mercredi 21 juillet 2021

Grande-Bretagne — les avantages de la vaccination de tous les enfants et jeunes de moins de 18 ans ne l'emportent pas sur les risques

Selon le Comité mixte de la vaccination et de l’immunisation (JCVI) du ministère de la Santé britannique :

Un petit nombre d’enfants et de jeunes souffrant de maladies chroniques sous-jacentes courent un risque accru de contracter une maladie grave à la suite d’une infection à la COVID-19.

Le JCVI conseille que les enfants et les jeunes âgés de 12 ans et plus présentant des problèmes de santé sous-jacents spécifiques qui les exposent à un risque de COVID-19 grave, se voient proposer la vaccination COVID-19.

Les conseillers gouvernementaux examinent actuellement les preuves du risque de COVID-19 chez les enfants et les jeunes considérés comme cliniquement extrêmement vulnérables. Une fois que cet examen aura été publié, les conclusions seront prises en compte par le JCVI et serviront à établir des orientations supplémentaires.

À l’heure actuelle, les enfants de 12 à 15 ans atteints de troubles neurologiques graves, du syndrome de Down, d’affections sous-jacentes entraînant une immunosuppression, et ceux atteints de troubles d’apprentissage profonds et multiples, de troubles d’apprentissage graves ou qui sont inscrits au registre des troubles d’apprentissage sont considérés comme présentant un risque accru de maladie COVID-19 grave et devraient se voir proposer la vaccination COVID-19.

Les jeunes âgés de 16 à 17 ans qui présentent un risque plus élevé de COVID-19 grave, comme indiqué actuellement dans le Livre vert, devraient continuer à se voir proposer la vaccination contre le COVID-19.

De plus amples détails concernant d’autres problèmes de santé sous-jacents spécifiques pour lesquels une offre de vaccination COVID-19 est conseillée seront fournis dans le Livre vert : Immunisation contre les maladies infectieuses.

Les personnes immunodéprimées courent un risque plus élevé de contracter une maladie grave due au COVID-19 et peuvent ne pas générer une réponse immunitaire complète à la vaccination.

Le JCVI conseille que les enfants et les jeunes âgés de 12 ans et plus qui sont des contacts familiaux de personnes (adultes ou enfants) immunodéprimées doivent se voir proposer la vaccination COVID-19, étant entendu que les principaux avantages de la vaccination sont liés au potentiel de protection indirecte de leur contact familial qui est immunodéprimé.

Des informations claires sur les risques et les avantages potentiels de la vaccination doivent être fournies à l’enfant et aux personnes ayant la responsabilité parentale avant la vaccination.

Jusqu’à ce que davantage de données soient disponibles, le JCVI ne recommande pas actuellement la vaccination universelle de routine des enfants et des jeunes de moins de 18 ans. Le JCVI continuera de mettre à jour cet avis au fur et à mesure que l’apparition de nouvelles informations sur l’innocuité et l’efficacité sur l’utilisation des vaccins COVID-19 chez les enfants et les jeunes.

Les avantages pour la santé de cette population sont faibles et les avantages pour l’ensemble de la population sont très incertains. À l’heure actuelle, le JCVI est d’avis que les avantages pour la santé de la vaccination universelle chez les enfants et les jeunes de moins de 18 ans ne l’emportent pas sur les risques.

Avantages directs pour la santé

Le JCVI a soigneusement examiné les risques liés à une infection COVID-19 pour les enfants et les jeunes. Les preuves indiquent fortement que presque tous les enfants et les jeunes sont à très faible risque de COVID-19. Lorsque les symptômes sont observés chez les enfants et les jeunes, ils sont généralement bénins et peu différents des autres infections virales respiratoires bénignes qui circulent chaque année. L’incidence des conséquences graves du COVID-19 chez les enfants et les jeunes est extrêmement faible. En Angleterre, entre février 2020 et mars 2021 inclus, moins de 30 personnes âgées de moins de 18 ans sont décédées à cause du COVID-19, ce qui correspond à un taux de mortalité de 2 décès par million. Au cours de la deuxième vague de la pandémie au Royaume-Uni, le taux d’hospitalisation chez les enfants et les jeunes était de 100 à 400 par million. La plupart des personnes hospitalisées avaient de graves problèmes de santé sous-jacents.

Pour les enfants et les jeunes sans problèmes de santé sous-jacents qui les exposent à un risque élevé de conséquences graves du COVID-19, les avantages individuels directs de la vaccination COVID-19 pour la santé sont limités. Alors que la vaccination des cohortes plus jeunes pourrait réduire le risque d’épidémies de COVID-19 en milieu scolaire, la grande majorité des personnes infectées lors d’une épidémie seront soit asymptomatiques, soit atteintes d’une maladie bénigne. Actuellement, moins de données sont disponibles sur la sécurité des vaccins COVID-19 chez les enfants et les jeunes par rapport aux adultes, et le JCVI a soigneusement examiné les rapports de myocardite à la suite de l’utilisation des vaccins Pfizer-BioNTech BNT612b2 et Moderna mRNA-1273 chez les jeunes adultes. À l’heure actuelle, le JCVI ne considère pas que les avantages de la vaccination l’emportent sur les risques. Jusqu’à ce que davantage de données de sécurité aient été accumulées et que leur importance pour les enfants et les jeunes ait été évaluée de manière plus approfondie, il faut pencher pour la précaution.

Le syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique temporairement associé à une infection par le SRAS-COV2 (PIMS-TS), également appelé syndrome inflammatoire multisystémique chez l’enfant (MIS-C), est un trouble inflammatoire rare lié à une infection récente par le SRAS-COV2. Au cours de la deuxième vague, on a estimé que le PIMS-TS survenait chez 5 enfants sur 10 000 infectés par le SRAS-CoV2 au Royaume-Uni, avec un taux de létalité de 1 %. La cause sous-jacente du PIMS-TS n’est pas correctement comprise. Plus précisément, on ne sait pas comment la vaccination COVID-19 pourrait influencer l’apparition ou la gravité du PIMS-TS. Le point de vue de JCVI est que les données disponibles sont insuffisantes pour conseiller sur la vaccination COVID-19 pour la prévention du PIMS-TS. Le JCVI continuera d’examiner et de mettre à jour cet avis à mesure que de nouvelles données apparaissent.

Des inquiétudes ont été exprimées concernant le syndrome COVID-19 post-aigu (COVID long) chez les enfants. Des études épidémiologiques émergentes à grande échelle indiquent que ce risque est très faible chez les enfants, surtout par rapport aux adultes, et similaire aux séquelles d’autres infections virales respiratoires chez les enfants.

[Il vaut mieux administrer les vaccins traditionnels chez les jeunes, lesquels ont pris du retard]

À la suite de perturbations des programmes [de vaccination] de routine en raison de la pandémie, il est urgent de rattraper le retard sur les vaccinations scolaires non COVID-19 telles que les vaccinations contre le virus du papillome humain (VPH) et la méningite (MenACWY), il peut être urgent d’offrir d’autres vaccins de routine (tels que les oreillons, la rougeole et la rubéole [ROR]) en milieu scolaire dans le cadre du rétablissement global. […]

Les avantages pour la santé de ces divers programmes de vaccination non-COVID-19 en milieu scolaire sont bien établis, et certains peuvent offrir la dernière occasion efficace de compléter le calendrier de vaccination d’une personne et de lui fournir une protection en temps opportun ou à vie. Bien que les avantages relatifs n’aient pas été formellement comparés, de l’avis du JCVI, la plupart des vaccinations infantiles non-COVID-19 sont susceptibles d’offrir plus d’avantages aux enfants et aux jeunes qu’un programme de vaccination COVID-19.

