mercredi 11 décembre 2024

Mads Larsen et le rôle néfaste de l'État-Providence sur la formation des couples et la natalité

Mads Larsen est un spécialiste de la littérature qui utilise des perspectives évolutionnistes pour étudier les changements culturels. Après avoir obtenu un doctorat et une maîtrise en beaux-arts à l’université de Californie à Los Angeles, il est devenu chercheur à l’université d’Oslo. Il s’intéresse aux causes culturelles de l’effondrement du taux de natalité. Il identifie notamment les mythes amoureux changeants qui poussent les gens à former des couples et à avoir des enfants. La révolution sexuelle occidentale de 1968 explique en partie l’affaissement de la natalité.

Autre cause de la faible formation des couples et de la natalité : les transferts d’argent par l’État providence versés aux femmes qui diminuent l’importance de l’homme comme soutien de famille.

Nous reproduisons ci-dessous une section de son livre Stories of Love from Vikings to Tinder (Histoires d’amour des Vikings à Tinder) paru en septembre 2024 qui traite de cet aspect.

L’écart de protection sociale entre les hommes et les femmes


La période allant de 1750 à 1968 peut être considérée comme une longue négociation quant à la manière de construire un régime d’accouplement qui facilite ce que les Occidentaux, de plus en plus individualistes, souhaitaient : choisir leurs propres partenaires. Il ne s’agissait pas principalement d’une question de moralité, car deux conditions matérielles préalables devaient être réunies. La première avait été prédite par les auteurs de la percée moderne : les femmes devaient devenir financièrement indépendantes. L’autre était l’existence de contraceptifs efficaces. Libérées du besoin d’être soutenues par l’homme et capables de déconnecter la copulation de la reproduction, les femmes ont pu laisser leur comportement être guidé par les préférences en matière de partenaire que les valeurs morales précédentes avaient essayé de contrecarrer avec tant d’acharnement.

Dans [le roman suédois] Pour Lydia [de Gun-Britt Sundström], la protagoniste parvient à avoir une relation sexuelle avec une personne qu’elle désire fortement, mais elle a du mal à comprendre pourquoi cet étudiant en médecine attirant, charmant et « presque trop bien proportionné » n’est pas prêt à s’engager dans une relation à long terme.

Un demi-siècle plus tard, pour la protagoniste de La moitié de Malmö est composée de gars qui m’ont larguée [qui devrait être adapté et diffusé sur Netflix en 2025], de telles dynamiques ne sont pas plus compréhensibles. [On y voit Amanda, 31 ans, naviguer la complexité des rencontres modernes à travers les applications comme Tinder passant d’homme en homme. Elle s’efforce d’aller au-delà du premier rendez-vous à la recherche de l’amour.]

Parmi mes précédentes études de cas, seule La Coupe Magique [de Emilie Flygare-Carlén] anticipe la manière dont les préférences des femmes en matière d’accouplement, dans le cadre d’un régime de choix individuel, conduiraient à une forte stratification entre les hommes. Emilie Flygare-Carlén a mis en garde contre la tentation de céder à ces préférences. Elle encourageait les femmes à choisir des hommes de valeur moyenne, mais uniquement parce que les femmes de son époque étaient socialement et économiquement contraintes. Personne ne sait ce qu’elle aurait conseillé au XXIe siècle.

Ludvig Holberg [le premier grand écrivain nordique des temps modernes influencé par Plaute et Molière] avait prédit une stratification des classes, qui se manifeste aujourd’hui de la manière la plus évidente aux États-Unis. Pour répondre aux exigences modernes de gestion d’un foyer composé de deux parents qui travaillent, les couples aisés embauchent des travailleurs précaires qui n’ont souvent pas les moyens d’assurer leur propre reproduction.

Holberg ne pensait pas que la modernité conduirait à exclure de plus en plus d’hommes à ne pas trouver de partenaire pour former un couple.

Cela se comprend si l’on considère la réalité économique du marché de l’accouplement avant l’ère moderne. Holberg avait observé comment les hommes utilisaient leurs plus grands moyens économiques pour s’allier à des femmes plus jeunes et plus belles qu’eux, ce que ses pièces de théâtre condamnaient. Son œuvre donne l’impression que, sous un régime de libre choix individuel, l’accouplement par assentiment mettra les hommes et les femmes sur un pied d’égalité. La seule hypothèse de Holberg sur ce qui se passerait une fois que les femmes seraient en mesure de gagner de l’argent est que les personnes aisées se retrouveraient entre elles.

Dans le monde imaginaire libertin de Bellman, l’attirance pour le partenaire n’était pas non plus un problème. [Carl Michael Bellman, poète suédois, né le 4 février 1740, mort le 11 février 1795, populaire pour ses chansons bachiques et érotiques.] Les filles de taverne, comme Ulla Winblad, laissaient les hommes régler le prix de leurs aventures érotiques et romantiques. De même, dans Le Jeu sérieux [de Hjalmar Söderberg], la pauvreté des femmes facilite les occasions de rapports sexuels pour les hommes.

La nécessité a toujours été une motivation importante pour une grande partie des accouplements auxquels les femmes ont consenti. Les femelles dépendaient des ressources paternelles et de la protection de l’homme.

Dans les ordres sociaux ultérieurs, c’est également la nécessité qui a motivé la formation de couples. Dans les sociétés patriarcales fondées sur la parenté, les femmes pouvaient difficilement se débrouiller seules. Dans l’Europe féodale, la prostitution ou la pauvreté extrême étaient la plupart du temps les alternatives au mariage. Avec l’industrialisation en Occident, l’emploi des femmes n’offrait qu’un salaire médiocre.

Ces contextes incitaient fortement les femmes à se mettre en couple avec le meilleur homme disponible, quelle que soit l’aptitude de l’homme à les séduire. Après la troisième révolution sexuelle [vers 1968], l’égalité des sexes a permis aux femmes de tenir davantage compte de leurs pulsions sexuelles.

N’étant plus contraintes par la nécessité, elles ont été plus nombreuses à exclure les hommes de moindre valeur de leur liste de partenaires potentiels. Depuis lors, la capacité de choix des femmes s’est accrue en réponse à plusieurs changements sociaux.

