vendredi 4 janvier 2013

Gâchis de la grève : des milliers d’abandons

Au cours de la session d’hiver 2012, de nombreux étudiants ont choisi d’abandonner leurs cours en raison de la grève étudiante. Des centaines d’étudiants ont choisi d’abandonner leurs cours lors de la dernière session d’hiver, craignant de perdre leur session ou étant tout simplement épuisés par les séances de rattrapage. Selon des chiffres obtenus par le Journal, certaines universités ont ainsi fait face à un nombre important d’abandons de cours pendant cette session qui s’est terminée cet automne, en raison de la grève étudiante. Par exemple, à l’Université de Montréal, on dénombre 10 593 cours abandonnés, comparativement à 4 361 lors de la session d’hiver 2011. « À un certain moment l’hiver dernier, le gouvernement avait laissé entendre que les étudiants pouvaient perdre leur session. Beaucoup d’entre eux ont alors préféré annuler leurs cours plutôt que de se retrouver avec un échec. Il reste à déterminer s’ils se sont réinscrits à ces cours par la suite », explique la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins.


D'autres abandons à prévoir ?

Par ailleurs, l’intensité de la session de rattrapage pourrait aussi avoir eu un impact sur le nombre d’abandons. « C’est très très intense, mentionne Mme Desjardins. Il y a beaucoup de stress. Le temps nous dira si cela aura des conséquences sur les notes des étudiants. Nous attendons les résultats avec intérêt. » Le 3 janvier, les étudiants des 14 cégeps et des quelques universités touchés par la grève sont retournés sur les bancs d’école. Ce retour en classe marque le début de la fin de session de l’automne 2012. « La session sera complétée d’ici la fin du mois de janvier , après quoi débutera la session d’hiver 2013. Ce n’est pas une situation idéale, mais ça se passe relativement bien au niveau collégial », affirme Éliane Laberge un sens de la litote bien développé, présidente de la FECQ. En effet, selon la Fédération des cégeps, environ 4 % des étudiants ont abandonné leur session d’hiver, soit à peine 1 % de plus qu’à l’habitude. Faut-il en conclure que les programmes habituels de cégeps sont trop légers ou trop longs ?

Débauchage par un groupe « marginal » ?

Par ailleurs, les fédérations étudiantes continuent de se préparer en vue du Sommet sur l’éducation supérieure qui aura lieu à la mi-février. Les tensions sont vives entre les deux regroupements étudiants et l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), classée très gauche. La FECQ reproche notamment à l’ASSÉ de tenter d’attirer des étudiants dans son camp, au détriment de la fédération.  De son côté, la FEUQ a décidé d’ignorer carrément cette aile plus radicale du mouvement étudiant. « L’ASSÉ demeure un groupe marginal, affirme Martine Desjardins. On ne se préoccupe même pas de ce qu’ils font et cela n’a aucune incidence sur nos actions. »


Source : Journal de Québec




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mardi 1 janvier 2013

Broyer du noir sous la neige et les cotillons : le sentiment de solitude ne ferait que croître

Noël et le nouvel an sont l'occasion de se retrouver, en famille, entre amis, entre amants. Les fêtes sont aussi l'occasion de redécouvrir un sentiment de solitude toujours plus présent chez les Français. Un sentiment de solitude qui pourrait être l'effet indésirable direct... de notre éternelle recherche de liberté. Atlantico s'entretient avec le philosophe Pierre-Henri  Tavoillot à ce sujet. Extraits.

— Les fêtes de fin d'année sont l'occasion d'évoquer la solitude. En 2012, 4.8 millions de personnes déclarent souffrir de ce sentiment en France, 20% de plus qu'en 2010. Les 30-39 ans sont de plus en plus touchés par le phénomène (selon le rapport de la Fondation de France).Y a-t-il vraiment de plus en plus de personnes qui souffrent de la solitude dans notre société moderne ?

Pierre-Henri Tavoillot — Oui. Toutes les enquêtes et études (et notamment celles de l’INSEE) convergent vers ce constat. Il faut, cela dit, préciser de quelle solitude on parle. Il y a trois niveaux.

D’abord le simple fait d’habiter seul. Aujourd’hui environ 15 % de la population française est « mono-habitante » et ce chiffre ne cesse de croître. Mais les profils peuvent être très variés et les motifs aussi : ce sont les jeunes, les étudiants, les mono-parents, les veufs, les célibataires, … et ceux, en grande majorité, qui vivent dans les villes de plus de 200 000 habitants.

