lundi 8 décembre 2025

La Stratégie de Sécurité Nationale de Trump 2025 : un virage plus isolationniste et conservateur

La Maison Blanche a publié le 4 décembre un document intitulé National Security Strategy of the United States of America (novembre 2025). Il s’agit d’un fichier PDF officiel de 33 pages, disponible publiquement sur le site de la Maison Blanche. Ce document expose les priorités de l’administration Trump pour la politique étrangère et la sécurité nationale, en mettant l’accent sur une approche « America First » (Les États-Unis d’abord) qui se veut pragmatique, un recentrage sur l’hémisphère occidental (les Amériques), et des critiques acerbes envers les alliés européens. 

Ce texte marque un virage isolationniste et transactionnel par rapport aux stratégies précédentes (y compris celle de Trump en 2017), et il a suscité des réactions vives en Europe. Voici un décryptage des thèmes principaux, qui mêlent rejet de l’hégémonie globale, promotion d’un conservatisme social et une rhétorique lucide sur la démographie et l’immigration.

Les critiques contre l’Europe ont été fraîchement accueillies dans les médias traditionnels (subventionnés) en Europe


Un abandon du rôle de « gendarme du monde »

Le document rejette explicitement l’hégémonie globale post-Guerre froide, qualifiée d’« indésirable et impossible ». Il prône un « corollaire Trump » à la Doctrine Monroe, recentrant les efforts militaires sur l’hémisphère occidental pour contrer la migration, les cartels et l’influence chinoise en Amérique latine.

Le texte énonce que « Tous les pays, toutes les régions, toutes les questions ou toutes les causes, aussi louables soient-elles, ne peuvent pas être au centre de la stratégie américaine. L’objectif de la politique étrangère est la protection des intérêts nationaux fondamentaux ; c’est le seul objectif de cette stratégie.

Les stratégies américaines depuis la fin de la guerre froide ont échoué : elles se sont résumées à des listes de vœux pieux ou d’objectifs souhaités ; elles n’ont pas clairement défini ce que nous voulons, mais ont plutôt énoncé des banalités vagues ; et elles ont souvent mal évalué ce que nous devrions vouloir.

Après la fin de la guerre froide, les décideurs de la politique étrangère américaine se sont convaincus que la domination permanente des États-Unis sur le monde entier était dans l’intérêt supérieur de notre pays. Pourtant, les affaires des autres pays ne nous concernent que si leurs activités menacent directement nos intérêts. »

Fierté nationale et promotion des familles « traditionnelles »

Le renouveau patriotique et interne est au cœur du document, avec un appel à une « renaissance américaine » via la réindustrialisation (de 30 000 à 40 000 milliards de dollars d’ici les années 2030), la fin de la « discrimination positive » (affirmative action), et une sécurité des frontières comme « élément principal de la sécurité nationale », y compris l’usage de force létale contre les cartels.

Le document insiste sur un retour aux valeurs fondamentales :  
« Nous voulons une Amérique qui chérit ses gloires passées et ses héros, et qui aspire à un nouvel âge d’or. Nous voulons un peuple fier, heureux et optimiste, convaincu qu’il laissera à la prochaine génération un pays meilleur que celui qu’il a trouvé. Nous voulons des citoyens qui ont un emploi rémunérateur, sans que personne ne soit laissé pour compte, et qui tirent satisfaction de savoir que leur travail est essentiel à la prospérité de notre nation et au bien-être des individus et des familles. Cela ne peut se faire sans un nombre croissant de familles traditionnelles solides qui élèvent des enfants en bonne santé. »

La (dé)natalité, un sujet tabou au Québec ?

En 2024, l'indice de fécondité au Québec était tombé à 1,33 enfant/femme. Pour que les générations se renouvellent il faut 2,1 enfants/femme. L'indice de fécondité des francophones est sans doute plus proche de 1,2 enfant/femme puisque de nombreux immigrants et amérindiens ont plus d'enfants que la moyenne.

On prévoit le même taux désastreux pour 2025, voire même un peu plus bas (1,32 enfant/femme selon les prédictions de BirthGauge).

Aucun parti politique n'a de politiques natalistes ni ne remet en cause les valeurs ou priorités qui pourraient déprimer la natalité. (Tous les pays n'ont pas les mêmes indices désastreux, Israël a même une natalité en plein essor.)

Pour le chercheur Étienne-A. Beauregard la famille ne peut plus être un tabou pour nos élus:

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