mardi 10 mars 2026

Des jeunes d’une école primaire de Londres, en février dernier

Voir un enfant à Londres pourrait être un évènement rare d’ici peu. Le coût prohibitif des logements et des garderies incite les jeunes familles à déménager, selon un rapport municipal.

Entre 2013 et 2023, Londres a gagné 506 000 habitants, mais le nombre d’enfants de moins de 10 ans a chuté de 99 100, en raison de la baisse du taux de fécondité et de l’exode des familles. Une centaine d’écoles sur 2500 ont fermé à Londres depuis 2018, surtout au centre-ville. Si la tendance se maintient, Londres pourrait devenir « une ville sans enfants », avertit le rapport.

Cette chute est plus rapide à Londres que partout ailleurs au Royaume-Uni depuis le début des années 2010, constate l’élue au conseil métropolitain Hina Bokhari.
Les coûts de logement et de garde d’enfants sont les plus élevés du pays. Élever une famille à Londres est simplement hors de prix pour beaucoup der personnes.

Hina Bokhari, élue au conseil métropolitain de Londres

L’étude vise à identifier les causes et les conséquences de ce phénomène pour les écoles et les services publics de la ville. Elle recommande de réaffecter les écoles vides plutôt que de les vendre, au cas où la population scolaire rebondirait.

Taux de fécondité très bas

Selon le rapport, le taux de natalité à Londres a atteint un sommet en 2012, mais a depuis chuté de 20 % et est maintenant de 10 % inférieur à la moyenne nationale au centre-ville, malgré une augmentation du nombre de femmes en âge de procréer durant la même période.

Le taux de fécondité y est inférieur à 1,2 naissance par femme, contre 1,41 en moyenne en Angleterre et au pays de Galles. Il est donc bien en dessous du niveau de 2,1 nécessaire pour que la population se maintienne sans immigration.

Selon Bernice Kuang, chercheuse en démographie à l’Université de Southampton citée dans le rapport, les couples reportent leur projet de parentalité parce qu’il faut plus de temps « pour s’établir professionnellement, quitter le domicile parental et acheter une maison ». Les Londoniennes ont leur premier bébé à 32,5 ans en moyenne, soit plus tard que dans le reste de l’Angleterre, selon le rapport.

Les Londoniens qui veulent fonder une famille choisissent de plus en plus de quitter la capitale. Le solde migratoire de Londres pour la cohorte de 25 à 44 ans est négatif depuis 2008.

Coût de la vie exorbitant

La maison moyenne à Londres coûte 11,1 fois le salaire local annuel moyen, comparativement à 7,7 fois en Angleterre. Les loyers à Londres sont 60 % plus élevés que la moyenne nationale. Au centre-ville de Londres, les garderies prenant des enfants de moins de 2 ans coûtent 34 % plus cher que la moyenne nationale et l’État n’en couvre qu’une partie.

La baisse du nombre d’élèves induit un risque financier pour les écoles, puisque leurs revenus dépendent du nombre d’inscriptions. Près des deux tiers des 100 écoles qui ont fermé depuis 2018 se trouvaient au centre-ville, et la majorité était des écoles primaires.

On n’observe pas un tel bouleversement de la démographie scolaire ailleurs en Angleterre.

Extrait du rapport municipal

La région métropolitaine prévoit une diminution de 2,5 % des places pour les enfants de 4 ans entre 2025-2026 et 2029-2030. Au centre-ville, la baisse sera de 6,2 %. Cela se répercutera sur les écoles secondaires. Les écoles ayant moins de revenus pourraient avoir plus de difficulté à recruter des enseignants, prévient le rapport, ce qui affecterait la qualité de l’enseignement.

Selon les projections démographiques de la Greater London Authority, le nombre d’enfants continuera à baisser jusqu’en 2034, année où il commencera à remonter, mais seulement au niveau de 2024. Face à ces fluctuations, réaffecter temporairement les écoles plutôt que les vendre permettrait de « protéger l’avenir du système scolaire de Londres », estime le rapport.


Source : La Presse de Montréal

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