En plus des programmes de routine existants, un programme COVID-19 pour les enfants et les jeunes est susceptible de perturber l’éducation et nécessitera plus de ressources. L’ampleur des ressources supplémentaires requises sera considérable.

mardi 20 juillet 2021

Inde - 2/3 de la population auraient des anticorps contre la Covid

L’enquête sérologique nationale de l’Inde a révélé qu’environ 2/3 de la population avait des anticorps contre le SRAS-CoV-2 alors que la proportion était d’environ 1/5 au début de l’année. La proportion de personnes vaccinées étant négligeable, cela signifie que plus de 500 millions de personnes ont été infectées en près de 6 mois.

Le directeur général de l’ICMR, le Dr Balram Bhargava
   
Nouvelle Delhi (Inde), 20 juillet (ANI) : Le ministère de la Santé de l’Union indienne a informé la population mardi que le quatrième cycle de l’enquête sérologique nationale indique que la séroprévalence globale dans le pays est de 67,6 %.

S’adressant en conférence de presse, le directeur général de l’ICMR (Indian Council of Medical Research)

, le Dr Balram Bhargava, a déclaré : « La quatrième série d’enquêtes sérologiques nationales a été menée dans 70 districts en juin-juillet et a inclus des enfants âgés de 6 à 17 ans. »

« La séroprévalence globale est de 67,6 pour cent dans l’ensemble de la population. Chez les personnes du groupe d’âge 6 à 9 ans, elle était de 57,2 % ; chez les 10 à 17 ans de 61,6 % ; chez les 18 à 44 ans de 66,7 %, les 45 à 60 ans de 77,6 % », a déclaré le Dr Balram Bhargava.

Lorsqu’on lui a demandé s’il y avait une différence entre la séroprévalence entre les hommes et les femmes ou dans les zones rurales et urbaines, Bhargava a déclaré : « Il n’y avait aucune différence de séroprévalence entre les hommes et les femmes et les zones rurales et urbaines. Chez les non-vaccinés, la séroprévalence était de 62,3 % et avec une dose de vaccin, c’était 81 pour cent. Chez ceux qui ont reçu les deux doses, c’était 89,8 pour cent. »

Bhargava a informé que le ministère de la Santé a étudié 7 252 agents de santé et que 10 pour cent n’avaient pas pris le vaccin, la séroprévalence globale chez eux était de 85,2 pour cent. « En conclusion, les 2/3 de la population générale, c’est-à-dire les plus de 6 ans, avaient une infection par le SRAS-CoV-2 », a déclaré le Dr Bhargava.

Officiellement, l’Inde a recensé un peu plus de 414 000 décès dus à la COVID-19, ce qui est le troisième bilan le plus élevé au monde après ceux des États-Unis (609 000) et du Brésil (542 000).


dimanche 18 juillet 2021

Le pape François veut réduire l'influence des traditionalistes, il abroge les ouvertures de Benoît XVI

Le pape pourrait bien avoir remis le feu aux poudres avec son Motu proprio « Traditionis Custodes », par lequel il contraint fortement l’usage de la messe en latin. Le Saint-Père a pris cette décision au sortir de son séjour à l’hôpital Gemelli où il avait subi une opération délicate.


 
Étonnement également de la part de ce youtubeur populaire (près de 30 000 abonnés, 10 000 vues par vidéos) :

Le point de vue de Jean-Marie Guénois dans Le Figaro :

François abroge la grande réforme de Benoît XVI

Le pape allemand avait libéralisé la messe en latin, mais son successeur argentin y voit un dangereux ferment de division.

La potion était attendue amère, dans les milieux traditionalistes, mais pas aussi sévère. Par décision du pape François, il n’y a plus de rite « extraordinaire » — messe de saint Pie V — mais un seul rite, celui du concile Vatican II. La possibilité ouverte par Jean-Paul II et libéralisée par Benoît XVI en 2007 de célébrer la messe selon le rite tridentin, communément appelée « messe en latin », est désormais « abrogée ».

Un motu proprio — un décret juridique — intitulé « Traditionis Custodes », « gardiens de la Tradition », signé par François le 16 juillet 2021, impose désormais comme « unique expression » du rite romain celui dit « de Paul VI », partout en usage selon la langue de chaque pays. François redonnant aussi aux évêques « la compétence exclusive » d’autoriser ou non ce type de messes dans leur diocèse. Le pape impose également des conditions très strictes aux prêtres qui célébreraient dans la forme ancienne : « ne pas exclure la validité, la légitimité de la réforme liturgique du concile Vatican II, des normes du concile Vatican II et du magistère des Souverains pontifes » et « redemander » à l’évêque diocésain, « l’autorisation » de continuer à célébrer ainsi.

Limiter les lieux de pratique

Quant aux jeunes prêtres qui voudraient célébrer dans ce rite à partir du 16 juillet 2021, ils devront non seulement demander à l’évêque, mais celui-ci devra soumettre cette requête à l’autorité romaine.

François veut clairement stopper le mouvement de fond en faveur de la liturgie traditionnelle de la jeune génération, clergé et fidèles, car il demande aussi aux évêques de limiter les lieux où se dérouleront les messes, d’exclure « les églises paroissiales » et « de ne pas ériger de nouvelles paroisses personnelles » et encore moins « d’autoriser la constitution de nouveaux groupes ». Pour ce qui est des « paroisses personnelles » existantes (statut particulier pour célébrer selon l’ancien rite) l’évêque est missionné pour mener une « vérification » afin « d’évaluer s’il maintient ou pas » cette paroisse.

Dernière nouveauté du motu proprio, l’organisme Ecclesia Dei créé par Jean-Paul II et renforcé par Benoît XVI pour protéger les fidèles et les prêtres traditionalistes est supprimé. Tous les problèmes relatifs à ce sujet seront désormais traités par les services courants du Vatican.

Il n’y a donc plus d’exception traditionaliste dans l’Église. Le pape veut que ces fidèles rentrent dans le rang. Ainsi, dans la longue lettre rédigée par François accompagnant ce motu proprio, il insiste sur les « deux principes » qui dictent la mise en œuvre de cette décision : « veiller au bien de ceux qui sont enracinés dans la forme de célébration précédente et qui ont besoin de temps pour retourner au rite romain promulgué par saint Paul VI et saint Jean-Paul II » et « interrompre la création de nouvelles paroisses personnelles, davantage liées aux désirs et à la volonté de prêtres singuliers qu’à un réel besoin du saint peuple fidèle de Dieu ». Tout cela par un traitement « au cas par cas », les évêques devant pousser ces prêtres et fidèles « à se tourner » vers la seule « forme célébrative unitaire ».

L’objectif de François est effectivement de mettre un terme à ce qu’il dénonce dans cette lettre : un « usage parallèle » de la messe de saint Pie V au même titre que la messe de Paul VI. Comme le rite « ordinaire » avait été interchangeable avec le rite « extraordinaire ».

« Des oppositions qui blessent l’Église » selon Bergoglio

La plus grande réforme de Benoît XVI, instituée par le Motu Proprio Summorum Pontificum du 9 juillet 2007, qui avait accordé à l’ancienne messe le statut de rite « extraordinaire », est condamnée. Son bilan, affirme le pape régnant, n’est pas concluant parce que « son usage a été déformé » au point de devenir « contraire aux raisons pour lesquelles fut concédée la liberté de célébrer » selon l’ancien rite.

