dimanche 21 janvier 2018

Le genre et l'université : une chape de plomb s'abat

Extrait d’une allocution de Jordan Peterson tenue à l’université de Toronto le 19 novembre 2016 qui décrit la véritable chape de plomb qui s'abat désormais à l'université.



Sur la parodie de justice qu’est le Tribunal des droits de la personne, lire « Extirper l’hérésie et le blasphème » sur l’affaire Mark Steyn devant ce « tribunal » ?

Sur Jordan Peterson :

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales

Jordan Peterson sur l’écart salarial, l’imposition des pronoms trans et la gauche radicale

Jordan Peterson et les jeunes « trans »




Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre (rediff)

Mise à jour du 30 novembre 2012

La vidéo a été sous-titrée en français (par des tiers)



Billet du 11 octobre 2012

La théorie du genre veut qu'il n'y ait pas de différences sexuelles innées entre les sexes, si ce n'est les caractères sexuels apparents. Pas de différences au niveau de la psychologie, des comportements entre hommes et femmes. S'il y en a, ce ne serait que le fait de facteurs environnementaux, sociaux. Les intérêts des femmes pour les professions à fort lien social plutôt que les techniques ne seraient, par exemple, que le fruit d'une culture (machiste bien sûr) qui les enferme depuis la plus tendre enfance dans des rôles traditionnels, moins bien payés.

La vidéo norvégienne ci-dessous (sous-titrée en anglais uniquement, malheureusement) a suscité un débat médiatique, scientifique et politique de premier plan en Norvège. Depuis ce débat, l’État norvégien a décidé de cesser toutes les subventions aux instituts et associations pro-genre. Ce fut plus particulièrement le cas du Nordisk institutt for kunnskap om kjønn (Institut nordique d'études sur le genre).

La controverse est née du reportage de Harald Eia qui dépeint les sociologues et les chercheurs en études du genre sous une lumière peu flatteuse dans une série télévisée appelée « Endoctrinés ».

Le vacarme avait déjà commencé l'été dernier, plus de six mois avant que la série ne soit prête. Certains chercheurs en sciences sociales qui avaient été interrogés par Eia s’étaient exprimés dans la presse pour dire qu'ils se sentaient bernés et trompés par les méthodes«douteuses» du journaliste.

Eia est d’abord allé interroger des sociologues norvégiens spécialistes en orientation sexuelle, en éducation, les rôles sexuels, l’orientation sexuelle et la race; des domaines fortement politisés dans la communauté universitaire norvégienne. Puis il a traduit ces entretiens en anglais et les a montrés à des chercheurs renommés britanniques et américains comme Robert Plomin, Steven Pinker, Anne Campbell, Simon Baron-Cohen, Richard Lippa, David Buss, et d'autres. Dire que les chercheurs américains et britanniques ont été surpris par ce qu'ils ont entendu serait un euphémisme.

« J'aimerais avoir un emploi technique. »
Tiré des travaux de Svein Sjøberg et Camilla Schreiner de l'Université d'Oslo

Tout commence par un paradoxe : la Norvège trône depuis des années aux premières places du classement des pays les plus égalitaires envers les femmes et pourtant la division du travail selon les sexes y est très stable, malgré toutes les campagnes gouvernementales pour changer les choses. Chose encore plus curieuse : plus un pays est pauvre et plus ses femmes s'intéressent aux professions techniques et traditionnellement masculines alors qu'elles sont délaissées dans des pays prospères et féministes comme la Norvège, le Danemark, la Finlande, l'Angleterre... C'est ce qu'on nomme le paradoxe de l'égalité entre les sexes.



(sous-titrage français)


(sous-titrage anglais)



Soutenons les familles dans leurs combats juridiques (reçu fiscal pour tout don supérieur à 50 $)

Il a arrêté l'école à 16 ans, il prépare aujourd'hui un doctorat en droit

Roderick n’a jamais passé son brevet [à 16 ans] ni été au lycée [fin du secondaire + cégep au Québec]. Après avoir travaillé quelques années, il a passé une capacité en droit en cours du soir, puis réussi licence et maîtrise à La Sorbonne.


« Les échecs font (aussi) partie de la réussite, car sans mes échecs, je ne serai jamais parvenu où j’en suis maintenant.

J’ai arrêté l’école à 16 ans après un parcours scolaire catastrophique. J’ai toujours été le dernier de ma classe. J’ai connu de nombreuses exclusions, convocations chez le juge pour enfant, en conseil de discipline, au rectorat. Au collège, j’ai redoublé deux fois — sixième et troisième — et j’en suis parti sans le brevet. Je n’ai donc jamais mis un pied au lycée.

Je suis alors entré dans l’armée, sans conviction ni patriotisme, mais il s’agissait à l’époque du seul employeur susceptible de me nourrir et de me loger, et qui recrutait sans formation. Passé cette expérience, j’ai enchaîné des petits boulots : livraison de pizzas, distribution de publicités dans le métro, petits chantiers au noir. J’ai aussi tenté une formation de paysagiste dans une école à Vincennes [Val-de-Marne]. Mais, pic de la crise oblige — nous étions en 2010 — aucune entreprise ne recrutait. J’ai donc quitté cette formation pour retourner à mes petits boulots alimentaires. »

Une passion pour le droit

« En septembre 2011, j’ai croisé un ami du collège, qui était rentré en fac de droit. Il m’a parlé d’une équivalence au bac, une capacité en droit, une formation gratuite en cours du soir en deux ans qui me permettrait soit d’entrer en fac (et pas seulement en droit), soit de passer les concours de la fonction publique.

