Israël est le seul État du forum à se reproduire au-delà du taux de remplacement ; le rapport cite le taux de fécondité élevé chez les Haredim, mais celui de la population laïque dépasse celui des autre pays de l'OCDE.
Le taux de natalité d’Israël reste le plus élevé parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques, selon un rapport de l’OCDE publié jeudi, alors que les taux de natalité diminuent dans l’ensemble du monde développé.
Les cinq États membres ayant les taux de natalité les plus élevés ont connu la plus forte baisse, indique le rapport, qui note toutefois « qu’Israël s’écarte de cette tendance car les femmes du groupe de population [ultra-orthodoxe] ont souvent un grand nombre d’enfants ».
L’indice synthétique de fécondité d’Israël est de 2,9 enfants par femme, suivi du Mexique (1,91) et de la France avec 1,62 enfant par femme, soit près du double de la moyenne de l’OCDE (1,5), selon le rapport.
Cette fécondité étonne dans un pays développé où le coût de la vie, et particulièrement le logement, est très élevé. Tel Aviv et Jérusalem figurent parmi les villes les plus chères au monde rapportées aux revenus. Pourtant, la natalité reste robuste, tirée par une combinaison de politiques publiques, d’aides financières, d’une culture pro-familiale et de facteurs religieux/culturels.
Israël n’a pas de « politique nataliste » explicite et coercitive, mais un ensemble de mesures très généreuses qui réduisent le coût économique des enfants :
- Allocations familiales (Bituach Leumi) : Universelles et automatiques pour tous les enfants de moins de 18 ans. En 2026, elles s’élèvent environ à :
Enfant | Montant en NIS/mois | En CAD (approx.) | En EUR (approx.) |
|---|---|---|---|
1er enfant | 173 NIS | 81,50 $ | 50,70 € |
2e, 3e et 4e enfant | 219 NIS | 103,10 $ | 64,20 € |
5e enfant et suivants | 173 NIS | 81,50 $ | 50,70 € |
Des suppléments existent pour les familles à bas revenus. Ces allocations ont un effet démontré sur la fécondité, surtout dans les groupes à forte natalité.
- Avantages fiscaux : Crédits d’impôt significatifs, particulièrement pour les jeunes enfants (jusqu’à environ 940 NIS/mois par enfant de moins de 3 ans si les deux parents travaillent, soit ≈ 443 CAD / 276 €).
- Congé maternité : 15 semaines payées, plus des protections pour les parents.
- Garderies et éducation : Gratuite à partir de 3 ans (et parfois avant avec subventions selon revenus). Les haredim bénéficient d’un réseau dense de yechivot et de garderies subventionnées.
- Technologies de reproduction : Israël finance généreusement les FIV, avec un des taux d’utilisation les plus élevés au monde. La parentalité biologique est vue comme un droit quasi-civil.
- Autres aides : Prêts logement bonifiés pour familles (surtout pour ceux ayant servi dans l’armée), aides à l’immigration (Olim), et un fort soutien communautaire (surtout chez les religieux).
Le logement constitue le principal frein : les prix ont explosé (+130 % entre 2000 et 2022, contre +45 % pour les revenus), en raison de la forte croissance démographique, de la bureaucratie (délais de permis longs), d’une offre insuffisante et d’une demande pour des logements plus grands (familles nombreuses). Beaucoup de jeunes familles peinent à acheter ou louer un appartement adapté.Malgré cela, plusieurs facteurs atténuent le choc :
- Soutien intergénérationnel : Les grands-parents aident souvent financièrement et pour la garde.
- Culture pro-familiale : Même chez les laïcs (hiloni), avoir des enfants reste une valeur centrale, liée à l’identité juive et à la résilience nationale.
- Concentration des naissances chez les haredim : Ils ont un ISF de ~6-7 et bénéficient de fortes subventions. Ils représentent une part croissante de la croissance démographique.
- Adaptation : Familles nombreuses s’installent souvent en périphérie (où le logement est moins cher) ou dans des communautés solidaires.
- Juifs globaux : ~3,03 à 3,09 enfants par femme en 2024 (hausse récente par rapport à 2022-2023). C’est désormais supérieur aux musulmans.
- Juifs haredim (ultra-orthodoxes) : ~6,5 (2021-2023), parfois cité autour de 6-7. En baisse lente sur longue période (de ~7,5 dans les années 2000), mais toujours très élevé. Ils représentent ~13-14 % de la population en 2025.
- Juifs religieux/national-religieux (Dati) : ~4,0-4,2.
- Juifs traditionnels (Masorti) : ~2,6-3,0.
- Juifs laïcs/séculiers (Hiloni) : ~2,0-2,3 (souvent juste au-dessus ou autour du seuil de remplacement 2,1 ; ~1,96-2,0 dans certaines périodes récentes pour les plus laïcs).
- Musulmans : ~2,7-2,75 en 2024 (forte baisse sur 20 ans, de ~4,5+ auparavant). Certaines estimations pour 2024 descendent à ~2,5.
- Chrétiens (majoritairement arabes) : ~1,6-1,7 (très bas, souvent le plus faible).
- Druze : ~1,6-1,85.
- Athées/non-religieux : Pas de catégorie séparée officielle, mais inclus dans les laïcs juifs (~2,0+) ou "autres". Les laïcs juifs maintiennent un ISF relativement élevé par rapport aux standards occidentaux grâce à la culture pro-familiale israélienne.
Les données précises par langue ou origine récente sont limitées, mais les immigrés de l’ex-URSS (souvent russophones, arrivés surtout dans les années 1990) avaient initialement un ISF très bas (proche de 1-1,5 à leur arrivée). Il a convergé vers celui des Juifs natifs laïcs/séculiers israéliens, avec une augmentation notable de la fécondité achevée (surtout chez ceux arrivés jeunes). Chez les plus séculiers, elle se rapproche beaucoup des laïcs natifs (~2,0+). Les non-juifs parmi ces immigrés ont souvent une fécondité plus faible.
Pas de chiffres officiels ultra-récents isolés pour 2024-2025, mais ils s’intègrent dans la moyenne des Juifs non-haredim (~2,4-2,5 pour les non-haredim globaux).
Bilan et défisLes politiques natalistes israéliennes fonctionnent : elles ont contribué à faire d’Israël l’exception démographique du monde développé. Elles coûtent cher à l’État (surtout avec la croissance haredim), mais elles produisent un « dividende démographique » (population jeune, armée forte, innovation). Cependant, la crise du logement reste un défi majeur. Sans accélération massive de la construction (surtout de logements abordables et adaptés aux familles), la pression sur les jeunes couples pourrait s’accentuer.
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