lundi 16 février 2009

C'est le temps des inscriptions

C'est le temps des inscriptions de nos enfants pour l'année scolaire 2009-2010.

Si vous êtes contre le cours d’Éthique et culture religieuse (ÉCR), nous vous suggérons de :
  1. Écrire en bas du formulaire d’inscription : « Je refuse que mon enfant suive le cours d’ÉCR dans le respect des droits protégés par les Chartes canadienne et québécoise quant à la liberté de conscience et de religion. »
  2. Joindre une copie du formulaire d'exemption (voir www.Coalition-CLE.org) dont l’original pourra être posté séparément à la commission scolaire. Ainsi, les familles ayant demandé l'exemption pour l’année scolaire 2009-2010, seront admissibles dans l’éventualité d’un jugement en faveur du respect de nos droits et libertés.

Québec — Front commun contre le décrochage scolaire l’école privée

Comme nous l'avions prévu — nous sommes au Québec après tout —, la lutte contre le décrochage scolaire allait dériver en un appel à encore plus d'État, plus de monopole, plus de règles restrictives et moins de choix.

C'est ainsi que la Centrale des syndicats du Québec et son président, Réjean Parent, accusent le gouvernement actuel et ceux qui l'ont précédé de n'avoir jamais pris le problème du décrochage scolaire au sérieux.

Rappelons qu'au Québec 1 élève sur 4 abandonne l'école avant la fin du secondaire (pour nos lecteurs européens, il faut se rappeler que le secondaire se termine plutôt au Québec qu'en Europe : vers 16-17 ans, au niveau de la première en France).

Dans le cas des garçons, c'est 1 sur 3 qui décroche et dans le cas des filles, c'est 1 sur 5. Les régions éloignées sont particulièrement touchées, mais Montréal n'est pas en reste avec 40 % des jeunes qui n'obtiendront pas leur diplôme du secondaire avant l'âge de 20 ans, ou ne l'obtiendront jamais. Une analyse plus fine montre que l'éloignement n'est pas vraiment déterminant : le Saguenay-Lac Saint-Jean a le taux de décrochage le plus bas du Québec suivi du Bas Saint-Laurent. Toutefois, la région avec le plus d'autochtones souffre énormément : dans le Nord du Québec plus de 7 jeunes sur 10 ne terminent pas leurs études secondaires, à savoir 3 garçons sur 4 et près de 7 filles sur dix.

Réjean Parent et la Centrale des syndicats du Québec proposent diverses pistes de solutions. La CSQ croit qu'il faut d'abord agir dès la petite enfance pour contrer le décrochage scolaire, entre autres dans les milieux défavorisés. Le système d'éducation devrait aussi favoriser la mixité sociale et culturelle dans les salles de classe. M. Parent veut-il dire ethnique quand il parle de mixité culturelle ? L'immigration serait donc un problème et plus seulement une richesse ?

Par ailleurs, M. Parent répète qu'il faut retirer des écoles publiques les programmes qui sélectionnent leurs élèves. Il déplore le fait que ces programmes vident les classes de leurs meilleurs éléments et les laissent composées d'élèves en difficulté et à risque. Il existe une solution mitoyenne : avoir des classes de niveau qui regroupent au sein d'une même école les élèves les plus forts pour un sujet donné. Ainsi, il y a mixité sociale. Cela se faisait aux heures les plus sombres du Québec. Mais on n'en parle plus, sans doute par idéologie.

Le président de la CSQ demande aussi la fin du financement des écoles privées, qui privent aussi, selon lui, les écoles publiques des meilleurs élèves.

Conclusion : l’État doit fausser encore plus le marché en ne subventionnant que les écoles publiques et en rendant la concurrence plus chère ce qui ne permettra qu'aux enfants de riches d'avoir le choix et souvent une éducation de qualité.