Je me suis lancé dans cette formation, à La Sorbonne. Je ne connaissais absolument rien. Qu’est-ce que le droit ? Quelle est la différence entre un maire et un préfet ? Entre un juge et un procureur ? Entre l’État et une mairie ?

La formation a été exigeante. J’ai parfois travaillé toute la nuit pour lire des bouquins et répondre à mes questions sur la société. Et puis je me suis découvert une passion pour le droit. J’ai découvert les institutions, les enjeux des grands débats relatifs à la démocratie ou aux questions sociales…

Après l’avoir validé haut la main, j’ai intégré une licence de droit, puis un master de droit public, que j’ai obtenu avec mention. J’ai été recommandé par plusieurs de mes professeurs pour intégrer Sciences Po Paris, dont j’ai passé le concours, et obtenu la note de A (soit la note maximale). Mais j’y ai finalement renoncé pour commencer un doctorat en droit à La Sorbonne, qui débutera à la rentrée prochaine.

En parallèle, j’ai obtenu un poste d’assistant de justice en cour administrative d’appel. Preuve qu’en plus d’être diplômé, cela peut déboucher sur de très belles occasions !

Aucun bac ne prépare à la fac de droit. J’ai été bien meilleur élève que des bacheliers ES obtenus avec mention très bien, et bien moins bon que certains élèves issus d’un DAEU [diplôme d’accès aux études supérieures] ou d’une capacité en droit comme moi.

Je tire une évidence de mon expérience : le parcours scolaire du collège-lycée n’est absolument pas prédéterminant pour la réussite à l’université. »

Pour entrer à l’université en France, des examens alternatifs au baccalauréat existent, tels le DAEU, l’International Baccalaureate, la capacité en droit, l’AbiBac, le DEC québécois...

Tour d’horizon des diplômes existants :

– Le diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) est un diplôme national qui permet ensuite d’accéder à une université, un IUT ou une école recrutant au niveau bac. Il donne aussi accès aux concours administratifs de catégorie B. Il en existe deux types : l’option A (littéraire) et l’option B (scientifique). Le DAEU se prépare à l’université, en présentiel ou en ligne. Le cursus peut être étalé sur plusieurs années. Les candidats doivent être âgés de 24 ans au moins (ou 20 ans et justifier de deux ans d’activité professionnelle).

– Le Baccalauréat international (IB), appelé aussi « bac de Genève », a été lancé en 1968 par une fondation suisse. Il est préparé dans près de 4 000 établissements, répartis dans 150 pays. En France, 12 établissements privés préparent à l’IB, le plus souvent en anglais. [...] Le cursus comprend un tronc commun et six matières optionnelles. L’IB n’est pas reconnu a priori par l’éducation nationale. Les titulaires doivent solliciter une dispense du bac français auprès de l’établissement de leur choix. Mais nombre d’écoles cotées acceptent les élèves ayant obtenu l’IB.

– La capacité en droit est une formation juridique générale d’une durée de deux ans, souvent dispensée en cours du soir. Les titulaires peuvent ensuite entrer en première année de licence de droit ainsi qu’en première année de DUT carrières juridiques ou de BTS notariat. Ils peuvent aussi passer des concours de la fonction publique. Il existe également, sur le même modèle, une capacité en gestion des entreprises, qui se prépare surtout dans des Instituts d'administration des entreprises (IAE).

– L’AbiBac, créé par l’accord franco-allemand du 31 mai 1994, est un cursus débouchant sur la délivrance simultanée des deux diplômes, le bac français et l’Abitur allemand. Le dispositif repose sur un jumelage entre un lycée français et un Gymnasium allemand. Plus de 80 lycées en France préparent à l’AbiBac.

– D’autres équivalents du bac. Il existe un grand nombre de titres ou de diplômes permettant d’obtenir une équivalence du bac. Le DEC (diplôme d’études collégiales) québécois en est un. On en trouvera la liste sur le site Legifrance.gouv.fr.

Voir aussi

Peter Thiel et l’université aux États-Unis : un test de QI extrêmement coûteux


samedi 20 janvier 2018

France : fini l'étude de l'Antiquité, mais retour de la préhistoire pour parler des migrations

Barbara Lefebvre est enseignante et auteur de Génération : J’ai le droit. Dans son livre, elle témoigne de son expérience et parle d’une génération individualiste, de crise de l’autorité... Elle a auparavant collaboré à la rédaction du livre marquant Les Territoires perdus de la République, né du constat alarmé de professeurs de l’enseignement secondaire de la région parisienne, a paru pour la première fois en 2002. Les auteurs des attaques terroristes de 2015 étaient collégiens dans des établissements peu ou prou semblables à ceux évoqués dans le livre, au sein desquels il se produisait des « incidents » à caractère antisémite, raciste et sexiste.

Pour enseigner la préhistoire qui se justifierait pour contextualiser les grandes migrations actuelles, les rédacteurs du programme d’histoire officiel en France ont éliminé l’Antiquité et les savants grecs. On insiste aussi sur la traite esclavagiste des Européens, mais on occulte celle arabo-musulmane.




