jeudi 28 août 2008

Pédagogisme et formation des maîtres en France

Petits extraits d'un reportage sur les I.U.F.M. (instituts universitaires de formation des maîtres en France).

« C'est comme le service militaire, ça sert à rien, mais il faut y passer. »

« Peu d'opposition à Québec »

Le Journal de Québec titrait ce matin « Peu d'opposition à Québec » en parlant du peu de demandes d'exemption au cours d'ECR reçues à Québec.

Ce sont deux choses différentes.

Il est normal que beaucoup de parents se soient abstenus de faire des demandes d'exemption quand on se rappelle :
  1. que la ministre Courchesne a dit dès le début que toutes ces demandes seraient refusées quitte à « écraser des orteils » (18 avril 2008 au Soleil) ;
  2. que les commissions scolaires et un professeur Rousseau hier encore à la tribune téléphonique de Radio One ont répété que l'absence au cours signifierait l'échec;
  3. qu'il ait fallu attendre la CBC hier pour forcer un directeur adjoint de commission scolaire à avouer que cela ne signifiait qu'échec en cette seule matière, mais que cela n'avait aucun impact sur le parcours scolaire de l'élève retiré du cours ou qui choisirait l'éducation physique en secondaire V : il ne redoublerait pas  (on notera au passage l'absence d'écho dans la presse francophone conformiste) ;
  4. que l'immense majorité des parents ne connaît pas le cours ;
  5. qu'ils ont surtout entendu au sujet de ce cours les envolées lyriques du Monopole de l'Éducation : enfin permettre de « vivre ensemble » dans un Québec de plus en plus divers, de discuter de justice sociale et de favoriser le dialogue, sans qu'ils aient accès aussi facilement aux critiques fondamentales présentées par la CLÉ ainsi que des universitaires ou des éducateurs comme ceux de l'école secondaire catholique Loyola (cette école et sa demande d'exemption en bloc il y a quelques mois n'ont d'ailleurs jamais été mentionnés dans la presse francophone à notre connaissance) ;
  6. que la presse a, par exemple, ouvert ses colonnes à une association de professeurs d'éthique et de culture religieuse (AQECR) pour qu'elle se livre à une attaque au vitriol contre la CLÉ (l'accusant de discours « mensonger », de « mauvaise foi », de « désinformation ») sans publier une réplique sereine de cette Coalition ; d'autres journaux, comme Le Devoir, ont très tôt avoué leur parti-pris en faveur du cours d'ECR et cela dans un éditorial, le Devoir n'a d'ailleurs publié récemment que très peu d'articles couvrant l'opposition à ce cours.

Il n'est donc pas étonnant étant donné ce manque de débats, l'annonce du refus systématique d'exemption et les menaces répétées de sanctions scolaires que les parents n'aient pas demandé en grand nombre l'exemption de ce cours. Ceci ne signifie pas qu'ils soient d'accord avec l'imposition de ce cours ou même ce cours qu'ils méconnaissent.

Enfin, rappelons que nous parlons ici de droit démocratique d'exemption en raison d'une objection de conscience. Ce droit ne dépend pas du nombre d'objecteurs assez courageux pour se lever contre le Monopole de l'Éducation qui brandit la menace de sanctions. Ce droit doit, par principe, être respecté dans une société qui chérit ses libertés de conscience et de religion, peu importe le nombre d'objecteurs de conscience et ceci alors que l'objection ne s'accompagne pas d'inconvénients indus envers le ministère (il peut continuer à prodiguer ce cours à ceux qui le veulent).

Il est ironique de voir la distance qui sépare la pratique (les sanctions, le refus de dialogue, du pluralisme) du discours des partisans du cours d'ECR (pour la non-violence, le dialogue, le pluralisme).

mercredi 27 août 2008

L'école secondaire Loyola fait appel du refus d'exemption au cours d'ECR

L'école secondaire catholique montréalaise Loyola fait appel de la décision du Monopole de l'Éducation qui lui a refusé une demande d'exemption au cours d'ECR déposée il y a quelques mois.

