dimanche 13 août 2023

Canada anglais : moitié des sondés pour que l'hymne national dise « sur des terres autochtones » plutôt que « pays natal »

 
Un récent sondage réalisé par Research Co a révélé que les Canadiens anglophones sont divisés sur les révisions à apporter à la version anglaise du « Ô Canada ».

Selon le sondage publié vendredi, 41 % des Canadiens anglophones sont favorables à la modification du début du « Ô Canada », qui passerait de « Our home and native land » (notre foyer et notre terre natale) à « Our home on native land » (notre foyer sur le territoire des autochtones). En revanche, 44 % d’entre eux ne sont pas d’accord avec la modification proposée.

En février dernier, lors de la rencontre NBA All-Sta à Salt Lake City (Utah), la chanteuse canadienne Jully Black a interprété « O Canada » en chantant « notre foyer sur le territoire autochtone » au lieu du traditionnel « notre foyer et notre terre natale ». En mai, Bonnie Crombie, mairesse de Mississauga (Ontario), a également exprimé son soutien au changement de paroles en anglais.

Ce ne serait pas le premier changement à la version anglaise. Le 31 janvier 2018, un projet de loi est adopté pour modifier les paroles anglaises afin d’assurer la parité entre les sexes. Les paroles « true patriot love in all thy sons command » (plus de « fils ») sont remplacées par « true patriot love in all of us command » (mais « chez tous »).  La version française, de ce qui est à l’origine un chant patriotique des Canadiens français, n’a pas changé et parle depuis 1880 de « Terre de nos aïeux » où « Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant, Le Canadien grandit en espérant. Il est né d’une race fière. »

Le sondage a également révélé que 55 % des Canadiens anglophones âgés de 18 à 34 ans sont favorables à la modification des paroles du « O Canada » en remplaçant « and » par « on ». Toutefois, la proportion est plus faible chez les personnes âgées de 35 à 54 ans (42 %) et chez les personnes âgées de 55 ans et plus (28 %).

« Des majorités de Canadiens anglophones d’origine sud-asiatique (68 %), autochtone (64 %) et est-asiatique (51 %) approuvent la modification proposée de l’hymne national », a déclaré Mario Canseco, président de Research Co. Mario Canseco, président de Research Co., a déclaré dans un communiqué de presse publié vendredi.

« Seuls 36 % des Canadiens anglophones d’origine européenne sont du même avis. »

Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, en 2018, les paroles de l’hymne national en anglais ont été modifiées pour éliminer la référence à « tous tes fils ».

À l’échelle du pays, 48 % des Canadiens anglophones sont d’accord avec cette modification (+6 depuis un sondage similaire mené en février 2018), tandis que 34 % (-14) ne sont pas d’accord et que 17 % (+7) sont indécis.

Lorsqu’on leur demande laquelle des deux versions de l’hymne national ils préfèrent, près de la moitié des Canadiens anglophones (47 %, -7) choisissent » in all thy sons command”, tandis que 38 % (+4) choisissent « in all of us command ».

Les hommes anglophones (52 %) sont plus susceptibles que les femmes anglophones (43 %) d’exprimer une préférence pour l’ancienne version du « O Canada ».

Les Canadiens anglophones qui ont voté pour le Parti conservateur aux élections fédérales de 2021 sont plus susceptibles de préférer la version « fils » de l’hymne national (67 %) que ceux qui ont voté pour le Parti libéral (43 %) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) (36 %).

Un diplôme d’études secondaires suffit pour enseigner dans les écoles du Québec, juge le ministère de l’Éducation.

À se rappeler quand la presse publiera les marronniers habituels sur les écoles « illégales » ou les parents (souvent universitaires) qui osent enseigner à leurs propres enfants. 
 
La pénurie de main-d’œuvre dans le réseau scolaire force le gouvernement à embaucher des dizaines de milliers de profs non qualifiés, année après année. 
 
Une situation qui plombe la qualité des services éducatifs au primaire et au secondaire, a prévenu la vérificatrice générale du Québec à la fin mai.
 
 
Au moins trois profs non légalement qualifiés ne détenant qu’un DES se sont vu confier une classe l’an dernier dans le réseau public, révèle une demande d’accès à l’information. Pas moins de 541 enseignants n’avaient en poche qu’un diplôme d’études collégiales. «Afin que la tolérance d’engagement soit délivrée, l’employeur doit faire la démonstration que la personne détient un diplôme d’études secondaires ainsi que des études supérieures [terminées ou non]», précise même le document émis par le ministère de l’Éducation. 
 
La pénurie de main-d’œuvre dans le réseau scolaire du Québec a forcé le gouvernement à embaucher plus de 30 000 enseignants non qualifiés, ce qui plombe la qualité des services éducatifs au primaire et au secondaire. Plus du quart du personnel enseignant qui a œuvré durant l’année scolaire 2020-2021 n’était pas légalement qualifié. Ce sont majoritairement des suppléants et près de 27 000 d’entre eux n’avaient aucune autorisation pour enseigner. 
 
 «Le ministère ne dispose d’aucune information sur leur profil scolaire», signale le rapport du Vérificateur général déposé à l’Assemblée nationale jeudi. 
 
