mercredi 30 septembre 2015

Dix trucs simples pour améliorer la capacité d’attention et la maîtrise de soi chez l’enfant

Votre jeune enfant a du mal à rester concentré, est agité et impulsif ? Ce n’est pas forcément un TDA/H. Avant de foncer chez le neuropsychologue pour une évaluation ou à la pharmacie pour des médicaments, tentez d’abord de mettre en place ces quelques conseils.

Dix trucs suggérés par Nancy Doyon :

1. Répondre au besoin de bouger : prévoir des activités où l’enfant pourra dépenser son énergie avant les périodes où il doit rester calme (matin avant l’école, avant les repas, avant les devoirs, avant d’aller au lit, etc.).

2. Réduire les sources de stress et la stimulation
Le stress est un des facteurs qui influence le plus les capacités d’attention et l’autocontrôle. Nos enfants sont aussi souvent surstimulés et leur « disque dur » est trop souvent surchargé d’informations. Limiter le bruit et réduire l’éclairage (lumière du jour lorsque c’est possible plutôt que des néons et lumière tamisée le soir). Ralentir le rythme de vie, diminuer le nombre d’activités structurées et relaxer les weekends plutôt que d’organiser des sorties familiales.

3. Augmenter les heures de sommeil

4. Adopter une saine alimentation

5.  Diminuer les heures passées devant les écrans (téléphone, ordinateur, tablette, jeux vidéo et télé) à 2 h par jour au maximum (et c’est énorme 2 h !) Si possible, les interdire la semaine.


6. Augmenter le temps de lecture
La lecture, en plus de favoriser le calme, développe les capacités attentionnelles, l’imaginaire et contribue grandement au développement des facultés cognitives. 20 à 30 minutes de lecture par jour peuvent faire une énorme différence sur les résultats académiques, quitte à lire avec lui. Déployez des efforts afin de trouver un type de lecture ou une série qui plaira à votre enfant.

7. Faire régulièrement des jeux de table et de société (30 minutes de jeu par jour)
Les jeux de société sont un excellent moyen d’entraîner, à travers le plaisir, les capacités de l’enfant à attendre son tour, réfléchir et trouver des stratégies, faire des liens de cause à effet, anticiper des situations, gérer ses émotions, etc.)

Jouer à des jeux qui demandent de la concentration : casse-têtes, jeux de mémoire et de logique (Ottello, dames, Rummy, etc.)

8. Faciliter l’apprentissage :
Puisque tous les enfants n’ont pas les mêmes besoins ni la même façon d’apprendre et de retenir l’information.


9. L’aider à se calmer lorsqu’il est trop agité
Baisser le ton, parler peu et tamiser les lumières. L’amener près de vous, lui caresser le dos, jouer avec ses mains ou ses doigts, lui donner un bisou, etc. Les enfants agités sont souvent kinesthésiques et réagissent bien au toucher si celui-ci est doux et chaleureux.

10. Être indulgent


Plus de détails ici.

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Birmanie — Les autorités locales soutiennent les radicaux bouddhistes

Article du Myanmar Now de Rangoun, capitale de la Birmanie, sur la radicalisation de certains bouddhistes (y compris de nombreux moines) envers l’islam.

En Birmanie, où la population est majoritairement bouddhiste, la minorité musulmane représente environ 5 % des habitants. Dans le delta de l’Irrawaddy, les musulmans vivent essentiellement des activités liées aux abattoirs et au commerce du bœuf.

Actuellement, les entreprises musulmanes sont la cible des radicaux bouddhistes, dont la voix a beaucoup gagné en puissance avec l’ouverture politique de la Birmanie.



Depuis fin 2013, une campagne soutenue par Ma Ba Tha (lire ci-dessous) a entraîné la fermeture de dizaines d’abattoirs et d’usines de transformation de viande tenus par des musulmans dans la région d’Ayeyarwady. Des milliers de vaches ont été enlevées de force à leurs propriétaires musulmans. Les commerces de certains musulmans ont vu leurs revenus s’effondrer.

