lundi 14 mars 2022

L'efficacité de l'ivermectine a-t-elle été cachée ?

En octobre 2020, le Dr Andrew Hill a été mandaté par l’OMS pour évaluer l’efficacité de l’ivermectine. Son travail consistait à faire un rapport qui se voulait une synthèse des dizaines d’études effectuées dans le monde entier qui confirmaient l’efficacité de l’ivermectine dans le traitement du coronavirus. Andrew Hill a échangé avec deux médecins américains, le Dr Paul Marik et le Dr Pierre Kory, ainsi qu’avec la scientifique anglaise Tess Lawrie au sujet des données enthousiasmantes qu’ils avaient observées en soignant les personnes.

Dans une prépublication, Andrew Hill écrivait que l’ivermectine était associée à une réduction de l’inflammation, à une clairance virale plus rapide, une hospitalisation plus courte avec une récupération clinique favorable et une baisse de la mortalité de 75%. Cependant, il concluait que l’ivermectine devait être validée par de larges essais randomisés à grande échelle afin qu’une recommandation puisse être établie par les autorités règlementaires nationales et internationales.

Des conclusions évaporées lors de la publication : face à la sévérité de l’épidémie et l’urgence de soigner, Tess Lawrie lui écrit le 17 janvier 2021 pour lui demander de retirer son article, qui pourrait causer de graves dommages en décourageant l’autorisation de l’ivermectine pour soigner le Sars-CoV-2. Le jour suivant, un échange enregistré en visioconférence révèle un Andrew Hill visiblement embarrassé qui se défend maladroitement. Face à lui, Tess Lawrie essaie désespérément de le faire changer d’avis, n’hésitant pas à user de tous les arguments culpabilisants, parlant des patients hospitalisés en soin intensifs ou en train de mourir.

Qui sont les auteurs cachés qui ont influencé le jugement d’Andrew Hill ? Pourquoi ne sont-ils pas mentionnés dans l’étude scientifique ? Des questions laissées sans réponse par un Andrew Hill qui ne peut masquer son immense gêne. Toutefois, Andrew Hill reconnaît que Unitaid, association pour laquelle il travaille, avait son mot à dire dans les conclusions de l’étude. Les trois scientifiques découvrent alors que Unitaid n’est pas l’œuvre de charité qu’elle prétend être et que de sombres intérêts se cachent derrières les nobles intentions.


De John Campbell (2,2 millions d'abonnés)


La guerre et son inévitable propagande

Aujourd'hui, 74,5% des Russes sondés approuvent le travail de Poutine en tant que président. Une hausse de 10 %, en effet, avant le début de l'opération spéciale (données au 20 février), le taux d'approbation était d'environ 64 %. Il y a eu un « ralliement autour du drapeau » et autour du chef. (Article du 14 mars d'Izvestia). Comparer à cet article de Radio-Canada du 8 mars : « L’inefficace stratégie militaire russe fait mal à Poutine, croit un expert ».

La vérité, première victime de la guerre

Le reportage de Anne-Laure Bonne mentionné dans la vidéo ci-dessus.

 

Autre reportage sur le Donbass (À Granitnoye, l'armée ukrainienne maltraitait les civils - 6 mars 2022)

Civils rescapés de Marioupol (russe sous-titré en français)

Les labos d'agents pathogènes en Ukraine sur FoxNews

Mercredi soir après les propos de Victoria Nuland. Mme Nuland est née de grands-parents paternels (Nudelmann) originaires de Bessarabie (la Moldavie et une partie de l'Ukraine d'aujourd'hui).

Jeudi soir

 

Le dimanche 13 mars, confirmation de ces laboratoires par CBS

Le 13 mars 2022, sur Face The Nation, le correspondant de CBS pour le Pentagone, David Martin, affirme que l'on craint aux États-Unis est que la Russie puisse saisir une installation de recherche biomédicale/biomilitaire en Ukraine, militariser un des agents pathogènes étudiés/développés dans ces laboratoires, puis blâmer l'Ukraine et les États-Unis qui ont financé cette recherche sur les pathogènes en territoire ukrainien. David Martin affirme qu'il appert que les Ukrainiens auraient réussi à détruire « la plupart » de ces agents pathogènes.

 

« Vladimir Poutine pourrait libérer une arme biologique d'un laboratoire ukrainien saisi, craignent les experts. Le colonel Hamish de Bretton-Gordon, ancien chef de l'unité des armes chimiques de l'armée britannique, a déclaré que les troupes russes pourraient prendre d'assaut un laboratoire et l'utiliser comme base pour libérer une arme biologique » (Daily Mirror, 13 mars)

Situation à Marioupol le 10 mars (résumé + témoignage d'un civil qui s'est échappé)  en français et russe

Le côté largement pro-russe par  Xavier Moreau, ancien militaire, établi à Moscou.

 

Ottawa Citizen : « Le grand-père de [la ministre canadienne] Chrystia Freeland était bien un collaborateur [ukrainien] nazi – non ce n'est pas de la désinformation russe »

Le petit-fils du célèbre « héros » galicien (ukrainien de l'Ouest) Stepan Bandera, farouchement anti-russe et collaborateur avec l'Allemagne pendant la 2eGM, assure la couverture de l'Ukraine pour CTV News (Canada). Stepan Bandera naquit en Galicie autrichienne. L'Autriche exacerba le régionalisme galicien pour contrecarrer le panrussisme dans ses provinces orientales. L'élite ukrainienne dans l'empire russe, comme l'auteur Gogol ou Taras Chevtchenko, adoptèrent plutôt le russe comme langue littéraire et administrative. L'ukrainien et le russe sont deux langues slaves voisines du même groupe (slave de l'est).