Ces derniers ont travaillé 8,3% des jours totaux de l’ensemble des enseignants. 
 
La vaste majorité des 3778 autres profs non légalement qualifiés ayant une tolérance d’engagement détenaient un baccalauréat ou une maîtrise provenant d’une autre discipline que l’enseignement. Il s'agit là peut-être d'une fausse crise : il suffirait de permettre à ces diplômés de l’université d'être plus facilement qualifiés (faut-il vraiment une longue maîtrise qualifiantes en en enseignement au secondaire pour ceux-ci ? Ce n'est pas le cas dans de nombreux pays européens...)

samedi 12 août 2023

Bienvenue dans l'ère des surdiplômés sous-performants

S’il est vrai que beaucoup, voire la plupart, des gagnants de l’économie moderne ont un niveau d’éducation élevé, il y en a toujours qui ont réussi sans diplôme et une proportion encore plus grande qui échoue malgré eux.


 Ce dernier groupe, que nous appellerons les « sous-performants suréduqués », semble essentiel aux yeux de Sean Speer pour comprendre le pessimisme croissant à l’égard de l’avenir, la montée du populisme, ainsi que la colère et la frustration qui se manifestent de plus en plus dans notre vie politique. 

L’essor du diplômé universitaire issu de la classe ouvrière 

L’année dernière, l’Institut Cardus a publié un document sur la classe ouvrière moderne au Canada. On y définit la classe ouvrière comme les personnes qui occupent des emplois n’exigeant généralement pas de diplôme d’études postsecondaires. L’une de nos conclusions les plus surprenantes est que 53 % des personnes occupant des emplois de la classe ouvrière sont titulaires d’un certificat ou d’un diplôme postsecondaire (voir la figure ci-dessous). Ce groupe exclut les étudiants à temps plein, de sorte que leur « sous-emploi » ne peut être expliqué comme une simple étape transitoire dans leur carrière.

Il y a sans aucun doute plusieurs facteurs en jeu, notamment les préférences individuelles, les problèmes de diplômes étrangers, l’inadéquation géographique des compétences, voire la discrimination de la part des employeurs. Mais l’interaction entre la montée de la diplômanie — l’idée que les capacités ou l’intelligence d’une personne se mesurent à l’aune de ses diplômes — et ce que l’on appelle parfois « l’inflation des diplômes » — la tendance à l’échelle de l’économie à l’augmentation des attentes en ce qui concerne les diplômes requis pour un emploi — est un facteur déterminant.

Le penseur britannique David Goodhart affirme que ces courants économiques et sociaux nous ont amenés à « dépasser les bornes » en matière d’éducation et de formation. Il semble que nous ayons désormais un problème d’outre-éducation à grande échelle dans les économies avancées, y compris au Canada.

Prenons l’exemple d’un nombre croissant de recherches sur l’augmentation de ces « sous-performants suréduqués » et sur leurs expériences et résultats sur le marché du travail. Les chiffres sont assez frappants. Une importante étude de 2014 a par exemple révélé qu’aux États-Unis, environ 37 % des diplômés de l’enseignement supérieur ont tendance à avoir un niveau d’éducation supérieur à celui qu’exige leur emploi. Les travaux plus récents de Goodhart sur le Royaume-Uni montrent que plus d’un tiers des diplômés universitaires occupent un emploi non diplômé plus de cinq ans après l’obtention de leur diplôme. Des recherches antérieures menées par le Bureau parlementaire du budget ont abouti à des résultats similaires pour le Canada. 

Bien que ces travailleurs suréduqués aient tendance à gagner plus que les travailleurs moins éduqués dans la même profession, ils gagnent beaucoup moins que les travailleurs ayant un niveau d’éducation similaire dans des professions correspondant à leurs qualifications. Ils ont également tendance à rester surdiplômés à long terme. L’une des conséquences est que la pénalité salariale liée à leur suréducation a tendance à persister. Une autre conséquence est que ces travailleurs déclarent avoir un faible niveau de satisfaction au travail ainsi que des épisodes d’anxiété, de dépression et d’autres problèmes de santé mentale qu’ils déclarent eux-mêmes.

Les personnes concernées sont passées entre les mailles du filet de la conception de la méritocratie de Brooks et de l’expérience réelle du système moderne de délivrance des diplômes. Ce sont ceux qui « ont fait tout ce qu’on attendait d’eux » — y compris l’obtention d’un diplôme universitaire ou collégial — mais qui n’en ont pas tiré les bénéfices. Au Canada, par exemple, ils gagnent en moyenne 41 % de moins que ceux qui n’appartiennent pas à la classe ouvrière et, selon l’endroit où ils vivent, ils ont du mal à payer leur loyer et d’autres dépenses de base. La promesse de la soi-disant « démocratisation » de l’accès à l’éducation ne s’est pas pleinement concrétisée pour eux et leurs familles. 

Il y a de bonnes raisons de penser que si un accès élargi à l’enseignement postsecondaire a apporté des avantages significatifs, il s’est accompagné de coûts sous-estimés que nous commençons à peine à comprendre. Les normes culturelles et les politiques publiques en faveur de ce que Goodhart appelle le « pic universitaire » ont dévalorisé les compétences non cognitives, érodé les normes académiques et contribué à l’inflation des diplômes sur le marché du travail. En d’autres termes, certaines personnes sont titulaires de diplômes supérieurs qui ne devraient pas l’être et le marché a dû s’adapter pour les prendre en compte.