Des documents officiels que nous avons obtenus et des entretiens avec des représentants de l’État révèlent que les hauts fonctionnaires soutiennent cette croisade. Lwin Tun, 49 ans, a investi dans les secteurs du bâtiment, de l’immobilier et de l’hôtellerie, à la fois dans le delta et dans la région de Rangoun. Selon lui, les actions de Ma Ba Tha menacent gravement ses intérêts. « La campagne appelant à un boycott des entreprises gérées par des musulmans dure depuis quelque temps, affirme-t-il. Des tracts sont distribués. La police le sait, mais ne fait rien. »

Régis Debray fait son deuil du progressisme et des illusions de la gauche

Extraits d’un article de l’hebdomadaire Le Point où l’intellectuel français Régis Debray livre en quelque sorte son testament politique : l’humanité sans dessein, la gauche socialiste sans idées, le deuil de l’Histoire...


Le Point — Mais de quel deuil exactement parlez-vous ?

Régis Debray. — De l’Histoire comme accomplissement d’un grand dessein, comme émancipation de l’humanité en marche vers son salut. Cette idée messianique, nous la tenons, tout libre-penseur qu’on soit, du judéo-christianisme. Elle a longtemps fait de nous, les progressistes, des descendants d’Abraham et d’Isaïe sans le savoir. Or le bureau des Affaires eschatologiques a fermé. Plus aucune grande promesse n’est crédible. Avez-vous noté le raccourcissement des cycles d’espérance en Occident ? Le christianisme ? Vingt siècles. Le scientisme ? Deux siècles. Le socialisme ? Moins d’un siècle. L’européisme ? Un demi-siècle. Résultat, une première historique : la peur sans l’espoir. L’homme, ce petit mammifère prématuré à la naissance, plus malin, mais plus faiblard que les autres, a toujours eu peur, non sans raison : des rhinocéros, de l’enfer, de la peste, des Barbares, des intrus, des kalachnikovs. La peur, c’est son destin, mais l’antidestin qu’il a inventé pour tenir le coup — la résurrection des morts, la société sans classes, l’éternité par l’art ou autres tranquillisants —, a disparu. Pour la première fois, [pour l’homme occidental moderne] il n’y a plus d’après. Ni au ciel ni sur terre.

— Quel impact sur notre époque cette disparition aurait-elle ?

— C’est un peu tôt pour le savoir. Le XXe siècle a vécu du futur plus qu’aucun autre, et jusqu’au XVIIIe notre civilisation vivait du passé, sur l’imitation de Jésus-Christ, des saints ou des héros. Le présent à l’état brut, sans rien devant ni derrière, c’est de l’expérimental. Je pressens du bipolaire : hystérie et sursauts de colère d’un côté, morosité et je-m’en-foutisme de l’autre. Le déprimé survolté par dix flashs quotidiens. Les psys vont avoir du pain sur la planche.

— La mondialisation ne pourrait-elle pas faire office de nouvelle espérance ?

Je ne vois pas trop en quoi. Les marchandises circulent mieux, les signes et les images aussi, vivent la Toile et le conteneur. Mais, du même coup, les traditions, les cultures et les religions se côtoient bien davantage, se frottent l’une contre l’autre, et cela fait de l’irritation et de l’inflammation aux jointures. Des réactions allergiques, et donc des replis, des paniques identitaires çà et là. La mondialisation techno-économique fomente une balkanisation politico-culturelle — 193 États à l’ONU quand il n’y en avait pas 50 en 1946. Et plus les outillages progressent, plus les imaginaires régressent. Le passé revient en force, avec les fantasmes d’origine. Voyez le Moyen-Orient : les frontières modernes s’effacent, on remonte de l’État à l’ethnie. Le plus récent est le plus fragile. Quand il y a crise économique ou politique, ce sont les couches les plus anciennes qui affleurent : le clanique, le tribal, l’ethnique, le religieux. L’archaïsme, ce n’est pas le révolu, c’est le refoulé. Et la postmodernité, en ce sens, sera criblée d’archaïsmes. Pourquoi ? Parce que le nivellement crée un déficit d’appartenance, un désarroi existentiel, d’où le besoin d’un réenracinement traditionaliste, d’un affichage de singularité. On croyait jusqu’à hier que l’évolution du niveau de vie nous débarrasserait du religieux — une école qui s’ouvre, c’est un temple qui ferme. Erreur. Les informaticiens sont plus fondamentalistes que les littéraires, en Inde comme en islam. L’utopie libérale espérait que la Carte bleue gomme les cartes d’identité, en réalité, elle les fait sortir au grand jour. En somme, la pacification par le doux commerce, l’OMC comme solution de l’énigme enfin trouvée, ça a beau être bardé de statistiques, cela reste le doigt dans l’œil. Le technocrate domine à Bruxelles, mais il est à côté de la plaque. Disons qu’il n’a que la moitié du programme.