 

samedi 12 mars 2022

Loi 101 au cégep

C’est majeur et pourtant on en parle peu.

Partout au Québec, des professeurs de cégep se lèvent et revendiquent l’extension de la loi 101 au cégep. [Pour nos lecteurs européens : les enfants d'immigrés et de fracophones devront fréquenter un cégep — la fin du lycée et parfois l'équivalent de la première d'université — francophones]

Ce sont désormais 13 cégeps qui ont adopté cette position lors d’assemblées syndicales.

Des cégeps de partout au Québec : Jean-de-Brébeuf, André-Laurendeau, Bois-de-Boulogne, Sainte-Foy, Rimouski...

Terrain

La prise de position des professeurs est révélatrice.

Ces profs sont tout sauf des militants souhaitant embarrasser le gouvernement. Tout sauf des « extrémistes », pour reprendre la rhétorique du PM Legault.

Ces profs fréquentent plutôt le réel.

Ils sont témoins plus que tous de la dynamique linguistique chez les jeunes.

Témoins que la langue des couloirs est de plus en plus l’anglais.

Les profs s’aperçoivent bien que les jeunes générations s’anglicisent, et que c’est la communauté anglophone qui assimile les nouveaux arrivants.

Les profs défendent aussi leur propre intérêt.

Car la situation actuelle dévalorise la condition même des cégeps francophones.

Le financement dépend du nombre d’étudiants inscrits, et donc, la popularité des établissements anglophones affaiblit la qualité des établissements francophones.

Autre conséquence : les cégeps anglophones admettent les meilleurs étudiants.

Par exemple, à Dawson, ce sont seulement 30 % des étudiants qui sont admis.

Voilà pourquoi les taux de diplomation sont beaucoup plus élevés dans les cégeps anglophones.

C’est un non-sens : notre État finance notre propre anglicisation, dévalorise une partie de notre système d’éducation francophone, et affaiblit une de nos institutions au cœur de notre modèle social.

Très surprenant, à cet égard, que Québec solidaire, parti de gauche, n’appuie pas la revendication de ces professeurs.

Conjoncture favorable

Le Québec a évolué sur la question.

Un sondage de juin 2021 révélait que 58 % des Québécois étaient maintenant favorables à l’extension de la loi 101 au cégep.

Les Québécois le demandent, les chercheurs le justifient, et maintenant les profs le revendiquent. La CAQ, elle, reste figée.

Les professeurs des cégeps nous disent que leur maison est en feu, mais le gouvernement ne sort que des fusils à eau pour éteindre les flammes.

Source : Journal de Québec

Tous des experts...



jeudi 10 mars 2022

Autriche : échec de la politique de vaccination obligatoire anti-covid

L’Autriche abandonne l’obligation vaccinale contre le Covid-19, à peine un mois après l’entrée en vigueur de cette loi qui a eu un impact limité.

 Le gouvernement autrichien a annoncé mercredi la suspension de la loi sur la vaccination obligatoire contre le Covid-19, un mois à peine après son entrée en vigueur, face à la moindre dangerosité du variant Omicron.

Une atteinte «injustifiée» aux droits fondamentaux

« Nous avons décidé de suivre l’avis de la commission des experts » et de « suspendre » le texte, a annoncé la ministre Karoline Edtstadler. « Nous ne voyons pas en ce moment la nécessité de mettre en place l’obligation vaccinale au vu du variant actuel », qui provoque des symptômes moins sévères que le variant Delta auparavant dominant, a-t-elle expliqué. « Il y a actuellement beaucoup d’arguments pour dire que cette atteinte aux droits fondamentaux n’est pas justifiée », a ajouté Mme Edtstadler, chargée de la Constitution.

La loi était entrée en vigueur le 5 février, une mesure inédite dans l’Union européenne (UE) et qui avait suscité une forte opposition d’une partie de la population de 8,9 millions d’habitants. L’ensemble des résidents de plus de 18 ans dans ce pays de 8,9 millions d’habitants étaient concernés, à l’exception des femmes enceintes, de ceux qui ont contracté le virus il y a moins de 180 jours et enfin de ceux qui peuvent se faire exempter pour raisons médicales. Les contrôles devaient débuter mi-mars, avec des sanctions variant de 600 à 3 600 euros. Des voix s’étaient élevées pour revoir le texte, alors que l’Autriche a mis fin début mars à la plupart des restrictions sanitaires.

Ces derniers mois, le taux de vaccination contre le Covid-19 n’a que peu progressé en Autriche. Début novembre dernier, alors que la menace de vaccination obligatoire planait, celui-ci était de 67 % pour la première dose. Fin décembre, il frôlait les 75 %. Depuis, il a fait du surplace. Même avec l’entrée en vigueur de la loi début février, ce taux de primo-vaccination est aujourd’hui de 76,3 %.


mardi 8 mars 2022

Trudeau : le 8 mars, « nous » célébrons les « personnes de diverses identités de genre »

Gazouillis de Trudeau La Science en ce 8 mars :

Voir aussi

Affiche soviétique  pour le 8 mars 1932
contre les femmes au foyer(*)

Effacement des femmes : Teen Vogue parle de « non-propriétaire de prostate »
 

Histoire — l'ex­clusion des femmes du suffrage fut davantage le fait de l'idéologie progressiste que de la pensée réactionnaire.

« Guerre contre les femmes » ? Plutôt, une guerre contre les enfants  

Hommes et femmes – Différences et complémentarités   

Emmanuel Todd : « Le patriarcat n’a pas disparu en Occident, il n’a jamais existé »

Quand la femme était vénérée...

La place des femmes au Moyen-Âge : elles votaient, elles ouvraient boutique sans autorisation maritale

La femme au temps des cathédrales (m-à-j vidéo Apostrophes avec Regine Pernoud)

Le rôle de la femme et de l'Église au Moyen Âge 

Écart salarial entre les sexes : démontage de la « vérification des faits » faite par une chaîne d'« informations » télé

Québec — Plus de femmes font des études, dans des domaines différents des hommes

 


(*) Traduction de l'affiche soviétique : « Le 8 mars, jour de l'insurrection contre l'esclavage des travailleuses de cuisine. À bas l'oppression et la mesquinerie de la vie domestique ! »

8 марта - день восстания работниц против кухонного рабства. Долой гнет и обывательщину домашнего быта! 

 

lundi 7 mars 2022

Le Brésil veut lutter contre la grossophobie

Un pays, connu pour ses plages et leurs corps bronzés, s’attaque à la montée en flèche des taux d’obésité avec de nouvelles lois qui consacrent des protections pour les personnes en surpoids.

Mariana Donato, 36 ans, fait une pause dans ses cours de danse à Recife, au Brésil. Elle et sa troupe de danse se sont réunies pour répéter avant le défilé de mode Miss grande taille à Recife, où elles ont exécuté des exercices qui défient les normes de la beauté mince.

RECIFE, Brésil — Dans cette métropole  au bord de l’océan dans le nord-est du Brésil, les écoles achètent des pupitres plus grands, les hôpitaux achètent des lits plus grands et les machines IRM et le théâtre historique du centre-ville offre des sièges plus larges. [Recife est une ville très métissée, les Blancs autodéclarés n’y représentent que 40 % de la population.]

Recife est l’une des villes les plus grasses du Brésil. Il devient également rapidement l’un des endroits les plus accueillants au monde pour les personnes obèses.

En effet, Recife fait partie d’un mouvement qui s’accélère dans le plus grand pays d’Amérique latine qui, selon les experts, a rapidement fait du Brésil le chef de fil mondial dans la protection des personnes obèses.

Au cours des 20 dernières années, le taux d’obésité au Brésil a doublé pour atteindre plus d’un adulte sur quatre. Conséquemment, des militants au Brésil se sont battus pour rendre la vie moins difficile aux Brésiliens en surpoids — et leurs efforts se démarquent à l’échelle mondiale par leur succès pour changer non seulement les attitudes, mais aussi les lois.

Des règlements à travers le pays donnent désormais aux obèses le droit à des sièges préférentiels dans les métros, la priorité dans des endroits comme les banques et, dans certains cas, une protection contre la discrimination.

Barbara Santos, 30 ans, explique que bien que les bus de Recife disposent désormais de places spéciales pour les personnes en surpoids, les tourniquets ne sont pas adaptés.

À Recife, qui compte 1,6 million d’habitants, une loi adoptée l’année dernière oblige les écoles à acheter des pupitres plus grands et à former les enseignants contre la discrimination fondée sur le poids afin qu’ils puissent l’inclure dans leurs cours. Une autre loi a créé une journée annuelle pour promouvoir les droits des personnes en surpoids.

Comme de nombreux pays, le Brésil a récemment commencé à lutter contre le racisme, le sexisme et l’homophobie. Mais dans un pays où le corps est souvent au premier plan — songez à la chirurgie plastique, aux tongs sur la plage et à un carnaval qui comporte peut-être plus de plumes que de tissu — une conversation nationale émerge également sur la façon dont le Brésil traite les personnes en surpoids.

« Gordofobia » (grossophobie) est le terme désignant la discrimination basée sur le poids en portugais, est devenu un mot à la mode au Brésil. Il est au centre de débats houleux sur l’un des programmes télévisés les plus regardés au Brésil, l’émission de téléréalité « Big Brother », et est le principal problème discuté sur les comptes Instagram et TikTok avec des millions d’abonnés.

La plus grande vedette brésilienne, Anitta, a fait des vagues en incluant des femmes obèses dans ses vidéos et parfois en n’éliminant pas sa cellulite. Et après la mort de la vedette brésilienne de la musique country Marília Mendonça dans un accident d’avion l’année dernière, certains journalistes et commentateurs ont été largement critiqués pour avoir mentionné son poids. À certains égards, le Brésil rattrape la tendance aux États-Unis et en Europe, où les modèles plus gros sont devenus plus courants sur les podiums. Mais, selon des experts, en matière de politique publique, le mouvement au Brésil a rapidement dépassé de nombreux autres pays. Le débat ici est passé des médias aux mairies, aux assemblées législatives des États fédérés et au Congrès brésilien.

En 2015, le Brésil a modifié une loi fédérale vieille de 15 ans pour étendre la protection des personnes handicapées aux personnes en surpoids, leur donnant droit à des sièges préférentiels dans les transports en commun et la priorité dans certains endroits comme les banques. À São Paulo, il y a maintenant des sièges plus larges pour les personnes obèses dans le métro, et à Rio de Janeiro, il y en a au célèbre stade de football Maracanã.

Trois États brésiliens ont récemment consacré le 10 septembre à la promotion des droits des personnes obèses. Et l’un de ces États, Rondônia, a également adopté une loi en décembre qui garantit aux personnes en surpoids « l’accès à tous les lieux », « un traitement digne » et une protection contre la « gordophobie ».

« Ce qui se passe au Brésil, ce sont ces efforts collectifs des décideurs politiques pour résoudre ce problème d’une manière que nous ne voyons vraiment pas ailleurs », a déclaré Rebecca Puhl, professeur à l’Université du Connecticut qui suit ces lois. « Aux États-Unis et franchement partout ailleurs dans le monde, le paysage réglementaire est assez désert. »

Mme Puhl a déclaré que depuis que le Michigan a adopté une loi en 1976 qui protégeait officiellement les personnes contre la discrimination liée au poids, il y a eu peu de politiques importantes dans le domaine aux États-Unis. Le Massachusetts envisage une législation similaire, bien qu’elle y ait échoué auparavant. La capitale islandaise, Reykjavík, a adopté une loi similaire en 2016. Et en 2014, la Cour européenne de justice a statué que l’obésité sévère peut légalement rendre les personnes handicapées, les protégeant potentiellement de la discrimination, mais l’obésité à elle seule ne justifie pas de protection.

Dans les tribunaux brésiliens, des décisions de justice mentionnent la « gordophobie » depuis 2014 et leur nombre n’a cessé d’augmenter depuis, selon un examen des jugements disponibles par Gorda na Lei, ou Grosses dans la loi, un groupe d’activistes brésiliens. En octobre, un juge a ordonné à un comédien de payer une amende de 1 000 dollars pour s’être moqué du poids d’une danseuse brésilienne obèse. « L’accusé exsudait sans équivoque la grossophobie », a déclaré le juge dans sa décision. La liberté d’expression est autorisée, a ajouté le juge, « mais c’est le devoir de l’État de protéger les minorités ».

La performance d’ouverture au concours.

Pourtant, l’application dette protection fait encore souvent défaut au Brésil. Rayane Souza, fondatrice de Gorda na Lei, a déclaré que de nombreux modes de transport public restaient inaccessibles malgré la loi de 2015. Elle a évoqué un incident récent dans la ville côtière de Guarapari, où une femme en surpoids s’est retrouvée coincée dans le tourniquet d’un bus de la ville. Les pompiers ont libéré la femme alors que les autres passagers riaient, selon le site d’informations brésilien G1. « Je pleure la nuit rien qu’en pensant à ce que les gens ont dit », a déclaré Rosangela Pereira à G1 quelques jours plus tard.

En 2020, près de 29 % des Brésiliens de plus de 20 ans étaient obèses, contre environ 15 % en 2000, l’une des plus fortes augmentations de tous les pays au cours de cette période, selon l’Institute for Health Metrics and Evaluation de l’Université de Washington. Parmi les 10 pays les plus peuplés, seuls le Mexique, les États-Unis et la Russie avaient des taux d’obésité plus élevés, allant de 31 % à 37 %, selon les données.

Le Dr Claudia Cozer Kalil, endocrinologue dans l’un des meilleurs hôpitaux du Brésil à São Paulo, a attribué la montée en flèche de l’obésité en partie à la hausse des salaires qui a conduit à une mauvaise alimentation de restauration rapide et d’aliments transformés. À mesure que l’obésité a augmenté, a-t-elle dit, les problèmes de santé connexes comme le diabète, l’hypertension artérielle et l’apnée du sommeil ont également augmenté. Selon elle, le gouvernement devrait faire plus pour résoudre le problème, y compris un meilleur étiquetage des aliments. Au Brésil, par exemple, les étiquettes nutritionnelles n’incluent souvent pas d’information sur le contenu en sucre. Pourtant, elle soutient les lois contre la grossophobie. « Le fait est que la population est plus lourde », a-t-elle déclaré. « Nous devons donc nous adapter à cela. »

Le débat sur la « gordophobie » au Brésil tourne en partie autour de l’image irréaliste du corps brésilien dans les médias à l’intérieur et à l’extérieur du pays. L’impact psychologique de cette image, ont déclaré les militants, peut être illustré par les efforts des Brésiliens pour gonfler leurs lèvres, leurs seins, leurs fesses et leurs muscles — et aspirer chirurgicalement leur graisse — à un rythme bien supérieur à celui de la plupart des autres pays.

En 2019, le Brésil était le chef de file mondial des chirurgies plastiques. En 2020, au milieu de la pandémie, il y avait 6,1 chirurgies plastiques pour 1000 personnes, contre 4,5 pour 1000 personnes aux États-Unis, premier au palmarès mondial du nombre total de chirurgies plastiques cette année-là, selon les statistiques d’un groupe mondial de chirurgiens plasticiens. Une chirurgie risquée qui consiste à transférer de la graisse de l’abdomen vers les fesses s’appelle même le lifting brésilien des fesses.

Lors d’un concours de beauté pour femmes et hommes « forts » en novembre à Recife, le thème était de résister à la « gordofobia » et de défier les stéréotypes du corps parfait. Pendant un moment d’émotion, les candidats se sont tenus sur scène alors que des acteurs leur lançaient des insultes.

De nombreux Brésiliens conviennent que leur culture accepte plus largement les femmes callipyges que les autres pays occidentaux. Et une visite des plages et des parcs du Brésil confirmera qu’il y a beaucoup d’hommes et de femmes en surpoids qui se sentent très à l’aise avec leur corps et qui n’hésitent pas à porter des bikinis ou des sungas, la version brésilienne d’un slip de bain.

Pourtant, ces personnes ne représentent pas tous les Brésiliens de dire des militants. Mme Souza a déclaré que malgré le fait qu’elle vivait près de la plage, elle n’avait pas mis de bikini depuis 11 ans après y avoir été traitée de baleine.

Carol Stadtler, fondatrice de Beautés du Corps, un autre groupe d’activistes à Recife, a déclaré que les personnes en surpoids qui s’intégraient dans la société faisaient partie du mouvement. Le plus important était peut-être de les amener à s’intégrer physiquement dans la société, a-t-elle déclaré.

