mardi 3 février 2015

Les écoles québécoises manquent d'autonomie



Sur le fond, nous sommes d’accord avec l’article ci-dessous. Mais il est quand même étonnant que cette demande surgisse sur des aspects secondaires (friandises et Halloween à l’école) et non pour ce qui est de l’autonomie en matière de pédagogie, de recrutement ou de programme...

« La décision d’une commission scolaire d’interdire les friandises à l’école, même lors de jours de fête comme l’Halloween, est le «symptôme d’une maladie plus grave» qui illustre à quel point les écoles manquent d’autonomie, selon la Coalition avenir Québec (CAQ).

«C’est une belle illustration d’un système dysfonctionnel. Des parents qui siègent sur le conseil d’établissement d’une école ne peuvent même pas décider de donner des petits cœurs en bonbons à la Saint-Valentin. Ils n’ont même pas cette autonomie-là», lance Jean-François Roberge, député de la CAQ et porte-parole en matière d’éducation.
Samedi, Le Journal de Québec rapportait que la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, à Québec, avait décidé que d’ici deux ans, les élèves n’auront plus le droit de manger des friandises à l’école, et ce, sous aucun prétexte.

Présentement, les enfants peuvent déroger aux règles deux fois par année, lors d’activités spéciales organisées pour Noël ou l’Halloween, par exemple. Mais d’ici deux ans aucune exception à la politique sur les saines habitudes de vie ne sera tolérée.

Selon M. Roberge, cette décision a été prise au «mauvais endroit». C’est l’école, et non la commission scolaire, qui devrait prendre cette décision, affirme-t-il.


Un point de vue partagé en partie par la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), qui croit aussi qu’une telle décision devrait être prise dans chaque école, en consultation avec les parents. «C’est chaque milieu qui doit décider», affirme sa nouvelle présidente, Corinne Payne.

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, semble lui aussi sensible à ces préoccupations puisqu’il a déjà annoncé que le projet de loi qu’il déposera ce printemps renfermera de nouvelles mesures pour donner davantage d’autonomie aux écoles.

Quant à la décision de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, le sujet fera l’objet de discussions lors d’une prochaine rencontre des élus, a indiqué hier le président René Dion. Il est cependant trop tôt pour dire si la décision pourrait être modifiée. »





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lundi 2 février 2015

« Enseignant : un métier extrême »


Mathieu Bock-Côté sur le métier d’enseignant (moderne) :

Sa première année de travail, elle s’est fait mordre. Par une petite créature attachante comme tout, mais qui avait quelques troubles de comportement. On l’a aussi insultée. Souvent. C’est comme ça, apparemment. Je vous parle évidemment d’une enseignante, qui me parlait elle-même récemment de son boulot.

La deuxième année, elle a vite appris. Elle s’est fait respecter par ses élèves. Par quel miracle, lui ai-je demandé ? Parce qu’elle a cessé de croire à la grosse menterie de notre époque, qui veut qu’un enfant ait toujours besoin d’être cajolé, que jamais il ne doive frapper un mur, réfréner ses désirs, rencontrer l’autorité.

Ce qui me sauve, m’a-t-elle dit, c’est mon air de bœuf. Ah bon ? Oui. Souvent, les autres profs n’apprennent pas. Plus on les conteste, et plus ils câlinent les gamins. À force de sourires et de pitreries, peut-être sauront-elles enfin se faire aimer. C’est la pédagogie des Calinours, cette immense sottise.

Les enfants-rois

Erreur. Les petites bêtes féroces, enfants-rois à la maison, jouent souvent un parent contre l’autre, surtout lorsqu’ils sont séparés. On l’oublie, mais un gamin laissé à lui-même peut vite devenir un petit tyran. Les enfants ont besoin qu’on leur dise non. Ils ont besoin de rencontrer un adulte qui ne parle pas en bébé. C’est indispensable à la formation de leur personnalité.

Ce n’est pas que l’enseignante à qui je parlais n’aime pas ses élèves. Dieu que non. Mais elle a compris que ce n’est pas aimer un élève que de se coucher devant lui et de lui servir de tapis. L’école représente le monde adulte. Elle doit y élever l’enfant et non pas se transformer en garderie perpétuelle.

Je lui demandais si elle se sentait soutenue par sa direction. Plus ou moins, m’a-t-elle répondu. Non plus que par les parents, persuadés que leurs enfants sont des créatures absolument merveilleuses, incapables de faire quelque mal que ce soit. La vieille alliance du monde adulte entre la direction, les profs et les parents s’est rompue. L’enseignante en paie le prix.

