samedi 18 février 2017

Baisse inquiétante du QI en Occident, selon plusieurs études



Url de la vidéo, si elle ne s’affiche pas ci-dessus.

C’est un phénomène inquiétant. Depuis un siècle, le quotient intellectuel des sociétés occidentales avait tendance à toujours s’élever dans nos sociétés au fil des générations. Mais voici que plusieurs études récemment réalisées montrent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains mettent en cause les pollutions chimiques, d’autres, notre monde hyper connecté. D’aucuns accusent l’éducation ou même l’afflux de populations peu formées du Tiers-Monde. Mais ces problèmes sont présents aussi en Asie et n’empêchent pas là-bas le QI moyen de progresser.

Le reportage de la télévision publique belge ci-dessus commence à la Faculté de psychologie de l’Université libre de Bruxelles. Laurence y réalise ce qu’on appelle un test de QI. Ces tests évaluent notre logique, notre raisonnement, notre rapidité d’action. En gros, nos facultés intellectuelles. Elles ne tiennent pas compte de notre socialisation ou encore de notre intelligence émotionnelle.

« Cerveaux Google »

Depuis la fin de la guerre jusque récemment, les tests de QI montraient que notre cerveau évoluait plutôt bien. Mais au tournant des années 2000, plusieurs études attestent un recul généralisé du QI moyen en Occident. Certains incriminent notre monde hyper connecté. Pour Axel Cleeremans, responsable du centre de recherche cognitive à l’ULB, ces technologies que sont internet et les iPhone ont pris une telle place dans notre environnement que notre mémoire s’externalise.

Les journalistes ont fait un test sur un campus universitaire. Tous les étudiants interrogés étaient bien en peine de leur citer un seul numéro de cellulaires de leurs proches. Tout est dans leur téléphone intelligent. Lorsque les journalistes leur demandent à quoi correspond la date de 1515, ils s’empressent de faire une recherche sur Google pour nous répondre enfin : « Bataille de Marignan ».

Sommes-nous devenus paresseux ? Pour Emmanuel De Becker, chef du service pédiatrie infantojuvénile à l’hôpital universitaire Saint-Luc, nous sollicitons simplement d’autres zones de notre cerveau. Le fait d’être devant un écran stimule certaines zones cérébrales et pas d’autres.

En fait, la « génération Google » a tellement intégré les nouvelles technologies que son cerveau s’est transformé. Son hippocampe, la zone de la mémoire s’est atrophiée alors que les lobes préfrontaux — les zones de la synthèse se sont développées.

Pour Emmanuel De Becker, les tests de QI devraient prendre en compte désormais ces transformations de notre environnement et mieux intégrer les nouvelles technologies. Mais comment expliquer, dans ce cas, les performances étonnantes réalisées en Asie alors qu’eux aussi sont hyperconnectés ? À Hong Kong et Singapour, le QI moyen est de 108, la Corée du Sud 106. Le premier pays européen à se hisser à la 5e place, c’est l’Italie avec 102.

Pour Laurent Alexandre, prospectiviste également à la tête d’une entreprise de haute technologie : « Les petits Singapouriens nous dépassent dans tous les domaines. Ce n’est pas qu’ils nous dépassent, ils nous écrasent. Probablement avons-nous renoncé à notre leadership technologique, éducatif et scientifique tel que nous l’avions il y a encore 50 ans. À l’inverse, en Asie, des sommes considérables sont investies dans l’enseignement [traditionnels et conservateurs, ajoutons-le]. »

Améliorer notre enseignement, c’est ce que prône ce spécialiste convaincu que c’est la manière d’intégrer le monde de demain. Un monde où nos jeunes devront rivaliser avec l’intelligence artificielle.

mardi 14 février 2017

Italie — Les étudiants ne connaissent plus leur langue maternelle

L'Académie de la Crusca, à Florence
Plus de 600 professeurs d’université lancent un SOS au gouvernement en réclamant des mesures urgentes pour lutter contre les carences linguistiques des étudiants, qui ne cessent de s’aggraver.

Tous unis contre le déclin de la langue de Dante. Outre des recteurs et professeurs des universités de toutes les régions du pays, des membres de l’Académie de la Crusca, institution fondée en 1582 à Florence pour la défense de la langue italienne, figurent parmi les 615 signataires d’une lettre ouverte adressée la semaine passée au gouvernement et au parlement.