La CSQ affirme que le décrochage scolaire commande une approche intégrée. Elle suggère donc que le sommet qu'elle réclame pour le printemps regroupe non seulement des enseignants et des représentants du ministère de l'Éducation, mais aussi des ministères des Finances, de l'Immigration, de l'Emploi, des Affaires autochtones et de la Famille.

Tiens, des enseignants et des fonctionnaires, mais pas de représentants des parents. Comme c'est étrange.

dimanche 15 février 2009

Capsules sur le cours ECR

Deux capsules de l'historien Réal Gaudreault sur le cours d'éthique et de culture religieuse.





Voir aussi un article cité par Réal Gaudreault : Bouchard-Taylor : fabriquer l’Homme Nouveau par la dictature de l’harmonie.

vendredi 13 février 2009

Le cours d'ECR vu de Paris (Radio Notre-Dame)

Extrait d'un bulletin de nouvelles internationales de Radio Notre-Dame, une radio religieuse diffusée à partir de Paris, reprise par de nombreuses antennes régionales et même internationales.

Écoutez l'extrait (2 min 15) :



Le cours d'ECR — « multiculturalisme 101 »


L'Action nationale publie une recension de l'ouvrage d'un des pères du cours d'ECR, Georges Leroux, Éthique, culture religieuse, dialogue. Arguments pour un programme.

Quelques extraits, les intertitres sont de nous :

Libéraux et péquistes s’apprêtent à faire ce que même le pire des gouvernements libéraux fédéraux n’aura jamais réussi : la « trudeauisation » de nos écoles dans chacun de nos villages et chacune de nos villes du Québec.

Mario Dumont, 15 décembre 2007

Noyé parmi les étagères débordantes des ministères et gommé de jargon technocratique, le nouveau programme scolaire d’éthique et culture religieuse aurait très bien pu passer inaperçu si ce n’était de la tribune offerte par les forums de la commission Bouchard-Taylor aux parents inquiets, et de la récupération habile de leurs revendications par Mario Dumont. Sa demande de moratoire ayant été rejetée par les libéraux et les péquistes, le programme a fait son entrée dans nos écoles en septembre 2008. Heureusement pour ceux qui répugnent à lire un document ministériel, l’essai de Georges Leroux, Éthique, culture religieuse, dialogue.Arguments pour un programme résume en une centaine de pages les ancrages idéologiques et les visées pédagogiques de ce programme qui pourrait être rebaptisé « Multiculturalisme 101 ».

L’ouvrage est divisé en deux parties, la première situant le nouveau programme dans le parcours historique de la laïcisation des institutions scolaires et dans le cadre normatif du pluralisme, la seconde abordant le contenu du programme lui-même et les arguments historique et politique justifiant sa mise en œuvre, l’argument politique reprenant la démonstration présentée en première partie voulant qu’il soit nécessaire d’inculquer le pluralisme à nos enfants.

En effet, la première section, intitulée « Accueillir le pluralisme : les défis de la laïcité dans l’école », est essentiellement un plaidoyer en faveur du pluralisme et de son enseignement. À maintes reprises, il est question des «  exigences de la diversité  », comme si le fait que le Québec accueille des immigrants venus des quatre coins du globe avait pour conséquence nécessaire l’adhésion au multiculturalisme. Il s’agit alors de «tenir compte du pluralisme de fait qui caractérise la société », ce qui implique que sa « jeunesse  » soit « éduquée à la richesse de ce pluralisme et à ses exigences ».

Point de départ du raisonnement de Leroux contestable

Le point de départ du raisonnement, la diversité religieuse de la société québécoise, est en soi contestable. Au recensement de 2001, 83 % de la population du Québec se déclarait catholique. La saga Hérouxville nous a également rappelé que la diversité religieuse est à peu près absente à l’extérieur du Montréal multiculturel. Toutefois, le problème ne réside pas tant dans cette affirmation de l’auteur que dans les conclusions qu’il en tire, soit, dans un premier lieu, que le pluralisme de fait appelle une adhésion au pluralisme normatif et, dans un second lieu, que cette idéologie doive être inculquée à l’école.