— Mais l’Europe, face à Daech, face au problème des migrants, pourrait très bien retrouver une nouvelle identité ?

Oui, bien sûr, rien n’est plus précieux qu’un bon et vrai ennemi. Et Staline a autant fait pour l’Union européenne que Jean Monnet. Mais souvenez-vous : on a construit l’Europe à l’Ouest pour ne plus avoir à faire la guerre. Pour ne plus avoir même à y penser. Et en remettant sa défense entre les mains de l’Amérique, laquelle espionne sans vergogne ses protégés, qui ne protestent même plus. Le projet était viable tant qu’il y avait juste en face un ennemi mortel, ou jugé tel. Daech, c’est écœurant, épouvantable, mais 20 000 hommes dans un désert, sans aviation, sans drone, sans labos et sans usines, ce n’est pas le IIIe Reich ni l’Armée rouge. L’antiterrorisme, ça ne fait pas une identité, la chose est d’ailleurs préemptée et dirigée par Washington. Le mot d’Europe comme entité politique et non géographique apparaît dans les grimoires après Poitiers, puis après Lépante, face au Turc. L’affrontement, ça réveille. L’Iran, c’était loin. La Chine aussi.

[...]

— Depuis votre Éloge des frontières, votre position a-t-elle évolué ?

Nullement. Une frontière, c’est une ligne consentie, faite pour être franchie, à certaines conditions légales mutuellement agréées. La frontière est une conquête de la civilisation, et quand il n’y en a pas, c’est la loi du plus fort, qui dresse un mur, sans rien demander à personne. Une frontière peut mal tourner, mais l’absence de frontières, c’est la jungle assurée, tôt ou tard.

— Revenu de toutes vos illusions, c’est aussi un adieu à la politique que vous rédigez ?

En un sens, oui. Mais si c’était la politique au sens fort du terme qui nous disait adieu ? Et si c’était la fin d’un cycle ouvert chez nous par la Révolution et qui mettait une vision du monde au cœur des luttes pour le pouvoir, et non l’autodéfense d’une province, d’une dynastie, d’un groupe d’intérêts ou d’un taux de croissance ? La division gauche-droite, ça naît en 1789, avec pour ligne de partage une idée de l’avenir et de l’être humain. On s’en était bien passé pendant des siècles. Et tout ce qui est né mérite de périr. En tout cas, je ne dis pas adieu, mais bonjour à la laïcité, sur laquelle nous préparons avec un ami un petit guide pratique, très précis et utilitaire. Pour sortir du blabla cotonneux des valeurs et des bons sentiments. Le laïque, c’est du dur et du droit. Cela ne donne pas une raison de vivre, ce n’est pas la religion des sans-religion, mais ça permet, c’est déjà beaucoup, de respirer côte à côte sans s’entre-tuer.

mardi 29 septembre 2015

France — 67 nouvelles écoles libres créées à la rentrée 2015

Communiqué de la Fondation pour l’école :

 Une fois encore, la rentrée démontre le grand dynamisme des écoles indépendantes avec un taux de croissance du nombre d’écoles de 9 %. 67 nouveaux établissements scolaires ont en effet ouvert en septembre, soit 16 de plus que l’année dernière. Malgré les difficultés financières et administratives auxquelles ils sont confrontés, les porteurs de projet continuent d’affluer vers Créer son école, à la recherche de conseils juridiques, et vers la Fondation pour l’école en vue d’un soutien financier.

