vendredi 23 janvier 2026

Rive-Sud de Montréal — Des « jeunes » causeraient bien des « maux de tête » aux commerçants

À Brossard (au Québec), une bagarre entre plusieurs jeunes s’est terminée de manière violente. Deux coups de feu ont été tirés, une personne a été poignardée et une autre aspergée de gaz poivré. 

Les événements se sont produits dans le stationnement du petit centre commercial situé juste en face de l’établissement scolaire Antoine-Brossard fréquenté par de nombreux enfants issus de l'immigration.



Billet du 2 décembre 2025
 
Bagarres, menaces, agressions armées, vols qualifiés, méfaits : des commerçants sont exaspérés par les comportements violents d’élèves de l’école secondaire Antoine-Brossard. Depuis la rentrée scolaire, la police de Longueuil est intervenue à 25 reprises près d’un centre commercial où des centaines d’adolescents s’attroupent tous les jours à l’heure du midi.

Écoutez les accents des jeunes, le fait qu'il y ait de plus en plus d'élèves à l'école Antoine-Brossard (alors que les Québécois ne font plus assez d'enfants depuis 50 ans), notez la carnation (leur teint) des jeunes. Ali Barat, propriétaire d’un dépanneur, tente tant bien que mal de contrôler les entrées et sorties des élèves qui se bousculent à l’intérieur. « Ils volent beaucoup. Tous les jours, je vais en [attraper] un ou deux », explique-t-il, l’air dépassé.

La semaine précédente, les élèves se sont rués… sur le lait. Un gaz irritant a été pulvérisé par quelqu’un dans la foule. Les élèves voulaient rincer leurs yeux brûlants. Ali Barat refuse désormais de leur vendre des œufs. Trop de batailles. « C’est fatigant », dit-il.

Dans le commerce adjacent, Mario Lacombe, un serrurier, observe la scène à travers la fenêtre de sa boutique. « Là, c’est tranquille, c’est une petite journée. » Normal, remarque-t-il, la police est venue hier. Une opération de visibilité d’envergure a eu lieu pour tenter de refroidir l’ambiance.
 
Feux d’artifice et eau de Javel

La situation perdure depuis des années, déplore le serrurier. Une vidéo captée devant le commerce en 2023 montre par exemple des jeunes qui prennent le stationnement pour un ring de boxe. Une autre séquence filmée à l’arrière, en 2022, montre un jeune homme qui brandit quelque chose qui a la forme d’une arme de poing.

« Cette vidéo montre une agression armée survenue à la suite de méfaits commis sur un véhicule par projectile d’arme s’apparentant à une arme à feu. L’enquête a permis d’identifier un suspect, mineur au moment des faits, mais la victime n’a pas été localisée », précise le SPAL.

« C’est inquiétant. Je ne comprends pas que les parents réagissent si peu », ajoute la fille de M. Lacombe, Annie Lacombe, dont la voiture a déjà été endommagée lors d’une bagarre.

« Un gros problème, c’est que l’école dit que dès qu’ils sortent du terrain, elle n’est plus responsable », souligne celle qui doit souvent accompagner les clients vers leur voiture.

Dans un salon de beauté situé au bout du centre commercial, la coiffeuse Marie-Josée Demers raconte qu’en juin dernier, elle a secouru un élève qui avait été aspergé d’eau de Javel et de sardines. Une adolescente le menaçait avec des ciseaux. « Ils essayaient de tabasser le garçon », raconte-t-elle.

Mme Demers explique que les bagarres sont très fréquentes. 
 
« Ce n’est pas normal, je m’excuse, mais ils sont sauvages. Ils sont très sauvages », dit-elle.

« C’est mauvais pour le commerce », ajoute sa collègue Alice Gaudreault. Des clients évitent d’ailleurs de prendre des rendez-vous sur l’heure du dîner.

Pendant ce temps, au restaurant Pizza Pizza, c’est la cohue. Des dizaines d’élèves s’entassent à l’intérieur du restaurant même s’ils ont leur boîte à lunch. Il est presque impossible de se frayer un passage. Parmi les deux employés sur place, Sakshi Sairi raconte qu’il y a une semaine, des élèves ont lancé des feux d’artifice dans le portique de la pizzéria. Une vitre a aussi été fracassée par un bloc de glace lors d’une bataille de boules de neige. Elle raconte que des bagarres ont déjà éclaté à l’intérieur.
 
Les adolescents à qui nous avons parlé racontent avoir vu des élèves avec des couteaux et des matraques. Plusieurs disent avoir reçu du gaz irritant. Pourquoi continuer de fréquenter le lieu ?

Quand arrive l’heure du midi, c’est la cohue au restaurant Pizza Pizza.

« On n’a pas peur du danger », a répondu un autre garçon du groupe.
 
De pire en pire

La situation s’est aggravée depuis septembre, disent les commerçants. Une réalité corroborée par le SPAL. « En trois mois, 25 déplacements policiers, ça commence à être considérable », confirme l’agent relationniste François Boucher.

Quelle est la nature des évènements commis ? Des bagarres « impliquant des dizaines de jeunes », des vols qualifiés sur des personnes, des méfaits sur des commerces, des agressions armées, la possession d’arme blanche, l’usage de gaz de type répulsif contre les ours et des incivilités près d’établissements, rapporte le corps policier municipal.

La situation est préoccupante en raison de la « gradation de la violence », affirme François Boucher. C’est pourquoi la présence policière s’est intensifiée.

Mario Lacombe raconte qu’une policière s’est récemment « fait entourer » par une cinquantaine de jeunes. « Écoute, tu ne la voyais plus », explique le serrurier.

Source : La Presse
 
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France — « Le masculinisme : "un enjeu de sécurité nationale" »

Mathieu Bock-Côté, sociologue, critique un rapport du Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes publié en janvier 2026, qui qualifie le masculinisme de menace à l'ordre public et à la sécurité nationale.

Bock-Côté dénonce une dérive idéologique en assimilant paternalisme traditionnel (comme la galanterie ou la protection financière des hommes) à un sexisme hostile, et en liant ce dernier à des positions de droite ou religieuses, sans aborder les violences issues de cultures immigrées.


Mathieu Bock-côté est revenu sur ce sujet dans sa chronique du 24 janvier dans le Figaro.

Il faut toujours s’intéresser aux rapports que publient régulièrement les « hautes autorités ». Car, à travers eux, l’État - ou plus exactement la technostructure - s’exprime, et même si ses différentes instances sont « indépendantes », elles ne sont pas axiologiquement neutres. Une élite s’y est installée. Son pouvoir dépend de son expertise supposée et, plus encore, de sa capacité à l’exprimer dans le langage des sciences sociales, qui donne à la fois l’impression de dévoiler pleinement les mécanismes sociaux, mais, plus encore, de pouvoir les maîtriser, en multipliant les programmes, les règlements, les lois. C’est la technique de l’ingénierie sociale.

C’est à cette lumière qu’on comprendra le nouveau rapport (rédigé en écriture inclusive) du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, paru cette semaine, encensé par la presse officielle, et qui prétend dévoiler un nouveau péril pour la France : la menace masculiniste. Le masculiniste menacerait tout à la fois la démocratie, la sécurité publique, et même la sécurité nationale, car il lui arriverait de se faire terroriste. Et le Haut Conseil précise que ce phénomène est insuffisamment documenté en France : c’est grâce à lui que nous serions alertés. Manière comme une autre, pour le Haut Conseil, de justifier son existence et ses crédits, à un moment où on commence à se questionner sur les planqués de la République.

Comment nous explique-t-on le monde dans ce rapport ? La France, comme tous les pays occidentaux, serait un pays fondamentalement sexiste. Ce sexisme aurait deux piliers. D’abord le paternalisme, le sexisme ordinaire, reposant sur le constat apparemment erroné de la différence entre les sexes, et prenant le visage trompeur de la courtoisie, de la galanterie, ou même du sentiment d’obligation que peut avoir un homme devant les femmes, qu’il s’agisse de les complimenter, de les défendre ou bien simplement d’assurer la situation financière de sa famille. La galanterie serait le fard mondain du patriarcat, et les bonnes manières, une stratégie normalisant culturellement la subordination des femmes.