Extraits de Génération « J’ai le droit » de Barbara Lefebvre

On pourrait croire que la multiplication des enquêtes nationales et internationales allait apaiser l’inépuisable débat sur le niveau des élèves français. Il n’en est rien tant la question est devenue plus politique que pédagogique. Corps enseignant, Inspection générale, chercheurs en « sciences de l’éducation », journalistes experts, tous s’accordent à dire que le niveau des élèves de 2017 est moins bon en orthographe, en grammaire, en lecture compréhension, en raisonnement mathématique qu’il y a vingt ans.

Mais certains recourent à toutes sortes d’arguties pour assurer que nous n’avons rien compris, que si les résultats sont moins bons, le niveau ne baisse pas ! Nous serions victimes d’une illusion d’optique : en réalité le niveau monte, mais cette progression est inégalement partagée. Revoilà l’égalitarisme sous couvert « d’égalité des chances », la toise du « moyen », la dictature de la courbe de Gauss. Revoilà la question sociale qui permet aux idéologues d’éviter encore et toujours le débat sur les méthodes pédagogiques qui ont conduit à produire plus d’un tiers d’illettrés à la sortie du primaire.

Il faut d’ores et déjà éclaircir un point : j’entends par illettré un élève qui décode plus ou moins correctement, mais ne comprend pas ce qu’il lit. Un illettré est un lecteur non-compreneur. Cela exclut donc les élèves porteurs de troubles des fonctions cognitives (TFC), même mineurs comme les « dys ». On devrait d’ailleurs s’interroger sur l’explosion de diagnostics d’élèves dyslexiques et dysorthographiques depuis plus d’une décennie. Dans les salles de profs, on entend dire que « c’est une mode ». La pathologisation est une tendance apparue il y a une vingtaine d’années : tout est psychologisé, pathologisé avec des relents analytiques de café du commerce. Plutôt que de penser les problèmes en évaluant les effets des pratiques et méthodes enseignantes, on appelle le psy, l’orthophoniste, quand ce n’est pas le sophrologue ! Les véritables experts des TFC considèrent qu’il y a beaucoup de « faux diagnostics dys » puisque nombre de ces enfants sont rééduqués après seulement quelques séances d’orthophonie s’appuyant sur l’apprentissage syllabique. À l’inverse, un vrai dyslexique, en dépit des progrès qu’il peut faire, restera dyslexique et devra recourir aux différentes formes d’adaptation qu’il aura apprises pour compenser son trouble de la lecture et de l’écriture.

Les enseignants des collèges et lycées sont démunis face aux élèves toujours plus nombreux ayant un déficit en maîtrise de la langue orale et écrite. Les enseignants savent gérer les dys, mais pas l’illettrisme de masse. Nous devons enseigner des programmes toujours plus lourds avec des horaires disciplinaires inchangés, voire diminués sous l’effet des réformes successives. Sous la pression de nos inspecteurs, dans un temps record, on nous somme de boucler le programme alors que nos élèves ne maîtrisent pas les outils langagiers de base. Et cette situation délétère ne concerne pas que les disciplines littéraires : combien de fois ai-je entendu mes collègues de mathématiques ou de sciences faire le constat qu’ils n’arrivaient plus à enseigner tant les élèves étaient incapables de comprendre le sens d’un énoncé ou d’une consigne. Or, les mathématiques ne consistent pas à la simple acquisition de modes opératoires mécaniques, il s’agit d’enseigner une capacité à réfléchir, à conceptualiser et analyser des situations mathématiques. Ces études internationales ont bel et bien démontré la faiblesse des élèves français dans ces compétences analytiques, y compris parmi les bons élèves en maths !


Source et suite

Voir aussi

La génération « moi, j’ai le droit »

Un million d’esclaves européens chez les Barbaresques

Manuel d'histoire québécois (1) — chrétiens intolérants, Saint Louis précurseur des nazis, pas de critique de l'islam tolérant pour sa part

Les manuels scolaires québécois d'histoire... (Attaque en règle par Christian Rioux et Magali Favre)

Écoles québécoises : Pas de classiques de la littérature, mais la lutte contre l'hétérosexisme en classe de français, d'anglais, d'histoire et de mathématiques

Complément au nouveau cours d'histoire du Québec (traite négrière arabo-musulmane)

ÉCR — Une enseignante fait expérimenter le voile à ses élèves et ses déclarations sur les Arabes

Lire aussi Là où les Nègres sont maîtres. Un port africain au temps de la traite, de Randy J. Sparks, aux éditions Alma, 2017, 369 pp. ISBN-13 : 978-2362792229. En décrivant le fonctionnement d’un port esclavagiste sur la Côte-de-l’Or au XVIIIe siècle, Randy Sparks montre à quel point les Africains ont occupé une place importante dans l’économie de la traite négrière.




Jordan Peterson sur l'écart salarial, l'imposition des pronoms trans et la gauche radicale

L’entretien enflammé au complet, sous-titré en français, de Channel 4 News avec le psychologue clinicien et professeur Jordan Peterson de l’Université de Toronto. Vidéo anglaise vue plus de 2 millions de fois en 48 heures.

Selon Channel 4, « les opinions du professeur Peterson sur le genre ont soulevé une grande controverse » et un nombre considérable d’admirateurs en ligne (près de 600 000 abonnés sur YouTube, 300 000 abonnés sur Twitter). Ses vidéos ont été vues plus de 150 millions de fois.

