jeudi 31 janvier 2019

France — Le succès des écoles privées ne cesse de grimper

La concentration des milieux populaires [souvent un euphémisme pour désigner les immigrés et issus d’immigrés] dans les établissements publics serait pour nombre de familles un « repoussoir », selon Bernard Toulemonde, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale. Une motivation particulièrement forte en province. À Nyoiseau (Maine-et-Loire), le directeur du collège-lycée Notre-Dame-d’Orveau, Yann de Cacqueray, qui accueille deux tiers d’enfants venant du privé et un tiers du public, confirme : « On sent bien que les parents sont de plus en plus perdus face à l’éducation de leurs enfants. » Entre les parents dont les enfants viennent du privé et ceux dont les enfants viennent du public, les motivations sont différentes : « Ceux issus du privé viennent chercher une structure catholique tandis que ceux issus du public recherchent un encadrement, un cadre structuré », détaille le directeur de l’établissement.

Selon les parents, les écoles privées encadrent davantage les élèves et les font travailler avec rigueur. Elles demandent aussi aux familles de s’impliquer dans la vie de l’établissement.

« Nous avons déménagé plusieurs fois et j’ai toujours inscrit mes enfants dans des collèges ou lycées privés par réflexe — j’ai moi-même fait toute ma scolarité dans le privé catholique — mais aussi parce que je voulais m’impliquer dans les associations de parents », témoigne Caroline, installée à Roubaix. Dans l’enseignement libre et notamment catholique, la communauté éducative est réelle et vivante. « Il y a une véritable vie dans l’école : l’association des parents d’élèves construit des projets et fait partie intégrante de l’animation de l’enseignement libre ! », s’exclame Guillaume Delpit, président de l’Apel académique de Paris. Et de raconter que, début janvier, le maire d’un arrondissement de la capitale lui a confié : « Lorsque je suis allé à une inauguration de locaux d’un établissement privé dans le nord de Paris, l’école était remplie d’élèves, de professeurs, de parents d’élèves… C’était formidable. Dans le public, on ne voit jamais ça ! » Le président de l’Apel de Paris insiste aussi sur la capacité de l’association à se renouveler, à proposer des activités, notamment pour mettre le français à l’honneur, par exemple avec le projet « belles lettres ». « Être impliqué dans un projet entraîne une relation de confiance avec l’école : on écoute et on se sent écouté », dit encore Alix.

Comme de nombreuses familles, ces couples renoncent à l’école publique qui voit sa fréquentation baisser drastiquement, selon les statistiques du ministère de l’Éducation nationale. En deux ans — de 2016 à 2018 —, les écoles privées ont gagné près de 40 000 élèves. Elles accueillent désormais plus d’un élève sur cinq en France dans le second degré (21,2 % en 2017-2018).

Deux fois plus de demandes que de places

Dans le Maine-et-Loire, la part des élèves inscrits dans le privé a basculé cette année à plus de 50 %, une première en France. « Et encore ! Si le ministère de l’Éducation nous accordait les ouvertures de classe souhaitées, la part du privé serait nettement supérieure », avance Yann de Cacqueray, à Notre-Dame-d’Orveau. Et de confier que, selon le conseil départemental du Maine-et-Loire, plus de 3500 places seraient vacantes dans les collèges publics. « Cela devrait entraîner la fermeture de cinq établissements publics dans le département », dit-il. Même constat dans l’Eure, la Meuse, l’Aisne… où l’abandon de la ruralité a déjà provoqué la fermeture de dizaines d’écoles publiques. Ce qui alimente la spirale du succès des établissements privés : que ce soit Les Chartreux à Lyon, Saint-Genès-La Salle à Bordeaux, Saint-Joseph-du-Loquidy à Nantes, Notre-Dame-d’Orveau…, tous ont en moyenne deux fois plus de demandes d’inscription que de places pour l’entrée en sixième ou en seconde.

Du public en déclin au succès du privé et à la multiplication des écoles « hors contrat », il n’y a qu’un pas. Dans ce statut, l’enseignement est libre, mais doit se conformer à « un socle commun de connaissances ». En six ans, le nombre d’écoles indépendantes a été multiplié par quatre pour atteindre 1453 établissements (60 % d’écoles primaires). Si bien qu’elles scolarisent désormais 75 000 élèves (sur un total de 12,5 millions). Dans les académies de Nice et de Versailles, le hors-contrat attire jusqu’à 10 % des enfants du primaire. Avec un objectif : que ce soit dans les milieux ruraux ou urbains, pour les enfants en difficulté ou à haut potentiel, réaliser dans le privé le travail que le public ne fait plus.

« Il ne peut pas y avoir d’un côté l’éducation familiale et de l’autre l’éducation scolaire »

Au Québec, le commentariat salarié qui officie dans les médias subventionnés dit souvent aux parents qui ne sont pas contents des matières obligatoires « offertes » (imposées) par le programme pédagogique gouvernemental, notamment en éthique et culture religieuse ou en éducation à la sexualité, « Vous n’avez qu’à enseigner vous-mêmes votre vision du monde, ce n’est pas à l’école de le faire ! » Cette vision n’est pas celle du directeur d’une école privée prestigieuse à Paris. François-Xavier Clément, directeur de Saint-Jean de Passy, plaide pour une éducation « unifiée » : il ne peut pas y avoir d’un côté l’éducation familiale et de l’autre l’éducation scolaire. On notera que, alors que les « élites » québécoises se félicitent de la laïcisation croissante de l’enseignement au Québec, il existe un engouement pour les écoles catholiques en France, il est vrai que c’est rarement pour des raisons uniquement religieuses. En 2016, le lycée Saint-Jean de Passy fut classé 7e de France par Le Figaro Étudiant à raison du nombre de mentions « Très bien » obtenues par ses élèves à l’examen du baccalauréat11. En 2017, 98 % des élèves du lycée obtiennent une mention au baccalauréat, selon ce critère Saint-Jean de Passy fut alors classé 6e meilleur lycée de France devant notamment Henri-IV ou Louis-le-Grand,

Comment expliquez-vous l’engouement de plus en plus fort pour les écoles catholiques en France ?

— Vous me permettrez de nuancer légèrement le présupposé de votre question ! Certes, les effectifs de l’enseignement catholique ont globalement augmenté depuis plusieurs décennies, mais un état des lieux plus précis permettrait de constater des disparités très contrastées selon les territoires. La progression des effectifs répond à deux logiques très différentes : des parents, nombreux, cherchent à fuir l’établissement public dans lequel leurs enfants devraient être affectés — selon les critères administratifs volontairement organisés pour développer une mixité sociale quand il n’y en a pas —, d’autres souhaitent réellement l’enseignement catholique pour des raisons éducatives. Certains, plus rares, choisissent nos établissements pour des motifs religieux. Le projet d’éducation intégrale est désiré par tous les parents qui souhaitent que les professeurs soient des éducateurs ; ils attendent alors que ceux-ci soient exigeants par leur exemplarité et qu’ils donnent un sens à la vie de leurs enfants.

Quelles sont les valeurs portées par votre établissement ? Comment ont-elles évolué depuis sa création en 1839 ?

— Saint-Jean de Passy a été fondé par les Frères lasalliens en 1839. Après l’expulsion des congrégations en 1905, l’établissement a été refondé par le diocèse sous l’impulsion du cardinal Verdier, archevêque de Paris. Dès l’origine, l’éducation a été basée sur une conception intégrale de la personne et sur l’idée que l’on ne peut pas éduquer la jeunesse en compartiments. Il n’y a pas une éducation familiale d’un côté et de l’autre une éducation scolaire, du scoutisme, du sport, etc. Tous ces moments de la vie d’un enfant ont besoin d’être unifiés. Ces orientations nous conduisent à affirmer que les parents sont les premiers éducateurs des enfants, au sens où ils sont le principe de l’éducation. L’autre conséquence importante, c’est le profil de nos éducateurs et l’accompagnement spécifique de nos professeurs.

C’est ainsi que les préfets, c’est-à-dire les responsables de niveau, partagent cette vision intégrale de l’éducation et les professeurs recherchent en permanence l’excellence personnelle de chaque élève. Ils sont ainsi le point d’unification de l’éducation intégrale. Je crois pouvoir dire que ces principes sont ceux que nous vivons actuellement dans le respect de notre devise : « Labor et dilectio » (« le travail et l’amour »).

Finalement, qu’est-ce qu’une éducation réussie ?

— C’est une éducation qui conduit un enfant à rechercher dans tous les domaines de sa vie ce qu’il y a de plus excellent, ce qu’il y a de meilleur pour lui, pour les autres et pour le monde. Une éducation réussie permet à un enfant de distinguer l’important de l’essentiel, et l’essentiel du sacré. D’une certaine manière, la réussite de l’éducation se mesure par l’espérance et le désir d’engagement que l’on donne à la jeunesse. Cela me rappelle la phrase de Baden Powell à chacun de ses scouts : « Fais-en sorte de laisser le monde un peu meilleur que tu ne l’as trouvé. »




Source : Valeurs actuelles

Les enfants québécois surmédicamentés, selon des pédiatres

Un groupe de 48 pédiatres et chercheurs lance une sérieuse mise en garde contre la forte croissance des diagnostics de trouble déficitaire d’attention/hyperactivité (TDAH) et la consommation de médicaments pour les traiter chez les enfants québécois.