Moins les femmes ont besoin des hommes, moins elles sont susceptibles de se contenter de quelqu’un qui ne les excite pas suffisamment ou qui ne dispose pas de ressources suffisantes. Cette prédisposition a contribué à l’augmentation du célibat et à la baisse de la fécondité à notre époque.

Comme je l’ai indiqué précédemment, d’autres facteurs interviennent également, mais le découplage du XXIe siècle semble être un facteur important de l’effondrement démographique qui menace le bien-être de la société dans les générations à venir.

Jusqu’à l’époque actuelle, les pulsions individuelles tempérées par la culture dans des environnements variés conduisaient à des équilibres fonctionnels ; les préoccupations individuelles et communautaires se réconciliaient. Dans l’Occident d’aujourd’hui et dans un nombre croissant d’autres régions, les préoccupations individuelles ont une telle primauté que les communautés s’orientent vers l’auto-extinction. Contrairement aux années 1930, où la fécondité avait également diminué [la natalité fut plus basse à cette époque qu’après la 2e GM], les moyens politiques habituels ne sont plus susceptibles de porter leurs fruits.

Au cours des dernières générations, les pays nordiques en particulier ont tellement développé leur État-providence que des transferts supplémentaires sont à la fois politiquement irréalisables et peu susceptibles d’avoir un effet suffisant. Dans le discours américain sur la baisse de la fécondité, on entend encore souvent dire que, pour ramener la reproduction à des niveaux de remplacement, les moyens évidents sont l’amélioration de l’égalité entre les sexes et une aide sociale plus généreuse [Alors que les États-Unis, moins généreux, ont une natalité plus forte que les pays à l’État-providence plus développé. Indice synthétique de fécondité en 2023 (enfant/femme) : États-Unis 1,62, Canada 1,26, Danemark 1,60, Norvège 1,41, Pays-Bas 1,43, Québec 1,38, Suède 1,45.]


L’expérience norvégienne suggère qu’une telle stratégie ne saurait fonctionner. Aucun pays n’a autant de femmes socialement et économiquement indépendantes.

Dans un rapport datant de 2022, Statistiques Norvège a calculé que la femme norvégienne moyenne, au cours de sa vie, reçoit de l’État 1,2 million de dollars de plus qu’elle ne paie d’impôts. L’homme moyen paie plus d’impôts qu’il ne reçoit d’aides.

Cet écart atténue l’effet de l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes. Cet écart de protection sociale entre hommes et femmes est toutefois fonctionnel. Les femmes exercent des professions moins bien rémunérées, travaillent moins longtemps, sont plus souvent absentes du travail et vivent plus longtemps. Elles se retrouvent plus souvent avec la garde des enfants après une rupture.

Une aide sociale généreuse est essentielle pour couvrir les coûts de la reproduction dans un environnement où le taux de célibat est exceptionnellement élevé. C’est en Scandinavie que l’on trouve le plus grand nombre de ménages composés d’une seule personne : 43-46 %.

Dans le chapitre introductif, j’ai cité David Buss à propos de la Scandinavie moderne : « Les contribuables y fournissent effectivement aux femmes ce que leurs maris auraient fait autrement ».

En un sens, la social-démocratie nordique a réussi ce que l’évolution des hominidés n’a pas pu faire, à savoir obliger les hommes à prendre en charge la progéniture qui n’est pas la leur. Cet ordre social a été utilisé pour expliquer pourquoi, en 2010, alors que les taux de fécondité des autres pays avaient chuté depuis longtemps, celui de la Norvège atteignait 2,0. Aujourd’hui, il est de 1,4 et s’effondre. Quand même un transfert de 1,2 million de dollars [par femme] — en plus de tout ce que l’État norvégien fait pour alléger le fardeau des parents — ne suffit pas à motiver une reproduction suffisante, la panoplie des outils politiques semble bien dégarnie. [Mads Larsen considère comme inacceptable la possibilité politique de cesser ces transferts massifs ou de les soumettre à de strictes conditions nouvelles plus « fécondes ».]

Une telle redistribution intersexuelle, bien que fonctionnelle à de nombreux égards, aurait même un effet négatif net en termes de fécondité. Les femmes économiquement indépendantes peuvent, plus ou facilement, avoir des enfants, mais peuvent avoir du mal à trouver un homme qu’elles considèrent comme suffisamment intéressant.

Bien que les femmes d’aujourd’hui aient moins besoin des revenus économiques d’un homme, elles sont toujours attirées par le succès, qui est une mesure relative. La prospérité économique d’un homme est un puissant prédicteur de sa réussite sentimentale.

Comme je l’ai indiqué dans le chapitre introductif, 9 hommes norvégiens sur 10 ayant un salaire élevé sont en couple à l’âge de 40 ans. Seuls 4 hommes sur 10 ayant un bas salaire sont dans la même situation. Alors que les femmes ont gagné en indépendance économique entre 1985 et 2012, la proportion d’hommes n’ayant pas procréé à l’âge de 45 ans est passée de 14 à 23 %.

Au cours de la même période, la proportion de Norvégiens ne vivant pas en couple est passée de 24 à 33 %. Là encore, il est impossible d’établir des causalités précises. Trop de choses ont changé au cours de cette période pour que nous puissions démêler l’effet de chaque influence. Néanmoins, une confluence de statistiques suggère que l’égalité et l’indépendance économique font partie des facteurs qui motivent les femmes à orienter leurs efforts d’accouplement vers des hommes de plus grande valeur, au détriment de la formation de couples et de la reproduction. [Selon cette théorie, de plus en plus de femmes sont attirées par un sous-ensemble plus petit d’hommes que par le passé, les hommes les plus séduisants, les plus prospères, maintenant que leurs besoins financiers sont assurés par les transferts de l’État providence. Si les femmes sont de plus en plus ambitieuses, sélectives et exigeantes et sont attirées par ces hommes séduisants et prospères, elles ne peuvent toutes être choisies par ces derniers pour des relations longues et fécondes. La fécondité moyenne baisse donc.] Ce phénomène est désormais connu sous le nom de « crise de l’accouplement ».

Par ailleurs, en ce qui concerne la répartition des partenaires, nous nous trouvons dans une situation similaire à celle de nos ancêtres avant la première révolution sexuelle. À l’époque, les hommes les plus puissants accumulaient les femmes dans le cadre du système patriarcal. Aujourd’hui, les hommes accaparent les femmes en fonction de celui qui s’adapte le mieux aux préférences des partenaires féminins sur les marchés à court et à long terme.

