dimanche 13 septembre 2026

Les derniers résultats des tests scolaires internationaux révèlent de nouveaux reculs alarmants

Tous les trois ans, l’OCDE, un regroupement de pays pour la plupart riches, publie les résultats des tests scolaires internationaux passés par des élèves de 15 ans à travers le monde. Il y avait des raisons d’espérer que les dernières données, publiées le 8 septembre, apporteraient de bonnes nouvelles. Les résultats en mathématiques, en lecture et en sciences s’étaient effondrés lors de la précédente session de tests, qui avait eu lieu juste après la pandémie. Les décideurs politiques osaient espérer que, cette catastrophe étant désormais loin derrière, les résultats commenceraient à remonter.

Ce n’est pas ce qui s’est produit. Au contraire, dans les pays riches — qui constituent le principal champ d’étude des tests —, les résultats ont encore baissé (voir graphique 1). En matière de maîtrise de la lecture et de l’écriture, le déclin s’accélère même. Ces données suggèrent que des facteurs de longue date font baisser les résultats scolaires et que, sans une correction rapide, les capacités des élèves pourraient s’enfoncer encore davantage. Quiconque se soucie des jeunes d’aujourd’hui — et, par conséquent, des sociétés de demain — devrait s’en alarmer.

Le projet de l’OCDE, connu sous le nom de PISA, évalue les aptitudes des jeunes à l’approche de la fin de leur scolarité obligatoire. Le nombre de systèmes scolaires participants s’est accru au fil des ans : les derniers tests ont été passés dans l’ensemble des 38 pays membres de l’OCDE et dans 53 autres pays (dont beaucoup sont des économies en développement). Les résultats servent à établir une sorte de classement international.

Cette année, comme lors de presque toutes les sessions de tests depuis 2000, les systèmes scolaires asiatiques dominent le classement. Les élèves chinois — qui participaient pour la première fois depuis 2018 — se sont classés en tête ou près de la tête dans toutes les disciplines. Mais les résultats de ce pays ne sont pas représentatifs car, entre autres problèmes, seuls quatre provinces ont participé aux évaluations. Les notes élevées enregistrées dans des pays comme Singapour, Taïwan et le Japon suscitent moins de doutes. Les élèves de ces pays semblent également devancer de manière significative leurs pairs des autres régions du monde.

L’Estonie semble toujours disposer du meilleur système scolaire en Occident. La Turquie progresse très rapidement. Et il y a des nouvelles encourageantes pour la Grande-Bretagne, dont les jeunes se classent désormais parmi les dix premiers au monde dans les trois disciplines. Par rapport à il y a trois ans, la Grande-Bretagne a amélioré ses résultats en sciences et a globalement maintenu ses performances en lecture et en mathématiques. Cela constitue un bon résultat alors que de nombreux autres pays sont en recul.

Pourtant, si l’on prend du recul, c’est le déclin à long terme qui domine le tableau. Les résultats moyens des 23 pays membres de l’OCDE ayant participé à toutes les éditions du programme PISA ont atteint un pic vers 2012 et n’ont cessé de baisser depuis. Tant en mathématiques qu’en lecture, les élèves de 15 ans des pays de l’OCDE affichent désormais des résultats qui auraient pu être obtenus par des élèves de 14 ans il y a une dizaine d’années (voir graphique 2). Les résultats concernant les établissements scolaires américains sont brouillés par de faibles taux de réponse, bien que les données disponibles suggèrent que, lors de la dernière session d’évaluation, leurs résultats en lecture et en écriture ont chuté, suivant la tendance observée dans les pays riches. Les tendances sont un peu moins préoccupantes dans les pays en développement, pour lesquels le niveau de performance était initialement plus faible. Mais même dans bon nombre de ces pays, les résultats en mathématiques et en lecture sont en baisse.

Les enfants qui figuraient déjà parmi les moins performants prennent encore davantage de retard. Dans l’ensemble des systèmes éducatifs, l’écart entre les élèves les moins performants et les plus performants n’a jamais été aussi important, selon les données du PISA, et ce dans toutes les disciplines évaluées. Environ 20 % des jeunes de 15 ans dans les pays de l’OCDE sont considérés comme ayant de faibles résultats en lecture, en mathématiques et en sciences — contre 16 % lors des évaluations menées il y a quatre ans. L’OCDE estime que ces jeunes auront du mal à comprendre tout ce qui dépasse les textes les plus simples, ou à déchiffrer une facture de services publics.