Ils appellent à une remise en question collective des parents, enseignants, psychologues et médecins qui sont tous impliqués dans le processus décisionnel de médicamenter ou non un enfant qui présente des problèmes de comportement.

Dans leur lettre ouverte, les spécialistes de la santé déplorent que toute la société « se retourne trop facilement vers une pilule pour traiter tous les maux ».

Pour soutenir leur cri d’alarme, les spécialistes de la santé s’appuient notamment sur des données de l’Institut national d’excellence en santé et service sociaux (INESSS) qui démontrent que les taux de prévalence de la consommation de médicaments pour traiter un TDAH sont beaucoup plus élevés au Québec que dans le reste du Canada.

Chez les 10-12 ans, on compte 13,97 pour cent de jeunes qui consomment des médicaments psychostimulants au Québec. Un taux qui grimpe à 14,5 pour cent chez les 13-17 ans. Dans le reste du pays, les taux pour ces mêmes groupes d’âge sont d’à peine 5,08 pour cent et 4,3 pour cent respectivement.


Pour le pédiatre Dr Guy Falardeau, le danger de prescrire à tout vent est de vouloir corriger le comportement d’un enfant par la médication plutôt que de prendre le temps de chercher d’autres causes liées à la santé mentale, aux émotions de l’enfant ou à son environnement social.

« L’enfant a un problème de comportement, on aime mieux appeler ça un TDAH et lui donner des médicaments que de se demander pourquoi il agit comme ça », dénonce-t-il en soulignant que l’anxiété gagne beaucoup de terrain dans notre société, autant chez les adultes que chez les enfants.


« Le danger, c’est que dans certains cas on traite un TDAH réel, mais dans d’autres cas, on masque un problème de santé mentale », insiste celui qui traite de nombreux adolescents aux prises avec ces problèmes.

Le Dr Falardeau prévient qu’en masquant ces troubles anxieux ou autre par un psychostimulant, on ne fait que repousser le moment de l’explosion du problème. Et bien souvent, il devient beaucoup plus difficile d’agir quand la maladie mentale a eu le temps de progresser.



« Ce qu’on veut, c’est que les enfants soient évalués comme il faut. Ceux qui ont des problèmes affectifs, émotionnels, sociaux, il faut régler ces problèmes-là et non changer le comportement de l’enfant avec des médicaments », réclame le pédiatre établi à Québec.

« Pression scolaire »

Des parents consultés par La Presse canadienne ont tous soutenu que la médication des enfants est d’abord « une affaire d’école ».

Dès son entrée à l’école, le fils d’Éric ne tenait pas en place. Rapidement, les parents ont été mis au fait du problème et on leur a suggéré de penser à la médication.

« On ne nous mettait pas de pression, mais on sentait qu’il fallait qu’on fasse quelque chose », se souvient-il.

Après quelques consultations, le diagnostic de TDAH est tombé et le traitement a suivi. Sans cette solution, l’enfant n’aurait sans doute pas pu réintégrer pleinement l’école. Des parents dénoncent la pression exercée dans le réseau scolaire afin que leur enfant ait recours à la médication. Le Journal de Québec a reçu plusieurs témoignages de parents, à la suite de la publication d’une lettre ouverte signée par une cinquantaine de pédiatres qui déplorent le recours trop facile aux médicaments pour traiter des symptômes s’apparentant au trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) chez les petits Québécois.


Et après l’école ?

Toutefois, le médicament ne fait effet que pour la durée d’une journée d’école. Le soir et les fins de semaine, l’enfant ne prend pas de médication et fonctionne assez bien.

« C’est sûr qu’il faut s’adapter, mais il bouge, il fait du sport », explique le père qui remet plutôt en question le fait que les enfants ne dépensent pas assez d’énergie à l’école.




Même son de cloche du côté de Claudia, dont la fille a reçu un diagnostic de trouble de l’attention sans hyperactivité. Dans le cas de sa fille, une légère médication sous la dose minimale a suffi à améliorer sa concentration en classe et ses notes ont bondi.

La jeune mère s’étonne toutefois de la facilité à laquelle on peut avoir accès à la médication. Elle se désole aussi de voir le système scolaire brimer les enfants qui ont besoin de bouger.

« Ils sont 27 dans la classe de cinquième année de ma fille, dont un enfant qui est isolé face au mur », partage-t-elle en ajoutant qu’elle ne comprend pas comment on peut s’attendre à ce que les enfants apprennent dans ces conditions.

Voir aussi

Le Ritalin MC n’améliore pas les résultats scolaires, il semble parfois empirer les choses

Troubles de l’attention : une pilule qui passe mal (m-à-j)

Ritalin MC — nouveaux records de consommation et de vente en 2013 au Québec

Belgique — La grève pour le climat s'étend aux écoliers du primaire, « la fanatisation de l'enfance » ?

Alors que la quatrième édition de Youth for Climate [titre en anglais pour faire moderne] se tient ce jeudi à Bruxelles, plus de 3 500 enfants, munis de pancartes et de banderoles, ont séché les cours et se sont parallèlement réunis dans le centre de Louvain. Pas moins de 27 établissements de l’enseignement primaire participent à ce rassemblement, organisé « à la demande insistante des écoliers » selon la télé publique flamande. Écoliers bien chauffés par leurs enseignants au préalable ?


Institutrice hilare (6e sec) accompagne ses ouailles

Le thème du climat prenait de plus en plus de place dans nos classes. Les enfants exprimaient leur envie d’aller à Bruxelles, mais ils sont en fait encore un peu trop jeunes. Ils ont donc eu l’idée d’organiser leur propre action pour le climat à Louvain », explique l’une des institutrices au micro du diffuseur public flamand. « Les écoliers ont réalisé un petit film de promotion et des affiches que nous avons diffusés. Beaucoup d’enfants semblent y avoir répondu positivement », souligne-t-elle encore.



Environ 12 500 jeunes ont pris part, dans la capitale, à la quatrième édition des jeudis pour le climat, d’après les derniers chiffres de la police. Près de 15 000 élèves ont également manifesté dans les rues de Liège.

Les professeurs qui « accompagnent leurs élèves » admettent volontiers qu’ils préparent les enfants (voir la vidéo ci-dessous) : « Dans nos cours on en parle, en classe on en parle ; c’est normal qu’on soit là aujourd’hui. On a même travaillé les slogans. On fait du français,  on fait des sciences, on peut tout faire avec cette manif. C’est extraordinaire. »



Pour le juriste Drieu Godefridi (docteur de la Sorbonne), il s’agit d’une utilisation d’enfants fanatisés dont une des icônes est la jeune Suédoise instrumentalisée au dernier sommet COP 24 de Katowice en Pologne, puis à Davos (illustration ci-dessous).


Terrible image que cette enfant suédoise de 15 ans, atteinte du syndrome d’Asperger, qui vient à la télévision taxer des acteurs sociaux de « crimes contre l’humanité ».

Dérangeantes images que celles de ces enfants qui, avec la bénédiction de leurs parents, de leurs professeurs et de leur ministre (sic) [note du carnet : la ministère de l’Éducation a depuis rappelé que ces absences seraient désormais sanctionnées]  vocifèrent en pleine rue des slogans politiques, à l’heure qui devrait les trouver en classe.

L’écologisme, qui est la version politique de l’écologie, possède une indéniable force de séduction. Cette idéologie est, dans certaines régions du monde, essentiellement cantonnées à l’Europe occidentale, celle dont on parle, celle qui a les faveurs des médias et de l’écrasante majorité des journalistes.
[...]

Il ne s’agit évidemment pas de soutenir que nous devrions isoler nos enfants de la politique : ce serait un leurre. Tout au contraire, l’appréhension du politique en tant que modalité fondamentale de l’agir humain, est un aspect crucial de l’éducation, et de l’initiation à l’esprit critique.

Cette éducation suppose d’abord la maîtrise des savoirs élémentaires sans lesquels la vision du monde reste affreusement limitée. Les limites de mon langage sont les limites de mon monde, disait Wittgenstein. Rappelons, à cet égard, que les jeunes Belges francophones sont les moins capables en lecture parmi les 36 pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

L’initiation à la pensée critique suppose la confrontation progressive et par l’argumentation rationnelle de points de vue divergents -- sur le modèle médiéval de la disputatio.

Toutes pratiques qui sont aux antipodes de la vassalisation politique de l’enfance par des adultes, sur le mode du slogan et de l’excommunication vengeresse.

Une enfant de 15 ans ne peut se marier, acheter un bien immeuble, elle ne peut voter ni acquiescer à la plupart des actes juridiques de la vie courante, mais elle serait compétente pour juger publiquement de crimes contre l’humanité ?

Quand une enfant lance de telles imprécations, délivre de souveraines condamnations — crimes, criminels ! – c’est-à-dire finalement des messages de haine, son instrumentalisation dépasse les limites de ce qui est acceptable dans une démocratie et dans un état de droit.