On distingue ensuite « la personne isolée » qui se définit par un nombre réduit de contacts d’ordre privé par semaine. En-dessous de 4, on parle d’isolement absolu, ce qui reste très rare. Mais la proportion de personnes relativement isolées s’élève tout de même à environ 10 % en France  : l’âge, le statut social, le niveau de diplôme, le handicap sont déterminants en la matière.

On définit ensuite un troisième niveau qui est « le sentiment de solitude ». Elle concerne ce qu’on pourrait appeler non plus l’isolement, mais la « désolation », c’est-à-dire l’impression d’être délaissé, voire abandonné par les autres. On quitte ici l’objectivité des observations pour entrer dans la subjectivité des représentations. Les indicateurs qui ont été développés pour la mesurer à partir d’entretiens qualitatifs (et notamment celui de la Fondation de France) montrent que les individus contemporains déclarent éprouver de plus en plus souvent ce sentiment de mal-être.

— Quel effet ont les fêtes de fin d'année sur ces perceptions de la solitude ? Le rapprochement familial exceptionnel de cette période atténue-t-il ce sentiment ? Les personnes isolées se sentent-elles encore plus seules ?

— Les fêtes sont des réunions de familles. Si la famille est absente ou si le lien familial fait défaut, effectivement, c'est une vraie tragédie pour les personnes concernées. Il est intéressant de noter d'ailleurs que les quelques semaines qui suivent les fêtes sont des semaines de déprime assez généralisée. On dit, que la fin de semaine du 21 janvier est celui de la déprime la plus totale en Europe : les fêtes sont passées, l'hiver est encore long... ce n'est pas très gai ! Les fêtes se retrouvent donc bien un temps d’exacerbation du sentiment de solitude.

Pour ceux qui voient leurs familles à ce moment des fêtes, il faut voir que c'est bien souvent un moment où les tensions émergent. Une enquête récente montre que les gens, se voyant une fois par an à cette période, entre discussions politiques et comparaisons des réussites respectives, alcool aidant, se retrouvent régulièrement à se crêper le chignon ! Il y a donc un mélange complexe entre la joie de voir la famille et la difficulté de cohabiter. Il ne faut pas avoir une vision édulcorée qui résumerait ce temps à un resserrement des liens familiaux : la réalité est bien souvent autrement plus ambivalente !

Au cours des dernières décennies, les familles ont beaucoup changé. Il y a longtemps eu une logique communautaire très forte au sein de la famille. En parallèle, la dimension commerciale a explosé : il y avait auparavant moins d'importance attachée aux cadeaux. La famille est passée d'un groupe communautaire à une somme d'individualités. De plus, on ne fête plus Noël en famille mais des Noël avec les familles : une fois avec les parents, une fois avec les grands-parents, déclinable autant de fois qu'il y a de parents dans des familles éclatées et recomposées. Il y a une sorte de pluralisation, de complexification des rites au sein des familles. [...]

— Comment interpréter ces phénomènes ?

— C’est en fait assez simple. Nous vivons dans une société d’individus où l’encadrement communautaire et institutionnel tend à s’effacer. Pour faire vite, cela s’appelle « les Droits de l’homme » : il existe une sphère — ma vie privée et intime — dans laquelle nul n’a le droit d’intervenir, ni de près ni de loin. C’est là une excellente nouvelle : nous sommes libres !  [Nous ne sommes pas si sûr de cette liberté : voir les livres de J.-L. Beauvois. Il reste encore à savoir si la liberté sui generis est une bonne chose ou ne serait-ce pas plutôt la liberté de faire le bien ?] Mais le prix à payer peut être lourd : nous sommes seuls ! Comme le disait une humoriste dans un excellent sketch — Muriel Robin pour ne pas la citer — « j'ai une vie privée... privée de tout, c'est vrai, mais privée quand même ! ».

Si, par contraste, on regarde les sociétés traditionnelles : on y était jamais seul. Tout — même le plus intime — se passait sous le regard pesant de la communauté ; il n’y a qu’à se souvenir de l’architecture des habitations de jadis, même à la Cour de Versailles : toutes les pièces ont plusieurs portes et on y circule sans arrêt, sans qu’il soit jamais possible de s’isoler. Quand la Reine Marie-Antoinette tente de le faire, elle se fait détester. L’intimité est donc une conquête récente et son autre face est la solitude. C’est la raison pour laquelle le rapport à la solitude est profondément ambigu dans nos sociétés contemporaines. D’un côté, on aspire à une solitude libérée des contraintes, nourrie par le fantasme du « self made man », tellement auto-suffisant qu’il ne doit rien à personne et n’a besoin que de lui-même ; de l’autre, on aspire aux affinités électives, à l’amour, à la passion, peut-être comme jamais dans l’histoire humaine : l’indépendance absolue, d’un côté ; l’amour éternel, de l’autre. La solitude est à la fois le paradis et l’enfer de nos sociétés contemporaines.