Les enseignants de Loyola avaient demandé à être dispensés du programme d'ECR parce qu'ils désapprouvent de sa méthodologie et parce que, en tant qu'établissement privé, il offrait déjà un programme en religions du monde.

Le directeur, Paul Donovan, déclaré qu'il n'avait pas de difficulté avec le programme obligatoire en tant que tel, mais plutôt avec la structure de ce programme imposé par le MELS.

« Il n'y a rien de mal — et nous n'avons pas de réticences quant aux objectifs du cours, c'est-à-dire la promotion de la tolérance et d'un "vivre ensemble" » a-t-il déclaré à la CBC. « Nous en avons plutôt avec la méthode. »

Le volet éthique promeut le relativisme, ce qui est contraire à la philosophie éducative de Loyola, d'ajouter Donovan.

« Y a-t-il moyen de savoir ce qu'est le bien et le mal, ou faut-il que nous disions que personne ne peut jamais le savoir ? » a-t-il demandé.

« Ce n'est pas ainsi que les lois sont modifiées, ce n'est pas comme cela que la société change ou s'améliore. La morale doit prendre le pas sur la loi et la culture. »

Selon M. Donovan, il ne faut pas que le gouvernement puisse dicter à l'école secondaire Loyola comment elle doit enseigner la religion.

« Est-il normal que le gouvernement dise que tout le monde au Québec doive adopter son type particulier de philosophie, ce qui se passe pour l'instant ? C'est une philosophie relativiste. »

Les enseignants de Loyola ont déjà suivi les sessions de formation au nouveau cours d'ECR et pourraient l'enseigner a ajouté M. Donovan.

Mais en son âme et conscience, le directeur de Loyola se dit incapable de commencer à enseigner cette matière.

Source : aol.ca.

Les enfants retirés du cours d'ECR ne redoubleront pas...

D'après une dépêche de la CBC, M. Christian Provencher, directeur adjoint de la Commission scolaire des Sommets, a assuré que les enfants qui auront été retirés du cours controversé d'ECR imposé par le Monopole de l'Éducation ne redoubleront pas (« Students will still be able to graduate »).

Nous avions déjà mentionné qu'avec la réforme, tout le monde est supposé passer au primaire sauf les enfants qui ont de grandes difficultés d’apprentissage et en concertation avec leurs parents.

Le cours n'est pas sujet à sanction, selon le régime pédagogique du Monopole de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), sauf en 5e secondaire où les élèves doivent réussir le cours d'éthique et de culture religieuse ou celui d'éducation physique pour obtenir leur diplôme d'études secondaires.

Voilà une excellente manière de promouvoir l'éducation physique et la santé de la jeunesse québécoise ! Bravo à la CLÉ.

lundi 25 août 2008

« L'aspect éthique négligé » par les opposants au cours d’ECR

La Tribune de Sherbrooke consacre un autre article aux seuls partisans du cours d’ECR, rien de bien neuf (faire peur aux parents d’un côté, d'un autre prétendre que le nouveau cours n’aura pas d'impact sur la foi des enfants, ce qui dans l'absolu est faux bien sûr). Rien de neuf, sauf ce paragraphe :
Selon Christian Provencher, [le préfet de discipline à la Commission scolaire des Sommets], les opposants au cours d'éthique et de culture religieuse oublient trop souvent l'aspect éthique du cours. « Les jeunes vont se pencher sur le respect, la justice et les différentes réalités sociales qui les entourent. C'est une plus-value dans le développement global des jeunes. »

« Mauvaise foi »

Cette critique n’est pas sans rappeler la critique au vitriol de Sylvain Fournier, enseignant en Éthique et culture religieuse à la Commission scolaire des Affluents et responsable de l'information à l’Association québécoise en éthique et culture religieuse (AQÉCR) parue dans la Voix de l'Est. Celui-ci reprochait à la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ) de mener une « campagne de désinformation », de discours « mensonger » et de « mauvaise foi » en citant pour preuve, si on peut dire, que la CLÉ ne parlait jamais du volet éthique du programme d'ECR. Rien de moins ! Le manque de modération des propos d’un enseignant en ECR et responsable de l’information à l’AQÉCR ne peut qu’inquiéter les parents soucieux de l’instruction de leurs enfants.

