vendredi 6 novembre 2026

Examen attentif des données britanniques suggère certains groupes d’immigrés commettent davantage de crimes sexuels

À Bristol, en novembre dernier, trois hommes et un adolescent de 17 ans, tous afghans, ont violé collectivement une jeune fille de 17 ans pendant plusieurs heures. Auparavant, ils l’avaient abordée sur Snapchat et lui avaient fait boire de l’alcool ; après les faits, ils se sont enfuis en France à bord d’un camion. Les autor­ités françaises les ont renvoyés en Grande-Bretagne, où ils ont été con­damnés et, le 6 octobre, condamnés à de longues peines de prison. Au tribunal, la jeune fille a expliqu­é que « le fait d’entendre à nouveau tout cela de la bouche des avoca­ts m’a fait revivre tout ce qui m’était arrivé ».

De telles horreurs alimentent la méfiance à l’égard des migrants. Une récente brochure publiée par l’État à l’intention des demandeurs d’asile en Grande-Bretagne précisait, à la page 5, que l’âge légal du consentement est de 16 ans et que le viol est un crime grave. « Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui aurait décidé de ne pas commettre de viol parce qu’il avait reçu une brochure », a déclaré Kemi Badenoch, la dirigeante du Parti conservateur. 

Le Migration Observatory, un groupe de réflexion basé à l’université d’Oxford, a obtenu des données grâce à des demandes d’accès à l’information adressées au ministère de la Justice. Celles-ci recensent les avertissements et les condamnations en Angleterre et au Pays de Galles, ventilés par nationalité des auteurs, entre 2010 et 2024. Les données font état de 8 millions d’infractions, dont 106 000 sont des délits sexuels allant du viol aux rapports sexuels consentis en public. 

Depuis 2021, quelque 3 millions de personnes se sont installées en Grande-Bretagne et la population née à l’étranger est passée de 16 % à 19 % de la population totale. Après la prise de Kaboul par les talibans, en août 2021, environ 38 000 Afghans ont afflué en Grande-Bretagne au cours de l’année et demie qui a suivi. En tenant compte de ceux qui sont partis par la suite et de ceux qui ont obtenu la nationalité britannique, nous estimons que la population afghane d’Angleterre et du Pays de Galles avait doublé pour atteindre 45 000 personnes à la fin de l’année 2022.

Afin d’aller au-delà de ce simple instantané, The Economist a analysé les condamnations prononcées sur une période de trois ans, de 2020 à 2022, et calculé la moyenne de notre estimation démographique sur ces trois années. L'hebdomadaire a ensuite normalisé son estimation pour tenir compte de l’âge et du sexe (les hommes commettent 98 % des crimes sexuels, par exemple, et les Afghans sont environ dix ans plus jeunes que la population dans son ensemble). Cela suggère que les Afghans sont condamnés pour des crimes sexuels à un taux sept fois supérieur (voir graphique). 

Les données provenant d’autres pays, obtenues à l’aide de méthodes différentes, laissent penser que ce problème n’est peut-être pas exclusivement britannique.  « Parmi les auteurs des crimes les plus graves, tels que les viols ou les meurtres… la catégorie principale est celle des Syriens et des Afghans », a déclaré Alice Weidel, présidente du parti populiste allemand « Alternative pour l’Allemagne », au magazine The Economist. En Autriche, au Danemark, en Finlande, en Allemagne et en Suède, les immigrés originaires du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord, d’Asie centrale et de la Corne de l’Afrique sont surreprésentés parmi les suspects et les condamnés — en particulier pour les crimes sexuels. Lorsque des analyses ajustées en fonction de l’âge existent pour ces pays, cette surreprésentation diminue, comme en Grande-Bretagne, mais elle ne disparaît pas pour autant.

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