mardi 25 novembre 2014

Najat Belkacem, la ministre de l'Éducation en France, vue du Québec

Najat Belkacem, ministre de l’Éducation en France
Par Mathieu Bock-Côté dans le Figaro Vox :

Il y a quelques jours, au nom de l’expérimentation scolaire, un terme codé qui sert à masquer tout en les avançant les initiatives liées à la pédagogie progressiste, Najat Vallaud-Belkacem (à gauche) envisageait le remplacement des notes chiffrées, dans les bulletins scolaires, par des notes en couleur. Elles risqueraient moins de stigmatiser les enfants réussissant moins bien. Il faudrait passer de l’évaluation-sanction à l’évaluation positive, et les couleurs permettraient ce passage.

« L’establishment pédagogique poursuit la conversion de l’école québécoise à cette philo­so­phie qui présup­pose la décons­truc­tion de la culture classique. »

Les mauvaises idées circulent bien. Trop bien. Et elles traversent aisément l’Atlantique. À la fin des années 1990, certains avaient pensé im­planter l’éva­luation par couleurs au Québec, jusqu’à ce que le Premier ministre de l’époque, Lucien Bouchard, à la tête d’un gouvernement du Parti Québécois, stoppe la mesure, dans laquelle il voyait très justement une autre de ces niaiseries pédagogiques à la mode.

Il n’en demeure pas moins que la philosophie de l’éducation qui inspirait ce virage s’est graduellement implantée, en remplaçant la transmission des connaissances par l’apprentissage des compétences. Les parents ont beau se méfier de cette approche, et les enseignants lui résister le mieux qu’ils peuvent, l’establishment pédagogique poursuit la conversion de l’école québécoise à cette philosophie qui présuppose la déconstruction de la culture classique.

L’école est devenue un champ de bataille où s’affrontent non seulement deux idées de l’éducation mais deux idées de sa place et de son rôle dans la société. C’est la querelle de la culture générale qui l’exemplifie le mieux. Pour le camp conservateur, la culture générale représente les grands repères d’un patrimoine de civilisation à transmettre, à la manière d’un héritage sans lequel l’enfant sera jeté dans le monde

L’école pendant la Grande Noirceur (à gauche) et les s’auto-apprenants dans l’école d’aujourd’hui (à droite) selon un cahier d’activités ECR
Mais elle a été sévèrement critiquée. Selon la vulgate bourdieusienne, on l’accusait d’imposer les références sociales des élites bourgeoises aux catégories populaires. La culture générale masquerait en fait un rapport de colonialisme social. Sans surprise, cette accusation a été reprise par les théoriciens-militants du multiculturalisme. La culture générale imposerait aux enfants de l’immigration les références occidentales, ce qui pousserait à l’exclusion identitaire.

« Tôt ou tard, on en viendra probablement à l’auto-évaluation. À tout le moins, il faudra congédier la pos­sibi­lité même de l’échec. »

D’ailleurs, on demandera à l’école de travailler à déconstruire cette culture générale, en l’assimilant, pour l’essentiel, à un ensemble de stéréotypes xénophobes, sexistes ou homo­phobes. L’école voit donc sa mission renversée : elle ne doit plus transmettre la culture, mais empêcher sa transmission. Il faudrait libérer l’enfant d’une culture adulte toxique, et miser sur son authenticité pour créer une nouvelle culture sans aliénation, délivrée d’une mémoire pesante et pathologique.

On comprend mieux les assises idéologiques de la nouvelle pédagogie. Il ne s’agit pas simplement, comme le disent ceux qui relaient sa propagande, de proposer des techniques plus fines d’évaluation adaptées à la complexité de l’école contemporaine. Il s’agit plutôt de révolutionner la mission de l’école, pour qu’elle serve non plus à la transmission culturelle, mais bien à la fabrication d’une société nouvelle formée dans la matrice de l’égalitarisme radical.