Cette fanatisation de l’enfance est abusive.



Voir aussi

« Mobilisation des écoliers » belges pour le climat, idéalisme ou nouveau millénarisme inculqué ?

Au Québec, cette même préoccupation est enseignée depuis plusieurs années, voir :

Jacques Brassard et l’écolo-chamanisme, le petit chouchou de l’école québécoise

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes

À mon école on parle beaucoup d’écologie, le plus grave problème c’est l’existence des hommes

Célébration subventionnée à Granby du Jour de la Terre avec les écoliers captifs 

mercredi 30 janvier 2019

États-Unis — Cachez ce Colomb que nous ne saurions voir, mais porno ça va (m-à-j)

Mise à jour du 30 janvier

Une des fresques recouvertes.
Le Sycamore Trust rapporte que plus de 1000 pétitionnaires, principalement des étudiants, ont demandé au président de l’université Notre Dame, le père Jenkins, d’installer un filtre pour bloquer le flot de pornographie que l’université fournit aux étudiants 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 via son service Internet.

Le père Jenkins a été remarquablement silencieux à ce sujet depuis environ trois mois, tandis qu’un porte-parole de Notre Dame a indiqué qu’il n’y aurait aucun changement.

Le Sycamore Trust souligne l’incongruité de voir l’Université catholique pudiquement dissimuler des « fresques héroïques » de la vie de Christophe Colomb alors qu’elle permet la diffusion des images rances, sexuellement explicites et pornographiques à des étudiants.

Fr. Jenkins
Les étudiants ont présenté au Fr. Jenkins une documentation complète « sur les conséquences corrosives de la pornographie ».

Le journal estudiantin se demande pourquoi il est devenu nécessaire de rappeler à un prêtre catholique les conséquences de la diffusion aveugle de la pornographie par le réseau internet de Notre Dame à ses étudiants, car l’enseignement de l’Église sur la pornographie est très clair :
La [pornographie] contrevient à la chasteté parce qu’elle pervertit l’acte conjugal, le don intime d’époux l’un à l’autre. Cela porte gravement atteinte à la dignité de ses participants (acteurs, vendeurs, public), chacun devenant un objet de plaisir bas et de profit illicite pour les autres. Il plonge tous ceux qui sont impliqués dans l’illusion d’un monde fantastique. C’est un délit grave.





Billet originel du 23 janvier

L’université Notre-Dame, dans l’Indiana, a décidé de participer au mouvement d’effacement de la mémoire de Christophe Colomb qui parcourt toute l’Amérique politiquement correcte depuis quelque temps. Il y a dans le bâtiment principal douze peintures de la fin du XIXe siècle sur la vie de Christophe Colomb. Elles vont être recouvertes, parce qu’elles véhiculeraient des stéréotypes outrageants pour les Amérindiens et font fi des horreurs du colonialisme...


Les 12 fresques seraient « aveugles aux conséquences du voyage de Columb », a déclaré dimanche le président de l’université, John Jenkins, dans une lettre annonçant sa décision. Au pire ? Elles seraient « avilissantes. » Jenkins a ordonné que les peintures murales soient recouvertes d’un tissu ce qui permettra de les exposer occasionnellement. Dans sa déclaration, le président a déclaré qu’il comprenait la « catastrophe » que l’arrivée de Columbus représentait pour les autochtones et qu’il reconnaissait ce qu’il appelait « le côté le plus sombre de l’histoire ».


La très prestigieuse université Notre-Dame, qui s’appelle toujours ainsi, en français, est toujours dirigée par les Pères de Sainte-Croix (venus du Mans en 1842). Le directeur est le P. John Jenkins. Il avait invité Obama à prononcer une allocution en 2009, puis Ruth Ginsburg (la juge très progressiste à la Cour Suprême), puis avait honoré de la Laetare Medal (la plus haute distinction catholique américaine) le vice-président Biden, autre militant proavortement. Pour le P. John Jenkins, la création d’un groupe LGBT dans l’université a été « un grand pas en avant » ; mais il a refusé la création d’un groupe dédié au mariage chrétien.


L’artiste italien Luigi Gregori peignit ces peintures murales illustrant les différentes étapes du voyage de Christophe Colomb vers l’Amérique. Les peintures ont été peintes dans les années 1880 après la reconstruction du bâtiment. Elles ont été peintes à même le mur du bâtiment principal, appelé « la pièce maîtresse du passé et du présent de Notre-Dame ».


mardi 29 janvier 2019

Avortement, démographie et immigration entraînent la recomposition ethnoculturelle de l’Occident



Pour Dominique Reynié : « La question de l’avortement, de la démographie qui va apporter la question de l’immigration, tout cela est très lié à une donnée : depuis 2015 pour la première fois en Europe il y a plus de décès chaque année que de naissances ».

Notons que M. Reynié a tort de dire que nulle part dans le monde les femmes font assez d’enfants pour rattraper la situation européenne et québécoise. Les femmes algériennes par exemple font encore près de 3 enfants depuis 2012, alors que ce taux était tombé à 2,1 en 2000, et bien sûr une grande partie de l’Afrique subsaharienne a encore plus d’enfants par femme (6,06 enfants par femme au Mali en 2016, par exemple).

Au Canada, l’écart continue de se creuser entre le nombre d’enfants et le nombre de personnes âgées, révèle Statistique Canada dans une note d’information publiée lundi. Le pays compte donc, aujourd’hui, 106 personnes de 65 ans et plus pour 100 enfants âgés de 0 à 14 ans. Il y a une trentaine d’année, le ratio était plus qu’inversé, avec deux fois plus de jeunes enfants que d’aînés. Selon Statistique Canada, le faible taux de natalité est la principale raison permettant d’expliquer ce vieillissement de la population du pays. L'immigration n'enraye pas fondamentalement ce vieillissement­.

En jaune, la pyramide des âges réelle du Québec en 2006 (avec immigration réelle).
La ligne noire représente la pyramide des âges du Québec sans immigration pendant les 40 dernières années.

Voir aussi

Le taux de natalité en Algérie inquiète les autorités (3,1 enfants/femme).


Bock-Côté : Immigration, un tabou explose

lundi 28 janvier 2019

« Mobilisation des écoliers » belges pour le climat, idéalisme ou nouveau millénarisme inculqué ?

La semaine passée des milliers d’élèves belges défilaient dans les rues de Bruxelles pour « sauver la Planète », souvent aux heures de classe avec la permission de leur directeur d'école.

Interrogé dans le Soir, un de ces directeurs s’exclame : « Quand on voit cet enthousiasme et la force de leur mobilisation, ça vaut la peine d’embrayer, affirme Tanguy Pinxteren, directeur du lycée intégral Roger Lallemand [...]. Mais nous n’avons pas attendu les manifestations pour organiser des projets en lien avec l’environnement. Après le module consacré à la migration, je m’attends à ce que nos élèves suggèrent dans les prochaines semaines un atelier “réchauffement climatique.” »



Des enfants, très jeunes bien « instruits » par l’école ?

En Belgique francophone, le décret qui fixe les missions de l’école parle avant tout de « promouvoir la confiance en soi » et de « préparer tous les élèves à être des citoyens responsables » (article 6 du décret du 24 juillet 1997). Ces objectifs (comme ceux de la  « socialisation » dans l’école québécoise) permettent toutes les dérives politiquement correctes. Dans ce cadre, des ONG très engagées comme Oxfam présentent des ateliers d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire, éducation orientée soutenue pourtant par l’État.

Il suffit de se pencher sur les activités d’une école nominalement catholique ayant une bonne réputation (l’institut Saint-Boniface–Parnasse) à Bruxelles pour se rendre compte de l’omniprésence du correctivisme politique, migratoire et climatique qui y a cours. Nous ne pouvons nous empêcher de penser que ces activités remplacent des rites disparus de cette école puisque la chapelle a été convertie en réfectoire et salle de gymnastique, même si cette école fait toujours partie de l'enseignement libre catholique. Voici quelques-unes de ces activités :

Les élèves de 2ème année
Nombreux ateliers abordant les différents aspects de l’alimentation (santé, empreinte écologique, etc.).

Les élèves de 3ème année:
Chaque épreuve de ces olympiades permettra aux élèves d’être sensibilisés à des thématiques relatives à l’énergie, à l’eau, au climat, au développement durable.

Les noms des ateliers sont assez évocateurs :
  • Au fil de l’eau
  • La recyclerie
  • Changements climatiques 
  • Protection des arbres 
  • Challenge du logo 
  • Énergies alternatives
  • Protection des espèces
  • Tri sélectif
Les élèves de 4ème année:
Les élèves seront répartis dans différents ateliers animés par :

Oxfam
  • Le rêve éveillé ou comment sortir de sa zone de confort.
–          Comité de « Elèves Francophones »
  • L’école est raciste ? Et toi qu’en penses-tu ? Débattre du racisme et des discriminations de l’école.
–          Entraide et Fraternité
  • Je vote 3 fois par jour, en mangeant. Manger autrement pour changer le Monde
–          Quinoa
  • Jeu sensibilisant à la subjectivité de la classification des personnes.
Amnesty
  • Déconstruire les préjugés sur la migration.
–          Asmae
  • L’importance de la communication non verbale.
–          Ti Suka
  • Le mur de l’oubli ou la sensibilisation à la critique historique
–          Le Biais vert
  • Animation par Félicien Bogaerts retraçant l’actualité par le prisme de l’écologie.
–          Ecologie du son
  • Comment faire un orchestre avec 50 instruments atypiques.
–          Migration
  • Rencontre avec des personnes en situation précaire.

