposons pas à un tas de choses » d’ajouter Donovan. « Mais nous nous opposons à nous faire dire que nous devons l’enseigner d’une certaine manière et qu’il nous est interdit d’introduire des éléments de foi quand nous parlons des questions éthiques. C’est un problème. »

Loyola donne depuis longtemps un cours sur les religions du monde. Ce cours a été modifié récemment pour prendre en compte des éléments du cours d’ECR imposé par le Monopole de l’Éducation. Selon M. Donovan, la majorité des éléments du programme gouvernemental sont inclus dans le cours offert par son établissement, mais de telle façon qu’il « inclut une dimension religieuse et une perspective catholique. »

650 demandes d'exemption

Le directeur de Loyola affirme avoir reçu environ 650 demandes de parents qui désirent que leurs enfants soient exemptés du cours d'ECR. L'école accueille 730 élèves.

lundi 8 septembre 2008

« Ils ne comprennent pas les mots qu'ils utilisent »
Difficultés de l'Éducation nationale en France

Radio-Canada organise un débat sur le cours d'ECR

Radio-Canada organise une discussion de 25 minutes sur le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse.

Qui la société d'État invite-t-elle avec nos sous ? Un membre de la CLÉ ? Un des philosophes, sociologues, théologiens opposés à ce cours qui s'y sont opposés d'une perspective conservatrice ou religieuse ? Que nenni ! Vos impôts sont à l'ouvrage ! Radio-Canada invite plutôt :
  1. Marie-Michèle Poisson, vice-présidente du Mouvement laïque québécois et professeure de philosophie au cégep Ahuntsic, Mme Poisson s'est opposée par le passé au volet religieux du cours d'ECR;
  2. Alain Pronkin, directeur des communications du Centre d’information sur les nouvelles religions; M. Pronkin est pour l'intervention de la DPJ dans le cas d'enfants éduqués à la maison par ce qu'il nomme un mouvement sectaire ;
  3. L’abbé Raymond Gravel, prêtre catholique et ex-député bloquiste. Raymond Gravel s'est prostitué dans sa jeunesse et a travaillé dans un bar homosexuel. À l'âge de seize ans, il quitte la maison pour devenir une escorte masculine. Il est très controversé en raison de son appui au mariage homosexuel et à l'avortement, deux positions contraires à celles de l'Église catholique.


Il est possible d'écrire poliment à l'Ombudsman de Radio-Canada (c'est une dame) pour se plaindre de cette partialité sur les ondes de la radio publique.

mercredi 3 septembre 2008

Réunion houleuse à Valcourt devant un grand déploiement de fonctionnaires

Plus d’une centaine de parents de la région de Valcourt se sont réunis mardi soir à l’école secondaire L'Odyssée pour entendre et débattre avec des fonctionnaires invités par la Commission scolaire des Sommets aux prises avec une menace de retrait massif d’enfants des classes d’ECR.

Si vous ne voulez avoir qu’une idée partielle et aseptisée de ce qui s’est produit à Valcourt hier, lisez le reportage de la Tribune de Sherbrooke.

Laïus habituels et partiaux

La réunion a débuté par la présentation quelque peu cocasse des nombreux fonctionnaires invités par la commission scolaire : MM. Pierre Bergevin et Jacques Pettigrew du Monopole de l’Éducation, plusieurs commissaires, le directeur de l’école Odyssée où se tenait la réunion, des enseignants, des attachés en communications, etc. Ils souriaient. Madame Yolande Martel, directrice générale de la Commission scolaire des Sommets, faisait office de maître de cérémonie. On avait l’impression qu’à l’annonce du nom et de la fonction du fonctionnaire un spot aurait dû sortir le serviteur de l’État de l’obscurité de la foule et que celle-ci aurait dû l’applaudir. Il n’en fut rien, le vulgum pecus est décidément mal élevé. Le ton était donné.

Pierre Bergevin, de la direction des programmes du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), a commencé une longue introduction en rappelant que les commissions scolaires étaient déconfessionnalisées depuis 1998. M. Bergevin a soigneusement omis d’indiquer que cette déconfessionnalisation s’est accompagnée d’une privation de droits pourtant inscrits dans la Charte des droits canadienne. Il n’a pas jugé bon de rappeler que lors des discussions à l’Assemblée nationale, en 1997, concernant la demande du gouvernement fédéral de modifier l’article 93 de la Constitution (rendant inopérant l’article 29 de la Charte fédérale), la ministre de l’Éducation avait solennellement affirmé qu’il s’agissait d’abolir les commissions scolaires confessionnelles, mais que les écoles demeureraient confessionnelles et que leur statut ne serait révisé qu’après consultation des parents de l’école. (Le texte du discours est reproduit en annexe du rapport Proulx, page 262 de l’imprimé soit page 276 du PDF).

Monsieur Bergevin a poursuivi en rappelant que la préparation des sacrements avait été remise entre les mains des communautés religieuses depuis plusieurs années déjà.

On ne voit pas très bien le rapport avec l’imposition d’un cours unique à l’école publique (des pays plus tolérants enseignent plusieurs religions et la morale laïque dans les écoles publiques) ni l’imposition de ce cours aux écoles privées confessionnelles (elles ne sont bien sûr pas déconfessionnalisées, donc la déconfessionnalisation ne pourrait expliquer l’imposition de ce cours aux écoles confessionnelles privées !)

M. Jacques Pettigrew, responsable du programme ECR au Monopole de l’Éducation, a ensuite enchaîné avec ce qui allait devenir un leitmotiv lancinant : « Nous croyons que ce programme respecte la liberté de conscience des parents et des enfants parce que nous tenons pour acquis que le développement de la foi est quelque chose qui se fait à la maison [...] L'école n'est pas là pour porter un jugement sur quelque tradition que ce soit, elle n'est pas là pour dire quelle religion est meilleure ».

Deux refrains lassants

Deux refrains lassants ont bercé la réunion : c’est la loi, la décision de l’Assemblée nationale et ce cours n’est pas un cours de religion.

Premier refrain. Il est vrai que ce cours faisait partie de la loi 95 de 2005. Mais il faut rappeler les circonstances peu satisfaisantes qui entourent son adoption. Quand le projet de loi 95 a été adopté en 2005, la Charte du Québec a été elle-même modifiée en l’espace d’une nuit – l’expression est à prendre à la lettre puisque la modification n’a fait l’objet d’aucun débat public et a été adoptée après une période de 12 heures de consultations particulières.

En outre, on touche ici à un droit fondamental : celui d’instruire ses enfants selon ses convictions philosophiques et religieuses sans que l'État rende cette instruction plus compliquée. Le Monopole maintient (c’est son second leitmotiv) que cet enseignement respecte ce droit (ce n’est pas au Monopole de le juger : il est alors juge et partie). Et quand il s’agit de droits fondamentaux (on nous l’a assez seriné pour les « mariages » gays), la majorité ne peut décider et brimer les droits d’une minorité dans une démocratie.

Deuxième refrain. Le cours d’éthique et de culture religieuse est objectif et n’est pas un cours d’enseignements des croyances des religions ou un cours de religions qui pourraient convaincre les enfants (la position changeait d’une interprétation de ce refrain à l’autre).

D’une part, plus personne ne prétend que ce cours sera donné de manière neutre que ce soit dans son volet éthique où les « propos inacceptables » – à l’aune de quelle morale politiquement correcte ? – des élèves seront réprimés ou comme on l’a vu [1], [2], etc. dans le traitement des religions qui est parfois partial dans les manuels pourtant approuvés ou autorisés.

D’autre part, c’est une fiction de croire que les récits de toutes les religions présentés avec respect dans les manuels se distinguent fondamentalement des récits qu’on utilise pour enseigner la religion aux jeunes enfants. Dans les deux cas, on dit la même chose avec le même ton sûr : Mahomet a parlé à l’ange Gabriel, Mahomet a reçu le Coran, Bouddha est né une telle année, il fut illuminé, il a tout compris. La seule différence est qu’ici on aborde plusieurs récits de révélation et de création, dès les premières années du primaire, et qu’ils sont contradictoires.

Très peu de parents paraissaient convaincus par la réponse monotone des deux responsables du programme au Monopole de l’Éducation. Les parents « laïques » autant que « religieux » unis dans le fait que cet enseignement plurireligieux était totalement inadapté aux jeunes enfants, selon eux, qui prennent souvent pour argent comptant ce genre de récits alors qu’un enseignement factuel de ces religions concentré en un seul cours à la fin du secondaire, sans doute facultatif, pourrait très bien intéresser de nombreux parents.