Ces personnes ne peuvent être tenues pour responsables de cette évolution. Elles ont réagi aux mêmes signaux de l’élite et aux mêmes normes sociales concernant l’utilité des diplômes d’études supérieures qui sont implicites dans l’essai de Brooks. Ils ont obtenu d’assez bonnes notes à l’école secondaire pour être acceptés dans des programmes universitaires ou collégiaux qu’ils ont finalement achevés. Il se peut même qu’ils aient obtenu par la suite un diplôme d’études supérieures ou professionnelles. Pourtant, ils ont toujours été négligés ou rejetés par la méritocratie.

Qu’est-ce qui explique la montée en puissance du système moderne de certification ?

Il est intéressant de se pencher sur les raisons qui ont poussé la classe des dirigeants éduqués — y compris les chefs d’entreprise, les responsables culturels et les dirigeants politiques — à cultiver des attentes sociales aussi puissantes. Qu’est-ce qui est à l’origine de la montée en puissance du système moderne de reconnaissance des diplômes ? 

Un facteur important est sans aucun doute la vision progressiste de l’éducation, de la connaissance intellectuelle et du progrès humain. Il existe une hypothèse inhérente selon laquelle l’expansion de l’éducation est la clé pour débloquer une version de l’utopie dans laquelle une « classe cognitive » en expansion peut surmonter les luttes de classes de l’ancienne économie de production de biens. Ce concept englobe également l’idéal inclusif de la pensée méritocratique et le rôle de l’éducation en tant que « grand niveleur » de la société. Le mouvement « université pour tous » est un bon exemple de cette tendance idéologique.

Une autre cause peut être le biais d’autosélection. Si toutes les personnes présentes aux principales tables de décision de la société ont un diplôme de l’enseignement supérieur, il n’est pas très surprenant qu’elles cultivent des normes sociales liées à l’éducation qui penchent en faveur de leur propre formation et de leur propre expérience. Les travaux de Nicholas Carnes, professeur à l’université Duke, sur ce que l’on appelle le « gouvernement des cols blancs » (qui fait référence à la réduction des formations et des expériences professionnelles des membres du Congrès américain) ont montré comment l’homogénéité croissante de la classe politique influence l’élaboration des politiques au sens large, y compris en matière d’éducation. 

Goodhart affirme qu’il ne s’agit pas seulement d’un parti pris. Elle reflète également, selon lui, « un esprit aveugle de ne pas vouloir faire tomber l’échelle de la part de personnes qui ont elles-mêmes acquis une expérience universitaire précieuse ». Le problème de ce type de raisonnement est qu’il impose ses propres attributs et préférences au reste de la société. Il peut être bien intentionné, mais il est aussi narcissique. De manière contre-intuitive, elle sape le pluralisme au nom de l’inclusion. Une véritable inclusion s’efforcerait de permettre aux gens de poursuivre leurs propres intérêts et de maximiser leurs propres forces plutôt que de présumer de la bonne voie à suivre pour eux.

Selon ma propre hypothèse, l’importance culturelle et politique accordée à l’enseignement postsecondaire au cours des dernières décennies est en soi un signe que la classe dirigeante ne sait pas quoi faire. Une combinaison de facteurs — dont la mondialisation, les politiques publiques et les changements technologiques — a transformé l’économie moderne, qui est passée d’une « économie des choses » à une « économie de la pensée ». Le « changement technologique axé sur les compétences » qui en résulte remodèle la demande du marché, les possibilités d’emploi et les revenus en fonction de certaines qualifications et compétences. 

Les décideurs politiques ont eu du mal à suivre ou même à comprendre ces évolutions. En l’absence d’une compréhension claire des implications à long terme pour l’économie et la société, l’expansion de l’enseignement post-secondaire est devenue la réponse par défaut. Le sous-produit en est une population croissante de personnes suréduquées et peu performantes. 

Une révolution bourgeoise : Le risque réel de perturbation politique

Le fossé entre la promesse du système des diplômes et sa réalité décevante pour un nombre croissant de personnes doit être affronté avant qu’il n’engloutisse notre politique. Malgré toute l’attention portée à la menace posée par les populistes de la classe ouvrière, le véritable risque de perturbation politique pourrait en fait provenir de la montée des populistes en col blanc.

Ces derniers ont de bonnes raisons de s’agiter. On leur a fait croire que les diplômes étaient une voie vers la mobilité sociale et l’appartenance à la classe méritocratique. Pourtant, ils se retrouvent dans des emplois moins bien rémunérés et plus précaires que ceux de leurs parents qui n’ont généralement pas fait d’études. En d’autres termes, les vrais révolutionnaires ne sont peut-être pas le prolétariat, mais les bourgeois mécontents et insatisfaits. 

Peter Turchin, scientifique de l’université du Connecticut, met en garde contre ce risque depuis plus de dix ans. Dans un article publié en 2010 dans la revue scientifique Nature, il prédit la montée de l’instabilité politique actuelle, en partie à cause de ce qu’il appelle la « surproduction des élites ».

