De Troyes passa ensuite à l’attaque des trois autres postes anglais de la baie James : le fort Charles, le fort Albany et un entrepôt dans l’île Charlton. De Troyes et Sainte-Hélène prirent le fort Charles, le 3 juillet, tandis qu’Iberville capture le Craven, navire de la Compagnie de la Baie d’Hudson ancré dans le port.
Carnet voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.
mercredi 26 juillet 2023
26 juillet 1686 — Pierre Le Moyne d’Iberville capture le fort Albany sur la baie d’Hudson
De Troyes passa ensuite à l’attaque des trois autres postes anglais de la baie James : le fort Charles, le fort Albany et un entrepôt dans l’île Charlton. De Troyes et Sainte-Hélène prirent le fort Charles, le 3 juillet, tandis qu’Iberville capture le Craven, navire de la Compagnie de la Baie d’Hudson ancré dans le port.
Comptabilité woke de la part de la candidate préférée de Québec Solidaire
La professeure de l’Université Laval Christine Gilbert a confirmé au Journal qu’elle souhaite porter les couleurs de la formation [Québec solidaire] lors de l’élection partielle rendue nécessaire par la démission-surprise de Joëlle Boutin.
Mme Gilbert était candidate de Québec solidaire dans Lotbinière-Frontenac, le comté où elle réside, lors des dernières élections générales. Elle avait terminé loin derrière, avec un peu plus de 9 % des voix.
Il s’agit d’une candidature économique pour la formation de gauche. La professeure agrégée en comptabilité est notamment spécialisée dans les questions de dette publique. »
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Gabriel Nadeau-Dubois (au centre) sous le regard sévère de Christine Gilbert lors de la campagne électorale de 2022 |
Elle semble surtout être une féministe très à gauche. Il suffit de consulter sa très maigre publiographie :
- Gilbert, C. (2022). A Herstory of Accounting: Reconsidering the relationship between accounting and capitalism through the lens of matriarchal societies. Conférence A-CEASAR, Wellington, Nouvelle Zélande. (recyclée en 2023 en Colombie)
- Gilbert, C. (2022). Countering Neoliberal Hegemony: The Use of Accounting in Public Space. AARG Seminar, Royaume-Uni. (recyclée deux fois)
- Gilbert, C. (2022). Investigación contable: ¿Para quién? ¿ Para qué?: El papel del los académicos para el cambio social. Keynote speaker principal à la Conférence QRCA, Medellin, Colombie.
- Gilbert, C. (2022). Resistance, hegemony, and critical accounting interventions: Lessons from debates over government debt. European Accounting Association Conference
Barbie, un film de propagande néoféministe et misandre ?
Ces derniers jours, certains passants ont pu voir des files parfois interminables devant les cinémas, mais ce n’était pas pour le nouveau film de Christopher Nolan, Oppenheimer, sur l’invention de la bombe atomique aux États-Unis.
Pourtant, outre l’ampleur hors du commun de la promotion du film, l’histoire, elle, est on ne peut plus commune : Barbie mène une vie parfaite à Barbieland, monde dans lequel les femmes ont accès à tous les métiers et à toutes les responsabilités, et où les Ken (les poupées masculines), cherchent désespérément à attirer l’attention d’une d’entre elles en se pavanant sur la plage. Le ton est donné. Mais, après un voyage dans le « vrai monde », Ken s’inspire du patriarcat qu’il y a observé et l’applique à Barbieland. Les Barbies sont alors réduites à servir les hommes, jusqu’à ce qu’elles se révoltent et obtiennent pour de bon le pouvoir.
Dans le « vrai monde », les hommes sont tous machos et grossiers, ils méprisent les femmes et aucune d’elles n’a de responsabilités. À Barbieland, les Ken sont profondément stupides et superficiels, totalement dépendants des Barbies, alors que ces dernières n’ont que faire de leurs partenaires masculins. Le message est clair : la femme n’a pas besoin de l’homme, et c’est en se passant de lui qu’elle pourra s’émanciper et être pleinement femme. L’homme est une charge, si ce n’est une menace, pour la femme. Bien loin d’une histoire d’amour, la relation entre Barbie et Ken s’achève par un Ken en pleurs, qui regrette le patriarcat et qui accepte finalement le pouvoir des Barbies. Ce final grotesque et caricatural est à l’image de l’ensemble du film, ponctué de références peu subtiles et de tirades victimaires dans lesquelles les femmes expliquent la difficulté qu’elles éprouvent dans un monde phallocentré.