— Comment résoudre alors cette contradiction ?

— C’est là sans doute une des plus vieilles questions de la philosophie. Depuis bien longtemps, on note que l’homme n’est jamais content : il se sent seul quand il est avec les autres ; et, dès qu’il est seul, il ne cesse de penser aux autres ! Pour résoudre ce dilemme, la philosophie faisait l’éloge de la solitude. Seule la solitude (si je puis dire) permet de faire le tri entre les différents liens que nous tissons dans notre vie ; entre ceux qui comptent et ceux qui ne valent rien. Une fois ce tri effectué, il devient possible cultiver le lien qui est le plus important, parce qu’il nous sauve de la vraie solitude, celle à l’aune de laquelle toutes les autres sont dérisoires : la mort. Pour les penseurs grecs, ce lien salutaire est celui que le sage tisse avec l’harmonie du monde (le cosmos) ; pour les théologiens, c’était avec la splendeur de Dieu.

Pour ceux qui ne sont ni grecs ni théologiens, c’est-à-dire pour la plupart de nos contemporains, le seul lien qui vaut, c’est le lien affectif avec d’autres humains : nos conjoints, nos enfants, nos parents, nos amis… C’est celui qui mérite d’être cultivé ; celui qui fait que la vie mérite d’être vécue. C’est donc notre salut qui se joue-là. D’où la déception, la dépression, le désespoir même qui nous étreint quand ça ne marche pas … voilà comment on peut interpréter ces enquêtes. Et on perçoit aussi qu’il nous manque encore le remède qui permettrait de nous persuader — contre le mythe du self-made-man (magnifiquement présenté dans un film tel que Into the wild) — que l’on ne peut pas être un individu tout seul ; nous avons besoin des autres pour devenir des individus ; et nous avons aussi besoin d’être des individus pour aimer les autres.






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La Chine oblige les enfants à rendre visite à leurs vieux parents


À tes vieux parents tu rendras visite. Fréquemment. Ceci n'est pas un conseil, mais bien une obligation légale. La Chine a adopté vendredi 28 décembre une législation visant à protéger les droits des personnes âgées.

Les parents chinois auront donc maintenant une arme plus puissante que la culpabilité pour s'assurer que leurs enfants adultes leur rendent visite: la menace d'un procès. Le législateur national a adopté vendredi un amendement à une loi de protection des personnes âgées exigeant que les enfants adultes rendent visite à leurs parents âgés « souvent » sous peine d'être poursuivi en justice, rapporte l'Associated Press.

Il n'est pas indiqué ce que veut dire «souvent», ni quelles pourraient être les sanctions, souligne Le Monde, qui reprend l'AFP.

Le China Daily explique:
« La loi intervient alors que le gouvernement fait des efforts pour trouver des solutions globales aux problèmes auxquels font face les personnes âgées, le nombre de personnes âgées chinoises ayant connu une croissance rapide ces dernières années. »
La mesure semble en effet être une réponse claire à de nombreux faits divers révélant les histoires de parents âgés abandonnés ou que les enfants font vivre dans des conditions horribles.

Le sort des personnes âgées est l'un des grands défis de la Chine dont le développement rapide de l'industrialisation a conduit à l'éclatement de la structure familiale traditionnelle, sans que l'État ne fournisse un filet de sécurité suffisant et adéquat.

La BBC rapportait également que la Chine voulait mettre en place une législation pour contraindre les enfants à rendre visite à leurs parents âgés de plus de 60 ans. Le site britannique soulignait qu'un huitième de la population chinoise avait plus de 60 ans et que la moitié d'entre eux vivaient seuls.

Un article du Shanghai Daily de juillet 2012 rappelait un sondage de la Télévision centrale chinoise (CCTV) selon lequel 11,9 % des personnes déclaraient ne pas avoir rendu visite à leurs parents depuis des années et 33,4 % ne revenaient à la maison qu'une fois par an.

Le même article reprenait les déclarations d'un sociologue de Shanghaï interrogé par CCTV, Zuo Xuejin, qui doutait de la mise en place de la législation :
« Comment définissez-vous une "fréquence raisonnable" à laquelle les enfants devraient rendre visite à leurs parents ? Si quelqu'un sacrifie son temps privé à travailler pour le pays et le public, est-il juste qu'il soit puni par la loi pour n'avoir pas rendu visite à ses parents ? »


Source




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samedi 29 décembre 2012

Aux États-Unis comme au Canada, plus on est croyant plus on est généreux

Un tout récent sondage Gallup, publié le jour de Noël, indique que 77 % des Américains se disent chrétiens (52 % protestants, 23 % catholiques et 2 % mormons).

