mardi 11 septembre 2012

Québec — Natalité pour six premiers mois de 2012 en léger déclin

Malgré les sommes toujours plus grandes investies dans la  prétendue « politique familiale » québécoise, la natalité du Québec a légèrement baissé lors des six premiers mois de 2012 : alors qu'il était né 43.000 enfants au Québec lors des deux premiers trimestres de 2011, il n'en est né que 42.950 pour la première moitié de l'année 2012. Étant donné que la population du Québec a crû pendant cette période (en moyenne récemment de 70.000 par an), le taux de natalité de 2012 devrait — si la tendance se maintient — une nouvelle fois légèrement baisser. Rappelons que le nombre d'enfants qui naissent chaque année au Québec est très inférieur à celui nécessaire pour remplacer les générations et qu'il n'y a pas de baby-boom, pas plus que de mini-baby-boom.

Entre-temps, le nombre de décès a continué d'augmenter passant de 30.600 pour les six premiers mois de 2011 à 30.800 pour la même période en 2012.

Gageons que l'on ne reparlera à nouveau pas en 2012 des avantages démographique de la « politique familiale », mais qu'on nous rebattra une nouvelle fois les oreilles avec les prétendus énormes gains pour les femmes (qui doivent travailler en dehors du foyer...) et pour l'économie québécoise qu'aurait cette politique dispendieuse. Ceci alors que l'étude qui sous-tend cette prétention a été battue en brèche par de nombreux économistes.

Voir aussi

Taux de natalité du Québec à nouveau légèrement en baisse en 2011

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains (l'économiste  Martin Coiteux)

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Défendre l’indéfendable… sans succès! (Nathalie Elgrably-Lévy de l'IEDM)

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Pourquoi le patriarcat a de l’avenir




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Ontario — Père demande exemption pour ses enfants pour les matières morales auxquelles il s'oppose

Le Dr. Steven Tourloukis
Un père de famille de Hamilton demande aux tribunaux de forcer l'école de ses enfants à lui accorder l'exemption de ses enfants de certains cours. Il entame ainsi une poursuite contre le conseil scolaire anglais de Hamilton-Wentworth.

Steven Tourloukis veut connaître le contenu de certains cours offerts à son fils en quatrième année et sa fille, en première année. Il affirme qu'il voudrait pouvoir choisir de les retirer de certaines classes ou activités si l'enseignement va à l'encontre des valeurs de sa religion grecque orthodoxe.

« Pour lui et à cause de sa foi, il a l'obligation d'éduquer ses enfants de la perspective chrétienne. La famille, le mariage et la sexualité humaine sont des thèmes qu'il veut dicter la façon dont ils sont enseignés », explique l'avocat Albertos Polizogopoulos, au sujet de son client. Le Dr Steve Tourloukis cherche à obtenir une une ordonnance du tribunal déclarant qu'en tant que parent, il a l'autorité finale quant à l'éducation de ses enfants.

Steve Tourloukis, qui a deux enfants dans les écoles primaires au sein du Conseil de Hamilton-Wentworth District School (HWDSB), dit qu'il croit que le conseil accommode les parents d'autres confessions, notamment des musulmans et des Témoins de Jéhovah.

Tourloukis dit qu'il appuie ces autres familles d'autres, mais qu'il veut bénéficier du même traitement.


Ses demandes ont jusqu'à maintenant été rejetées par le conseil scolaire public Hamilton-Wentworth.

Selon le directeur du conseil, John Malloy, plusieurs familles demandent de pouvoir superviser ainsi l'éducation de leurs enfants chaque année. Il affirme que les élèves doivent recevoir, d'une manière ou d'une autre, la matière scolaire obligatoire inscrite au programme. Selon lui, toutes les demandes, jusqu'à maintenant, ont pu « être réglées » par la discussion.

Dans des documents déposés en Cour supérieure de l'Ontario, l'avocat invoque la Loi sur l'éducation et la Charte canadienne des droits et libertés pour exiger que les choix religieux soient respectés par le conseil scolaire.