Les Chroniques de l’éducation supérieure se demandent pour leur part « Qu’est-ce qui rend Jordan Peterson si dangereux ? » : « Il compte plus d'un demi-million d'abonnés YouTube, près de 300 000 abonnés Twitter et plusieurs milliers de partisans qui lui envoient 60 000 $ par mois » pour financer sa recherche après l'arrêt du financement par le gouvernement fédéral (voir cet article du National Post «Une occasion de faire connaître leur mécontentement »: subvention gouvernementale refusée au professeur pronominal).

Il discute de la crise de la masculinité, des différences entre les sexes, d’écart salarial entre les hommes et les femmes, du patriarcat, de l’imposition des pronoms transgenres et de son nouveau livre « 12 Rules for Life » (Douze règles pour la vie).



La vidéo originale a été vue près de 3 000 000 de fois en moins d’une semaine. Elle a suscité d’innombrables commentaires. Certains peu amènes. Certaines féministes comme Kate Bevan (compte Twitter authentifié avec 12 000 abonnés) saluent même la prestation de la journaliste en insultant Jordan Peterson (dickhead = tête de nœud, connard) !

Cette violence verbale contre Jordan Peterson pour sa prestation lors de cet interrogatoire ne semble pas être un cas isolé (voir Cathy Newman’s feminist fans aimed 30 times more violent sexist abuse at Peterson and his supporters than vice-versa).

Jordan Peterson aborde le système nerveux du homard dans son livre et cet interrogatoire


Liens connexes

Université Wilfred Laurier (Ontario) — S’opposer aux pronoms transgenres (Jordan Peterson), c’est comme Hitler...

Étude — Plus on est « progressiste », plus idéaliserait-on ou nierait-on la réalité ?

Religion — Pourquoi le cerveau (de progressistes ?) refuse-t-il de changer d’opinion politique ?

La croisade des LGBT contre la liberté d’expression et les distinctions linguistiques immémoriales
 
L’assistante intimidée par l’université Wilfrid Laurier ne croit pas en la sincérité des excuses de l’université (M-à-j)

La censure sur les campus du Canada

Wall Street Journal : « Il n’y a pas d’écart salarial hommes-femmes »

Deux fois plus de dépressions chez les femmes qu’il y a 40 ans. Rançon de la « libération » de la femme ?

Les jeunes femmes gagnent plus que les jeunes hommes dans les métropoles américaines

Discrimination — Les lesbiennes gagnent plus que les hétérosexuelles.

Le cerveau des hommes et celui des femmes seraient connectés différemment

L’État [et ses emplois à l’abri des aléas économiques] se féminise et se « diversifie »

La révolution sexuelle et le féminisme, héritage des années soixante

Tempête dans la gazouillosphère québécoise : « Les filles attachent moins d’importance au salaire que les garçons »



Le paradoxe de l'égalité entre les sexes c. la théorie du genre (Scandinavie) (Jordan Peterson y fait allusion)


Reportage de la télé norvégienne (NRK) sous-titrée en français (par des tiers)

Pourquoi l'absence du père serait néfaste pour les garçons

jeudi 18 janvier 2018

Discrimination — Le gouvernement fédéral ne finance plus les emplois étudiants auprès d'associations trop conservatrices

Emploi et Développement social Canada a affiché sur son site web de l'information, datée du 19 décembre 2017, annonçant un changement majeur dans ses exigences concernant les demandes de financement fédéral dans le cadre de son programme Emplois d'été Canada pour les jeunes. Il faut maintenant y inclure une attestation assurant que « l'emploi et le mandat principal de l'organisme sont conformes aux droits de la personne au Canada, y compris les valeurs sous-jacentes à la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que d'autres droits. Ceux-ci incluent les droits en matière de procréation et le droit de ne pas faire l’objet de discrimination fondée sur le sexe, la religion, la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, les déficiences mentales ou physiques, l’orientation sexuelle ou l’identité ou l’expression de genre. »

Selon le ministère, l’insistance sur les droits en matière de procréation (qui incluent expressément « l’accès à des avortements sûrs et légaux »), l’orientation sexuelle et l’identité ou l’expression de genre se veut pour que les jeunes « âgés d’à peine 15 ans, ne soient pas exposés à des organismes dont les emplois vont à l’encontre des valeurs contenues dans la Charte des droits et libertés et la jurisprudence qui en découle. »

Pour recevoir les subventions fédérales du Canada pour les emplois, l’employeur doit attester que :

l’emploi et le mandat principal de l’organisme sont conformes aux droits de la personne au Canada, y compris les valeurs sous-jacentes à la Charte canadienne des droits et libertés ainsi que d’autres droits. Ceux-ci incluent les droits en matière de procréation et le droit de ne pas faire l’objet de discrimination fondée sur le sexe, la religion, la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, les déficiences mentales ou physiques, l’orientation sexuelle ou l’identité ou l’expression de genre.

Le député conservateur Brad Trost a été le premier à sonner l’alarme publiquement dans une vidéo sur Twitter et Facebook, dans laquelle il dénonce les libéraux pour cause de discrimination.

« En termes pratiques, cela signifie que vous devez adopter la position du Parti libéral au sujet de l’avortement, du mariage homosexuel, des droits des transgenres, de toutes sortes de lois de la Chambre des communes, autrement vous n’êtes pas un employeur ayant droit à ce programme », a déclaré Trost.

« Ce n’est pas acceptable, c’est de la discrimination. »

Les Canadiens « ont le droit d’avoir des opinions politiques différentes de celles du gouvernement du jour, et ils ne devraient pas voir leur financement coupé parce qu’ils sont en désaccord avec celui-ci », a-t-il ajouté.

