Selon l’évaluation nationale Cedre Sciences 2024 publiée par la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale), les résultats des élèves de troisième (dernière année du collège, correspondant à des élèves âgés d’environ 14 à 15 ans) poursuivent leur dégradation. Le résultat moyen passe de 250 points en 2013 à 238 en 2018, puis à 232 en 2024.
Mais derrière cette baisse globale se dessine une réalité plus préoccupante : le recul se concentre fortement sur les « bons élèves ».
Le rapport officiel met en évidence un net glissement des élèves des groupes de haute performance vers des groupes plus faibles. Voici les principaux chiffres :
| Année | Résultat moyen | Élèves les plus faibles (groupes <1 + 1) | Élèves les plus performants (groupes 4 + 5) | Dont groupe 5 (les meilleurs) |
|---|---|---|---|---|
| 2013 | 250 | 15 % | 26,1 % | 9,2 % |
| 2018 | 238 | 22 % (+7 pts) | 19,9 % | 5,3 % |
| 2024 | 232 | 25 % (+10 pts depuis 2013) | 16,8 % | 4,4 % |
La part des meilleurs élèves (groupe 5) a été divisée par près de deux en onze ans. Le groupe 4 (deuxième niveau de performance) a, lui aussi, reculé de 3 points entre 2018 et 2024, passant de 15 % à 12,4 %. À l’inverse, la proportion d’élèves en difficulté progresse nettement, passant de 15 % à 25 % sur la période.
La DEPP constate ce phénomène sans en proposer d’explication : elle évoque simplement un « glissement du pourcentage d’élèves des groupes de performance élevée vers des groupes de performance plus faible ». Le décrochage est plus marqué chez les garçons que chez les filles, dans le public que dans le privé, dans les collèges socialement défavorisés que dans ceux dits « privilégiés ».
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Cette évolution, observée au fil des évaluations successives depuis 2007, soulève des interrogations quant à l’organisation de l’enseignement des sciences (SVT, physique-chimie, technologie) en fin de collège : réduction des horaires, hétérogénéité accrue des classes après la suppression des groupes de niveau, ou encore évolution des pratiques pédagogiques sont régulièrement avancées par les enseignants, sans que le rapport officiel ne tranche.
Un signal fort, donc, pour un enseignement des sciences qui semble perdre en exigence et en efficacité auprès des élèves les plus performants. La France, qui plaçait autrefois la barre haut en sciences au collège, voit aujourd’hui le sommet de sa hiérarchie scolaire s’éroder.
