lundi 27 juillet 2026

Afrique du Sud : les réfugiés francophones pris au piège de la vague xénophobe

À l'approche des élections municipales, la montée des violences xénophobes en Afrique du Sud frappe durement les étrangers, y compris ceux qui bénéficient du statut de réfugié. Si plus de 160 000 migrants en situation irrégulière ont déjà quitté le pays, de nombreux réfugiés originaires de pays francophones, notamment de la République démocratique du Congo et du Burundi, n'ont tout simplement nulle part où aller.

À Durban, des centaines de Congolais, de Burundais et d'autres réfugiés campent depuis plusieurs semaines sur les trottoirs devant le Centre des réfugiés. Beaucoup avaient pourtant reconstruit une vie stable avant d'être chassés de leur logement ou de leur commerce par des groupes hostiles aux immigrés. Les autorités provinciales refusent de leur fournir un hébergement et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) reconnaît ne pas disposer de solution immédiate.



Les témoignages recueillis illustrent l'impasse dans laquelle se trouvent ces exilés. Raymond, réfugié congolais originaire du Masisi, a fui les atrocités commises dans l'est de la RDC après avoir vu sa sœur assassinée. De retour en Afrique du Sud, où il croyait avoir trouvé un refuge, il vit désormais dans la rue et ne peut envisager de rentrer dans une région toujours en guerre. Christian Tshizungu, également originaire du Kivu, a perdu son salon de coiffure lorsque son propre employé l'a contraint à fuir. Après avoir tenté de regagner son quartier, il a été violemment agressé et hospitalisé.

Une Congolaise en Afrique du Sud a été priée de céder son salon à un Sud-Africain. Elle a détruit son salon à la place. Selon certains, elle aurait été illégalement en Afrique du Sud.Vidéo d'Al Jazeera.

Les organisations humanitaires dénoncent l'inaction des pouvoirs publics. Selon Yasmine Rajah, qui accompagne les réfugiés depuis plus de vingt ans, la situation est sans précédent : lors des précédentes flambées de violences xénophobes, les autorités avaient ouvert des centres d'accueil temporaires ; cette fois, elles refusent toute mesure de protection. Les défenseurs des droits de l'homme rappellent que l'Afrique du Sud est pourtant liée par la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés, tandis que les mouvements anti-immigration promettent de poursuivre leur campagne.


Source : Le Figaro (résumé)

Voir aussi
 
 
 
Trump déclare qu'il supprime tout financement à l'Afrique du Sud en raison de la discrimination anti-blanche (extraits de la loi sur l'Éducation de base et sur l'expropriation sans compensation).
 
 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire