Un article d’opinion et une enquête publiée fin avril 2026 s’appuient sur un document interne confidentiel de l’École de leadership et de recrues des Forces armées canadiennes à Saint-Jean-sur-Richelieu. Ce rapport, rédigé par le lieutenant-colonel Marc Kieley, analyse les effets des réformes de recrutement mises en place pour faire face à une crise persistante des effectifs.
Ces réformes ont notamment ouvert plus largement le recrutement aux «résidents permanents» — en pratique, des immigrés récents qui ne sont pas encore citoyens canadiens, souvent arrivés depuis moins de trois ans — tout en assouplissant certaines exigences d’entrée. Cette politique a permis une hausse des effectifs en 2025, mais avec des effets secondaires importants sur la formation.
Ces réformes ont notamment ouvert plus largement le recrutement aux «résidents permanents» — en pratique, des immigrés récents qui ne sont pas encore citoyens canadiens, souvent arrivés depuis moins de trois ans — tout en assouplissant certaines exigences d’entrée. Cette politique a permis une hausse des effectifs en 2025, mais avec des effets secondaires importants sur la formation.
Le rapport met en lumière un cas particulièrement problématique : un peloton d’officiers au Québec composé à environ 83 % de ces nouveaux arrivants récents. Les difficultés observées y sont multiples :
- maîtrise insuffisante du français, difficulté à « considérer les femmes comme leurs égales »,
- incompréhensions culturelles dans les rapports hiérarchiques et entre sexes,
- tensions internes entre recrues de différentes origines (conflits ethniques),
- ainsi que des accusations croisées de discrimination et de traitement inégal.
Le terme « diverses accusations » recouvre ici des griefs réciproques entre groupes de recrues et encadrement, plutôt qu’une réalité univoque.
Sur le plan global, le taux de réussite des formations de base est en baisse, passant d’environ 85 % historiquement à 77 % sur les trois premiers trimestres de 2025-2026. Le phénomène est plus marqué dans les unités francophones, où la proportion de recrues récentes issues de l’immigration est plus élevée.
Sur le plan global, le taux de réussite des formations de base est en baisse, passant d’environ 85 % historiquement à 77 % sur les trois premiers trimestres de 2025-2026. Le phénomène est plus marqué dans les unités francophones, où la proportion de recrues récentes issues de l’immigration est plus élevée.
Le rapport indiquait qu’un des premiers pelotons d’officiers francophones était composé à 83 % d'immigrés récents. Le porte-parole du ministère de la Défense nationale, le commodore Pascal Belhumeur, a précisé que ce chiffre faisait en réalité référence à la proportion de recrues nées à l’étranger, et que les « résidents permanents» représentaient 47 %.
Le rapport indiquait également que le taux d'inscription des non-citoyens dans les cours d'officiers francophones était en moyenne de 57 % ; parmi les sections d'officiers anglophones, les résidents permanents représentaient généralement environ 30 % des effectifs et constituaient en moyenne environ 25 % des inscrits aux cours.
Selon le rapport, certains de ces candidats n’étaient au Canada que depuis trois mois. Cette situation a été corrigée en février, a déclaré M. Belhumeur, avec l’imposition d’une condition de résidence de trois ans pour tous les candidats.
Ces problèmes semblent plus marqués du côté francophone de l’armée : près de la moitié des candidats officiers résidents permanents francophones ont plus de 35 ans (contre 33 % du côté anglophone), note le rapport. De plus, un premier peloton francophone à forte composante d’origine étrangère a été « en proie à des allégations de racisme de la part des candidats à l’encontre du personnel, mais aussi de candidats à l’encontre d’autres candidats, ainsi qu’à des querelles internes constantes entre les groupes culturels au sein du peloton (par exemple, les candidats camerounais contre ceux de Côte d’Ivoire) ». Du côté anglophone, les pelotons comptant une forte proportion de résidents permanents « souffraient d’un faible niveau de condition physique ».
Il convient de noter que ces dernières années, le Canada a accueilli des résidents permanents francophones ayant obtenu des scores extrêmement bas, et que les initiatives d’immigration francophone ont profité de manière disproportionnée aux Camerounais.
Belhumeur a déclaré que l’armée travaillait actuellement sur un « outil d’intégration » destiné à expliquer l’éthique et la culture de l’institution aux candidats.
Le rapport indique que les instructeurs francophones ont du mal à accepter ces changements : « Dans les pelotons francophones (d’officiers), où les résidents permanents représentaient 50 à 80 % de l’ensemble des candidats, les réactions ont été plus vives, le personnel francophone s’interrogeant ouvertement sur l’opportunité conférer des grades d’officier à des non-Canadiens. »
Le rapport propose de « limiter la proportion de résidents permanents à 20 ou 25% par cohorte » afin d'assurer une meilleure cohésion dans les rangs.
Ces révélations ont suscité une réaction politique immédiate. Le député conservateur James Bezan, porte-parole en matière de défense, a annoncé que son parti allait forcer la tenue d’une enquête parlementaire au Comité permanent de la défense nationale. Il accuse le gouvernement d’avoir mis en place des réformes sans mesurer pleinement leur impact sur la qualité de la formation et la cohésion des unités.
Selon lui, le gouvernement a mis en avant les chiffres globaux de recrutement sans mentionner la baisse du taux de réussite en formation et les difficultés internes documentées par le rapport. Les conservateurs demandent donc un examen approfondi des politiques de recrutement, de leurs effets sur les standards militaires et de la capacité d’intégration des nouvelles recrues.
Le rapport indiquait également que le taux d'inscription des non-citoyens dans les cours d'officiers francophones était en moyenne de 57 % ; parmi les sections d'officiers anglophones, les résidents permanents représentaient généralement environ 30 % des effectifs et constituaient en moyenne environ 25 % des inscrits aux cours.
Selon le rapport, certains de ces candidats n’étaient au Canada que depuis trois mois. Cette situation a été corrigée en février, a déclaré M. Belhumeur, avec l’imposition d’une condition de résidence de trois ans pour tous les candidats.
Ces problèmes semblent plus marqués du côté francophone de l’armée : près de la moitié des candidats officiers résidents permanents francophones ont plus de 35 ans (contre 33 % du côté anglophone), note le rapport. De plus, un premier peloton francophone à forte composante d’origine étrangère a été « en proie à des allégations de racisme de la part des candidats à l’encontre du personnel, mais aussi de candidats à l’encontre d’autres candidats, ainsi qu’à des querelles internes constantes entre les groupes culturels au sein du peloton (par exemple, les candidats camerounais contre ceux de Côte d’Ivoire) ». Du côté anglophone, les pelotons comptant une forte proportion de résidents permanents « souffraient d’un faible niveau de condition physique ».
Il convient de noter que ces dernières années, le Canada a accueilli des résidents permanents francophones ayant obtenu des scores extrêmement bas, et que les initiatives d’immigration francophone ont profité de manière disproportionnée aux Camerounais.
Belhumeur a déclaré que l’armée travaillait actuellement sur un « outil d’intégration » destiné à expliquer l’éthique et la culture de l’institution aux candidats.
Le rapport indique que les instructeurs francophones ont du mal à accepter ces changements : « Dans les pelotons francophones (d’officiers), où les résidents permanents représentaient 50 à 80 % de l’ensemble des candidats, les réactions ont été plus vives, le personnel francophone s’interrogeant ouvertement sur l’opportunité conférer des grades d’officier à des non-Canadiens. »
Le rapport propose de « limiter la proportion de résidents permanents à 20 ou 25% par cohorte » afin d'assurer une meilleure cohésion dans les rangs.
Ces révélations ont suscité une réaction politique immédiate. Le député conservateur James Bezan, porte-parole en matière de défense, a annoncé que son parti allait forcer la tenue d’une enquête parlementaire au Comité permanent de la défense nationale. Il accuse le gouvernement d’avoir mis en place des réformes sans mesurer pleinement leur impact sur la qualité de la formation et la cohésion des unités.
Selon lui, le gouvernement a mis en avant les chiffres globaux de recrutement sans mentionner la baisse du taux de réussite en formation et les difficultés internes documentées par le rapport. Les conservateurs demandent donc un examen approfondi des politiques de recrutement, de leurs effets sur les standards militaires et de la capacité d’intégration des nouvelles recrues.
