jeudi 21 septembre 2023

Seule la moitié des élèves de sixième savent « Combien y a-t-il de quarts d’heure dans trois quarts d’heure ? »


Le Conseil scientifique de l’Éducation nationale relève un « énorme déficit de compréhension des fractions ».

« Combien y a-t-il de quarts d’heure dans trois quarts d’heure ? » À cette question apparemment simple, seule la moitié des élèves qui entrent en sixième trouve la bonne réponse. Dans une note d’alerte publiée le 20 septembre, le Conseil scientifique de l’Éducation nationale (CSEN), présidé par le neuroscientifique Stanislas Dehaene, conclut à une « inquiétante mécompréhension » des nombres et surtout des fractions de la part des élèves qui sortent de l’école primaire.

Pour beaucoup, « les nombres décimaux et les fractions n’ont aucun sens. Or, la compréhension de ces outils mathématiques est indispensable à la mesure de n’importe quelle dimension physique », souligne le Conseil scientifique, qui appuie son constat sur les évaluations pratiquées à l’entrée en sixième, notamment un test informatisé, consistant à placer différents nombres sur une ligne numérique graduée. Un test qui « oblige à réfléchir à la grandeur que ces nombres représentent, alors que trop d’élèves se contentent de les manipuler sans nécessairement en comprendre le sens », explique la note. Sur une ligne graduée de 0 à 5, seuls 22 % placent correctement la fraction ½. Les erreurs révèlent aussi « une vaste confusion entre différents types de nombres », et « une méconnaissance du sens des symboles ». Les élèves confondent ainsi ½ avec 1,2, ou encore 2/1 avec 2,1. Ils se trompent également dans les calculs avec les nombres décimaux : beaucoup pensent que 0,8 + 1 fait 0,9.

Ce déficit de compréhension concerne tous les milieux sociaux. S’il atteint 85 % en éducation prioritaire, il reste élevé (75 %) hors éducation prioritaire et dans les écoles privées. Les filles, elles, font beaucoup plus d’erreurs que les garçons. Le Conseil scientifique constate par ailleurs qu’« aucune évolution positive » n’a été enregistrée depuis trois ans et que cet « énorme déficit de compréhension des fractions » s’observe tout au long de la scolarité. Si le taux d’erreurs diminue, il reste encore trop élevé en seconde générale, où les élèves échouent à 45 % sur des fractions simples. Ces constats viennent confirmer les résultats des enquêtes internationales Pisa (la prochaine évaluation, centrée sur les maths justement, sera dévoilée le 5 décembre) et Timms, qui soulignent le retard considérable des élèves français en mathématiques. Dans cette discipline, la France occupe la dernière place en Europe.

Le mal à la racine

À l’heure où les maths font cette année leur grand retour en classe de première dans les enseignements obligatoires, le Conseil scientifique émet quelques propositions pour prendre le mal à la racine, en introduisant les concepts mathématiques « plus tôt, de façon progressive et intuitive ». Actuellement, c’est au CM1 [âge : 9 à 10 ans] et surtout au CM2 que les décimaux et les fractions sont introduits conjointement, « ce qui explique sans doute pourquoi les élèves les confondent », souligne le Csen. « Ce brusque saut dans l’abstraction perd de nombreux élèves », ajoute-t-il. Selon lui, les mots « moitié » et « quart » doivent être connus dès le CP [âge : 6 à 7 ans]. Il estime aussi que l’on peut déjà jouer avec ces concepts de façon concrète dans des activités de partage de mesure ou de lecture de l’horloge. « La méthode de Singapour introduit dès le CE1 les fractions simples, depuis 1/2 jusqu’à 1/6 », glisse-t-il, avant de suggérer de composer et décomposer des formes géométriques, de manipuler des ensembles concrets d’objets ou encore de mesurer. Le b. a.-ba. 
 