Anuana de Wever est une des deux fondatrices flamandes de « Youth for Climate », l'association belge qui a lancé ces marches pour le climate. Elle en appelle dans les colonnes du Standaard (anciennement un journal catholique de droite, il n’est plus ni l’un ni l’autre) à un « budget planétaire » pour assurer une « transition [énergique] mondiale » (26 janvier 2019, page 14).

Seul parti important belge à s’opposer à cette vision catastrophiste de l’avenir de la planète, le parti de droite nationaliste flamand (la N-VA). « Les jeunes doivent avoir confiance en l’avenir et en la force de l’innovation », a affirmé son chef, Bart De Wever. « S’ils se penchent sur le passé, ils verront que l’humanité a toujours rencontré des problèmes majeurs, mais que nous avons toujours trouvé des solutions grâce à l’innovation. C’est à cette génération de jeunes de suivre des cours de mathématiques, de physique.... pour nous aider à trouver ces solutions. Les solutions viendront, nous devons tout mettre en œuvre pour les trouver. Les jeunes ne doivent pas croire aux prédictions apocalyptique à caractère religieux et qui demandent à l’humanité des changements irréalistes. Si vous devez vous culpabiliser parce que vous partez en excursion d’un jour en avion alors il y a quelque chose qui ne va pas », ajoute le président de la N-VA. « L’humanité doit aller de l’avant, croître et innover sur le plan économique. Rester les bras croisés et attendre l’apocalypse. Cela n’a absolument aucun sens. Je vois à quel point ce catastrophisme économique a empoisonné de nombreux esprits, surtout parmi les jeunes générations. C’est à nous de nous y opposer en tenant un discours positif. »

L’ancien ministre de l’Immigration, Theo Francken (N-VA) s’est ouvertement moqué des jeunes manifestants.


« Papa, où est mon GSM [téléphone cellulaire] ? Parti. Quand allons-nous au ski ? Plus jamais. Où irons-nous en vacances cet été ? À la maison. Est-ce que le chauffage fonctionne ? Oui, sur 18. Mets ton pull. Peux-tu me conduire au foot ? Prends ton vélo. Papa, pourquoi tu fais ça ? Désolé fiston, mais tu m’as convaincu qu’il fallait agir autrement pour le climat », a ainsi écrit le député N-VA. Le texte repris par l’ancien ministre de l’Asile et des Migrations à un utilisateur de Twitter a récolté pas moins de 10 000 de « j’aime » sur Facebook et a été partagé plus de 2000 fois.


Il est temps d’instaurer une taxe anti-météorite géante...
 Les slogans devaient être en anglais (les nations sont dépassées). Jeune original brandissant un slogan d’un affligeant classicisme.

Le magazine Causeur revient sur cette jeunesse “idéaliste”.

Les enfants rois ont décidé que leur empire s’étendrait dorénavant aux astres et qu’il était grand temps qu’ils régulassent le climat. Et pour ce faire la méthode est tout indiquée : des manifs !

C’est ainsi que depuis plusieurs jours, la jeunesse belge bat le pavé bruxellois dans le but de faire chuter le mercure. Mieux encore : ces dizaines de milliers de jeunes gens décidés sèchent les cours afin de se rendre à ces manifs ! À côté de ça, franchement, la Carmagnole c’est risible ! Autant aller prendre le thé chez Louis XVI. Non, eux, ils sont carrément dans la rébellion farouche et indomptable ! Non, mais ! Les jacqueries, les frondes, les révolutions et les demi-mesures, ce n’est pas pour eux. Eux, c’est du sérieux, les enjeux sont fondamentaux, l’avenir de l’humanité et même de la planète, voire de la galaxie, en dépend !

Une révolution soutenue par le pouvoir
Certes, de nombreuses directions d’écoles se sont déclarées favorables à ce mouvement au nom de “l’éducation à la citoyenneté” et encouragent les collégiens à sécher les cours. Si j’étais prof, je ferais pareil, rien de plus reposant qu’une classe vide ! Mieux encore, certaines écoles engagent des sortes de “coachs” en manifs anti réchauffement pour driller leurs ouailles. Tant qu’à faire du lavage du cerveau, autant nettoyer dans les coins !

Encore plus fort, Marie-Martine Schyns, ministre de l’Enseignement, Marie Christine Marghen, ministre de l’Énergie, et Jean-Luc Crucke, ministre du Climat (si, si !) ont déclaré soutenir cette jeunesse conscientisée. [Le gouvernement actuel est très minoritaire depuis la démission de la N-VA  le plus grand parti de Belgique.] D’autant plus qu’elle a tendance à faire oublier les gilets jaunes et leurs luttes contre le matraquage fiscal. Ce soutien des autorités scolaires et gouvernementales ôte le côté Gavroche de la chose, hélas, et ça fait tout de suite moins insurrectionnel que Mai 68. C’est navrant, mais c’est peut-être le prix à payer pour sensibiliser les adultes, à commencer par les parents qui vont conduire leur progéniture à la manif en 4X4.


On veut des taxes ! [pour nos parents]
Il faut dire que ces “millennials” sont, par excellence, la génération où le hasard n’existe pas et où il faut toujours un responsable à tout. Alors, les éruptions solaires incontrôlées ou les volcans qui pètent sans prévenir, on ne la leur fait pas ! L’alpha et l’oméga du problème, c’est l’humain, particulièrement s’il est Européen, et il convient de régenter ses moindres comportements. Pour cela, il existe une baguette magique : les taxes ! On ne s’étonnera plus que les autorités politiques applaudissent à tout-va ! Ces jeunes manifestants sont en train de grever le peu qu’il restera de leur héritage, mais ça a l’air de leur plaire, alors pourquoi les en priver ?


Mêmes slogans “originaux”, en anglais en Belgique,
de la part de jeunes pleins d’imagination

Les lycéens, y en a des biens
Mais tandis qu’ils scandent leur chant des partisans climatiques avec une soumission à l’autorité qui épaterait Milgram, quelques irréductibles boutonneux font sécession. Ils assistent vaille-que-vaille aux cours de physique (tiens, tiens, des cycles solaires…), de géo (tiens, tiens, les vents se forment en mer…), d’histoire (tiens, tiens, le climat a déjà changé plusieurs fois depuis le Moyen-Âge…), de français (tiens, tiens, la climatologie et la météorologie, c’est pas du tout la même chose…), de chimie (tiens, tiens, les gaz à effet de serre c’est beaucoup plus compliqué qu’on le croyait il y a vingt ans…), de mathématique (tiens, tiens, les prévisions reprises par les médias sont fondées sur des calculs moins évidents qu’on ne le croit…) et de bien d’autres choses.
Ils sont, eux aussi, les “adultes de demain”. Peu nombreux, comme toutes les élites, instruits, ayant eu bien souvent l’occasion d’exercer leur esprit critique et d’observer avec quelle aisance les foules “conscientisées” sont manipulables, ils dirigeront dans quelques années le troupeau bêlant qui bat la semelle dans la capitale. Reste à souhaiter qu’ils n’aient pas omis d’apprendre au passage les vertus de l’indulgence et de l’humour.


Voir aussi

Au Québec, cette même préoccupation est enseignée depuis plusieurs années, voir :

Jacques Brassard et l’écolo-chamanisme, le petit chouchou de l’école québécoise

Spiritualité autochtone, écologie et norme universelle moderne

ECR — obsession pour les Amérindiens écologistes

À mon école on parle beaucoup d’écologie, le plus grave problème c’est l’existence des hommes

Célébration subventionnée à Granby du Jour de la Terre avec les écoliers captifs 


dimanche 27 janvier 2019

« Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue » sur le racisme systémique au Québec

La Presse nous apprend qu’afin de lutter contre l’« exclusion » et la « discrimination », des militants viendront dans les écoles « dialoguer » (culpabiliser).

Un collectif d’auteurs — parmi lesquels on trouve Will Prosper, Webster, Fabrice Vil, Stella Adjokê et Widia Larivière — discute des différentes facettes de ce qu’il considère comme du racisme, afin « d’amorcer une discussion publique ». Présidente de la fondation Paroles de femmes et membre de l’incubateur Hoodstock à Montréal-Nord, Amel Zaazaa a codirigé l’ouvrage avec le philosophe Christian Nadeau. La Presse lui donne une tribune et l’interviewe. Amel Zaazaa est relationniste de presse à la Fédération des femmes du Québec, elle fut attachée politique de Mme Anne Lagacé Dowson (NDP) en 2015. Tunisienne d’origine, son dernier emploi en Tunisie fut Chargée des relations médias aux ministères des affaires étrangères français (jusqu’à la fin 2013).

Amel Zaazaa a participé à un reportage de la BBC sur les difficultés d'intégration au Québec en 2015, elle s'y plaignait du fait que Québec n'offre pas de classes d'anglais gratuites aux immigrants,

Pourquoi ce livre ?

L’idée est née il y a plus de deux ans. Quand il a été question de la commission sur le racisme systémique, il y a eu beaucoup de controverse dans les médias. Les gens ont réagi fortement, ils ont cru que tous les Québécois étaient accusés d’être racistes. Pourtant ce n’était pas la première fois qu’on en parlait. Déjà en 1969, lors des émeutes à l’Université Concordia, les gens réclamaient une telle commission. [Note du carnet : Les causes du conflit remontent à 1968, lorsque six étudiants antillais anglophones ont accusé Perry Anderson, professeur de biologie, de discrimination parce qu’ils avaient eu de mauvaises notes à un examen. Les émeutes se conclurent par 2 millions $ de dégâts (13 millions $ en tenant compte de l’inflation) par les étudiants « racisés » et « afrodescendants ». Le professeur accusé de racisme par six étudiants noirs anglophones fut déclaré innocent. La commission d’audience chargée de l’affaire a estimé qu’« il n’y avait aucune preuve pour étayer les accusations générales de racisme ».]

Il faut faire une différence entre le racisme individuel et le racisme systémique. On a voulu nuancer tout ça, d’autant plus que le débat se faisait sans que les personnes concernées soient impliquées. Avec Christian Nadeau, de l’Université de Montréal, qui est également président de la Ligue des droits et libertés, on a voulu faire un livre qui s’adresserait au plus grand nombre, un livre accessible qui serait aussi un outil d’éducation populaire.

Comment définissez-vous le racisme systémique ?

Quand on parle de racisme systémique, on ne parle pas d’une société qui a érigé le racisme en système, mais bien d’un ensemble d’oppressions subies par les personnes racisées dans différents domaines (la justice, la santé, l’éducation, etc.). Quand, par exemple, un seul nom peut être un obstacle majeur à l’obtention d’un logement ou d’un emploi, c’est du racisme systémique. Si mon voisin ne m’aime pas, c’est du racisme individuel et ce n’est pas très important. Mais si ce même voisin a le pouvoir de me priver de quelque chose d’important, d’un droit, alors là, on parle de racisme systémique. [Cette distinction nous paraît floue et sujette à discussion. On peut parler de racisme « systémique » ou « institutionnel » quand des lois et des règlements discriminent en fonction de la race comme en Afrique du Sud actuellement contre la minorité blanche, mais le racisme d’un propriétaire qui prive quelqu’un de quelque chose de vague d’important reste du racisme individuel.]

Avec le livre, nous allons entreprendre une tournée d’éducation populaire. Nous irons dans les écoles pour entamer un dialogue. Il ne s’agit pas de montrer du doigt des individus ou des groupes, mais bien de prendre acte, d’identifier les problèmes et de trouver des solutions. SLĀV nous a montré que c’est possible [NdC : que l’hystérie et la culpabilisation fonctionnent], qu’à l’abri des caméras on peut se rencontrer, dialoguer, aller au-delà des susceptibilités de chacun et avancer. On peut faire la même chose avec le racisme.

Les médias sont souvent montrés du doigt dans le livre. Quel rôle peuvent-ils jouer ?

Prenons le terme d’« appropriation culturelle ». Les gens ne comprenaient pas ce que cela signifiait. Mais grâce au débat et aux nombreuses discussions, ils ont finalement compris. [Ils ont plié.] C’est un exemple positif du rôle que peuvent jouer les médias lorsqu’ils expliquent des concepts [adopte notre vocabulaire, notre lexique et notre vision du monde]. Ils peuvent également donner des tribunes à des gens qui n’en ont pas, sinon le débat se fait sans nous. Mais il faut une volonté politique et sociale. Et il faut refuser que les politiciens instrumentalisent les peurs, comme c’est le cas dans le débat sur l’immigration, par exemple. Je suis arrivée au Québec il y a cinq ans, je parle parfaitement français. Or on parle de moi comme si je n’étais pas voulue au Québec. Les immigrants ont l’impression de ne pas être des citoyens à part entière [description monolithique des immigrants, ils sont divers et tous n'ont pas cette impression !]. On parle de nous comme si nous étions un bloc monolithique [oups, Amel tu viens de le faire en parlant au nom de tous les immigrants]. Or nous avons droit à notre individualité.


Éducation à la sexualité : « les craintes des parents sont légitimes »

Texte de Nadia El-Mabrouk, professeure à l’Université de Montréal. Ce texte aurait mené à l’exclusion de la professeure Nadia El-Mabrouk d’un colloque syndical à cause de ses positions sur la laïcité et l’éducation à la sexualité.


« In Queer We Trust » est le message que je peux lire tous les jours sur un autocollant à la porte de ma station de métro. Et si c’était une religion ?

Cela expliquerait la déferlante de messages virulents que j’ai reçus après ma chronique sur l’identité de genre, afin de parfaire mon « éducation » sur le sujet.



Le sexe serait « un continuum d’états sur le spectre de l’arc-en-ciel », il ne serait pas constaté, mais « assigné » à la naissance, des personnes seraient « nées dans le mauvais corps », il y aurait des « femmes avec un pénis » et des « hommes qui accouchent ». Toute objection est déclarée transphobe.

En clair, l’idéologie queer est une orientation politique dont l’objectif est de nier la binarité des sexes.

La notion de femme et d’homme serait une question d’« identité de genre », autrement dit de ressenti, et non de sexe biologique.

À qui profite cette déconstruction des concepts ? Certainement pas aux femmes victimes d’inégalités sociales liées à la maternité ni à celles aux prises avec des traditions patriarcales qui les aliènent sur la base de leur sexe.

C’est pourtant ce nouveau paradigme qui, sans qu’aucun débat public n’ait eu lieu, imprègne les discours politiques et les orientations gouvernementales. Il est à l’origine du remplacement de la notion de sexe par celle de « genre » dans les documents officiels.

Dernièrement, c’est Statistique Canada qui annonçait le remplacement de la variable « sexe » par la variable « genre que ressent intimement une personne (selon où elle se positionne sur le continuum de l’identité de genre) » 1. On croit rêver !

Comment une institution aussi essentielle pour la démocratie pourra-t-elle baser ses enquêtes sur une dimension des plus floues et des moins scientifiques, plutôt que sur une donnée objective ?

Comment le gouvernement compte-t-il remplir ses engagements de mesurer les écarts de salaire, d’employabilité ou de conditions de vie entre les hommes et les femmes, des données essentielles pour atteindre l’égalité ?

Pour ce qui est du « continuum des genres », les formulaires de Statistique Canada offriront-ils la panoplie des identités que promeuvent les militants de la cause trans, soit « transsexuelle, transgenre, homme et femme trans, genre fluide, genre variable, travestie, sans genre, gender fuck, bispirituelle, etc. » ? Cette idéologie, qui a déjà largement pénétré la sphère politique, se retrouvera-t-elle à l’école ?

Cours d’éducation à la sexualité

L’instauration au Québec d’un cours qui permette [note du carnet : permettrait uniquement] aux enfants d’intégrer une vision saine de la sexualité, et de les prémunir contre les agressions sexuelles, est une excellente nouvelle. Mais les parents doivent être informés du contenu du cours, du matériel pédagogique et des intervenants. Leurs craintes sont légitimes.


En Colombie-Britannique, par exemple, le ministère de l’Éducation a instauré le programme « Orientation sexuelle et identité de genre » (SOGI) qui, sous couvert de lutte contre la discrimination, intègre le vocabulaire transgenre.

D’ailleurs, le jumelage qui est toujours fait entre l’orientation sexuelle et le discours trans ne risque-t-il pas de créer un ressac contre la nécessaire lutte contre l’homophobie ?

C’est pour manifester leur opposition à de tels programmes que des parents aux États-Unis, en Australie et au Canada, ont retiré leurs enfants de l’école le 23 avril dernier. Au-delà des raisons religieuses de certains parents, une grande partie de la contestation concerne un matériel pédagogique développé par des militants de la cause trans. C’est le cas du site SOGI financé, entre autres, par des organisations LGBTQ+2.

Dans une capsule vidéo publiée sur ce site, on nous présente une « fille trans » de 14 ans, autrement dit un garçon, qui explique être une fille, notamment par le fait qu’il aime dessiner des sirènes.

Cette semaine, Radio-Canada nous présente Alexis, un ex-culturiste, qui explique son sentiment d’être une femme par le fait d’avoir toujours été attiré par les jouets, le maquillage et les vêtements féminins. Alexie, devenu « femme », donne des conférences devant des jeunes du secondaire.

A-t-on fait tout ce chemin de lutte contre les stéréotypes pour en arriver là ?