Le Dr Tourloukis, un dentiste, dont la femme travaille pour le conseil scolaire  public Hamilton-Wentworth, s'est dit pas le moins du monde un extrémiste, mais il veut que ses enfants reçoivent une éducation sur le mariage, la famille et la sexualité qui respecte les préceptes de sa foi.

Les responsables de l'école lui ont suggéré de mettre ses enfants à l'école privée ou des les instruire à la maison, mais ils lui ont refusé de retirer ses enfants de la classe, car cela serait « discriminatoire » envers les autres enfants, comme le relate le D
r Tourloukis.

La Ministre de l'Éducation de l'Ontario, Laurel Broten a déclaré que les conseils scolaires locaux sont obligés d'accommoder les demandes religieuses.

À titre d'exemple, des parents ont demandé à ce que leurs enfants ne dansent pas, leur école leur a permis de plutôt écrire une rédaction sur la musique, a déclaré Mme Broten au Toronto Sun.

« Ceci dit, notre programme d'études factuelles doit être enseignée partout dans la province, que vous soyez à Timmins ou Toronto...  », a déclaré M
me Broten.

Le Dr Tourloukis est soutenu financièrement par une association torontoise The Parental Rights in Education Defense Fund.


Reportage en anglais sur le sujet

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Hong Kong — Face aux protestations, le gouvernement recule sur le cours d'éducation morale et nationale

Manifestants contre le cours de « patriotisme »
Le 8 septembre dernier, à la veille des élections renouvelant le Parle­ment local, le gouver­nement de Hong Kong a renoncé à son projet d’imposer des cours de patriotisme obligatoires à l’école. Depuis de nombreuses semaines, de très nombreux jeunes Hongkongais et citoyens de la cité manifestaient contre ce projet.

Au lendemain d’une manifestation qui avait réuni plus de 100 000 personnes contre ce projet devant le siège du gouvernement, le chef de l’exécutif Leung Choun-ying a déclaré à la presse que son gouvernement « donnait autorité aux écoles de décider quand et comment elles souhaitaient introduire des cours de morale et d’instruction civique ». Ce faisant, il renonçait au caractère obligatoire de ces cours, cédant à la pression de la rue, devenue considérable ces jours-ci, à la veille du scrutin renouvelant les députés du Conseil législatif[1].

Il y a plus d’un an, le Bureau pour l’éducation du gouvernement de Hong Kong avait ouvert une consultation au sujet de l’introduction de cours de morale à l’école. Après étude du projet, le diocèse catholique de Hong Kong, dont la présence au sein du secteur éducatif est très importante, avait fait savoir son rejet de cette initiative, estimant que les autorités cherchaient à privilégier l’attachement des petits Hong Kongais au Parti communiste et au gouvernement chinois plutôt qu’à la patrie. L’Église reprochait à l’État de chercher à promouvoir une éducation morale et patriotique, là où elle appelait de ses vœux une instruction civique et morale.


Malgré les avis négatifs émis lors de cette phase de consultation, le gouvernement de Hong Kong était passé outre et avait poursuivi son plan pour rendre obligatoires ces cours d'éducation morale et nationale dans les écoles à l’horizon 2016. Ces dernières semaines, l’opposition des enseignants et des élèves n’avait toutefois cessé de monter en puissance, les opposants au projet y voyant une tentative d’imposer une propagande pro-chinoise aux enfants de la région semi-autonome de Hong Kong. Pour le gouvernement de Hong Kong, il s’agissait de permettre au système éducatif de contribuer au sentiment d’identité nationale des quelque sept millions de Hongkongais[2].

L’opposition au projet a culminé le 7 septembre lorsqu’une manifestation statique a réuni plus de 100 000 manifestants au pied des bâtiments abritant le gouvernement de Hong Kong. Dans les dix jours qui avaient précédé, un total de près de 300 000 personnes s’y étaient rassemblées, mettant une pression maximale sur le chef de l’exécutif à la veille d’échéances électorales importantes.