Bill Donohue, président de la Catholic League, a fait paraître récemment  un communiqué commentant le dernier rapport de The Chronicle of Philanthropy, un bimensuel qui traite de tout ce qui toute à la charité aux États-Unis.

Selon le rapport de The Chronicle of Philanthropy sur les dons charitables aux États-Unis : « Comment l’Amérique donne ». Il est sorti en août dernier. Sa découverte principale c’est que plus une ville ou un État est religieux, plus ils sont généreux. A contrario, plus une région est sécularisée, plus pingres sont ses habitants. Les États les plus généreux sont l’Utah et l’Idaho, les deux comportant un grand nombre d’habitants mormons. Des États de la Ceinture biblique[1] figurent dans la liste des dix premiers. Pour ce qui est des villes, Salt Lake City (Utah) et Memphis (Tennessee) sont au coude à coude. Les États les moins généreux, qui occupent les six dernières places sur la liste, sont le Connecticut, le Rhode Island, le Massachusetts, le Vermont, le Maine et le Nouveau Hampshire. Les deux villes les plus radines sont Boston (Massachusetts) et Providence (Rhode Island). Ces données sont cohérentes avec d’autres études. Cela suggère que la croissance des « sans religion » – ceux qui ne sont rattachés à aucune religion – pourrait constituer un passif social pour notre nation. Cela indique aussi que ceux qui vivent dans les régions que l'on prétend les plus progressistes du pays, sont précisément ceux qui en font le moins individuellement pour lutter contre la pauvreté et aider leurs concitoyens : ils semblent préférer que l'impôt mettent aussi les autres à contribution et que l'État intervienne.

Il en va de même au Canada, plus on est croyant plus on donne de l'argent et du temps et pas uniquement aux activités et organismes religieux.

 Rappel d'un de nos billets de 2010 à ce sujet :


L'été dernier, Statistiques Canada a publié une longue enquête sur le don, le bénévolat et la participation.
Alors que moins de 20 % des Canadiens vont fréquemment à l'église, ces personnes pratiquantes sont nettement plus enclines à faire des dons à des organismes de bienfaisance et sans but lucratif et à faire des dons nettement plus importants à des organismes religieux et non religieux que ceux qui ne vont pas régulièrement à l'église.

En effet, alors que le montant moyen des dons faits par les personnes actives sur le plan religieux était de 1 038 $ en 2007, il n'était que 295 $ pour ceux qui n’avaient pas assisté à des réunions ou services religieux chaque semaine. C'est au Québec que le don moyen est le plus faible : 219 $ par rapport à une moyenne de 437 $ au Canada alors que l'Alberta donne le plus en moyenne par habitant de 15 ans et plus : 596 $.

Les personnes qui assistent aux services religieux chaque semaine sont également beaucoup plus susceptibles que les autres de faire du bénévolat (66 % et 43 %, respectivement). C’est au Québec que ce taux est le plus faible (37 %). De même, les bénévoles caractérisés par une pratique religieuse hebdomadaire tendent à consacrer un plus grand nombre d’heures au bénévolat (232 heures comparativement à 142 heures). Les personnes caractérisées par une pratique religieuse hebdomadaire représentent 17 % des Canadiens, mais sont à l’origine de 35 % de toutes les heures de bénévolat en 2007. Elles fournissent 85 % de toutes les heures de bénévolat consacrées à des organismes religieux et 23 % des heures consacrées à des organismes non religieux.


[1] Alabama, Arkansas, les deux Carolines (Nord et Sud), Géorgie, Kentucky, Louisiane, Mississippi, Missouri, Oklahoma, Tennessee, Texas, et une partie de la Floride, de l’Illinois, de l’Indiana, de l’Ohio, de la Pennsylvanie, de la Virginie et de la Virginie Occidentale.




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L'impôt sur les riches censuré en France parce qu'individuel... l'impôt sur le revenu québécois le serait-il aussi ?

Le Conseil Constitutionnel français a infligé samedi un camouflet au président socialiste François Hollande en annulant la taxation à 75 % pour les plus riches contribuables, la mesure la plus emblématique et contestée de son gouvernement.

Le Conseil a estimé que la taxe de 75 % sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros prévue pour deux ans et contenue dans le budget 2013, méconnaissait le principe d'égalité des charges.

Elle est en effet « assise sur les revenus de chaque personne physique » alors que l'impôt sur le revenu est prélevé « par foyer ».

Concrètement, explique-t-on au Conseil, avec cette taxation, un ménage, dont chaque membre percevrait un revenu de 900 000 euros, se trouverait exempté, tandis qu'un autre, dont un seul membre gagnerait 1,2 million d'euros et l'autre rien, devrait l'acquitter, ce qui constituerait à l'évidence une « rupture d'égalité au regard de la faculté contributive ».

Notons que l'imposition par personne physique au Québec (plutôt que par ménage comme en France) serait donc « censurée pour méconnaissance de l'égalité devant les charges publiques ». En effet au Québec, si une mère (père) reste au foyer pour s'occuper de ses enfants et aider ainsi son mari (femme) en lui permettant de travailler plus et de gagner plus d'argent, ce ménage sera plus taxé qu'un ménage ayant les mêmes revenus mais où les revenus sont partagés entre les deux conjoints... Pourquoi ?

Notons que cette mesure socialiste est très critiquée : elle est ressentie comme confiscatoire, comme née d'un ressentiment improductif et elle rapporte très peu (si elle n'encourage pas plus d'exilés fiscaux et donc en fait ne diminue les rentrées fiscales).





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vendredi 28 décembre 2012

Les chrétiens et les juifs dans l'Occident musulman


La coexistence pacifique des trois communautés musulmane, chrétienne et juive (les gens du Livre pour les musulmans) en El-Andalous est une vision de l'histoire coutumière des promoteurs du « vivre-ensemble » et des livres scolaires occidentaux. Ce n'est pas nécessairement sans arrière-pensées politiques dans un Québec et une Europe comptant des minorités musulmanes croissantes.

Que disent les historiens et les textes musulmans ?

Bernard Lewis

« Le mythe de l’innocence de l’islam en matière de racisme est une création occidentale, au service d’un but occidental. Ce n’était pas la première fois qu’un islam mythique et idéalisé fournissait les verges destinées à châtier les défauts de l’Occident. Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières avaient loué l’islam pour son absence de dogmes et de mystères, l’absence de prêtres et d’inquisiteurs, ou autres persécuteurs, lui reconnaissant ainsi de réelles qualités, mais les exagérant pour en faire un outil polémique contre les Églises et le clergé chrétien. Au début du XIXe siècle, les juifs d’Europe occidentale, émancipés récemment mais encore imparfaitement, en appelèrent à un âge d’or de légende en Espagne musulmane, âge de tolérance et d’acceptation complète dans une harmonieuse symbiose. »

(Bernard Lewis, Race et esclavage au Proche-Orient, p. 393)


« Ce n’est que depuis peu de temps que chrétiens et musulmans déclarent rechercher la tolérance et combattre l’intolérance. Pendant la plus grande partie de leur histoire, ces deux civilisations n’ont pas considéré la tolérance comme une valeur, ni l’intolérance comme un objet de réprobation. Jusqu’à une époque relativement moderne, l’Europe chrétienne ne prisait ni ne pratiquait elle-même la tolérance, et son absence chez les autres ne la scandalisait pas particulièrement. Ce dont elle accusait l’islam, ce n’était pas d’imposer sa doctrine par la force – pratique tenue pour normale et naturelle – mais de répandre des doctrines fausses. De même, du côté musulman, les protestations de tolérance, devenues courantes aujourd’hui dans la bouche des apologistes musulmans et plus encore dans celle des apologistes de l’islam, représentent, elles aussi, un phénomène nouveau et d’origine non islamique. Ce n’est que tout récemment que certains défenseurs de l’Islam ont commencé à soutenir que leur société avait toujours accordé une égalité de statut aux non-musulmans vivant en son sein. Une telle affirmation n’est reprise par aucun des porte-parole de l’islam intégriste, et l’histoire démontre qu’ils ont raison. »

 (Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, pp. 452-453)


« Inhérente au système, institutionnalisée dans le droit et la pratique, la discrimination représente une donnée permanente et nécessaire de la société musulmane. En revanche, la persécution, c’est-à-dire la répression violente et systématique, fut rare et atypique. »

(Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, p. 456)

[Il faut se rappeler que pendant longtemps les musulmans seront minoritaires tant au Levant, en Égypte qu'en Espagne, ils n'avaient pas intérêt à massacrer leur main-d'oeuvre, mais à lentement les assimiler.  En 1099, soit lors de la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon, la majorité des habitants de Palestine et de Syrie étaient encore vraisemblablement chrétiens.]


« L’islam a souvent été décrit comme une religion égalitaire ; à bien des titres, elle l’est effectivement.

[…]

Globalement, la mobilité sociale était bien plus grande en Islam que dans l’Europe chrétienne ou l’Inde hindouiste. Toutefois, cette égalité des chances et de statut comportait des limites de taille. N’étaient membres à part entière de la société que les hommes, libres et musulmans. Ceux à qui l’une de ces trois qualités faisait défaut – c’est-à-dire les femmes, les esclaves et les mécréants – n’étaient pas des égaux. Ces trois inégalités fondamentales – entre maître et esclave, homme et femme, croyant et incroyant – n’étaient pas seulement un fait admis, elles étaient inscrites dans la Loi divine qui en fixait aussi les modalités. »
(Bernard Lewis. Juifs en terre d’Islam, pp. 456-457)


« Les musulmans ont-ils le droit de vivre sous un gouvernement chrétien ou bien doivent-ils émigrer ? La réponse est sans équivoque : ils doivent partir, hommes, femmes et enfants, tous sans exception. Ce gouvernement est tolérant ? Leur départ n’en est que plus urgent, car le danger d’apostasie est plus grand. […] « Mieux vaut la tyrannie de l’Islam que la justice des chrétiens. »

(id., p. 470)

« Il n’est pas permis à un musulman de masser un juif ou un chrétien, de ramasser ses ordures, ni de nettoyer ses latrines. Ce genre de métier convient mieux au juif et au chrétien, car ce sont des êtres vils. Un musulman ne soignera pas l’animal d’un juif ou d’un chrétien, ni lui servira de muletier, ni lui tiendra l’étrier. S’il s’avère qu’un musulman le fait, il convient de le dénoncer sans retard. »

 (id., p. 485)

Le livre des fatwas occidentales

Faute de documents, l’histoire sociale et économique de l’Islam médiéval est obscure. Il arrive néanmoins que cette pénombre soit percée de rais de lumière. C’est le cas pour l’Occident musulman grâce à une pléiade d’éminents juristes dont les nombreuses consultations fourmillent de précieuses realia introuvables ailleurs. Ainsi en est-il du Kitâb al-Mi’yâr al-mugrib wa-l-gami’ al-mu’rib ’an fatawa ahl Ifriqiya wa-l-Andalus wa-l-Magrib faisant l’objet de cette première analyse thématique. Cet énorme corpus de consultations juridiques rendues par les juristes de l’Occident musulman médiéval compilé par al-Wansarîsî (v. 1430-1508), contribue à faire connaître mieux le monde musulman. De cet ensemble de 12 volumes de l’édition lithographiée à Fès (fin XIXe siècle), dont une réédition récente a été effectuée, l'auteur a retenu 2144 fatwas offrant quelque intérêt historique. Elles ont été analysées aussi succinctement que possible et classées sous le nom des muftis qui les ont rendues. Elles sont donc presque toutes datables à un demi-siècle près pour ce qui est du lieu, une certaine circonspection est de rigueur, sauf indication explicite, car les jurisconsultes se sont souvent déplacés au cours de leur existence et les plus célèbres sont interrogés de près ou de loin.

L’ouvrage de Vincent Lagardère, Histoire et société en Occident musulman au Moyen Âge, présente ces 2144 fatwas – non commentées – issues du Kitâb al-Mi’yâr, corpus de consultations juridiques rendues par les juristes de l’Occident musulman médiéval compilé par le juriste maghrébin al-Wansarîsî. Constituées de deux parties (la question et la réponse), certaines de ces fatwas permettent d’appréhender les rapports entre les différentes communautés religieuses.

jeudi 27 décembre 2012

Après les drogues et le SIDA, le tabou des violences dans les couples homosexuels

Selon Slate.fr, site que personne ne pourra soupçonner d’« homophobie », « la violence conjugale est un véritable problème chez les homosexuels ».

Sujet tabou (il ne faudrait pas « réactiver les clichés », hein, même si ceux-ci n’en sont pas), il faut chercher dans les notules d'une étude de Statistique Canada qui indique par exemple qu’en 2004, 15 % des homosexuels ont été victimes de violences « conjugales » contre 7 % des « hétéros »… À quand une campagne gouvernementale dans les médias contre ces couples violents et peu stables.

Des chiffres corroborés par ce questionnaire du site communautaire Yagg dont 84 % des participants ont déclaré être lesbiennes : 18 % d’entre eux auraient subi des violences conjugales… Les drogues , le SIDA, les violences entre adultes, drôle d’environnement pour accueillir des enfants, drôle de comportement sexuel à banaliser dans les écoles !