Évidences anecdotiques ignorées du revers de la main

Les témoignages de l’influence possible de l’exposition à diverses religions « traitées avec respect » à un jeune âge (désir de conversion au bouddhisme et fumigation autochtone en classe) ont tout simplement été ignorés du revers de la main par les représentants du MELS si ce n’est pour dire que les expériences spirituelles ne pouvaient pas être enseignées. Même pas le yoga, humm ?

D’autres sujets plus importants au primaire

MM Bergevin et Pettigrew n’ont pas plus réussi à convaincre certains parents qu’il n’y avait pas de matière plus importante à enseigner à l’école primaire que ce cours dont on peut douter que les enfants retiennent grand-chose sauf qu’il faut respecter les autres (rappel transversal : ça peut se faire dans d’autres cours) et que toutes les grandes religions se ressemblent (elles ont des récits similaires, des personnages similaires au nom bizarre et des fêtes tout aussi exotiques).

Rappel : les enfants québécois écrivent mal le français [1] [2] [3].

Diversité grandissante comme prétexte

L'émergence d'une diversité religieuse au Québec qui expliquerait selon M. Bergevin l’imposition d’un programme unique n'a semblé convaincre personne. Peu au fait du contenu du volet éthique qui n’est pourtant pas exempt de défauts : [1] [2] [3] [4] [5], les parents n’acceptaient pas l’imposition de six religions alors que, pour certains d’entre eux l’école devait ne plus du tout enseigner la religion et que, pour d’autres, elle ne devait pas s’opposer aux parents et à leur volonté de transmettre une foi, déjà bien fragile au Québec.

« On a de la difficulté à garder notre religion avec les femmes voilées, les enfants qui ont des poignards... En plus, il faudrait apprendre leur religion ! » a commenté Isabelle Charland présente à la réunion.

Un autre citoyen de la région, immigrant lui-même, a reproché au ministère de jouer sur la culpabilité des Québécois pour imposer ce cours : il était insultant de considérer que sans ce cours un vivre ensemble dans un Québec divers serait impossible, le Québec est déjà un pays très tolérant a-t-il ajouté et un tel cours d’éthique et de culture religieuse peut s’enseigner de multiples manières comme le fait, par exemple, l’école secondaire catholique Loyola qui s’est fait pourtant refuser l’exemption à ce cours.

Le Monopole ne semble songer à la diversité que lorsqu’il s’agit de trouver un prétexte pour imposer son cours et non quand il s’agit de permettre une diversité d’enseignements conformes aux traditions philosophiques et religieuses des parents.

Prédominance du christianisme n'égale pas majorité et ne sera pas chiffrée

C’est avec amusement que l’on a entendu M. Bergevin nous dire que la prédominance donnée au christianisme ne signifiait pas qu’une majorité du cours sur les religions serait réservée au christianisme, ni qu’il pouvait citer un chiffre précis qui correspondrait au minimum de contenu chrétien. Il a bien fait car, au 3e cycle du primaire, les manuels de Modulo ne consacrent que 27 % de leurs contenus au christianisme guère plus que les 20 % consacrés à la spiritualité autochtone au 1er cycle du primaire…

Mais alors que signifie cette promesse que le christianisme serait prédominant ? Peu de choses. Une autre manière d’endormir la méfiance de la masse de la population québécoise ? En quoi consacrer tant de temps aux minorités religieuses (souvent infimes au Québec) sert-il vraiment le Québec qui se doit de viser également à une intégration à sa culture dominante, et là dominante veut dire nettement plus que simplement majoritaire ?

Mention sous les rires et sarcasmes de la DPJ

Interrogé sur les conséquences du retrait des enfants dont les parents s’opposent à ce cours, le directeur général adjoint de la CSS, Christian Provencher, soutient que la CSS prendra le temps de bien analyser les choses. Il a déjà été nettement moins prudent par le passé. À la Commission scolaire des Chênes, les absences seront compilées, mais aucune sanction n'a été prévue pour les élèves concernés.

Selon le régime de sanction des études, un élève du primaire qui aurait réussi toutes ses matières et n'échouerait que le cours d'ECR, par exemple, pourrait tout de même réussir son cycle. Au secondaire, à la fin de ses études, l'élève doit entre autres avoir réussi ce cours ou celui d'éducation physique.

Les représentants du MELS ont souligné que retirer un enfant des classes serait, selon eux, contraire à la Loi de l'instruction publique (LIP). Si les parents dérogent à cette obligation de fréquentation scolaire (1 heure par semaine!), la loi prévoit diverses mesures, dont l'intervention de l'école et, en dernier recours, l'intervention de la Direction de la protection de la jeunesse.