Dernière utopie fataliste des bien-pensants

Selon Leroux, « la société québécoise commence à peine à comprendre qu’elle doit faire le deuil de son ancienne unanimité : elle découvre la richesse de la différence, mais aussi les exigences de la diversité et de la liberté  ». Il y aurait ainsi un processus inéluctable allant de la diversité à sa célébration, en passant par son enseignement, cette conversion des masses impliquant une prise de conscience graduelle de la richesse que représente toute diversité, ce que Taguieff a si justement qualifié de « dernière utopie fataliste des bien-pensants ».

Idéologie qui s'auto-justifie par ce qu'elle produit

Or, pour emprunter au langage constructiviste, le pluralisme ne découle pas de la diversité, mais au contraire, il la « produit » en créant des identités ethniques à l’intérieur de la nation qui devient alors strictement civique. La fatalité décrite par Leroux n’est que pure idéologie, et c’est cette idéologie qu’il propose d’enseigner à nos enfants.

Le pluralisme normatif s'imposerait même dans une société homogène...

Leroux l’admet d’ailleurs dans un passage qui vient contredire ses affirmations répétées sur les « exigences » de la diversité. Le pluralisme normatif, qui était au départ une conséquence naturelle du pluralisme de fait devient plus tard une exigence de la modernité  : « Notre société demeurerait homogène sur le plan des convictions et des croyances que ce principe ne s’en appliquerait pas moins », puisqu’il résulte du « principe fondamental de l’égalité ». Ainsi, « il émerge comme le seul principe capable de régler notre rapport à la diversité  ». Nouvelle argumentation, même fatalisme.

[...]

L'argument historique pour le cours d'ECR

La deuxième section de l’essai, intitulée « Le choix du Québec », entre davantage dans le vif du sujet : le programme d’éthique et culture religieuse. Le
premier argument en sa faveur, qualifié d’historique résiderait dans l’importance de transmettre aux générations futures le savoir moral et religieux qui s’est développé au fil de l’histoire du Québec. Pour reprendre à son compte cet argument généralement invoqué par ceux qui souhaitent conserver l’enseignement religieux catholique, Leroux procède à une réécriture de l’histoire. Ainsi, le Québec serait l’héritier d’un savoir moral marqué par les valeurs d’égalité et de tolérance et d’un savoir religieux issu, bien sûr [selon Leroux] de religions diverses.

S’il s’agit bien de transmettre un « patrimoine », celui-ci ne peut être que pluriel, puisque, aux dires de l’auteur, « tous [l]es aspects moraux et spirituels de l’histoire chrétienne du Québec, nous devons aussitôt les compléter par les aspects qui proviennent de son histoire amérindienne et de son histoire juive, qui représentent les partenaires indissociables d’un récit dont ils ont été trop souvent exclus ».

Substituer à l'histoire nationale celles des différents groupes au Québec

Le contenu historique du cours d’éthique et culture religieuse se veut ainsi au diapason de celui du nouveau cours d’histoire du Québec et du Canada, tous deux ayant passé par le filtre pluraliste qui substitue à l’histoire nationale LES histoires de différents groupes plus ou moins nombreux et de leur cohabitation sur le territoire du Québec.

[Voir Il faut que l'enseignement de l'histoire cesse d'être « une catéchèse du multiculturalisme]

L'argument politique

Quant à l’argument politique, il s’agit d’une traduction dans les termes de la pédagogie issue de la réforme de l’éducation de l’apologie du pluralisme répétée inlassablement par l’auteur.

Le nouveau programme est présenté comme un moyen pour les élèves de développer une « compétence » prescrite par le ministère : celle de « pratiquer le dialogue ».

ECR comme aboutissement de la réforme en éducation

Le programme d’éthique et culture religieuse apparaît alors comme l’aboutissement du projet de la réforme de l’éducation et constitue l’exemple le plus flagrant des dangers qu’elle comporte. On a souvent, et à juste titre, dénoncé le nivellement par le bas qui accompagne l’approche par compétences en raison du rôle secondaire accordé aux savoirs, mais rares sont ceux qui s’en sont pris au contenu des « compétences » elles-mêmes. Avec le programmed’éthique et culture religieuse, on constate que les «compétences» que l’on se propose d’enseigner ne comportent pas uniquement des habiletés,mais également des postures normatives.

Développer la compétence multiculturaliste...

Lorsque l’auteur nous apprend qu’en plus de l’instruction et de la qualification, l’une des missions de l’école primaire et secondaire est de « socialiser dans un monde pluraliste », on comprend ce que signifie la « compétence relative à la pratique du dialogue dans un horizon de vivre-ensemble ». Il s’agit finalement de former de bons petits pluralistes.

Convertir les masses, transformer la société

L’ancrage idéologique du programme ne saurait être plus clair. Leroux l’admet lui-même : ce programme reçoit « de la réforme de l’éducation un cadre normatif et une philosophie de l’éducation avec laquelle il doit apprendre à travailler ». Ce cours, avec celui d’histoire du Québec et du Canada, représente l’aboutissement du projet idéologique de la réforme de l’éducation. Convertir les masses, transformer la société, voilà le rôle que l’on veut voir jouer par l’école.

La fin justifierait les moyens peu démocratiques

À défaut de passer par le processus démocratique pour faire valoir leur point de vue, les pluralistes ont décidé que la fin justifiait les moyens. « L’urgence d’une éthique » se présente comme une réponse aux « dérives extrémistes » qui se manifestent dans la population. Vite !

Sauvons les enfants de l’intolérance de leurs aïeux pendant qu’il en est encore temps ! L’école doit former les esprits à penser selon les termes du multiculturalisme pour s’assurer que les citoyens de demain, contrairement à ceux d’aujourd’hui, accepteront avec enthousiasme les politiques multiculturalistes du Canada. Selon les termes mêmes de Leroux, il faut « reconfigurer un vivre-ensemble fondé sur les principes » du pluralisme normatif, « mettre à la place des anciennes orthodoxies et des anciens pouvoirs un nouvel exercice de la pensée et de la parole ».

Aveu du projet multiculturalisme trudeauiste

C’est sans détour que l’auteur révèle le véritable projet des concepteurs du programme d’éthique et culture religieuse à l’égard du multiculturalisme trudeauiste : « L’école pourrait […] concevoir sa mission comme une responsabilité dans le processus qui fait passer chaque jeune de la constatation du pluralisme de fait à la valorisation du pluralisme normatif ». Aussi déconcertante que puisse apparaître cette affirmation, on ne pourra pas reprocher à Leroux d’avoir dissimulé ses intentions. Les concepteurs de la réforme de l’éducation nous ont répété qu’il fallait non seulement que les enfants apprennent, mais qu’ils « apprennent à apprendre ». On constate, à la lecture de cet ouvrage, qu’il s’agit finalement de leur apprendre comment penser.

Résister à la majorité, les concepteurs d'ECR savent ce qui est bon

La conclusion, intitulée «Enjeux de la réussite pour le programme», consiste en une série de défis qui attendent les défenseurs du nouveau programme, notamment les réticences qu’il suscite. D’une part, les enseignants sont invités à développer « des convictions civiques », c’est-à-dire à accepter de subir eux-mêmes un lavage de cerveau avant d’endoctriner les enfants à leur tour. Quant aux parents, il s’agit tout simplement de les bâillonner, le programme devant « se situer à bonne distance […] des seules exigences de la majorité » et résister à « la poussée de facteurs qui, comme la mondialisation, l’économisme et, en général, la promotion des modèles de l’individu triomphant, contaminent de l’extérieur le projet contemporain de l’éducation ». En dépit des objections fusant de toutes parts, les promoteurs du projet éducatif multiculturaliste gardent le cap sur leurs objectifs. Eux savent ce qui est bon pour nos enfants !