Les profils d’écoles indépendantes sont toujours aussi variés : Montessori, bilingues et écoles écologiques tiennent le haut du podium. Les écoles confessionnelles restent une minorité. Aujourd’hui, en stock, sur un total de 793 écoles indépendantes en France, 2 sur 5 sont confessionnelles. Leur typologie est consultable sur l’annuaire en ligne www.ecoles-libres.fr. La spectaculaire progression de ces créations d’écoles indépendantes est, selon nous, due à deux principales raisons :
  • la prise de conscience générale, à la suite de la parution du rapport PISA notamment, du délitement de l’Éducation nationale qui laisse 40 % de ses élèves sur le bord de la route ;
  • la revendication, toujours plus forte, d’un vrai choix scolaire pour trouver une école adaptée à ses attentes éducatives et aux besoins pédagogiques de son enfant.

Anne Coffinier, directrice générale de la Fondation pour l’école, déclare :
La France est très en retard en matière d’innovation éducative. Nous sommes enfermés dans un système vieux de 60 ans qui n’est ni performant ni adapté aux nouveaux défis que nous devons relever. Il est temps de proposer, en plus des établissements scolaires publics ou privés existants, des écoles libres de leurs moyens, mais comptables de leurs résultats qui pourront accompagner les 40 % d’enfants mal à l’aise dans le système classique pour une raison ou une autre. Il en va de la justice sociale et de notre avenir collectif. Chaque enfant a droit à une instruction de qualité adaptée à ses besoins propres. L’Éducation nationale ne peut pas tout faire !

Québec — taux de diplomation en hausse grâce aux « qualifications »

Une nouvelle fois, cette année, le taux de diplomation est en hausse dans les écoles du Québec, a appris Le Journal de Québec. Mais cette hausse ne signifie pas nécessairement que les élèves sont plus nombreux à décrocher leur diplôme d’études secondaires (DES), souligne un expert.


Selon les plus récents chiffres du ministère de l’Éducation, la proportion d’élèves qui ont décroché un diplôme sept ans après leur entrée au secondaire est maintenant de 77,7 %, un chiffre en hausse constante au cours des dernières années. Un peu plus de 65 % d’entre eux ont obtenu leur diplôme en cinq ans.

Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval, refuse toutefois de se réjouir trop rapidement. Il rappelle que le taux de diplomation tel que calculé par le Ministère comprend le diplôme d’études secondaires (DES), mais aussi onze autres diplômes et qualifications pour lesquels il n’est pas nécessaire d’avoir terminé son cinquième secondaire. (Notons que ce cinquième secondaire correspondant à la troisième ou à la seconde en France puisque le bac équivaut au diplôme d’études collégiales conformément à l’article 2 de l’accord-cadre franco-québécois sur la reconnaissance des diplômes et la validation des études [accès au texte], signé le 20 février 1996. Les Français et les Belges présentent habituellement leur taux de diplomation pour l’équivalent de notre DEC.)

Pour deux des qualifications qui permettent de gonfler le taux de diplomation, il n’est même pas nécessaire d’avoir réussi la deuxième année du secondaire (âge habituel 13 ans) pour l’obtenir. Les élèves qui obtiennent ces qualifications sont souvent des garçons qui éprouvent de grandes difficultés scolaires. Il s’agit de nouveaux parcours mis en place au secondaire, comme le certificat de formation à un métier semi-spécialisé et le certificat de formation préparatoire au travail. Dans ces deux cas, il n’est pas nécessaire d’avoir réussi la deuxième année du secondaire pour y être admis.

Égide Royer trouve le phénomène très préoccupant. « On vient consacrer la sous-scolarisation des garçons en difficulté », qui obtiennent en grande majorité ces certificats. Si l’on exclut ces nouvelles qualifications qui ne sont que de la « fausse représentation », le taux de décrochage au Québec fait du surplace, souligne cet expert.

« Comment peut-on accepter comme étant un indicateur de réussite au secondaire le fait que quelqu’un de 18 ans ait un niveau de lecture de 4e année ? C’est ça, la question », lance M. Royer.