Les partisans du cours d’ECR qui s'expriment dans les médias, assez conformistes et dont tant semblent défendre étrangement leur gagne-pain, devraient se renseigner. Aidons-les.

Pas d’éthique, sans définition de vertus…elles dépendent de la foi

Pour des croyants, l’éthique ne peut se concevoir sans un cadre moral préalable : quels sont les vertus et les vices acceptés. Nommons, par exemple, une de ces vertus qui manque singulièrement aux architectes qui ont pondu ce cours pour les enfants du bon peuple québécois : la prudence. La prudence qui imposait de ne pas imposer ce cours, mais de le rendre au moins facultatif devant la réticence de nombreux parents et même des évêques catholiques, mollement résignés.

Citons Léon XIII dans son encyclique Affari Vos : « sans religion il ne peut y avoir aucune éducation digne de ce nom, ni quelque bien que ce soit, étant donné que la véritable nature et puissance de tous les devoirs origine des devoirs spéciaux qui lient l’homme à Dieu, qui commande, défend et détermine ce qui est bien et mal. »

Or, donc, la religion propose un cadre moral qui peut s’opposer, lors des discussions éthiques abordées, aux points de vue qui seront exposés en classe ou qui seraient majoritaires. On ne peut donc croire que le volet éthique est séparé de manière étanche du volet religieux pour des croyants comme le laissent penser ces fonctionnaires du MELS.

Notons que les points de vue présentés (« voici ce que pensent les catholiques, les scientifiques ») le seront peut-être de manière tronquée (il y aura si peu de temps avec tant de religions et le point de vue « scientifique » à aborder !) sans que les parents ne le sachent.

Sujets d’éthique prématurés, pression conformiste ou embarrassante

En octobre 2007, Mme Morse-Chevrier s’était inquiétée des questions relatives aux « types de famille » acceptables (homosexuelle, polygame par exemple ?) et avait souligné que ce sujet était trop délicat et controversé pour être abordée au premier cycle de l'école primaire. Qu’exigera-t-on de l’enfant dans une telle discussion ? L’enfant vivra une pression sociale si ses valeurs familiales ne vont pas dans le sens du programme ou du groupe. Rappelons que la plupart des religions partagent ces réserves par rapport aux modèles familiaux que le programme d’ECR dans sa partie « éthique » encourage à explorer. C’est aussi le fait de l’Église catholique, même si l’Église québécoise, timorée, ne dit mot de peur de paraître « radicale » ! Faut-il rappeler que le message christique est radical, que Dieu vomit les tièdes (Apocalypse 3:14-16) ou que Jésus réprouve ceux qui cachent Sa Lumière sous le boisseau (Matthieu 5:15) ? Et en quoi le silence des catholiques (ou des chrétiens en général), terrorisés de passer pour des extrémistes, a-t-il fait avancer leur cause ? Ils laissent, de la sorte, un boulevard à leurs détracteurs qui essaieront, sûrs de leur monopole de la parole, d'imposer aux enfants des croyants des valeurs que ces mêmes croyants réduits au silence récusent pourtant.