On doit cette initiative au « Groupe de Florence », une association d’enseignants et d’intellectuels créée en 2005, dont l’objectif est de remettre au centre de la vie familiale, scolaire et universitaire les principes du mérite et du respect des règles.

« Si un Italien ne sait pas parler ou écrire correctement sa langue maternelle, il perd son identité », se désole Giuseppe Scaraffia, professeur de littérature à l’université La Sapienza de Rome. Le problème n’est pas récent. Mais il ne cesse de s’accentuer. De fait, selon l’Institut national de statistiques (Istat), 58 % des Italiens n’ont pas lu un seul livre en 2016, alors qu’ils étaient 46 % en 2000.


Un vocabulaire qui s’appauvrit

D’un ton ironique, le professeur Scaraffia cite en exemple le récit récent d’un de ses collègues, qui a dû expliquer à une étudiante de 22 ans la signification du mot « penultimo » (avant-dernier). « Cela illustre bien les carences de nos jeunes, ils ont un vocabulaire très pauvre car ils lisent peu ou pas du tout, déplore-t-il. Ils écrivent comme s’ils rédigeaient des SMS. Avec des fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe… Un vrai désastre ! »

Emma Nardi, enseignante en pédagogie à l’université Roma Tre, lui fait écho. « Depuis 2010, explique-t-elle, j’ai pris l’initiative de créer un projet de réapprentissage de la langue italienne pour mes étudiants. Ils sont incapables de bien rédiger un courriel ! »

Un besoin d’une plus grande exigence

Si l’on en croit le texte de l’appel, de très nombreux étudiants, en particulier ceux des régions défavorisées du sud du pays, ont une connaissance de la langue italienne équivalente à celle d’un élève en fin de cycle primaire. Mais cela ne les empêche pas d’obtenir un diplôme universitaire.

La lettre insiste également sur l’absence de prise de conscience de ce déclin de la langue italienne par les gouvernements qui se sont succédé depuis les années 1990 : « Des mesures ont été prises pour la formation continue des enseignants mais aucune réforme n’a affronté ce problème dans toute sa gravité. L’Italie a besoin d’une école plus exigeante et plus efficace. Sans quoi, ni l’engagement de tant d’enseignants compétents, ni l’introduction de nouvelles méthodologies ne suffiront. »

Agir au niveau du début du secondaire

Des contrôles réguliers des compétences de base, durant les cycles du primaire et du début du secondaire, à travers des dictées, des résumés et des tests de compréhension, font partie des propositions que font les professeurs alarmés. Giuseppe Scaraffia estime qu’il faudrait aussi introduire un examen d’italien lors de l’inscription universitaire. « Parmi mes 250 élèves, les meilleurs en italien sont des Chinois, c’est un comble ! » s’exclame-t-il.

La nouvelle ministre de l’instruction, Valeria Fedeli, promet de rencontrer des signataires de l’appel dans les plus brefs délais. Dans sa réponse, elle précise que « les écoles primaires fonctionnent bien en Italie ». Mais reconnaît la nécessité d’« agir au niveau des collèges, en augmentant les activités de lecture et d’écriture et en renforçant la capacité de synthèse ». La ministre a aussi annoncé un projet de collaboration avec la Fédération nationale de la presse pour la distribution de quotidiens dans les établissements scolaires.

Source


lundi 13 février 2017

La liberté d'expression à l'UQAM

Selon certains, la liberté d'expression serait en danger dans les universités... Marie-Ève Tremblay a mené une expérience à l'UQAM et les résultats sont assez particuliers.

La liberté d'expression en danger dans les universités? | Cord...

Selon certains, la liberté d'expression serait en danger dans les universités... Marie-Eve Tremblay a mené une expérience à l'UQAM et les résultats sont assez particuliers.

Publié par ICI Grand Montréal sur 13 février 2017

(Hyperlien de la vidéo si elle n'apparaît pas ci-dessus)

Ou comment moins de 50 militants peuvent avoir un impact sur plus de 42.000 étudiants.

Nous avons beaucoup aimé la correction révélatrice d'une des militantes condamnant d'abord les propos « hétérosexistes » (terme militant LGBTQ2S désignant ceux qui considèrent que l'hétérosexualité est plus normale que l'homosexualité) pour ensuite utiliser le terme plus stigmatisant d'« homophobes ».

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dimanche 12 février 2017

« Repli identitaire » ou « ouverture sur le monde » ? Fausse alternative...