Bref, malgré l’enthousiasme de la critique, qui parle de « comédie féministe inspirante » (L’Humanité), et de film « captivant et drôle » (Marie Claire), il s’agit plutôt d’un film parfaitement attendu, qui coche toutes les cases d’un néoféminisme méprisant les hommes, qui tend à diffuser un message d’inclusion envers les femmes n’ayant désormais plus besoin d’être belles pour être valorisées — le tout incarné par la magnifique Margot Robbie, qui reste une icône de beauté même quand elle aura renoncé à être Barbie — et qui se veut drôle, mais qui manque pourtant cruellement de subtilité.
Ce film peut cependant nous questionner sur l’état de notre société, qui voit en ce genre de production cinématographique au ras des pâquerettes une chance d’« empowerment » pour la gent féminine. Les femmes peuvent désormais reproduire tous les stéréotypes de genres que véhiculent les traditionnelles Barbie, car les talons hauts et les brushings ne sont plus le signe d’une injonction du patriarcat, mais plutôt le symbole de la victoire féministe, puisque désormais Barbie a fait disparaître Ken. On assiste donc à un nouveau paradoxe : la convergence entre les symboles ultras « genrés » (le rose, les talons, les paillettes) et la libération de la femme.
En réalité, le succès que remporte le film de Greta Gerwig est inquiétant : l’anéantissement de l’homme ne semble pas faire débat dans notre société, du moins chez les femmes ; il suscite au contraire l’enthousiasme. Les clichés ne choquent personne, à condition qu’ils s’appliquent aux hommes. Le pouvoir ne doit pas être partagé, à condition qu’il revienne aux femmes. À en croire Barbie, la lutte féministe n’aspire plus à une égalité des sexes, désormais ringarde, mais plutôt à une revanche des femmes qui pourraient désormais écraser les hommes en toute impunité, dans un mépris non dissimulé et même revendiqué.
La commande était risquée : comment proposer au cinéma une Barbie féministe ? Comment prendre en compte les critiques adressées au fil des ans à la célèbre poupée — sur des questions de diversité corporelle notamment — pour produire un film qui ne fait pas que perpétuer des idéaux de beauté inatteignables ?
Le long métrage signé Greta Gerwig, coécrit avec son conjoint, le cinéaste Noah Baumbach, réussit ce tour de force. Le résultat est un peu fou, brillant et même touchant. […]
Mais voilà que notre Barbie stéréotypée, la belle blonde sans talent spécial (Margot Robbie), commence à penser à la mort et à faire de la cellulite : pire, elle a perdu la célèbre arche de son pied et son talon touche le sol pour une première fois. Elle décide donc de partir pour le vrai monde afin de trouver les réponses à ses questions, accompagnée de Ken (Ryan Gosling) et de ses patins à roues alignées.
Sur les plages de Californie, c’est le choc pour Barbie. Elle constate qu’elle et ses consœurs n’ont pas changé le monde, loin de là. L’Amérique est toujours majoritairement menée par les hommes, le sexisme est omniprésent et les Barbie sont considérées comme ringardes et toxiques par plusieurs. De son côté, Ken découvre aussi quelque chose dont il n’avait jamais soupçonné l’existence et qui lui semble la solution à tous ses problèmes : le patriarcat.
Entourée des Barbie non stéréotypées [il s’agit en fait de stéréotypes diversitaires] Issa Rae [noire, plutôt trop forte à ses yeux pour incarner une Barbie], Kate McKinnon [excentrique, fofolle] et Hari Nef [homme qui se dit femme, un transsexuel], Margot Robbie, aussi productrice du film, infuse pour sa part un côté plus tendre et lumineux à sa poupée en perte de repères et en pleine crise existentielle. Il y a quelque chose de bouleversant à voir Barbie pleurer. […]
« Le nouveau film Barbie oublie son public de base, les familles et les enfants, tout en s’adressant aux adultes nostalgiques et en poussant les histoires de personnages lesbiens, gays, bisexuels et transgenres », peut-on lire dans l’article intitulé « AVERTISSEMENT : N’emmenez pas votre fille voir Barbie ». Fox News a depuis cité l’article.