L’idée de base est que nos sociétés forment et produisent plus d’individus hautement éduqués qu’il n’y a de postes d’élite dans les entreprises, les gouvernements ou d’autres institutions clés. Cet écart entre l’offre et la demande menace la montée de mouvements de contre-élite qui pourraient éventuellement viser à renverser l’ordre politique. Il cite des exemples historiques tels que la Révolution française, la Révolution russe et même la guerre civile américaine pour étayer sa théorie.

Turchin aborde à nouveau ce thème dans un nouvel ouvrage intitulé End Times : Elites, Counter-Elites, and the Path of Political Disintegration (La fin des temps : Élites, contre-élites et voie de la désintégration politique, traduit notamment en néerlandais, mais pas en français). Il y utilise la métaphore des chaises musicales pour faire passer son argument : 

    J’utilise la métaphore du jeu des chaises musicales, mais au lieu de retirer les chaises une à une, on ajoute de plus en plus de joueurs. Et comme il y a deux fois plus, trois fois plus de joueurs que de chaises, vous pouvez imaginer le chaos qui s’ensuivrait. C’est une bonne métaphore pour nos sociétés, car les aspirants à l’élite sont généralement énergiques, ambitieux, bien éduqués, doués pour l’organisation et, par conséquent, lorsqu’ils ne parviennent pas à obtenir les postes qu’ils espèrent, nombre d’entre eux cherchent à infecter, à renverser l’ordre social injuste à leurs yeux.
Pour ces raisons, il prévient que « les prétendants contrariés à l’élite sont bien plus menaçants pour la stabilité de la société que les travailleurs mécontents ». Leurs rangs grandissants devraient donc faire l’objet d’une attention politique beaucoup plus grande.

Voir aussi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La Banque mondiale suspend l’octroi de nouveaux prêts à l’Ouganda en raison de la loi anti-LGTV.

« La Banque mondiale suspend l’octroi de nouveaux prêts à l’Ouganda en raison de la loi anti-LGTB. »

Parce que cette loi, dit la Banque mondiale, irait « à l’encontre de ses valeurs »...

Réaction du président ougandais Yoweri Museveni :

Il est regrettable que la Banque mondiale et d'autres tentent de faire pression pour que nous abandonnions notre foi, notre culture, nos principes et notre souveraineté en utilisant de l'argent.... Ils sous-estiment vraiment tous les Africains. L’Ouganda se développerai avec ou sans prêts. Nous n'avons pas besoin de pression de qui que ce soit pour savoir comment résoudre les problèmes de notre société.


Entretemps, le 27 juillet dernier à Saint-Pétersbourg…


vendredi 11 août 2023

La CAQ (censément de droite), ce gouvernement dur avec les conservateurs qui défend les travelos et les nus anti-blancs dans un musée

Martine Biron  Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, et ses priorités.


Mise à jour du 7 juin

Les promoteurs de l’activité « Rallye foi, feu, liberté » mettent en demeure le gouvernement et le Centre des congrès de Québec à la suite de son annulation.

Cette mise en demeure vise la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, et le président-directeur général du Centre des congrès de Québec, Pierre-Michel Bouchard.

Caroline Proulx, qui est responsable du Centre des congrès de Québec, a exigé l’annulation de l’activité qui devait avoir lieu à la fin du mois. « Oui à la liberté d’expression, mais non d’accueillir des événements qui sont en contradiction avec les principes fondamentaux du Québec », avait déclaré la ministre le 2 juin dernier.

La ministre assure que la tenue d’une telle activité est impossible dans un contexte où sa collègue responsable de la Condition féminine, Martine Biron, mène des rencontres au Québec pour améliorer le droit à l’avortement. [Pour Mme Biron et son activisme trans, pro-avortement et LGBTQ voir ci-dessous, rappelons que ces premières responsabilités sont les Relations internationales et la Francophonie où elle ne semble pas donner autant d’ardeur au travail…]

L’organisateur, Harvest Ministries International, et son président, Arthur Lucier, affirment que la résiliation du contrat par le Centre des congrès ne repose sur « aucun fondement juridique valable ».

Le document demande au PDG du Centre des congrès « de se rétracter par écrit d’ici 48 heures, sans quoi des procédures judiciaires pourront être prises contre [lui], personnellement, et contre la Société, sans autre avis ni délai ».

Préjudices de 450 000 $

L’avocat Samuel Bachand, qui représente Harvest Ministries International dans ce dossier, estime que la ministre Proulx a fait pression sur le Centre des congrès afin d’annuler cette activité. C’est pourquoi elle est aussi visée par la mise en demeure.

« Même si la thématique du Rallye était “anti-avortement” (nous le nions), votre décision de bannir ma cliente du Centre des congrès — et de toutes les propriétés similaires de la Couronne provinciale — serait abusive, discriminatoire, attentatoire aux libertés fondamentales d’expression et de religion, sans l’ombre d’une justification raisonnable », peut-on lire dans le document.

Selon la mise en demeure, il ne s’agissait pas d’une activité anti-avortement, contrairement à ce qu’a laissé entendre le gouvernement du Québec. « Aucune prise de parole, représentation, projection ou thématique soi-disant “anti-avortement” n’était au programme », selon l’avocat.