L’an dernier, le taux de diplomation était de 75,8 %, un chiffre qui chute à 71 % lorsque l’on tient compte uniquement du diplôme d’études secondaires.

Ce sont d’ailleurs ces autres diplômes – que l’on appelle des qualifications – qui sont responsables de la hausse du taux de diplomation. C’est ce qui est écrit noir sur blanc dans un autre document du Ministère rendu public au début de l’été.

L’amélioration constatée au cours des dernières années est « attribuable à l’augmentation des qualifications décernées », peut-on y lire.



Certains élèves sont plus à risque de décrocher. Ceux et celles qui accusent un retard scolaire viennent en tête de liste. Les élèves issus de milieux défavorisés et ceux qui appartiennent à la première génération d’immigrants constituent aussi des élèves à risque, mais ce risque est moins élevé. Quant aux élèves autochtones, leur taux de décrochage est très élevé, mais ils comptent pour peu dans l’ensemble des décrocheurs.

Par ailleurs, selon les plus récents chiffres, l’écart persiste entre les garçons et les filles : 83 % d’entre elles ont décroché un diplôme (DES ou qualifications jugées équivalentes), comparé à 72,5 % chez les garçons, soit une différence semblable à celle de l’an dernier.

Les élèves anglophones réussissent toujours mieux que les francophones, mais l’écart qui était de 9,5 points est maintenant de 7,4 points.

Une majorité d’élèves qui décrochent en cinquième secondaire sont en échec en français. Il s’agit de la matière qui leur donne le plus de fil à retordre. Pendant ce temps, le nombre d’heures d’enseignement du français en en français a fortement diminué dans les écoles québécoises puisqu’on a dû faire une plus grande place à l’enseignement de l’anglais.

Les dix meilleures commissions scolaires par taux de diplomation

English-Montreal : 87,9 %
Lester-B.-Pearson : 87,3 %
Western Quebec : 87,3 %
Central Quebec : 86,8 %
Des Découvreurs : 86,5 %
Sir-Wilfrid-Laurier : 84,0 %
Riverside : 83,3 %
Des Patriotes : 81,5 %
Marguerite-Bourgeoys : 81,4 %
Des Phares : 80,8 %

Les dix pires commissions scolaires par taux de diplomation

Kativik : 25,9 %
Crie : 30,0 %
Du Lac-Abitibi : 61,6 %
Des Samares : 62,2 %
De l’Or-et-des-Bois : 63,0 %
Au Cœur-des-Vallées : 64,6 %
Des Hauts-Bois-de-l’Outaouais : 64,8 %
Du Fer : 65,0 %
De Sorel-Tracy : 66,0 %
Des Chic-Chocs : 66,0 %


Liste des diplômes et qualifications pris en compte pour le calcul du taux de diplomation

• DES : diplôme d’études secondaires (formation générale) ;
• DEP : diplôme d’études professionnelles ;
• ASP : attestation de spécialisation professionnelle.

• CFER : certificat de formation en entreprise de récupération ;
• CFMS : certificat de formation à un métier semi-spécialisé ;
• CFPT : certificat de formation préparatoire au marché du travail ;
• ISPJ : certificat en insertion socioprofessionnelle des jeunes ;
• AFP : attestation de formation professionnelle.

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Traitement cosmétique ? Le décrochage au Québec est-il vraiment en baisse ?

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samedi 26 septembre 2015

Québec — Le terme « nègre » va être banni des noms de lieux

Les noms de onze lieux comportants les mots « nègre » et « nigger » vont être renommés pour éviter de porter « atteinte à la dignité des membres de la communauté noire ».

Ils ne pourront plus aller se baigner dans le Lac du Nègre en Outaouais, ni dans la rivière du même nom près de Drummondville. Ils ne pourront d’ailleurs plus grimper la colline Rocher Nigger, à Saint-Armand en Montérégie. Vendredi, la Commission de la toponymie du Québec a annoncé la « désofficialisation » des onze noms de lieux contenant les mots « nègre » en français ou « nigger » en anglais.