Extraits d'une chronique de Mathieu Bock-Côté :

Mais comme d’habitude, ces termes qui circulent dans les médias et qui relèvent du petit bêtisier propre à la rectitude politique ne sont pas vraiment définis. Qu’est-ce que le «repli identitaire»? On serait bien en peine d’en avoir une définition minimalement rigoureuse. D’autant que le repli identitaire est toujours couplé à un autre concept, celui de l’ouverture à l’autre, qu’on ne prend pas davantage la peine de définir, mais qui est connoté positivement – on parle aussi de l’ouverture au monde, mais là-aussi, la définition est plus souvent qu’autrement manquante. Ceux qui s’en réclament se croient moralement auréolés. Ils sermonnent leurs contemporains qui seraient encore dans les ténèbres à la lumière de la révélation diversitaire. Ils représentent le camp du bien. Même si cette alternative domine le système médiatique, elle n’a aucun sens. Elle a une seule fonction en fait: présenter le multiculturalisme comme la traduction politique et éthique de la part la plus généreuse de l’esprit humain. Ceux qui s’y rallient représenteraient la meilleure part de l’humanité. Il s’agirait de meilleurs humains. C’est d’ailleurs un des avantages stratégiques d’un certain progressisme qui domine aujourd’hui les sciences sociales et la philosophie telles qu’on les pratique en milieu universitaire: le simple fait de s’en réclamer donne à ceux qui y adhèrent un sentiment de supériorité morale.

Il faut pourtant se déprendre de cette alternative intellectuellement débilitante entre le repli identitaire et l’ouverture au monde pour penser sérieusement la question identitaire, qui nous connecte aux fondements de la communauté politique et nous permette de penser à partir de quelle réalité un peuple s’institue et se constitue. Disons-le autrement: nos sociétés ne sont pas travaillées d’un côté par les forces des ténèbres et d’un autre par celles de la lumière. [...]

On ne saurait enfermer la nature humaine dans un simple système idéologique qui la recouperait parfaitement: l’homme a à la fois besoin d’enracinement et de cosmopolitisme, il a autant besoin de frontières pour le protéger que de la possibilité de les franchir pour ne pas se laisser avaler par la communauté à laquelle il appartient. On pourrait aussi dire qu’il a besoin de liberté et d’égalité. Il y a dans le cœur humain des aspirations contradictoires, mais également nécessaires, et la vocation du politique ne consiste pas à éradiquer un des deux pôles en question mais à trouver une synthèse pratique, qui n’est jamais définitive, et qui s’accorde à la conjoncture globale d’une époque, entre ces aspirations, en sachant et en reconnaissant que jamais le conflit entre ces philosophies ne s’éteindra. La vocation du politique, autrement dit, ne consiste pas à écraser la complexité humaine dans une idéologie mais à faire droit aux nombreuses facettes de l’humanité qui se projettent dans la cité et qui, inévitablement, s’entrechoqueront lorsqu’elles se rencontreront. En fait, une communauté politique qui se montrerait étrangère et même hostile à la pluralité irréductible des valeurs et des philosophies s’exprimant dans la cité se condamnera à une extrême pauvreté existentielle ou à la tyrannie.

Il n’y aura pas, au terme de l’histoire humaine, la découverte d’une société idéale (d’ailleurs, il n’y aura pas de terme à l’histoire humaine). Il faut se délivrer du fantasme utopiste qui laisse croire à une réconciliation totale, un jour prochain, du genre humain, qui grâce à une doctrine politique idéale, pourrait enfin se délivrer des querelles de la cité, l’humanité pouvant enfin s’adonner aux bonheurs privés pendant que des technocrates de bonne volonté administreraient la chose commune. Le conflit est au cœur de la condition humaine, de la nature humaine, et la vocation du politique consiste justement à régulariser et civiliser ce conflit, sans pour autant l’étouffer, car il est aussi créateur de sens. Le politique consiste à transcender cette conflictualité irréductible, qui toujours peut dégénérer en une lutte à finir entre factions chacune persuadées d’avoir le monopole du bien et du vrai. C’est pourquoi les passions doivent être cultivées sans pour autant se déchainer. On ajoutera que la civilisation libérale a aussi pour vocation de traduire ce conflit de philosophies en échange argumenté. Mais la délibération politique n’est pas une délibération universitaire transposée dans la cité : ceux qui s’y adonnent veulent non seulement convaincre mais vaincre.
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Multiculturalisme, « hybridation », « métissage culturel », une nouvelle illusion théorique dans les sciences sociales


vendredi 10 février 2017

Église catholique et l'immigration — le grand malaise

Laurent Dandrieu est le rédacteur en chef des pages « Culture » de Valeurs actuelles pour lequel il suit également l’actualité religieuse. Il vient de publier un ouvrage qui suscite la polémique et le débat.

Laurent Dandrieu dénonce le grand malaise de nombreux catholiques qui n’arrivent plus à suivre l’Église sur des questions aussi complexes que l’immigration, l’Islam et l’identité. Pendant que l’Europe, qui n’a déjà pas réussi à intégrer les précédentes générations d’immigrés, est soumise à un afflux de migrants sans précédent. L’Église catholique, plus que jamais, martèle l’unique impératif de l’accueil, donnant l’impression de se faire complice de ce que le pape a lui-même qualifié « d’invasion ».

Pour l’auteur, cette incompréhension n’est pas une fatalité. On peut réconcilier les impératifs de la charité authentique et la défense de la civilisation européenne.



Extrait du livre (pp. 90-93)

Quelques lignes plus loin [La Croix le 16/V/2016], interrogé sur le fait que le rejet des migrants par une partie de l’opinion se nourrit d’une crainte de l’islam, François se livrait à un bel exercice de déni : « Je ne crois qu’il y ait aujourd’hui une peur de l’islam, en tant que tel, mais de Daech et de sa guerre de conquête, tirée en partie de l’islam. »

Pour récuser l’idée que cette conception violente de l’islam pourrait très largement déborder le cas particulier de Daech, le pape se livre ensuite à une parallèle pour le moins douteux entre celui-ci et le christianisme : « L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter, avec la même idée de conquête, la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. »

Étrange parallèle entre un Dieu qui commande à ses disciples : « Allez, donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. » (Matthieu 28, 19-20) et un Dieu qui dit, selon le Coran : « Et tuez-les où que vous les rencontriez ; et chassez-les d’où qu’ils vous ont chassés : l’association1 [ou la sédition, selon les traductions] est plus grave que le meurtre » (sourate 2, [« La Vache », versets] 190-193) ; un Dieu qui veut « exterminer les incrédules jusqu’au dernier » (sourate 8, [« Le Butin », verset 7]), et dont le Prophète déclare « J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône2. » Dans son livre Penser l’islam3, Michel Onfray a pu remplir trois pages de ces commandements violents ou intolérants, en se contentant de les citer.

Parallèle objectivement scandaleux, et insultant pour la religion que le pape a pour mission d’incarner, entre une religion, l’islam qui s’est objectivement propagée par les armes, et un christianisme qui s’est répandu à vive allure à travers le monde par le seul témoignage, poussé jusqu’au sacrifice de leur vie, des disciples de Jésus. Entre une religion musulmane dont la conception du martyre est de gagner le paradis en répandant le sang des autres et une religion chrétienne où il consiste à témoigner de la miséricorde de Dieu en acceptant de donner sa propre vie pour l’amour des autres...


Notes

1 — Le texte vise les associationnistes, c’est-à-dire ceux qui associent Dieu à d’autres divinités, dont font partie les chrétiens en vertu de leur foi trinitaire.

2 — Cité dans Rémi Brague dans « Les religions et la violence : ne pas renvoyer dos à dos islam et christianisme », Le Figaro, 24 mai 2016. Sur la question de l’islam et de la violence, voir Anne-Marie Delcambre, L’Islam des interdits, Desclée de Brouwer, 2003.

3 — Michel Onfray, Penser l’islam, Grasset, 2016, pp. 80-82.




Voir aussi

L’entretien de Laurent Dandrieu avec le site Le Rouge et le Noir.

L’Église catholique — pour qui sonne le glas ? (M-à-j)

Manuel d’histoire (1) — chrétiens intolérants, Saint-Louis précurseur des nazis, pas de critique de l’islam tolérant pour sa part

Manuel d’histoire — Chrétiens tuent les hérétiques, musulmans apportent culture raffinée, pacifique et prospère en Espagne

L’idée banale selon laquelle il suffirait d’oublier ce qui sépare ne mène à rien…

« Un Dieu, trois religions »

Islam et christianisme : les impasses du dialogue interreligieux

Les jeunes apprennent vite grâce au cours d'ECR : toutes les religions sont bonnes

Rémi Brague : Y a-t-il un islam des Lumières ?