Voir aussi

Sondages : Les États-Uniens surestiment grandement le nombre d'homosexuels

Étude révèle que les enfants vivant avec des homosexuels accusent un retard scolaire

Autre étude suggère des risques pour les enfants élevés par des couples homosexuels (Étude de Mark Regnerus)

mardi 25 décembre 2012

L'université Stanford nomme un aumônier auprès des athées

L'aumônier John Figdor a un doctorat en théologie de l'Université Harvard. Il conseille ceux qui en ont besoin et visite les malades. Il travaille également avec des étudiants de Stanford dans le cadre du Bureau de la vie religieuse.

Oui, mais, voilà, cet aumônier est un athée.

« Les gens sont décontenancés quand je le leur dis » de déclarer John Figdor. « Mais les étudiants athées, agnostiques et 'humanistes' connaissent les mêmes difficultés que les étudiants religieux: la maladie, le deuil dans la famille, ils se posent des questions sur le sens de la vie, etc. - et je voudrais qu'il ait un sympathique non-théiste à qui parler. »

Jeremy Jimenez (à gauche) et l'aumônier John Figdor écoutent le conférencier Dave Fitzgerald
 lors de son allocution intitulée « Le Guide des Fêtes du païen » à Stanford le 3 décembre 2012.

Source

Voir aussi

La laïcité, une nouvelle religion ? (Vincent Peillon, ministre français de l'Éducation)

C'est officiel : l'écologisme est une religion (congé religieux accordé par juge à un écologiste athée)





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samedi 22 décembre 2012

Le massacre à l'école primaire Sandy Hook dans le Connecticut

Nous publions ci-dessous des extraits d'un entretien avec Xavier Raufer, spécialiste en criminalité, en terrorisme et en insécurité urbaine. Cette tuerie est un incident tragique et nous nous associons à la douleur des familles. Un massacre des innocents en décembre...

— La récente tuerie dans l’école primaire de Newtown relance le débat sur le contrôle des armes à feu. La disponibilité de ces armes, notamment des armes de guerre, explique-t-elle ces épisodes meurtriers ?

Xavier Raufer  — La dernière tuerie en date n’a « relancé le débat sur le contrôle des armes à feu » que dans les médias et, de façon factice, chez des politiciens américains incapables de résoudre ce problème. À ce propos, il est inquiétant que sans exception, les grands médias d’« information », quotidiens, radios, télés, énoncent ensemble, au même instant et sans nulle nuance, précisément la même idée, formant ainsi une vaste Pravda collective.

— Même si certains médias le manipulent, le problème existe…

XR — Oui, et pas seulement aux États-Unis ! Mais pour les médias c’est toujours la même rengaine : les tueries entre gangsters à Marseille ? Les Kalachnikov ! On n’en sort pas. Les massacres de masse aux États-Unis : les armes ! Rien d’autre. Or les armes ne tuent jamais – une kalachnikov posée sur la table prend juste la poussière – ce sont ceux qui en usent : gangsters à Marseille, bombes humaines aux États-Unis, qui posent problème. Mais non : la fascination médiatique pour la quincaillerie est absolue.

[On lira avec intérêt sur ce sujet le livre de John R. Lott Jr., More Guns, Less Crime: Understanding Crime and Gun Control Laws, Third Edition (Studies in Law and Economics).]

—   Des lois plus restrictives voire la « prohibition » des armes à feu ne feraient-elles pas baisser le nombre de tueries aux États-Unis ?

XR — Dans l’affaire des massacres de masse aux États-Unis, le paramètre des armes n’est ni l’explication, ni la solution. Que les médias d’information s’interrogent : pourquoi n’y a-t-il absolument aucun massacre de masse au Brésil et au Mexique, qui comptent vingt fois plus d’armes incontrôlées que les Etats-Unis ? Un autre phénomène devrait nous interroger : des massacres dans des écoles surviennent parfois en Chine – mais sans armes à feu, plutôt avec des explosifs ou des armes blanches.

[Le taux d'homicide aux États-Unis en 2011 était de 4,8 homicides pour 100.000 habitants, il était de 10,2 en 1980. Ce taux a commencé à augmenter dans les années 60 et à décliner avec les années 90, il semble correspondre à l'influence des baby-boomers dans la population. Le taux de possession d'armes à feu n'a pas baissé entretemps aux États-Unis. Le taux d'homicide au Canada était de 1,74 en 2011 (il était de 2,61 en 1980) et de 4,24 pour le Manitoba.]

—  Certes, mais la disponibilité des armes à feu n’augmente-t-elle pas la gravité des autres crimes ?

XR —  Bien sûr. Dans West Side Story, les bandes s’expliquent à coups de couteaux. Que ce soit désormais à l’arme de guerre ne fait aucun bien aux statistiques criminelles.