Je ne livre pas ici un rapport scientifique. Mais d’une enseignante à l’autre, au fil des ans, j’entends les mêmes histoires, et souvent, je perçois un désespoir plus ou moins étouffé. D’ailleurs, une proportion considérable d’enseignantes décroche après cinq ans. L’école les pousse à bout.

Tâche impossible

On demande tout à l’école d’aujourd’hui. De remplacer une famille disloquée, de lutter contre les inégalités et l’intolérance, etc. C’est évidemment une tâche impossible. L’école a une mission simple : transmettre le savoir, les connaissances. Chaque fois qu’on l’encombre d’une mission supplémentaire, elle se dérègle un peu plus.

Je tire de mon échange avec cette enseignante une leçon. Vous souhaitez l’aventure pour salaire dérisoire ? Certes, il y a l’armée. Mais les guerres sont peu nombreuses, vous finirez par prendre du bide en vous encasernant. Allez enseigner. Voilà, aujourd’hui, la profession extrême. C’est là que notre société est en guerre contre la bêtise. Les enseignantes tiennent le fort malgré tout.




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jeudi 29 janvier 2015

Échelle des traitements des instituteurs du Québec


Les salaires des instituteurs (du primaire donc) au Québec se répartissent selon 17 échelons salariaux.


Notez que, même en n’indexant pas le traitement associé à chacun des échelons, le salaire des professeurs (et donc la masse salariale) peut augmenter : il suffit que les professeurs passent à un échelon supérieur.

Source

Échelles salariales : Commissions scolaires (graphique via Antagoniste)

Poésie contemporaine — Tombeau pour une touriste innocente


Tombeau pour une touriste innocente de Philippe Muray.

En musique (texte écourté) :



Dans le style emphatique de Lucchini (texte plus long)




Tombeau pour une touriste innocente

Rien n'est jamais plus beau qu'une touriste blonde
Qu'interviouwent des télés nipponnes ou bavaroises
Juste avant que sa tête dans la jungle ne tombe
Sous la hache d'un pirate aux façons très courtoises

Elle était bête et triste et crédule et confiante
Elle n'avait du monde qu'une vision rassurante
Elle se figurait que dans toutes les régions
Règne le sacro-saint principe de précaution

Point de lieu à la ronde qui ne fût excursion
Rien ici ou là-bas qui ne fût évasion
Pour elle les pays étaient terres de passion
Et de révélation et de consolation

Pour elle les pays étaient terres de loisirs
Pour elles les pays n'étaient que communion
On en avait banni les dernières séditions
Pour elle toutes les terres étaient terres de plaisir

Pour elle les nations étaient lieux d'élection
Pour elle les nations n'étaient que distraction
Pour elle les nations étaient bénédiction
D'un bout du monde à l'autre et sans distinction

Toute petite elle disait avoir été violée
Par son oncle et son père et par un autre encore
Mais elle dut attendre ses trente et un balais
Pour revoir brusquement ce souvenir éclore

Elle avait terminé son second CDD
Mais elle envisageait d'autres solutions
Elle voulait travailler dans l'animation
Pour égayer ainsi nos fêtes de fin d'année

Elle cherchait à présent et pour un prix modique
À faire partout régner la convivialité
Comme disent les conseils en publicité
Elle se qualifiait d'intervenante civique

Elle avait pris contact avec plusieurs agences
Et des professionnels de la chaude ambiance
Elle était depuis peu amie d'un vrai artiste
Musicien citoyen jongleur équilibriste

Grand organisateur de joyeuses sarabandes
Le mercredi midi et aussi le samedi
Pour la satisfaction des boutiques Godassland
Créateur d'escarpins cubistes et nabis

Elle aussi s'entraînait à des tours rigolos
En lançant dans les airs ses propres godillots
Baskets bi-matières à semelles crantées
Les messages passent mieux quand on s'est bien marré

Au ministère social des Instances drolatiques
Elle avait exercé à titre de stagiaire
L'emploi de boîte vocale précaire et temporaire
Elle en avait gardé un souvenir érotique

Elle avait également durant quelques semaines
Remplacé une hôtese de chez Valeurs humaines
Filiale fondamentale de Commerce équitable
Où l'on vend seulement des objets responsables