« L’arrivée de Muhammad [Mahomet], au VIIe siècle, améliore la situation de la femme », mais « Les femmes [dans le catholicisme] ont une place importante, mais ne peuvent devenir prêtres. » in Le rôle des femmes dans les religions selon le livre ECR d’ERPI pour la 2e secondaire

jeudi 9 février 2017

Démographie : même taux de natalité au Canada qu'au Québec, sans « politique familiale »

Une proportion croissante des Canadiennes choisissent de n’avoir qu’un seul enfant, ou même aucun.

Cette tendance se reflète dans l’indice de fécondité du Canada, que les données du recensement de 2016 dévoilées mercredi ont établi à 1,6 enfant/femme, légèrement au-dessus de l’indice de 1,59 publié par Statistique Canada il y a trois ans. C’est le même taux de fécondité (1,6 enfant/femme) que celui-ci du Québec en 2015. En 2013, le taux de fécondité au Québec était encore de 1,65 enfant/femme. Notons également que le Québec a mis en place une ambitieuse « politique familiale » très coûteuse qui ne semble avoir eu à peu près aucun effet à long terme sur la natalité depuis sa mise en place en 1997 avec sa mesure phare : des garderies fortement subventionnées.

Le Nunavut présente la fécondité la plus élevée du Canada. Les femmes y donnent naissance à 2,9 enfants par femme en moyenne, lui permettant d’afficher le taux de croissance démographique le plus élevé au pays, à 12,7 pour cent.

L’indice de fécondité réfère au nombre d’enfants qu’aurait hypothétiquement une femme au cours de sa vie reproductive, calculé pour les femmes de 15 à 49 ans.

Au Canada, cet indice chute de façon constante depuis les dernières décennies : l’année 1971 fut ainsi la dernière où le nombre moyen d’enfants atteignait 2,1, soit le seuil nécessaire pour permettre à la population de se renouveler sans l’aide de l’immigration.



La directrice générale de l’Institut Vanier de la famille, Nora Spinks, rappelle toutefois qu’il s’agit d’une moyenne et qu’il existe toujours des familles qui ont cinq ou six enfants, mais aussi de plus en plus de familles qui n’en ont pas.

« L’une des principales raisons expliquant pourquoi les gens ont moins d’enfants est une combinaison de circonstances et de biologie », a-t-elle expliqué. Plus de femmes choisissent de fonder une famille plus tard, comparativement aux générations précédentes. Dans les années 1960, par exemple, l’âge moyen pour avoir un premier enfant était d’environ 22 ans.

De nos jours, les femmes attendent souvent la trentaine avant d’avoir un premier enfant.

« Plus on retarde l’arrivée du premier enfant, moins on a de temps pour en faire plus, souligne Mme Spinks. Il arrive un moment où on ne peut plus concevoir ou concevoir aussi facilement que lorsqu’on était plus jeune. »

Le coût associé aux enfants — de la garderie à l’éducation postsecondaire, en passant par les activités parascolaires — est un autre élément qui peut venir dicter la taille de la famille, affirme la sociologue et démographe Susan McDaniel, de l’Université de Lethbridge.

C’est exact, mais c’est aussi une question de priorité des parents et des gouvernements. Pour ce qui est des gouvernements, il peut décider d’aider tous les parents ou uniquement ceux qui confient leurs (rares) enfants à des tiers comme le Québec dont la politique familiale se résume principalement à aider les femmes à retourner au bureau et non à alléger la charge fiscale de toutes les familles.


« Les deux tiers de la croissance de la population sont dus à l’immigration, et on sait que les immigrants vont plus s’établir dans les grands centres », fait remarquer Johanne Denis. L’immigration « contribue beaucoup » à l’urbanisation grandissante du Canada, signale-t-elle.

On est cependant bien loin, à Montréal, d’avoir constaté une explosion démographique aussi fulgurante que dans les deux principales villes albertaines, qui dominent leurs rivales de partout au pays : la région de la ville de Calgary a enregistré une croissance de 14,6 pour cent, et celle de la capitale, Edmonton, de 13,9 pour cent.

À l’inverse, la région de la ville néo-brunswickoise de Saint-Jean s’est vidée de ses habitants. Entre 2011 et 2016, la population y a diminué de 2,2 pour cent, alors qu’elle avait pourtant enregistré un bond de 4,4 pour cent au cycle de recensement précédent, entre 2006 et 2011.

L’agence fédérale dévoilait mercredi matin les premières données brutes tirées du recensement réalisé en 2016, année qui marquait le retour du formulaire long obligatoire qui avait été aboli sous le précédent gouvernement conservateur.