Cancre, ministre et président.
Il n’y a donc plus d’évaluation objective possible, puisqu’il n’y a plus de culture à transmettre. On passe des notes aux couleurs, pour infantiliser ce qui reste de l’évaluation, et couper le plus possible les liens avec le monde adulte, qui ne devrait plus se poser comme une norme à laquelle se plier, extérieure à la subjectivité de l’enfant. Tôt ou tard, on en viendra probablement à l’auto-évaluation. À tout le moins, il faudra congédier la possibilité même de l’échec.

En fait, l’évaluation est révolutionnée : elle doit surtout concerner des compétences, souvent définies de manière idéologique, pour fabriquer une génération compatible avec le vivre-ensemble multiculturel et postmoderne. L’enfant est d’ailleurs appelé, selon les préceptes du socioconstructivisme, à construire son propre savoir, à partir de son propre univers de sens, ce qui contribue à légitimer et à accentuer la tendance individualiste qui défait déjà le lien social.

« Ceux qui ne communient pas dans cet enthousiasme déconstructeur ne devraient plus tolérer la confiscation par les idéologues de la nouvelle pédagogie. Un certain humanisme doit redire son nom, en dénonçant les tares fondamentales de la nouvelle pédagogie, et non seulement ses dérives. »

On ne sera pas surpris, dès lors, de voir l’establishment pédagogique souhaiter et annoncer en même temps la disparition du cours magistral, qui conserverait, par sa forme même, un rapport d’autorité entre le maître et les élèves, alors qu’il faudrait plutôt démocratiser l’école par la formation de communautés d’apprentissage, une utopie que certains s’imaginent rendue possible par la technologisation de la pédagogie.

Il n’est d’ailleurs par inintéressant de noter qu’un congrès mondial de « spécialistes » en pédagogie (le WISE) dénonçait récemment la persistance du cours magistral en France, à la manière d’un résidu empêchant pleinement son ralliement à la nouvelle modernité pédagogique. Même si elle subit la pédagogie progressiste, la France demeure, pour les tenants d’un humanisme véritable, un pôle de résistance traditionnel, dont elle devrait s’enorgueillir plutôt que se désoler.

Chose certaine, ceux qui ne communient pas dans cet enthousiasme déconstructeur ne devraient plus tolérer la confiscation par les idéologues de la nouvelle pédagogie. Un certain humanisme doit redire son nom, en dénonçant les tares fondamentales de la nouvelle pédagogie, et non seulement ses dérives. Encore doit-il cesser de vouloir être moderne à tout prix. Peut-être en redécouvrant les vertus de la tradition et de l’éducation classique ?

Voir aussi

La FAE incite la Ministre à résister aux « experts », pères du « renouveau pédagogique »

Un ouvrage universitaire présente méthodes constructivistes et méthodes explicites d’enseignement

Contre la réforme pédagogique

Le constructivisme radical ou comment bâtir une réforme de l’éducation sur du sable


Accommodements raisonnables : pourquoi les catholiques n’y auraient pas droit ?






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lundi 24 novembre 2014

Instruction en famille — Atelier internet sur le post-secondaire


Vous instruisez vos enfants à la maison et vous vous demandez ce qui se passe après l’école secondaire ? Êtes-vous confus sur les différentes options ? Êtes-vous incapable de participer aux ateliers ? Nous avons la solution !

L’Association d’enfants scolarisés à la maison (AESM) est fière de vous présenter un atelier en ligne sur les options postsecondaires donné par Sylvie Crasci.

Cet atelier internet sera offert en français et est payable via PayPal (des questions en anglais pourront être posées). Cliquez sur le lien pour effectuer le paiement sur le site sécurisé de PayPal. Un courriel de confirmation vous sera envoyé 24 heures après réception du paiement. Si vous n’avez pas reçu de confirmation après ce délai, veuillez faire parvenir un courriel au: inscription@ecolemaisonlanaudiere.org.

Quand ? mercredi, le 26 novembre 2014 de 19 h à 21 h

Où ? Internet (le lien vous sera envoyé avant la présentation).