« Le second problème avec cette mesure, c’est qu’elle exclut automatiquement toutes les organisations confessionnelles qui ont des valeurs traditionnelles sur la vie humaine et sur la morale sexuelle. Cela comprend des millions et des millions de Canadiens, » a affirmé Trost.

L'Église catholique s'est également élevée contre cette mesure radicale et discriminatoire. Nous reproduisons la fin de leur communiqué émis à cette occasion :
Les communautés religieuses considèrent l'avortement, l'orientation sexuelle et l'identité ou l'expression de genre comme des questions majeures ayant des incidences éthiques, morales, sociales et personnelles, lesquelles déterminent notre compréhension de la dignité humaine et donc notre appréciation du sens et de l'importance de chaque vie humaine. Cette nouvelle politique entre directement en conflit avec le droit à la liberté de religion et de conscience, qui est, lui aussi, consacré par la Charte des droits et libertés et la jurisprudence qui en découle. Elle compromet gravement le droit à la liberté religieuse, puisque le gouvernement du Canada limite directement le droit des traditions religieuses de publiquement garder, enseigner et pratiquer leurs principes et leurs valeurs.

En plus de la violation évidente et regrettable de la liberté de conscience et de religion engendrée par la nouvelle politique, il y aura d'autres conséquences concrètes et malheureuses : des camps d'été seront forcés de fermer; des services de nombreux organismes sans but lucratif seront réduits; de précieuses occasions d'apprentissage seront perdues. Ce ne sont là que quelques-uns des effets qui seront sentis dans les diocèses et organismes catholiques ainsi que dans de nombreuses autres communautés religieuses dans tout le Canada.

De plus, la politique récemment annoncée constitue une tentative d'étouffer la voix des communautés religieuses dans la démocratie canadienne et de limiter leur participation sur la scène publique. D'ailleurs, elle va à l'encontre des recommandations publiées à la fin de mars 2017 par le Groupe de consultation sur les activités politiques des organismes de bienfaisance, qui avait été formé par la ministre du Revenu national. Ces recommandations veulent notamment que les organismes de bienfaisance soient autorisés à fournir des renseignements en vue d'alimenter et d'influencer l'opinion publique, et de défendre le maintien ou la modification des lois ou des politiques, au Canada (à tous les niveaux de gouvernement) ou à l'étranger.

Les évêques catholiques soulignent qu'en date du 11 janvier, le seul média qui ait traité la nouvelle en français est le HuffPost Québec.



Nous attendons les explications claires de M. Trudeau sur la question.




Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

Dans toutes les écoles du Québec (y compris primaires y compris privées et religieuses) les écoliers dits transgenres doivent être identifiés par le prénom et le sexe qu’ils ont choisis. Ils doivent aussi avoir accès à des toilettes et des vestiaires qui respectent leur identité sexuelle.

Voilà quelques-unes des mesures à mettre en place dans le réseau de l’éducation pour soutenir les jeunes transgenres, comprises dans un guide conçu pour les établissements scolaires.

Le document Mesures d’ouverture et de soutien envers les jeunes trans et les jeunes non binaires a été rédigé par la Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation et sera officiellement lancé ce matin, à Montréal.

Le document commence par cette assertion « Plusieurs jeunes trans et jeunes non binaires ont besoin d’exprimer leur identité de genre et leur expression de genre, et ce, dès le primaire. » Le document ne précise pas combien de jeunes écoliers du primaire seraient « transgenres » ou « non binaires ». Il y a environ un million d’élèves dans le réseau d’éducation du Québec...

Perte d’argent, moindre transmission de la connaissance, publicité contreproductive

Selon la Dr Joanna Williams, ces mesures sont une perte d’argent et peuvent être contreproductives. Selon cette éducatrice, « Au moment où ils commencent l’école, la plupart des enfants connaissent leur nom, leur âge et leur lieu de résidence. [...] La plupart savent aussi avec certitude s’ils sont un garçon ou une fille. »

Pour la Dr Williams, ce genre de mesures peuvent être contre-productives, « quand elles poussent les enfants les plus jeunes à se demander s’ils sont vraiment un garçon ou une fille ».

Alors que les chiffres du service de la santé britannique (NHS) suggèrent que la proportion d’enfants qui se considèrent comme transgenres reste marginale, un rapport publié en 2016 a révélé que ce nombre avait été multiplié par dix sur une période de six ans. On peut se demander s’il ne s’agirait pas d’une mode suscitée par la publicité énorme faite à la cause « transgenre » ces dernières années.

Rappelons que selon une étude universitaire environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite... Notons en outre que les déclarations des écoliers et des ados sont souvent suspectes dans ce domaine. Selon l’universitaire Savin-Williams, le taux relativement haut d’ados LGBT que l’on retrouve dans certaines études s’explique par l’hypothèse de « blagues potaches ». Les adolescents auraient pensé qu’il était drôle de se faire passer pour homosexuels ou bisexuels aux yeux des chercheurs.

Alors que le rôle des enseignants était autrefois simplement de transmettre des connaissances dans un domaine précis, ils sont désormais soumis à une pression croissante pour fournir un soutien social et des conseils sociaux, de noter la Dr Williams.

En février 2017, l’école pour filles Saint-Paul a annoncé qu’elle avait introduit un « protocole neutre pour les garçons » qui permet aux écolières d’y porter des uniformes de garçons et d’utiliser des noms traditionnellement masculins si elles le voulaient.