Mais surtout, il faudrait s’en prendre au sexisme hostile, qui serait aujourd’hui le moteur du masculinisme. Mais que doit-on faire entrer dans cette définition ? Tout à la fois la misogynie, la vraie, mais aussi la critique du féminisme, le constat que celui-ci a souvent misé sur une logique de discrimination positive d’effacement des hommes (le fameux homme blanc de plus de 50 ans qui devait dégager, comme on osait encore le dire sans gêne il y a quelques années), ou la simple défense d’une conception plus traditionnelle de la masculinité ? Il y aurait même une forme de continuum entre la critique du féminisme idéologique et institutionnel et le terrorisme masculiniste, qu’on nous présente comme un sujet de sécurité nationale.

Les gens de droite sont visés. Le masculinisme serait d’ailleurs un des visages de l’internationale réactionnaire, que le Haut Conseil associe directement à l’administration Trump. La critique du féminisme relèverait donc de l’ingérence étrangère. Étrangement, toutefois, on ne trouve pas un mot dans ce rapport sur l’islam, ni même sur l’islamisme, qui ne trouvent pas leurs racines en France. Apparemment, le statut problématique de la femme qu’on y trouve ne mérite pas la moindre mention. Le voilement des femmes et des fillettes est un non-sujet. De même, l’arrivée de cultures comme celles du Maghreb, du Pakistan ou de l’Afghanistan passe sous le radar. Il ne sera pas dit que l’immigration peut causer un problème.

Ces considérations mises à part, est-ce à dire que tout va pour le mieux entre les hommes et les femmes en Occident ? Non. La jeune génération est à la fois victime de la colonisation pornographique de son imaginaire et d’un puritanisme nouveau, fondé sur la culpabilisation du désir qui aboutit à une forme de récession sexuelle inédite. On ne sous-estimera pas non plus les effets de l’esthétique de la laideur, qui n’est peut-être rien d’autre qu’une traduction idéologique de la pulsion de mort qui s’est libérée dans le monde occidental. Mais de cela, il n’est évidemment pas question dans ce rapport, occupé à fantasmer les prochains attentats masculinistes.

Ce néoféminisme n’est-il pas finalement qu’un socialisme misandre ? À voir derrière chaque disparité une discrimination, derrière chaque inégalité, une injustice, à refuser de penser la différence des sexes, à refuser aussi son ancrage dans la nature, sa dimension anthropologique, et pas que sociale, on en vient à cultiver l’indignation permanente et à voir une forme de lien entre un homme qui, toujours, insiste pour inviter sa compagne ou son amie au restaurant et le poignardeur de femmes. Je ne peux m’empêcher d’associer cette vision du monde qui conjugue le ressentiment et une infinie tristesse à une forme de névrose paranoïaque.


Marguerite Stern : « Comment je suis passée de gauche à droite »

La militante Marguerite Stern (ci-contre), ex-membre des Femen, fait le récit de sa « transition politique » dans un livre récemment paru. 

Depuis que ses positions à rebours de la cause trans lui ont valu d’être une paria dans le milieu féministe, Marguerite Stern a effectué une « transition politique ». Cette ex-femen jadis proche de « Charlie Hebdo » raconte dans un livre intime et survolté comment elle s’est convertie à l’amour de la France et ouverte à la transcendance.

Jeune étudiante venue de province, Marguerite Stern a découvert à Paris l’expérience quotidienne du harcèlement sexiste dans les rues du nord de la capitale, puis la libération jubilatoire que lui procure l’aventure militante au sein des Femen. Cette pasionaria du mouvement féministe a épousé toutes les causes, pris tous les risques : de la jungle de Calais aux commissariats ukrainiens en passant par les geôles de Tunis, elle se fait tour à tour furie dépoitraillée dans des actions coup-de-poing visant à renverser le patriarcat, bénévole dans un foyer de mineurs clandestins, colleuse de messages de protestation contre les féminicides… Avant de subir l’intolérance et le sectarisme qui étouffent trop souvent la liberté de penser au sein des groupuscules d’extrême gauche aux côtés desquels elle combat. Quand elle refuse de voir ses modes d’action récupérés par les activistes de la cause trans, ses alliées d’autrefois deviennent d’impitoyables ennemies qui s’acharnent à la détruire. Marguerite Stern prend alors ses distances avec le féminisme radical, écoute d’autres voix, rencontre d’autres personnes.
Les Rives contraires est le récit de cette émancipation progressive.