Le pouvoir s’est déplacé des hommes vers les femmes, mais le résultat est similaire : quelques hommes ont un grand nombre de partenaires, tandis que beaucoup d’hommes n’en ont que peu ou pas du tout. L’utopie libertine de Bellman a finalement été mise en œuvre, mais seuls les hommes les plus séduisants peuvent y participer. Entre la première et la troisième révolution sexuelle, l’Église a facilité la mise en place d’un environnement égalitaire unique qui a rendu possible le monde moderne, mais cette partie de l’histoire de l’Occident est aujourd’hui révolue. Les éléments ci-dessus expliquent pourquoi j’ai suggéré que la Scandinavie évoque désormais un régime matriarcal d’accouplement aux mœurs légères, même si cette tendance n’est pas suffisamment marquée pour que les femmes en tirent un grand bénéfice. Comme les hommes de faible valeur sont de plus en plus exclus de l’accouplement, les femmes sont aussi plus souvent seules et, plus récemment, inactives sur le plan sexuel.

Les luttes d’Amanda dans La moitié de Malmö montrent que la critique d’Anne Mellor concernant la représentation des femmes par les romantiques s’applique également aujourd’hui : « Le rôle des femmes libérées dans cette utopie est d’aimer, sans jalousie, sans envie et sans honte. » Comme sa compatriote suédoise Ulla Winblad, Amanda a découvert que la libération impliquait de s’adapter aux préférences de certains hommes.

Au lieu d’avoir produit une forme de justice immanente matriarcale, nous sommes tombés dans un régime où tout le monde est perdant, où la méfiance et le désarroi augmentent, et où l’effondrement démographique est imminent. En ce qui concerne ce dernier point, aucune solution politique ne semble réalisable. Les moyens politiques susceptibles d’augmenter sensiblement la fécondité paraissent tous — du point de vue de notre morale moderne — trop effroyables pour être envisagés : revenir sur l’égalité des sexes, imposer la pauvreté, réintroduire la polygynie, renforcer le patriarcat, désurbaniser, interdire les contraceptifs et l’avortement ou adopter l’idéologie collectiviste. Je suppose qu’il n’y aura pas de preneur. C’est pourquoi je propose de chercher des solutions plus profondes, c’est-à-dire d’analyser les conséquences — et de remettre en question — la morale de l’accouplement qui sous-tend les pratiques dysfonctionnelles d’aujourd’hui.



Stories of Love from Vikings to Tinder

(Histoires d’amour des Vikings à Tinder)
de Mads Larsen,
Paru le 30 septembre 2024,
aux éditions Routledge,
302 pages,
ISBN-13 : 978-1032813196

Résumé de l’éditeur

L’augmentation du nombre de célibataires, le dysfonctionnement des rencontres et l’inactivité sexuelle contribuent à l’effondrement des taux de fertilité. Ce livre étudie le facteur peut-être le plus fondamental de ce découplage : l’idéologie amoureuse de notre époque. Tout au long de l’histoire de l’humanité, les communautés ont partagé des mythes amoureux empreints de moralité poussent les gens à former des couples et à se reproduire.

Après avoir emmené les lecteurs dans un voyage de 6 millions d’années à travers les régimes d’accouplement des hominidés — avec divers degrés de promiscuité, de polygynie et de monogamie —, Histoires d’amour des Vikings à Tinder étudie l’évolution radicale des croyances occidentales en matière d’accouplement au cours du dernier millénaire. Les œuvres littéraires scandinaves éclairent les transitions cruciales entre les première, deuxième et troisième révolutions sexuelles de l’Occident, qui se sont produites aux alentours de 1200, 1750 et 1968. Le chapitre de conclusion évoque la quatrième révolution sexuelle, symboliquement située en 2029. L’intelligence artificielle et d’autres technologies semblent susceptibles de transformer nos pratiques d’accouplement plus radicalement que n’importe laquelle des révolutions précédentes.


mardi 10 décembre 2024

Les immigrants en Islande apprennent peu l'islandais

L’Islande compte 20 % d’immigrés dans sa population de 400 000 habitants, dont très peu parlent l’islandais, engendrant des problèmes de « surqualification » (selon l’AFP) pour les adultes et d’échec scolaire pour les enfants tout en fragilisant la cohésion sociale du pays.

Kanyamon Juisikaew, 46 ans, a quitté la Thaïlande il y a six ans pour Reykjavik et s’est mariée avec un Islandais.


« J’aimerais communiquer avec les Islandais lorsque nous sommes en famille, car nous sommes une famille islandaise. Et au travail, lorsque nous avons des réunions, je ne peux pas comprendre », déplore Kanyamom.

Elle vient de sauter le pas et de profiter des cours de langue offerts sur ses heures de travail, une occasion donnée par une poignée d’entreprises et institutions.

De l’autre côté de la table, sa collègue Carolina Rivas espère évoluer dans sa carrière grâce à ces cours.

« C’est très difficile d’étudier après le travail », explique cette Colombienne de 38 ans. « Donc c’est vraiment bien de pouvoir utiliser le temps de travail pour apprendre cette langue qui demande beaucoup de temps ».

L’Islande est le pays de l’OCDE dont la population immigrée a le plus fortement augmenté, passant de 3 % de sa population totale au début des années 2000 à 20 % l’an dernier.

Le pays nordique a fait appel à l’immigration dans les années 2000 pour faire face à l’essor du tourisme et aux emplois de service à faible rémunération.

« On ne peut pas se permettre d’avoir 20 % de la population qui ne parle pas la langue. Le fait qu’une grande partie de la population soit composée de migrants qui ne parlent pas la langue devient donc une question de cohésion sociale pour l’Islande », souligne Thomas Liebig, administrateur responsable de la division des migrations internationales de l’OCDE.

Cette main-d’œuvre, principalement originaire de l’espace économique européen, détient le taux d’emploi le plus élevé de l’OCDE, mais souffre de « surqualification » (comprendre elle occupe des postes modestes parce qu’il lui manque une qualification : la connaissance de la langue nationale).

Dans l’institut de formation Mimir de Reykjavik, des dizaines de personnes passent l’examen d’islandais pour obtenir la nationalité, à côté de salles de classe combles.