Une « situation douloureuse » qui a conduit François à « la nécessité d’intervenir » pour deux griefs principaux. Le premier : « La possibilité offerte par saint Jean-Paul II et, avec encore plus de magnanimité, par Benoît XVI pour recomposer l’unité du corps ecclésial dans le respect des différentes sensibilités liturgiques, a été utilisée pour augmenter les distances, durcir les différences, construire des oppositions qui blessent l’Église, freinant son avancée, l’exposant à des risques de divisions. » Le second : la célébration selon l’ancien rite a été « non seulement utilisée comme un refus croissant de la réforme liturgique, mais aussi du concile Vatican II, avec l’affirmation infondée et insoutenable qu’il aurait trahi la tradition et la “vraie Église” ».

Le monde traditionaliste est consterné par cette annonce. L’abbé Benoît Paul-Joseph, supérieur de la Fraternité Saint-Pierre, traditionalistes unis à Rome, observe : « Concernant la France, cette décision étonne tant par les motifs invoqués (des divisions ecclésiales qui seraient toujours plus grandes) que par sa finalité (réunir tous les fidèles autour du seul missel de saint Paul VI) alors que les tensions liturgiques s’apaisent et que le missel de saint Pie V attire toujours plus de monde, spécialement dans la jeune génération. » Christophe Geoffroy, directeur du mensuel La Nef et expert de ces milieux ajoute : « C’est un beau gâchis… Le pape tient comme nuisible l’existence des catholiques attachés à la “forme extraordinaire” du rite romain et cherche à les faire disparaître, en contradiction avec la lettre et l’esprit de l’œuvre de Jean-Paul II et Benoît XVI. Loin de renforcer l’unité, cela va entraîner des divisions et des drames et, in fine, pas mal de départs vers la Fraternité Saint-Pie X. » À savoir les lefebvristes. Ils refusent tout ralliement à Rome.

 


 

 

Billet originel du 10 juillet

Quatorze ans après la décision de son prédécesseur de libéraliser la messe en latin, le pape argentin envisage de restreindre son application pour réduire l’influence des traditionalistes.

Messe d’action de grâce pour les 25 ans de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, le 16 novembre 2013.
 

La liturgie traditionnelle dans l’Église ne lésine pas sur l’encens. Ses volutes légères et profondes veulent exprimer un mystère. Un autre mystère plane toutefois sur l’avenir de cette tradition connue sous le nom de « messe en latin ». François pourrait en limiter l’usage. Benoît XVI avait pourtant redonné ses lettres de noblesse à cette liturgie. Nuage fugitif ou orage annoncé ?

Le 7 juillet 2007, Benoît XVI avait ouvert un nouvel horizon à la liturgie traditionnelle. Dans un décret devenu célèbre, le motu proprio Summorum pontificum, il accordait une place nouvelle à l’« ancienne messe » alors qu’elle avait été marginalisée par le concile Vatican II (1962-1965).

« Extraordinaire » et « ordinaire » Le pape allemand reconnaissait la pertinence de la messe dite de saint Pie V, telle qu’elle était dite avant ce concile en lui conférant un statut pérenne, celui de rite « extraordinaire ». Il demeurerait à côté du rite « ordinaire », celui de la messe dite de Paul VI. Non comme une alternative pour tous les catholiques, mais comme une possibilité pour les fidèles demandeurs. Il suffisait qu’un « groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure » se signale au curé de la paroisse pour que celui-ci « accueille volontiers leur demande », sans recourir à l’autorisation de l’évêque. Benoît XVI attendait des deux formes du rite de l’Église latine, « extraordinaire » et « ordinaire », qu’elles vivent un « enrichissement mutuel ». Quelques mois plus tôt, dans une tribune collective publiée dans Le Figaro, des personnalités telles que le philosophe René Girard, le chef d’entreprise Bertrand Collomb, les comédiens Jean Piat et Claude Rich ou encore l’historien Jean-Christian Petitfils appelaient de leurs vœux cette décision pontificale.

Cette libéralité pourrait avoir vécu. Le pape François lui-même a révélé le 24 mai dernier à Rome, aux évêques italiens réunis à huis clos, que la révision du motu proprio de Benoît XVI ne tarderait pas. De fait, ce projet, toujours tenu secret, en est à sa troisième version. Plusieurs sources fiables indiquent que cette révision ne remettrait pas en cause la reconnaissance du rite de saint Pie V à titre « extraordinaire ». Il ne toucherait pas davantage aux associations religieuses de prêtres constituées et concernés par ce rituel. Serait en revanche visé le libéralisme du motu proprio de Benoît XVI : ce serait désormais l’évêque local, et non plus les fidèles, qui contrôlerait le droit de célébrer selon le rituel extraordinaire. Second axe de révision : au Vatican, les « traditionalistes » — ainsi sont-ils dénommés dans l’Église — ne dépendraient plus d’une structure ad hoc abritée au sein de la Congrégation pour la doctrine de la foi qui protégeait de facto les entités traditionalistes.

La sphère traditionaliste

À l’avenir, toute question non soluble par l’évêque local serait traitée, selon la nature du sujet, au sein des congrégations vaticanes compétentes : évêques, clergé, liturgie, qui sont les « ministères » romains spécialisés du gouvernement de l’Église. Le dossier traditionaliste ne serait plus un cas à part.

Quand cette révision sera-t-elle publiée ? Selon nos informations, la version finale aurait été validée pour une sortie imminente.

Que représente la sphère traditionaliste en France ? Une enquête de l’épiscopat vient de recenser « un à deux » lieux de cultes par diocèse accueillant « moins de 100 fidèles », voire « entre 20 et 70 ». Soit 20 000 personnes au mieux. Le mensuel de référence en ce domaine, La Nef, vient de publier dans son dernier numéro une enquête complète, estimant ces pratiquants entre 31 000 et 51 000 fidèles. En ajoutant ceux qui désireraient aller à ces messes, mais qui habitent trop loin, il estime « les fidèles tradis à environ 60 000 personnes ». Avec de fortes disparités régionales et la présence de bastions comme Versailles, qui représente 10 % de ce chiffre. Le choix pour le rite tridentin, 250 lieux de culte en France, attirerait, selon cette source, 4 % des pratiquants. Sans compter les fidèles de la Fraternité Saint-Pie-X (les « lefebvristes »), qui compteraient 35 000 fidèles en France. Au total, un poids loin d’être négligeable.

Quant aux prêtres qui célèbrent, ils peuvent être issus du clergé diocésain, mais la plupart viennent de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), qui compte plus de 342 prêtres d’un âge moyen de 38 ans, et dont 80 exerçant en France, et de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre (ICRSP), qui recense plus de 100 prêtres (âge moyen de 36 ans). [beaucoup plus jeunes que les prêtres « modernes ».] Il existe aussi nombre de communautés monastiques qui célèbrent la messe sous la forme extraordinaire du rite romain : les bénédictins de Fontgombault ou du Barroux ou encore les chanoines de l’abbaye de Lagrasse.

Contrôle épiscopal

Cette influence persistante auprès d’un public souvent rajeuni explique-t-elle que le pape prenne le risque de déséquilibrer le modus vivendi apporté par le motu proprio ? François, c’est de notoriété publique, n’apprécie pas la messe selon l’ancien rite, à l’inverse de son prédécesseur. Ordonné prêtre en décembre 1969, il ne l’aurait jamais célébrée. Il l’avait interdite le 22 mars dans la basilique Saint-Pierre avant de la réhabiliter devant les protestations, dont celle du cardinal Robert Sarah, mais à de strictes conditions.

Le pape argentin respecte [quelque peu] toutefois ceux qui se retrouvent dans ce rite. Son objectif affiché n’est pas d’empêcher les prêtres affiliés à cette famille liturgique d’y rester fidèles, mais, en invoquant l’esprit de ce motu proprio tel que l’avait décrit Benoît XVI, d’imposer un nouveau contrôle épiscopal. « Pour vivre la pleine communion, écrivait Benoit XVI, les prêtres des communautés qui adhèrent à l’usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. » Autrement dit, les prêtres célébrant dans l’ancien rite ne doivent pas refuser le rituel conciliaire de la messe. « Benoit XVI a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité, de certains groupes et personnes qui ressentaient de la nostalgie et s’éloignait, mais c’est une exception, expliquait François en 2016 au jésuite Antonio Spadaro. C’est pour cela que l’on parle de rite extraordinaire. »

Mais le pape ajoutait : « Vatican II et la constitution conciliaire Sacrosanctum concilium (qui réformait la messe) doivent continuer d’être appliqués tels qu’ils sont. » Pour François, la permission de célébrer selon le rite ancien ne sera jamais une alternative de plein droit. Elle doit rester une « exception ».

L’enjeu est clair : « Il ne faudrait pas induire dans l’esprit des séminaristes qu’il existe deux formes au choix dans l’Église latine ». « Une Église parallèle se dessine », alertait l’enquête de l’épiscopat français, partie de l’enquête mondiale lancée sur ce sujet en mars 2020 par le pape François lui-même. Il suit personnellement ce dossier, plaçant des hommes à lui pour le piloter, comme Mgr Aurelio Garcia Macias, un Espagnol qu’il vient de promouvoir au sein de la Congrégation pour le culte divin. Le pape, décidé à recadrer les choses, confiait aussi à son ami jésuite Spadaro : « J’essaye de comprendre ce qu’il y a derrière des personnes qui sont trop jeunes pour avoir vécu la liturgie préconciliaire, mais qui la veulent quand même. Parfois, je me trouve face à des personnes très rigides. »

De fait, cette liturgie attire des jeunes et des familles, l’Église le constate. « Il ne peut pas y avoir deux liturgies parallèles. Ce qui est en jeu est l’unité à long terme de l’Église », explique Andréa Grillo, théologien italien et laïque, spécialiste de liturgie, ennemi juré du motu proprio, qui aurait l’oreille du pape sur ce sujet. « Cette révision du motu proprio arrêtera ce biritualisme dans l’Église latine qui n’était pas l’intention de Benoît XVI. » Mais « l’idée de mettre sur le même plan les deux rituels, comme si le concile Vatican II n’avait jamais existé, s’installe chez de jeunes prêtres comme dans certains diocèses de la côte ouest des États-Unis où les séminaires forment aux deux rites, ordinaire et extraordinaire. » Professeur influent, il avertit : « La forme extraordinaire est devenue, depuis 2007, la tranchée de résistance au concile Vatican II. »

La crise dijonnaise

En France, le temps des guerres de tranchées liturgiques ou doctrinales appartient pourtant au passé. Il existe quelques paroisses pratiquant les deux rites et nombre de jeunes fidèles peuvent indifféremment passer d’une liturgie à l’autre. Le souci de l’ars celebrandi (l’attention portée à chaque geste de la liturgie), défendu ardemment par Benoit XVI, s’étend bien au-delà des traditionalistes. C’est, par exemple, l’une des caractéristiques de la Communauté Saint-Martin, communauté de prêtre diocésain, devenu un des séminaires les plus importants de France. Une crise récente dans le diocèse de Dijon a pu donner l’impression que les relations entre les milieux traditionalistes et l’Église de France seraient conflictuelles.

Le 17 mai, Mgr Roland Minnerath a mis un terme à un accord passé il y a vingt-trois ans avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre pour assurer la messe dans la basilique Saint-Bernard de Fontaine-lès-Dijon. Le 26 juin, des fidèles manifestaient devant l’évêché pour réclamer le « dialogue ». L’évêque est descendu pour répondre qu’il attendait un retour à sa dernière proposition : « Ou bien les prêtres acceptent de concélébrer de temps en temps, eux ou d’autres, et ils restent, ou bien ils partent. »

« Concélébrer » ? Le concile Vatican II ouvre la possibilité de permettre à plusieurs prêtres de célébrer la même messe. Considérée comme un symbole d’unité du clergé, cette pratique est refusée par une petite partie des prêtres traditionalistes. La tension sur ce point se fait sentir, dans une minorité de diocèses, le jeudi saint, quand tous les prêtres concélèbrent autour de leur évêque. Dans ce cas, toutefois, les prêtres participent à la messe, mais ne concélèbrent pas.

En réalité, la crise dijonnaise, envenimée par des caractères personnels, est une exception qui confirme une règle générale marquée par l’apaisement des relations entre le monde « tradi », les fidèles et l’épiscopat. Une réunion nationale, ce fut une première, a d’ailleurs eu lieu entre eux le 14 juin. Impensable il y a peu, le numéro spécial de La Nef publie une interview de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques, où il atteste de cette « intégration plus naturelle », même s’il s’inquiète de « certains groupes qui se durcissent dans une posture spirituelle et politique ». Mais l’Évêque de Reims poursuit : « Ces communautés regroupent souvent de jeunes familles et de jeunes gens. Certains de ces fidèles appartiennent au monde dit de la tradition depuis des générations, mais un nombre non négligeable se sont approchés de la foi grâce à la messe dite de saint Pie V. Les fidèles de ces communautés enrichissent donc l’Église du Christ, selon la mesure où ils consentent à être pleinement membres de la “grande” Église. » Autre indicateur : l’enquête interne menée par l’épiscopat, très critique sur certains points, reconnaît : « Dans la plupart des diocèses, la situation semble apaisée. » 

Source : Le Figaro

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samedi 17 juillet 2021

De 1945 à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats amérindiens était comparable à la moyenne canadienne

Élèves amérindiens en classe de chimie dans les années 50 (archives du Canada)

Lettre ouverte de Jacques Rouillard, professeur émérite à la retraite, Département d’histoire, Université de Montréal, parue dans le Devoir.

La direction de la Société historique du Canada (SCH), qui dit représenter 650 historiens professionnels au Canada, vient de cautionner une affirmation délirante voulant que « la longue histoire de violence et de dépossession des peuples autochtones » justifie pleinement l’emploi du mot « génocide » pour caractériser le traitement qui leur a été fait (Steven High, « Le mot “génocide” est justifié », Le Devoir, 2 juillet 2021).

Elle prend soin de bien préciser le sens du mot génocide provenant de la définition des Nations unies de 1946, dans le sillage de l’Holocauste. Le génocide commis par le Canada correspondrait à cette définition : « le meurtre de membres du groupe ; des atteintes graves à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ; la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ; des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe […] ».

L’intention génocidaire aurait été amplement établie par la recherche historique. La récente découverte de tombes non marquées sur le site d’anciens pensionnats s’inscrirait dans l’histoire plus vaste « d’effacement physique des peuples autochtones du Canada ». En fin de compte, les politiques canadiennes à l’égard des autochtones seraient l’équivalent de la volonté des nazis d’éliminer le peuple juif.

Responsabilité

Le point de vue de la SHC va beaucoup plus loin que le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada de 2015 et les recherches historiques substantielles sur lesquelles il s’appuie. Le Rapport caractérise de « génocide culturel » les politiques du Canada à l’égard des autochtones, mais écarte clairement le génocide physique et biologique.

Les mesures, peut-on lire, visaient « à éliminer les peuples autochtones comme peuples distincts et à les assimiler contre leur gré à la société canadienne ». L’éducation offerte dans les pensionnats avait pour objectif d’effacer la culture originale des Autochtones et d’intégrer ces communautés rapidement à la culture occidentale en obligeant les jeunes à fréquenter les pensionnats.

Ces pensionnats dirigés par des communautés religieuses ne sont pas des camps de concentration destinés à commettre des meurtres et à assurer la destruction physique des Autochtones. L’objectif assigné par le gouvernement aux communautés est de faire rapidement de ces jeunes Autochtones des citoyens ayant les mêmes valeurs et identité que les autres jeunes Canadiens.

Comme on peut le lire dans le Rapport, « les écoles sont considérées comme des moteurs de changements culturels et spirituels » : les « sauvages » deviendront des « hommes blancs chrétiens ». Pour ce faire, le gouvernement a décidé d’une méthode radicale, inhumaine : arracher à leur famille contre leur gré les jeunes en âge de scolarisation.

La responsabilité de cette tragédie incombe entièrement aux gouvernements canadiens qui se sont succédé et qui ont financé les pensionnats, et non aux communautés religieuses qui répondaient aux objectifs de scolarisation fixés par le ministère des Affaires indiennes.

Martyrs

Le Premier ministre Justin Trudeau tente depuis quelque temps de faire dévier la culpabilité du gouvernement vers les communautés religieuses où il y aurait eu parfois des « actes criminels ». Le gouvernement fédéral a fait appel aux communautés religieuses pour diriger les pensionnats comme les commissions scolaires catholiques et le gouvernement au Québec ont requis leurs services pour prendre en charge l’éducation, la santé et les services sociaux.

Jusqu’à la Révolution tranquille, elles jettent les fondements d’écoles et de collèges, d’hôpitaux, d’asiles pour vieillards, infirmes, orphelins, pauvres, etc. On voit mal pourquoi les religieuses et religieux affectés auprès des Autochtones se seraient employés à les « martyriser » comme une chroniqueuse d’un journal vient de l’écrire à la suite de l’opinion de la Société historique.

Près de 150 000 jeunes métis, Inuits et autres peuples des Premières Nations ont fréquenté les pensionnats de 1867 à 2000. De ce nombre, la Commission a relevé qu’environ 3200 décès y sont survenus de 1921 à 1965. La recherche historique qu’elle a fait effectuer montre que, de la Deuxième Guerre mondiale à 1965, le taux de mortalité dans les pensionnats était comparable à la moyenne canadienne pour les jeunes de 5 à 14 ans, résultat fort probable de l’inoculation des vaccins qui s’est effectuée dans les pensionnats comme dans les autres écoles canadiennes.

Pour la période antérieure, de 1921 à 1950, le taux de mortalité dans les pensionnats était de plus du double de la moyenne canadienne, toujours pour les jeunes de 5 à 14 ans. Ce taux représente en moyenne environ quatre élèves par année pour 1000 jeunes fréquentant les pensionnats. Leur décès était surtout attribuable à la tuberculose selon la recherche de la Commission. On est loin d’un génocide physique des jeunes Autochtones.

Moyens de communication

Selon son rapport, 46 % des décès des jeunes ayant fréquenté les pensionnats de 1867 à 2000 sont survenus au pensionnat même, 26 % dans un hôpital/sanatorium et 23 % à la résidence même des parents. En général, le gouvernement ne voulait pas payer pour rapatrier les jeunes décédés dans leur famille. Sans vouloir l’excuser, il faut bien préciser que les moyens de communication jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale étaient rudimentaires. L’usage du téléphone ne se répand qu’à la fin des années 1930, et les routes sont impraticables en hiver.

Rappelons que plusieurs orphelinats se trouvent en régions fort éloignées. Comme on ne conserve pas des corps longtemps, les enfants qui mouraient à l’école étaient pour la moitié inhumés dans le cimetière attenant ou dans celui de la paroisse, et leurs tombes étaient souvent à peine indiquées, nous dit la Commission.

Elle en a repéré plusieurs qui ont été abandonnées après la fermeture des écoles. Selon les historiens Jim Miller et Brian Gettler, qui ont fait porter leurs recherches sur les Premières Nations, des croix de bois étaient placées là où les enfants étaient enterrés dans des cimetières selon les rites catholiques. Elles se sont évidemment rapidement désagrégées.

Dans l’édition du 2 juillet, la chronique de Christian Rioux du Devoir (Histoire et Mémoire) tombe à point, faisant état du « délire victimaire qui s’est emparé de nos sociétés ». Il relève le choc qui se produit entre l’histoire, qui se veut scientifique, et la mémoire véhiculée par des groupes de militants en mal de sensationnalisme.

Faisant référence à l’histoire des pensionnats, il écrit que « le regard complexe de l’Histoire » « n’a pas pour but de conforter ni les vainqueurs ni les vaincus ». Eh bien, la direction de la principale association d’historiens au Canada vient de succomber à la psychose médiatique teintée de la perspective woke en décrétant que le Canada est responsable, contre toute évidence, du « génocide physique » des nations autochtones.

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Le laissez-passer sanitaire obligatoire pour aller au café ou prendre le train crispe en France

La perspective d’un passe sanitaire obligatoire pour aller chez le coiffeur ou faire ses courses crispe en France, pour plusieurs raisons légitimes. Des manifestations importantes ont eu lieu en France pour dénoncer l'imposition du laissez-passer sanitaire.

Passons d’abord sur le fait qu’Emmanuel Macron avait promis que ce ne serait jamais le cas. «Le passe sanitaire ne sera jamais un droit d'accès qui différencie les Français», assurait le président de la République fin avril dans la presse régionale. «Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis.» Force est de constater qu’un peu plus de deux mois plus tard, ces garanties ont été balayées d’un revers de main. Le site Numérama revient sur les différentes étapes de cette volte-face ; sur la page gouvernementale du passe sanitaire, les anciennes règles ont tout simplement été effacées au profit des nouvelles, sans aucune explication ni justification. Rien de tel pour sabrer la confiance dans la parole publique.

Soulignons ensuite que la mise en place de ce passe sanitaire en France implique une rupture inédite, comme l’explique François-Xavier Bellamy dans une tribune qui mérite d'être lue. «Pour la première fois dans notre histoire, il faudra présenter un document de santé pour effectuer les actes les plus simples du quotidien», écrit l’eurodéputé dans nos colonnes. L’obligation s’accompagne d’un volet répressif : l’avant-projet de loi sanitaire prévoit une peine d’un an de prison et une amende de 45.000 euros à l’encontre des responsables d’établissements qui ne contrôleraient pas le QR code de leurs clients. Quant aux salariés des secteurs médicaux, touristiques ou ceux de la restauration, tout défaut de passe sanitaire les expose à un licenciement.

À partir du 21 juillet, le passe sanitaire sera obligatoire pour accéder aux lieux de loisir et de culture accueillant plus de 50 personnes. Au début du mois d’août, le passe sanitaire sera étendu aux restaurants, cafés, salles de sport, centres commerciaux, trains et autocars longue distance, hôpitaux et dans les Ehpad.

Avec un tel dispositif, la France rejoint le club très fermé des pays européens à l’acception la plus stricte de l’usage de ce certificat numérique européen. Seuls le Danemark et l’Autriche conditionnent l’accès au restaurant, au cinéma ou au salon de coiffure à la présentation d'un «coronapass». D’autres pays sont plus souples : les décisions sont régionalisées en Allemagne, en fonction de l’évolution du taux d’incidence. Même chose au Portugal, détaille France 24 qui précise que cette obligation reste limitée aux fins de semaine. Au Luxembourg, les établissements ont le choix entre contrôler le «CovidCheck», ou respecter des mesures sanitaires spécifiques.