Elle avait découvert le marketing éthique
La joie de proposer des cadeaux atypiques
Fabriqués dans les règles de l'art humanitaire
Et selon les valeurs les plus égalitaires

Tee-shirts Andrée Putman et gabardines de Storck 
Et pendentifs Garouste et pochettes d'Aristorque 
Soquettes respectueuses amulettes charitables 
Objets de toutes sortes et toujours admirables 

Étoles alternatives et broches-tolérance 
Et bracelets-vertu et tissus-complaisance 
Et blousons-gentillesse et culottes-bienveillance
Consommation-plaisir et supplément de sens

Café labellisé bio-humanisé
Petits poulets de grain ayant accès au pré
Robes du Bangladesh jus d'orange allégé
Connotation manouche complètement décalée

Sans vouloir devenir une vraie théoricienne
Elle savait maintenant qu'on peut acheter plus juste
Et que l'on doit avoir une approche citoyenne
De tout ce qui se vend et surtout se déguste

Et qu'il faut exiger sans cesse et sans ambage
La transparence totale dedans l'étiquetage
Comme dans le tourisme une pointilleuse éthique
Transformant celui-ci en poème idyllique

À ce prix seulement loin des sentiers battus
Du vieux consumérisme passif et vermoulu
Sort-on de l'archaïque rôle de consommateur
Pour s'affirmer enfin vraiment consom’acteur

Elle faisait un peu de gnose le soir venu
Lorsqu'après le travail elle se mettait toute nue
Et qu'ayant commandé des sushis sur le Net
Elle les grignotait assise sur la moquette

Ou bien elle regardait un film sur Canal-Plus
Ou bien elle repensait à ses anciens amants
Ou bien elle s'asseyait droit devant son écran
Et envoyait des mails à des tas d'inconnus

Elle disait je t'embr@sse elle disait je t'enl@ce
Elle faisait grand usage de la touche arobase
Elle s'exprimait alors avec beaucoup d'audace
Elle se trouvait alors aux frontières de l'extase

Dans le métro souvent elle lisait Coelho
Ou bien encore Pennac et puis Christine Angot
Elle les trouvait violents étranges et dérangeants
Brutalement provocants simplement émouvants

Elle aimait que les livres soient de la dynamite
Qu'ils ruinent en se jouant jusqu'au dernier des mythes
Ou bien les reconstruisent avec un certain faste
Elle aimait les auteurs vraiment iconoclastes

Elle voulait trois bébés ou même peut-être quatre
Mais elle cherchait encore l'idéal géniteur
Elle n'avait jusqu'ici connu que des farceurs
Des misogynes extrêmes ou bien d'odieux bellâtres

Des machistes ordinaires ou extraordinaires
Des sexistes-populistes très salement vulgaires
Des cyniques égoïstes des libertins folâtres
Ou bien des arnaqueurs elle la trouvait saumâtre

Elle se voyait déjà mère d'élèves impliquée
Dans tous les collectifs éducatifs possibles
Et harcelant les maîtres les plus irréductibles
Conservateurs pourris salement encroûtés

Qui se cachent derrière leur prétendu savoir
Faute d'appréhender un monde en mutation
Qui sans doute a pour eux l'allure d'un repoussoir
Quand il offre à nos yeux tant de délectations

Comme toutes les radasses et toutes les pétasses
Comme toutes les grognasses et toutes les bécasses
Elle adorait bien sûr Marguerite Durasse
De cette vieille carcasse elle n'était jamais lasse

Elle s'appelait Praline mais détestait son nom
Elle voulait qu'on l'appelle Églantine ou Sabine
Ou bien encore Ondine ou même Victorine
Ou plutôt Proserpine elle trouvait ça mignon

Elle faisait un peu de voile et d'escalade
Elle y mettait l'ardeur qu'on mettait aux croisades
Elle se précipitait sous n'importe quelle cascade
Elle recherchait partout des buts de promenade

Chaque fois qu'elle sortait avec une copine 
Elle se maquillait avec beaucoup de soin 
Soutien-gorge pigeonnant et perruque platine
Encore un coup de blush pour rehausser son teint 

Orange fruité Fard Pastèque de chez Guerlain 
Bottines en élasthane blouson cintré zippé 
Sac pochette matelassé et bracelet clouté 
Ou alors pour l'hiver une une veste en poulain 

Ou un top manches fendues en jersey de viscose 
Jupe taille élastiquée en voile de Lurex 
Tunique vietnamienne décorée de passeroses 
Sans rien dessous bien sûr pas même un cache-sexe

Elle disait qu'il fallait réinventer la vie
Que c'était le devoir d'un siècle commençant
Après toutes les horreurs du siècle finissant
Là-dedans elle s'était déjà bien investie

De temps en temps chez elle rue des Patibulaires 
Elle mobilisait certains colocataires 
Afin d'organiser des séances de colère 
Contre l'immobilisme et les réactionnaires 

Elle exigeait aussi une piste pour rollers
Deux ou trois restaurants à thème fédérateur
L'installation du câble et d'un Mur de l'Amour
Où l'on pourrait écrire je t'aime sans détour

Elle réclamait enfin des gestes exemplaires 
D'abord l'expulsion d'un vieux retardataire 
Puis la dénonciation du voisin buraliste 
Dont les deux filles étaient contractuelles lepénistes 

Le Jour de la Fierté du patrimoine français
Quand on ouvre les portes des antiques palais
Elle se chargeait d'abord de bien vérifier
Qu'il ne manquait nulle part d'accès handicapés

Qu'il ne manquait nulle part d'entrées Spécial Grossesse
Qu'il ne manquait nulle part d'entrées Spécial Tendresse
Qu'on avait bien prévu des zones anti-détresse
Qu'il y avait partout des hôtesses-gentillesse

Faute de se faire percer plus souvent la forêt
Elle avait fait piercer les bouts de ses deux seins
Par un très beau pierceur sans nul doute canadien
Qui des règles d'hygiène avait un grand respect

Avec lui aucun risque d'avoir l'hépatite B
Elle ne voulait pas laisser son corps en friche
Comme font trop souvent tant de gens qui s'en fichent
Elle pensait que nos corps doivent être désherbés

Elle croyait à l'avenir des implants en titane 
Phéromones synthétiques pour de nouveaux organes 
Elle approuvait tous ceux qui aujourd'hui claironnent 
Des lendemains qui greffent et qui liposuccionnent 

Elle avait découvert le théâtre de rues 
Depuis ce moment-là elle ne fumait plus 
Elle pouvait à nouveau courir sans s'essouffler 
Elle n'avait plus honte maintenant de s'exhiber 

Elle attendait tout de même son cancer du poumon 
Dans dix ou quinze années sans se faire trop de mouron 
Elle préparait déjà le procès tâtillon 
Qu'elle intenterait alors aux fabricants de poison

Faute de posséder quelque part un lopin
Elle s'était sur le Web fait son cybergarden
Rempli de fleurs sauvages embaumé de pollen
Elle était cyberconne et elle votait Jospin

Elle avait parcouru l'Inde le Japon la Chine
La Grèce l'Argentine et puis la Palestine
Mais elle refusait de se rendre en Iran
Du moins tant que les femmes y seraient mises au ban

L'agence Operator de l'avenue du Maine
Proposait des circuits vraiment époustouflants 
Elle en avait relevé près d'une quarantaine
Qui lui apparaissaient plus que galvanisants 

On lui avait parlé d'un week-end découverte
Sur l'emplacement même de l'antique Atlantide
On avait évoqué une semaine à Bizerte
Un pique-nique à Beyrouth ou encore en Floride

On l'avait alléchée avec d'autres projets
Une saison en enfer un été meurtrier 
Un voyage en Hollande ou au bout de la nuit
Un séjour de trois heures en pleine Amazonie

Cinq semaines en ballon ou sur un bateau ivre
À jouir de voir partout tant de lumières exquises
Ou encore quinze jours seule sur la banquise
Avec les ours blancs pour apprendre à survivre

Une randonnée pédestre dans l'ancienne Arcadie
Un réveillon surprise en pleine France moisie
Une soirée rap dans le Bélouchistan profond
Le Mexique en traîneau un week-end à Mâcon

Elle est morte un matin sur l'île de Tralâlâ
Des mains d'un islamiste anciennement franciscain
Prétendu insurgé et supposé mutin
Qui la viola deux fois puis la décapita

C'était une touriste qui se voulait rebelle
Lui était terroriste et se rêvait touriste
Et tous les deux étaient des altermondialistes
Leurs différences mêmes n'étaient que virtuelles




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dimanche 25 janvier 2015

États-Unis : Vaste majorité d'Américains (70 %) pour plus de choix scolaire

La firme de sondage Beck Research a effectué un sondage auprès des Américains pour connaître leur opinion sur la liberté scolaire aux États-Unis. Dans son communiqué, la firme affirme que « Le sondage montre clairement un large soutien, parmi les sympathisants des deux grands partis politiques, pour un supplément de choix scolaire. Tout fonctionnaire — ou candidat potentiel aux élections présidentielles — qui ignore ces chiffres le fait à ses risques et périls ».