Selon la Commission, « Certains de ces noms de lieux, consacrés par l’usage, témoignent d’événements historiques, écrit la commission dans un communiqué. Cependant, même si les mots “nigger” et “nègre” sont d’usage ancien, ils peuvent porter atteinte à la dignité des membres de la communauté noire. En effet, le premier a une connotation fortement injurieuse. Quant au second, il a acquis, au fil du temps, une charge péjorative. » Qu’en pensent les chantres africains et antillais de la négritude ?

Comme nous l’indique une source qui nous a fourni une copie d’un courriel envoyé le 17 juin par la Commission de la toponymie : « des représentants de la communauté noire du Québec nous ont demandé de ne pas les retirer de la nomenclature géographique du Québec. » Il semble que la demande d’interdiction du mot « nègre » émane d’associations (notamment Impératif français) et de personnes (notamment un avocat activiste « caucasien » d’origine américaine) qui ne représentent pas les Noirs.

Denys Arcand avait déjà abordé ce sujet dans L’Âge des Ténèbres quand il prévoyait que « nègre » serait décrété un « non-mot ».


mercredi 23 septembre 2015

Une nouvelle étude souligne les conséquences néfastes des garderies « universelles » québécoises


Une nouvelle étude, parue le 21 septembre 2015, indique que le système de garderies « universel » du Québec a des effets négatifs sur les enfants.

L’étude longitudinale a été effectuée par trois universitaires chevronnés : Michael Baker (Université de Toronto), Jonathan Gruber (Massachusetts Institute of Technology), Kevin Milligan (Université de Colombie-Britannique). Elle utilise quatre ensembles différents de données fiables, y compris des données de Statistique Canada. Leurs conclusions corroborent celles d’une recherche précédente qui tendait à démontrer que le système de garderies universel pourrait être néfaste pour le développement affectif des enfants.

Voici les cinq points essentiels à retenir de cette nouvelle étude :

1. Augmentation des comportements négatifs

Les enfants qui participent au programme de garderies du Québec étaient « en moins bonne santé, moins satisfaits de la vie et connaissaient un taux de criminalité plus important plus tard dans la vie. » Les auteurs écrivent que « L’impact négatif du programme de Québec sur les résultats non cognitifs des jeunes enfants semble perdurer et augmenter alors qu’ils atteignent l’âge scolaire. » (p. 21)

Qu’est-ce que les chercheurs entendent par « résultats non cognitifs » ? Ils parlent du comportement. Pour l’évaluer, ils ont mesuré des traits comme l’agression, l’hyperactivité et l’anxiété.

Ces résultats confirment une étude longitudinale antérieure soumise à l’examen d’autres scientifiques.

Notons que les filles ne sont pas affectées de la manière que les garçons. « Nous avons observé un impact nettement plus important dans le domaine de l’hyperactivité et de l’agressivité pour les garçons », écrivent les auteurs. Il y a pire : « les évaluations indiquent des impacts absolus plus importants pour les garçons pour ce qui est du taux de criminalité ».

Pour les filles, écrivent les auteurs, « l’effet le plus important porte sur le comportement prosocial qui s’aggrave de 22 pour cent d’un écart-type » (p. 28) on assiste donc à une baisse de l’empathie.

« À la maison, je m’ennuie !
À la garderie, je suis content ! »

Affiche soviétique des années 30

2. Moindre santé et qualité de vie

Non seulement les comportements négatifs augmentent, mais selon les déclarations des participants à l’étude leur santé et leur qualité de vie seraient également moindres par rapport à ce que déclarent les enfants qui n’ont pas été exposés au programme. Les auteurs notent que « [d]ans l’ensemble, ces résultats indiquent fortement une baisse dans le domaine de santé et de la qualité de vie parmi les jeunes plus âgés exposés au programme de garderies du Québec. » (p. 24)

3. Aucune amélioration dans les résultats scolaires

« Globalement, il n’y a pas de preuves solides que la politique familiale du Québec a eu un impact durable sur le développement cognitif des enfants. » (p. 23)

On fait souvent croire qu’un apprentissage précoce en garderie améliore les résultats scolaires. Toutefois, même là où on a noté une légère amélioration, celle-ci s’estompe assez vite. Cela demeure également vrai pour les programmes de garderie et de maternelle à temps plein.