« Nous constatons une augmentation annuelle d’environ 20 % des inscriptions » remarque Joanna Dominiczak, directrice des programmes de langue islandaise. « En septembre, nous avons dû arrêter de proposer des cours parce que le financement était terminé. »

À l’instar du pays, l’une des plus grandes chaines de supermarché, Kronan, emploie 25 % de migrants, un défi pour la directrice des ressources humaines Ásta Baerings qui reconnait qu’il est difficile de faire apprendre l’islandais à de nouveaux arrivants qui ne sont pas sûrs de rester dans le pays.

« Ça va dans les deux sens. On doit aussi essayer de traduire tous nos contenus dans ces langues afin de s’assurer que tout fonctionne correctement au travail », défend-elle.

L’entreprise traduira l’année prochaine toutes ses communications en trente langues afin d’aider les 47 nationalités qui travaillent dans ses magasins, tout en proposant une panoplie d’applications et cours en ligne sur la base du volontariat.

Anthony John Saunders a poussé les portes de Kronan en arrivant d’Angleterre après le Brexit et n’a pas quitté les lieux depuis, devenant gérant d’un des magasins.

« En tant qu’anglophone, je pense que l’Islande a été assez facile à intégrer, car tout le monde parle très bien anglais » raconte-t-il.

Le commerçant parle très peu islandais, mais espère progresser grâce à l’appli personnalisable offerte par Kronan qu’il vient d’installer.

« Cela renvoie également la façon dont nous, Islandais, percevons notre propre langue » analyse Yrsa Thöll Gylfadóttir, écrivaine et professeure d’islandais.

« Certains d’entre nous semblent avoir un complexe d’infériorité et ne croient pas que quelqu’un veuille ou puisse apprendre notre langue […] C’est donc aussi notre isolement, notre microlangue et notre micro-environnement qui sont en cause ».

« Les Islandais ont donc souvent recours à l’anglais lorsqu’ils s’adressent à des personnes ayant un accent. »

Canada — 50 % des réfugiés syriens dépendaient encore de l'aide sociale cinq ans après leur arrivée

Une étude menée en 2024 par Statistique Canada révèle des tendances inquiétantes chez les réfugiés syriens qui sont arrivés au Canada en tant que réfugiés pris en charge par le gouvernement (certains sont pris en charge par les particuliers, par exemple les membres de leur famille) dans le cadre du programme de réinstallation du Premier ministre Justin Trudeau.


L'étude, intitulée « Résultats sur le marché du travail à court terme pour les réfugiés désignés par un bureau des visas au titre du Programme mixte », dont les auteurs sont Yasmin Gure et Feng Hou, révèle que les réfugiés pris en charge par le gouvernement ont obtenu certains des pires résultats sur le marché du travail par rapport à d'autres catégories.

Les chercheurs ont souligné que 42,3 % de la cohorte 2014 des réfugiés pris en charge par le gouvernement, âgés de 15 à 54 ans, dépendaient encore de l'aide sociale six ans après leur arrivée au Canada.

La situation s'est aggravée pour les cohortes suivantes, les arrivées de 2015, coïncidant avec le lancement par le gouvernement libéral de l'opération « Réfugiés syriens », montrant une dépendance de 50,4 % à l'égard de l'aide sociale après cinq ans.

Le recours à l'aide sociale était encore plus élevé pour la cohorte de 2016, alors que la relocalisation des Syriens se poursuivait, 69,5 % des réfugiés pris en charge par le gouvernement ayant déclaré avoir recours à l'aide sociale quatre ans après leur arrivée.

Les coûts d'installation des réfugiés pris en charge par le gouvernement sont entièrement couverts par les contribuables, contrairement aux réfugiés parrainés par le secteur privé, dont les parrains assument la responsabilité financière.


En outre, l'étude a révélé que les réfugiés originaires du Moyen-Orient, en particulier l'afflux important de réfugiés syriens, étaient représentés de manière disproportionnée parmi les personnes ayant accès à l'aide sociale. En 2016, 81,6 % de cette catégorie de réfugiés étaient originaires de cette région.

L'identification par l'étude de la région d'origine comme variable clé influençant les taux d'assistance sociale soulève des questions sur les processus de filtrage et de sélection des réfugiés.

En outre, un rapport sur les résultats de la réinstallation d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a montré que la catégorie des réfugiés pris en charge par le gouvernement avait également le taux de participation au marché du travail le plus bas.

Seuls 56 % des réfugiés pris en charge par le gouvernement participaient directement au marché du travail canadien. Le taux de participation directe comprend les personnes qui travaillent, qui cherchent un emploi ou qui commenceront bientôt à travailler.

Voir aussi

Seuls 29 % des femmes syriennes en âge de travailler (30-64 ans) ont un emploi au Danemark. Les autres bénéficient de l'aide sociale. Ce chiffre est étonnamment bas, même pour des immigrés au Danemark. (Voir Tableau 2-5)

Suède — 79 % des réfugiés sont déjà retournés en vacances dans le pays qu'ils ont fui 

Une étude néerlandaise a montré que chaque immigrant syrien coûte aux contribuables entre 157 000 (2e génération) et 480 000 euros (1re génération qui ne retourne pas en Syrie) en moyenne. (voir Tableau 4.3)  Si l'immigrant retourne en Syrie, le coût moyen va de 322 000 euros (pour la 1re génération) et 96 000 euros (2e génération).

Aux Pays-Bas, chaque réfugié africain coûterait en moyenne 600 000 euros à la société

 
 

72 % des Canadiens trouvent que les seuils d'immigration sont trop hauts

 « Malgré » une forte immigration, le niveau de vie au Canada est à la traîne : rapport de la TD

Plus de 3 millions de résident dits non permanents au Canada (dont 588 263 au Québec)

Canada — PIB par habitant devrait baisser pour le 6e trimestre consécutif « malgré » la forte immigration

Le Ministre fédéral de l'Immigration Marc Miller se félicite que les loyers augmentent désormais moins vite : « La décélération des loyers coïncide avec une réduction significative des entrées nettes de résidents non permanents. » Il se disait pourtant en avoir assez, au début de l'année, que les gens rejettent toujours la faute sur les immigrants après les commentaires de Legault sur le logement.