L’annonce du retrait du projet a donc été accueillie avec soulagement par ses opposants, mais ceux-ci soulignent que la partie est loin d’être gagnée. Le chef de l’exécutif a en effet exclu de renoncer au projet mais s’est dit ouvert au dialogue. Selon le P. Stephen Chan, conseiller ecclésiastique de la Commission ‘Justice et Paix’ du diocèse de Hong Kong, Leung Chun-ying a opéré « un retrait tactique » mais n’a pas renoncé à sa politique. Les cours de morale patriotique ne sont plus obligatoires, mais l’administration va s’efforcer de convaincre une par une les écoles et leurs organismes de tutelle, en recourant à des incitations ou à des menaces, pour les amener à adopter le projet gouvernemental. « Nous devons nous préparer à une longue campagne », a souligné le prêtre.

Quant au cardinal Zen Ze-kioun, évêque émérite du diocèse de Hong Kong, il a apporté son soutien aux 14 élèves qui avaient entamé une grève de la faim pour signifier leur refus du projet gouvernemental. Assis parmi les manifestants le 7 septembre au soir, le cardinal a déclaré qu’il espérait que la jeunesse de Hong Kong resterait calme et mesurée, tout en ajoutant : « Si le gouvernement use de méthodes dilatoires, alors nous n’aurons pas d’autre choix que d’agir [en manifestant]. »

À Hong Kong, la question scolaire reste un sujet sensible. Avant ce projet d’éducation patriotique, le gouvernement local s’était heurté aux Églises chrétiennes, à l’Église catholique notamment, qui refusaient – et refusent toujours – la mise en place d’un plan d’autonomisation des établissements scolaires qui aurait pour conséquence d’affaiblir la tutelle que le diocèse de Hong Kong et les congrégations religieuses exercent sur les établissements scolaires qu’ils animent.

Notes

(1) À l’issue du scrutin du 9 septembre, sans suspense tant Pékin garde la haute-main sur la politique à Hong Kong, mais important néanmoins pour établir l’état des forces en présence, l’opposition démocrate a fait relativement pâle figure. Il y a quatre ans, le Parti démocratique et le Parti civique avaient remporté 19 des 30 sièges soumis au suffrage universel direct. Cette fois-ci, sur 35 sièges soumis au suffrage direct, le camp pro-démocrate n’a conservé qu’une courte avance avec 18 élus contre 17 pour les pro-gouvernementaux. Au total, l’opposition garde 27 sièges contre 43 députés favorables au gouvernement. Elle obtient donc le nombre de sièges nécessaire pour exercer un droit de veto sur les amendements constitutionnels mais elle s’est montrée divisée. Deux des dirigeants du Parti civique, Audrey Eu et Tanya Chan, n’ont même pas été élus ; le Parti démocratique est passé de huit élus dans la Chambre sortante à six députés dans le nouveau Conseil législatif  – son président Albert Ho a qualifié ce résultat de « désastreux » et a démissionné. En revanche, le DAB, le parti pro-Pékin, a progressé, récoltant les fruits d’une importante présence sur le terrain.

Divisée et désorganisée, l’opposition n’a donc pas su tirer avantage des nombreux sujets de mécontentement des Hongkongais. Elle devra se restructurer si elle veut peser sur la Chine afin que celle-ci respecte sa promesse initiale d’instaurer le suffrage universel direct en 2017 pour l’élection du chef de l’exécutif et en 2020 pour le Parlement local.

(2) Le manuel gouvernemental, intitulé Le Modèle chinois, fait le panégyrique du Parti communiste, qualifié de « progressiste, altruiste et solidaire », tout en passant sous silence des épisodes comme la répression du printemps de Pékin, à Tian’anmen en 1989, ou les errements du maoïsme. On peut aussi y lire un argumentaire en faveur du parti unique, face à la démocratie et au pluripartisme présentés comme étant facteurs de chaos.

Source

Voir aussi

Hong-Kong — gouvernement persiste dans son imposition d'une éducation morale et nationale

Hong Kong — fin de l'enseignement sous tutelle confessionnelle



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ECR — 300.000 $ de frais juridiques pour la CS des Chênes

La Commission scolaire des Chênes devra assumer les coûts de la bataille juridique dans le dossier des cours d'éthique et de culture religieuse (ECR), qui grimpent à quelque 300 000 $. L'organisation a obtenu une réponse négative du ministère de l'Éducation, qui ne veut pas éponger la facture.

Ajoutons que le Monopole de l'Éducation a également participé à tous les procès pour brimer la liberté de parents trop autonomes et que ces frais doivent être similaires si ce n'est supérieurs à ceux de la commission scolaire.

En outre, le Monopole de l'Éducation est toujours engagé dans une obstinée bataille judiciaire qui l'oppose à la Loyola High School afin de lui faire imposer la manière d'enseigner le cours ECR : une approche « laïciste » plutôt que catholique, pas question que le professeur puisse jeter le doute sur l'équivalence de toutes les religions, valeurs ou comportements, à moins que ce soit dans l'optique multiculturaliste comme le laissait sous-entendre l'inénarrable ancienne juge Deschamps dans son jugement lacunaire et superficiel de la Cour suprême.

Selon un article paru ce lundi dans La Tribune de Sherbrooke, la Commission scolaire des Chênes espère que le nouveau gouvernement épongera les coûts juridiques encourus par ladite commission. Notons, en passant, que la Tribune prétend que la Cour suprême a tranché : le cours ECR n'est pas anticonstitutionnel sans noter deux choses importantes : ce n'est pas la question posée à la Cour (mais plutôt la primauté des parents et donc le droit à l'exemption) et le fait que la Cour a bien précisé qu'avec la preuve qui lui a été présentée, elle ne pouvait conclure que le programme allait à l'encontre des droits et libertés des Canadiens.

Même si elle a combattu  dans le camp adverse, Suzanne Lavallée, n'en revient tout simplement pas que le MELS refuse d'indemniser la Commission scolaire des Chênes. D'autant plus que la Commission scolaire avait fait preuve d'ouverture avant que le Monopole n'adopte la ligne dure.

Dans l'article de la Tribune, malgré le revers judiciaire et les frais astronomiques que la famille de Mme Lavallée a dû payer, le couple des plaignants ne regrette rien et serait prêt à recommencer le combat afin d'obtenir ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants et pour les autres élèves québécois. « C'était une cause importante à nos yeux et ce l'est toujours. Malheureusement, nous n'avons pas obtenu une oreille attentive et nous sommes en train de perdre tout ce qui a un caractère sacré, a signifié la mère de famille.  »

Effets nocifs

Mme Lavallée aimerait bien que son fils d'âge primaire puisse s'absenter de ses cours d'ECR, mais elle bute contre l'intransigeance de l'école privée où il est inscrit. La mère drummondvilloise se plaint de ce programme « fourre-tout » et ne peut que constater les effets nocifs de ce cours sur son enfant. Heureusement, selon elle, il est bien encadré à la maison.

« Il arrive à des conclusions tellement farfelues. Les religions lui sont enseignées de façon tellement superficielle qu'il est facile d'en confondre les éléments. Il y a des matières qui seraient nettement plus utiles », a-t-elle conclu.


Rappel

Quebec’s Ethics and Religious Culture course is more about indoctrination than education

« Match nul » sur la constitutionnalité du programme ECR, entretemps Jésus, Superman même combat !



Me Mark Phillips explique le jugement de la Cour suprême du Canada, ce qu'est le programme d'éthique et de culture religieuse (ECR) et ce que demandaient les parents de Drummonville.

Supreme Court — Break with Common Law Putting the Onus on Parents rather than the State





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lundi 10 septembre 2012

France — Enseigner à l'endroit

Yves-Marie Sévillia recevait Laurent Wetzel, ancien inspecteur d'académie pour l'histoire-géographie, Vincent Badré, professeur d'histoire-géographie, et Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique, pour une émission intitulée « enseigner à l'endroit ». Révélations intéressantes sur l'incompétence de certains inspecteurs de l'Éducation nationale française, du parti-pris de certains manuels d'histoire.

Émission (disponible pour quelques jours) :


http://ns227996.ovh.net:8080/rcj/rest/media/play/d80ca7605a870843940068a97482bfea.mp3

Laurent Wetzel : Ils ont tué l'histoire-géo



http://www.bourin-editeur.fr/livre/ils-ont-tue-l-histoire-geo.html

Vincent Badré : L'histoire fabriquée : ce qu'on ne vous a pas dit à l'école...




http://www.editionsdurocher.fr/L-Histoire-fabriquee-_oeuvre_10928.html

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Gare à la morale « laïque »

Droit de réponse de Vivien Hoch à Jérôme Leroy qui a répondu sur Causeur à mon article sur la Morale Laïque de Vincent Peillon.

Évidemment qu’il nous faut de la morale. C’est même le psychodrame occidental que de se laisser aller à un « vivre-les-uns-à-côté-des-autres » dans l’oubli total des principes élémentaires qui font une société – respect, révérence des anciens, solidarité. 91% des français l’ont lucidement compris. Mais qui, dans ces 91 %, éduquent leurs enfants dans le respect des professeurs, des policiers, des adultes en général, de la société, des institutions, de l’histoire du pays ? Comme si les familles se reportaient sur l’État pour pallier à leurs insuffisances… Que l’État, il faut le souligner, n’aide pas non plus comme il faudrait : on cherche toujours une politique familiale forte, et un respect des grandes valeurs d’un foyer serein et stable (lutte contre l’accès facile à la pornographie, contre l’omniprésente violence audiovisuelle, et cette visible haine des valeurs chrétiennes qui ont fait l’Occident)…

réponse à Jérôme Leroy

Oui, une éducation morale couplée à une solide politique familliale sont indispensables. Mais le pouvoir politique est fin : car d’un problème, il en sort une justification de ses propres idées. Car la morale laïque de Peillon a l’imprimatur de la catéchèse socialiste : non contente d’avoir déjà gagné la bataille des idées, de l’art et des médias, elle se veut maintenant éducatrice des foules, et formatrice des « futurs citoyens »… Autant dire des futurs électeurs de gauche. Voyez l’article d’Olivier Vial, président de l’UNI, qui montre, à partir des textes fournis publiquement par les officines socialistes, à quel point cette Morale LaïqueMC (avec des majuscules s’il vous plaît) n’est pas tout à fait « laïcisée » de son idéologie gauchiste. Créer des électeurs de gauche, lutter contre les « discriminations », créer une « égalité réelle », développer l’esprit « artistique » des enfants, lutter contre les « valeurs de l’argent », promouvoir l’ « égalité des genres » ou la « liberté sexuelle », voilà ce que cache la Morale LaïqueMC. C’est là qu’il faut rester vigilant. C’est là que l’office de tout homme lucide consiste à avoir ce mouvement salutaire de recul.

Au plan philosophique, n’importe quelle archéologie de la pensée, à la manière de Foucault, pourrait montrer que l’idée de Morale LaïqueMC n’est pas si pure qu’elle le prétend. Jérôme Leroy fait louange à cette « morale laïque » héroïque qui a mis fin au totalitarisme éducatif de l’Église catholique, et aux Lumières rousseauistes qui ont participé de cette libération. Mais attention. Tout se récupère, comme les marchés ont récupéré le slogan soixante-huitard « il est interdit d’interdire », vous le soulignez justement, la « religion civile » de Rousseau devient « laïcisme » d’état, selon un retournement philosophique tout aussi spectaculaire. À défaut de provoquer de nouvelles Lumières, on recycle et instrumentalise les anciennes. Jusqu’à promouvoir ce que les philosophes des Lumières, justement, dénonçaient. Les nouveaux « curés bourgeois » de Léon Bloy qui pullulent à l’ÉNA et dans les cercles de réflexion de gauche vous semblent-ils à même de nous préserver du totalitarisme moral ?

Quand au procès de non républicanisme, il est difficile de l’intenter à celui qui veut justement conserver cette pluralité d’opinions et de manières d’être qui coexistent, justement, dans une République qui ne tranche pas, et qui ne décide pas « du bien et du mal ». Lorsqu’on se rend compte à quel point cette Morale LaïqueMC est idéologiquement orientée, on comprend bien vite que son universalisme de façade cache en fait la véritable déliquescence de la société. Si elle sert à dénoncer les riches pour défendre les pauvres, à justifier la révolte de ces derniers contre la société, à développer des formes d’« art » déconstructeurs ou à mettre les autres cultures au premier plan pour masquer l’affreuse histoire de France, la « sous-morale des quartier » se verra au contraire renforcée, et n’empêchera pas les charges de CRS. La France ne vaut un concert de rap, et pourtant le socialisme se gargarise en permanence de cet « enrichissement », « avenir » et « évolution » normale de notre civilisation. Pas la peine d’être catholique intégriste ou un identitaire du bloc pour le remarquer.

La crise est spirituelle, mon cher Jérôme Leroy, donc trop profonde pour simples pansements politiques. La République démocratique, tout à la fois notre cadre de vie sociale et notre idéal, ne saurait se faire le vecteur officiel d’une idéologie quelconque, si « laïciste » soit-elle. Car la laïcité socialiste deviendra elle aussi une religion, si ce n’est pas déjà le cas…



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dimanche 9 septembre 2012

L'école dans la cité (débat France Culture)



L'école dans la cité

08/IX/2012 — 09 h 07
Invités :

Philippe Meirieu, spécialiste de la pédagogie, professeur des universités en Sciences de l'éducation, consacré à l'histoire et à l'actualité de la pédagogie

Philippe Nemo, philosophe, professeur de philosophie politique et sociale, et historien des idées politiques français à l'ESCP Europe



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samedi 8 septembre 2012

Mariage — meilleure survie des mariés au cancer

D’après une étude, réalisée de janvier 2000 à décembre 2010 sur 168 patients atteints d’un cancer du poumon et traités par chimiothérapie et radiothérapie, par le Greenebaum Cancer Center de l’Université du Maryland, un tiers des patients mariés étaient encore en vie au bout de trois ans, contre 10 % des patients célibataires.

Les résultats de cette étude rétrospective ont été présentés le 6 septembre 2012 à Chicago lors du Symposium multidisciplinaire d'oncologie thoracique 2012.

Les femmes mariées ont le meilleur taux de survie à trois ans (46 %), et les hommes seuls le pire (3 %). Les femmes célibataires et les hommes mariés ont le même taux de survie sur trois ans tandis que les blancs devancent les afro-américains. Selon Elizabeth Nichols, un des auteurs principaux de l’étude, « de meilleurs soins de soutien et des mécanismes de soutien aux patients atteints de cancer peuvent avoir un impact plus important sur leur chances de survie que beaucoup de nouvelles techniques de traitement du cancer ».

Des études antérieures ont montré une diminution de la survie chez les hommes célibataires atteints de plusieurs types de cancer, notamment les cancers de la prostate, de la tête et du cou. Une étude de 440.000 hommes et femmes norvégiens, publié l'année dernière, a révélé que les hommes qui n'ont jamais été mariés étaient 35 pour cent plus susceptibles de mourir d'un cancer que les hommes mariés. Les femmes jamais mariées étaient 22 pour cent plus susceptibles de mourir d'un cancer que ceux qui étaient mariés. L'étude a porté sur les décès de 13 cancers les plus courants.




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lundi 3 septembre 2012

Les couples qui s'engagent trop vite dans la sexualité sont moins épanouis et durent moins longtemps

Selon des chercheurs de l'Université Cornell, les couples qui s'engagent trop vite dans la sexualité sont moins épanouis et durent moins longtemps que les autres.

L'enquête a été réalisée auprès de 600 couples, mariés ou non, interrogés sur le degré de leur engagement sentimental, sur leur mode de communication conjugale, sur leur degré de satisfaction amoureuse et sexuelle. Près d'un tiers des hommes et des femmes réunis dans l'échantillon s'était engagé dans des relations sexuelles dans le mois qui avaient suivi la rencontre, tandis qu'a contrario 28 % avaient attendu plus de six mois.

Les conclusions de cette étude, intulée Le rythme de l'activité sexuelle et la qualité de la relation à long terme et publiée dans le Journal of marriage and family, indiquent que les femmes qui s'engagent plus tardivement dans les relations intimes sont plus épanouies - en particulier sexuellement - que celles qui s'y lancent dès la rencontre. Une corrélation comparable est constatée chez les hommes, mais à un degré moindre.

Selon les experts de Cornell, il faut donc prendre son temps : « Un fort désir sexuel peut contrecarrer le développement d'autres éléments nécessaires à une relation saine comme l'engagement, la responsabilité, la compréhension mutuelle ou le partage des valeurs, indiquent les auteurs. Une sexualité de qualité est parfois confondue avec l'amour, et certains couples éludent alors les aspects problématiques de leurs relations qui deviendront beaucoup plus génants à long terme ».




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La morale laïque : le formatage citoyen français

Par Olivier Vial, président de l'UNI et directeur du CERU (cercle de réflexion français sur l'éducation et la jeunesse).

Saluée par une partie de la droite et des éditorialistes, l'annonce faite par Vincent Peillon d'un retour de l'enseignement de la morale à l'école a tout du quiproquo. Ceux qui espèrent que « la morale laïque » promise par le ministre permette un retour aux valeurs et rappelle aux jeunes français quels sont leurs droits et leurs devoirs vont vite déchanter.

Si habilement, Vincent Peillon parle de « morale » faisant, ainsi, implicitement référence à l'école des hussards de la république, ce n'est que pour mettre en œuvre plus facilement la feuille de route sur l'école que les socialistes ont adoptée le 11 décembre 2011, lors de la convention nationale du PS intitulée « Pour l'égalité réelle ».

Pour eux, l'objectif de l'école n'a jamais été la transmission des savoirs. [voir le programme ECR au Québec] Fidèle à la ligne tracée en 1866 par Jean Macé, le fondateur de la Ligue de l'enseignement, les socialistes attendent de l'école qu'elle joue un rôle plus direct afin d'influencer, voire de façonner la société selon leurs plans.

Pour Jean Macé, l'objectif premier de l'école, ce n'est pas la simple diffusion du savoir, c'est « l'éducation au suffrage universel ». De son propre aveu, son organisation « poursuit un but essentiellement politique », qui fixe à l'éducation le soin « de faire des électeurs »[1].

Cette thèse, même si elle n'a pas toujours été aussi clairement affichée, n'a jamais cessé d'inspirer la gauche et ses alliés au sein du milieu scolaire [2]. Depuis, comme le note François Ewald, l'école est devenue le « lieu privilégié de l'initiation à la République, elle est chargée de « fabriquer" le citoyen de la démocratie « égalitaire ».[3] On lui a, ainsi, fixé pour mission d'apprendre aux enfants « les gestes citoyens », les comportements « éco-responsables », et le catéchisme « politiquement correct ». « Et cela, non pas en s'appuyant sur le capital social dont l'enfant hérite de sa communauté d'origine [quitte à l'enrichir], mais en prétendant forger un être nouveau. »[4]

Dans son entretien au Journal du Dimanche, Vincent Peillon s'inscrit dans cette tradition en précisant que sa morale laïque est plus large que la simple instruction civique : « cela comporte une construction du citoyen [...] mais aussi toutes les questions que l'on se pose sur le sens de l'existence humaine, sur le rapport à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne. » Pour parvenir à cela,« il faut être capable d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social. »[5] Et voici, la famille reléguée au rang des déterminismes dont il convient de s'émanciper !

Dans son projet « pour l'égalité réelle », le parti socialiste fixe à l'école l'objectif d'« éduquer pour changer les mentalités et transformer la société » en luttant contre les « stéréotypes et les préjugés ».

« L'éducation permettra de déconstruire les préjugés de genre [...]. Nous formerons tous les acteurs éducatifs à la question de l'éducation aux rapports entre les sexes, à partir d'un travail sur les stéréotypes et les assignations de genre, »[6] et cet enseignement concernera tous les élèves du CP jusqu'à la terminale.