En février 2008, Mme Morse-Chevrier, psychologue et présidente de l’Association des parents catholiques du Québec, lors d’une grande réunion publique à Montréal à l'Oratoire Saint-Joseph s’était encore penchée sur le nouveau programme « Éthique et Culture religieuse » pour en signaler par des exemples concrets les dérives possibles : demande prématurée d'abstraction de la part des enfants (dès six ans !), confusion alors que l'enfant demande des repères, pression du groupe fréquente quand le programme demande aux enfants de « dialoguer » (avec quelles connaissances ?) et de voir comment ils sont parvenus à modifier ou non leurs points de vue. Tout cela sur de nombreux sujets délicats qui pourraient embarrasser ou blesser les enfants qui se trouveraient sans réponse ou en minorité.

Créer des enfants individualistes, pluralistes et critiques des préceptes moraux de leurs parents

En juin 2008, Douglas Farrow dans le National Post s’opposait à la philosophie individualiste sous-jacente au cours d’ECR : 
« C’est le même Québec qui en septembre [2008] commencera à enseigner un programme obligatoire d’Éthique et de culture religieuse – obligatoire dans toutes les écoles, publiques et privées – dont le but avoué est d’inculquer à chaque jeune Québécois une philosophie « individualiste ». En effet, l’objectif est de créer une distance critique (comme s’il en fallait davantage !) entre la jeune fille de Gatineau et les préceptes moraux et religieux de ses parents ou de son prêtre. » […]

Nous sommes désormais tous devenus les pupilles de l’État et il ne faut plus s’étonner quand nos juges et politiciens prennent des décisions qui nous poussent à demander où s’arrête l’autorité parentale et où commence celle de l’État. Dans le nouveau Canada, l’autorité de l’État, comme celle de Dieu, ne connaît plus ni début, ni fin. »
En mai 2008, dans la Gazette, Douglas Farrow écrivait :
« Je me dresse contre ce cours parce que — ne vous y trompez pas — ce cours vise à sevrer les enfants des religions traditionnelles et de leurs engagements moraux pour leur inculquer une idéologie antipathique à ces engagements, l’idéologie dite du pluralisme normatif ». Le but est de leur enseigner le principe de Sheerman selon lequel la foi est acceptable tant et aussi longtemps que les gens n’y croient pas trop. Ce qui est visé, en d’autres mots, c’est de les arracher de leur communauté de socialisation de base — leurs familles et leurs lieux de culte — pour les unir dans l’État, avec l’État et sous l’État, un État qui se considère foncièrement plus important que ces familles et ces églises. »

Créer un « Vivre ensemble »

Quant au vivre ensemble tant vanté du nouveau cours d’éthique, M. Antoine Malek, président de l'Association de la communauté copte orthodoxe du Grand Montréal, a adressé une lettre à la ministre de l'Éducation, reproduite dans l'édition du printemps 2008 de Famille-Québec :
« Madame la ministre, nous trouvons honteux [nous soulignons] que vous teniez ces propos qui peuvent laisser sous-entendre que les Québécois ne sont pas vraiment capables de bien vivre ensemble. Nous trouvons honteux [idem] que l'ensemble de votre argumentation puisse culpabiliser les Québécois. Non, madame la ministre, les Québécois méritent d'être félicités pour leur civisme, leur accueil chaleureux et leur savoir vivre ensemble. »
M. Gary Caldwell, dans le nº 20 de la revue Égards, reprend ce thème :
« En proclamant le besoin de « créer » un « vivre ensemble », on se trouve, par le fait même à escamoter et déprécier celui qui existe déjà. En fait, la société québécoise jouit d’un degré de civilité hors de l’ordinaire et d’un esprit d’égalité exceptionnel. […] Présumer qu’il faille rendre les jeunes Québécois plus tolérants et plus capables de « vivre ensemble » que la société civile ne le fait déjà constitue une attitude de mépris envers le « vivre ensemble » et « la culture publique commune » qui existent présentement. »

Dialoguisme et dialogue : à boire et à manger

Le nouveau cours insiste beaucoup dans sa composante éthique sur le dialogue. Or, s'il est bon d'étudier et d'apprendre les règles du respect, du discours argumenté, de la délibération et de détecter les erreurs de logique dans les discours, il n'est pas du tout certain que cela mérite un cours particulier répété chaque année de la scolarité obligatoire. Tout à coup, les compétences transversales disparaissent !