Le PIB réel par habitant poursuit son déclin au Canada, chômage également en hausse, retour aux niveaux de 2017

 


lundi 9 décembre 2024

Javier Milei est-il en train de redresser l’Argentine ?

Galvanisé par les premiers résultats positifs enregistrés au niveau macroéconomique (baisse de l’inflation, excédent fiscal, renforcement de la monnaie nationale), Javier Milei, 54 ans, fête son premier anniversaire au pouvoir dans une conjoncture « très favorable », analyse le politologue Pablo Touzon. En dépit d’une récession qui peine à se dissiper, « l’inflation a été contenue, les mouvements sociaux restent muets et Trump, que Milei soutient depuis le début, vient d’être élu président », détaille ce spécialiste de la politique argentine.

Javier Milei en campagne électorale avec sa tronçonneuse, emblème de la cure d’amaigrissement qu’il veut infliger à l’État argentin


La participation de l’entrepreneur Elon Musk, un proche de Milei, à l’équipe de Trump facilitera d’autant plus les liens entre Washington et Buenos Aires. Fière figure de proue de la nouvelle droite internationale, Milei se positionne comme un interlocuteur prioritaire dans une Amérique latine presque toute entière gouvernée par la gauche. D’autant que les États-Unis incarnent la vision du progrès aux yeux de cet économiste biberonné aux théories des libertariens. Durant le premier débat de la campagne présidentielle en octobre 2023, alors candidat, il avait déclaré : « Si vous me donnez vingt ans, nous serons l’Italie. Si vous m’en donnez trente-cinq, nous deviendrons les États-Unis ».

En croisade contre la gabegie

Un an après son accession au pouvoir, l’Argentine reste l’Argentine. Un pays divisé entre ceux qui l’ont porté au pouvoir, dont le soutien semble indéfectible, et de fervents opposants, eux aussi confortés dans leurs certitudes. Les courbes de popularité montrent que l’économiste ultralibéral était parti de plus bas que ses prédécesseurs en début de mandat, mais que sa cote a augmenté depuis, tutoyant aujourd’hui les 50 % de soutien. L’indice de confiance dans le gouvernement, mesuré par l’Université Torcuato Di Tella, affiche une hausse significative en octobre et situe l’actuel gouvernement à un niveau supérieur aux moyennes observées ces dernières années. « Depuis son arrivée au pouvoir, Milei s’est renforcé, confirme le consultant Roberto Starke, cofondateur de l’agence Infomedia. Il doit toutefois prendre garde à ne pas tomber dans le piège de ceux qui ont le vent en poupe, à savoir l’isolement. Or, son entourage semble plus enclin à saluer sa réussite qu’à lui signaler ses erreurs. En outre, son caractère autoritaire s’est encore accentué au fil des mois de pouvoir. »

De fait, seul capitaine du navire, le président continue sa croisade contre la gabegie à tous les étages. L’université publique et gratuite a été l’un de ses chevaux de bataille. L’institution, qui fait pourtant consensus au sein de la société argentine, ne servirait, selon lui, « à personne d’autre qu’aux enfants des riches et de la classe moyenne supérieure ».

En un an, Milei a gouverné en minorité, jonglant entre une fermeté totale dans les discours et des accords bien menés en coulisses, notamment avec le parti Proposition républicaine (Pro), de l’ex-président de centre droit Mauricio Macri (2015-2019). Vu le poids très relatif au Congrès de son propre parti, La Libertad avanza (seulement 15 % des députés et 9 % des sénateurs), chaque pas a donné lieu à une épreuve de force. Après avoir essentiellement gouverné par décret, Milei compte sur les élections législatives d’octobre 2025, dont les primaires auront lieu le 3 août, pour faciliter l’action du gouvernement sur le terrain législatif.

À quelques mois de ce scrutin déterminant, l’Argentin bombe le torse, sous son costume noir qui a remplacé son blouson en cuir usé de vieux rockeur. À l’épreuve du pouvoir, le personnage tonitruant de la campagne électorale a mis (un peu) d’eau dans son vin. La tronçonneuse, récemment exhibée pour annoncer de prochaines restrictions budgétaires, n’a pas complètement disparu de son arsenal de communication. Mais « une certaine dose de pragmatisme a été insufflée », observe Roberto Starke, soulignant le rôle des proches du président dans les négociations avec la « caste » politique qu’il avait promis de faire imploser. C’est en effet son entourage qui se charge de tisser des liens en dehors du parti gouvernemental : sa sœur, Karina Milei, secrétaire générale de la Présidence, son ministre de l’Économie, Luis Caputo, et le chef du Cabinet ministériel, Guillermo Francos.

193 % d’inflation sur un an !

Élu sur le terreau d’une crise économique abyssale, le gouvernement a fait de la restauration du pouvoir d’achat sa politique sociale numéro un. La route est encore longue. Pas sûr que l’effet de ruissellement suffise à endiguer l’augmentation de la pauvreté, qui touche désormais plus de 50 % de la population. La fin annoncée de la récession serait corroborée par certaines statistiques, telles que la réduction du nombre de salariés pauvres. Selon les calculs du centre de réflexion économique ExQuanti, leur proportion, qui avait augmenté de manière continue depuis fin 2023, vient de baisser de 29,2 % à 26,5 %. Un taux encore trop élevé pour que le gouvernement puisse crier victoire.

En Argentine, plus que jamais, c’est l’économie qui domine les enjeux. Arrivé au pouvoir le 10 décembre 2023, Milei avait pour mandat de contenir l’inflation galopante et d’instaurer un nouvel ordre économique. L’augmentation des prix a été ralentie, puisqu’elle atteint 2,7 % (mensuel) en octobre, mais reste astronomique sur l’ensemble de l’année (193 %). Milei sera jugé à l’aune de ces indicateurs. « Il faut convaincre la société, en particulier les jeunes, de s’engager à changer le pays en faisant confiance à ce projet politique, dit, enthousiaste, Frances Berthet, courtière immobilière chez Cobrokers Real Estate, à Buenos Aires. La première étape, celle de l’ajustement budgétaire, a été la plus dure. Cette année, il devrait y avoir un rééquilibrage des prix et un rebond de la production. Dans le secteur immobilier, sous l’impulsion du retour des crédits, l’activité a déjà repris ! »