Coût ? 5 $ par participant payable par PayPal


Si vous connaissez quelqu’un qui pourrait bénéficier de cet atelier, n’hésitez pas à transmettre cette invitation.

info@ecolemaisonlanaudiere.org




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Obligation d'instruction au Québec : rappel des textes de loi


LOI SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE

14. Tout enfant qui est résident du Québec doit fréquenter une école à compter du premier jour du calendrier scolaire de l'année scolaire suivant celle où il a atteint l'âge de 6 ans jusqu'au dernier jour du calendrier scolaire de l'année scolaire au cours de laquelle il atteint l'âge de 16 ans ou au terme de laquelle il obtient un diplôme décerné par le ministre, selon la première éventualité.
1988, c. 84, a. 14; 1990, c. 8, a. 2.

15. Est dispensé de l'obligation de fréquenter une école l'enfant qui:
1° en est exempté par la commission scolaire en raison de maladie ou pour recevoir des soins ou traitements médicaux requis par son état de santé;

2° en est exempté par la commission scolaire, à la demande de ses parents et après consultation du comité consultatif des services aux élèves handicapés et aux élèves en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage établi en application de l'article 185, en raison d'un handicap physique ou mental qui l'empêche de fréquenter l'école;

3° est expulsé de l'école par la commission scolaire en application de l'article 242;

4° reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d'après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école.

Est dispensé de l'obligation de fréquenter l'école publique, l'enfant qui fréquente un établissement régi par la Loi sur l'enseignement privé (chapitre E-9.1) ou un établissement dont le régime d'enseignement est l'objet d'une entente internationale au sens de la Loi sur le ministère des Relations internationales (chapitre M-25.1.1) qui dispensent tout ou partie des services éducatifs visés par la présente loi.

Est également dispensé de l'obligation de fréquenter l'école publique l'enfant qui fréquente un centre de formation professionnelle ou reçoit un enseignement dans une entreprise qui satisfait aux conditions déterminées par le ministre en application du règlement pris en vertu du paragraphe 7° de l'article 111 de la Loi sur l'enseignement privé.

En outre, la commission scolaire peut dispenser un de ses élèves, à la demande des parents de ce dernier, de l'obligation de fréquenter une école pour une ou plusieurs périodes n'excédant pas en tout six semaines par année scolaire pour lui permettre d'effectuer des travaux urgents.

1988, c. 84, a. 15; 1990, c. 8, a. 3; 1992, c. 68, a. 143; 1994, c. 15, a. 33; 1996, c. 21, a. 70; 1997, c. 96, a. 9.




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Manque de choix dans le public : des parents en colère


Le phénomène des fausses adresses est bien connu dans certaines écoles de la Commission scolaire de Montréal. Un problème qui crée de la tension entre des parents parce que les écoles qui ont la faveur des parents manquent déjà de place.

Radio-Canada indique que la situation est relativement simple. Des parents de l’extérieur du territoire où se situe une école publique avec un projet éducatif qui leur plaît souhaitent que leur enfant la fréquente. Ces parents demandent donc à des résidents du quartier de l’école visée la permission d’utiliser leur adresse pour y avoir accès.

Une manœuvre qui va à l’encontre du règlement de la CSDM.

Pour la société d’État, le problème est important : des écoles sont surpeuplées et un enfant inscrit à l’aide d’une fausse adresse peut prendre la place d’un autre qui lui, habite réellement le quartier. Apparemment, il n’est pas envisagé d’agrandir les écoles au profil recherché ou d’offrir plus d’écoles avec ce genre de projet éducatif.

À la Commission scolaire de Montréal, on est bien au fait de la situation, surtout présente dans les écoles St-André-Apôtre (Ahuntsic), Saint-Marc (Rosemont) et Louis-Colin (Ahuntsic). « Ça peut toucher même du personnel de l’établissement qui font des fausses adresses, je peux comprendre que ça peut être une petite bombe », explique Manon Bergeron, directrice de l’organisation scolaire à la CSDM.