Cette mention a déclenché les rires et les sarcasmes d’un public unanimement opposé à ce genre de menaces et de sanctions. On notera que la journaliste de la Tribune de Sherbrooke ne fait pas mention de ce joyeux chahut.

Rappel : la DPJ a déjà déclaré se désintéresser de ce type de plaintes..
« Au Québec, les directeurs d'école ont l'obligation de signaler à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) tout jeune de 16 ans et moins qui ne va plus en classe. Or, la DPJ elle-même estime que ce n'est pas son mandat de ramener dans le droit chemin les décrocheurs!

«Un jeune qui ne fréquente pas l'école, ce n'est pas un motif d'intervention suffisant pour nous», explique Judith Laurier, porte-parole de l'Association des centres jeunesse du Québec. «Nous, on s'occupe des enfants négligés, abandonnés, maltraités ou abusés sexuellement, dit-elle. Le jeune de 15 ans qui ne va plus à l'école pour jouer au Nintendo dans son sous-sol, cela ne nous concerne pas.»

Faute d'autres recours, les écoles continuent pourtant de signaler, chaque année, des centaines de cas d'absentéisme à la DPJ. La vaste majorité de ces signalements ne sont pas retenus. »
Mais pourquoi exemption à Terre-Neuve alors ?

Un citoyen a alors demandé aux porte-parole du MELS si d’autres provinces avaient imposé ce genre de cours. M. Pettigrew a mentionné le cas avéré de Terre-Neuve. Il a fallu attendre une intervention d’un autre parent pour apprendre que Terre-Neuve permettait l’exemption à ce cours tant des élèves à titre individuel que des écoles à titre collectif. La crédibilité de M. Pettigrew n’a pas été renforcée par cette omission.

Quant à savoir pourquoi le Québec n’en avait pas fait autant, M. Bergevin a entonné l’explication traditionnelle : l’éducation est de compétence provinciale, n’expliquant en rien pourquoi le Québec était moins libéral et tolérant que Terre-Neuve.

L’État éduque vos enfants, vous déboursez et laissez faire l’État

La lecture cet article du Code civil du Québec :
605. Que la garde de l'enfant ait été confiée à l'un des parents ou à une tierce personne, quelles qu'en soient les raisons, les père et mère conservent le droit de surveiller son entretien et son éducation et sont tenus d'y contribuer à proportion de leurs facultés.
, invoqué pour justifier le droit de retrait du cours d'ECR, a été accueilli avec un paternalisme désarçonnant de la part de M. Pettigrew. Celui-ci n’a pas hésité à déclarer, en substance, que les parents peuvent surveiller leurs enfants après que l’école ait fait leur éducation selon le programme établi par l'État. Bref, les parents comme tiroirs-caisses qui paient l’entretien d'enfants et assurent la surveillance de ceux-ci pendant que les enseignants se reposent.

Peu convaincants

Très peu de parents ont semblé convaincus par la soirée. « Personnellement, vous ne m'avez pas convaincu, je vais retirer mes enfants et c'est mon droit en tant que parent », a déclaré Stéphane Brochu à la Tribune. « Est-ce que réellement nos enfants peuvent jouer dans ce laboratoire d'expérimentation ? On est inquiets », a commenté Patrice Gagnon, jeune parent, enseignant et membre de la CLÉ.

Bientôt un procès qui ternirait la réputation du Québec ?

La réunion s’est terminée avec beaucoup moins de participants, de nombreux parents lassés par les réponses répétitives des hauts fonctionnaires ayant quitté la salle, et nettement moins de sourires sur les visages des fonctionnaires et des chargés en communication auprès du ministère.

Les deux représentants du MELS ont fait savoir qu'ils livreraient un rapport aux autorités ministérielles. Si ce rapport n’aboutit que sur le bureau de Mme Courchesne, qui n’a montré qu’entêtement, manque de tact (« il faut marcher sur les orteils ») et mépris des parents (« que les parents songent plutôt au bien de leur enfant »!) il y a fort à parier que le Monopole poursuive à ne pas prendre en compte les critiques et s’entêtent à imposer ce cours tel quel jusqu’à ce que des actions en justice le confrontent, ternissent sa réputation et celle du Québec et ne donnent raison à l’opposition officielle qui avait demandé un moratoire d’un an dans l’imposition du cours d’ECR.

lundi 1 septembre 2008

Erreurs et imprécisions dans le chapitre sur le clonage d'un livre d'ECR pour la 2e secondaire

ERPI dans son cahier de savoirs et d'activités vivre ensemble 2 conçu pour cours d'éthique et culture religieuse et destiné aux élèves de deuxième secondaire commet quelques erreurs et imprécisions regrettables dans son dixième dossier consacré au clonage (pages 147 à 168).