Plutôt que de brouiller la distinction entre les sexes, le rôle de l’école n’est-il pas de faire en sorte que les garçons se sentent à l’aise de pratiquer des activités traditionnellement assignées aux filles, et inversement ? [Note du carnet : non, ce n’est pas plus le rôle de l’école gouvernementale. Qu’on laisse les garçons être garçons, qu’on les aide à moins décrocher et qu’on ramène le goût de l’effort à l’école, qu’on remette l’accent sur l’instruction des savoirs, moins de volonté de changer les enfants des autres pour en faire des « progressistes », des métrosexuels. Ensuite chaque école, selon sa tradition pourra offrir le contenu moral recherché par les parents. On pourrait ainsi avoir des écoles catholiques, d’autres très progressistes, LGBT, si l’on veut du moment que cette philosophie est clairement affichée et que les parents choisissent l’école en connaissance de cause.]

Comment les enseignants devront-ils surfer sur ce paradoxe qui consiste, d’une part à lutter contre les stéréotypes, comme le prévoit la stratégie gouvernementale « Pour l’égalité entre les femmes et les hommes », et d’autre part à aller dans le sens de la reconnaissance de l’« identité de genre » qui s’appuie, en grande partie, sur l’acceptation des stéréotypes ?

Nous sommes de nombreux parents à contester le cours d’Éthique et culture religieuse qui cantonne les enfants dans des appartenances religieuses. Allons-nous faire face, avec le cours d’éducation à la sexualité, à une nouvelle idéologie, encore plus intrusive, qui nie les sexes ? J’appelle le ministre de l’Éducation à s’assurer que le cours soit à l’abri de telles dérives.

jeudi 24 janvier 2019

Vidéo de la conférence Ayas - Gendreau sur le programme imposé d'éducation à la sexualité

France, premier bilan des classes dédoublées en zone prioritaire

Les élèves sont « beaucoup plus attentifs, concentrés, efficaces » et les enseignants, plus satisfaits : pour le ministère de l’Éducation, les premiers résultats du dédoublement des petites classes dans les quartiers défavorisés (très majoritairement des banlieues immigrées) sont « positifs ». Cette politique, surnommée « 12 élèves par classe », au cœur du programme présidentiel d’Emmanuel Macron et brandie comme la grande mesure sociale du gouvernement, a été mise en place dès septembre 2017, pour 60 000 élèves de CP issus des milieux les plus en difficulté de l’éducation prioritaire (en « REP + »). Elle profitera à 300 000 élèves en 2020, soit 20 % d’une classe d’âge. Le ministère de l’Éducation a publié mercredi une première évaluation de cette politique. L’étude a comparé les résultats des 60 000 élèves avec d’autres, ayant le même profil socioéconomique mais qui ne bénéficiaient pas du dédoublement.

Sur ces 60 000 élèves, 40 % étaient en très grande difficulté en mathématiques et en français, soit 24 000 élèves. Le dédoublement a permis « une baisse de cette proportion d’élèves en très grande difficulté de 7,8 % pour le français et de 12,5 % en mathématiques ». Soit, au total, 2 000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3 000 élèves de moins en très grande difficulté en mathématiques. « C’est un beau résultat, très positif, mais qui reste un petit résultat, commente Laurent Cros, délégué général de l’association Agir pour l’école et proche du ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer. En un an, on est donc passé de 40 à 37 % d’élèves en très grande difficulté en français, et de 40 à 34 % en mathématiques. »

« Les résultats sont très décevants », estime de son côté Roland Goigoux, professeur à l’université de Clermont-Auvergne, et très critique à l’égard de la politique de Jean-Michel Blanquer. « Les enseignants qui ont des CP dédoublés sont naturellement contents, mais cela ne veut pas dire que le dédoublement est efficace », juge-t-il.

Fabienne Rosenwald, à la tête de la Direction de la prospective du ministère, qui a piloté l’évaluation, admet d’ailleurs que les résultats sont « plutôt dans la fourchette basse » par rapport aux attentes. « La question qui se pose est celle du coût du dispositif — très fort — rapporté à l’efficacité – modeste », reprend Roland Goigoux, qui déplore que le ministère n’ait pas publié les résultats de l’évaluation du dispositif du « plus de maîtres que de classes », lancé sous le quinquennat précédent. Ce dispositif consistait à mettre en place un maître en plus dans certaines écoles.

« Des transformations pédagogiques plus importantes devront accompagner le déploiement et l’approfondissement du dispositif dans les années à venir pour donner sa pleine efficacité à la mesure de dédoublement », affirme-t-on au ministère. Autrement dit, pour avoir des résultats plus significatifs, il faudra que les enseignants changent leurs pratiques pédagogiques. Le ministère cite en exemple les expérimentations menées par Alain Bentolila, professeur à l’université Paris-Descartes, et celles d’Agir pour l’école. « Ce changement pédagogique n’a pour l’instant pas eu lieu, déplore Laurent Cros. C’est vraiment le point majeur. » Pour accélérer, le gouvernement entend aussi étendre le dédoublement, en commençant par les grandes sections de maternelle, conformément aux souhaits du chef de l’État de « généraliser » la mesure à toutes les petites classes.

L’ombre au tableau ? Le « coût » de la mesure, qui a fait augmenter les effectifs d’autres classes, dénonce le Snuipp, principal syndicat du primaire.

Sources : Les Échos et 20 minutes

Novlangue : afrodescendant


Afrodescendant  (nom et adj.): un Noir, noir.

« Le terme afrodescendant fait référence à toutes les personnes dont les ancêtres sont issus des populations africaines. » Quartier Libre. Robert Lepage invite les militants afrodescendants aux prochaines répétitions de SLĀV (Radio-Canada).



Éric Zemmour interrogé sur la réception de son libre, l'immigration, la censure, les Gilets Jaunes

Éric Zemmour accorde un long entretien au sénateur belge Alain Destexhe (semaine du 13 au 20 janvier 2019) au sujet de
  • l'accueil de son livre « Destin français » (0’13),
  • les « Gilets jaunes » (5’56)
  • Macron (8’05),
  • la liberté d'expression et la démocratie (10’57),
  • un peuple qui ne veut pas mourir (le « populisme », l'immigration, Trudeau) (15'10),
  • le gouvernement des juges (17'10),
  • enfin, brièvement, sur l'Europe (20’54).


mardi 22 janvier 2019

Obligés d'occulter des informations aux parents par « loyauté »

Des professeurs disent se faire de plus en plus surveiller sur les réseaux sociaux ou subir des pressions par leur direction pour dissimuler des informations aux parents.

« On m’a déjà ordonné de rester muette pendant une rencontre de parents », raconte Josianne (nom fictif), une enseignante de l’île de Montréal qui préfère taire son vrai nom pour éviter les représailles de sa commission scolaire.

Cet exemple vient illustrer une tendance qui préoccupe plusieurs syndicats à travers la province : des directeurs d’école qui rappellent aux profs qu’ils ont un « devoir de loyauté » leur interdisant de critiquer leur commission scolaire.

C’est d’ailleurs en raison de cette clause que les enseignants qui ont parlé au Journal ont tous tu leur nom.

Ce phénomène a fait beaucoup réagir au début décembre après qu’une enseignante qui avait raconté son histoire à La Presse eut été menacée de congédiement.

Depuis la fin octobre, Le Journal a recueilli des témoignages de six profs ou représentants d’enseignants, ainsi que de deux mères d’élèves, concernant le contrôle de l’information.

Certains disent faire l’objet d’une surveillance sur les réseaux sociaux de la part de leur commission scolaire, qui les décourage d’« aimer » certaines publications sur Facebook (voir ci-dessous).

Des directions vont même empêcher la bonne communication avec les parents lorsqu’ils souhaitent cacher à quel point les services pour les élèves en difficulté sont insuffisants dans l’école.

[...]

« On ne sait jamais si on peut être 100 % honnête avec les parents, parce qu’on sait que ça peut nous retomber dans la face », dit Marie (nom fictif), qui enseigne sur la Rive-Sud de Montréal.

Elle donne l’exemple de parents qui veulent faire évaluer leur enfant par le psychologue de l’école.

« J’ai juste envie de leur dire : “dans huit mois, il sera encore sur la liste d’attente”. Mais [chez nous], on ne peut pas le dire. »

Cette situation n’existe pas dans toutes les écoles. Toutefois dans certaines régions, le phénomène prend de l’ampleur, remarque Éric Gingras, du Syndicat de Champlain.

Ce rappel du « devoir de loyauté » est selon lui régulièrement utilisé de façon « abusive ». Des directions vont même le brandir pour mater les désaccords en réunion d’équipe, illustre-t-il.

Liberté d’expression

En fait, le « devoir de loyauté » pour ne pas nuire à la réputation de son employeur est inscrit dans le Code civil et s’applique à tous les employés.

Or, une commission scolaire ou un hôpital ne devraient pas l’utiliser de la même façon qu’une entreprise privée puisqu’ils n’ont pas les mêmes intérêts économiques, explique Finn Makela, professeur en droit à l’Université de Sherbrooke.

EXEMPLES DE PROFS MUSELÉS

Surveillance après une tempête

Lors de la tempête de neige du 24 janvier 2017, des centaines de personnes avaient critiqué la décision de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), sur la Rive-Sud de Montréal, de garder les écoles ouvertes.