Quelles sont les causes de ce recul ? L’impact persistant de la pandémie joue sans aucun doute un rôle. Les jeunes qui ont participé aux tests PISA de cette année avaient environ dix ans lorsque la Covid-19 a frappé ; il est possible qu’ils aient été davantage affectés par les perturbations de cette période que les adolescents qui étaient plus avancés dans leur parcours scolaire.

La pandémie a également engendré de nouveaux problèmes qui persistent sans être maîtrisés. Les taux d’absentéisme restent bien plus élevés qu’avant la propagation de la Covid, pour des raisons très débatues. Dans les pays riches, environ 15 % des élèves manquent au moins une journée d’école primaire tous les quinze jours, contre environ 10 % en 2019 ; les absences sont également en hausse dans les établissements secondaires. Manquer ne serait-ce que quelques jours de cours peut avoir un impact considérable sur les notes.

Mais la baisse des résultats va également raviver les inquiétudes de longue date concernant l’impact de la technologie sur l’apprentissage des enfants — et sur leurs compétences en lecture en particulier. L’omniprésence des téléphones portables et l’accès généralisé aux réseaux sociaux font que les jeunes sont moins amenés à s’exercer à comprendre des textes complexes, affirme Andreas Schleicher, responsable de l’éducation à l’OCDE. Il souligne une augmentation du nombre de candidats classés comme « lecteurs pressés » qui parcourent rapidement l’évaluation de lecture tout en se trompant sur de nombreuses réponses.

Les écrans détournent manifestement les enfants des livres : seuls 37 % des enfants américains âgés de neuf ans déclarent aujourd’hui lire pour le plaisir, contre près de 60 % dans les années 1990. Le recul de la culture de la lecture pourrait bien faire baisser les notes dans d’autres disciplines, car une bonne maîtrise de la lecture est également essentielle pour progresser dans des matières telles que les mathématiques et les sciences.

Relever ces défis nécessite des politiques scolaires de premier ordre. Or, sur un large éventail de questions, les ministères de l’Éducation semblent manquer à leur devoir. M. Schleicher craint que les écoles ne soient devenues « complaisantes » et qu’elles aient de plus en plus tendance à dire aux élèves et aux parents que « un travail médiocre, c’est très bien ». Il critique l’utilisation excessive et désordonnée des logiciels éducatifs en classe, affirmant que les élèves servent trop souvent de « cobayes » à des outils dont l’efficacité n’a pas été prouvée. Certaines données suggèrent qu'on a laissé les écoles devenir de plus en plus turbulentes. Dans une récente enquête, des enseignants des pays riches ont indiqué que le temps qu'ils consacraient simplement à maintenir l'ordre augmentait progressivement.

Le programme PISA pourrait lui-même porter une part de responsabilité pour avoir orienté les réformateurs scolaires sur une voie hasardeuse. Lorsque les tests ont été menés pour la première fois en 2000, la Finlande a surpris le monde entier en se classant en tête du classement. Les décideurs politiques qui s’étaient rendus à Helsinki pour s’inspirer de l’expérience finlandaise sont revenus avec des messages que les enseignants de leur pays d’origine étaient ravis d’entendre. La Finlande semblait avoir obtenu des résultats remarquables avec un nombre limité d’évaluations et d’inspections. Son système éducatif prônait un apprentissage « basé sur le jeu », en particulier pour les plus jeunes. Il soutenait que les enseignants devaient passer moins de temps à parler devant le tableau noir et davantage à aider les élèves à trouver les réponses par eux-mêmes.

Pourtant, depuis ces premières évaluations PISA, presque aucun pays n’a vu ses résultats chuter aussi brutalement que la Finlande — une baisse qui se poursuit dans les derniers résultats. Les détracteurs de la Finlande avancent que les notes élevées obtenues en 2000 reflétaient en réalité des approches pédagogiques traditionnelles qui prévalaient encore dans ses écoles jusque dans les années 1990 — et non les nouvelles politiques « progressistes » qui ont fait sa renommée. Si tel est le cas, cette erreur a peut-être fait dérailler des dizaines de systèmes scolaires.