Il faut aussi distinguer le dialogue de l'acceptation des arguments d’autrui de la part d'élèves mis en minorité quand on aborde des sujets délicats, les échanges vains (il y a bien autre chose à faire avec un horaire surchargé !) ou encore l'affadissement de ses positions, par exemple « dialogue interreligieux ».

Pure spéculation ? Voyons ici ce qu'en disent les manuels approuvés au primaire : dialogue à l'issue « duquel tout le monde devrait êter gagnant" » (Modulo, 5e primaire, p. 6) quitte à faire l’appel au conformisme le plus béat lorsque, par exemple, les enfants d’une équipe doivent tous se mettre d’accord sur qui, parmi des personnages fictifs, aura le droit de s’asseoir dans un autobus bondé (Modulo, 2e cycle). On ne comprend pas très bien comment ces dialogues « au terme [desquels] tout le monde devrait être gagnant » formeront des citoyens autonomes tant vantés par le MELS. Coupés des valeurs de leurs parents, probablement, mais pas plus autonomes.




On notera au passage que ces critiques n’ont pas été reprises par la presse quotidienne francophone du Québec…

« Beaucoup de manuels critiqués sur ce site ne sont pas approuvés par le MELS »

Nous avons reçu ce commentaire d'une blogueuse Sonia qui nous accuse de critiquer de nombreux manuels non approuvés :
Après une simple vérification, on constate que beaucoup de manuels critiqués sur ce site ne sont pas approuvés par le MELS. Peu importe ce que l'on pense du programme, il faut vérifier ses sources pour ne pas faire de la désinformation...
D'une part, nous avons toujours demandé aux éditeurs de nous envoyer uniquement des livres qui peuvent être utilisés dans les écoles, d'autre part une simple vérification avec source montre que l'affirmation vague (« beaucoup de manuels ») de Sonia est non fondée. Rappelons que nous avons critiqué ici 7 livres : six manuels de Modulo et un cahier d'activités d'ERPI.

Voici une reproduction des deux pages du Bureau d'approbation du matériel didactique du MELS énumérant les manuels approuvés pour le cours d'ECR au primaire. Reproduction pour connaître la situation actuelle, on trouvera ici le PDF régulièrement mis à jour. On remarquera que les six manuels de Modulo pour le primaire que nous avons critiqués sont tous approuvés ! Pour ce qui est du livre du secondaire d'ERPI, il s'agit d'un cahier d'activités, et non d'un manuel, qui n'a pas à recevoir l'approbation du MELS pour pouvoir être utilisé en classe. Ce cahier fait toutefois plus de 220 pages. Merci Sonia.


manuels de Modulo approuvés
manuels de Modulo approuvés

dimanche 24 août 2008

Boycottage des cours d'ÉCR et DPJ

On se rappellera que dans l'affaire des mennonites chassés du Québec par le Ministère de l'Éducation qui avait déclaré leur école illégale, il avait déjà été fait mention de la DPJ. Le ministère prétendait alors « accompagner » les mennonites. Sans doute vers l'Ontario où ils avaient trouvé un climat plus tolérant. Très actif dans la promotion et défense du cours d'ECR, Jean-Pierre Proulx avait applaudi cette fermeture en colportant une légende : l'école aurait été fermée parce qu'elle refusait d'enseigner le darwinisme. Un grand intellectuel tolérant que ce M. Proulx.

Or, voici qu'on laisse à nouveau planer la menace de l'intervention de la DPJ pour effrayer les parents qui voudraient retirer leurs enfants du cours d'ECR pour les ramener par la suite.

Il est temps de citer un article de La Presse paru il y a quelque temps sur la question.
« Au Québec, les directeurs d'école ont l'obligation de signaler à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) tout jeune de 16 ans et moins qui ne va plus en classe. Or, la DPJ elle-même estime que ce n'est pas son mandat de ramener dans le droit chemin les décrocheurs!

«Un jeune qui ne fréquente pas l'école, ce n'est pas un motif d'intervention suffisant pour nous», explique Judith Laurier, porte-parole de l'Association des centres jeunesse du Québec. «Nous, on s'occupe des enfants négligés, abandonnés, maltraités ou abusés sexuellement, dit-elle. Le jeune de 15 ans qui ne va plus à l'école pour jouer au Nintendo dans son sous-sol, cela ne nous concerne pas.»

Faute d'autres recours, les écoles continuent pourtant de signaler, chaque année, des centaines de cas d'absentéisme à la DPJ. La vaste majorité de ces signalements ne sont pas retenus. »

samedi 23 août 2008

Madagascar — Le « non » des évêques

Les catholiques de Madagascar, par la voix de Mgr Razanakolona, ne sont pas partants pour appliquer la réforme gouvernementale proposée dans le programme électoral de 2003 du parti au pouvoir.

Les écoles catholiques ne souhaitent pas mettre en application le nouveau système de l’enseignement qui consiste à prolonger jusqu’à sept ans le cycle primaire et qui consacre le malgache comme seule langue d’enseignement jusqu’à la classe de 5e, par la suite l'anglais ou le français serait enseigné en complément. Le réseau catholique privilégie le français comme langue d'enseignement.

La décision a été prise à l’issue d’une session extraordinaire de la conférence épiscopale tenue pendant quatre jours à Antanimena. Les évêques se sont déclarés « non convaincus par la réforme ». « Les écoles catholiques continueront à appliquer l’ancien système sans pour autant faire obstacle à la réforme que l’État envisage d’introduire » , ont-ils déclaré devant la presse hier. L’archevêque de Tananarive, Mgr Odon Marie Arsène Razanakolona a représenté ses « frères » à cette occasion. Les évêques se sont dits prêts à continuer à coopérer avec le Ministère de l'Éducation et de mettre en place la réforme dans leurs écoles après avoir pu juger les effets de celle-ci d'ici quelques années.

Rejet prévisible

Le rejet prévisible des écoles catholiques risque de bouleverser le système scolaire malgache. Elles représentent en effet au moins 40 % des écoles privées à Madagascar. On considère généralement que l’enseignement dispensé par les écoles catholiques est meilleur que celui fourni par les écoles primaires publiques et les autres écoles privées confessionnelles. Quant à ces dernières, elles ne se sont pas encore officiellement prononcées sur ce nouveau système de l’enseignement. Les Églises anglicane et adventiste, ont aussi leurs écoles. En tout cas, ce rejet des écoles catholiques ne manquera pas d’être récupéré par l’opposition qui mène actuellement une campagne de sensibilisation contre cette réforme scolaire.

Anglomanie du président malgache

Le président Ravalomanana, chrétien évangélique, qui maintient des liens très serrés avec les pays anglophones, a récemment décidé de faire de l’anglais la troisième langue nationale du pays. Cette question suscite également des polémiques, étant donné que la langue anglaise est totalement inconnue de la grande majorité de la population malgache. Les observateurs soulignent d’ailleurs que le nombre de professeurs de français est insuffisant et que la première langue du pays présente des variantes très prononcées qui rendent parfois impossible la communication entre des personnes habitant des régions distantes. Madagascar fait partie de la SADC, la Communauté des États de l’Afrique australe. Les autorités pensent que ce changement linguistique va permettre de développer les échanges commerciaux et tout particulièrement avec l’Afrique du Sud, qui est la grande locomotive de cette zone du continent. Les premiers volontaires du Peace Corps sont arrivés cette année pour enseigner l'anglais dans les écoles malgaches.

vendredi 22 août 2008

« Le ministère privilégie l'information et le dialogue » : menace de sanctions contre les élèves

Le ministère de l'Éducation et, plus particulièrement, la Commission scolaire des Sommets s'organisent pour dialoguer avec intimider les parents inquiets de l'imposition du cours d'éthique et de culture religieuse à tous les élèves du Québec.

