jeudi 22 octobre 2026

Les Éditions du Boréal mettent fin à leur relation avec Thélyson Orélien

Les Éditions du Boréal mettent fin à leur relation avec Thélyson Orélien soutenant que « de nouveaux éléments, confirmés au cours des derniers jours » prouvent le recours à l’intelligence artificielle par l’auteur du controversé livre C’était ça ou mourir.

« En conséquence, le Boréal ne réimprimera pas le roman et ne publiera pas d’autres livres de Thélyson Orélien », peut-on lire dans un communiqué que la maison d’édition montréalaise a publié ce mercredi.

L’éditeur a ajouté avoir rassemblé l’ensemble des versions de travail du roman et commandé une analyse externe approfondie, tout en indiquant que les résultats obtenus cette semaine ont révélé des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents.

« Pour nous, la question fondamentale est celle de la confiance entre auteurs et éditeurs. Dans la foulée des allégations, nous avons continué d’accorder la nôtre à Thélyson Orélien, qui nous assurait ne jamais y avoir eu recours. Cette affirmation est aujourd’hui démentie. Nous ne pouvons pas, dans ces circonstances, poursuivre notre collaboration professionnelle.», d'ajouter le communiqué de la maison d'édition.

L’auteur n’a pas répondu aux demandes d’entrevues du journal de La Presse, mais il a affirmé au quotidien français Libération qu’« ils en veulent au livre ». « Je ne sais pas ce qu’ils vont vouloir maintenant. Après le livre, vont-ils s’en prendre à ma personne ? Parce qu’ils n’arrêtent pas de fouiller dans mes comptes, ils mettent des hackers [pirates] pour fouiller », a-t-il ajouté. Selon lui, les journalistes « mettaient la pression » au Boréal qui a choisi de protéger l’institution plutôt que de le protéger. Il maintient avoir utilisé l’IA uniquement pour effectuer des recherches historiques.

Dans son communiqué, Le Boréal a déclaré avoir fait part à Thélyson Orélien de sa position avant de la rendre publique et demande que cessent les attaques personnelles à son égard.

La semaine dernière, La Presse avait appris que les Éditions du Boréal avaient signé un contrat avec Thélyson Orélien pour un deuxième roman, déjà écrit, sur les gangs de rue. L’éditeur n’écartait pas la possibilité de le publier à ce moment-là.

Thélyson Orélien avait de son côté publié une déclaration, le 13 octobre dernier, dans laquelle il niait toute utilisation d’une quelconque intelligence artificielle dans son roman,C’était ça ou mourir, disant avoir commencé à l’écrire à l’automne 2017 et terminé un premier jet en 2019. Il reconnaissait toutefois, dans ce même texte, les allégations de plagiat touchant de nombreux articles publiés avant son roman.

Lorsque le compte X « Balance ton Claude » avait affirmé, en s’appuyant sur l’outil de détection de Pangram, que le roman avait été « presque intégralement » écrit par l’intelligence artificielle, il avait été d’abord écarté de la sélection du Goncourt, puis des listes des prix Femina, Décembre et Médicis. Il est toujours en lice pour le prix Renaudot, qui dévoilera ses finalistes la semaine prochaine. Les droits de traduction ont par ailleurs été vendus dans une vingtaine de pays.

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