Des parents semblent prêts à aller très loin pour que leur enfant fréquente l’école qu’ils désirent. Dans le quartier Ahuntsic, des demandes écrites ont circulé dans les boîtes aux lettres. Un résident de la rue Tolhurst a été sollicité pour qu’il prête son adresse. « J’ai été surpris de lire cette lettre-là, en fait j’ai lu qu’il voulait utiliser mon adresse. Je n’ai pas trouvé ça correct et je n’ai pas fait suite à cette lettre », raconte-t-il.

Les directions d’école n’ont pas l’intention de mener une vaste enquête pour dénicher les tricheurs. Sur le formulaire d’inscription, la CSDM a ajouté récemment que toute demande incluant une fausse adresse serait rejetée. Pour l’instant, c’est essentiellement la délation qui permet d’identifier les fausses adresses. Par exemple, à l’école Saint-Marc, un parent en a dénoncé un autre. « Je vous dirais que c’est délicat, mais c’est important que les gens sachent ça. On fait pas d’enquête pour vérifier chaque adresse », explique France Vézina, directrice de l’école Saint-Marc.




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samedi 22 novembre 2014

Moins les familles sont riches, moins elles utilisent les services de garde subventionnés


Selon une enquête de Institut de la statistique du Québec (ISQ) portant sur 2009, moins les familles sont riches, moins elles utilisent régulièrement les services de garde subventionnés. Un peu plus de 42 % des enfants de familles dont le revenu familial est inférieur à 20 000 $ ne sont pas confiés à ces services. La proportion baisse à 33,4 % pour des revenus entre 20 000 et 30 000 $, pour tomber à 13,5 % pour des revenus est supérieurs à 140 000 $. Dans la même logique, 51,2 % des enfants de parents sans diplôme secondaire ne sont pas confiés aux services de garde, une proportion qui tombe à 22,5 % s’ils ont un diplôme universitaire.

Cet écart tiendrait à une kyrielle de facteurs. Un besoin moindre de faire garder ses enfants quand on ne travaille pas, les valeurs familiales des nouveaux immigrants, aux valeurs des jeunes diplômés québécois. Mais aussi le fait qu’il y aurait moins de garderies dans les milieux défavorisés.




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Histoire — le 22 novembre


1806


À Québec, le 22 novembre 1806, le journal Le Canadien publie son premier numéro.

Il est fondé à Québec par le chef du Parti canadien, Pierre-Stanislas Bédard, avec l’appui de plusieurs chefs du mouvement réformiste naissant : François Blanchet, Jean-Thomas Taschereau, Louis Bourdages, Joseph-Bernard Planté et Joseph Levasseur Borgia.


Il se donne comme mission de dénoncer les abus commis par les autorités britanniques. Il prendra position pour le Parti canadien et contre son rival le Quebec Mercury. Sa devise sera « Fiat justitia ruat caelum », ce qui signifie « Que le ciel s’écroule, mais que justice soit faite ». Ce sera l’un des journaux les plus influents du XIXe siècle. Le journal s’est porté à la défense des Canadiens-français en dénonçant les abus commis par les autorités britanniques. En conséquence, il a eu nombre de problèmes avec les autorités de l’époque et plusieurs de ses directeurs ont été emprisonnés arbitrairement. Il cesse d’être publié en décembre 1909.

1919

Avant de se retrouver sur les flancs du Mont-Royal, l’Université de Montréal avait pignon sur rue au centre-ville, au coin des rues Ste-Catherine et St-Denis (où loge le pavillon Hubert-Aquin de l’UQAM).



Le 22 novembre 1919, un incendie ravage l’immeuble principal de l’Université de Montréal sur la rue Saint-Denis. La reconstruction, entreprise l’année suivante, engloutit une partie des fonds de la première campagne de souscription, qui devaient servir à l’achat de matériel et à l’embauche de professeurs. Deux ans plus tard, deux autres incendies, l’un rue Saint-Denis et l’autre dans l’immeuble de l’École de médecine dentaire, rue Saint-Hubert, forcent l’Université à envisager sérieusement la possibilité de déménager dans un nouveau bâtiment, plus spacieux et plus conforme aux besoins de la communauté.