« Une secrétaire a été affectée le jour même pour scruter les commentaires et trouver ceux qui venaient d’employés », raconte Éric Gingras, du Syndicat de Champlain.

La CSMV n’a pas répondu aux questions à ce sujet. Par courriel, elle assure respecter le « droit à la liberté d’expression », mais rappelle que les employés doivent « faire preuve de réserve » étant donné la confidentialité de certaines informations.

Service d’interprète coupé

M. Gingras se souvient du cas d’un élève sourd et muet qui avait droit à un interprète en classe. Cette aide allait être réduite d’une journée par semaine. Le prof s’est fait avertir par la direction parce qu’il avait révélé cette information cruciale aux parents, raconte M. Gingras.

Mais parce que l’enseignant a refusé de garder le silence, les parents se sont plaints et l’élève a pu garder son interprète toute la semaine, conclut-il.

S’abstenir de « liker »

Plusieurs commissions scolaires n’hésiteraient pas à invoquer le « devoir de loyauté » pour empêcher les profs de s’exprimer, même quand leurs commentaires n’identifient pas leur école.

« Le fait d’aimer ou de partager certaines publications sur les médias sociaux peut donner l’impression que vous endossez le message », peut-on lire dans une lettre envoyée en septembre à tout le personnel de la CSMV.

« Dans le doute, nous vous recommandons de vous abstenir de tout commentaire », conclut la lettre qu’a obtenue Le Journal.

Muette pendant 25 minutes

Au printemps dernier, Josianne (nom fictif) devait discuter avec des parents à propos de leur enfant, qui avait de graves difficultés d’apprentissage et qui n’avait pas reçu tous les services professionnels nécessaires pour pouvoir l’aider.

« Je crois que la direction avait honte », suppose Josianne.

Alors plutôt que de dire la vérité, elle croit que la direction a choisi de ne pas tout révéler aux parents et de lui interdire de parler.

Seule la direction pouvait s’adresser à la mère. Pendant les quelque 25 minutes qu’a duré l’entretien, elle n’a pas placé un mot.

Et la mère en question, avec qui Le Journal a aussi pu s’entretenir, s’en est rendu compte.

« J’avais envie de brailler [...] C’est tellement choquant », s’exclame celle qui ne comprenait pas la raison du silence de l’enseignante.


[...]


Dans le rapport de classement, elle a été surprise de retrouver de nombreux faits dont le personnel de l’école ne lui avait jamais parlé : Joey était la cible de moqueries de ses pairs et il mangeait parfois des roches, par exemple.

« Avoir su, je serais allée voir un psychoéducateur au privé il y a longtemps », explique celle qui dit avoir multiplié les efforts pour savoir ce qui se passait en classe.

« J’ai l’impression qu’ils voulaient juste se débarrasser de mon fils parce que c’était une cible facile », dit Mme Chedid.

De son côté, la Commission scolaire Marie-Victorin dit ne pas pouvoir commenter le cas précis d’un élève.

Source

Voir aussi

La sexologue de l’école québécoise accompagne les enfants « trans » dans leur transition hormonale (parfois contre l’avis des parents) (Le Devoir, commentaires d’abonnés peu enthousiastes)

Québec — Congédier l’enseignante qui dénonce des dysfonctionnements pour manque de loyauté

lundi 21 janvier 2019

Histoire — le 21 janvier 1793, les langues à l’Assemblée du Bas-Canada


Trente ans après la Conquête, le Bas-Canada se dote pour la première fois d’un parlement avec des représentants élus. La première séance se tient exactement le 17 décembre 1792. Et déjà surgit un débat qui anime toujours le Québec : dans quelle langue seront enregistrés les procès-verbaux de la chambre ? La polémique linguistique du Québec vient de naître.


À l’évidence, les députés francophones optent sans ambiguïté pour le français alors que les Britanniques tiennent à confirmer l’appartenance du Canada à la couronne en faisant prévaloir l’anglais. Les joutes oratoires seront vives. La presse se fera le relai de chaque camp. Le 21 janvier 1793, les députés conviennent que les textes seront rédigés dans les deux langues et placés sur un même pied d’égalité. Ainsi, tout projet de loi devra être présenté en anglais et en français dès la première lecture.

« McGill français »

Sur les 50 députés qui forment la première Assemblée, 16 sont anglophones, dont le marchand de fourrures James McGill, un des hommes d’affaires les plus riches de Montréal. Les francophones sont majoritaires, mais leur pouvoir est limité. Toutes les décisions de la Chambre sont soumises au droit de véto du Conseil législatif, dont les membres, nommés par le gouverneur, sont presque tous britanniques.

À sa mort, James McGill lègue un domaine et une somme d’argent qui permettront la fondation, en 1821, de l’université qui porte son nom. Cet établissement deviendra, aux yeux de bien des nationalistes, un symbole du pouvoir disproportionné de l’élite anglo-saxonne dans la société québécoise.

Le 28 mars 1969, 10 000 personnes marchent jusqu’aux portes de l’université pour réclamer sa francisation. C’est la manifestation « McGill français », moment marquant d’une époque où de nombreux Québécois pressent l’État d’agir pour donner le contrôle de l’économie à la majorité francophone et assurer la prédominance du français. Les lois linguistiques se succéderont bientôt : la Loi pour promouvoir la langue française au Québec (loi 63), en 1969, la Loi sur la langue officielle (loi 22), en 1974, et la Charte de la langue française (loi 101), en 1977.

Le tableau de la discorde

Entre 1910 et 1913, le peintre Charles Huot réalise une toile représentant cette séance du 21 janvier 1793. Ce tableau trône aujourd’hui dans le Salon bleu de l’Assemblée nationale. Un détail du tableau attire particulièrement l’attention et traduit certaines intentions de l’auteur. Dans la fenêtre en haut à droite, Charles Huot a dessiné la château Saint-Louis (siège du pouvoir sous le régime français) alors qu’en réalité on devrait y voir les jardins du Séminaire. C’était sans doute là un clin d’œil de l’artiste à ses convictions nationalistes et francophones.

Localisation du Bas-Canada (en vert) : la colonie exista sur le plan légal et politique de 1791 jusqu'à la mise en vigueur en février 1841 de l'Acte d'Union, adopté le 23 juillet 1840.


Voir aussi

Analyse de la toile de Charles Huot retraçant tous les protagonistes de ce fameux débat

Premières assemblées délibérantes au Bas-Canada : une démocratie partielle »

Histoire — Qui était John A. MacDonald ?


Aphorisme : « “Social” est l'adjectif qui sert de prétexte à toutes les escroqueries. » — Nicolás Gómez Dávila,


Les élèves ontariens méritent d'être instruits plutôt qu'endoctrinés en « justice sociale »

Extrait d’un article de Sue-Ann Levy du Toronto Sun sur ce qui passe dans les écoles ontariennes. On se console en se disant que cela ne se produit qu’en Ontario. Enfin, peut-être. Voir Enseignante congédiée pour avoir parlé à des journalistes des dysfonctionnements de l’école québécoise.

Quiconque aura cliqué sur le site Web de la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’école élémentaire de l’Ontario (FEEO) la semaine dernière se sera vu inviter à rejoindre la Marche des femmes de cette année.

Pour émouvoir ses 83 000 membres, la FEEO mentionnait le président américain Donald Trump, le Premier ministre Doug Ford, la haine et la justice sociale dans le même paragraphe.

« Alors que… le gouvernement de l’Ontario veut faire reculer l’égalité, on organise dans tout l’Ontario des marches de femmes », indique le site Web.

Cette page d’accueil contient une autre sottise, dont un communiqué de presse au sujet de la contestation judiciaire de la FEEO pour s’opposer au prétendu « mauvais traitement » de la part du gouvernement Ford dans le dossier du programme d’éducation sexuelle, affirmant que le gouvernement a « refroidi les enseignants » et « mis les élèves en danger ». [Radio-Canada n’a pas hésité à rapporter le même genre d’accusations (en français) : Éducation sexuelle : l’Ontario met les jeunes en danger, dit le père de Rehtaeh Parsons.]

Je vais vous dire ce qui a mis les élèves en danger.

C’est l’obsession de ce syndicat en matière de « justice sociale », chose qui n’a absolument rien à voir avec la capacité d’un élève à lire, écrire, additionner, soustraire, multiplier et diviser correctement, afin que ses parents n’aient pas besoin de passer d’innombrables heures à revoir ces notions après l’école et que nous nous puissions éviter le constant et triste spectacle de ces jeunes caissiers incapables de rendre la monnaie juste ou de ces jeunes qui ne savent comment écrire une note sans utiliser leur Smartphone.

Si la FEEO se souciait vraiment des élèves à risque, elle préconiserait un programme qui inculque et impose le respect des enseignants, des administrateurs et du personnel dans les écoles élémentaires où, comme je l’ai souligné dans une série d’articles précédents, les fous dirigent l’asile.

Les agressions contre les enseignants, la violence physique et verbale sont monnaie courante dans de nombreuses écoles élémentaires (pas toutes) et, comme on me l’a signalé, les auteurs de ces actes sont souvent choyés au lieu d’être soumis à de strictes sanctions.