Cinq principaux résultats de sondage :

• 69 pour cent d’appui pour le concept de choix de l’école, y compris 45 pour cent qui appuient fortement la liberté de choix, alors que 27 pour cent s’y opposent.

• 76 pour cent de soutien des écoles à charte publique, avec seulement 20 pour cent s’y opposer.

• 54 pour cent des personnes interrogées croient que donner aux parents plus latitude dans le choix de leur école permettra d’améliorer le système d’éducation.

• 65 pour cent croient que le choix et la concurrence entre les écoles améliorent l’éducation.

• 62 pour cent croient qu’il faut améliorer de façon importante la manière dont les écoles publiques sont gérées.

Source


Voir aussi

Les Québécois veulent plus de choix scolaires, des bons d’étude et que le cours ECR soit optionnel ou aboli


Les écoles à charte monopolisent les meilleures places aux États-Unis

ECR — « Des cerveaux lavés, lavés »


Chronique de Richard Martineau de ce dimanche :

On dit – avec raison – que les écoles religieuses endoctrinent les enfants en leur enfonçant toutes sortes de sornettes dans la tête.

Mais on parle très peu des séances de lavage de cerveau qui se déroulent quotidiennement dans les écoles non confessionnelles.

Pourtant, cet endoctrinement est tout aussi pernicieux...

La religion, c’est sacré

Je parle du cours d’éthique et culture religieuse qui a remplacé l’enseignement moral dans l’ensemble des écoles de la province en 2008. [Note du carnet : S’il n’y avait que lui ! Il existe de nombreux cours à contenu idéologique comme le programme d'Univers social (histoire, éducation à la citoyenneté) et même des matières comme le français ou l’anglais peuvent servir à passer des contenus idéologiques. Pour ne pas parler des activités organisées par l’école.]

Vous avez parlé à des enfants qui ont suivi ce cours depuis sept ans ?

Ils considèrent toute critique de la religion comme une insulte et toute critique d’une religion autre que le catholicisme comme une insulte raciste.

Ils ont complètement intériorisé le credo multiculturaliste.

Pour eux, la religion, c’est sacré. On ne rigole pas avec ça.

Se moquer d’une religion, c’est comme se moquer de l’apparence physique d’une personne, de sa race, de sa culture, de son orientation sexuelle.

On se demande quelle est la meilleure façon de combattre l’endoctrinement, ces temps-ci. Comment empêcher les jeunes de tomber dans les griffes d’une secte, d’un groupe radical...

Et si on commençait par encourager le sens critique chez les jeunes ? Leur apprendre à remettre les dogmes en question ?

L’intolérance laïque

En 2009, Joëlle Quérin, sociologue et chercheuse associée à l’Institut de recherche sur le Québec, a publié une étude sur le fameux cours d’éthique et de culture religieuse.

« Après avoir suivi le cours d’éthique et de culture religieuse pendant 10 ans, les élèves n’auront pas de grandes connaissances sur les religions, mais une chose est sûre : aucun accommodement ne leur paraîtra déraisonnable ! » affirmait la jeune chercheuse.

« Le programme doit inculquer le respect absolu de toute position religieuse... »

Eh bien, sept ans plus tard, nous y sommes. L’endoctrinement a eu lieu.

On se retrouve maintenant avec une génération d’enfants qui se scandalisent et crient au racisme dès que quelqu’un, quelque part, ose critiquer une religion.

La laïcité, pour eux, est une forme d’intolérance. Et le relativisme (tout s’équivaut, tout se vaut), une religion.

À quand un cours visant à enseigner la libre pensée et l’esprit critique ? [Note du carnet : toutes les formations endoctrinent sans doute un peu les élèves, en leur inculquant des valeurs qui doivent être acceptées. La question est de savoir pourquoi des fonctionnaires devraient décider de ces valeurs pour tous les parents.]

On dit que l’école sert à former de futurs citoyens.

Mais quelle sorte de citoyens voulons-nous, justement ? Des gens qui gobent passivement tout ce qu’on leur présente, qui prennent pour vérité tout ce qu’ils lisent sur internet, qui ne savent pas faire la différence entre une théorie du complot farfelue et la réalité ?