Méthodologie
 
Le test de la ligne numérique. Depuis 3 ans, la DEPP évalue chaque année un échantillon représentatif de près de 6 000 élèves à l’entrée de sixième à l’aide d’un test informatisé et ludique qui consiste à placer différents nombres sur une ligne numérique graduée (voir la figure). Ce test est intéressant parce qu’il nécessite de comprendre le sens d’un nombre comme 2,6 ou 1 /10, ou d’une opération telle que 0,4 + 2 ou 1+1/2. Le test oblige à réfléchir à la grandeur que ces nombres représentent – alors que trop d’élèves se contentent de les manipuler sans nécessairement en comprendre le sens. 
 

 

Le déficit de compréhension est présent dans tous les milieux
 
Dans le réseau d'éducation prioritaire (REP, qui correspond en grande partie aux banlieues immigrées), le taux d’erreurs avec les fractions atteint 85 %. Hors REP et dans les écoles privées, il reste très élevé, de l’ordre de 75 % (voir figure ci-dessous). Même les élèves qui fréquentent des écoles considérées comme les plus favorisées, avec un indicateur de position sociale dans les 10 % les plus élevés, font près de 70 % d’erreurs.
 

Les filles font bien plus d’erreurs que les garçons
 
Dans l’ensemble, on observe un écart d’environ 0,3 écart-type au profit des garçons – mais cet écart atteint 0,6 écart-type chez les meilleurs élèves pour la compréhension des fractions. Autrement dit, parmi les 20 % d’élèves les meilleurs au test de la ligne numérique, deux tiers sont des garçons
 
Aucune évolution positive détectée depuis 3 ans
 
Les données collectées en début de 6e en septembre 2020, 2021, et 2022 sont pratiquement superposables. Cette absence d’amélioration suggère que des actions beaucoup plus vigoureuses doivent être entreprises pour mieux enseigner les nombres et les fractions au primaire.
 

Source

Promouvoir la déclaration de non-binarité : l’inscription d’enfants non-binaires rapportera plus d’argent aux clubs

À Rennes, les associations sportives devront désormais renseigner le genre de leurs pratiquants dans les dossiers de demandes de subventions. Une inscription d’un enfant non-binaire rapportera plus d’argent à un club. L’opposition dénonce ce système.

À Rennes, les clubs de sport pourront toucher plus de subventions si des pratiquants se déclarent non-binaire

À Rennes, le sujet a provoqué des remous lors du conseil municipal du lundi 18 septembre dernier. Ce serait selon Le Télégramme « dans le but de simplifier le système d’attribution des subventions aux associations sportives » que la Ville a revu ses critères de calcul.

En ce qui concerne le critère des effectifs des pratiquants, la catégorie sexe a laissé place à une catégorie genre qui propose des cases « non-binaire majeur » et « non binaire mineur » en sus des traditionnelles « femme majeur », « femme mineur », « homme majeur » et « homme mineur ». Certains coefficients ont également été revus à la hausse pour attribuer des subventions plus conséquentes aux clubs qui inscriront des filles et des mineurs non binaire.

Levée de boucliers

« La politique menée ici ne nous semble pas claire dans ses enjeux », a réagi Sandrine Caroff-Urfer, élue du groupe Révéler Rennes, proche de Renaissance. « Cette proposition d’ajouter la catégorie non binaire émane-t-elle des associations ? Sur quel diagnostic chiffré se base cette modification ? S’agira-t-il de demander aux associations de juger si les enfants sont de tel ou tel genre ou bien de demander aux enfants de 6 ans de définir leur propre identité de genre ? Notre conclusion est qu’avant la puberté, il ne paraît pas judicieux de les confronter à des questionnements identitaires qui sont trop lourds à porter pour eux ».

Même son de cloche du côté de Charles Compagnon, chef de file de la droite et du centre-droit. « Si la volonté est l’accès aux sports pour tous, le résultat sera exactement l’inverse. Prenons un exemple : dans quelle équipe de foot U11 ira jouer le petit Théo, 10 ans, de sexe masculin, que ses parents auront inscrit en non binaire ? Au lieu d’inclure, vous établissez un étiquetage fort regrettable qui risque d’ailleurs de produire des effets contre productifs auxquels vous n’aspirez pas vous-même. Ce que nous savons, c’est que les clubs ont des demandes autrement prioritaires que ces changements ».

Discrimination

Face à l’irritation des opposants sur le sujet, le conseiller municipal délégué aux sports Frédéric Bourcier a tenté de s'expliquer :  « La non binarité est une réalité dans notre société, que est minoritaire, mais nous ne devons pas l’invisibiliser. Nous avons été interpellés par des représentants d’associations sur cette problématique, on sait qu’au niveau national, ça concerne environ 5 % de la population. Je vous propose d‘assumer dans la tranquillité cette discrimination positive sur des enfants. On ne fait pas ce choix par idéologie, on le fait par cohérence. Ça permettra aux structures de pouvoir mieux accueillir ces personnes. Il y aura adaptation des clubs en fonction de ce déclaratif. On se base globalement avec les clubs sur une relation de confiance. »

La nouvelle grille des coefficients attribués à chaque catégorie de genre pour les subventions aux clubs de sports à Rennes.
La nouvelle grille des coefficients attribués à chaque catégorie de genre pour les subventions aux clubs de sports à Rennes. (Le Télégramme)

Mais comment cela se traduira-t-il vraiment dans les faits ? Les clubs devront-ils ajouter la catégorie non-binaire dans les formulaires d’inscriptions ?

« L’idée est simplement d’encourager les clubs à accueillir plus de femmes et de non-binaires », a rappelé Frédéric Bourcier. « Quand les clubs vont remplir leurs dossiers de subventions, il y aura donc un coefficient plus important attribué pour ces pratiquants-là que pour les hommes. Je rappelle que tout le système est basé sur du déclaratif. Pour un non binaire, la question se pose d’abord à la personne, à ses parents, puis au club. On a tous les moyens de vérifier si les informations données seront les bonnes ». Des réunions sont prévues prochainement pour aider les clubs à appréhender ces changements et s’approprier les modalités techniques.

Crise migratoire : quelles leçons tirer de la chute de l’Empire romain ?

Un seul précédent historique permet de réfléchir à la situation de l’europe aujourd’hui, explique la philosophe Chantal Delsol : le déclin de l’empire romain. alors que la France ne dispose ni de la chance géographique ni de la volonté politique pour endiguer l’immigration, analyse-t-elle, la solution pourrait être l’émigration des Européens...

L’arrivée massive de plusieurs milliers d’Africains en quelques jours à Lampedusa a provoqué une vague d’affolement dans les pays européens. Déplacements de gouvernants, promesses de solidarité européenne afin que l’Italie ne soit pas seule à porter la charge : toutes actions sur fond d’effroi – l’effroi de voir à l’œuvre ce déferlement, annonciateur de difficultés sans nombre.

Les pays d’occident sont pourvus d’une rationalité économique qui produit la richesse ; de religions fondées sur l’autonomie ; et conséquemment, de gouvernements institués dans la liberté. Pendant que la plupart des pays d’Afrique vivent dans la pauvreté économique et sous des gouvernements despotiques. Aussi, puisque les déplacements sont possibles, rien ne peut empêcher les seconds de courir s’installer chez les premiers, pour profiter de tous ces avantages qui n’existent pas chez eux. Pendant tout le XXe siècle, on a vu des milliers et des milliers d’européens aller s’installer en Amérique pour fuir les tyrannies et totalitarismes dont le Vieux Continent s’était fait alors une sorte d’apanage. Les humains cherchent le bonheur où il se trouve, ce qui est bien naturel.

Depuis un demi-siècle déjà, une partie des Européens, et une partie de plus en plus importante, s’inquiète de cette vague qu’on craint submersive. Ce n’est pas que les richesses ne soient pas partageables. Elles le sont. Ce n’est pas que la liberté ne puisse ouvrir son cercle. Elle le peut. Ce n’est pas que les nouveaux arrivants ont la peau foncée. Les Européens ne sont pas racistes. Le problème est culturel.