Au cours des prochains mois, Statistique Canada révélera une série d’autres trouvailles concernant l’âge, la scolarité, l’immigration ou encore la langue, entre autres indicateurs, qui permettront de brosser un portrait de la société canadienne.

Croissance démographique : le Canada champion des pays industrialisés à cause de l’immigration

Même s’il a enregistré un recul de son taux de croissance démographique entre 2011 et 2016 par rapport à celui du précédent recensement, le Canada demeure en tête de liste des pays du G7 à ce chapitre.



Le taux de croissance annuel moyen de 1 pour cent permet au Canada de « devancer » l’ensemble de ses partenaires du groupe des sept. Il est suivi, dans l’ordre, des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la France, de l’Allemagne, puis du Japon, selon Statistique Canada. 

Le Canada était au premier rang de ce palmarès au cours des deux périodes intercensitaires précédentes, soit de 2001 à 2006 et de 2006 à 2011, d’après les données de l’agence fédérale.

Le Canada devance également de pays qui ne font pas partie du G7 comme l’Argentine, la Corée du Sud, la Russie, le Brésil ou la Chine. Pourquoi les gouvernements du Canada pensent-ils que le Canada doit connaître une telle croissance démographique ? En effet, cette croissance rapide change l’équilibre entre les provinces (le Québec perd sans cesse du poids). En outre, l’augmentation rapide de la population a un impact non négligeable sur l’environnement (le Canada étant un grand consommateur d’énergie par tête d’habitant, plus que les pays dont sont originaires ces immigrants). Qu’en pensent les écologistes ? Sont-ils pour cette croissance rapide ?


 


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Démographie — Tout indique une nouvelle chute de la natalité en 2016

Chute importante prévue du français dans les foyers québécois (environ 70 % dans 20 ans)

Québec — Trois nouveau-nés sur dix ont au moins un parent né à l’étranger

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique



mercredi 8 février 2017

« Vivre ensemble » : association musulmane demande plus que le programme ECR

Une coalition de groupes musulmans réclame des gestes concrets en réaction à la tuerie dans une mosquée de Québec.

Ces groupes veulent, entre autres, que les policiers de toutes les municipalités du pays reçoivent des formations sur les crimes haineux et que les ministères de l’Éducation de toutes les provinces ajoutent au curriculum un cours obligatoire sur le racisme systémique.

Haroon [Haroun ?] Bouazzi, de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la Laïcité au Québec (AMAL-Québec), estime que le cours d’éthique et de culture religieuse qui se donne dans les écoles du Québec ne suffit pas.

« Ce cours-là parle de tolérance. Nous, on ne pense pas qu’on est là pour se tolérer. On est ici pour [...] construire un avenir ensemble égalitaire et juste », a exposé M. Bouazzi.

« On pourrait y ajouter explicitement la question du racisme, du sexisme, de l’homophobie, toutes les questions de domination sociale envers des groupes. Aujourd’hui, on parle de vivre ensemble sans expliquer qu’il n’y a pas de vivre ensemble possible sans véritable égalité et justice », a-t-il dit.

Une quarantaine de groupes signent une lettre ouverte qui s’adresse aux trois ordres de gouvernement.

Voir aussi

Éric Zemmour : « C’est toujours au nom des droits individuels qu’avance l’islamisation »



mardi 7 février 2017

Betsy Devos confirmée ministre de l'Éducation de Donald Trump

Elle attise toutes les critiques des syndicats d’enseignants américains et du Parti démocrate.

La milliardaire républicaine Betsy Devos, confirmée mardi à la tête de l’Éducation fédérale lors d’un vote très serré au Sénat, a consacré sa récente carrière à la cause de la privatisation de l’éducation et à la promotion de bourses d’études aux enfants des quartiers pauvres, bourses d'études aussi connues sous le nom de chèques-éducation ou de bons scolaires.

Sa nomination par Donald Trump a suscité tant de rejet de la part du monde syndical qu’il a fallu que le vice-président des États-Unis, Mike Pence, se déplace au Capitole pour voter en personne, comme la Constitution le lui permet en cas d’égalité, ce qui était le cas avec 50 voix pour et 50 voix contre. Deux des 52 républicains se sont joints aux 48 démocrates pour tenter de recaler Mme Devos.

« Le vote d’aujourd’hui aidera chaque enfant à avoir une chance d’obtenir la meilleure éducation possible », a déclaré Mike Pence.

Les partisans de Betsy Devos soutiennent que l’arrivée de cette étrangère au cénacle éducatif représente la meilleure chance de réforme d’un système éducatif déficient, en retard sur d’autres pays développés.

« Les sénateurs [démocrates] protestent pour conserver le statu quo », a écrit Donald Trump sur Twitter. « Betsy DeVos est une réformiste, elle fera une grande ministre de l’Éducation pour nos enfants ! »

Certains opposants à cette nomination semblent avoir perdu tout sens des proportions à l’annonce de cette confirmation. Le critique Richard Lawson de Vanity Fair prévoyait la mort d’enfants à cause de cette nomination dans une série de gazouillis enfiévrés. Il n’hésita pas à envoyer un message où il affirmait : « Les bons scolaires vont mener à plus de suicides. Les politiques de Betsy DeVos tuent des enfants. Ce n’est pas du tout une exagération. » (voir ci-dessous).




Bill Maher, sarcastique, ricana lors de son émission Real Time que « Betsy Devos est la pire personne à se trouver près de livres scolaires depuis Lee Harvey Oswald ». [Lee Harvey Oswald a tiré sur J. F. Kennedy depuis un entrepôt de livres scolaires à Dallas.] La Nouvelle République a exhorté ses lecteurs à « ne pas normaliser Betsy Devos. Ses opinions sont tout simplement trop dangereuses. »

La critique s’est vite répandue outre-Atlantique. Le journaliste Louis Colart du Soir de Bruxelles (sans doute sous perfusion de la presse progressiste américaine) a rapidement déclaré que cette nomination était « le symbole du naufrage annoncé de l’administration Trump ». Rien de moins.



Selon Ricochet, la vicieuse opposition des démocrates et des syndicats s’expliquent par le fait que Devos pourrait fondamentalement changer les choses :
  • Il en va de l’avenir des syndicats d’enseignants qui ont été dépouillés de nombreux avantages au Wisconsin avec le passage de la loi 10, privilèges qu’ils ont failli également perdre en Californie si ce n’était de la décision partagée (4-4) de la Cour suprême dans l’arrêt Friedrichs c. California Teachers Association et. al.
  • Il en va de l’avenir du ministère de l’Éducation fédéral : sera-t-il fortement réduit dans ses prérogatives ou restera-t-il en grande partie intact et pourra-t-il bientôt revenir à son habitude d’envoyer des lettres surnommées « Cher Collègue » aux universités, aux districts scolaires et autres administrations scolaires leur dictant de mettre de côté les droits traditionnels de l’accusé pour imposer une politique sociétale radicale sous la menace de poursuites judiciaires par l’État fédéral.
  • Il s’agit de savoir si, à l’avenir, les États, les municipalités, et surtout les parents pourront librement choisir parmi une vaste gamme de choix pour l’éducation des enfants — écoles à charte, instruction à la maison, écoles publiques ou écoles privées —, ou ce choix sera-t-il sans cesse restreint en raison de nouveaux règlements dictés par bureaucrates fédéraux à Washington redevables aux intérêts des syndicats d’enseignants ?
  • Il en va de ce qui sera enseigné à l’avenir aux enfants — le gouvernement fédéral sait-il mieux que les parents ce que leurs enfants devraient apprendre à l’école [comme au Québec] ? Un programme établi par le gouvernement fédéral touche plus d’étudiants si davantage d’étudiants sont contraints de rester dans les écoles publiques. Les progressistes (et les syndicats) veulent que l’idéologie progressiste soit enseignée à la prochaine génération. Qu’elle soit « offerte à tous » comme dit le ministre de l’Éducation du Québec (comprendre imposée à tous les élèves). Un ministère de l’Éducation dirigée par Mme Devos mettra probablement fin à l’imposition d’un programme scolaire centralisé commun à tous les États (un tronc commun) et rendra aux États fédérés la liberté d’établir leurs programmes scolaires...

Droit — Liberté d'expression et culpabilité collective (m à j, 4e vidéo, menaces)

Texte de l’avocat Guy Bertrand :

LES DONNEURS DE LEÇON de la rectitude politique et médiatique n’ont pas le droit de se servir du drame qui est survenu dans une mosquée de Québec pour gêner notre droit démocratique à la liberté d’opinion ou d’expression sur de sujets comme l’identité, la culture, la langue, l’immigration, le modèle d’intégration des immigrants, le multiculturalisme, la laïcité les accommodements raisonnables, les religions et l’indépendance notamment.