Par son intransigeance, le modèle français interroge sur sa compatibilité avec les libertés publiques. Les contraintes du passe sanitaire ne pèsent pas que sur les personnes non-vaccinées. Elles concernent tout le monde. Qui est prêt à présenter systématiquement son passe sanitaire accompagné d’une pièce d’identité avant d’accéder à un espace public ? Sur le plan européen, ce certificat de vaccination avait été pensé pour favoriser la circulation entre les frontières des États membres. Mais par un coup de baguette administrative, il va devenir en France le document impératif à présenter pour pouvoir se faire couper les cheveux.

Voir François-Xavier Bellamy sur le passe sanitaire : «Une remise en cause profonde et inédite de notre modèle de société»


Propagande, racialisation, dénigrement pour cacher le népotisme et l'incompétence en Afrique du Sud

Extrait du documentaire d'Arte sur l'embauche de l'agence Bell Pottinger pour détourner l'attention du public quant à la corruption, le népotisme et l'incompétence au sommet de l'État en Afrique du Sud, la fameuse « Nation arc-en-ciel ». Technique simple : diffamer et racialiser le débat.

 

Documentaire au complet:

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Les vaccins anti-Covid fonctionnent-ils ? Si oui, jusqu'à quel point ?

Les vaccins anti-Covid fonctionnent-ils ? Si oui, jusqu’à quel point ?

Ces questions sont distinctes de la question de savoir si les vaccins devraient être obligatoires ou de leurs effets secondaires. Très peu de personnes sérieuses pensent que les masques chirurgicaux protègent vraiment leurs porteurs de la Covid (ils laissent souvent passer ce petit virus, les gens portent mal le masque), par exemple, mais ils sont obligatoires dans certains lieux depuis plus d’un an pour des raisons surtout symboliques (la situation est grave, rappelez-le-vous chaque fois que vous mettez un masque ou en voyez un).

Mais alors que nous entrons dans une nouvelle phase acerbe du débat sur les vaccins, il peut être utile de réfléchir aux données et expliquer pourquoi il serait difficile de répondre à ces questions même si les autorités de santé publique étaient honnêtes.

Pour être clair, on se limitera ici aux vaccins utilisés dans les pays occidentaux, en particulier les vaccins à ARNm Pfizer et Moderna, qui sont désormais essentiellement les seuls vaccins encore utilisés aux États-Unis ou au Québec. (Le vaccin AstraZeneca ADN/AAV est encore largement utilisé en Europe.)

Pour être clair également, on ne discutera pas ici du fonctionnement des vaccins sur le plan cellulaire. Au lieu de cela, on se penchera sur les données disponibles au niveau de la population : combien de personnes sont infectées ou meurent de Covid.

Il est crucial de se rappeler que « fonctionner » est un terme très élastique. Le spectre va de :

  1. Les vaccins mettent fin à la maladie chez pratiquement tout le monde, essentiellement pour toujours. (Ce ne serait pas impossible en théorie ; c’est vrai pour certains autres vaccins.)
  2. Les vaccins n’éliminent pas tous les cas, mais ils fonctionnent très bien, en particulier ils évitent les complications graves ou la mort.
  3. Les vaccins réduisent considérablement la maladie avec une efficacité qui diminue lentement.
  4. Les vaccins fonctionnent pendant de courtes périodes, mais échouent rapidement.
  5. Les vaccins sont essentiellement inefficaces, en particulier chez les personnes à haut risque de décès à cause de la Covid.
  6. Les vaccins aggravent en fait la Covid.

On peut sans doute d’emblée éliminer les options 1 et 6. Les essais cliniques menés par Pfizer et Moderna l’année dernière n’ont pas montré de réduction de 100 % des cas de Covid (hypothèse 1). Ils n’ont également apporté aucune preuve de ce qu’on appelle la facilitation de l’infection par des anticorps qui amèneraient les gens fabriquer des anticorps qui aideraient réellement le coronavirus à attaquer nos cellules (hypothèse 6). Rappelons que la facilitation de l’infection par les anticorps est suspectée dans les complications liées au vaccin contre la dengue (Dengvaxia, développé par Sanofi Pasteur).

Les essais semblent avoir montré des réductions très nettes des infections à Covid, de l’ordre de 95 %. Et personne dans les essais n’est mort de Covid. Cela a conduit les partisans du vaccin à prétendre que la vaccination pourrait éliminer presque tous les décès par coronavirus — théorie 2.

 
Toutefois, comme l’a souligné Alex Berenson, ancien journaliste du New York Times, dans son opuscule Vérités non diffusées sur les vaccins (https://tinyurl.com/pkzrx76n), ce point de vue ignore ou passe sous silence un défaut énorme et probablement intentionnel dans ces essais : Ils n’avaient enrôlé qu’une poignée de personnes âgées, les plus à risque de la Covid.

En conséquence, très peu de personnes non vaccinées (ainsi que vaccinées) ont développé des infections graves dans les essais, et une seule personne non vaccinée sur plus de 30 000 dans les essais d’ARNm est décédée de la Covid (soit 0,003 3 % de mortalité chez les non-vaccinés lors de ces essais).

Cette faille signifie que les essais n’ont pas pu fournir de preuves définitives sur l’efficacité des vaccins contre les cas graves de Covid chez les personnes les plus fragiles.

Les essais présentaient au moins deux autres défauts majeurs. Ils n’ont suivi la plupart des participants que pendant environ deux mois seulement après la deuxième dose. Et lorsqu’ils ont calculé l’efficacité du vaccin, ils ont ignoré les cas survenus juste après l’administration de la première dose.

Cela signifie que lorsque Pfizer et Moderna ont déclaré en novembre 2020 que leurs vaccins étaient efficaces à environ 95 % pour prévenir Covid, ils voulaient dire que les vaccins étaient efficaces à 95 % au pic de protection pendant quelques semaines. Ils n’avaient pas testé au-delà de ces quelques semaines.

Ni les entreprises ni personne d’autre n’avaient aucun moyen de savoir à quel point les vaccins fonctionneraient dans un an, encore moins dans cinq ans — ou 20 ans. Ils n’avaient tout simplement pas de données à long terme. Comment auraient-ils pu les avoir ? Les vaccins n’existaient même pas quelques mois auparavant et leur technique n’avait jamais été approuvée, ni éprouvée pour aucun médicament ou vaccin.

Mais la pression politique et médiatique pour encourager les vaccinations fut et reste énorme. Les experts en santé publique ont ignoré ces faiblesses potentielles. Au lieu de cela, ils ont décidé de faire vacciner tout le monde le plus rapidement possible.

Au printemps, leur pari semblait avoir porté ses fruits. En Israël et en Grande-Bretagne, les deux pays qui ont mené les campagnes nationales de vaccination les plus précoces et les plus agressives, les nouvelles infections et les décès ont fortement chuté.

Ces succès se sont accompagnés d’un bémol, dans la mesure où les deux pays ont en fait connu une forte augmentation des décès en janvier alors qu’ils procédaient à l’injection des premières doses aux personnes âgées à haut risque de Covid. Le phénomène du pic post-première dose est réel, bien que les médias aient refusé d’en parler. Une étude danoise réalisée en mars révélerait que les résidents des maisons de soins de longue durée auraient plus de chances de contracter Covid dans les deux semaines suivant la vaccination. (lien : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2021.03.08.21252200v1.full-text)

Néanmoins, après ce début difficile, le nombre de cas et de décès en Grande-Bretagne et en Israëlont considérablement diminué au printemps — en particulier après que les gens aient reçu leur deuxième dose.

Au Royaume-Uni, le nombre de cas a alors chuté d’environ 97 %. Au début de janvier, le pays comptait presque autant de cas chaque jour que pendant tout le mois de mai. Israël a connu une tendance similaire. Et le nombre de décès a suivi la même courbe descendante que les cas d’infections.

Ces baisses se sont accompagnées de grands cris de victoire parmi les défenseurs des vaccins et les médias. « Le Royaume-Uni attend avec impatience sa grande réouverture grâce au succès des vaccins », écrivait l’Associated Press le 14 mai.

« Israël mettra fin aux restrictions COVID-19 après le succès des vaccins », a répété Reuters neuf jours plus tard.

Malheureusement, la bonne nouvelle n’a pas duré. Début juin, les cas de Covid ont commencé à augmenter en Israël et en Grande-Bretagne. Et au cours des trois dernières semaines, les cas ont grimpé en flèche. Il y en a désormais plus de 20 fois plus qu’à la mi-mai au Royaume-Uni.

Les défenseurs des vaccins anti-Covid ont d’abord tenté de faire valoir que la hausse se produisait principalement chez les personnes non vaccinées. Ils reconnaissent maintenant que l’argument n’est pas fondé. Les tests montrent que de nombreux cas concernent des personnes vaccinées (et aucun pays avec les deux tiers de ses adultes vaccinés avec deux doses, comme la Grande-Bretagne, ne pourrait avoir une telle augmentation à moins que les personnes vaccinées ne soient également infectées).

Début juillet, Israël a rapporté que l’efficacité des vaccins semblait être tombée à 64 %. 

Maintenant, les partisans de la vaccination généralisée tentent de minimiser l’importance du fait que les personnes vaccinées sont infectées en affirmant qu’elles ne sont pas hospitalisées ou ne meurent pas.

Cette théorie est également en train de s’effondrer. Le nombre de personnes hospitalisées pour un Covid sévère en Israël a plus que doublé depuis fin juin. Et un conseiller du gouvernement israélien a reconnu le 5 juillet que plus de la moitié des cas graves de Covid se produisaient chez des personnes « complètement vaccinées ». (https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/government-covid-adviser-new-major-restrictions-are-not-needed/)

Les données de l’Angleterre et de l’Écosse montrent des tendances similaires. En Écosse, les hospitalisations ont plus que quintuplé au cours des dernières semaines. Et plus de la moitié des personnes décédées de Covid au cours de la dernière semaine de juin ont été entièrement vaccinées. Pour certains médias, la chose est normale, c’est à quoi il fallait s’attendre. C’est vrai quand on admet que les vaccins ne sont pas parfaits.

Nous devrions nous attendre à ce que ces tendances se poursuivent. Les cas graves accusent du retard sur les tests positifs, car la plupart des gens ne tombent pas suffisamment malades dans les premiers jours de l’infection et ne seront hospitalisés que plusieurs jours après avoir été déclarés positifs. Les décès et les déclarations de décès tardent encore plus. Il serait surprenant que les décès n’augmentent pas pendant le reste du mois de juillet.

Étant donné la variabilité dont les pays comptent les cas, ces chiffres sous-estiment probablement le manque d’efficacité des vaccins. En effet, on exclut de nombreuses réinfections. Les personnes ne sont pas considérées comme « complètement vaccinées » avant deux semaines après avoir reçu leur deuxième dose — ou au moins cinq à six semaines après la première dose, selon le vaccin. De nombreux cas chez les personnes qui ont déjà été vaccinées sont donc regroupés dans la catégorie des non-vaccinés.

Si les vaccins offraient 10 ans de protection à 95 %, ce retard n’aurait guère d’importance. Mais s’ils perdent de leur efficacité en quelques mois, le manque de protection qu’ils offrent au début réduit fortement leur valeur globale. Le nombre total de cas du début à la fin, depuis le moment où les vaccins sont administrés jusqu’au moment où ils cessent de protéger, est ce qui compte.

Les autorités de santé publique accusent la variante « Delta », censée être plus transmissible que le Sars-Cov-2 d’origine, d’être responsable de l’augmentation des cas. Cet argument ne tient plus vraiment la route. En Inde, patrie d’origine de la variante Delta et où très peu de personnes sont vaccinées, les cas ont chuté de 90 % depuis début mai. Notons que cette chute pourrait, selon certains, en partie être la conséquence de traitement (parfois prophylactique) à l’ivermectine.

Que savons-nous à ce stade ? 

Les vaccins n’offrent pas une protection parfaite.

L’augmentation des cas dans des populations très fortement vaccinées ne permet plus de contester la chose.

La baisse printanière des cas — en Grande-Bretagne, en Israël, aux États-Unis au Québec — semble multifactorielle : un déclin saisonnier général déjà observé l’année passée pendant l’été, une immunité acquise avant l’été, la mort des plus fragiles avant l’été et pendant l’année 2000 et, bien sûr aussi, d’une protection vaccinale à court terme.

L’hypothèse n° 2 ci-dessus — « Les vaccins n’éliminent pas tous les cas, mais ils fonctionnent très bien, en particulier contre les maladies graves ou la mort » — pourrait désormais s’avérer inexacte.

L’hypothèse n° 3 — « Les vaccins réduisent considérablement la maladie avec une efficacité qui diminue lentement » est encore viable.

100 cas de contagion sur le porte-avions HMS Queen Elizabeth (le 15 juillet), or tout le personnel est vacciné. Il s'agirait de 1/7 des marins sur ce bâtiment, le groupe naval lui comprend près de 3000 marins. « Une porte-parole a déclaré que les mesures d'atténuation en vigueur à bord comprenaient le port de masque, l'imposition de distance physique et un système de suivi et de traçabilité. »  Notons que le personnel du porte-avions français le Charles-de-Gaulle avait été infecté (à un taux supérieur) en avril 2020 et sur 1046 marins infectés, 0 était mort en absence de vaccins.
 

Le fait que Pfizer et Moderna insistent sur la possible nécessité de vaccin de rappel (à savoir de 3e dose) semble indiquer que les fabricants ne croient pas que leurs vaccins n’offrent pas de protection à long terme. Si les entreprises qui fabriquent les vaccins semblent penser qu’ils ne fonctionnent pas pendant plus de quelques mois, pourquoi faudrait-il que nous le croyions ?

Il existe un autre vaccin commun où l’on utilise des piqûres de rappel relativement fréquemment (moins de 10 ans) : le vaccin contre la grippe, il n’est pas très efficace (cela dépend des années).

Parallèlement à l’hypothèse n° 3, il nous reste les n° 4 et n° 5 : « Les vaccins fonctionnent pendant de courtes périodes, mais échouent rapidement » et « Les vaccins sont essentiellement inefficaces, en particulier chez les personnes les plus à risque de mourir de la Covid. »

Pour Alex Berenson, l’hypothèse n° 4 semble la plus probable. Bien sûr, même s’ils perdent de leur efficacité avec le temps, les vaccins peuvent offrir une protection partielle et réduire la gravité de la maladie chez certaines personnes, ce qui serait un argument pour le cas n° 3.

Mais ils pourraient aussi être le moins longtemps protecteurs chez les personnes qui en ont le plus besoin, ce qui étayerait l’hypothèse n° 5. Certaines études scientifiques sur le niveau d’anticorps que les gens développent après la vaccination selon leur âge indiquent que cette hypothèse inquiétante n’est pas à exclure. On sait par exemple que le vaccin de la grippe est moins efficace chez les personnes les plus à risque. Comme le rapportait Libération : « on oublie d’ajouter que le vaccin contre la grippe est d’une efficacité limitée. “Autour de 65 %”, lâche le professeur Lina. Et cette efficacité varie avec l’âge. Elle est de l’ordre de 80 % chez les jeunes, mais de moins de 45 % pour les personnes de plus de 70 ans. » 

Philippe Poindron, virologue et professeur honoraire de virologie à l'Université de Strasbourg

Les trois enfants d'Éric Zemmour ont été scolarisés au Cours Hattemer « à la pédagogie surannée » selon Paris-Match

On apprend dans le Paris-Match qui titre « Éric Zemmour, oui il est candidat ! » (n° 3766) que :

Confirmant aussi l’ambition présidentielle de Zemmour, l’avocat Olivier Pardo a fait sa connaissance voici un quart de siècle, grâce à Mme Marcel, l’institutrice en chef du Cours Hattemer, où ses enfants étaient scolarisés dans les mêmes classes que les deux garçons et la fille d’Éric Zemmour. L’école privée parisienne [hors contrat, sans subventions et donc plus libre] professe une pédagogie surannée, salutaire aux yeux du journaliste, nostalgique obsessionnel de la France sépia des années 1960.

On voit que le portrait d’Éric Zemmour que brosse l’hebdomadaire parisien n’est pas exagérément laudatif et qu’il n’est en rien un média centriste. Rappelons que « suranné » (ringard, démodé, obsolète pour parler comme l’anglais) et « obsessionnel » ne sont pas des termes neutres et centristes. Les résultats de l’école Hattemer sont excellents (100 % de réussite, 73 % de mentions au bac 2021).

Il n’est pas évident que l’anglais intensif (8 h par semaine à partir de la 6e) de cette école soit très suranné. On voit mal l’intérêt d’obtenir un diplôme d’école secondaire américaine (de peu de valeur même aux États-Unis), mais la responsable des admissions en semble très fière. Ce n’est en rien démodé, mais plutôt très prisé par les milieux parisiens dans le vent.

jeudi 15 juillet 2021

Émojis : le drapeau trans (mais pas de drapeau du Québec), un Père Noël asexué

La prochaine version d’Unicode (14,0) sortira en septembre 2021. Elle devrait inclure plusieurs nouveaux émojis, dont plusieurs « hommes » enceintes (moustachus ou non) de plusieurs couleurs de peau. Le Consortium Unicode s’obstine toujours par contre à ne pas attribuer d’émoji pour représenter le drapeau du Québec. Le consortium californien cède facilement au micro-lobby LGBTQ2SAI+.


 

Billet originel du 5 février 2020

Le drapeau transgenre, un père Noël non genré et le célèbre dodo disparu seront tous ajoutés aux nouveaux émojis qui sortiront en 2020. Ils seront alors disponibles sur les téléphones et pourront être échangés.

Le consortium Unicode a récemment annoncé qu’il a approuvé 117 nouveaux personnages et images (des émojis) et qu’ils seront ajoutés à la version 13.0 d’Unicode.

La liste des nouveaux émojis de la « version 13.0 » comprend également un moustachu avec un voile de mariée, ainsi qu’une femme avec un nœud papillon et trois émojis de personnes (homme, femme, androgyne) qui nourrissent un bébé au biberon.



L’année dernière, un couple homosexuel et des émojis non genrés ont été ajoutés à la bibliothèque des émojis pour « être plus inclusif », mais le lobby LGBTQ2SAI+ s’est alors plaint de l’absence du drapeau transgenre. Le consortium Unicode, basé en Californie, a donc claqué des talons et inclut ce drapeau très marginal.
Le drapeau transgenre...
Ne cherchez cependant pas le drapeau québécois dans les listes des émojis de votre téléphone portable qui prennent souvent en charge des centaines, voire des milliers, d’émojis. Unicode n’a d’abord codé que les drapeaux repris dans une norme internationale (l’ISO 3166­). Cette norme définit un code pour la quasi-totalité des pays du monde, y compris pour certains territoires (îles en général), même non habités de façon permanente. Tous les drapeaux correspondant à l’ISO 3166 sont d’habitude disponibles sur les téléphones cellulaires. Mais voilà, l’ISO 3166 ne comprend pas le drapeau du Québec ni ceux de nombres entités régionales. Devant la demande pressante de Britanniques sportifs, Unicode a étendu le nombre de séquences permises afin de pouvoir coder des sous-entités étatiques comme les nations du Royaume-Uni (l’Écosse, le Pays de Galles et l’Angleterre) présentes dans les compétitions sportives internationales, les États des États-Unis ou les provinces canadiennes.  Ensuite, Unicode s’en lave les mains : c’est aux fabricants de fournir des émojis pour ces sous-régions selon leur bon vouloir. Les seuls émojis d’entités régionales pris en charge par la plupart des téléphones intelligents sont ceux des nations du Royaume-Uni (ci-dessous).


Émojis pour l’Angleterre, l’Écosse et le Pays-de-Galles pris en charge par la majorité des plateformes


S'il n'y a pas de drapeau québécois (ou wallon pour nos lecteurs belges) c'est par manque de volonté de la part des fournisseurs ou de pression de la part des gouvernements et des clients. Visiblement, le lobby trans pèse plus lourd auprès des entreprises comme Google et Apple que le gouvernement ou les usagers québécois.

Il existe bien depuis quelque temps une pétition en ligne qui appelle les grandes plateformes à inclure un drapeau québécois dans leurs émojis et nous vous encourageons à la signer.

Entretemps, les Québécois peuvent peut-être se replier sur le drapeau de la Martinique (qui, elle, a un drapeau pour des raisons administratives propres à l'ISO 3166). À faible définition, votre correspondant pourra croire qu'il s'agit d'un drapeau fleurdelisé.




D’autres ajouts à la liste d'émojis la plus récente (13.0) comprennent le mammouth laineux, le dodo, des personnes qui s’étreignent et un geste de doigt pincé, communément appelé « geste de la main italien » ou « pomme de pin », où le bout des doigts et du pouce se rencontre verticalement pour indiquer le désaccord ou la confusion.

La liste complète des nouveaux émojis sera pris en charge sur la plupart des plateformes au cours du second semestre de cette année.

Des entreprises comme Apple, Google et Microsoft fournissent des versions stylisées de ces émojis.

Stylisations du symbole transgenre, chaque fournisseur (Google, Apple, Microsoft) peut proposer sa stylisation.

Aucune date de sortie n’a été confirmée pour les émojis sur différents systèmes d’exploitation, bien qu’ils soient traditionnellement déployés plus tard dans l’année lorsque de nouvelles versions des logiciels iOS d’Apple et Android de Google sont rendues publiques.

mercredi 14 juillet 2021

Un graphique vaut mille mots

 

La ligne rouge montre ainsi que la proportion des « anglos » (souvent simplement des enfants d’allophones assimilés à l’anglais depuis plus longtemps que les « allos ») ne fait que chuter dans les programmes préuniversitaires dans les cégeps anglophones au Québec et qu’ils y représentent désormais moins de 40 %. Ces établissements qui anglicisent les étudiants sont massivement financés par un gouvernement, la CAQ, que certains pensent nationalistes québécois.


Source : Frédéric Lacroix