jeudi 12 février 2026

Le recteur de l'UQAM évoque dans un communiqué l'accès accéléré à la résidence permanente pour tous les diplômés d'une université québécoise

Dans un message adressé à la communauté universitaire de l’Université du Québec à Montréal le 12 février 2026, le recteur Stéphane Pallage (ci-contre) exprime son soulagement face à la prise de position de Christine Fréchette, candidate à la chefferie de la Coalition Avenir Québec, en faveur d’une réacti­vation temporaire du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une durée de deux ans. 

Le recteur y évoque une anecdote personnelle : lors de son mandat au Grand-Duché du Luxembourg, il avait proposé au ministre compétent de remettre symboliquement, à l’occasion des cérémonies de collation des grades, un document équivalant à un certificat de résidence permanente aux diplômés étrangers. Il estime aujourd’hui que cette idée trouve au Québec, avec le PEQ, une traduction concrète — et même amplifiée — qu’il qualifie de « visionnaire » et de « révolutionnaire » par la clarté de son message : « Le Québec souhaite que vous restiez. »

M. Pallage ne limite pas cette perspective aux diplômés d’universités francophones ni à ceux formés dans des secteurs en pénurie ou en forte demande. Il affirme que l'université transmet les valeurs du pays, cela reste à prouver. Nombreux sont ceux qui trouvent que les universités sont plus orientées à gauche que le pays.

Certains pourraient y voir la volonté d’assurer le maintien — voire l’accroissement — des cohortes d’étudiants étrangers, alors que le nombre d’étudiants québécois devrait diminuer à moyen terme en raison du fort recul démographique (au niveau catastrophique de 1,33 enfant/femme) et de mesures restrictives récentes. Les mesures restrictives adoptées en matière d’immigration temporaire ont d’ailleurs entraîné, dès 2025, une baisse marquée des inscriptions internationales : −37 % à l’Université de Montréal, −41 % dans le réseau de l’Université du Québec, et jusqu’à −59 % à l’Université Laval pour certaines périodes.

Pour 2026, le Québec disposerait d’environ 39 474 places pour de nouveaux permis d’études, dans le cadre d’un plafond fédéral fixé à 408 000 pour l’ensemble du Canada, avec une stabilisation des quotas de certificats d’acceptation du Québec (CAQ) jusqu’en 2027-2028. À court terme (2026-2028), ces paramètres devraient se traduire par une diminution des effectifs universitaires, particulièrement dans les établissements francophones, plus dépendants de la clientèle internationale, tandis que les universités anglophones semblent, pour l’instant, mieux résister.

Vous aurez sans doute appris avec soulagement cette semaine la prise de position de Christine Fréchette en faveur du retour du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour deux ans, si elle devient première ministre au terme de la course à la chefferie de son parti. C’est une nouvelle importante pour notre communauté étudiante, professorale, chargée de cours et employée. La mobilisation de nombreuses parties prenantes pour l’introduction d’une clause grand-père aura porté fruit. Reste bien sûr à convaincre toutes les aspirantes et tous les aspirants au poste de premier ministre dans ce parti et dans les autres. 

Le PEQ est un programme visionnaire. Dans ma vie précédente de recteur à l’Université du Luxembourg, j’avais un jour mentionné au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche que le pays aurait tout à gagner à remettre lors des collations des grades, en plus des diplômes, l’équivalent d’un certificat de résidence permanente. L’Université forme et transmet des valeurs, celles du pays. L’Université est un outil d’intégration d’une force inégalée. Elle est aussi la porte d’entrée des plus grands cerveaux.

Le ministre a trouvé l’idée intéressante, mais elle ne s’est jamais concrétisée. À mon retour au Québec en 2023, j’ai découvert que cette idée avait été mise en œuvre par une société, celle du Québec. C’est en parlant à la ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration de l’époque, une certaine Christine Fréchette, que j’ai appris la chose. Je lui ai fait part de mon idée, que je croyais géniale. Elle m’a dit simplement : « Mais nous avons le PEQ ». 

De fait, le Québec avait mis en place le Programme de l’expérience québécoise, un programme vraiment révolutionnaire. Il permettait aux étudiantes et étudiants internationaux diplômés d’une université québécoise l’accès accéléré à la résidence permanente, de même qu’aux personnes issues de l’international ayant travaillé au Québec pendant deux ans au cours des trois dernières années.

Rien d’automatique, rien d’obligé, mais un geste important, un message: « Le Québec souhaite que vous restiez ». La réactivation de ce programme est vraiment souhaitable et souhaitée.

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