Ou des citoyens capables de discernement, de jugement, de sens critique ?




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mercredi 21 janvier 2015

Québec — Syndicat de l'école publique contre les écoles (semi-)privées


À coups de sorties médiatiques et de messages publicitaires, la très laïciste Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui représente 32 000 enseignants syndiqués, lance une campagne systématique contre les écoles privées qui, selon le syndicat, renvoient chaque année des centaines de ses élèves vers les écoles publiques dont elles ne veulent plus, tout en étant subventionnées, toujours ce syndicat, à 70 %. « Campagne de désinformation », réplique la Fédération des établissements d’enseignement privés.

La FAE relève par exemple qu’en 2012-2013, les écoles privées avaient expulsé 458 élèves de leurs élèves. [Il y a environ 900.000 jeunes élèves au primaire et au secondaire au Québec... (ici p. 137)] « C’est comme si, bon an, mal an, l’équivalent d’une école primaire de la région de Montréal était abandonné par les écoles privées et que ses élèves étaient transférées dans le réseau des écoles publiques sans qu’on leur donne le moindre sou pour les accueillir », a dénoncé le président de la FAE, Sylvain Mallette.

Si cette campagne est une tactique syndicale pour que le gouvernement trouve des fonds pour mieux financer le secteur de l’éducation, la FAE se trompe de cible, répond Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés. Il souligne d’abord que le financement suit l’élève peu de temps après son départ vers l’école publique, quand cela se produit. Au surplus, dit M. St-Jacques, « tout élève qui quitterait l’école privée pour aller à l’école publique coûterait plus cher au gouvernement ». M. St-Jacques fait référence aux droits de scolarité payés par les parents, de même qu’au fait que les écoles privées fournissent et entretiennent elles-mêmes leurs bâtiments. Soit, il arrive que certaines écoles privées expulsent certains élèves peu performants, « ce que nous désapprouvons et ce qui se produit beaucoup moins souvent qu’il y a vingt ans », dit M. St-Jacques. Cela dit, les départs des écoles privées s’expliquent très fréquemment par un déménagement, par des divorces et par des changements dans la situation financière des parents, ajoute-t-il.

Voir aussi

Éducation : les variables non significatives et la variable pertinente

Les règles imposées à l'école privée sont responsables de la sélection pratiquée




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Les étudiants étrangers boudent la Suède, trop chère


Depuis que la Suède a renoncé à proposer gratuitement l’accès à ses universités aux étudiants non européens, leur nombre a chuté de 80 % alors que de nombreux pays envisagent d’augmenter les frais de scolarité pour les étudiants étrangers.

Jusqu’en 2011, la Suède figurait parmi les rares pays à exempter de frais de scolarité tous ses étudiants, sans exception. Elle attirait ainsi des jeunes des quatre coins du globe.

Mais, austérité budgétaire oblige, les universités suédoises ont renoncé à la gratuité. Une politique qui a fait chuter de façon spectaculaire le nombre des étudiants non européens, pour qui les tarifs d’inscription s’élèvent de 11 000 à 25 000 € (15 000 $ à 34 000 $) par an. En 2014, la Suède ne comptait plus que 1 600 étudiants non européens, soit 80 % de moins que les 7 600 qui étudiaient dans le pays en 2011, d’après la Direction de l’enseignement supérieur suédois.

Les étudiants de l’Union européenne ne sont, en général, pas concernés, grâce aux programmes d’échanges Erasmus avec la Suède. Mais, pour les étudiants asiatiques et africains, le pays nordique est devenu un luxe presque inabordable. Leur quasi-disparition explique pour deux tiers la baisse du nombre d’étudiants en Suède depuis 2011.

Les universités suédoises, dont certains cursus ne font plus le plein, et les entreprises, qui estiment que la qualité des demandeurs d’emploi pourrait baisser, s’en inquiètent. Mais les études payantes sont la norme dans le monde, et « les étudiants suédois qui quittent leur pays sont bien placés pour le savoir », a expliqué un professeur d’économie de l’Institut royal de technologie, Eskil Wadensjö.

La Banque HSBC publie chaque année une évaluation sur le coût des études à l’étranger, en faisant la moyenne des frais d’inscription pour un non-résident dans les dix principaux établissements de chaque pays. « Il est inévitable que le coût de l’éducation supérieure grimpe partout, les subventions publiques diminuant », relevait en août 2013 Malik Sarwar, responsable du développement patrimonial chez HSBC, en publiant ses résultats. « Il deviendra difficile de faire face à ce coût, de sorte que les familles qui le souhaitent devront anticiper ce projet », ajoutait-il.