« Il ne s’agit pas seulement d’être belle ou laide ou d’avoir le corps d’une femme brésilienne », a-t-elle déclaré après le concours, où elle a déclaré que les chaises de théâtre avaient laissé des marques douloureuses sur ses jambes. « Il s’agit aussi de la façon dont les chaises sont trop étroites pour nous. »

Source : New York Times


mercredi 2 mars 2022

Une nouvelle étude désavoue le célèbre test de la guimauve et son pouvoir prédictif sur l'avenir des enfants

Une étude de suivi de « Bing » met en doute le fait que la réponse d’un enfant d’âge préscolaire à un test de la guimauve puisse prédire quoi que ce soit sur son avenir.

– Depuis une trentaine d’années, parents et scientifiques ont recours au test de la guimauve pour glaner des indices sur l’avenir des enfants. L’expérience a gagné en popularité après que son créateur, le psychologue Walter Mischel (né à Vienne, mort à New York), a commencé à publier des études de suivi des enfants d’âge préscolaire de la crèche Stanford Bing qu’il avait testés entre 1967 et 1973. En quoi consiste ce test, et quelles seraient ses conclusions sur l’enfant ?

Pascal Neveu. — Les Anglo-saxons et notamment les Américains ont toujours eu un certain talent afin de créer des tests totalement critiquables.

Le test de la guimauve repose sur le fait de laisser un enfant âgé de 4-5 ans face à des confiseries. S’il résiste à l’envie de manger la « guimauve », il lui est promis d’en obtenir par la suite deux autres en guise de récompense. Les scientifiques ont analysé la durée pendant laquelle chaque enfant résiste à la tentation, afin de démontrer qu’une grande patience/résistance était synonyme de succès. L’interprétation des résultats d’observations montrent que plus grand est le maîtrise sur soi (mesurée par la capacité de gratification différée), plus les chances de réussir dans sa vie d’adulte sont grandes.

Mischel « prédisait » que les enfants qui ne pouvaient pas tenir longtemps ont généralement grandi pendant leur adolescence, et jusque la trentaine avec de plus grandes frustrations, mais aussi avec de plus faibles compétences scolaires et sociales, et avec plus de problèmes de consommation de drogue, de santé mentale et même de poids.

Selon l’étude publiée dans le Journal of Economic Behavior and Organization, le temps que l’enfant a attendu pour manger la friandise n’a pas permis de prévoir une douzaine de résultats chez les adultes que les chercheurs avaient testés enfant, notamment leur statut social, leurs dettes, leurs habitudes en matière de régime alimentaire et d’exercice physique, leur tabagisme, leurs tendances à la procrastination, etc. 

– En quoi cette nouvelle étude remet-elle en cause l’expérience de Walter Mischel ? Comment a-t-on abouti à ces résultats ?

– Effectivement, plus d’une dizaine d’études récentes nuancent, pour ne pas dire dénoncent ses premières conclusions et questionnent d’autres facteurs d’influences tels que l’environnement familial, mais aussi les capacités cognitives qui doivent être prises en considération tout comme le rôle de l’hippocampe dans notre mémoire notamment émotionnelle. L’émotion joue un rôle majeur dans l’estime de soi, la satisfaction, la congratulation…

Pour autant cette nouvelle étude révèle que les enfants qui ont rapidement cédé à la tentation de la guimauve ne sont généralement pas plus ou moins en sécurité financière, éduqués ou en bonne santé physique que les autres.

Mais depuis plus de 30 ans, les parents et les éducateurs ont énormément adopté ce test sous prétexte que pour élever des enfants responsables et qui réussissent, nous devons leur apprendre à résister à cette première guimauve.

Les écoles ont intégré des tests de guimauve et des techniques de maîtrise de soi dans les programmes éducatifs.

Des conférences, des congrès, des prix… une manne financière hautement critiquable.

« Avec les temps d’attente par guimauve, nous n’avons trouvé aucune relation statistiquement significative avec les résultats que nous avons étudiés », déclare dans une interview Daniel Benjamin, de l’UCLA Anderson. 

Pourquoi les résultats à l’enfance n’ont aucune influence sur les résultats trouvés dans la vie d’adulte ?

Les chercheurs ont testé, notamment, le statut social, les capacités financières, les habitudes alimentaires et de sportivité, le tabagisme, les tendances à la procrastination et les soins dentaires préventifs.

– En quoi un enfant frustré, ou conditionné par une récompense pourrait advenir de telle ou telle manière ?

– Nous avons déjà eu en France un énorme débat lorsque sous la présidence Sarkozy on a tenté de déceler chez de jeunes enfants des potentiels futurs délinquants, déclenchant le courroux de tous les spécialistes et même ceux qui ont participé à la commission de travail.

Un être humain évolue et se construit face à sa vie, ses épreuves et des rencontres. Rien n’est déterminé, rien n’est figé… tout peut changer.

La nouvelle étude pourrait porter un coup final aux implications formées dans la recherche sur le test de la guimauve, qui, comme de nombreuses conclusions d’études psychologiques antérieures, ont été remises en question ces dernières années. 

– Que pouvons-nous réellement déduire de ces études ?

– Sur une centaine de questions posées, les sujets suivis depuis plus de 30 ans, et notamment 900 derniers sujets enfants et adolescents, rien n’a démontré la juste valeur de ce test.

En moyenne, en dehors des tests projectifs (TAT ou Rorschach par exemple), un test n’est fiable qu’à 70 % environ. La question de leur fiabilité, de leurs limites est en lien avec la pathologie recherchée, de la personnalité. Un test ne remplace aucunement une rencontre et un échange avec un patient ou un futur employé (50 % des employés ont passé au moins un test psychologique dans leur vie).

Et surtout il ne peut pas y avoir de valeur prédictive chez un enfant en évolution et en devenir, influencé par son éducation, son environnement, les valeurs parentales inculquées qui vont former ce qu’on appelle l’Idéal du Moi (ce que je veux être dans le regard de mes parents et des autres) et son Surmoi (les valeurs morales).