Quels pays pourraient servir de nouveaux modèles ? Les systèmes scolaires asiatiques ont eux aussi connu une certaine baisse ces dernières années, mais généralement moins marquée que dans d’autres pays riches. L’écart important entre les résultats de l’Est et de l’Ouest suggère que les politiques menées en Asie de l’Est méritent d’être réexaminées. Les parents y sont très attachés à la scolarité et n’hésitent souvent pas à dépenser sans compter pour des cours particuliers.

Les critiques ont raison de souligner que de tels facteurs sociaux sont difficiles à reproduire. Mais les responsables politiques de la région ont également pris un certain nombre de décisions judicieuses. Les pays asiatiques sont bien moins obsédés que les pays occidentaux par le maintien de classes à effectifs réduits : ils choisissent généralement d’avoir moins d’enseignants, qu’ils peuvent alors mieux rémunérer et former de manière plus intensive. Cela semble fonctionner mieux que d’ajouter sans cesse du personnel dans les écoles — la principale méthode par laquelle les États-Unis, en particulier, ont longtemps tenté d’améliorer les résultats.

La progression de la Grande-Bretagne dans les classements mérite davantage d’attention qu’elle n’en a reçu. Il y a une quinzaine d’années, sous un gouvernement de coalition dirigé par les conservateurs, les réformateurs scolaires en Angleterre — de loin le plus grand des quatre systèmes scolaires distincts du Royaume-Uni — ont pris une direction opposée à celle adoptée par la plupart des autres pays.

Le pays a renforcé le contenu factuel de ses programmes scolaires (certains préfèrent parler de « programmes riches en connaissances ») à une époque où, ailleurs, les décideurs politiques ne tarissaient pas d’éloges sur l’importance d’inculquer de vagues « compétences non techniques ». Il a rendu les examens plus rigoureux, a réduit l’importance des devoirs (pour lesquels il est facile de tricher) et a durci les inspections. Les responsables politiques ont également cherché à éloigner les écoles des méthodes d'enseignement dernier cri, à la mode mais non éprouvées, pour les ramener vers des méthodes plus traditionnelles.

Le fait que les politiques anglaises aient joué un rôle bénéfique sur les résultats scolaires apparaît très clairement lorsqu’on les compare à celles des systèmes scolaires voisins qui ont choisi une voie radicalement différente. Il y a vingt ans, les enfants écossais obtenaient de meilleurs résultats que leurs camarades du sud de la frontière. Aujourd’hui, leurs résultats ont tendance à être moins bons, alors même que les dépenses scolaires par élève y sont bien plus élevées. Les critiques de l’Écosse imputent cette situation à un programme scolaire à la mode « moderne », ainsi qu’à une approche laxiste en matière de discipline. Ni la Covid ni les écrans n’expliquent cette disparité, étant donné que ces fléaux ont touché tous les enfants de Grande-Bretagne de manière assez similaire.

Les résultats aux examens ne constituent pas une mesure de la valeur d’une personne, ni la preuve qu’elle est vouée à l’échec ou à la réussite. Mais de bonnes notes sont un indicateur très fiable de revenus plus élevés, d’une meilleure santé et d’une espérance de vie plus longue, parmi une multitude d’autres avantages. À l’échelle nationale, l’amélioration du niveau intellectuel d’un pays semble aller de pair avec des poussées ultérieures de croissance économique ; une analyse réalisée par Ludger Woessmann et Eric Hanushek, deux économistes, conclut qu’une augmentation de 25 points des résultats au test PISA pourrait faire progresser la croissance annuelle du PIB des pays riches d’un demi-point de pourcentage. Il n’existe pas encore beaucoup de preuves que l’intelligence artificielle réduira les retombées d’une éducation de haut niveau, mais il y a de nombreuses raisons de penser que cette technologie fera des ravages parmi les personnes peu qualifiées. Il est temps pour les réformateurs de l’éducation de se plonger dans les livres.

Source : The Economist

« Grand remplacement » : retour sur une polémique et tabou

Nous ne sommes pas sûr de suivre Mathieu Bock-Coté quand il dit (vers 1 min 24) : « Et là, on tombe sur la fameuse question de la théorie du Grand Remplacement. Et là, c'est la formule médiatique consacrée, c'est la théorie conspirationniste et raciste du grand remplacement. Et je lui demande est-ce que c'est une théorie raciste ? Elle me dit, elle est fausse, c'est mensongère. Très bien, elle est inexacte. »

Ou plus précisément, on ne sait si le « inexact » est une concession rhétorique pour faire avancer le débat comme pour dire « admettons qu'elle soit raciste, faut-il alors, selon vous, traîner les gens qui utilisent cette formule devant les tribunaux ? ». Ou Bock-Côté dit-il qu'elle inexacte car son auteur, Renaud Camus, n'y voit qu'une description factuelle et non un complot ourdi en secret par quelques noirs cénacles ?

En effet, Renaud Camus a nié, de façon répétée et explicite, que le « Grand Remplacement » soit un complot ou une « théorie du complot ». Il a réagi très souvent à cette accusation.

Ce que Camus dit lui-même

Sa position constante est à peu près celle-ci :

  • le Grand Remplacement n’est pas une théorie ;
  • ce n’est donc pas une théorie du complot ;
  • c’est un constat, un « chrononyme » (comme « Grande Guerre » ou « Grande Dépression ») : le nom d’une époque d’après son phénomène principal, le « changement de peuple et de civilisation ».

Dans un entretien de 2023 (repris dans son journal), à la question « Qu’est-ce qui se cache derrière, un complot ? », il répond :

Certainement pas. Le mot est infiniment trop petit. Il s’agit de mécanismes infiniment plus vastes, dont les rouages ne sont pas forcément des hommes, des femmes, des groupes ou des coalitions d’intérêts.

Ailleurs, il écrit qu’il n’a « jamais fait allusion au moindre “complot” », mot qu’il juge « ridiculement petit » face à des mécanismes industriels, financiers, cybernétiques, ontologiques.

Il ajoute souvent qu’un complot est censé être secret, alors que le processus, selon lui, « s’étale en pleine lumière », même si les médias et les élites le nient ou le taisent.

A-t-il réagi à l’accusation de complot ?

Oui, de façon obsessionnelle depuis plus de dix ans. Il appelle cela « la théorie de la théorie du complot » : selon lui, coller l’étiquette « complotiste » à toute description du changement démographique sert à décrédibiliser la question sans la discuter.

Il s’est parfois demandé s’il n’avait pas eu tort de passer tant de temps à se défendre de l’être. En 2015, dans son journal, il écrit même être devenu « semi-complotiste a posteriori » : non pas qu’il croie à un complot au sens classique, mais à une « volonté agissante ». Plus récemment, il ironise : les journalistes qui répétaient « théorie du complot ! » avaient peut-être raison de pointer une volonté, même si le mot reste « dix millions de fois trop petit ».

Source de ce phénomène démographique, selon Camus ?

Pas par une cabale secrète à la manière des Protocoles de Sion. Camus écarte en général l’idée d’un petit groupe d’inspirateurs cachés. Il distingue deux plans :

  • Le Grand Remplacement : le phénomène qui décrit l'immigration de masse, les différentiels de fécondité entre populations et la « déculturation », qu’il présente comme un fait, pas comme un plan ourdi dans l’ombre.
  • Le « remplacisme global » / la « davocratie » : sa théorie des causes. Ce serait la gestion managériale du « parc humain » par Davos, les banques, les fonds spéculatifs, les fonds de pension, les multinationales, les GAFAM, la cybernétique. Voir par exemple cet entretien.

Les « acteurs » qu’il nomme ne sont pas un comité secret unique :

  • les élites « remplacistes » (politiques « La Nouvelle France » de Mélenchon par exemple, médiatiques, intellectuelles) qui, selon lui, acceptent, encouragent ou taisent le processus ;
  • des intérêts économiques très concrets (main-d’œuvre, croissance, interchangeabilité) ;
  • une logique systémique plus qu’une intention claire : il compare cela à la Révolution industrielle, parle de Machenschaft (Heidegger) et dit que « la Machine se corrige et se contrôle elle-même » ;
  • parfois « vous, moi, la petite bourgeoisie universelle ».

Il parle aussi d’une « conspiration du silence » des élites sur le sujet, ce qui, pour ses critiques, suffit à classer le récit comme complotiste. Voir notamment l’article Grand remplacement sur Wikipédia.

Comment les autres le présentent

Wikipédia, Conspiracy Watch, Le Monde, franceinfo, etc., qualifient le Grand Remplacement de théorie complotiste d’extrême droite : substitution démographique acceptée, soutenue, voire organisée par une élite « remplaciste », dans un cadre « mondialiste ».