Les nouveaux arrivants, et c’est là le paradoxe, sont dotés d’une culture de soumission (c’est là le nom précis de leur religion), qu’ils n’ont pas l’intention d’abandonner, et même à laquelle ils ont bien l’intention de nous enchaîner nous aussi. Pourquoi ce paradoxe ? Pourquoi vouloir profiter de notre culture de liberté et vouloir en même temps lui insuffler une culture de soumission ? L’historien Paul Veyne avait répondu à cette question en décrivant l’installation massive dans l’empire romain de ceux qu’on appelait alors les « barbares » - c’est-à-dire les « autres » : « Ces barbares si envieux, admiratifs, imitateurs et cupides de la civilisation romaine, entendaient bien rester eux-mêmes tout en s’en emparant. » Devant cette situation, nombre d’européens sont saisis d’affolement, d’une folle crainte de la perte de soi, de cette hystérie collective que décrivait si bien l’historien hongrois Istvan Bibo en parlant des nations d’Europe centrale : l’angoisse de voir sombrer sa propre culture. D’où la montée dans tous nos pays des partis dits populistes.

Comment empêcher un tel déferlement, qui laisse bien penser, et de plus en plus, à l’histoire du Camp des saints de Raspail, qu’on avait tellement vilipendé comme extrémiste ? Je dirais que pour qu’un pays européen parvienne au moins à réguler le flux, il lui faut bénéficier de deux conditions additionnées : la volonté politique ET la chance géographique [Nous sommes très dubitatif, il y a la Méditerranée, encore faut-il ne pas aller chercher les migrants à quelques encâblures de la côte africaine]. Un pays qui ne bénéficie pas de la chance géographique peut bien avoir la volonté politique, il n’y parviendra pas – c’est le cas de l’Italie. [L'Italie est tenue en laisse par l'Union européenne et ses promesses de transferts massifs de fonds de relance : 200 milliards d'euros] Un pays doté de chance géographique mais sans la volonté politique n’y parviendra pas non plus – c’est l’Allemagne. Le Danemark y parvient parce que doté des deux capacités. La France ne possède ni l’une ni l’autre. Il arrive bien souvent, et c’est le cas de l’instance politique européenne, des gouvernements allemands et aussi français, que la volonté politique soit carrément contraire : dans ce cas, on veut l’immigration et parfois l’immigration la plus massive possible (c’était le cas de Merkel) pour des raisons idéologiques (sans-frontièrisme et mondialisme) camouflées sous le besoin de main-d’œuvre, c’est-à-dire par volonté de dissolution de soi. C’est dire que l’Europe est assez mal partie pour enrayer ce déferlement. D’autant que la démographie et les situations économicopolitiques jouent de plus en plus en faveur de la migration. La natalité est massive dans les pays d’Afrique et s’effondre dans les pays d’Europe. La pauvreté économique, l’instabilité politique et les guerres intestines se déploient dans les pays d’Afrique pendant que la culpabilité et la honte de soi se déploient dans les pays d’Europe en même temps que la richesse et la liberté. On ne voit pas bien ce que les partis dits populistes pourraient changer à l’affaire.

La seule situation analogue dans notre histoire était celle de l’empire romain sur le déclin. Nous avions alors ici en Europe la richesse et la liberté, et ceux appelés alors « barbares » étaient attirés à Rome comme des papillons vers la lumière. Finalement, leur nombre fut tel que la vie romaine sous le poids se détériorait et s’appauvrissait – on ne peut intégrer quand la masse des arrivants est trop énorme. D’autant que chez les Romains eux-mêmes, et particulièrement chez les chrétiens, montait un courant de pensée culpabilisant pour lequel les barbares étaient bien supérieurs aux Romains décadents et cupides (le prêtre Salvien écrit même « ce sont les Romains qu’il faut barbariser »). Tout était fait pour la dissolution de la culture romaine.

Finalement, les écoles fermèrent les unes après les autres – ce qui est le signe majeur, et nous appelons les siècles suivants les siècles obscurs, parce que nous en avons si peu de connaissances, une grande partie de la culture s’étant dissoute dans le désordre régnant. Ainsi la richesse et la liberté s’en vont au chaos.


Un immigrant africain en Irlande célèbre la disparition des Irlandais : "Les Blancs sont en train de disparaître ici, nous prenons le relais."
 
Cependant nous avons un atout majeur que les Romains n’avaient pas – même si je ne sais si cela confortera mes lecteurs ! Le monde des Romains était très étriqué, il s’arrêtait aux colonnes d’Hercule et aux confins de l’Inde. Tandis que nous avons le Nouveau Monde, occidental, c’est-à-dire du nord au sud nourri d’initiative économique, de liberté politique, et de religions de liberté. Naturellement les États-unis subissent les vagues de migration mexicaines et les pays d’Amérique latine sont actuellement investis par des Vénézuéliens, mais il s’agit toujours de cultures de liberté, même si subsistent quelques reliquats de démence idéologique hérités du XXe siècle. Le Nouveau monde ne sera pas investi par les migrants d’ici, parce qu’il bénéficie d’une chance géographique et d’une volonté politique inégalées (ce sont, et ce seront de plus en plus, des pays protestants, la culpabilité nigaude étant essentiellement catholique ou de culture catholique ; et le wokisme à culpabilité nigaude ressemble bien à la mode d’un jour). On peut penser, si l’on se risque à un peu de prospective, que nos arrière-petits-enfants, au moins les intrépides et les créatifs, quitteront « l’Europe aux anciens parapets » et émigreront en masse vers le Nouveau monde, afin d’y retrouver leur culture d’initiative et de liberté, laissant derrière eux de nouveaux siècles obscurs. Sic transit gloria mundi.

Il faut rappeler aussi que l’effondrement romain donna naissance aux splendeurs byzantines [Rome avait donc aussi sa nouvelle Rome à Byzance] et chrétiennes. Ce qui nous interdit le désespoir apocalyptique. Pourquoi nos arrière-petits-enfants ne pourraient-ils pas espérer, eux aussi, de nouveaux commencements ?


mercredi 20 septembre 2023

Immigration dite temporaire : 40% des étudiants à Montréal fréquentent une université anglophone

Les universités anglophones sont de plus en plus fréquentées à Montréal : 40 % des étudiants universitaires de la métropole étudient dans la langue de Shakespeare, une proportion en augmentation depuis près de vingt ans qui inquiète un expert. 
 

« C’est énorme comme impact », laisse tomber Martin Maltais, professeur à l’Université du Québec à Rimouski spécialisé dans le financement du réseau universitaire. 

L’Office québécois de la langue française (OQLF) a rendu publics mardi ses plus récents chiffres sur la fréquentation universitaire selon la langue d’enseignement.

On y apprend que sur l’île de Montréal, la proportion des étudiants fréquentant une université anglophone est passée de 37,6 % en 2002 à 40,3 % en 2021, soit une augmentation de 2,7 points de pourcentage.

L’attrait pour l’anglais dans la métropole se traduit aussi par une augmentation des demandes d’admission dans les universités anglophones, dont la proportion est passée de 37 % à 46 % au cours de la même période.

Pour l’ensemble de la province, la proportion d’étudiants qui fréquentent une université anglophone est passée de 24,4 % à 25 % entre 2002 et 2021.

Ce ne sont toutefois pas les francophones qui contribuent à cette popularité grandissante, puisque la proportion d’entre eux qui fréquentent une université anglophone est restée relativement stable depuis 2002, se situant à environ 6 %.

Les étudiants allophones sont de leur côté plus nombreux à opter pour des études dans la langue de Molière, puisque 58 % d’entre eux fréquentent désormais une université francophone comparé à 50 % en 2002.

Étudiants étrangers

La hausse de fréquentation des universités anglophones s’explique plutôt en bonne partie par la présence croissante d’étudiants étrangers, selon l’OQFL : leur proportion a grimpé de 12 à 25 % au cours de cette période dans les universités anglophones, alors qu’elle est passée de 5 à 13 % dans les universités francophones. 

Or ces étudiants étrangers contribuent directement à l’anglicisation de Montréal, selon M. Maltais, puisqu’il s’agit pour la plupart d’étudiants à la maîtrise et au doctorat qui vivent en anglais au quotidien.

« On n’arrivera pas à s’en sortir si on ne ramène pas la fréquentation universitaire anglophone à 25 % », affirme-t-il.


Cet expert ne propose pas de diminuer drastiquement le nombre d’étudiants qui fréquentent les universités McGill ou Concordia, mais plutôt de diriger la croissance du réseau universitaire essentiellement vers les établissements francophones.

Le gouvernement Legault doit cesser de financer en partie la formation d’étudiants canadiens et étrangers qui fréquentent les universités québécoises anglophones, ajoute-t-il.

Selon des chiffres publiés par Le Journal en début d’année, Québec y consacre annuellement près de 200 millions $, alors que ces étudiants contribuent à l’anglicisation du Québec, dénonce M. Maltais.
 
De nombreux étudiants internationaux restent au Canada à l’expiration de leur visa
 
Il n’existe actuellement aucune limite fédérale au nombre de visas d’étudiants délivrés chaque année. Lors du conseil des ministres de la semaine dernière, le ministre du Logement, Sean Fraser, a déclaré à la presse que le gouvernement devrait envisager de plafonner le programme, qui, selon lui, a connu une « croissance explosive » et a exercé une pression sur les marchés du logement.

Le coût élevé de la location et de l’achat d’un logement est devenu une question politique délicate. Les conservateurs fédéraux ont fait valoir que les libéraux du Premier ministre Justin Trudeau devaient faire davantage pour remédier à la pénurie de logements.

Benjamin Tal, économiste en chef adjoint aux Marchés des capitaux CIBC, a déclaré au Globe and Mail que la méthode de Statistique Canada consistant à supposer que les détenteurs de visas expirés quittent le pays après 30 jours ne représente qu’environ 750 000 des quelque millions de résidents non permanents qui, selon lui, ne figurent pas dans les chiffres officiels.

Par ailleurs, 250 000 autres personnes — pour la plupart des étudiants étrangers — ne figurent pas dans les données de recensement.
Les formulaires de recensement les plus récents indiquaient que les étudiants devaient fournir leurs informations s’ils vivaient dans leur résidence principale. Mais on leur a dit de ne pas remplir le formulaire de recensement s’ils retournaient vivre chez leurs parents pendant l’année.
 
En vertu d'une entente entre les gouvernements du Québec et de la France, les étudiants de nationalité française inscrits dans un programme d'études EN ANGLAIS de McGill (mais pas uniquement) sont exemptés du supplément international des frais de scolarité...



 Voir aussi
 
 

 
Les Pays-Bas veulent décourager les étudiants internationaux d’y étudier

Canada — 800 000 étudiants étrangers à la fin 2022, une augmentation de 31 %. Et un passeport canadien avec ça ? 

La possibilité d’immigrer au Canada à travers un établissement privé était l’un des principaux arguments de vente de certains collèges québécois

Les cégeps, les étudiants étrangers et l’anglicisation de Montréal

Australie — La bulle des étudiants étrangers a éclaté (2020)

Les étudiants internationaux : nouveau vecteur d’anglicisation du Québec

Étudiants africains en France, étudiants français en Belgique

Ottawa accepte de plus en plus d’« étudiants » anglophones au Québec, de moins en moins de francophones

mardi 19 septembre 2023

20 septembre 1918 — La très longue charge de cavalerie qui précipita l'armistice


Québec — Pronoms personnels « iel » et « iels » seraient maintenant enseignés en français de secondaire 2

Selon l’animateur de radio Jérôme Landry, les pronoms personnels « iel » et « iels » sont maintenant enseignés en français de secondaire 2… Voici une photo d’un livre d’exercice de son fils.

Si M. Landry n’y voit pas de raison de déchirer sa chemise, certains parents affirment être mécontents de la situation imposée par le haut sans aucune consultation.

D’autres mentionnent que cela complexifie l’apprentissage de la grammaire langue française déjà ardue à bien maîtriser. Comment accorder les adjectifs et articles qui suivent ? « Iels sont biels/belles/beaux » ?

Certains justifient l’imposition de cette innovation militante par l’existence de pronoms neutres dans d’autres langues (y compris le latin et le vieux français). Mais ces pronoms neutres s’utilisent pour des objets (asexués donc) ou encore pour des enfants jeunes considérés comme n’ayant pas de sexe affirmé (das Mädchen/Mädel, la jeune fille/la fillette en allemand, τό τέκνον en grec, un jeune enfant, peu importe son sexe). 

L’utilisation d’une troisième forme dite « neutre », en sus du masculin et du féminin, inventée pour désigner un adulte (au singulier) comme « iel » est une rupture avec tous les usages précédents.

Le Larousse n’entend pas emboîter de sitôt le pas au Robert qui avait  intégré en 2021 le pronom neutre « iel ». 

Le ministre de l’Éducation français de l’époque, Jean-Michel Blanquer, avait également condamné la décision du Robert affirmant que, selon lui, « l’écriture inclusive n’est pas l’avenir de la langue française ».

L’Office québécois de la langue française ne recommande d’ailleurs pas de recourir à ce pronom et propose plutôt la rédaction épicène dans un contexte de communication inclusive.

Selon Bernard Cerquiglini, l’utilisation du pronom « iel » demeure « nullissime » dans la langue courante. En entrevue sur BFMTV à titre de lexicologue du Larousse, il avait plutôt fait valoir qu’on ne rencontre ce mot « que dans des textes militants ». « Or, pour qu’un pronom, un mot ou un verbe entre dans un dictionnaire d’usage, il faut qu’il soit attesté à l’oral et à l’écrit par plusieurs générations, qu’il entre dans la langue courante. »

Le linguiste français estime d’ailleurs que le pronom « iel » n’est pas une solution « aux problèmes ressentis » dans notre société, qui se veut de plus en plus inclusive, puisque « les pronoms n’existent pas seuls ». L’utilisation de ce pronom, qui n’est ni masculin ni féminin, impliquerait donc de modifier les adjectifs qui s’y rapportent. « Et de proche en proche, on va neutraliser la langue », avait laissé tomber M. Cerquiglini.

« Donc, je respecte le ressenti, les problèmes. On a le droit de s’exprimer comme on le veut, mais on n’a pas le droit de toucher à un système de la langue [qui est en place] depuis 2000 ans », avait-il tranché.

Voir aussi

Les pronoms trans « iel, iels, ielle, ielles » entrent dans Le Robert...

Suisse — Zurich recommande aux parents de bannir les termes «papa» et «maman»

Ministère de la Justice du Québec finance les pronoms trans

Le charabia de Fédération des femmes du Québec

Explosion de jeunes ados qui se disent « transgenres » à l’école… Épidémie psychologique à la mode ?

France — Vers la fin des textes à trous ?

Dans une tribune parue dans Le Monde vendredi 15 septembre, Gabriel Attal répond à plusieurs artistes et intellectuels qui l’ont interpellé sur la thématique de l’écrit, « M. Gabriel Attal, redonnez à l’écrit, dès l’école primaire, ses lettres de noblesse ». Le Ministre profite de l’exercice pour exposer sa vision de la place de l’écrit à l’École. Fin des textes à trous et grand retour des dictées et production d’écrits (comme si elles avaient disparu…).

« Au croisement de tous les arts, nourrie de la sensibilité de chacun, l’écriture doit être le support de la créativité des élèves, afin qu’ils puissent « écrire comme personne » avec « les mots de tout le monde » , pour paraphraser Colette » écrit Gabriel Attal dans une tribune publiée au Monde vendredi 15 septembre. « Les savoirs fondamentaux, et singulièrement la lecture et l’écriture, sont ceux qui rendent possibles tous les autres ».

C’est un choc des savoirs qu’appelle de ses vœux le Ministre, comme il l’a à maintes reprises évoqué. Pour ce faire, il déploie plusieurs actions. La dictée, « exercice indispensable », doit être « utilisée autant que nécessaire, et ce, dès le primaire ». La production de textes libres – au moins une fois par semaine en CM2 – sera imposée dès cette année. C’est aussi la fin des textes à trous « pour aller au bout de ce qu’est l’écriture » a-t-il déclaré lors d’une visite de l’école Jean-Jacques Sevin de Tremblay-les-Villages en Eure et Loir. « Les textes à trous allègent le niveau d’exigence qui doit être le nôtre ». Une mesure effective dès cette rentrée. Adieu la liberté pédagogique des enseignants.