L'école sera également mobilisée pour lutter contre les discriminations qui « prennent racine dans les mécanismes de rejet, de domination, qui persistent dans l'inconscient collectif. Les préjugés et les stéréotypes ont la vie dure : le seul moyen de les faire reculer durablement est un engagement politique déterminé de la puissance publique. En agissant sur les représentations, la puissance publique dispose d'un levier fort pour transformer l'égalité formelle en égalité réelle. » (Sic)[7] Quelle belle définition de la propagande !

La formation des enseignants, chère au nouveau ministre, devra intégrer « à leur formation initiale et continue des modules permettant d'appréhender les mécanismes de domination et de les déconstruire avec les élèves. » L'école devra également veiller à « enseigner la richesse et la diversité de l'histoire de France. Il est nécessaire de montrer que la France a toujours été traversée par des vagues de migrations » affirme-t-on de façon péremptoire dans ce texte adopté par l'ensemble du conseil national du PS.

Pour réussir une telle mission, les enseignants pourront compter sur l'appui des associations d'éducation populaire. « Pour faire reculer les préjugés, nous nous appuierons sur le mouvement social et associatif, qui a un rôle à jouer aux côtés des pouvoirs publics pour faire évoluer les mentalités. » Vincent Peillon, tout comme François Hollande, savent qu'ils pourront compter sur ces associations qui demeurent de fidèles alliées du parti socialiste. Rappelons simplement que les principales associations d'éducation populaires sont : la ligue de l'enseignement qui n'a jamais renié sa sympathie « pour tous ceux qui luttent pour la construction d'une société de type socialiste »[8] et la fédération Léo Lagrange, émanation historique du mouvement des jeunes socialistes qui reste présidée par Bruno Le Roux, lieutenant de François Hollande.

Voilà à quoi risque de ressembler la « morale laïque » de Vincent Peillon. Derrière ces mots se cache un catéchisme gauchisant [9] dont l'objectif est de formater les citoyens à la pensée politiquement correcte.

Si nous ne voulons pas d'une école Big Brother, nous devons rester vigilant et nous rappeler l'avertissement de la philosophe Chantal Delsol : « dans un pays libre, ce que nous nous flattons d'être, l'éducation morale est du ressort des familles. L'État peut instruire, mais il n'éduque pas. On peut douter d'ailleurs que la vertu s'enseigne comme la grammaire. Nous allons avoir des manuels dans lesquels la morale se résumera dans le bouclage de la ceinture de sécurité et l'interdiction de fumer. Car l'ordre moral passe aujourd'hui par ces momeries. D'autres feront la morale du la théorie du genre ou bien réduiront tout à l'écologie. Il sera donc assez utile (euphémisme !) que les parents vérifient ce qu'on prétend apprendre à leurs enfants en terme de vertu. »

Sage conseil !



[1] "Pour se souvenir de l'avenir. Brève histoire de la Ligue de l'enseignement", site internet de la Ligue de l'enseignement. www.laligue.org

[2] Extrait de "L'école malade de l'égalitarisme" d'Olivier Vial et Inès Charles-Lavauzelle

[3] François Ewald, "Refonder l'école", la Lettre n°15, Fondation pour l'innovation politique.

[4] Ibid.

[5] Journal du Dimanche, n°3425, 2 septembre 2012

[6] Convention pour l'égalité réelle- p 36

[7] Agir sur les représentations par le biais de l'action publique pour changer la réalité, voilà une méthode qui n'est pas très différente de la définition de la propagande : "la propagande désigne un ensemble d'actions psychologiques influençant la perception publique des événements, des personnes ou des enjeux, de façon à endoctriner ou embrigader une population et la faire agir et penser d'une manière voulue."

[8] "Pour se souvenir de l'avenir. Brève histoire de la Ligue de l'enseignement", site internet de la Ligue de l'enseignement. www.laligue.org

[9] selon la formule d'Etienne de Montety dans son éditorial du Figaro, le 3 septembre 2012.




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