Car que peut valoir pour un enfant la promesse d’un doublon de friandises s’il résiste ?

La promesse n’engage que ceux qui y croient…

Source : Atlantico


«Le déclin démographique de l'Ukraine risque d'amenuiser ses capacités de résistance à la Russie»

Pour Laurent Chalard, la démographie joue un rôle non négligeable dans le nombre de citoyens mobilisables pour un conflit armé. Et l’Ukraine, avec une population déclinante et vieillissante, présente une situation démographique catastrophique, explique le géographe. Laurent Chalard est géographe. Retrouvez-le sur son carnet personnel.

LE FIGARO. — De nombreux observateurs, dont la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, assure que le conflit en Ukraine pourrait durer « plusieurs années ». Or, l’Ukraine est un pays qui connaît un fort déclin démographique. Est-ce que cela peut avoir des conséquences sur ses capacités de résistance à l’envahisseur russe ?

Laurent CHALARD. — La démographie joue un rôle non négligeable dans le nombre de citoyens mobilisables pour un conflit armé. Or, qui dit population déclinante et vieillissante, dit potentiellement un nombre limité de jeunes en âge de porter les armes. Et l’Ukraine présente une situation démographique catastrophique.

Parmi les pays de la planète qui comptaient plus de 50 millions d’habitants en 1989, l’Ukraine est celle qui a vu sa population le plus fortement diminuer alors que la tendance générale était orientée à la hausse. À cette date, qui correspond au dernier recensement réalisé par l’Union soviétique, la RSSU (République Socialiste Soviétique d’Ukraine) dénombrait 51,8 millions d’habitants soit cinq millions de moins environ que la France métropolitaine, qui en comptabilisait 56,6 millions en 1990. Or, en 2021, selon les estimations de l’institut statistique ukrainien, qui surestime probablement la population ne tenant pas suffisamment compte de l’émigration vers l’Europe de l’Ouest ou la Russie, l’Ukraine ne dénombre plus que 41,2 millions d’habitants au 1er décembre 2021. Le pays a perdu 15 millions d’habitants en moins de 30 ans (52 millions d’Ukrainiens étaient recensés en 1991, année de l’indépendance, d’autres sont nés depuis et partis).

En comparaison, la France métropolitaine est peuplée de 67,39 millions d’habitants en 2021 soit un écart de plus de 20 millions d’habitants entre les deux États, qui témoigne de l’ampleur du déclassement démographique ukrainien à l’échelle internationale. Et encore, si on enlève les zones occupées par les rebelles dans le Donbass, les territoires effectivement contrôlés par le gouvernement de Kiev avant l’opération militaire russe ne représentent plus qu’environ 38 millions d’habitants en 2021.

Cet effondrement démographique est le produit de deux facteurs. D’un côté, il est dû à l’émergence d’un déficit naturel considérable à la suite de la chute de l’URSS en 1991, conduisant à un affaissement de la fécondité à des niveaux parmi les plus bas au monde (environ 1,2 enfant par femme en 2020) et à une hausse conséquente de la mortalité, l’espérance de vie ayant chuté. D’un autre côté, la diminution de la population est aussi la conséquence d’une émigration économique vers les pays plus à l’ouest de l’Europe (Pologne, Allemagne, Italie) au niveau de vie plus élevé, ou la Russie, pour les populations russes de l’est de l’Ukraine, qui ont conservé des liens culturels et économiques avec Moscou.

– La stratégie de résistance du gouvernement ukrainien est-elle vouée à l’échec ?

– Il s’ensuit que la stratégie de résistance jusqu’au-boutiste qu’affiche le gouvernement ukrainien de Volodymyr Zelensky, à travers l’incitation aux populations civiles de prendre les armes contre l’envahisseur russe, paraît risquée car le pays ne dispose pas d’une réserve de jeunes très importante. 

D’autant qu’une partie est déjà enrôlée dans l’armée, qui est en train d’être décimée par les bombardements russes, alors qu’une autre partie a émigré à l’étranger. En effet, la classe d’âge des jeunes de 20-25 ans, la plus susceptible de se battre, correspond aux classes creuses de la fin des années 1990, où les générations sont deux fois moins nombreuses que celles du début des années 1980. D’ailleurs, si l’on en croit les premières vidéos circulant sur les réseaux sociaux de populations civiles s’opposant à l’armée russe dans certaines localités ukrainiennes, il est assez frappant de constater l’âge moyen relativement élevé de la population. En résumé, l’Ukraine n’est pas l’Irak ou l’Afghanistan, où les pertes humaines, aussi importantes soient-elles, sont très rapidement compensées par la forte fécondité, chaque nouvelle génération étant plus nombreuse que la précédente, ce qui permet à une insurrection de tenir dans la durée. En Ukraine, la jeunesse se faisant rare, elle est précieuse.

– Concrètement, si le conflit devait durer, l’Ukraine peut-elle être décimée comme le fut la France après la guerre 14-18 ?

Si le conflit venait à durer plusieurs années comme en Syrie, ce dont rien n’est moins sûr, et que les Russes ne se restreignent plus d’éviter de frapper les populations civiles — attitude qu’ils ont, pour l’instant, adoptée dans ce nouveau conflit contrairement à leurs précédentes interventions militaires en Tchétchénie ou en Syrie — l’Ukraine risquerait effectivement d’être saignée à blanc, avec la possibilité de centaines de milliers de victimes en cas d’insurrection prolongée contre l’occupant, car ce sont les générations les moins nombreuses qui seraient les plus touchées. Cela viendrait renforcer le creux dans la pyramide des âges, d’autant qu’un phénomène d’émigration massive vers l’Europe de l’Ouest se produirait, pouvant toucher potentiellement plusieurs millions d’individus en âge de travailler. L’Ukraine se viderait d’une partie de ses habitants, en faisant une nation déclassée démographiquement et rendant compliqué son redémarrage économique une fois le conflit terminé.