Le pays le plus cher du monde pour les étudiants est l’Australie, avec un coût de 28 700 € (40 800 $) par année d’études (frais universitaires plus coût de la vie), suivie des États-Unis (26 500 €, sans tenir compte des huit universités de l’Ivy League, beaucoup plus chères), et du Royaume-Uni (22 700 €).

En période d’austérité, chaque pays envisage de relever les frais d’inscription. Les règles communautaires interdisent d’augmenter de façon différenciée les droits d’inscription pour les étudiants de l’UE. En revanche, rien n’empêche de faire payer plus cher les Américains, les Australiens ou les Chinois… Les universités du Royaume-Uni fonctionnent sur ce modèle lucratif que les Pays-Bas ont aussi adopté. D’autres pays d’Europe, comme l’Espagne et la France où les frais d’inscription à l’université s’élèvent à 183 € (255 $) par an, y réfléchissent, sans avoir franchi le pas.




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Pays-Bas : fin des bourses d'étude gouvernementales généralisées


Dès la rentrée universitaire 2015, les « bourses universitaires de base », accordées jusqu’ici à tous les étudiants néerlandais, seront remplacées par un système généralisé de « prêt social », remboursable en 35 ans.


« Een studievoorschot », traduisez littéralement « une avance financière pour les études », soit un prêt à taux réduit, étalé sur une très longue période de remboursement. Voilà le nouveau régime auquel seront soumis, dès la prochaine rentrée universitaire, tous les étudiants néerlandais.

DÉMANTÈLEMENT DES BOURSES GRATUITES

Les sénateurs ont approuvé ce mardi le texte adopté mi-novembre par les députés. La deuxième­ chambre du Parlement avait en effet adopté plus tôt, par 97 voix contre 53, la proposition de loi visant à remplacer l’actuel dispositif d’aide au financement des études universitaires par un système généralisé de prêt étudiant.

Cette mesure était inscrite comme prioritaire au programme du gouvernement de coalition libérale-travailliste de Mark Rutte.

Étudiants néerlandais protestant en novembre 2014 contre le nouveau système de prêts.
Son adoption entérine un accord de compromis sur la question, scellé au printemps dernier entre quatre formations politiques – dont les écologistes – pour s’assurer d’une majorité parlementaire.

Le vote des députés n’a donc plus surpris personne aux Pays-Bas, mais chacun mesure pleinement la portée du texte adopté, qui démantèle le système actuel de bourses gratuites.

Stabilité financière et équité sociale

Ce système permettait jusqu’ici aux 670 000 étudiants néerlandais qui fréquentent les 13 universités et les 41 Écoles supérieures professionnelles (hogescholen) du pays de compenser des frais de scolarité académique relativement élevés – 1 900 € pour une inscription en premier cycle cette année – par un dispositif d’aides assez généreux. Mais, il ne s’agit là que d’un coût de base et comme le souligne le journal flamand De Standaard : « il n’est pas rare que des écoles supérieures et des universités aient des frais d’inscription de 15 000 euros » (20.000 $).

Tous les étudiants reçoivent notamment une « bourse de base » forfaitaire d’une durée de quatre ans, éventuellement prorogeable, et ce indépendamment du revenu de leurs parents. Pour cette année universitaire 2014-2015, par exemple, chaque étudiant a droit à 100,25 € (140 $) mensuels s’il vit chez ses parents et 279,14 € (390 $) s’il habite en dehors. Cette « bourse de base » était en réalité un prêt gouvernemental qui se convertissait en une subvention si l’étudiant obtenait son diplôme dans les dix ans.

Mais pour l’actuelle coalition au pouvoir, le système n’est plus ni tenable financièrement, ni juste socialement, car « il force l’ensemble des contribuables à investir pour la formation de jeunes qui, une fois leurs études terminées, bénéficieront de revenus élevés ».

Dégager plus d’un milliard de $

Aux yeux de la ministre de l’Éducation, Jet Bussemaker, « le système des bourses n’est plus de notre temps. Nous préférons investir dans des filières d’excellence qui permettront à nos jeunes de faire la différence. L’accès à un enseignement supérieur de qualité est une telle promesse de bénéfices pour l’avenir professionnel d’un étudiant que nous pensons qu’il peut payer pour cela. »


Le gouvernement table sur des recettes de 800 millions à un milliard d’euros. Il a promis d’investir la totalité des fonds pour perfectionner l’enseignement supérieur.