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jeudi 20 novembre 2014

Davantage de pouvoir aux écoles ?


Michel Pepin de la SRC se demande :
Les élections scolaires ont été un échec lamentable avec un taux de participation inférieur à 5 %.

En réaction, que prévoit faire le ministre de l’Éducation Yves Bolduc ?

Réduire le nombre de commissions scolaires.

Pour réaliser des économies ? Non, pas vraiment. Il s’agit plutôt de donner plus de pouvoir aux écoles, dit le ministre.
[...]

Le concept a quelque chose de très séduisant. Mais que signifie-t-il ?

Est-ce que chaque école aura sa liste de professeurs remplaçants ? Est-ce que chaque école choisira ses professeurs spécialistes et ses professionnels ? Est-ce que les professeurs auront un mot à dire sur les programmes d’enseignement ? Est-ce que les conseils d’établissement pourraient s’arroger des pouvoirs qu’ils n’ont pas actuellement ? Quels seront les nouveaux rôles des directions d’école ?

Le pouvoir aux écoles, très bien, mais quels pouvoirs ?

Le Parti libéral de Philippe Couillard a choisi de tenir les Québécois dans l’ignorance à l’égard de son projet de réforme globale du système d’éducation, à moins que nous assistions à une improvisation pure et simple.




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mercredi 19 novembre 2014

Le coût des garderies québécoises



 Lors de la création du programme, il en coûtait 5 685 $ au gouvernement par place dans les garderies subventionnées ; 15 ans plus tard, la même place coûte désormais 10 510 $ (en dollars constants), presque le double ! Depuis la fin des années 90, le nombre de places dans les CPE a augmenté de 130 %, mais les coûts du système ont augmenté de 326 % !


Si le coût par place en garderie s’était maintenu au même niveau qu’au moment de la création du programme, nous aurions pu économiser 10,1 milliards de dollars, ce qui représente environ 1 231 $ par Québécois (4 923 $ pour une famille de 2 adultes, 2 enfants).

Une bonne partie de l’explosion des coûts peut être imputée à la syndicalisation des garderies. À titre indicatif, voici combien coûte à l’État le fonds de pension des gardiennes :


En 2013-2014, les coûts ont littéralement explosé, plus de 80 millions de dollars, alors que quelques années auparavant on était sous la barre du 50 millions. À titre indicatif, une somme de 80 millions de dollars correspond à l’impôt sur le revenu de 25 000 Québécois, l’équivalent de la population de Thetford Mines.

Source :  Rapports annuels de gestion (via Antagoniste)


Voir aussi

Coût annuel des garderies au Québec : 2,3 milliards

Syndicats satisfaits : taux du nombre d’élèves par enseignant en baisse constante au moins jusqu’en 2015

Étude sur les garderies qui se paieraient d’elles-mêmes : la multiplication des pains

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

Les éducatrices en milieu familial travaillent plus qu’en CPE pour un salaire équivalent

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire


lundi 17 novembre 2014

France — Où est l'école libre ?


Dès qu’il s’agit d’Éducation nationale en France, l’opinion publique distingue entre l’École publique et l’École privée sous contrat avec l’État appelée aussi École libre. Mais celle-ci est-elle vraiment libre ? Elle n’a pas la liberté des programmes scolaires ni la liberté de recrutement des enseignants dont la formation est calquée sur celle des professeurs de l’École publique. Elle n’a quasiment plus de liberté dans les méthodes d’enseignement. Sa spécificité et sa valeur ajoutée ne résident plus dans son caractère confessionnel, car rares sont les écoles catholiques qui ont encore une véritable approche chrétienne de l’enseignement. Comme dans l’École publique, les méthodes désastreuses d’éducation à la lecture qui créent de faux dyslexiques sont largement répandues. Ce qui la spécifie réside dans son indépendance de gestion de ses infrastructures, dans un surcroît d’autorité et d’éducation au respect envers les professeurs et dans une approche plus réaliste de l’enseignement. L’École catholique est-elle donc toujours une école libre ?

En réalité, la France compte un troisième système scolaire, car il existe aussi des écoles libres dans tous les aspects éducatifs : celles qui n’ont pas de contrat avec l’État.

Ces écoles indépendantes sont véritablement libres dans la mesure où elles sont libres de leurs méthodes pédagogiques, de leurs programmes et du choix de leurs équipes éducatives. Elles scolarisent 50.000 élèves dans environ 600 établissements (dont 159 de confession catholique), sont soumises à des inspections complètes de l’administration et ont une obligation de résultat vis-à-vis des parents. Elles utilisent des méthodes éprouvées, sont à taille humaine pour que l’élève soit au centre, sont fondées sur des projets éducatifs clairs et partagés avec les parents afin d’apporter une cohérence et un climat harmonieux nécessaire à la structuration et à l’épanouissement de l’enfant. Elles sont tournées résolument vers la transmission et l’assimilation des savoirs afin que les enfants soient riches des trésors de la connaissance et ne soient pas réduits à leur performance scolaire du moment.

Chaque année s’ouvrent en France de telles écoles qui apportent des enseignements solides et de qualité sur les fondamentaux (lecture, écriture, maths, littérature), qui offrent une deuxième chance à des enfants perdus et culpabilisés par les méthodes d’enseignement officielles. Les élèves n’y tutoient pas leurs maîtres, ne les appellent pas par leur prénom, ne découvrent pas la lecture à travers des méthodes désastreuses. Point de théorie du genre, de cours d’éducation sexuelle orientés par des programmes officiels qui déresponsabilisent ou par des lobbys LGBT.

Pour les parents qui sont le plus souvent issus des classes moyennes, qui ont plusieurs enfants, qui financent par l’impôt l’Éducation nationale, c’est un sacrifice matériel, car ils assurent les frais de scolarité (pas d’argent public dans ces écoles). Mais ils ont la garantie d’un enseignement qui sera respectueux de leurs valeurs éducatives et de leurs convictions.

Alors que l’Éducation nationale s’enfonce d’année en année dans la médiocrité et l’échec et que l’enseignement catholique abandonne toujours plus, d’année en année, sa vocation et sa spécificité, les écoles hors contrat se multiplient et constituent un exemple de réussite qui devrait inspirer.

Mais la France est encore trop enfermée dans l’idéologie étatiste et égalitariste pour l’accepter.

Source




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mercredi 12 novembre 2014

Écologisme : des éoliennes inutiles et coûteuses au Québec

Selon le Journal de Montréal, Hydro-Québec continue de se procurer de l’électricité dont elle n’a pas besoin et ses achats inutiles s’élèveront à 800 millions $ l’an prochain.

L’an prochain, la société d’État prévoit acheter 6,6 térawattheures (TWh) d’électricité à un coût unitaire moyen de 10,72 ¢ du kilowattheure. Un térawattheure peut alimenter 50 000 maisons.

Ces achats d’électricité à des producteurs privés qui possèdent des parcs éoliens, de petites centrales hydro-électriques et des centrales biomasse lui coûteront 650 millions $. À cela, il faut également ajouter une somme de 150 millions $ qu’Hydro-Québec versera à TransCanada Énergie pour garder fermée la centrale au gaz naturel de Bécancour.


« Une fuite en avant »

En 2015, 2016 et 2017, Hydro-Québec devra gérer des surplus annuels estimés à plus de 16 TWh. D’ici 2027, les surplus estimés seront de 169 TWh, pour une valeur totale de 17 milliards $.

« Une véritable fuite en avant », déplore l’analyste en énergie de l’Union des consommateurs (UC), Marc-Olivier Moisan-Plante. Selon ce dernier, Hydro-Québec a tellement d’électricité qu’elle ne sait plus qu’en faire. « Il n’y a aucune logique derrière cette façon de faire. Ce n’est certainement pas aux clients résidentiels d’Hydro-Québec de financer le développement de l’industrie éolienne au Québec », fait valoir l’analyste de l’Union des consommateurs.

Cette situation découle notamment d’une série d’engagements pris par le gouvernement du Québec qui imposent à Hydro-Québec d’acheter de l’électricité à prix fort à des producteurs privés.

Chute des prix à l’exportation, surplus d’électricité

Entre 2003 et 2008, Hydro-Québec Production a réussi à obtenir 8,37 cents le kilowattheure (kWh), en moyenne, sur le marché de court terme, qui accapare plus de 85 % de ses exportations. Or, depuis ce temps, le prix a fondu, pour une moyenne de 5,03 ¢/kWh entre 2009 et 2013 pour atteindre 4,4 ¢/kWh pour l’électricité vendue aux États-Unis.

Hydro achète donc de l’électricité éolienne à un prix deux fois plus élevé que le prix de vente à l’exportation d’une partie de ses surplus !

Ce fort recul des prix s’explique par le ralentissement de l’économie, mais surtout par le boom de la production du gaz de schiste, qui livre une forte concurrence à l’hydroélectricité.

À brève échéance, le Québec n’a guère le choix. Il lui faut honorer un gros contrat avec le Vermont et écouler les surplus accumulés en exportant davantage ou en attirant, grâce à des prix d’ami, plus d’entreprises énergivores au Québec, comme des alumineries ou des sociétés minières. Mais à long terme, il serait irresponsable de ne pas rétablir l’équilibre entre nos revenus et nos coûts. Le problème à résoudre est simple. D’une part, chaque milliard de kilowattheures qui s’ajoute coûte de 85 à 100 millions de dollars à produire. C’est 85 millions pour l’énergie de la Romaine, 100 millions pour celle des nouvelles éoliennes. Mais d’autre part, si on réussit à vendre ce milliard de kilowattheures aux Américains et à un nombre accru de multinationales énergivores, le revenu qu’on en tire n’est que de 40 millions. La différence sera payée par le consommateur québécois...

Impact sur la facture du consommateur

Les surplus d’électricité accumulés ainsi que les coûts des nouveaux approvisionnements vont continuer à avoir un impact sur la facture des clients de la société d’État.


Le 1er avril 2015, les clients d’Hydro-Québec pourraient se voir imposer une hausse des tarifs d’électricité de 7,6 %, soit une progression régulière de 3,9 % et une augmentation étalée de 3,7 %.

Le 1er avril dernier, Hydro-Québec a obtenu le feu vert de la Régie de l’énergie pour augmenter ses tarifs d’électricité résidentiels de 4,3 %.

La société d’État reconnaît que les achats d’énergie éolienne imposés par le gouvernement exerceront une pression à la hausse de 2 % sur ses coûts d’approvisionnement en électricité au Québec l’an prochain.

Réactions politiques

Le porte-parole de la CAQ en matière d’énergie et de ressources naturelles, Gérard Deltell, a dénoncé l’achat à perte d’électricité produite à l’aide d’éoliennes. Il a fait remarquer que le dernier appel d’offres pour l’achat de 450 kilowattheures supplémentaires allait coûter 140 millions $ par année aux contribuables québécois, et ce, pendant 20 ans.

« Pour nous, c’est clair qu’il faut mettre un terme à l’aventure de l’éolien. C’est une belle idée, c’est un beau projet, mais ce n’est pas rentable », a déclaré M. Deltell lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.


Voir aussi

Les éoliennes coûtent un milliard aux Québécois

Énergies alternatives : scandales, mythes et perspectives

Ex-ministre Brassard : Québec exploitera-t-il le gisement Old Harry ou laissera-t-il Terre-Neuve seule le faire ?

Les énergies vertes : un tonneau des Danaïdes

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne à l’école comme ailleurs