—  Si ce n’est pas la disponibilité des armes, quel est donc le facteur déterminant dans les tueries de masse aux Etats-Unis ?

XR —  Ce qui provoque ces massacres aux Etats-Unis ne tient pas à l’accessibilité des armes – qui est à l’évidence, un facteur aggravant – mais à l’essence de la société américaine en général, au psychisme de quelques individus en particulier. Esquissons une comparaison avec un drame psycho-social français : l’alcoolisme. Ce phénomène est très profondément enraciné, terriblement long et difficile à réduire. Pour autant, l’alcoolisme est-il réductible à la seule accessibilité de l’alcool ? Vous avez vu, les États-Unis et la prohibition ? Voilà ce qu’il faut méditer, au lieu de s’hypnotiser sur des outils homicides.


—  L’existence de bombes humaines désocialisées comme Adam Lanza, le tueur de Newtown, est-elle un phénomène spécifiquement américain ?

XR —  Là est le sujet. Pratiqué par des solitaires frustrés ou enragés, éduqués mais coupés de la société, le massacre de masse peut s’appuyer sur un prétexte idéologique ou millénariste. Certains vont aussi prendre pour objet phobique une école, des minorités, etc.

Mais l’origine psychologique n’est pas garantie : parfois, la biologie s’en mêle. Le premier massacre de masse moderne – 15 morts, 32 blessés – est perpétré en août 1966 à l’Université d’Austin (Texas) par Charles Whitman, 25 ans. Abattu par la police, Whitman évoque dans son testament d’étranges élans homicides. Son autopsie révèle une grosse tumeur dans un secteur cérébral régulant l’agressivité.

À ce jour, ces massacres de masse prennent l’ampleur d’un phénomène de société dans des pays riches marqués par un « protestantisme sociologique » provoquant un conformisme et une bienséance insupportables. Toute expression forte ou dissidente y fait horreur. Toute négativité en est bannie : les églises n’y montrent plus le Christ crucifié – odieuse vision d’une incorrecte torture. Exemple : l’Amérique blanche suburbaine du Colorado où, en 1999, deux élèves du lycée Columbine abattent 13 de leurs condisciples et en blessent 32, avant de se suicider. Désormais, Newtown.


—  Une société trop policée est donc criminogène ?

XR — Évidemment ! L’être humain n’est pas un robot. L’homme jeune est aventureux, souvent outrancier de propos ou d’actes (“il faut bien que jeunesse se passe”…). Etouffez-le dans le politically correct et la bienséance gnan-gnan – vous aurez inévitablement 999 moutons bêlants – et une bombe humaine. Tout ça est su depuis des siècles – Pascal : “Qui veut faire l’ange, fait la bête” – mais plus présent dans la culture catholique que protestante – sans doute l’une des origines profondes de toute l’affaire.



[Débat animé à la chaîne CNN sur le sujet (le présentateur Piers Morgan est Britannique)]

[...]

—  Outre Atlantique, les faits divers, la télévision et le cinéma semblent illustrer une certaine obsession américaine pour le meurtre. Comme l’expliquez-vous&nbsp?

XR — L’acte fondateur des Etats-Unis, c’est la Guerre de sécession. Or, loin des superbes batailles bien rangées, des charges de cavalerie du général Lee, ce fut à 90 % une atroce guerre de voisinage, terriblement sanglante et durable. Songez qu’elle s’achève en 1865 et qu’en 1882 encore, le soldat sudiste Jesse James braque toujours des banques, explicitement au nom de la cause perdue (sudiste) !

Avant cette guerre, il n’y avait que peu d’armes aux États-Unis. Le nécessaire pour les ours, les pumas – ou les Indiens. Que vos lecteurs anglophones lisent les deux fascinants livres mentionnés ci-après, ils seront édifiés1. Ces massacres ont donc pour origine un séculaire traumatisme originel. L’arme à feu, la mort, sont enfouis au plus profond de la psyché américaine. Réduire ce drame à une simple affaire de quincaillerie est quand même désolant.

[Le président américain Obama a confié à son vice-président Joe Biden une mission sur la réglementation des armes à feu, il devra mettre en avant des recommandations d'ici le mois prochain. Biden a toujours été pour une réglementation plus stricte des armes à feu. Nous sommes d'accord avec Biden que l'intervenant qui appelle son fusil son  « bébé » dans la vidéo ci-dessus a des priorités étranges.]


Source




[1] Daniel E. Sutherland, « A savage conflict », UNC Press NC, USA 2009 et T.J. Stiles, « Jesse James, last rebel of the Civil War », Vintage, NY, USA, 2007







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