Ginger Gaetz, l’épouse du représentant américain Matt Gaetz (républicain de Floride.), a critiqué le film après avoir assisté à sa première cette semaine, déclarant qu’il « négligeait malheureusement d’aborder toute notion de foi ou de famille ». Elle a ensuite qualifié le portrait de Ken de « décevant et faible en T » — suggérant un faible taux de testostérone — et de mâle « bêta », et non pas alpha.
Pape François : convertir au Christ ou à la religion diversitaire ?
La nouvelle liste de cardinaux dévoilée par le pape François recèle quelques surprises, dont certaines ne sont pas rassurantes pour l’avenir de l’Église.
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Le pape François François déroge très largement à la tradition non écrite selon laquelle le pape crée des cardinaux de toutes sensibilités. |
Il faut reconnaître au pape François une inlassable capacité à surprendre. Alors que le quorum de cardinaux nécessaire à l’élection d’un nouveau pape, fixé à 120, était déjà atteint après la dernière « fournée » d’août 2022, l’annonce, ce 9 juillet, de la création de 21 nouveaux cardinaux — dont 17 de moins de 80 ans, donc électeurs en cas de conclave — porte le nombre de ceux-ci à 137, dont plus de 70 % auront été choisis par le pape François.
Parmi ces nominations, deux au moins interrogent. L’une est celle d’Américo Aguiar. Âgé de seulement 49 ans, l’évêque auxiliaire de Lisbonne est responsable des JMJ qui s’y tiendront au mois d’août. Quelques jours avant d’être créé cardinal, il a déclaré que ce rassemblement n’avait pas vocation à « convertir à tout prix les jeunes au Christ, à l’Église catholique ou à quoi que ce soit d’autre », mais qu’il devait « transmettre le goût et la joie de connaître ce qui est différent ».
Qu’est-ce qu’une Église qui ne cherche pas à convertir au Christ, mais à ouvrir à la différence, sinon une ONG de plus ?
L’un de ses prédécesseurs, le cardinal Gerhard Müller, n’a pas hésité à le qualifier de « théologien du dimanche » et certaines de ses prises de position d’« hérétiques ». Affirmant que « la compréhension de la doctrine catholique a changé et continuera de changer » (ce qui est un bon alibi pour lui faire dire ce que l’on veut), le nouveau préfet s’est vu confier par François la feuille de route suivante : ne plus condamner d’« éventuelles erreurs doctrinales » (attitude que le pape a attribuée à des temps révolus), mais favoriser la « recherche théologique ».
Ce sont bien deux conceptions radicalement différentes du catholicisme qui sont aujourd’hui face à face.
Une Église en révolution permanente, où la doctrine est censée s’adapter à tout moment aux impératifs de la pastorale et qui préfère la différence à la conversion, ou bien une Église dont « l’enseignement n’est pas un programme à améliorer et à mettre à jour par les hommes, mais le témoignage fidèle et complet de la révélation eschatologique de Dieu en son Fils incarné » : ce sont bien deux conceptions radicalement différentes du catholicisme qui sont aujourd’hui face à face.
mardi 25 juillet 2023
Immigration et niveau de vie ne riment pas
Le Devoir a commenté mardi 25 juillet l'étude de la banque TD dont nous avons parlé il y a deux semaines : « Malgré » une forte immigration, le niveau de vie au Canada est à la traîne : rapport de la TD, Cette même étude faisant l'étude à d'autres de la même veine, voir liens connexes ci-dessous.
Le Canada est à la traîne des économies développées au chapitre du niveau de vie de sa population, qui, par surcroît, ne cesse de se dégrader depuis 2014. On parle ici d’un indice — le PIB réel par habitant — dont la croissance anémique condamne le Canada à se classer bon dernier parmi les membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Si le dénominateur, gonflé par une porte désormais grande ouverte à l’immigration, n’explique qu’en partie cette baisse, se veut-il une réponse inappropriée à la faiblesse chronique du numérateur ?