4. Les interventions ciblées auprès d’enfants ne peuvent pas être reproduites dans des programmes universels

Perry Preschool est une étude menée dans les années 1960 aux États-Unis. Il s’agissait d’un programme coûteux, à une petite échelle qui ciblait des enfants défavorisés et leurs mères. Cette étude indiquait que ces enfants avaient bénéficié des efforts intensifs consentis, y compris auprès des parents.

Les programmes universels n’ont pas les mêmes effets. Par la nature même de ces programmes, la plupart des enfants concernés ne sont pas désavantagés. Il n’y a pas d’intervention auprès de la famille. Comme le coût du programme universel constitue un obstacle, sa qualité est médiocre.

Dès 2010, Kevin Milligan, l’un des auteurs de cette étude sur les garderies du Québec, insistait sur ce point en citant le Prix Nobel d’économie James Heckman :

« [Heckman] a écrit très clairement que les bénéfices d’une intervention [ciblé] auprès des sujets à risque sont bien établis... Mais il stipule très, très, très clairement qu’il n’est pas favorable à des programmes universels. »

Un autre chercheur, le Dr Jay Belsky, a déclaré : « on est passé de la preuve établie que certaines interventions peuvent être bénéfiques, à long terme, à des déclarations selon lesquelles toutes les interventions sont bénéfiques et ne présentent aucun inconvénient. »

Selon l’étude : « l’universalité des garderies ne semble pas présenter d’avantages à court terme alors que les études sur les effets à long terme ont des conclusions contradictoires » (p. 8)


5. La recherche sur l’attachement fournit la clé, mais on l’ignore

Les docteurs Gabor Maté et Gordon Neufeld ont cosigné un ouvrage important Retrouver son rôle de parent dont le titre anglais est plus explicite : Accrochez-vous à vos enfants : Pourquoi les parents doivent être plus importants pour leurs enfants que leurs congénères.

L’ouvrage décrit à quoi ressemble un bon attachement entre parent et enfant. Pour ces auteurs, la carence d’attachement entre les parents et leurs enfants est malheureusement devenue aujourd’hui la norme.

L’attachement aux congénères (aux pairs) se produit, selon Neufeld et Maté, quand de petits enfants sont placés au sein de grands groupes d’autres petits enfants. Ceux-ci commencent alors à considérer les autres enfants, plutôt que des adultes attentionnés et mûrs, comme leurs modèles. Sans surprise, les résultats laissent fort à désirer.

L’attachement, selon le Dr Gordon Neufeld, se résume à « établir des liens émotionnels forts et riches avec ceux qui vous élèvent ». C’est un concept qui se développe organiquement au cours des premières années de la vie.

Limite inique au choix des parents pourtant plébiscité par 70 %

La politique actuelle au Québec est injuste, elle consiste à massivement subventionner les « bonnes mères » qui abandonnent leur enfant en bas âge à des tiers et à ne rien offrir aux parents « rétrogrades » qui gardent eux-mêmes leurs enfants à la maison. Des taxes élevées (pour payer ces « généreux programmes » de garderie) et moins de choix de qualité pour les parents et leurs enfants.

Pourtant, une étude d’août 2013 indiquait que, pour 70 % des Québécois, le meilleur endroit pour un enfant de moins de six ans était la maison avec un parent. Cette nouvelle étude apporte de l’eau au moulin des parents qui voudraient avoir plus de choix en matière d’éducation à la petite enfance sans devoir payer un prix exorbitant pour leur choix considéré comme rétrograde par d’aucuns.


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mardi 22 septembre 2015

Suède — Échec de l'intégration des immigrés, ce n'est pas faute de moyens ou de bons sentiments

Écolières à Malmö (sud de la Suède)
La Suède propose probablement la politique d’asile la plus accueillante et les programmes d’aide sociale les plus généreux de l’Union européenne. Un réfugié typique, Natanaël Hailé, a échappé en 2013 de peu à la noyade en Méditerranée. Mais ses compatriotes en Érythrée ne s’intéressent pas aux dangers liés à son périple.

Comme il l’a déclaré au New York Times, ils veulent en savoir plus sur « sa voiture d’occasion, les allocations du gouvernement qu’il reçoit et ses projets pour trouver du travail comme soudeur une fois qu’il aura terminé un cours de langue de deux ans. » En tant que réfugié enregistré, il reçoit une indemnité de séjour mensuelle de plus de 925 $ canadiens.

Une généreuse politique d’immigration fait partie de l’image de marque que la Suède (comme le Canada) veut projeter. À ce titre, la Suède se targue d’être une superpuissance morale. Depuis 40 ans, la plupart des immigrants en Suède sont des réfugiés et des membres de famille qui rejoignent un parent déjà installé, à tel point que les mots « immigrant » et « réfugiés » sont devenus synonymes en Suède (contrairement au Canada et au Québec).

La Suède accueille plus de réfugiés par habitant que tout autre pays européen, et les immigrants – principalement en provenance du Moyen-Orient et en Afrique – forment aujourd’hui environ 16 pour cent de la population suédoise. Les principaux partis politiques, ainsi que les médias dominants, approuvent cet état de fait. Remettre en question ce « consensus » est considéré comme xénophobe et haineux.

Alors, dans ce climat de générosité et de suppression de tout discours critique, comment se déroule l’intégration des « réfugiés » dans le pays le plus réceptif en matière d’immigration sur la planète ? Pas si bien, si l’on en croit Tino Sanandaji (le frère de Nima Sanandaji dont nous avons récemment publié une recension de son dernier livre).

M. Sanandaji (ci-contre) est lui-même un immigrant. Cet économiste kurdo-suédois est né en Iran et a déménagé en Suède à l’âge de 10 ans. Il possède un doctorat en économie de l’Université de Chicago et se spécialise dans les questions d’immigration. Le Globe and Mail de Toronto s’est entretenu avec lui la semaine passée.

« Les non-Européens s’intègrent mal », a déclaré M. Sanandaji. Quarante-huit pour cent des immigrants en âge de travailler ne travaillent pas, d’ajouter l’économiste. Même après 15 ans en Suède, leur taux d’emploi atteint à peine 60 pour cent. La Suède possède le plus grand écart dans les taux d’emplois en Europe entre autochtones et non-autochtones.

En Suède, l’égalité est vénérée, mais c’est l’inégalité qui est désormais bien ancrée dans les faits. Les statistiques des services de l’emploi suédois pour le mois d’août 2015 indiquent que 49 pour cent de tous les chômeurs et 55 pour cent des chômeurs de longue durée sont nés à l’étranger. Cinquante-huit pour cent des prestations d’aide sociale sont distribuées aux immigrants. Quarante-cinq pour cent des enfants aux notes scolaires médiocres sont des immigrants. Les revenus des immigrants (y compris ceux au chômage) sont en moyenne inférieurs de 40 pour cent à ceux des Suédois. Les revenus des immigrants qui travaillent sont inférieurs de 20 % à ceux des Suédois. La majorité des personnes accusées de meurtre, de viol ou de vol sont des immigrants de première ou de deuxième génération. « Depuis les années 1980, la Suède a connu la plus forte augmentation au chapitre de l’inégalité des revenus parmi tous les pays de l’OCDE », a déclaré M. Sanandaji.

Ce n’est pas faute de moyens. En effet, la Suède est la championne en Europe pour ce qui est des efforts consentis en matière d’immigration. Il ne semble pas que ce soit directement la faute des nouveaux venus, car le marché du travail de la Suède exige une main-d’œuvre très qualifiée et même des Suédois peu qualifiés ne trouvent pas de travail. « Quelle chance peut donc avoir une femme africaine de 40 ans ? » de demander M. Tino Sanandaji. Selon l’économiste, près de 50 pour cent des réfugiés nouvellement arrivés ne possèdent pas de diplôme d’études secondaires.

Pour M. Sanandaji, un des problèmes avec l’immigration actuelle en Suède est la qualité du capital humain. