lundi 7 septembre 2026

L'école privée catholique Loyola de Montréal, victime collatérale de la nouvelle laïcité québécoise

Loyola, L’Eau-Vive, les écoles chrétiennes dans le collimateur de l'État québécois

On se souviendra que le collège privé catholique Loyola de Montréal avait contesté dès 2008 l’imposition gouvernementale d’une posture « neutre » dans les classes d’Éthique et culture religieuse, rendues obligatoires par le gouvernement québécois. Le collège soutenait qu’on ne pouvait exiger d’une institution catholique qu’elle enseigne le catholicisme en adoptant précisément le point de vue extérieur et neutre que le programme imposait. En 2015, la Cour suprême du Canada lui donna raison sur ce point : elle jugea déraisonnable le refus du gouvernement de tenir compte de la liberté religieuse de l’établissement, tout en confirmant la validité générale du programme Éthique et culture religieuse. Lequel programme a été aboli en 2020 et remplacé en 2024 par un nouveau programme  de Culture et citoyenneté québécoise.

Seize ans plus tard, Loyola se retrouve de nouveau confrontée à l’État québécois. Cette fois, le gouvernement ne lui demande plus seulement de modifier la manière dont elle enseigne la religion : la Loi 9, adoptée et sanctionnée le 2 avril 2026, conditionne désormais le maintien de certaines subventions publiques des écoles privées à des exigences renforcées de laïcité. Pour les établissements confessionnels comme Loyola, les conséquences seront importantes à compter du 2 avril 2029 : l’enseignement religieux obligatoire ne pourra plus avoir pour objectif de transmettre les croyances catholiques et les messes, prières et retraites devront être facultatives et se dérouler à l’extérieur des heures consacrées aux services éducatifs.

Loyola vient donc d’annoncer qu’elle fera le choix de son identité plutôt que celui de la subvention. Fondée en 1896, l’école entend renoncer au financement provincial et devenir entièrement indépendante. Elle estime que la disparition de la subvention représente environ 7 500 $ par élève et par an et que ses frais de scolarité pourraient passer d’environ 12 530 $ à 20 000 ou 21 000 $. Elle promet, en contrepartie, de développer considérablement son aide financière afin que l’indépendance de l’école ne la transforme pas en établissement réservé aux familles aisées.

Loyola insiste sur un point essentiel : elle n'est pas une institution en déclin. Les demandes d’admission sont à un niveau historique, la vie scolaire est florissante et ses finances sont solides. Elle fait donc un choix délibéré : elle préfère perdre l’argent public plutôt que de laisser l’État déterminer jusqu’où elle peut être catholique et jésuite. Le célèbre établissement dit prendre cette décision « en position de force, et non de faiblesse »

Mais Loyola n’est pas la seule école chrétienne placée dans cette situation.

À Québec, l’École L’Eau-Vive, une école privée protestante évangélique fondée en 2001 et qui accueille aujourd’hui plus de 580 élèves, a elle aussi été directement menacée par la réforme. Lors des consultations parlementaires, sa direction expliquait que la contribution de l’État représente environ 47 % des frais de scolarité et que la perte de cette subvention ferait passer la facture actuelle d’environ 3 800 $ à près du triple. Selon ses estimations, moins de 10 % des familles pourraient alors se le permettre.

Le cas de L’Eau-Vive est particulièrement révélateur. L’école affirme respecter le régime pédagogique québécois, ne pas sélectionner ses élèves ou ses enseignants selon leur religion et ne consacrer qu’une petite partie de son horaire — moins de 3 % selon sa direction — à un enseignement chrétien facultatif. Elle affirme en outre qu’aucune dérive ni aucune plainte n’ont été signalées contre elle. Son problème n’est donc pas d’avoir été prise en flagrant délit d’une pratique coercitive ou d’une violation du programme scolaire : c’est précisément son caractère chrétien revendiqué qui la met en difficulté.

Le contraste avec le contexte politique qui a vu la naissance de la Loi 9 est frappant.

La loi n'est pas nullement née de problèmes posés par les écoles privées Loyola ou L’Eau-Vive. Elle naît de scandales apparus dans le réseau public.

Victoire historique de l'« extrême droite » en Allemagne , le retour du nazisme, après le retour du fascisme avec Melloni ?

 

Radio-Canada (1,4 milliard de $ en subventions par an) veut nous faire « comprendre » en invoquant le nazisme... et l'image de « loups aux dents très, très longues ». L'impartialité en action.

 C’est par un mes­sage posté sur le réseau social X qu’Éric Zem­mour, pré­sident de Recon­quête, a salué la « vic­toire» du parti natio­na­liste alle­mand, anti-im­mi­gra­tion, pro-Donald Trump et rus­so­phile. « L’AfD vient de réa­li­ser 45 % des voix en Saxe-Anhalt. Son record his­to­rique. On accu­sera les élec­teurs», clame-t-il avant d’enchaî­ner : « Les vrais res­pon­sables sont ceux qui, un demi-siècle durant, ont traité comme un délit ce que les peuples éprou­vaient comme une évi­dence : le désir de demeu­rer soi-même. Le cor­don sani­taire n’a jamais pro­tégé per­sonne. Il n’a fait que retar­der l’heure de vérité. »

« En Alle­magne, la vic­toire de l’AfD est le résul­tat de la poli­tique néo­li­bé­rale des gou­ver­ne­ments alle­mands de grande coa­li­tion droite-ps » Jean-luc Mélen­chon can­di­dat LFI à l’élec­tion pré­si­den­tielle
Pour Sarah Knafo, dépu­tée euro­péenne de Recon­quête , l'AfD est « qua­li­fiée à tort de néo­na­zie ».

Même dis­cours du côté de Sarah Knafo, dépu­tée euro­péenne de Recon­quête, invi­tée de TF1 lundi matin. «Je vais vous dire la même chose que ce que j’ai dit lors de la vic­toire de Donald Trump, lors de la vic­toire de Gior­gia Meloni (…) je sais recon­naître une vague occi­den­tale quand j’en vois une », affirme-t-elle. Et l’ancienne can­di­date à la mai­rie de Paris, com­pagne d’Éric Zem­mour dans la vie, d’ajou­ter : « Vous dites le parti d’extrême droite. Je vous rap­pelle quand même que (…) la moi­tié des élec­teurs (alle­mand, NDLR) de centre droit ont voté pour l’AfD ». Pour Sarah Knafo, l’AfD est « qua­li­fiée à tort de néo­na­zie ».

La réac­tion des deux figures de Recon­quête n’est pas très sur­pre­nante. Le parti natio­na­liste français et l’AfD sont alliés au Par­le­ment euro­péen depuis juillet 2024, et siègent dans le même groupe : l’Europe des nations sou­ve­raines (ENS). Si Sarah Knafo est vice-pré­si­dente du groupe, elle est bien la seule élue française de cette for­ma­tion. 

La com­pa­rai­son avec la réac­tion des res­pon­sables du Ras­sem­ble­ment natio­nal (RN), favori des son­dages en vue de la pro­chaine élec­tion pré­si­den­tielle, est fla­grante. Ces der­niers ont accueilli les résul­tats du scru­tin alle­mand par un grand silence. Le jour même du vote, Jean-Philippe Tan­guy, bras droit de Marine Le Pen, avait donné le ton. « On ne se pro­nonce pas sur les élec­tions étran­gères de par­tis avec les­quels nous n’avons pas d’alliance », a-t-il lâché, invité de France 2 et de France Inter. Le député RN avait tout de même ajouté : « Je ne pense pas que l’Alle­magne laisse un parti dan­ge­reux pros­pé­rer (…) On dia­bo­lise à l’excès l’AfD. Sinon, (ce parti) serait inter­dit. »

Jor­dan Bar­della, pré­sident du parti à la flamme, avait été inter­rogé samedi lors du forum de Cer­nob­bio en Ita­lie, sur la pos­si­bi­lité que le RN renoue avec l’AfD. Le jeune loup natio­na­liste a sim­ple­ment répondu que ce n’était « pas prévu ». « Un cer­tain nombre de désac­cords nous ont ame­nés à prendre nos dis­tances avec l’AfD», a rap­pelé celui qui est aussi pré­sident du groupe Patriotes pour l’Europe (PE), avant d’ajou­ter : « Je note néan­moins que la pres­sion élec­to­rale exer­cée par l’AfD en Alle­magne a contri­bué à faire bou­ger les lignes au sein du gou­ver­ne­ment de Frie­drich Merz, puisque l’Alle­magne a réta­bli il y a quelques mois des contrôles à ses fron­tières. »


Source : Le Figaro