Dans sa lecture canadienne publiée en mars, l’OCDE résumait que l’accroissement de la population, soutenu par des niveaux élevés d’immigration, continuera d’être un important moteur de la croissance de l’économie dans les années à venir. Mais l’amélioration à long terme du niveau de vie fait plutôt appel à une productivité plus élevée. « La faible croissance de la productivité depuis 2015 a entraîné un élargissement des écarts de PIB par habitant entre le Canada et les économies plus performantes. »
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En effet, la natalité a encore baissé en 2023 : Québec — janvier-avril 2023, baisse de 5,6 % des naissances p/r à 2022, plus de décès que de naissances |
Comment un honnête homme, directeur d'école, fut broyé par l’antiracisme délirant
Si vous voulez une illustration du délire qui balaie le monde de l’éducation, intéressez-vous à l’affaire Richard Bilkszto, qui fait grand bruit au Canada anglais, et dont je n’aurais pas entendu parler si une lectrice ne m’avait pas alerté.
Pendant 24 ans, Richard Bilkszto fit carrière dans le réseau scolaire public de Toronto. Au moment des faits, il était directeur d’école.
Tous les témoignages le dépeignent comme un défenseur acharné de l’éducation publique et de l’intégration des minorités.
Faits
En 2021, il participe à un atelier donné par le KOJO Institute pour « sensibiliser » les cadres du milieu scolaire à l’importance d’adopter le discours et les comportements de la doctrine EDI (équité, diversité, inclusion).
Le KOJO Institute est une firme de consultants qui vend des séances de formation. C’est une de ces innombrables nouvelles entreprises qui ont compris que l’antiracisme peut se transformer en une très lucrative occasion d’affaires.
Pendant une séance, M. Bilkszto lève la main et intervient pour dire qu’il n’est pas d’accord avec ce qui vient d’être dit par l’animateur : que le Canada serait plus raciste que les États-Unis.
Le Canada n’est pas parfait, fait-il valoir, mais ce n’est pas un enfer et c’est moins grave que les États-Unis.
Pendant tout le reste de l’atelier, ce propos fut repris par le formateur comme illustration d’un propos typique du « suprémacisme blanc ».
Le conseil scolaire, c’est-à-dire l’employeur de M. Bilkszto, prend immédiatement ses distances au lieu de chercher à établir les faits.
Ébranlé, M. Bilkszto fait une dépression et arrête de travailler durant un mois.
Pendant son absence, l’association des cadres scolaires demande au conseil scolaire d’étudier l’incident. La commission refuse.
Quand il revient au travail, le conseil scolaire refuse de lui redonner son ancien poste. Elle annule son contrat de travail pour l’année suivante et lui retire une invitation pour assister à une remise de diplômes.
M. Bilkszto joue sa dernière carte : il poursuit le conseil scolaire devant les tribunaux.
Évidemment, tout cela traîne en longueur et mine sa santé mentale.
Richard Bilkszto s’est suicidé le 13 juillet dernier.
Avait-il une fragilité particulière antérieure aux faits qui enclenchèrent cette spirale fatale ?
On ne le saura jamais, mais rien ne pointe dans cette direction.
M. Bilkszto était spécialisé dans le retour aux études d’adultes, des cas souvent lourds.
Il ne comptait pas ses heures, et son énergie, sa compassion et son enthousiasme sont évoqués dans tous les témoignages disponibles.
Ironie cruelle, il était membre du chapitre torontois de la Foundation Against Intolerance & Racism (FAIR), dont il avait été un des fondateurs.
Pendant sa descente aux enfers, son employeur, le conseil scolaire, l’a laissé seul, complètement seul.
Enquête
Ses proches demandent aujourd’hui une enquête.
La journaliste qui rapporte les faits, Jamie Sarkonak du National Post, relate d’autres incidents illustrant le manque de soutien du conseil scolaire envers ses employés dès qu’une accusation de racisme est lancée.
États-Unis — Baisse d'appui envers la politique diversitaire dans les entreprises
Il y a deux ans, les responsables de la diversité figuraient parmi les recrues les plus en vue dans les rangs de la direction. Aujourd’hui, ils ont de plus en plus l’impression d’être laissés pour compte.
Des entreprises telles que Netflix, Disney et Warner Bros. Discovery ont annoncé que des responsables de la diversité, de l’équité et de l’inclusion très en vue allaient quitter leur poste. Des milliers de personnes travaillant dans le domaine de la diversité ont été licenciées depuis l’année dernière, et certaines entreprises réduisent leurs engagements en matière de « justice raciale ».
