C'est l'équivalent :
- de la population d'une ville comme Grenoble ou Angers
- de 7000 classes d'école primaire ou de 300 collèges
- des naissances de 85 maternités en 2015
L'année 2025 est un tournant : pour la première fois en temps de paix, on compte plus de personnes qui meurent que d'enfants qui naissent en France.
Le solde naturel, c'est-à-dire l'écart entre les naissances et les décès connaît une trajectoire vertigineuse.
Encore largement positif il y a une décennie, il est désormais négatif.
025, c'est aussi l'année où pour la première fois, le taux de fécondité passe sous la barre des 1,6 enfants par femme en France.
À 1,56 enfant par femme, c'est un plus bas historique.
Tout cela dépasse les scénarios les plus pessimistes développés jusqu'à présent.
Il faut chercher dans les annexes des projections INED/INSEE de 2021 pour trouver une hypothèse de "fécondité très basse", qui tablait sur... 1,69 enfant par femme en 2025.
Pourquoi les Français ont moins d'enfants ? Quatre facteurs principaux sont fréquemment évoqués :
- Parce qu'ils en veulent moins (les « valeurs » modernes...)
- Parce que leurs modes de vie ne sont pas favorables (moins de couples, plus de séparations)
- À cause de contraintes matérielles (difficulté de logement, mode de garde car femmes travaillent plus en dehors du foyer)
- À cause d'une incapacité biologique (études plus longues, formation des couples conjugaux plus tardives)
Si les Français ont moins d'enfants, la première raison est tout simplement qu'ils en veulent moins.
En seulement 20 ans, le nombre d'enfants souhaités s'est effondré, et ce, quelle que soit la tranche d'âge (il est cependant toujours supérieur d'environ 30 % au nombre d'enfants nés dans la famille).
L'évolution des modes de vie est à bien des égards défavorable à la natalité.
La part des personnes vivant en couple a très fortement reculé. Pour les jeunes femmes de 25 ans, ce taux a même baissé de 30% en 30 ans.
Si, statistiquement, moins de personnes sont en couples à un moment donné, c'est en partie lié à la hausse des séparations conjugales.
Certaines séparations ont lieu avant qu'il y ait eu un enfant et d'autres ont lieu après la naissance d'un ou plusieurs enfants. On peut supposer que le doublement du taux de familles monoparentales parmi les foyers avec enfants freine la naissance d'autres enfants.
Au-delà des modes de vie différents, les ménages se heurtent à des contraintes matérielles et financières. Les prix du logement, en particulier en milieu urbain, ont explosé en 20 ans, augmentant 4 fois plus vite que le revenu des ménages.
Enfin, même quand les conditions sont satisfaisantes, le désir d'enfant se heurte parfois à une autre barrière, biologique cette fois. Les femmes ont leur premier enfant de plus en plus tard, à des âges où la fertilité est plus faible.