Conflits familiaux en vue avec des jeunes reprogrammés

On peut s’inquiéter de l’impact qu’un tel programme aura sur les enfants qui recevront à l’école une éducation radicalement différente de celle qu’ils recevront à la maison, la première ayant tendance à délégitimer la seconde. Ils apprendront que leurs parents sont des intolérants, qu’ils manquent d’ouverture d’esprit, qu’ils s’accrochent à une vision dépassée du Québec. Et ils finiront bien par y croire.

jeudi 12 février 2009

Répit pour les parents objecteurs de conscience de Granby

Communiqué de la Coalition pour la liberté en éducation :
Le 12 février 2009 - La Cour supérieure du district de Bedford a rendu hier une ordonnance de sauvegarde en faveur des six parents de Granby dont les enfants ont été récemment suspendus. La Cour a ordonné à la Commission scolaire du Val-des-Cerfs et à l'école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc de n’imposer aucune sanction disciplinaire aux élèves qui ne fréquentent pas le cours d'ÉCR d’ici au 4 mars prochain, date à laquelle le dossier reviendra à la Cour.

Cette décision soulage les parents concernés. Un des enfants va atteindre lundi prochain le nombre de 35 absences non motivées du cours ECR, ce qui l’expose à une demande de renvoi définitif de l’école. L’ordonnance de la Cour écarte pour le moment ce danger.

« Je suis agréablement surpris », a déclaré Me Jean-Yves Côté, qui représente les familles concernées. « Nous étions en cour hier concernant un désaccord procédural sur l’échéancier de la cause. La Cour a renvoyé les avocats faire leurs devoirs et a préféré rendre immédiatement une ordonnance pour protéger les enfants. Le Tribunal a fait passer l’intérêt des enfants avant les disputes procédurales d’avocats. C’est sage ; mes clients en sont rassurés. »

Le Tribunal ordonne en outre aux parents de retirer physiquement leur enfant de l’école pendant la durée du cours ECR. S’ils ne sont pas en mesure de le faire personnellement, les parents devront identifier à l’avance, auprès de l’école, le mandataire qui exercera ce retrait en leur nom.

Le Tribunal se trouve ainsi à préciser les modalités d’exercice du « droit de retrait » des parents : s’ils ne sont pas en mesure de l’exercer personnellement, ils peuvent désigner un autre adulte responsable qui retirera leur enfant de l’école pendant la durée du cours ECR.

Rappelons que même si le cours d’ÉCR n’est pas nécessaire pour l’obtention du diplôme de fin d’année, par les récentes suspensions d’élèves, les directions d’école les privaient de leurs cours de français, de mathématiques et de sciences physiques, ces cours étant quant à eux sujets à sanction des études.

Pour Diane Gagné, mère d’un des enfants suspendus, « cette décision nous donne raison en plaçant le bien des enfants avant celui des technocrates de l’État et du Ministère de l’Éducation. »

Selon les parents demandeurs, l’école J.-H.-Leclerc a outrepassé ses pouvoirs légitimes, causant un « préjudice grave » aux élèves – au sens de l’article 222 de la Loi sur l’instruction publique –, et niant la liberté de conscience et de religion proclamée par les Chartes canadienne et québécoise.

Selon cette demande d’injonction, la Commission scolaire du Val-des-Cerfs doit suspendre l’exécution des sanctions à encourir en vertu du Code de vie de l’école, pour absences prétendument non motivées au cours d’ÉCR. La Coalition pour la liberté en éducation s’est donnée comme mission d’informer les parents sur leurs droits face au caractère obligatoire du cours d’éthique et de culture religieuse.