Exceptions et modalités

Seuls les étudiants dont les parents gagnent moins de 46.000 euros par an (64.000 $) ou refusent de payer continueront de recevoir une aide supplémentaire. Les étudiants dont le revenu des parents est inférieur à 30 000 € (42.000 $) recevront le montant maximum de cette bourse, soit 365 € (510 $) par mois. Le délai maximal de remboursement des prêts étudiants passera de 15 à 35 ans.

Dès le 1er septembre 2015, les « bourses de base » laisseront donc la place à des prêts sociaux, remboursables en trente-cinq ans. La formule retenue prévoit des taux d’intérêt « plafonnés à 4 % », mais calculés au cas par cas « selon les revenus mensuels des futurs diplômés et prélevés uniquement si ces revenus dépassent le salaire minimum » (actuellement 1,501 € bruts par mois, soit 2100 $).

Un diplômé ne devra pas consacrer plus de 4 pour cent de son revenu aux remboursements. Les invalides et les personnes souffrant d’une maladie chronique ne seront également pas tenues de rembourser la totalité de leur emprunt universitaire.

Endettement ou impulsion ?

Les associations étudiantes et les partis d’opposition n’ont pas manqué de dénoncer les failles et les risques du nouveau système : la sélection par l’argent, l’endettement généralisé des étudiants, et enfin des recettes finalement très incertaines et imprévisibles pour l’État. Une pétition contre la réforme a obtenu 28 000 signatures.

Mais le monde universitaire semble satisfait de la formule. Pour Karl Dittrich, porte-parole de l’association des universités néerlandaises (VSNU), « ce nouveau système de prêt social devrait à la fois garantir l’accès de tous à l’enseignement supérieur et donner à ce dernier une impulsion importante ».

Le Bureau central du plan (CPB) estime que la dette moyenne des étudiants néerlandais (aujourd’hui de 15.000 €, 21.000 $) devrait augmenter de 6000 à 9000 € (8.380 à 12.600 $).




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mardi 20 janvier 2015

Facteurs de réussite scolaire selon Hattie


John Hattie a fait des recherches sur plus de 800 méta-analyses qui résument plus que 50000 études individuelles. Il a publié sa synthèse dans un livre paru en 2009 : « Visible Learning ». En tout, 250 millions d’élèves auraient été concernés par ces recherches sur la réussite et l’apprentissage. Voici une partie des 138 facteurs d’influence que Hattie évalue dans son livre. En attendant la traduction française de ses livres, veuillez trouver la liste des 138 facteurs d’influence en anglais (ici) ou en allemand (ici) et un extrait en français ci-dessous.

Ce qui aide et ce qui nuit selon John Hattie (extrait)



Ce qui nuirait à l’apprentissage

• changer d’école/déménager (d=-0,34)
• trop de télévision (d=–0,18)
• le redoublement (d=–0,16)
• de longues vacances d’été (d=–0,09)

Ce qui ne nuirait pas, mais n’aiderait pas non plus

• l’enseignement « ouvert » p/r traditionnel (d=0,01)
• les classes multi-âges (d=0,04)
• instruction à la maison (d=0,16)
• l’enseignement et l’apprentissage basé sur internet (d=0,18)

Ce qui n’aiderait que peu

• de petites classes (d=0,21)
• l’équipement financier (d=0,23)
• école religieuse (d=0,23)
• les devoirs (d=0,29)

Ce qui aiderait davantage

• une offre plus grande pour les enfants doués (d=0,39)
• des mesures d’encouragement pré­scolaire (d=0,45)
• motivation (d=0,48)
• influence des camarades (d=0,53)
• un enseignement dirigé par l’en­seignant (d=0,59)
• lecture syllabique (d=0,6)

Ce qui aiderait vraiment

• rétroaction par l’enseignant (d=0,73)
• apprentissage par problèmes (d=0,61)
• formation continue des enseignants spécifique en la matière (d=0,62)
• les programmes encourageant la lecture (d=0,67)
• relation de confiance entre l’en­seignant et l’élève (d=0,72)
• clarté de l’enseignant (d=0,75)
• comportement de la classe (d=0,8)
• microenseignement (d=0,88)





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