— Dans le même temps, si la Russie est le plus grand pays du monde par sa superficie, elle souffre néanmoins d’une relative faiblesse démographique. En quoi est-ce une clef pour comprendre la situation actuelle ?

– La faiblesse démographique de la Russie est à relativiser en ce sens qu’elle reste l’un des dix pays les plus peuplés du monde, avec 146,5 millions d’habitants en 2020, derrière le Bangladesh, mais devant le Mexique et le Japon et très loin devant l’Allemagne (83,2 millions d’habitants en 2021), État le plus peuplé de l’Union européenne. Cependant, étant donné sa superficie (plus de 17 millions de km²), la plus importante au monde, la Russie apparaît sous-peuplée avec une densité de population de seulement 8 habitants par km². Ce sentiment de vide humain est accentué par son évolution démographique, une légère baisse de la population depuis 1989, l’excédent migratoire lié au retour de Russes des anciennes républiques soviétiques, en particulier d’Asie centrale, qui sont devenus une minorité ethnique du jour au lendemain lors de l’effondrement de l’URSS, ne compensant pas totalement le déficit naturel conséquent, même si ce dernier est proportionnellement moindre qu’en Ukraine sur l’ensemble de la période 1989-2021.

– Les velléités expansionnistes de la Russie à l’Ouest peuvent-elles s’expliquer, en partie, par une volonté de faire croître la population plutôt que la superficie de leur État ? Dans quel but ?

– Au-delà des questions d’ordre géopolitique comme l’extension de l’OTAN, Vladimir Poutine accorde un intérêt certain à la démographie. Le nombre d’habitants contribuant potentiellement à la puissance d’un pays, la taille de la population en Russie ne lui paraît pas suffisamment importante par rapport aux autres grandes puissances que sont la Chine (1,4 milliard d’habitants) et les États-Unis (331,4 millions d’habitants en 2020). D’ailleurs, dans un discours, il y a quelques années, il avait évoqué son souhait d’avoir pour objectif d’atteindre les 200 millions d’habitants. Or, étant donné l’héritage de la pyramide des âges russe avec les classes creuses des années 1990 et un niveau de fécondité constamment inférieur au seuil de remplacement des générations depuis 1989, la seule perspective de voir la population croître est d’annexer d’autres territoires habités par des populations russes ou russophones. C’est à l’Ouest, en Biélorussie et en Ukraine, que se trouvent les plus gros contingents de ces populations, soit plusieurs dizaines de millions de personnes, qui, selon lui, ont vocation à réintégrer la Russie, la langue l’emportant sur l’identité ethnique et/ou culturelle. Pour le maître du Kremlin, un Ukrainien ou un Biélorusse russophone est un Russe, même si les intéressés ne se définissent pas forcément comme tels. Sa volonté expansionniste est donc aussi portée par la démographie.

Chaque pays européen pris individuellement étant en incapacité de faire face à la puissance militaire russe, il est évident que l’union est la seule solution pour permettre de contrer l’expansionnisme de Moscou vers l’ouest Laurent Chalard Faut-il en conclure qu’une Europe forte et unie est la meilleure arme face à la Russie ?

Chaque pays européen pris individuellement étant en incapacité de faire face à la puissance militaire russe, il est évident que l’union est la seule solution pour permettre de contrer l’expansionnisme de Moscou vers l’ouest. Or, jusqu’ici, c’est loin d’être le cas, car les États membres de l’Union européenne ont des intérêts divergents, conduisant à des attitudes différenciées vis-à-vis du Kremlin. Certains pays, comme l’Allemagne, très dépendants des approvisionnements énergétiques russes, mais aussi attirés par les perspectives de débouchés commerciaux d’un bassin de consommation de près de 150 millions de personnes, ont des rapports presque amicaux avec ce pays. A contrario, d’autres ont des rapports tendus, ou tout du moins plus distanciés avec la Russie pour des raisons historiques. Ils la perçoivent comme une puissance coloniale. C’est le cas de la Pologne et la plupart des voisins anciennement communistes de la Russie.

Cependant, l’expérience des crises précédentes que l’Union a traversées, comme l’arrivée des migrants syriens en 2015, augure mal de la solidité d’un front européen uni à long terme, la Russie, une fois passée l’émotion suscitée par son invasion, étant en capacité, si elle ne sort pas trop affaiblie sur le plan économique et militaire du conflit ukrainien, de semer la zizanie entre Européens.

Voir aussi

Les conséquences de la répression des autonomistes au Donbass, reportage français :

jeudi 24 février 2022

Histoire — Le premier journal de l'Ukraine actuelle a été publié en français en 1776

En 1776, paraît la Gazette de Léopol, un périodique en langue française, premier journal d’Ukraine. C’est le plus ancien journal publié sur le territoire de l’actuelle Ukraine. Léopol (la ville du lion) est l’ancien nom français de Lviv (Львів). La ville porte le nom de Lvov en russe (Львов), Lemberg en allemand et Leopolis en latin. Elle est le centre historique de la Galicie et la plus grande ville de la partie occidentale de l’Ukraine.

La Gazette de Léopol a été créée par un certain « Chevalier Ossoudi » et publiée par l’imprimeur Anton Piller.