Bien sûr, les guerrières folles de justice sociale du conseil scolaire du district de Toronto (TDSB) — conduites par le directeur de « l’éducation à l’équité », John Malloy — sont réputées pour avoir tenté de simplifier le programme et injecter encore plus de médiocrité dans les écoles de Toronto.

C’est pour cette raison que j’ai non seulement toujours soutenu les tests standardisés, mais aussi le classement annuel des écoles établi par l’institut Fraser, qui sont basés sur les tests standardisés de l’Office de la qualité et de la responsabilité en éducation (OQRE).

Malheureusement, même les tests de l’OQRE ont été simplifiés au fil des ans. Cependant, ils forment un point de départ. Il en va de même pour les classements d’établissements scolaires que les syndicats détestent, car ils révèlent que toutes les écoles ou toutes les méthodes d’enseignement ne se valent pas.

Mais je crois que le concept qui pousserait réellement les enseignants, les syndicats et les conseils scolaires à améliorer leurs prestations est la liberté de choix de l’école.

Cela n’a que trop tardé.

Je parle des écoles à charte qui existent dans aux moins 42 États et à Washington, DC. En Alberta, les écoles à charte existent depuis 2000. On en compte actuellement 13 aux niveaux primaire et secondaire.

Financées par la province ou l’État, elles sont régies par une « charte » ou un contrat de performance qui commande des résultats précis, elles sont gérées par un conseil d’administration indépendant.

Elles permettent de concurrencer les écoles publiques ordinaires, leurs élèves obtiennent généralement que ceux des écoles publiques ordinaires, leur personnel n’est pas syndiqué, elles sont moins dépensières, leurs coûts de fonctionnement soient donc moindres. Les syndicats d’enseignants sont fermement opposés à celles-ci.

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http://www.pouruneécolelibre.com/2015/06/quebec-enseignants-incites-gonfler-les.html

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dimanche 20 janvier 2019

Endocrinologues mettent en garde contre le traitement hormonal de la dysphorie sexuelle chez l'enfant

Barbara Kay (National Post) revient sur les dangers des traitements hormonaux que les transgenres sont astreints à suivre à vie.

J’ai un ami transgenre. Il [est né mâle et] a maintenant la cinquantaine. Il prend les hormones nécessaires pour conserver une apparence féminine depuis plus de 30 ans. Ce que j’aime chez Monica (ce n’est pas son vrai nom), c’est qu’il désapprouve le militantisme transgenre qui minimise les risques liés à l’utilisation d’hormones pendant toute la vie.

Monica a pris sa décision en tant qu’adulte, les yeux ouverts. Il s’est dit qu’il devait vivre sa vie en tant que femme et il était disposé à assumer les risques connus et inconnus pour ce faire.

Il souffre maintenant d’un cancer de la prostate (l’ironie de cette maladie typiquement masculine ne lui a pas échappé), d’un type agressif, et pourrait bien ne pas survivre très longtemps. Ses médecins n’excluent pas la possibilité que l’utilisation quotidienne d’hormones pendant des décennies soit la cause de l’apparition de ce cancer.

Le lobby trans voudrait qu’on souscrive à l’idée que la dysphorie de genre est un phénomène parfaitement naturel, qu’il suffit de croire en en la théorie de la fluidité de genre pour que cela tombe sous le sens et que la prise à vie de doses d’hormones quotidiennes ou d’importantes opérations chirurgicales ne sont que des détails anodins en regard de la fin louable qui consiste à « devenir » le sexe opposé.

Si vous acceptez l’idée que le sexe biologique est complètement distinct de l’identité de genre, vous n’aurez aucune difficulté à affirmer sans esprit critique que le processus de « transition » doit rapidement commencer dès les premiers signes d’expérimentation transgenre d’un enfant. Vous goberez aussi les autres mantras des activistes trans : tout thérapeute ou professionnel de la santé qui recommande la prudence, une attitude attentiste ou de prendre en considération les conséquences hormonales liées au processus de transition est un transphobe.

Jusqu’à présent, les activistes trans ont extrêmement bien réussi à intimider les endocrinologues qui s’inquiètent du manque de prudence qui entoure l’utilisation d’inhibiteurs de puberté et des hormones de transition.

Ces endocrinologues s’étonnent de la rapidité avec laquelle leur liberté d’expression sur cette question a été brimée. Un de mes amis endocrinologues m’a dit qu’il risquerait de perdre son poste à l’hôpital s’il conseillait aux parents d’un enfant qui se dit trans de demander une période d’évaluation thérapeutique avant de passer aux bloqueurs de puberté.

La Revue d’endocrinologie et de métabolisme cliniques (JCEM) est l’organe de la Société d’endocrinologie. Et c’est cette Société d’endocrinologie qui a publié des lignes directrices pour la pratique clinique relative au traitement de la dysphorie de genre chez les adultes et les enfants, d’abord en 2009, puis sous une forme révisée en 2017. Ces lignes directrices — très favorables aux transsexuels — ont été écrites conjointement avec l’Organisation mondiale professionnelle pour la santé des transgenres (WPATH) qui est considérée par les endocrinologues objectifs comme fondamentalement un groupe politique radical qui s’est infiltré dans une organisation médicale par ailleurs responsable et respectueuse de la méthode scientifique.

Dr Laidlaw

Un groupe d’endocrinologues inquiets s’est formé sous la direction du Dr Michael Laidlaw, un endocrinologue spécialisé dans l’étude des hormones et les glandes. Le Dr Laidlaw traite les patients atteints de maladies causées par des déséquilibres hormonaux. Ce groupe d’endocrinologues a écrit une lettre de dissidence au rédacteur en chef de la JCEM. Elle a été acceptée et sera publiée, plus tard ce mois.

Dans un communiqué de presse qui vient de paraître, le groupe du Dr Laidlaw met en garde contre les graves dangers des médicaments bloquant la puberté et des hormones sexuelles de transition utilisées dans le traitement de la dysphorie de genre chez les enfants et les adolescents : « Les enfants et les adolescents qui ont des questions au sujet de leur sexe se voient prescrire de plus en plus souvent des opérations chirurgicales et des hormones qui altéreront leur vie de façon irréversible. Celles-ci peuvent accroître le risque de décès par maladie cardiovasculaire, de caillots sanguins potentiellement mortels, une stérilité permanente et une dysfonction sexuelle, parmi d’autres problèmes », déclarent-ils.

Ils s’inquiètent également de la dysphorie sexuelle à apparition rapide, pour laquelle il n’existe pas de test fiable, une maladie qui affecte principalement des adolescentes, dont beaucoup souffrent également d’autisme ou d’autres problèmes neurodéveloppementaux.

La lettre insiste sur le fait que « les médecins doivent commencer à évaluer [cette thérapie] en usant du regard objectif des cliniciens scientifiques plutôt que par le prisme idéologique du militant social. On aidera en fin de compte bien plus d’enfants souffrant de dysphorie de genre en utilisant cette méthode » [scientifique].

La lettre reprend ce qui a déjà été répété maintes fois dans les éditoriaux et les billets de carnets, dans les conférences privées organisées par les parents inquiets et dans les vidéos postées par des dissidents. Ce qui rend cette lettre si précieuse, c’est sa parution dans un journal médical dont la crédibilité ne peut être ni niée ni ignorée.

Les endocrinologues restés passifs pendant que le rouleau compresseur du lobby trans écrasait toute opposition dans les institutions juridiques, éducatives et politiques de notre société devront désormais reconnaître qu’il faut officiellement prêter une oreille respectueuse à des points de vue divergents et qu’il faut débattre ouvertement de ces sujets.


Il s’agit d’un pas en avant encourageant pour rétablir le détachement scientifique et le sens commun nécessaires dans ce domaine. Le traitement hormonal des enfants atteints de dysphorie comme première mesure plutôt qu’en dernier recours devient de plus en plus préoccupant.

En fait, il s’agit d’une question de sécurité publique qui nécessite d’urgence un débat rationnel et fondé sur des preuves. Félicitations à la JCEM pour ce qui doit être considéré comme un acte de courage en cette période enflammée par les questions de « genre ».

Voir aussi

La sexologue de l'école québécoise accompagne les enfants « trans » dans leur transition hormonale (parfois contre l'avis des parents) (Le Devoir, commentaires d'abonnés peu enthousiastes)

Les enfants se tournent vers le marché noir des hormones de changement de sexe pour « transiter »

Grande-Bretagne — enfants autistes poussés à s’identifier comme transgenres ?

Québec — Clinique de changement de sexe débordée (épidémie psychologique sociale ?)

La priorité éducative du Québec (du moment) : Urgence : « Adapter l’école aux écoliers transgenres »

Angleterre — Au moindre soupçon, des écoles considèrent les élèves comme transgenres.

Étude suggère augmentation du nombre d’adolescentes transgenres est en partie un phénomène social

Jordan Peterson et les jeunes « trans » (M-à-j avis de Debra Soh sur l’augmentation de ceux-ci)

Le genre et l’université : une chape de plomb s’abat

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Canulars embarrassants : revues « savantes » dupées par de fausses études adoptant des mots clés à la mode