L’annulation de cette activité aurait également des conséquences sérieuses pour les organisateurs. « La résiliation unilatérale du contrat causera un préjudice matériel considérable à ma cliente qui doit maintenant, en pleine haute saison, trouver un lieu de remplacement pour le Rallye, à proximité d’hôtels et de restaurants où des réservations et des dépôts ont déjà été faits. De façon préliminaire et sous toutes réserves, ma cliente estime son préjudice matériel probable à plus de quatre cent cinquante mille dollars (450 000 $). »

Cette activité est prévue du 23 juin au 2 juillet. Le promoteur, Harvest Ministries International, basé à Kelowna, en Colombie-Britannique, prévoyait accueillir 1000 personnes par jour.


Billet originel du 5 juin

Contexte : Nudité et discours anti peau blanche au Musée de la civilisation de Québec (vos impôts à l’œuvre)

La « personne » enceinte — Loi sur les normes du travail du Québec, article 81.4 (oui, oui, sous la CAQ)

Ministre de la Condition féminine et de la francophonie défend hommes trans et annonce dépenses de 0,8 million $. Et « vos yeules ! »  (un peu plus de vos sous pour soutenir les trans)

Réaction de Mathieu Bock-Côté : Caroline Proulx, ministre autoritaire et ennemie de la liberté d’expression

On apprenait vendredi que la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, a décidé d’interdire la tenue d’un colloque au Centre des congrès, qui appartient au gouvernement. La raison : ce colloque était organisé par une association militant contre l’avortement.  [Forte baisse de la fécondité au Québec en 2022 : 1,49 enfant/femme (-7,7 % pour les « langue maternelle français »)]

La ministre, jugeant cela intolérable, a décidé de frapper l’événement d’interdit.

Je le dirai d’un mot : cette décision est autoritaire et scandaleuse.

Scandale

Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas ici d’être favorable ou non à l’avortement. Comme l’immense majorité des Québécois, je ne souhaite aucunement rouvrir ce débat, et ce colloque ne m’inspire aucune sympathie.

Mais l’enjeu n’est pas là.

L’enjeu porte sur la liberté d’expression.

La liberté d’expression n’a pas pour fonction de défendre les idées consensuelles, mais d’assurer l’expression des idées dérangeantes.

À ce que j’en sais, il n’est pas interdit d’être pro-vie au Québec.

Dès lors, ceux qui veulent s’engager pour cette cause ne devraient subir ni discrimination politico-idéologique ni interdiction légale ou administrative.

Même si nous réprouvons moralement leur engagement.

Caroline Proulx pourrait-elle nous dire à partir de quels critères elle autorisera ou interdira les prochains événements au Centre des congrès ? Ou les autorisera-t-elle à partir de préférences arbitraires ?

La réponse du gouvernement Legault a de quoi inquiéter.

Les événements accueillis au Centre des congrès de Québec, au Palais des congrès de Montréal ou au Parc olympique devront, dit-il, « respecter les principes fondamentaux du Québec ». Qui les établira ? Qui jugera de la conformité d’un événement public avec ces principes ?

Discrimination

Est-on conscient que désormais, n’importe quel gouvernement, mouvement, groupe ou groupuscule pourra réclamer l’interdiction d’un événement, sous prétexte qu’il entre avec en contradiction avec sa vision de ces « principes fondamentaux » ?


Le gouvernement Legault, allié de la cancel culture [culture du bâillon]. Je ne m’y attendais pas. Mais cela vient d’arriver.

Grâce à Caroline Proulx, ministre autoritaire et ennemie de la liberté d’expression.

Voir aussi

Ci-dessus quelques gazouillis qui illustrent certaines priorités de la Ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Mme Martine Biron, toujours dans ce gouvernement prétendument de « droite ». Elle est aussi responsable de la condition féminine (il n’y a pas de ministre responsable de la condition masculine), elle a donc à cœur la violence conjugale contre les femmes tout en ignorant que, selon des études, la violence conjugale frappe les deux sexes de manière étonnamment égale. Beaucoup de messages sur les trans, les LGBTQ, les travelos et même l’avortement. Très peu de tweets sur la francophonie par contre.

Le consensus « conservateur » serait-il terminé ? Nationalistes contre Libéraux ?

On trouvera ci-dessous l’article traduit de Sean Speer, publié il y a peu dans The Hub.

Cet article explore la tension entre liberté et nationalisme qui façonne le caractère du conservatisme en Amérique du Nord, en particulier aux États-Unis et au Canada. Il évoque les divisions au sein du conservatisme américain et canadien, mettant en lumière des tendances telles que le populisme de droite, le réalignement politique, le conservatisme national et les mouvements opposés au néolibéralisme et au libéralisme. L’auteur examine deux manifestes récents, l’un représentant le conservatisme dit « de la liberté » et l’autre le conservatisme national, qui illustrent des priorités et des visions divergentes. L’article s’interroge sur l’influence croissante du conservatisme national et sa possible émergence au Canada, en lien avec des questions telles que l’identité culturelle, l’immigration et la religiosité.


La tension entre la liberté et le nationalisme façonne le caractère du conservatisme en Amérique du Nord.

Le conservatisme américain a été plus ou moins fracturé pendant 100 ans, comme l’a montré l’intellectuel conservateur Matthew Continetti dans son livre incontournable de 2022, The Right : The Hundred-Year War for American Conservatism. Ces dernières années, cependant, semblent être marquées par des conflits internes et des divisions encore plus importants que la norme historique.

Ces tensions récentes ont également éclaté à certains moments au sein du conservatisme canadien. Le limogeage très médiatisé de Jason Kenney en Alberta l’année dernière par des forces populistes au sein de son propre parti était en partie une manifestation de développements similaires. Il est toutefois juste de dire que, depuis une vingtaine d’années, les conservateurs canadiens sont généralement plus unis sur le plan politique et moins hétérodoxes sur le plan des idées que leurs homologues américains.

L’explication de l’accord relatif qui règne au sein du mouvement est difficile à discerner. Il pourrait s’expliquer par la petite taille du marché canadien et à la relative homogénéité idéologique du mouvement conservateur canadien (essentiellement constitué de libéraux avec un petit « l »), à l’influence continue des baby-boomers (qui sont plus libéraux classiques ou progressistes que les conservateurs en général) dans le monde des idées conservatrices, à l’héritage philosophique de Stephen Harper, à l’absence d’engagement sérieux sur le plan des idées de la part des politiciens conservateurs qui ont suivi, ou peut-être à l’expression du conservatisme inhérent à la « paix, à l’ordre et à la bonne gouvernance ».

Il serait toutefois erroné de supposer que le conservatisme canadien est à l’abri des développements intellectuels et politiques qui remettent actuellement en question l’orthodoxie conservatrice américaine, ou même qu’une telle immunité serait propice. Certaines des tendances qui remodèlent le conservatisme américain sont contingentes. Mais la plupart ne le sont pas.

jeudi 10 août 2023

Le Liban veut interdire Barbie, accusé de promouvoir l'homosexualité

Le film risque d’être interdit car il «va à l'encontre des valeurs morales et religieuses au Liban» a annoncé mercredi le ministre de la Culture libanais. Barbie devait sortir le 31 août dans le pays levantin.

Le ministre libanais de la Culture a annoncé mercredi avoir demandé l'interdiction du film Barbie, estimant qu'il faisait «la promotion de l'homosexualité», sur fond de rhétorique anti-LGBT+ croissante dans l'un des pays les plus libéraux du Moyen-Orient. Dans un communiqué, Mohammad Mourtada a estimé que le film, qui a dépassé le milliard de dollars de recettes au niveau mondial et devait être projeté au Liban à partir du 31 août, «va à l'encontre des valeurs morales et religieuses au Liban».

Barbie fait «la promotion de l'homosexualité et du changement de sexe, soutient le rejet de la tutelle du père, mine et tourne en ridicule le rôle de la mère et remet en question la nécessité du mariage et de la formation d'une famille», a ajouté le ministre. La comédie de la réalisatrice américaine Greta Gerwig, avec les vedettes hollywoodiennes Margot Robbie et Ryan Gosling, met en scène l'emblématique poupée Mattel, s'aventurant toute de rose vêtue aux côtés de son petit ami maladroit Ken (ci-dessous).



La décision du ministre intervient alors qu'une campagne anti-LGBT+ s'intensifie dans le pays, menée par le puissant Hezbollah pro-iranien. En juillet, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait affirmé que, selon la loi islamique, tout homosexuel «devrait être tué» et appelé à boycotter tous les produits arc-en-ciel. Le Liban est considéré plus «tolérant» que d'autres États arabes par rapport à l'homosexualité. Mais les institutions religieuses continuent d'exercer une influence majeure sur les affaires sociales et culturelles, et l'homosexualité reste sanctionnée par la loi.

Neuf députés ont présenté un projet de loi le mois dernier au Parlement pour décriminaliser l'homosexualité, mais ont été la cible d'une campagne de critiques. Le Liban a annulé à plusieurs reprises ces dernières années des activités de la communauté LGBT+, notamment sous la pression des autorités religieuses. L'an dernier, le film d'animation Buzz l'Éclair, où apparaît un couple de lesbiennes, y avait été interdit.

On apprend par ailleurs que le Koweït a interdit la projection de Barbie pour protéger la morale et les traditions publiques.


Voir aussi 

Barbie, un film de propagande néoféministe et misandre ? 

Le Premier ministre du Canada est dans l'équipe Barbie et souhaite une énième fois un joyeux défilé LGBTQ2SAI+

 

Une étude sur le dispositif canadien d’euthanasie alerte sur ses impasses

Une récente étude publiée sur le site des Presses universitaires de Cambridge s’est penchée sur le dispositif d’euthanasie au Canada, et alerte sur ses impasses.

Intitulée “Les réalités de l’assistance médicale à mourir (AMM) au Canada“, cette étude avait pour objet d’examiner les impacts du programme canadien d’euthanasie et d’analyser les “sauvegardes” permettant d’éviter les dérives. Sa conclusion est inquiétante :

“Le régime canadien d’aide médicale à mourir ne dispose pas des mesures de protection, de la collecte de données et de la surveillance nécessaires pour protéger les Canadiens contre les décès prématurés. Les auteurs ont cerné ces lacunes dans les politiques et ont utilisé des cas d’AMM pour illustrer ces constatations“.

Les auteurs sont des médecins et un juriste, avec une expertise dans le domaine de la bioéthique. Ils ont travaillé à partir des données officielles, et des rapports sur les cas d’euthanasie, ainsi que de la presse et des publications du parlement.

Le système canadien d’euthanasie


Voté en 2016 sous le nom de “C14“, une législation a introduit une exemption à l’interdit de tuer pour les personnes majeures, consentantes, lucides, en cas de maladie ou infirmité avec une “mort naturelle raisonnablement prévisible” (MNRP, en anglais “reasonably foreseeable natural death” (RFND), un déclin irréversible des capacités, et une douleur intolérable (physique ou psychique). Si le suicide assisté est possible, c’est l’euthanasie qui est la forme la plus courante d’administration de la mort.

En 2021, une loi dite “C7” a étendu l’accès en introduisant un régime à deux voies : la voie “C14” et les cas de patients qui ne sont pas proches de leur mort naturelle, incluant donc toutes les personnes avec une infirmité. Un délai de mise en œuvre était prévu pour les personnes souffrant d’une maladie mentale jusqu’à mars 2023. Un nouveau report est voté jusqu’au 17 mars 2024.

Les auteurs rappellent que l’extension prévue par la loi C7 faisait suite à un seul jugement d’un tribunal dans la province de Québec en 2019 qui avait déclaré la disposition de mort naturelle raisonnablement prévisible inconstitutionnelle. Le gouvernement fédéral n’avait pas fait appel de ce jugement. Les auteurs rappellent aussi que “la Cour suprême a explicitement déclaré dans l’affaire Carter (Cour suprême du Canada, 2015) qu’elle ne se prononçait pas sur l’aide médicale à mourir pour la maladie mentale“.

Depuis sa légalisation, les données officielles montrent une hausse continue et forte des cas d’euthanasie : 2% des décès en 2019, 3.3% en 2021 soit 10064 décès. Dans certaines régions, le pourcentage atteint 7%. Par comparaison, en Californie, qui a légalisé le suicide assisté en 2016, on compte 486 cas en 2021, soit environ 0.2% des décès, les populations de ces deux Etats étant proches, ainsi que leur culture.

Résultats de l’étude


Suite à leurs recherches, les auteurs relèvent plusieurs problèmes dans le dispositif canadien actuel.

Des données officielles sans beaucoup de vérifications

Le système de collecte de données repose sur l’auto-déclaration par les praticiens, largement sous le format de cases à cocher. Sachant que pratiquer l’euthanasie en dehors des cas prévus par la loi reste illégal, il est peu probable que les praticiens déclarent d’eux-mêmes des cas non légaux. Bien que le rapport officiel de Santé Canada indique que les patients ayant opté pour l’AMM (assistance médicale à mourir) ont un fort taux d’accès aux soins palliatifs, une étude indépendante sur des patients dans un hôpital de l’Ontario a constaté l’inverse sur l’échantillon de cet hôpital: “Les soins palliatifs offerts aux personnes qui demandent l’aide médicale à mourir sont encore insuffisants“.

Un manque de supervision


L’étude fournit plusieurs exemples de personnes euthanasiées dont les familles n’ont pu avoir accès au dossier médical afin de déterminer si le processus avait bien été respecté. Le témoignage de la famille d’Alan Nichols devant le parlement en 2022 est poignant. Sur le fond, la question est proche de celle pointée du doigt par la CEDH en octobre dernier sur le dispositif belge d’euthanasie : la revue des cas ne peut se faire qu’après le décès, et les conditions d’accès aux dossiers restent difficiles. Comme l’écrivent les auteurs

“le ministre de la Justice a déclaré que la supervision doit être assurée par les membres de la famille qui se plaignent après le fait pour engager des mesures disciplinaires ou des enquêtes policières. Pourtant, les expériences des membres de la famille qui ont essayé de répondre aux préoccupations suggèrent que les cas ne peuvent pas être examinés de manière transparente, et les autorités sanitaires ont invoqué des exceptions de l’intérêt supérieur pour rejeter les demandes d’accès aux dossiers médicaux“.

Une priorisation de l’accès à l’euthanasie qui interroge 


Bien que l’arrêt de la Cour suprême n’a pas explicitement créé un “droit de mourir”, la loi C14 dans son préambule insiste sur un accès “universel” à ce processus : “il est souhaitable d’adopter une approche cohérente dans tout le pays en matière d’aide médicale à mourir“. Le risque pointé par l’étude est de prioriser cet accès plutôt qu’un accès à des soins appropriés mais plus couteux. Le Canada, selon une étude de l’OCDE, se situe en dessous de la moyenne des pays membres pour les dépenses publiques sociales. Dans une audition au parlement pour le projet de loi C7, la ministre Carla Qualthrough en charge de l’inclusion des personnes handicapées avait reconnu : “nous savons qu’il y a des régions du pays où il est plus facile d’obtenir l’aide médicale à mourir qu’un fauteuil roulant.” Le cas de Sathya Dhara Kovac est emblématique. Atteinte de SLA, et euthanasiée en octobre 2022, elle a écrit à ses proches :

“En fin de compte, ce n’est pas une maladie génétique qui m’a fait partir, c’était un système …Il y a un besoin désespéré de changement. C’est la maladie qui cause tant de souffrance. Les personnes vulnérables ont besoin d’aide pour survivre. J’aurais pu avoir plus de temps si j’avais eu plus d’aide“.