Le professeur Gary Caldwell sur l'école, la culture commune, le vivre-ensemble

Trois vidéos où le sociologue Gary Caldwell s'exprime sur plusieurs thèmes reliés à l'école et le cours d'éthique et de culture religieuse :
  1. les aspects positifs du cours d'ECR ;
  2. les aspects négatifs du cours d'ECR ;
  3. le cours d'ECR est-il relativiste ?
  4. on dit que le cours d'ECR est neutre ;
  5. à qui appartient l'école ?
  6. l'État n'a-t-il pas le droit de favoriser la cohésion sociale de la société ?
  7. la diversité croissante du Québec ne justifie-t-elle pas l'imposition de ce cours ?
  8. que penser de la volonté de créer une culture commune publique ?
  9. qu'en est-il du vivre-ensemble actuel ?
  10. le cours d'ECR va-t-il favoriser la transmission de la foi ?










mercredi 11 février 2009

Entretien sur Radio Galilée au sujet du cours d'éthique et de culture religieuse

Entretien avec Daniel Arsenault mardi 10 février vers 19h00 à l'antenne de Radio Galilée (une radio religieuse du centre du Québec).



Pardonnez la mauvaise qualité de la prise de son.

Le malaise québécois

Barbara Kay revient dans un article publié aujourd'hui sur l'affaire Françoise David dans un cahier d'ECR et l'opposition flagrante des réactions à cette affaire entre Québec et Montréal (ou plus précisément le milieu intellectuel et médiatique incestueux du Plateau Mont-Royal).

Un extrait portant sur la controverse entourant ce cahier d'éthique et de culture religieuse :

« On Feb. 2, Sylvain Bouchard, host of a Québec City FM 93.3 talk show, got himself in hot water with the redoubtable Françoise David, head of the Lilliputian far-left political party, Québec Solidaire. Bouchard had expressed (justifiable) spleen over David's personal prominence as – literally – the face of feminism in a text for Québec's new, compulsory Ethics and Religious Culture high school course. (David's photo appears alongside a narcissistic interview of the leader on one page of the tome.)

No other ideology's or even religion's spokesman is so privileged. But then Bouchard overstepped: He exhorted high school students to punish her exploitation of their captive readership by ripping the offending page from their manual and sending it to the station. David promptly announced she would complain to the CRTC. Bouchard's station director expressed regrets, but Bouchard himself defended his action: "I'm only referring to her ideological choices and not her person." Whether or not one is sympathetic to Bouchard (I confess I am), what's notable is that David would never have been so "dissed" by Montréal's politically correct bien pensants.

This was definitely a Québec City phenomenon. In the big national picture, the famous Two Solitudes are the province of Québec and the ROC – the Rest of Canada. But within the province of Québec, the two solitudes are Montreal and the ROQ – the Rest of Québec. Québec City is the seat of Québec's left wing government, but – in what is often referred to as "the mystery of Québec" – the Québec City region is one of Canada's most conservative constituencies. Boasting a high bourgeois population of politically prudent federalists, Québec City and its surrounding enclaves, which elected four Conservative Party MPs in 2004, remain respectful of their founding military and Catholic traditions, and unthreatened by (sometimes even nostalgic for) their rich English past. Marginalized by the major political parties and the mainstream media, made to feel guilty for being culturally homogeneous (a factor in producing the Hérouxville crisis during the reasonable accommodation debates) and insufficiently deferential to grievance-collecting minorities, many otherwise voiceless inhabitants of Québec and the regions find validation in the strident resistance to postmodernism exemplified by radio talk show hosts such as Sylvain Bouchard.

mardi 10 février 2009

Sous les libéraux, le décrochage scolaire a augmenté

En 2000, 26 % des jeunes du secondaire du réseau public quittaient l'école sans diplôme. L'an dernier, c'était le cas pour près de 29 % d'entre eux.

Chez les garçons, le constat d'échec est encore plus inquiétant : un sur trois, précisément plus de 35 %, s'absente de l'école et décroche.

En milieu défavorisé, les chiffres sont encore plus alarmants. Si à Westmount, seulement 6 % des jeunes décrochent, dans des quartiers comme Pointe-Saint-Charles ou Parc-Extension, à Montréal, la proportion dépasse 40 %, indiquent les statistiques officielles.

Pour un tableau ventilé par région voir ici.