Un concours d’écriture

Gabriel Attal souhaite aussi créer un double grand concours national d’écriture au sein de l’éducation nationale. « L’un sera ouvert aux élèves, se tiendra à la fin du primaire et à la fin du collège, et permettra de mettre en valeur les plus belles productions » écrit-il dans les colonnes du Monde. « L’autre concernera les enseignants, dont le talent, la créativité méritent d’être mieux reconnus et partagés. Des artistes pourraient prendre part à cette aventure au service de l’écrit, pour développer les capacités, l’imaginaire et la sensibilité de tous, et leur donner confiance ». Pour ce grand concours à destination des élèves, le Ministre compte sur les artistes qui l’ont interpellé pour accompagner cette initiative déclare-t-il.



lundi 18 septembre 2023

Des militantes du Planning Familial interviennent dans une classe de CM1 (enfants de 9 ans) pour parler d'éjaculation, de sperme

Alors qu'on observe un déclin dans les matières de base notamment le français et l'arithmétique.

Des militantes du Planning Familial interviennent dans une classe de CM1 (enfants de 9 ans) pour parler d'éjaculation, de sperme. Voilà à quoi ressemblent les cours d'éducation sexuelle en France.

 

Les parents qui font l’école à la maison se plaignent d'un processus où un service du ministère est juge et partie

Des parents qui font l’école à la maison à leurs enfants disent être exclus et demandent à Québec d’avoir la possibilité de se plaindre au nouveau Protecteur national de l’élève lorsqu’ils rencontrent des problèmes avec le ministère de l’Éducation, ce qui n’est pas possible pour eux actuellement.

« Ce sont des situations extrêmement malaisantes », lance Marine Dumond-Després, présidente de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED), en parlant des parents qui vivent des désaccords et veulent se plaindre.

Ils sont maintenant près de 8000 enfants du primaire et du secondaire à faire l’école chez eux, comparativement à 12 000 lors de la pandémie. Le bureau du Protecteur national de l’élève a confirmé au Devoir pouvoir intervenir uniquement sur les plaintes visant les services rendus par les centres de services scolaires et les commissions scolaires pour les enfants scolarisés à la maison.

Or, la grande majorité du suivi se fait au niveau de la Direction de l’enseignement à la maison (DEM) du ministère, souligne l’AQED. Les dossiers des familles y sont pris en charge par une personne-ressource et la DEM a ultimement le pouvoir de fermer le dossier d’un enfant scolarisé à la maison et de le renvoyer à l’école.

« Une famille qui aurait des enjeux ou des conflits avec la DEM n’a pas accès au processus de plainte du Protecteur national de l’élève », déplore Marine Dumond-Després. Les parents se plaignent donc généralement directement au département qui fait l’objet de leur critique. Un processus « qui n’est pas du tout neutre », selon l’association, « parce que la famille va se plaindre à la personne avec laquelle elle est en conflit ».

« C’est le contraire d’une gestion de conflit correcte, lance la présidente. Au final, des familles préfèrent ne rien dire parce qu’elles savent qu’il n’y aura pas d’écoute et que, au contraire, il pourrait même y avoir des conséquences. »

Même si le ton est généralement poli et courtois dans les échanges avec le ministère, plusieurs parents sont effectivement exaspérés du fonctionnement actuel du processus de plainte, a constaté Le Devoir à travers plusieurs témoignages de parents préférant rester anonymes.

De son côté, le bureau du Protecteur national de l’élève indique au Devoir que les parents ont aussi l’option de se tourner vers le Protecteur du citoyen. La perception de parents qui ont voulu tenter l’expérience est que les retours peuvent toutefois être très longs, que le processus est complexe ou anxiogène, et que ce recours est peu publicisé.

« Nous, ce qu’on demande, c’est que la DEM soit sous la juridiction du Protecteur national de l’élève », lance Marine Dumond-Després, qui interpelle Québec sur le sujet. Le cabinet du ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, n’avait pas encore répondu au Devoir au moment où ces lignes étaient écrites.

De son côté, le ministère de l’Éducation souligne que les familles qui font l’enseignement à la maison disposent de plusieurs canaux pour se plaindre en cas de problème, y compris leur personne-ressource ou l’équipe de coordination de la DEM, la direction de l’accès à l’information et des plaintes du ministère ainsi que le Protecteur du citoyen.

dimanche 17 septembre 2023

Ségrégation raciale chez les wokes...