L’euthanasie comme levier d’économie budgétaire ? 

Par ailleurs, un rapport de l’office budgétaire canadien a estimé en 2020 que l’euthanasie pourrait être une source d’économies. Dans des pays vieillissant où les coûts de santé conduisent à des pressions financières sur les comptes publics, on peut s’interroger sur le conflit d’intérêt d’un Etat devant choisir entre le bien-être de ses citoyens et la tentation de faire des économies par la proposition extensible d’une assistance médicale à mourir. Le film Plan 75 en fournit une illustration certes fictionnelle mais crédible.

Proposer l’euthanasie à ceux qui ne l’ont pas demandé ?


La Nouvelle Zélande et un Etat australien (Etat de Victoria) interdisent au personnel médical d’initier une discussion sur l’euthanasie avec leurs patients. A l’inverse, au Canada, l’association canadienne des praticiens de l’AMM a publié des guidances dans laquelle elle estime que les médecins et infirmiers “impliqués dans les processus de planification des soins et de consentement ont l’obligation professionnelle d’amorcer une discussion sur l’aide médicale à mourir si un patient est admissible à l’aide médicale à mourir“. L’étude cite plusieurs cas de personnes à qui on a proposé l’euthanasie quand elles demandaient des ressources ou des accès à des soins. A la lumière des chiffres cités plus haut, le choix pour un praticien d’aborder sans entrave la question de l’AMM avec son patient pourrait ne pas être neutre dans les décisions de celui-ci.

Des difficultés de définition et un accès à l’euthanasie parfois plus rapide que celui des soins


L’étude aborde d’autres difficultés pour tout dispositif dit d’encadrement de la pratique d’une euthanasie :

La difficulté pour un médecin de pouvoir prédire correctement le “reste à vivre” des patients.
  • Les nombreuses études montrant qu’à l’annonce d’une maladie grave, le risque de suicide est élevé mais qu’il baisse ensuite.
  • La douleur comme notion qui a une composante psychosociale et renvoie donc à la qualité du soutien -physique, psychique, économique…- proposé par la société et l’entourage. Ainsi, dans certains cas sur le territoire canadien, les délais pour accéder à des soins dépassent les 90 jours nécessaires pour obtenir une euthanasie.
  • Enfin, l’étude mentionne le risque bien documenté de contagion suicidaire – effet Werther.
Cette revue détaillée du dispositif canadien d’euthanasie et suicide assisté illustre de nouveau l’incapacité “d’encadrer” la pratique de l’euthanasie malgré les moyens administratifs et les déclarations des pouvoirs publics.

Source

mercredi 9 août 2023

Feux de forêt en Nouvelle-Écosse — prévision de récoltes de bleuets plus importantes dans les années à venir

Les feux de forêt qui ont ravagé certaines parties de la Nouvelle-Écosse au cours des derniers mois ont été dévastateurs pour la plupart des agriculteurs, mais pour les producteurs de bleuets sauvages, cela pourrait signifier de grosses récoltes dans les années à venir.

De nouveaux plants de bleuets repoussent un peu plus de deux mois après qu'un incendie de forêt a brulé le champ de Peter Sutherland, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

L’agriculteur Peter Sutherland a perdu une partie de son équipement et environ 20 % de ses plants lors des incendies du mois de juin.

Il sait toutefois que pour les plants de bleuets qui ont survécu, les incendies stimulent l’apparition de nouvelles pousses.

"C'est la raison pour laquelle on a des bleuets sauvages ici ", explique-t-il. "Ce sont des terres qui ont été ravagées par le feu il y a à peu près 100 ans."

Le Centre de recherche sur les bleuets sauvages de l'Université Dalhousie est en mesure d’expliquer pourquoi les bleuets poussent davantage après un feu de forêt : c'est parce que leurs racines sont différentes de celles des autres espèces fruitières.


La plus grande partie d'un plant de bleuets se trouve sous la terre, explique David Percival, directeur du Centre de recherche sur les bleuets sauvages de l'Université Dalhousie.

"Les pommiers, par exemple, ont des racines qui représentent 20 % à 25 % de la plante, mais avec les bleuets, on parle de 75 % à 85 %", explique le directeur du Centre, David Percival.

Après un feu, les plants de bleuets se servent des réserves entreposées dans leurs racines et dans leurs tiges.

Source : Radio-Canada

Comment le wokisme a coulé le divertissement

DERNIÈRE HEURE : Disney+ a perdu plus de 11,7 millions d'abonnés au cours des trois derniers mois, sa plus forte baisse jamais enregistrée.

Warner Bros, Disney+, Universal et Paramount ont perdu plus de 30 milliards de dollars cumulés dans leur  guerre de la diffusion en continu.