Les postes liés à la diversité, à l’équité et à l’inclusion — ou DEI — ont été mis dans le collimateur des entreprises qui ont réexaminé leurs effectifs de direction lors de la crise du secteur technologique à l’automne dernier. Certains responsables de la diversité affirment que leur travail fait l’objet d’un examen encore plus minutieux depuis que la Cour suprême a invalidé la discrimination positive dans les admissions à l’université et que les entreprises se préparent à d’éventuelles poursuites judiciaires. Le travail des DEI est également devenu une cible politique.
« Il y a une combinaison de chagrin, de fatigue et, dans certains cas, de surmenage », déclare Miriam Warren, responsable de la diversité chez Yelp, à propos des défis auxquels sont confrontés les cadres dans ce domaine. Selon Miriam Warren, la crainte que les engagements de l’entreprise soient mis en péril l’incite, ainsi que d’autres, à se sentir « plus engagés que jamais dans leur travail ». Le budget DEI de Yelp a augmenté au cours des cinq dernières années.
Lors d’entretiens, des responsables en chef de la diversité, en poste ou ayant occupé ce poste, ont déclaré que les dirigeants d’entreprise ne voulaient parfois pas modifier les processus d’embauche ou de promotion, bien qu’ils aient initialement déclaré aux responsables en chef de la diversité qu’ils avaient été engagés pour améliorer le vivier de talents. Cette volte-face montre que l’enthousiasme des entreprises pour les initiatives en faveur de la diversité ne s’est pas toujours avéré durable, ce qui a conduit certains responsables de la diversité à s’interroger sur leur plan de carrière.
À la suite du meurtre de George Floyd en garde à vue en mai 2020, les entreprises se sont empressées d’embaucher des responsables de la diversité. En 2018, moins de la moitié des entreprises de l’indice S&P 500 employaient un responsable de la diversité, et en 2022, trois entreprises sur quatre avaient créé un poste, selon une étude de Russell Reynolds, un cabinet de recrutement de cadres.
lundi 24 juillet 2023
Hélas, les critiques deviennent moins cruelles. Bonne nouvelle pour les écrivains, mauvaise pour les lecteurs
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Il est délicieux de savoir qu’un critique a qualifié les poèmes de John Keats d’« idioties débiles ». Il est encore plus agréable de savoir que Virginia Woolf considérait les écrits de James Joyce comme des « conneries ». Et personne ne peut rester insensible au fait que lorsque la critique Dorothy Parker a lu « Winnie l’ourson », elle l’a trouvé si plein de fantaisies innocentes et enfantines qu’elle a — avec, à son tour, une orthographe fantaisiste - « womi ».
Pour le lecteur, la vie offre peu de plaisirs plus vrais qu’une très bonne ou très mauvaise critique. Pour l’écrivain, la vie offre peu de douleurs plus vives. Après Parker, A.A. Milne n’a plus jamais écrit un autre « Fantaisiste » l’ourson, le simple mot « fantaisiste » lui étant devenu « détestable ». Après le commentaire « idiotie débile », Keats est tombé raide mort. « Anéanti », a écrit Lord Byron, « par un article ».
Aujourd’hui, la vie littéraire offre rarement des spectacles aussi somptueux. Ouvrez les pages de critiques de livres et vous aurez plus de chances de voir les écrivains se décrire les uns les autres et décrire leurs œuvres avec des mots tels que « lyrique », « brillant » et « perspicace » plutôt que, comme autrefois, « ennuyeux », « idiot » et « tas de fumier ». Dans les pages littéraires, on assiste désormais à ce qu’un écrivain a appelé une inflation « endémique » des notes. Un rédacteur de BuzzFeed, un site d’information, a même annoncé que sa section livres ne ferait plus du tout de critiques négatives. C’était une excellente nouvelle pour les écrivains (et leurs mères) du monde entier. La nouvelle est beaucoup moins bonne pour les lecteurs. Le monde littéraire ne devra peut-être plus pleurer les poètes éconduits, mais il devra pleurer la mort du démolissage en règle des critiques négatives.