La tension est donc celle-ci : Camus refuse le mot « complot » et le schéma du secret ourdi par un petit groupe identifiable ; il décrit pourtant des élites complices, une volonté politique/financière et un silence organisé. Ses détracteurs retiennent le second volet ; lui insiste sur le premier.

L’existence des peuples, contre Habermas

Après le rappel de la polémique récente sur l'expression taboue de « Grand Remplacement », Bock-Côté dit que, pour nier toute idée de « remplacement » ou de « submersion », on commence par nier l’existence même des peuples historiques :

  • si le peuple d’un pays n’existe plus au sens ethnoculturel, démographique, civilisationnel, il ne peut pas être « submergé » ;
  • « si une réalité n’existe pas, elle ne peut pas disparaître » ;

  • mais réduire les peuples à de pures constructions juridiques rend le monde « inintelligible ».

Il donne des contre-exemples : les Irlandais face à l’Empire britannique ; les Slovènes et les Croates au moment de l’éclatement de la Yougoslavie ; les Catalans et les Écossais aujourd’hui. Dans chaque cas, des gens juridiquement citoyens d’un État disent qu’ils forment un peuple irréductible aux catégories légales du régime.

L'éditorialiste québécois pose ensuite la question pour la France : le mot « France » n’a-t-il qu’un sens constitutionnel, ou désigne-t-il aussi un peuple avec 1 500 ans d’histoire, au-delà des valeurs « circonstancielles » (républicaines, libérales, monarchiques, etc.) ?

Selon Bock-Côté, Habermas, pour tirer les leçons du nazisme, redéfinit la nation comme adhésion à un pacte constitutionnel sans arrière-plan culturel. Le chroniqueur de CNews dit comprendre le traumatisme allemand, mais refuse que tous les peuples occidentaux « abolissent leur identité culturelle » pour se définir seulement par un texte administratif et juridique, « pour payer les fautes de l’Allemagne ».

Il pousse l’argument : si demain la France était peuplée majoritairement d’Allemands ou de Danois, serait-elle encore la France, ou une extension de l’Allemagne ou du Danemark ?

Il cite aussi les pays baltes (Estoniens, Lettons, Lituaniens) après 1945 : selon lui, ils ont dû définir un droit de la nationalité pour que les populations russes installées par la colonisation soviétique ne les privent pas, par le vote, de leur indépendance.

Les peuples minoritaires : Taubira et la Guyane


Bock-Côt. enchaîne avec Christiane Taubira. Il rappelle des propos de 2007 (et d’environ deux ans plus tôt) sur la Guyane :

Nous sommes à un tournant identitaire. Les Guyanais de souche sont devenus minoritaires sur leur propre terre.
Elle expliquait cela, dit-il, par des « plans de peuplement » lancés dans les années 1970 pour noyer les mouvements indépendantistes et sécuriser le centre spatial.

Or Taubira a le droit de parler ainsi, et personne ne la traite de complotiste, de raciste ou d’extrême droite. La mise en minorité d’un peuple historique sur son territoire n’est donc pas, en soi, une thèse interdite — sauf, apparemment, quand il s’agit du peuple français [occidental plus globalement dirions-nous].

L’Initiative du siècle au Canada

L'éditorialiste évoque l’Initiative du siècle (Century Initiative) : un projet visant un Canada de 100 millions d’habitants, dont la croissance reposerait surtout sur l’immigration.

Selon lui, l’État canadien s’en est historiquement servi pour :

  • noyer la présence française au Québec** ;
  • et surtout affaiblir le poids politique des indépendantistes québécois.

Le parallèle avec Taubira est clair : elle parlait de « plans de peuplement » pour noyer l’indépendantisme guyanais ; Bock-Côté applique le même schéma au Québec dans le Canada.

Rappelons que l’Initiative du siècle est un groupe de pression canadien, lancé notamment par Dominic Barton (alors McKinsey) et Mark Wiseman (BlackRock), qui milite pour porter la population du Canada à 100 millions d’ici 2100. Bock-Côté et d’autres nationalistes québécois y voient une « noyade » du Québec francophone dans un Canada beaucoup plus peuplé et plus anglophone.

Voir aussi

Le Premier ministre canadien Mark Carney a invité à son conseil un confondateur de l'Initiative du Siècle