Pour Berthet, qui considère le péronisme comme le mal numéro un du pays, Milei peut réussir là où les autres ont échoué — le libéral de centre droit Mauricio Macri (2015-2019) et, avant lui, le péroniste libéral Carlos Menem (1989-1999). Les références aux années 1990, celles de l’ouverture économique, des privatisations massives et du « uno a uno » (la parité entre le dollar et le peso argentin) inspirent les commentateurs. « À cette époque, l’Argentine c’étaient les États-Unis, se souvient Berthet. Les gens étaient pleins d’espoir. Il y avait une pluie d’investissements étrangers, les salaires étaient très élevés, on voyageait de par le monde ! Avec Milei, on a la sensation que c’est à nouveau un changement en profondeur qui s’installe. »

Outre sa remise en question de l’université publique, Milei a adopté une rhétorique visant à déconstruire l’imaginaire « progressiste » des années Kirchner. Le centre culturel Kirchner (CCK) est devenu le palais Liberté Sarmiento. La journée du respect de la diversité culturelle, célébrée le jour de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique, a repris son nom d’antan : la Fête de la race [hispanique].

Les péronistes K.-O.

Élu pour renverser la table, Milei a mis K.-O. le clan péroniste, qui peine à désigner ses nouveaux chefs et dont une grande partie refuse de s’aligner sur l’ex-présidente Cristina Kirchner. Si le chef de l’État garde pour priorité la stabilisation macroéconomique, son programme social et culturel est tout sauf neutre. Sa « bataille culturelle », Milei la mène notamment à longueur de discours, et au gré de ses fréquents voyages. Une quinzaine, dont la moitié aux États-Unis, de Davos au G20 de Rio, en passant par la Bourse de Wall Street ou l’hémicycle de l’ONU. Les féministes, les écologistes, les « wokes », les socialistes… Avec lui, tous en prennent pour leur grade.

« Milei conserve une attitude contestataire, qui séduit ici, car cela correspond à un profil typiquement argentin, tout en défendant un programme politique global », résume Tobías Belgrano. Cette position clivante, Milei la défend sur le terrain géopolitique, mais aussi en interne. Les employés de l’agence publique d’informations Télam, qu’il a pris en grippe dès son arrivée au pouvoir, en ont fait les frais. « On nous a signifié qu’il ne fallait plus écrire sur les sujets liés à l’agenda 2030 (de développement durable de l’ONU, NDLR), au féminisme, à la marche des fiertés… Il y a un musellement de l’information par le gouvernement, qui nous considérait comme un élément de propagande kirchnériste (en référence à l’ex-présidente, NDLR) », témoigne un journaliste de Télam avec plus de vingt ans d’expérience dans l’agence. Cette source préfère garder l’anonymat pour ne pas « tomber sous le coup de la chasse aux sorcières du pouvoir », déplorant qu’« aujourd’hui, l’enjeu économique clôt tout type de débat. Nous ne pouvons que constater le manque de solidarité à tous les niveaux. Les valeurs se perdent ! »

Dans un pays fondé par des écrivains, la littérature vient naturellement compléter le diagnostic. L’essai « Notre pauvre individualisme », du grand écrivain national Jorge Luis Borges, explique ainsi que l’Argentin, qui « ne s’identifie pas à l’État (…) est un individu, pas un citoyen ». Doit-on trouver là une clef pour comprendre l’électeur de Milei, pourfendeur de l’action étatique ? Il serait ainsi l’incarnation de l’Argentin selon Borges ? « Ces deux positions sont diamétralement opposées, corrige l’écrivain Carlos Gamerro. Borges considère que l’opposition à l’État conduit à la formation de liens solidaires entre les individus. Mais le projet porté par le gouvernement actuel invite seulement à se fédérer dans la désignation d’un ennemi politique. »

Source : Le Figaro

dimanche 8 décembre 2024

Prôner l'absence de barrières pour son pays tout en résidant à l'étranger dans un quartier ultra-sécurisé, isolé dans un entre-soi de millionnaires

« Ma France à moi, c’est une France remplie de mixité où on ne met pas de barrière…», affirme la vedette de la balle au pied Mbappé.

Ledit Kylian Mbappé (il serait français, son prénom ne l'indique pas...) habite une villa de 11 millions € dans le quartier ultra-sécurisé de La Finca à Madrid où il faut pourtant franchir beaucoup de barrières pour y accéder…


samedi 7 décembre 2024

Montréal — Vous êtes blanc ? Vous payerez plus cher ! Au nom de la diversité et de l'inclusion...

MISE À JOUR

L’événement Shake La Cabane, qui devait avoir lieu dimanche après-midi dans le quartier Rosemont et proposait une tarification des billets basée sur la couleur de peau, a été ANNULÉ. L’organisation prétend avoir été bouleversée par des commentaires haineux et menaçants et dit avoir pris cette décision par crainte pour la sécurité des familles et de ses membres. Jouer la victime...



Un évènement prévu cette fin de semaine à Montréal adopte une tarification particulière : les Blancs paient plus cher que les autres.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse dit qu’il est interdit de discriminer en fonction de la « race », la couleur ou l’origine ethnique d’une personne.


Une telle tarification pourrait « se retourner contre les minorités qu’on veut protéger », estime l’avocat Julius Grey.

L’évènement Shake La Cabane se tiendra dimanche en fin d’après-midi dans le quartier Rosemont. Il est présenté comme un rendez-vous de danse destinés aux familles.

« Cet évènement célèbre la communauté, les connexions, et un passage vers une nouvelle année plus positive », peut-on lire sur la page web de Shake La Cabane (majoritairement en anglais : « Shakers! Ravers! C’est partiii! Join us Dec 8 to shake off the old year and chill into the new with amapiano, Congolese beats & all-ages fun »).

Les prix des billets sont modulés selon la couleur de la peau. Le prix pour un adulte blanc est de 25,83 $, contre 15,18 $ pour un adulte noir, autochtone ou de couleur.

Tarification fondée sur la couleur de peau de l’évènement Shake La Cabane

La fabrique familiale La Cabane, qui sera l’hôte du rendez-vous, se décrit comme « un espace créatif et communautaire intergénérationnel ». Elle est enregistrée comme organisme de bienfaisance.