Page 159

La présentation des religions dans ce domaine semble très inappropriée et nécessite une mise au point claire.

page 159


Dire au sujet des catholiques à la page 159, que « pour eux, la vie commence dès la conception » est un non-sens. Ce n'est pas l'Église catholique qui dit ça, mais c'est la réalité biologique. Dès la fusion des gamètes, une nouvelle vie humaine est présente, ce n'est pas une question de dogme ou de croyance. Aucun biologiste, athée ou d'une autre religion, ne peut le nier ni prouver le contraire. Mais ce que fait l'Église catholique en revanche, c'est qu'elle admet cette donnée de la biologie et en prend acte et donc se dit : si c'est bien un être humain, alors c'est mon frère, alors je dois le respecter comme un autre moi-même. Et donc, je ne puis détruire sa vie, ni l'instrumentaliser même pour me guérir ou guérir mon propre enfant. C'est un sujet de droit, non un objet. De là à dire que l'Église catholique interdise toute manipulation génétique (légende de l'illustration 10.11, Le Devoir, 10 mars 2008) est également faux : l'Église catholique interdit toute manipulation qui attenterait à la vie ou au respect d'un être humain, mais une manipulation génétique (thérapie génique par exemple) qui aurait pour but de guérir est tout à fait légitime et même souhaitable.

Page 160

page 160
Opposer l'Église catholique aux protestants — traités comme une religion unique ! — en disant que les protestants, eux, « ont une grande ouverture », que « l'avenir de l'humanité est pour eux une préoccupation », que « le protestant est libre » ainsi que la citation d'Andrieu en bas de la page 160 sont autant de termes qui sous-entendent que les catholiques sont tout le contraire...

Page 164

page 164
Comme on l'a vu plus haut, la première question à la page 164 n'a pas d'objet sous ce titre « La religion ».

La seconde question parait tout à fait déplacée dans un cours sur le clonage, et pour des élèves de 13 ou 14 ans. Elle fait référence au texte de la page 159, Valeurs sacrées, qui est tout à fait erroné. Il tend à renvoyer la foi dans la sphère du privé, mais surtout pas dans la vie sociale et politique. Erreur donc, puisque ce qui est bon pour l'homme l'est pour tous, croyant ou non. La protection de la vie n'est pas que l'affaire des croyants, mais l'affaire de tous, comme la lutte contre la pauvreté ou l'esclavage...

Page 168

page 168
La légende des photos est incorrecte : ces jumelles ne sont pas des clones comme dans le cas du clonage détaillé dans ce chapitre. Cela ne peut qu'apporter plus de confusion dans l'esprit des élèves. Non, le clonage de recherche ou reproductif est autre chose qu'une scission gémellaire, c'est l'acte opéré par des hommes pour reproduire un être humain sur mesure. D'ailleurs, cela ne fonctionne pas... Il serait peut-être utile de le rappeler aussi aux élèves.


Voir aussi Omissions et critiques pédagogiques du chapitre sur le clonage d'un livre d'ECR pour la 2e secondaire.

Modifier le système éducatif : impossible

Notre deuxième vidéo (en anglais) tirée de la série télévisée satirique britannique des années 80 Yes, Prime Minister. Cet extrait traite de l'impossibilité de toute réforme du système éducatif en Grande-Bretagne, même si la chose améliorerait les résultats des élèves. Ce n'est tout simplement pas acceptable pour ceux qui prennent les décisions : les fonctionnaires du Ministère de l'Éducation, les syndicats, la presse éducative qui a ses habitudes, les écoles peu performantes, etc. Le Premier ministre ne pourra lutter contre cette machine.

Jim Hacker est le Premier ministre, Sir Humphrey est « Cabinet permanent secretary », un genre de sous-ministre inamovible qui représente la véritable continuité de l'État et de la fonction publique dans la série, il est le conseiller des Premiers ministres.



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