Leur lobby, nos lois

La Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation est composée de plus d’une vingtaine d’intervenants, dont des représentants du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, d’organisations syndicales, de comités de parents et d’associations étudiantes.

En vertu des modifications apportées récemment à la Charte des droits et libertés de la personne, la discrimination fondée sur l’identité et l’expression de genre est maintenant interdite. Cette disposition amène des responsabilités additionnelles pour les écoles, cégeps et universités, qui doivent assurer le droit à la dignité et au bien-être de leurs élèves, alors que les partisans de ces mesures affirment que plusieurs transgenres seraient victimes d’intimidation et de violence.

Formulaires et toilettes neutres

Pour respecter leur identité de genre, le personnel du réseau de l’éducation doit utiliser le prénom choisi par l’élève ou l’étudiant, et ce, même si aucun changement n’a été fait au registre de l’état civil ou au dossier administratif du jeune. Le guide recommande par ailleurs de faciliter le changement de prénom et de sexe dans les formulaires et documents des établissements.

Un jeune transgenre doit aussi avoir accès aux toilettes et aux vestiaires « dans lesquels il se sent le plus à l’aise, et ce, quel que soit le sexe qui lui a été assigné à la naissance », peut-on lire. Une solution « simple » consisterait à transformer les cabinets de toilette uniques déjà existants en toilettes neutres, précise-t-on. On ne sait pas à quel coût.

Les établissements doivent aussi adapter leur code de vie pour tenir compte des besoins des écoliers trans, afin de leur permettre notamment de porter les vêtements qu’ils désirent. Il est aussi recommandé de réduire le plus possible les activités où l’on sépare les élèves selon « le genre ».

Des « activités de sensibilisation » (culpabilisation, propagande ?) doivent aussi être organisées dans toutes les écoles, qui devraient offrir du soutien psychologique aux jeunes trans dans leur démarche. Quel sera le budget consenti à ces activités ?

Voir aussi

SRC larmoyante : « L’intégration d’une élève [dite] transgenre freinée par la bureaucratie »

Étude : Environ 70 % des ados qui se disaient LGBT se déclarent hétérosexuels par la suite

Jordan Peterson et les jeunes « trans »

La génération « moi, j'ai le droit » (suite et non fin)

Dans la série « moi, j’ai le droit » (ici au cellulaire à l’école), cette nouvelle où l’élève attaque son école.

Un élève de l’école Charles-Gravel Chicoutimi-Nord estime que les sanctions imposées aux jeunes pour l’utilisation du cellulaire dans les salles de classe sont inconstitutionnelles.

Vincent Duguay (ci-dessous), âgé de 15 ans, a déposé une mise en demeure mercredi à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

Photo Facebook de Vincent Duguay. Avec cette légende qui devait être en anglais : « Be an outsider: Think outside the box and Live like there’s no fucking box »

Il demande aux directions d’écoles de ne plus confisquer les cellulaires des élèves puisque cela violerait le droit à la propriété.

Le cellulaire en classe

Comme dans beaucoup d’écoles au Québec, l’école secondaire Charles-Gravel interdit aux élèves d’utiliser leur cellulaire durant leurs cours.

S’ils contreviennent à ce règlement, l’enseignant peut le confisquer pour une période de 24 heures. Une sanction inconstitutionnelle selon Vincent Duguay.

Il estime que la confiscation des cellulaires entraîne des conséquences comme l’impossibilité pour les employeurs de joindre les jeunes.

Vincent Duguay a donc décidé de mettre la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay en demeure afin de mettre fin à cette pratique, même si lui-même n’a jamais été confronté à ce problème.

L’avocat en droit civil, Éric Lebel, a examiné le document. Il croit que la mise en demeure va un peu loin.

« Là, c’est suffisamment sérieux pour nous faire penser : “je n’ai pas le goût de l’utiliser”. Il faut qu’il y ait une sentence [sic : sanction, sans doute] suffisamment sérieuse et sévère pour que les jeunes respectent cette règle-là. Sinon personne ne va respecter ça », fait remarquer Éric Lebel.

Vincent Duguay rêve d’être avocat. Il a d’ailleurs déjà commencé la pratique avant la théorie du droit.

Notons que les écoles peuvent déjà confisquer la propriété des élèves, par exemple des objets dangereux. La question semble surtout donc porter sur la proportionnalité de la sanction (priver l’élève de sa propriété alors qu’il n’est plus à l’école).

En effet, lorsqu’un élève utilise son cellulaire en classe ou dans un autre endroit où son utilisation est interdite, l’appareil est confisqué pendant 24 heures, du moins jusqu’au début de la première période du prochain jour de classe. Un élève pourrait être privé de son cellulaire le mardi pour le retrouver le mercredi, mais si l’objet est confisqué le vendredi, il ne le reprendrait que le lundi.

Pratique commune, parents parfois la cause de problèmes

La confiscation du cellulaire en dehors des heures de classe est une pratique courante dans les écoles du Québec, ont confirmé sept commissions scolaires au Journal de Montréal.

Beaucoup des parents sont même d’accord avec l’interdiction et la saisie, mais d’autres font aussi partie du problème, selon la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE). Des parents vont même jusqu’à téléphoner à leur enfant pendant les cours, raconte la présidente Lorraine Normand-Charbonneau.