Brouiller les pistes, décourager les parents soucieux

Dans un article paru dans la version papier de la Voix de l'Est le 21 août 2008, le directeur général adjoint de la Commission scolaire des Sommets a déclaré qu'il serait difficile pour les parents des élèves de savoir quand cette matière sera enseignée. « Ce ne sera pas un bloc d'une heure toutes les semaines », note Christian Provencher. « Ça peut devenir difficile pour les parents de savoir quand venir chercher les enfants. »

Si les parents veulent être assurés de savoir quand le fameux cours d'ECR aura lieu, ils peuvent choisir une école privée qui les comprendra mieux ou éduquer leurs enfants à la maison (voir [1] ou [2]). Visiblement le ministère cherche à encore diminuer le poids de l'école publique au Québec...

Sanctionner les enfants

Selon M. Provencher, préfet de disciple dans ce dossier, « C'est un cours obligatoire au même titre que le français ou les mathématiques [!!]. L'élève doit y assister et réussir. » Stéphanie Tremblay du Monopole de l'Éducation (MELS) de confirmer : « Si l'élève n'y assiste pas, ce sera un échec. »

Mais que signifiera cet « échec » alors que ce cours n'est pas sanctionné par un examen et quelle incidence cela pourrait-il bien avoir alors que, avec la réforme, tout le monde serait supposé passer au primaire sauf les enfants qui ont de grandes difficultés d’apprentissage et en concertation avec les parents ? La journaliste de la Voix de l'Est n'a pas jugé bon de poser la question.

Essai de culpabilisation amusant

M. Provencher termine : « Ça nous inquiète beaucoup le message que ça laisse aux enfants. Ce que ça leur dit c'est que le cours n'est pas important »...

D'une part, ceci n'est pas évident : le cours est assez important pour que les parents prennent des risques contre l'appareil imposant de l'État ; mais ce cours est surtout nuisible pour ces courageux parents.

D'autre part, est-ce que M. Provencher est en train de dire que les enfants doivent vivre dans une bulle et ne pas savoir qu'il y a des opinions très tranchées sur ce cours, alors qu'on en discute dans les chaumières, dans les journaux, à la télévision ? Suggère-t-il que, par déni, les enfants soient isolés de cette controverse alors que ce même cours d'ECR prétend leur apprendre à aborder les questions difficiles (la mort, la création, ce qui constitue une famille, le clonage, etc.) qui divisent la société ?

Émission de TQS — « Est-ce acceptable d'enseigner toutes les religions à nos enfants ? »

À vouloir être trop ambitieux, imposer sans dialogue sa marotte pluraliste normative et dire vouloir satisfaire tout le monde, 79 % des sondés par TQS sont contre le cours d'ECR
Sondage en ligne de TQS

Est-ce acceptable d'enseigner toutes les religions à nos enfants ?

Réponse:

21 % oui
79 % non

(Ce sondage des spectateurs de TQS n'a aucune prétention scientifique)

Athée contre le cours d'ECR

Selon Stéphane Gendron, il est insensé d'enseigner, en 2008, la culture religieuse à l'école primaire alors que les enseignants manquent de temps pour approfondir les matières fondamentales comme les mathématiques et le français.



Catholique identitaire québécois contre le cours d'ECR

Sylvain Lamontagne, porte-parole de la Coalition liberté et éducation, veut aller en Cour supérieure afin de mettre fin au nouveau système d'enseignement des religions à l'école.



Théologien qui comprend les parents inquiets

Selon Luc Phaneuf, théologien, la nouvelle forme d’enseignement des religions, qui met autant en valeur n’importe quelle forme de culte, ébranlera les parents.