Le fléau du décrochage scolaire est en expansion au Québec, depuis que les libéraux ont pris le pouvoir.

Pourtant, en 2003, les libéraux de Jean Charest avaient fait de la lutte contre le décrochage scolaire une de leurs grandes priorités d'action, avant de prendre le pouvoir.

Dans les faits, le décrochage a-t-il vraiment été une priorité ?

Mais, voilà, le Monopole de l'éducation a trouvé prioritaire d'imposer rapidement (à presque toutes les cohortes simultanément) le nouveau cours gouvernemental d'éthique et de culture religieuse. Ça, c'est prioritaire ! Peu importe si le cours est controversé et que trois actions en justice ont été engagées pour défendre les droits de parents qui s'opposent à cette imposition dès six ans et jusque dans les écoles privées confessionnelles.

Pendant ce temps le gouvernement, mu par une conception féministe de l'équité ministérielle où le sexe des députés semble déterminer leur ministrabilité plutôt que leur compétence, investit des millions dans les campagnes contre la seule violence des hommes faite aux femmes — comme le souhaitait Mme David interrogée dans un cahier d'ECR — et un réseau surdimensionné de centres d'hébergement pour femmes violentées, sans contrepartie pour les maris démunis et souvent accusés à tort, car la grande majorité des poursuites judiciaires pour violence conjugale se conclut par un acquittement ou un non-lieu.

On est fondé à se demander en quoi le Parti libéral est différent sur ces sujets de Québec solidaire et du Parti québécois : même volonté de voir l'État décider de la formation morale de tous les Québécois grâce à un monopole de fait, même politique féministe dans la composition du gouvernement, même volonté de satisfaire les regroupements féministes, même si cela signifie des gaspillages financiers répétés et la culpabilisation des seuls hommes par des campagnes de « sensibilisation ».

Encore un coup dans l'eau ?

Il n'est d'ailleurs pas clair, pour revenir au décrochage, que les politiques qu'envisagera l'État ne seront pas autant de coups dans l'eau et qu'une baisse du décrochage dans un futur rapport ne devra pas être imputée à des facteurs extrascolaires comme un climat économique plus morose devenu nettement moins tentant pour un candidat-décrocheur.

Il faut également se demander si le manque d'autonomie des écoles, l'absence d'un véritable marché libre de l'éducation, la jalousie de l'État à conserver son monopole pédagogique jusqu'à vouloir influencer la formation morale des enfants et la déresponsabilisation qu'en ressentent les parents ne sont pas des facteurs importants que l'État n'envisagera pas et ne remettra pas en cause. Pour ses technocrates, le rôle de l'État en éducation ne peut que s'accroître. Tout problème, comme le décrochage, ne peut signifier qu'un supplément d'actions directes du gouvernement.

Que penser de la féminisation croissante du corps enseignant ou même, selon certains, des programmes, de la généralisation des écoles mixtes, de la culpabisation sociale des « mâles » ? Tout cela serait-il sans effet ? Peut-être. Mais il est fort douteux que l'État permette d'y remédier pour des raisons idéologiques : « Comment ? Revenir en arrière, à des écoles unisexes comme sous la Grande Noirceur ? Mais il faut des écoles mixtes pour garantir l'intégration de tous dans une société ouverte et démocratique, etc. » On reconnaît là le procédé également utilisé pour imposer le cours d'éthique et de culture religieuse. La prétendue amélioration du vivre-ensemble. Sans aucune preuve que le manque de choix associé à cette imposition améliorera quoi que ce soit.

Sans un supplément d'autonomie, sans un réel marché libre de l'éducation où l'État interviendrait le moins possible, il est fort probable que la « lutte contre le décrochage » se soldera par un autre plan sans effet, coûteux ou peu efficace ; la variabilité du taux de décrochage à long terme s'expliquant principalement par des facteurs économiques et sociaux étrangers à ces plans gouvernementaux.

Il faut rendre l'école à la société civile comme le dit le sociologue Gary Caldwell (trois vidéos à méditer).