Voir aussi

La génération « moi, j’ai le droit »

Selon Marc-André Girard [enseignant québécois qui écrit au ministre français de l’Éducation],
l’interdiction des cellulaires dans le paysage scolaire n’est pas possible, et n’est « même pas viable ».

« Toutes les religions ne se valent pas »

Chronique d’Éric Zemmour qui visiblement n’a pas réussi ses cours d’Éthique et de culture religieuse imposée par le gouvernement québécois.

La question de la religion est redevenue centrale dans nos sociétés. Un retour qu’analyse avec précision l’universitaire Rémi Brague, qui a l’audace de distinguer à une époque relativiste.

C’est un souvenir d’adolescent qui m’est revenu, il y a quelques jours, pour le troisième anniversaire de l’exécution de Charlie au nom d’Allah. Dans les années 1970, on riait beaucoup à la lecture des bandes dessinées de Gotlib qui, avec un rare talent, croquait Jéhovah, Jésus, Allah, Bouddha, moqués également — et équitablement — pour leurs appétits de mortels, un peu à la manière des anciens dieux de l’Antiquité grecque. À la même époque, nous nous étripions, sérieux comme des papes, ou des militants, sur l’étendue des nationalisations dans le programme commun de la gauche ! Aujourd’hui, le rire et l’esprit de sérieux ont changé de camp. C’est ce que constate, en introduction de son livre [Sur la religion], Rémi Brague, sans que l’on sache s’il s’en désole ou s’en félicite. Mais ce constat indiscutable nous rend d’autant plus précieux le travail savant qu’il a entrepris, depuis plus d’une dizaine d’années, d’affiner et d’éclairer une notion devenue fourre-tout : la religion.

C’est là que les ennuis commencent. Les nôtres et les siens. Rémi Brague est agaçant. Très agaçant. Il rétablit une parole verticale du professeur qui sait, dans un monde égalitariste qui préfère l’ignorance. Il cherche l’essence des choses, et des religions en particulier, dans un monde conquis depuis belle lurette par une vulgate existentialiste qui ne veut connaître que des individus et leurs destins personnels. Il s’affirme comme chrétien dans un monde qui confond au mieux le christianisme avec les droits de l’homme. Il ne se laisse pas prendre au leurre des « trois religions du livre ».

Agaçant, très agaçant, on vous le disait. Précieux, donc. Précieux quand il défend le discours de Ratisbonne de Benoît XVI, sur la religion et la raison, qui fut tant controversé… pour de mauvaises raisons. Précieux quand il nous indique, à la suite de Hegel, que seul le christianisme est une religion et rien d’autre, tandis que « le judaïsme est une religion et un peuple ; l’islam est une religion et un système juridique ; le bouddhisme, une religion et une sagesse ». Précieux quand il nous apprend que Machiavel, bien avant Nietzsche, avait reproché au christianisme d’avoir « efféminé » le monde. Précieux quand il nous précise que « l’islam, qui ne reconnaît pas la Bible comme authentique, n’a pas le même Dieu que le judaïsme et le christianisme, parce qu’il ne raconte pas sur Lui les mêmes histoires ». Précieux quand il distingue entre le judaïsme, où « l’Église a absorbé le peuple », et le christianisme, qui commença par trois siècles de conflit avec les autorités de l’Empire romain. Précieux quand il nous rappelle que beaucoup de lois juives furent forgées, selon Maïmonide lui-même, pour séparer les juifs des autres peuples, tandis que l’islam a conservé du christianisme un message universel.


Mais distinguons encore avec soin : on devient chrétien par un baptême, un acte de volonté personnelle tandis que dans le Coran, tout homme, depuis l’origine de l’humanité, est censé être un musulman. En revanche, ce sont ses parents qui font de leur enfant un chrétien, un juif ou un zoroastrien. Les chrétiens ont repris le récit de l’Ancien Testament dans lequel Abraham discute et marchande même au sujet du sort funeste de Sodome et Gomorrhe, tandis que dans le Coran, l’anecdote est racontée sans négociation ni marchandage. C’est que la parole divine n’a pas le même statut : dans le judaïsme, comme dans le christianisme, elle est inspirée aux prophètes, tandis que selon le Coran, elle est dictée à Mahomet. On comprend mieux que « les institutions libres ne se sont guère développées dans des régions qui n’avaient pas été influencées par des idées juives ou chrétiennes ».

On comprend mieux aussi les rapports à la violence qu’entretiennent les différentes traditions. Bien sûr, chaque fois, les récits de guerres, de massacres, d’exterminations même, sont le produit d’un « contexte » historique déterminé. Ainsi Brague nous apprend-il que les exterminations décrites dans l’Ancien Testament, exécutées par les Hébreux sur leurs voisins, sont bien souvent des allégories pour compenser la grande faiblesse d’un peuple hébreu « pris en tenailles entre les deux puissants empires d’Égypte et de Mésopotamie. Les récits guerriers de la Bible sont des rêves compensatoires, non des reportages historiques ». Dans le Coran, c’est au contraire le récit d’une puissance en expansion qui est exaltée. Mais si le récit peut être remis dans son contexte historique, la parole divine ne peut l’être puisqu’elle est absolue, et que le prophète [Mahomet] est le « bel exemple » qui doit être imité par tous et pour tous les temps, ses faits et gestes étant une source de droit plus importante encore que le Coran, même lorsqu’il tue, égorge, massacre.