Sans peur aucune, je continuerai ainsi, aujourd’hui comme demain, et avec vous, mon combat pour la survie du Québec français en abordant tous ces thèmes. Je vous invite à faire de même.

(1/3) LE DÉLIRE COLLECTIF EXISTE-T-IL ? Voyez comment nos médias traditionnels, experts, chercheurs de tout acabit et nos politiciens s’y prennent pour trouver les multiples personnes qui, par action, omission ou même par leur silence, seraient en quelque sorte un peu responsables des crimes commis à la mosquée de Sainte-Foy dimanche dernier. On a l’impression d’être en plein délire collectif.



[Note du carnet : apparemment l’arme à autorisation restreinte n’a pas servi, seul le pistolet 9 mm aurait servi. Alexandre Bissonnette aurait été sous traitement pour anxiété et avait un problème d’alcool. Il était apparemment ivre, selon TVA et le Journal de Montréal, lors de son arrestation.]


MESSIEURS TRUDEAU, COUILLARD, CODERRE ET LABEAUME comment et pourquoi en êtes-vous arrivés tous ensemble à instrumentaliser le drame survenu à la mosquée de Sainte-Foy ? Au nom de quel principe gouvernemental et à partir de quelle politique budgétaire avez-vous décidé de réserver l’Aréna Maurice-Richard à Montréal et le Centre des congrès de Québec pour tenir des cérémonies politico-religieuses ? Est-ce que l’État canadien, et l’État québécois de même que les villes de Montréal et de Québec sont neutres, laïques, confessionnels ou multiconfessionnels ?




Quelle est la meilleure façon de MUSELER UN PEUPLE si ce n’est de faire naître chez-lui, relativement à une tragédie comme celle qu'on a connue à la mosquée de Sainte-Foy, un faux sentiment de culpabilité collective et de honte fondés sur le racisme, la xénophobie, l’islamophobie et la haine de l’autre, quand ce n'est pas le nationalisme, l'identité, les accommodements raisonnables, l'immigration et la langue notamment?



Mise à jour : Le premier ministre Couillard a t-il intimidé son peuple à Tout le monde en parle en disant sur un ton menaçant : « Les gens sur les médias sociaux qui envoient des conneries haineuses, vous êtes surveillés. Si vous continuez, vous allez avoir un casier judiciaire et vous l’aurez bien mérité » ?






Note du carnet : On ne trouve dans les « J’aime » d’Alexandre Bissonnette sur Facebook aucune radio de Québec. Mais des personnages de tous horizons : Donald Trump, Jack Layton, le NPD, le militant athée Richard Dawkins, Marine Le Pen, les féministes en mouvement de l’Université Laval, le livre l’Amoralité de l’athéisme, en anglais. Ce « nationaliste québécois » écrivait d’ailleurs presque exclusivement en anglais sur Facebook...

vendredi 3 février 2017

Pays-Bas — Une femme « euthanasiée contre sa volonté »

Aux Pays-Bas, un médecin sera jugé pour avoir réalisé une « euthanasie à l’encontre de la volonté de la patiente ». Bien que cette affaire soit « choquante », le Comité régional d’examen a estimé que « le médecin avait agi de bonne foi ». Il demande à la Cour de ne pas le condamner, mais de clarifier les faits et de « confirmer qu’un médecin agissant de bonne foi ne peut être poursuivi s’il “euthanasie” une personne atteinte de démence ». Le Comité n’exclut pas d’avoir affaire à d’autres cas de ce genre à l’avenir.

La patiente était âgée de plus de 80 ans et souffrait de démence. Placée dans une maison de soins par son mari, elle y montrait des signes de « peur et de colère ». Le médecin a estimé qu’« elle souffrait intolérablement », mais « qu’elle n’était plus en mesure d’exprimer son souhait d’euthanasie ». Il reconnait qu’elle a tout de même répété à plusieurs reprises dans les jours précédant sa « mise à mort » : « Je ne veux pas mourir ». À son insu, il a versé un sédatif dans son café puis commencé les injections létales. La patiente a réagi et « lutté désespérément pour ne pas être tué » ; le médecin a alors « demandé aux parents de la patiente de la tenir pour achever son geste ».

Cette affaire est révélée alors que la loi sur l’euthanasie est en passe d’être de nouveau étendue dans ce pays, pour « autoriser l’euthanasie de toutes les personnes de plus de 75 ans ».

Sources:
Volkskrant. Peter de Graaf (26/1/2017)
The Daily Mail, Giulia Crouch (28/1/2017)