lundi 9 février 2026

Canada — des milliards pour l’assurance maladie des soi-disants « réfugiés »

Le programme permettant aux demandeurs d’asile de bénéficier gratuitement de n’importe quel service de santé au pays a coûté 2,6 milliards de dollars aux contribuables canadiens depuis une dizaine d’années.

Les personnes qui demandent l’asile au Canada reçoivent à leur arrivée au pays un «document d’identité du demandeur d’asile» surnommé poétiquement «papier brun» (à cause de sa couleur).

Ce formulaire leur donne accès à tout type de service de santé, sans distinction, dans le cadre du «Programme fédéral de santé intérimaire» (PFSI). Outre les soins de base, ils peuvent par exemple bénéficier de services dentaires urgents, de soutien psychologique et obtenir des médicaments sur ordonnance sans avoir à débourser quoi que ce soit.

Il n’y a pas si longtemps, les coûts de ce programme étaient somme toute assez raisonnables. 
En 2023, des centaines de personnes ont demandé à l'asile à l'aéroport Pearson, puis se sont retrouvées dans des églises de la région, dans des refuges municipaux ou dans la rue.

Pour 2016-2017, on parle d’environ 66,3 M$, alors qu’un peu plus de 84 300 personnes avaient obtenu des services de santé avec leur papier brun. Cela représente à peu près 786$ par tête de pipe.

Mais l’augmentation fulgurante du nombre de demandeurs d’asile et de réfugiés a radicalement changé la donne. Les remboursements frôlaient l’an dernier les 824 M$ (+1142%), pour 404 387 bénéficiaires (+379%), soit 2037$ par personne (+159%)!
Difficile à gérer

Naturellement, le programme est devenu par le fait même beaucoup plus lourd et difficile à gérer pour le gouvernement.

À preuve, les frais de gestion du PFSI n’ont cessé d’augmenter pendant cette même période, passant de 293 465$ à plus de 2 M$.

Suivant la même tendance, les coûts associés au traitement des réclamations ont atteint 32,9 M$ l’an dernier, alors qu’ils étaient de 3,7 M$ il y a dix ans.

Point de bascule

C’était devenu trop cher, même pour le gouvernement libéral, ce qui n’est pas peu dire.

Le lendemain de la publication de ces chiffres dans un document déposé à la Chambre des communes à la fin janvier, le ministère de l’Immigration a discrètement annoncé les modalités du nouveau système de «copaiement» dont la mise en place a été prévue dans son dernier budget.

À compter du mois de mai, les bénéficiaires du PFSI devront payer 4$ pour chaque médicament «délivré ou renouvelé» grâce à leur papier brun. Ils devront aussi payer 30% du coût des «services de santé supplémentaires admissibles», comme les soins dentaires, ophtalmologiques, le soutien psychologique et les appareils fonctionnels.

Les soins médicaux de base continueront d’être couverts en totalité.


Évolution des coûts du programme d’assurance maladie des demandeurs d’asile


2016–2017: 66,3 M$

2017-2018: 95 M$

2018-2019: 136,4 M$

2019-2020: 198,9 M$

2020-2021: 198,2 M$

2021-2022: 256,5 M$

2022-2023: 344,9 M$

2023-2024: 541,4 M$

2024-2025: 823,9 M$

Total 2016-2025: 2,6 G$

Sources: Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Le Journal de Montréal

Étude Ifop — Les adolescents français se droitisent, avec un rôle nuancé des jeunes issus de l’immigration

Une étude Ifop réalisée en février 2026 auprès de 1 028 adolescents de 15 à 17 ans, représentatifs de la France métropolitaine, révèle un basculement politique majeur chez la jeunesse : 56 % se positionnent désormais plutôt à droite, contre 44 % à gauche. Ce renversement par rapport à 1994 (où les 15-18 ans étaient 54 % à gauche et 46 % à droite) marque une nette « dégauchisation ».

François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualités à l’Ifop et auteur de l’étude, précise qu’il ne s’agit pas d’une explosion soudaine vers la droite, mais surtout d’un recul marqué du sentiment d’appartenance à la gauche. « Les jeunes qui se situent à gauche restent à peu près au même niveau numérique, mais ceux qui se déclarent explicitement de gauche sont de moins en moins nombreux », explique-t-il. Une lycéenne interrogée résume ce désintérêt : « On ne se retrouve plus dans ce paysage politique qui a tendance à vieillir. »

Cette évolution est très genrée : les garçons portent l’essentiel de la droitisation (64 % à droite contre 36 % à gauche), tandis que les filles restent majoritairement à gauche (53 %). Cet écart de 28 points témoigne d’une polarisation précoce par le genre, bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Sur le plan des valeurs, les 15-17 ans combinent un libéralisme sociétal (plus progressistes que leurs aînés sur l’IVG et l’homosexualité) avec un conservatisme marqué sur d’autres sujets : 58 % jugent « inacceptable » la critique des religions. Leurs principales peurs pour l’avenir restent concrètes : la guerre et l’insécurité dominent largement.

L’étude met aussi en évidence une montée forte de l’individualisme : désintérêt pour les partis traditionnels, indifférence aux clivages idéologiques classiques, recentrage sur la sphère privée (famille, amitié, argent). Le refus du sacrifice collectif s’accentue : seuls 23 % des adolescents se disent prêts à risquer leur vie pour défendre la France en cas d’invasion (contre 41 % en 1984). Cette proportion chute à 5 % chez les jeunes d’extrême gauche.

Le rôle des jeunes musulmans et des enfants d’immigration : conservatisme culturel vs faible attachement national

L’étude n’offre pas de croisement direct entre origine immigrée et positionnement gauche/droite, mais elle utilise la religion comme indicateur indirect, notamment pour les jeunes musulmans (souvent issus de l’immigration maghrébine ou subsaharienne). Ceux-ci influencent la tendance globale de manière ambivalente.

D’un côté, ils renforcent un conservatisme culturel qui alimente certains aspects de la droitisation (valeurs d’ordre, respect des traditions, rejet de certaines évolutions sociétales) :

  • 92 % des jeunes musulmans jugent inacceptable la critique des religions (contre 58 % pour l’ensemble et 76 % chez les catholiques pratiquants).
  • Sur les droits LGBT : 49 % considèrent les relations homosexuelles inacceptables (contre 7 % chez les sans-religion), et 57 % rejettent le changement de genre (contre 21 % chez les sans-religion).

Ce conservatisme moral, plus prononcé dans les milieux populaires (où les enfants d’immigration sont surreprésentés), contribue à freiner les avancées progressistes et à valoriser des thèmes d’autorité et de tradition, souvent associés à la droite en France.

D’un autre côté, les jeunes musulmans affichent un faible attachement national qui pourrait contrebalancer ou limiter la droitisation sur les aspects patriotiques et identitaires :

Seulement 13 % se disent prêts à défendre la France militairement (contre 23 % pour l’ensemble des adolescents), un chiffre proche de celui des extrême-gauche (5 %).

Ce détachement (lié à des facteurs socio-économiques, discriminatoires ou culturels) s’aligne plutôt sur des positions internationalistes ou de gauche traditionnelle, même si le conservatisme religieux les éloigne des valeurs sociétales de la gauche contemporaine.

Pour les autres enfants d’immigration non musulmans (par exemple d’origine subsaharienne chrétienne ou d’Asie), l’étude ne fournit pas de données spécifiques. Les clivages observés sont davantage religieux et socio-économiques que strictement ethniques.

En résumé, la « Bof génération » (comme la surnomme l’Ifop) se caractérise par une droitisation globale portée surtout par les garçons, un individualisme croissant et des inquiétudes sécuritaires.

Les enfants d’immigration, via le prisme musulman, accentuent le conservatisme culturel (renforçant indirectement certains marqueurs droitiers), mais leur faible patriotisme freine potentiellement les glissements nationalistes. L’étude souligne ainsi une jeunesse fragmentée, où genre, religion et classe sociale redessinent les clivages plus que jamais.