La Gazette de Leopol informait ses lecteurs issus de l’élite locale sur l’actualité politique des pays européens. Les faits divers étaient rares. Le nombre de reportages dans chaque numéro du journal pouvait varier de deux à dix, selon le volume de nouvelles. Les articles couvraient l’ensemble du monde européen. Les sources les plus probables des articles sont des reprises de journaux français de l’époque ou des traductions de journaux allemands.

Seule la première année du journal a été conservée, ce qui suggère qu’il n’a pas paru plus d’un an. Une collection est conservée au département des livres manuscrits, anciens et rares de la Bibliothèque scientifique de l’Université nationale Ivan-Franko de Léopol. Une autre est conservée à la Bibliothèque de l’université de Varsovie.

Le bibliographe et historien Symon Narijnyi a noté que ce journal ressemblait à ses prédécesseurs la Gazette de Varsovie (1758) et la Gazette de Vienne (1759).

Le journal était publié avec un format de 18 cm sur 23 cm et comptait quatre pages, avec de temps en temps un supplément de 24 pages, in-4°.

Le titre du journal représentait les armoiries de l’Autriche (aigle à deux têtes) portant des fleurs des deux côtés et tenant dans ses serres la devise du journal : Sub Umbra alarum tuarum (À l’ombre de tes ailes, extrait du verset 8 du Psaume 17).

Le premier journal de la ville d’Odessa (Ukraine) fut également publié en français.

C’est en 1792 que la Russie complète la conquête de la côte septentrionale de la mer Noire, longtemps possession ottomane. L’impératrice Catherine entend arrimer ces terres, rebaptisées « Nouvelle-Russie », à ses États. Elles sont alors presque vides, mais les lettrés savent qu’elles avaient été, dans l’Antiquité, le grenier à blé de la Grèce. Catherine II y crée des villes, des ports, cherche à fixer des colons.

En 1782, Catherine ordonna de construire une réplique symbolique de la cathédrale Sainte-Sophie de Tsarskoïe Selo.  

Odessa fut officiellement fondée en 1794 comme forteresse russe sur les territoires annexés à l’Empire ottoman à la suite du traité d’Iași (Iassy) en 1792. La ville aurait été baptisée d’après le nom d’Ulysse (ou du nom d’une ancienne colonie grecque sur le Pont-Euxin), en grec Odysseos, féminisé en « Odessa ». En effet, les villes de Nouvelle Russie à cette époque portaient fréquemment des noms grecs selon la volonté de l’impératrice : Sébastopol en Crimée (la vénérable cité), Kherson (péninsule), Marioupol (ville de Marie), Melitopol (ville du miel), etc. Ce « projet grec » (Греческий проект) s’étendit également à l’architecture.

De 1803 à 1814, Armand du Plessis, duc de Richelieu, fut gouverneur d’Odessa et de Nouvelle Russie. Ayant fui la Révolution française, il servit dans l’armée russe contre les Ottomans. On lui attribue le tracé de la ville et l’organisation de ses aménagements et de ses infrastructures.

Statue du duc de Richelieu à Odessa

L’empereur Alexandre Ier nomma Alexandre Louis Andrault de Langeron gouverneur militaire, en remplacement de Richelieu, de la province de la Nouvelle Russie. Sous son commandement, les exportations de cette province atteignirent la somme de 14 millions de roubles par an (avec un maximum atteint en 1817). Ceci s’explique par le fait que Langeron avait déclaré le port d’Odessa port franc, aucune taxe n’était donc perçue pour les marchandises arrivant par la ville. Il crée à Odessa le Lycée Richelieu, établissement d’élite permettant la formation des nouveaux émigrants venant de Grèce et des fils des riches marchands de la ville. Il supervise également la construction du Jardin botanique de la ville et du boulevard Primorsky (boulevard maritime). Odessa nomma une rue et une plage en son honneur et il est considéré comme un de ses fondateurs.

Le père Goriot de Balzac (publié en 1834), ruiné par ses filles, prunelles de ses yeux, espère se refaire à Odessa : « J’irai à Odessa pour y acheter du grain. Les blés valent là trois fois moins que les nôtres ne coûtent. »

À Odessa, Langeron fonda Le Messager de la Russie méridionale, journal en français lu par l’élite de l’époque. Le Messager de la Russie méridionale ou Feuille commerciale commença à paraître le 1er avril 1820. Chaque numéro (le journal paraissait deux fois la semaine: le mardi et le vendredi) comporte deux parties : Nouvelles de l’intérieur (Russie) et Nouvelles de l’extérieur (Autriche, Angleterre, France, Espagne, etc.) Il était publié par les soins de l’éditeur Davallon, ancien agronome. La première imprimerie avait été fondée par un certain Rosset et rachetée à sa mort, en 1814, par la municipalité.

Sous Langeron, la population d’Odessa continue de croître, notamment grâce à l’immigration française, représentée par des éducateurs, des médecins, des artisans, des domestiques et des viticulteurs français ou suisses. En fait, la Nouvelle-Russie, comme toute l’Europe, regorge de Français : effet du trop-plein démographique d’un pays qui, avec ses quelque 30 millions d’habitants, surclasse tous ses voisins, mais aussi des émigrations politiques. Armand-Emmanuel de Saint-Priest, fils d’un ambassadeur à Constantinople, préside le tribunal ; le Marseillais Charles Sicard dirige la quarantaine maritime puis fonde des messageries ; Jacques de la Fère, ancien président du parlement de Rouen, gère les domaines agricoles de la Couronne ; Léon de Rochechouart dirige l’administration. Sans parler des petites gens, comme ce Peltier, soldat de la Grande Armée qui survit à la débâcle de 1812, épouse une Ukrainienne, mais conserve la nationalité française, et dont le petit-fils François-Louis devient un médecin de renom…