samedi 18 avril 2026

« Trans genre » : Le triomphe de l’amour et de la patience

Un texte de Joseph Facal paru dans le Journal de Montréal. 

Une vraie belle histoire, ça vous dirait, pour faire changement ?

Je vous parlais l’autre jour du documentaire de Jean-Pierre Roy intitulé Génération trans. [Dès 14 ans, au Québec, un enfant peut décider qu’il appartient au « mauvais sexe » et entreprendre seul une transition de genre. Nul besoin de consentement parental, sous prétexte que certains parents pourraient fort mal réagir. Le documentaire met en lumière l’omerta (ou le silence/refus de s’exprimer) d’une partie du corps médical et des ordres professionnels : le réalisateur a tenté d’interviewer le Collège des médecins, l’Ordre des psychologues et d’autres, qui ont refusé ou sont restés très discrets. Il est centré sur les témoignages de parents (surtout des mères) démunis face à la rapidité du processus, aux discours d’« affirmation de genre » immédiate, et aux risques d’irréversibilité. Il questionne le modèle d’affirmation rapide, l’influence des lignes directrices comme celles de WPATH, et le manque de réelle évaluation psychologique approfondie dans certains cas..]



Le film est centré sur les témoignages de parents d’enfants d’âge mineur qui disent vouloir « changer de sexe » parce qu’ils seraient nés « dans le mauvais corps ».

Ces parents racontent comment notre système psycho médical et légal s’emballe dès que l’enfant émet ce souhait.

Angoisse

Dans la foulée, une mère qui avait pris contact avec moi il y a trois ans m’a écrit de nouveau.

Elle avait alors une fille de 14 ans qui avait commencé à se dire garçon.

À l’époque, elle écrivait :

« Jamais ma fille n’avait démontré de malaise face à son corps. Ma fille s’est liée avec une fille qui se disait garçon et quelques mois après, ma fille se disait aussi garçon [...]. Nous sommes tellement angoissés par cette situation. Cela occupe toutes nos pensées ».

Elle ajoutait :

« Je discute avec énormément de parents de partout dans le monde qui sont touchés par la situation. Ces enfants ont pas mal tous le même profil. Ils n’ont jamais ressenti de malaise face à leur corps, sont anxieux, manquent de confiance en eux, [ont des] difficultés à se faire des amis, en pleine puberté, ils sont mal à l’aise dans leur corps, à la recherche d’un sentiment d’appartenance à quelque chose. »

Trois ans plus tard, elle m’écrit :

« Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous donner des nouvelles, car le dénouement de notre histoire peut être porteur d’espoir pour des parents qui vivent ce que nous avons vécu. [...] Celle qui était alors sombre, anxieuse, peu sûre d’elle et victime d’intimidation est devenue une jeune fille lumineuse et épanouie. Elle a dorénavant un grand cercle d’amies, elle est appréciée de ses pairs et elle a retrouvé une immense confiance en elle. Nous sommes d’ailleurs plus proches que jamais, nous passons énormément de temps ensemble. »

Elle dit ensuite :

« Nous ne pouvons nous empêcher de nous demander : où en serait-elle si nous l’avions encouragée dans un changement de nom et de genre à l’école ? Où en serait-elle si nous avions couru chez le médecin pour obtenir des bloqueurs de puberté ? Nous savons qu’elle n’aurait pas ce bien-être actuel et que sa vie serait inutilement complexifiée par des décisions médicales irréversibles ».
Espoir

Je la laisse conclure :

« Notre fille traversait une forme de crise d’adolescence – une crise qui, si elle est encouragée plutôt que simplement accompagnée, peut avoir des répercussions sur une vie entière. Aujourd’hui, que ce soit dans son attitude, sa personnalité ou sa présentation, c’est comme si cet épisode n’avait jamais existé. Nous n’en reparlons jamais, car nous savons que cela la gênerait et ce n’est tout simplement pas nécessaire. »

La dysphorie de genre existe, mais elle est rarissime, sans commune mesure avec les troubles communs de l’adolescence.

L’amour et la patience ont triomphé.

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