Dans un message non signé que la Presse de Montréal a reçue, on l'informe que « MTL Shake est organisé indépendamment par un collectif de deux mamans passionnées ». « Leur choix de tarification reflète leur objectif de permettre à un plus grand nombre de familles, particulièrement celles issues de la diversité, de participer à cet évènement. Nous ne gérons pas cet aspect […] », poursuit-on, en nous renvoyant à l’organisatrice.

Celle-ci, Racquel Smith, nous a répondu qu’elle n’avait pas le temps d'accorder d’entrevue à La Presse, redirigeant les journalistes vers une explication fournie sur les réseaux sociaux, où on affirme s’inspirer d’un organisateur d’évènements aux États-Unis ayant introduit ce type de tarification pour « soutenir financièrement les groupes marginalisés de notre communauté : les personnes noires, autochtones et/ou de couleur ».

« Discrimination flagrante »

L’avocat Julius Grey, spécialisé dans la défense des droits de la personne, parle de « discrimination flagrante ».

Je suis complètement en désaccord avec une discrimination, dans un sens ou dans l’autre, et je pense que c’est contraire à la Charte québécoise [des droits et libertés de la personne].

Me Julius Grey, avocat spécialisé dans la défense des droits de la personne

Pour Louis-Philippe Lampron, professeur à la faculté de droit de l’Université Laval, « c’est clair que c’est ce qu’on appelle de la discrimination directe : il y a une distinction de traitement fondée sur une catégorie protégée par le droit à l’égalité. Ce qui s’applique ici, c’est la Charte québécoise ».

Mais, ajoute-t-il, « le deuxième volet de l’article 20 permet que des organismes sans but lucratif, ayant pour vocation de protéger des groupes dans la société, justifient certaines formes de discrimination, pourvu que ce soit rattaché à la raison d’être de l’organisation ».

Louis-Philippe Lampron cite l’exemple d’un parti politique fédéraliste, qui pourrait justifier une discrimination fondée sur les convictions politiques en refusant d’admettre un souverainiste.

« C’est toujours au cas par cas et ça ne permet pas de justifier toute forme de discrimination », ajoute le professeur.

« Un très mauvais exemple »

Julius Grey se demande en quoi le bien-être des Noirs ou des Autochtones est augmenté s’ils ont un prix différent à payer. Imaginerait-on qu’un cinéma fasse la même chose ? illustre-t-il.

« C’est un très mauvais exemple qui pourrait se retourner précisément contre les minorités qu’on veut protéger », dit l’avocat.

À la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), on explique qu’on ne peut pas se prononcer sur ce cas précis « parce qu’il pourrait exister des exceptions dans certains cas ».

[De façon générale,] une pratique de tarification qui distingue les personnes en fonction de leur “race” serait, à première vue, considérée comme discriminatoire au sens de l’article 10 de la Charte des droits et libertés, à moins qu’elle soit explicitement autorisée par une loi.

Cet article, explique la CDPDJ, stipule que « la discrimination fondée sur des motifs tels que la “race”, la couleur, l’origine ethnique ou nationale est interdite ».

D’une manière concrète, une telle tarification soulève des questions. « Comment va-t-on faire pour distinguer des personnes de couleur par rapport à des Blancs ? Sur le terrain, ça risque d’être assez difficile », commente Louis-Philippe Lampron.

Un précédent aux États-Unis

En 2019, l’évènement Afrofuture Fest de Detroit, aux États-Unis, avait suscité la controverse quand il avait décidé de vendre les billets 20 $ pour les « personnes de couleur » et 40 $ pour les Blancs.

Cette différence de prix était censée « fournir aux communautés les plus marginalisées – les personnes de couleur – une chance équitable d’assister aux évènements dans leur propre communauté ».

Après avoir reçu des menaces et vu un des artistes à l’affiche annuler sa participation, les organisateurs avaient adopté une tarification uniforme pour tous.

vendredi 6 décembre 2024

Le gouvernement chinois élargit son programme nataliste

Les démographes estiment que les femmes chinoises ont un enfant chacune en moyenne, ce qui est bien inférieur aux 2,1 enfants nécessaires pour maintenir la population stable.

Fin octobre, le Conseil d’État, le cabinet chinois, a dévoilé un vaste ensemble de mesures natalistes, notamment des crédits d’impôt pour les enfants, davantage de congés de maternité et de paternité et, surtout, un accès plus facile aux prêts immobiliers, une préoccupation majeure pour les familles chinoises. Des recherches menées par Tunye Qiu et Weifeng Liu, de l’Université nationale australienne, ont montré qu’une augmentation de 10 % des prix du logement entraîne en moyenne un retard de 0,73 mois dans le mariage et de 1,8 mois dans la naissance du premier enfant pour les résidents urbains.

He Yafu, un démographe chinois indépendant, note que le Conseil d’État n’a pas encore précisé l’ampleur ou la source de tous les cadeaux qu’il promet, ce qui rend impossible l’évaluation de leur impact probable.

L’argent liquide pour les enfants n’est qu’une partie de la stratégie du gouvernement. Le président chinois, Xi Jinping, estime que pour remédier à la pénurie d’enfants dans le pays, il faut aussi changer de culture. Lors du congrès national quinquennal des femmes en 2023, il a insisté sur l’importance de raconter « de bonnes histoires sur les traditions familiales ». Avec deux divorces pour cinq mariages au cours des trois premiers trimestres de cette année, M. Xi s’inquiète du fait que les jeunes ne partagent pas les bonnes valeurs en matière de « mariage et d’éducation des enfants ».

Le gouvernement fait de son mieux pour inculquer ces valeurs. L’image de la famille à enfant unique qui figurait sur la couverture des manuels scolaires destinés aux enfants de huit et neuf ans a été remplacée par une image montrant une mère enceinte et ses deux enfants. Le programme scolaire est modifié pour mettre l’accent sur les vertus de la famille et du mariage. Le gouvernement a également appelé à la production d’un plus grand nombre d’émissions télévisées vantant les mérites de la maternité.

Les comités de planification familiale implantés dans les communautés locales sont à l’origine d’une grande partie de la campagne nataliste, y compris d’appels téléphoniques insistants s’enquérant des intentions des familles d’avoir ou non des enfants. Connus pour leur application stricte, parfois brutale, de la politique de l’enfant unique entre 1979 et 2015, ces comités de quartier ont une nouvelle mission : tenter de faire en sorte que davantage de femmes tombent enceintes.