Rares sont ceux qui le déploreront à haute voix. La critique n’est pas une noble vocation : comme le dit le vieil adage, aucune ville n’a jamais érigé de statue en l’honneur d’un critique. Mais peu de villes ont également érigé des statues en l’honneur d’ingénieurs en assainissement ou de chirurgiens de la prostate. Mais ils sont utiles, tout comme les critiques. Une personne bien informée peut lire une vingtaine de livres par an. En revanche, 153 000 livres ont été publiés l’année dernière rien qu’en Grande-Bretagne, selon Nielsen BookData. Cela représente une moyenne de 420 livres par jour. Parmi les livres publiés l’année dernière, on peut citer les titres suivants (traduits de l’anglais) : « Penser les larmes, les pleurs et les sanglots dans la France du XVIIIe siècle », « Votre chat est-il un psychopathe ? » et « Trouvez les chiottes avant de faire votre crotte ». Il se peut que ces livres méritent tous des qualificatifs tels que « judidieux » et « pénétrants ». Cela semble peu probable.
C’est un secret de polichinelle dans le monde littéraire : la plupart des livres sont vraiment très mauvais. C’est le travail des critiques de les dépecer, d’abord physiquement (si vous travaillez dans un bureau de livres, votre première tâche, profondément décourageante, sera de passer en revue les sacs de livres livrés chaque semaine), puis littérairement, par le biais de critiques. George Orwell, critique chevronné, savait que les critiques devaient être brutales. Il a écrit : « Dans plus de neuf cas sur dix, la seule critique objectivement honnête serait “Ce livre ne vaut rien”, tandis que la seule recension honnête dirait : “Ce livre ne m’intéresse en aucune façon, et je n’écrirais rien à son sujet à moins d’être payé pour le faire”. »
Les recensions sont rarement aussi percutantes. Certaines publications maintiennent la tradition d’une critique énergique, mais trop souvent, les critiques donnent l’impression de se complaire dans la facilité des initiés. Les journaux littéraires y sont particulièrement enclins. Ils ont tendance à être truffés de chroniqueurs appelés « Ferdinand », de mots comme « insipides » ou « fades » et de titres qui ressemblent moins à une promesse qu’à une menace : « Où s’en va la Somalie ? », » Le structuralisme domestiqué » ou (la question sur toutes les lèvres) « Qui a peur de la lecture attentive ? ». Les « démolissages », en revanche, optent généralement pour un style moins relevé. Dans une critique célèbre, le critique Philip Hensher a écrit qu’un auteur était si mauvais « qu’il ne pourrait pas écrire “cul” sur un mur ».
Il fut un temps où ce genre de saillies était monnaie courante dans les pages littéraires. À l’époque victorienne, « les critiques étaient considérées comme une sorte d’hygiène culturelle, et les normes étaient donc exigeantes », explique Robert Douglas-Fairhurst, professeur d’anglais à l’université d’Oxford. Les critiques ne se contentaient pas de s’en prendre à un ennemi, ils assainissaient les sanctuaires de la littérature. Ce qui ne les empêchait pas de faire preuve de légèreté. Par exemple, un critique a qualifié l’œuvre d’un confrère d’« ordure féculente » ; le solide Alfred Tennyson a dit d’un autre qu’il était « un pou sur les serrures de la littérature » ; tandis que John Milton (ayant apparemment momentanément à nouveau perdu le paradis) a décrit un aspirant confrère comme étant une « tête de porc fangeuse ».
Brandissez vos armes
Aussi amusants que soient ces excès, les critiques les plus meurtrières tendent à être plus délicates. Les meilleures critiques assassines ne démolissent pas à coups de hache, mais de scalpel, observe l’écrivain et critique britannique Adam Mars-Jones, « parce que si ce n’est pas précis, ça ne marchera pas ». Les victoriens brandissaient eux aussi des bistouris. L’un des plus beaux a été manié par George Eliot sur « Jane Eyre » de Charlotte Brontë. « J’aimerais », écrivait Eliot, « que les personnages parlent un peu moins comme les héros et les héroïnes des rapports de police ».
Les critiques modernes atteignent rarement une telle beauté fatale. Trop souvent, les critiques sont bourrées de mots de remplissage : « sombrement drôle », « saisissant », « méditation profonde ». Nombre d’entre eux — que le lecteur soit averti — sont des euphémismes pour le mot « ennuyeux », qui est en fait interdit dans les pages littéraires. On trouve ainsi « détaillé » (« ennuyeux ») ; « exhaustif » (« vraiment ennuyeux ») ; « magistral » (« ennuyeux, mais écrit par un professeur, et je ne l’ai pas terminé, donc je ne peux pas le critiquer »). Et ainsi de suite.
