samedi 14 mars 2026

Les jeunes, la violence et l’immigration

En écoutant la radio de Montréal, j’ai parfois l’impression d’être à Paris, Berlin ou Londres. Surtout lorsqu’il est question de la montée de la violence chez les jeunes. Cette progression, je l’ai constatée dans mon propre quartier, un arrondissement populaire de Paris. À la sortie de l’école Gambetta, dans le 20e arrondissement, les altercations ne sont pas rares. Il y a quelques mois, un groupe de jeunes s’en est pris à un des leurs à coups de pied. Si des adultes n’avaient pas été là, nul ne sait comment cela aurait tourné.

Je pourrais citer des dizaines d’événements semblables qui vont de la simple dispute aux attaques au couteau. Partout, ces incidents se ressemblent. En France, les enquêtes montrent que cette violence se manifeste tout particulièrement dans les zones qui connaissent une forte immigration.

[L'auteur de ce texte, Christian Rioux, en entrevue. Il me semble très optimiste. Il n'est pas évident avec l'implosion démographique que les ghettos d'immigrés s'intègreront vraiment aux Québécois dans 2 ou 3 générations. Il n'y a tout simplement plus assez de jeunes écoliers « pure laine ».]

Le fossé culturel

Il faudrait être aveugle pour ne pas le reconnaître. Il ne s’agit aucunement de stigmatiser quiconque et encore moins de faire le procès de l’immigration, mais de comprendre qu’elle n’est pas toujours la panacée qu’on nous décrit. En particulier pour la seconde génération d’immigrants chez qui elle est souvent une souffrance.

Mal dans leur peau, ces enfants se retrouvent le plus souvent écartelés entre la culture de leurs parents et celle du pays qui les accueille. Or, ils ne possèdent généralement les codes ni de l’une ni de l’autre. Surtout si, à cause du nombre, le pays d’accueil n’a plus les moyens d’une véritable intégration.

Malgré ce que prétendent les illusionnistes de la diversité, il ne suffit pas de traverser une frontière pour que les différences culturelles s’effacent comme par magie. En France, par exemple, les jeunes Maghrébins ont tout naturellement tendance à rivaliser de virilité et à adopter un comportement clanique. C’est l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal qui m’expliquait que même en Algérie, on supportait mal les jeunes des banlieues françaises à qui personne n’avait jamais posé de limites.



Se bander les yeux

Il n’aura échappé à personne que ces sociétés sont généralement plus autoritaires que les nôtres. À Alger ou à Tunis, on n’hésite pas à corriger un jeune dès le premier écart de conduite. Ce qui n’est évidemment pas le cas en France et au Québec où même la police hésite à agir de peur d’être qualifiée de raciste.

Ignorer le problème ne rend service à personne, et encore moins à ces jeunes, me confiait le Dr Maurice Berger. Ce pédopsychiatre français, qui connaît bien le Québec, note la progression d’une violence gratuite qui dégénère parfois en violence extrême. Dans le centre éducatif où il travaillait, 90 % des mineurs étaient maghrébins. Mais aussi, tient-il à préciser, 80 % des éducateurs. C’est sa raison d’espérer. Pour lui, un renforcement des peines ne suffira pas si on ne ramène pas l’immigration à des niveaux raisonnables.

On aura beau se bander les yeux, partout, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Source : Journal de Montréal 

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