Anne-Sophie de Rous sur RTS (télé publique suisse) souligne que les suspects, issus de milieux bourgeois et militants antifascistes, ne sont pas des "damnés de la terre" mais des produits d'une idéologie déresponsabilisante, comme l'analyse Thomas Sowell dans ses travaux sur la culture de la dépendance.
Anne-Sophie de Rous sur RTS, où elle dénonce le mépris de classe des élites de gauche qui romantisent la violence au nom de la justice sociale, reliant cela à une impunité favorisée par des institutions complices.
Le billet d'Anne-Sophie de Rous sur le lynchage de Quentin. Extrêmement inattendu de la part de la RTS, je vous recommande.https://t.co/Vjshj0dA6c
— Thibault Schaller (@Thibauuuuuult) February 23, 2026
L’économiste américain Thomas Sowell emploie l’expression « the anointed » — que l’on peut traduire par les oints, les consacrés, voire les auto-oints — pour désigner, sur un mode à la fois critique et ironique, une certaine élite intellectuelle, médiatique et politique persuadée d’avoir une vision supérieure de ce qui est bon pour la société. Il a surtout popularisé ce terme dans son livre de 1995, The Vision of the Anointed, dont le sous-titre résume bien l’idée : l’auto-congratulation comme fondement de la politique sociale.
Qui sont « les oints » selon Sowell ?
Il s’agit, non pas d’un groupe institutionnel précis, mais d’un milieu ou d’un état d’esprit. Sowell y range des personnes et des cercles qui se perçoivent comme moralement et intellectuellement supérieurs, détenteurs d’une vision privilégiée du bien commun. On y trouve typiquement :
- des intellectuels et universitaires plutôt situés à gauche ;
- des journalistes et commentateurs des grands médias ;
- des militants et responsables politiques progressistes ;
- des experts et planificateurs sociaux.
Les traits principaux de cette « vision »
Dans son analyse, Sowell attribue à cette attitude plusieurs caractéristiques récurrentes.
1) Une autosatisfaction morale.
Les « oints » tireraient une grande part de leur légitimité du sentiment d’avoir de bonnes intentions. Le fait que certaines politiques produisent des résultats discutables ou négatifs n’entamerait guère cette certitude : l’essentiel, à leurs yeux, reste la noblesse de l’objectif.
2) Une opposition entre les « oints » et les autres.
3) Une tendance à éluder les contre-preuves.
4) Une confiance élevée dans la transformation sociale.
Les exemples que Sowell met en avant
Pour illustrer sa critique, Sowell évoque notamment :
- certaines prédictions catastrophistes des années 1970 (sur la démographie ou l’environnement) qui ne se sont pas réalisées telles qu’annoncées ;
- des politiques criminelles jugées trop indulgentes dans les années 1960-1980, concomitantes d’une hausse de la criminalité dans plusieurs villes américaines ;
- l’idée selon laquelle la pauvreté s’expliquerait uniquement par un manque de redistribution, alors que lui insiste davantage sur les comportements, les incitations et les effets de politique publique.
Depuis une trentaine d’années, ce concept est devenu une référence fréquente — souvent moqueuse — dans les milieux conservateurs et libertariens lorsqu’ils critiquent ce qu’ils perçoivent comme des élites éloignées des réalités sociales. On le retrouve encore aujourd’hui dans de nombreux débats publics.
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