Raisons du ramollissement
L’internet est l’une des raisons de ce ramollissement. Il a modifié à la fois l’économie de la critique (les journaux de plus en plus minces ont moins de pages consacrées aux livres, et les rédacteurs ont donc tendance à les remplir avec les livres que vous devriez lire, et non ceux que vous ne devriez pas lire) et l’opportunité de la critique (les insultes qui semblaient amusantes lorsqu’elles étaient prononcées sur le moment perdent de leur pertinence lorsqu’elles sont répercutées en ligne pour l’éternité). La tendance à recruter des critiques spécialisés n’a rien arrangé non plus. Si vous êtes l’un des deux experts mondiaux en cunéiforme sumérien ancien et que vous donnez une mauvaise critique à l’autre expert mondial, cela peut être amusant pendant 20 minutes, mais regrettable pendant 20 ans.
L’internet a également contribué à réduire l’anonymat. Autrefois, la plupart des critiques n’étaient pas signées, ce qui leur permettait d’être aussi anonymes qu’un obscur troll de Twitter. Aujourd’hui, la plupart des critiques sont non seulement connues, mais aussi facilement repérables, et insultables à leur tour. Alors qu’il y a 30 ans, les critiques étaient « tacitement encouragés à s’en prendre aux gens », les gens sont aujourd’hui « terrifiés à l’idée de vexer », de peur d’être victimes d’une meute de trolls sur Twitter, déclare l’écrivain et critique D.J. Taylor.
Il y a eu des tentatives pour relancer la critique acerbe. En 2012, un prix appelé « Démolissage de l’année » a été lancé par deux critiques (dont l’un travaille aujourd’hui pour The Economist) comme une « croisade contre la fadeur, la déférence et la pensée paresseuse ». Il a été décerné pendant trois ans. Fleur Macdonald, l’une de ses cofondatrices, pense que « la vie littéraire en a probablement plus que jamais besoin aujourd’hui », mais qu’elle aurait du mal à le relancer et à le faire financer, car « les mauvaises critiques de livres sont controversées ».
Les démolissages ont encore lieu de temps en temps, non pas pour les premiers livres ou ceux d’auteurs inconnus (c’est considéré comme inutile et cruel), mais pour des écrivains suffisamment célèbres pour être attaqués. Le livre « Le Suppléant » du prince Harry a été presque universellement éreinté. Cette situation peut être éprouvante pour les écrivains. Le romancier Anthony Powell pensait que les lecteurs pouvaient se diviser entre « fans » et « merdes », tandis que l’un des poèmes les plus célèbres de l’écrivain romain Catulle est une riposte aux critiques qui l’accusaient d’être efféminé. « Pedicabo ego vos et irrumabo », écrit Catulle, ce qui signifie (en gros) : « Je vous b*serai par la bouche et par le cul ». Ce n’est pas le genre de choses que l’on trouve dans le Times Literary Supplement de nos jours.
Les lames reluisent donc moins. Mais elles devraient encore briller de temps en temps. Ce que l’on oublie parfois, c’est que le véritable marché des critiques n’est ni l’auteur ni le critique. C’est le lecteur. Et celui-ci veut toujours savoir, dit M. Taylor, « s’il doit dépenser 15,99 livres sterling pour un livre ». Le critique a « le devoir » de dire la vérité. En outre, si l’écrivain n’aime pas la critique publiée, il est, après tout, un écrivain. Il peut, comme l’a fait Catulle, répondre. Même s’il peut décider de mettre la pédale douce sur les grossièretés s’il veut être publié dans BuzzFeed.
Source : The Economist
« Crise climatique » — La production céréalière mondiale en passe d’atteindre un niveau inégalé
Pourtant, de manière irresponsable, les alarmistes climatiques clament que l’effondrement imminent du système alimentaire.
L’ajustement à la hausse de ce mois-ci s’explique presque entièrement par de meilleures perspectives pour la production mondiale de blé, les prévisions ayant été rehaussées de 0,9 pour cent pour s’établir à 783,3 millions de tonnes, tout en restant inférieures de 18,4 millions de tonnes au record enregistré en 2022. Les prévisions relatives à la production de blé dans l’Union européenne ont été révisées à la hausse, les conditions météorologiques ayant été globalement favorables, ce qui a engendré des rendements légèrement meilleurs que prévu, en dépit des répercussions qu’ont eues les déficits pluviométriques dans la péninsule ibérique. Pour le Canada et le Kazakhstan, où l’on cultive principalement du blé de printemps, les prévisions ont également connu un léger relèvement en raison de semis plus importants que prévu, tandis que les estimations officielles récemment publiées placent la récolte de blé de la Turquie à un niveau supérieur à celui des premières prévisions. Cette progression a largement contrebalancé la forte contraction des prévisions concernant la production en Australie, les rendements attendus ayant été compromis par des conditions météorologiques plus sèches que la normale.
Record mondial malgré la guerre en Ukraine, important exportateur céréalier
En Ukraine, la production de blé pour 2023 devrait atteindre 18,5 millions de tonnes, soit 30 % de moins que la moyenne quinquennale. Cette forte baisse résulte de l’impact de la guerre qui, parmi de nombreux autres facteurs, a entravé l’accès physique aux champs, ce qui se traduit par une baisse de près de 30 %, en glissement annuel, des semis de blé d’hiver pour 2023. Le manque de liquidités et, dans certaines régions, les perturbations des marchés des intrants ont également fortement limité la capacité des agriculteurs à se procurer des intrants, ce qui a réduit les perspectives de rendement pour 2023 malgré des conditions météorologiques généralement favorables. Pour des raisons analogues, la production de maïs de 2023, qui sera récoltée à partir de septembre, devrait atteindre 22,5 millions de tonnes, soit près de 35 % de moins que la moyenne. Au total, la production céréalière nationale de 2023 devrait se situer à un niveau nettement inférieur à la moyenne, soit 46,2 millions de tonnes.
Dans la Fédération de Russie, la production totale de blé en 2023 devrait tomber à un niveau proche de la moyenne de 82,8 millions de tonnes, après le record historique de 2022, en raison d’une contraction des superficies ensemencées en blé due à un excès d’humidité à la fin de 2022 et à une baisse des prix des cultures. La production céréalière totale de la Fédération de Russie, y compris les prévisions supérieures à la moyenne pour le maïs et l’orge, est estimée à environ 125 millions de tonnes en 2023, ce qui est comparable à la moyenne quinquennale.
Notons que l'agence turque de presse Anadolu rapporte que le président Poutine a précisé que son pays prévoit une récolte record cette année et affirme que la Russie peut fournir des céréales russes tant à travers sa commercialisation que gracieusement. Le dirigeant russe a rappelé, en outre, que son pays avait envoyé 11,5 millions de tonnes de céréales en Afrique en 2022 et 10 millions de tonnes au cours du premier semestre de 2023.
En Moldavie, les prévisions préliminaires pour la production de 2023 s’établissent à un niveau proche de la moyenne de 3 millions de tonnes. Bien que les conditions météorologiques aient été mitigées au cours de la saison de croissance, les images satellite montraient début juin des conditions de végétation généralement bonnes dans les principales zones de culture du blé et, par conséquent, la production de blé devrait se situer à un niveau proche de la moyenne de 1,1 million de tonnes.
En Biélorussie, la production céréalière totale pour 2023 devrait s’élever à 7,6 millions de tonnes, ce qui est proche de la moyenne quinquennale.
dimanche 23 juillet 2023
Sound of Freedom atteint 124,7 millions de $ de recette en Amérique du Nord pour un coût de 14 millions
Le Son de la Liberté vient d’atteindre des recettes de 124,748 millions de dollars sur le marché nord-américain. Le budget total de cette production n’a été que de 14 millions de dollars. À titre de comparaison, le dernier Indiana Jones aurait coûté 294, 7 millions de $ et n’a rapporté que 159 millions de dollars sur le marché nord-américain (mais 335 millions de $ sur le marché mondial).
Le Son de la liberté résiste très bien : cette fin de semaine il a dépassé le dernier Mission impossible sorti la semaine passée et bat nettement l’ultime opus de la série Indiana Jones sorti le 30 juin.
Le chef du parti conservateur du Québec a été voir le film et il a tenu à remettre les pendules à l’heure :