Après des décennies d’affirmations non scientifiques visant à dissuader les femmes de procréer — comme le fait que la grossesse réduit l’intelligence d’une femme —, les autorités affirment le contraire. Le 30 octobre, un magazine supervisé par la commission nationale chinoise de la santé a publié un essai sur « les quatre avantages de l’accouchement », notamment l’augmentation des capacités cérébrales et la réduction des risques de cancer et de douleurs menstruelles. En ligne, cet article a suscité une réaction rapide. « Pour mettre les femmes enceintes, le gouvernement invente littéralement tout ce qu’il peut », s’est indigné un internaute.


Le parti joue également les entremetteuses en créant des sites de rencontres et des forums pour les jeunes adultes. Une plateforme de rencontres créée par la Ligue de la jeunesse communiste dans la province du Zhejiang (Tché-Kiang) a enregistré 300 000 nouveaux inscrits en seulement trois mois au début de l’année. Les utilisateurs peuvent participer à des voyages de camping organisés par le parti, à des matchs de football sans contact et à des soirées meurtre-mystère. Des problèmes relationnels ? Le parti s’en occupe également. Des conseillers et des psychologues sont présents pour offrir des conseils.

De nombreux quartiers résidentiels chinois arborent des bannières encourageant la natalité. Les slogans les plus courants promettent une vie épanouie avec trois enfants, notamment parce qu’ils prendront soin de leurs parents lorsqu’ils vieilliront. D’autres, plus menaçants, rappellent aux responsables des villages qu’il est de leur devoir de veiller à ce que chaque foyer ait plus d’un enfant.

Après avoir réussi pendant des décennies à contraindre les femmes à avoir moins d’enfants, le gouvernement chinois s’aperçoit qu’il ne peut pas les obliger à en avoir plus.

Comme l’ont constaté des pays comme Singapour ou la Suède, il est très difficile d’inverser la tendance à la baisse des taux de fécondité.

École — Complément cahier « Françoise David »  — Le massacre de la Polytechnique (rediff)

En février 2009, M. Benoit Dutrizac avait invité à son micro Mme Françoise David pour s'insurger ensemble du concours lancé par Sylvain Bouchard contre la présence de Mme Françoise David sur trois pages dans un cahier d'éthique et de culture religieuse. Aucun autre politicien ne bénéficie du même traitement de faveur. Mme Françoise David est la co-présidente du parti Québec solidaire (1 siège à l'Assemblée nationale). On peut qualifier Québec solidaire de parti résolument à gauche. Benoit Dutrizac n'avait pas hésité à affirmer que Sylvain Bouchard aurait dû se taire alors que sortait au cinéma le film Polytechnique… Il était donc interdit de dénoncer la partialité d'un cahier d'éthique et de culture religieuse écrit par deux auteurs qui se disent féministes et qui font la part belle à une figure de proue du féminisme, alors qu'on commémore sur les grands écrans du Québec la mort de martyrs du féminisme.

Ce massacre par un déséquilibré nommé Marc Lépine (né Gamil Gharbi, fils d'un musulman algérien qui battait sa femme et son fils) sert aujourd'hui à faire taire toute critique vis-à-vis du féminisme, de ses prétentions et empêche toute distance envers l'hagiographie d'une figure du féminisme québécois dans un cahier du programme gouvernemental d'éthique et de culture religieuse devenu récemment obligatoire dès six ans au Québec.

Taux de fécondité du Québec en baisse pour 2024 (prévision) : 1,34 enfant/femme

Statistiques Québec a publié les statistiques des naissances et de décès pour les 9 premiers mois de 2024.

Quelques faits saillants :

  • La population du Québec au 3e trimestre de 2024 est estimée à 9 056 044 alors qu’elle était de 8 848 020 à la même époque en 2023.
  • Le nombre de naissances pour ces 9 mois en 2024 est de 58 200 alors que pour ces mêmes mois il était de 58 300 en 2023, légère chute en dépit d’une hausse de la population.
  • À ce rythme, l’indice synthétique de fécondité devrait baisser de 1,38 en 2023 à 1,34 enfant/femme en 2024.
  • Le nombre de décès pour les 10 premiers mois de 2024 a été de 65 500 et a dépassé de 2250 le chiffre équivalent pour 2023. Le nombre de décès pour les 9 premiers mois de 2024 a été de 58 700, il dépasse donc de 500 personnes le nombre de naissances pour la même période.

Évolution de l'indice synthétique de fécondité (enfant/femme)

Pays  2015 
  2020 
  2022   
2023 
  2024 p 
Belgique 1,69 1,55 1,53 1,47 1,43
Canada 1,60 1,41 1,33 1,26 1,25
Colombie-Britannique 1,38 1,18 1,11 1,00 1,02
France 1,96 1,79 1,79 1,68 1,63
Israël 3,09 2,90 2,89 2,81 2,80
Québec 1,67 1,51 1,48 1,38 1,34
Suisse 1,54 1,46 1,38 1,33 1,29

Démographie et l'islam dans école publique québécoise (Sainte-Maxime à Laval)

« Il y avait des ablutions qui se faisaient dans les toilettes, ils cherchaient des coins isolés dans les corridors pour faire leurs prières. Aussitôt qu’on les arrêtait, la gang nous sautait dessus. […] On se faisait accuser de racisme constamment. »

Pour ce carnet, l'exemple français devrait montrer que l'invocation incantatoire à la « laïcité » de l'État ne changera pas grand-chose sur le fond. Le problème en est un de démographie (il n'y a plus de majorité canadienne-française pour assimiler les masses de jeunes immigrants en ville), de convictions identitaire et religieuse des jeunes immigrés, de vide spirituel présenté par l'école publique et de sourd mépris pour la culture québécoise considérée comme athée, faible et décadente.

Des prières en classe. Des membres du personnel qui se parlent entre eux et s’adressent aux élèves en arabe. Une nouvelle école a été signalée au ministère de l’Éducation pour de possibles accrocs à la loi sur la laïcité : l’école secondaire Saint-Maxime, à Laval. Elle fait actuellement l’objet de « vérifications » du Centre de services scolaire (CSS) de Laval.


L’établissement a aussi été le théâtre de fortes réticences d’élèves aussitôt qu’il est question de sexualité dans les cours ou les activités en milieu scolaire.