Rémi Brague nous démontre que nous sommes dans une impasse tragique. « Alors que nos systèmes juridiques considèrent que le fait d’être un homme serait plus profond que la division du genre humain en diverses religions », nous avons sur notre sol un système juridique « religieux » qui doit s’imposer à tous. Une Loi divine à la place de la loi des hommes, qui définit comportements et mœurs. Alors que la nation française est une création millénaire qui a forgé notre identité, nous avons des croyants d’Allah qui considèrent que « toute nation ne peut être qu’un inutile doublet de l’Oumma, dont le Coran dit qu’elle est “la meilleure des communautés” et dont le dirigeant est Dieu ».

Cette vérité est intolérable à nos sociétés, qui trouvent toutes les issues possibles pour y échapper. « On dit les religions sont violentes pour ne pas distinguer l’islam, comme il y a quelques dizaines d’années, on préférait évoquer les dangers que représentaient “les idéologies” pour ne pas avoir à nommer le marxisme-léninisme. » On dit : tout cela sera réglé par une stricte laïcité. On dit : il faut se débarrasser de toutes les religions. On dit : tout cela sera noyé dans les joies hédonistes de la consommation. On dit : l’école républicaine réglera tout ça d’un coup de baguette magique. On dit tout et son contraire. Rémi Brague est l’apporteur de mauvaises nouvelles ; mais comme il le fait poliment, sans hausser la voix, on ne l’exécutera pas. On fera seulement semblant de ne pas comprendre ce qu’il nous dit.





Sur la religion
de Rémi Brague
aux éditions Flammarion
paru le 17 janvier 2018
à Paris
256 pages
ISBN-13 : 978-2081416864



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mercredi 17 janvier 2018

DPJ — Un juge parle d'« un manquement important [aux] devoirs » de la direction

Le fouillis qui régnait dans un dossier de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) Mauricie–Centre-du-Québec, une organisation qui fait l’objet d’une enquête, a excédé un juge au point où il a renvoyé un petit garçon dans sa famille biologique avant même d’en avoir évalué la situation. Elle avait été jugée négligente et violente 12 mois auparavant.

Le magistrat a durement critiqué le service pour « un manquement important à ses devoirs » dans le dossier du garçonnet de 2 ou 3 ans, dont le dossier traînait depuis des mois devant la justice.

Un placement de quatre mois dans une famille d’accueil s’est illégalement transformé en placement de plus d’un an pour l’enfant, alors que les services sociaux se renvoyaient la balle, a dénoncé le juge Bruno Langelier, dans une décision rendue le mois dernier. La loi prévoit que le sort d’un enfant doit être réévalué et fixé au plus 60 jours après la fin d’un placement : dans ce cas, 250 jours s’étaient écoulés - plus de quatre fois le maximum.

Alors que la DPJ Mauricie–Centre-du-Québec demandait un nouveau report du dossier, le 7 décembre, le magistrat a coupé court au processus en ordonnant le renvoi de l’enfant chez ses parents biologiques. Cette décision pose un risque de « préjudice sérieux », mais est la seule « qui respecte la loi », a-t-il écrit.

Selon une sommité en droit de la famille et de la jeunesse, la situation est « un cafouillage qui démontre une incompétence crasse ».

« Je ne peux pas croire que ça existe au Québec. On lit ça et on se demande si c’est réel tellement c’est absurde », affirme le professeur de droit Alain Roy, de l’Université de Montréal.


La DPJ Mauricie–Centre-du-Québec fait déjà l’objet d’une enquête « systématique » de la Commission des droits de la personne et de la jeunesse pour des problèmes « préoccupants » dans le traitement des enfants.

« Manquement important à ses devoirs »

Si le dossier du garçonnet a eu de tels retards, c’est en partie parce que la DPJ Mauricie–Centre-du-Québec croyait que ce cas devait être traité par une autre DPJ — dont elle ne veut pas révéler le nom. La situation semble liée à un déménagement des parents biologiques.

Mais selon le juge Langelier, la DPJ Mauricie–Centre-du-Québec n’a pas pris les moyens nécessaires pour transférer le dossier rapidement si elle jugeait ne plus être concernée. Il a écrit ne pas pouvoir accepter des « désordres » dans le dossier ou « les difficultés administratives » comme argument pour prolonger encore davantage les solutions temporaires appliquées à l’enfant.

« La situation actuelle prive un jeune enfant de sa mère et les parents sont privés de leur enfant depuis si longtemps, et ce, dans un cadre qui ne respecte pas la loi depuis si longtemps », a-t-il écrit, ajoutant que tolérer de nouveaux délais « n’aurait tout simplement aucun sens ».

« La DPJ a des pouvoirs exorbitants qui lui sont attribués par la Loi sur la protection de la jeunesse ; d’avoir agi comme il l’a fait dans la présente situation révèle un manquement important à ses devoirs. »

Parce que la loi ne prévoit pas de sanction pour les DPJ qui font mal leur travail, le professeur Alain Roy craint que le déplacement des enfants ne serve parfois de punition. « Je trouve ça inacceptable qu’on fasse payer l’enfant, que l’enfant en paie le prix », a-t-il dit. Il évoque la possibilité d’insérer dans la loi un autre moyen de punir les services sociaux dans de tels cas.

Mais c’est tout de même l’« incompétence » de la DPJ qui le choque davantage. « Si c’est ça notre système de protection de la jeunesse, il y a de quoi entamer des processus d’enquête », a-t-il dit.

Source : La Presse.

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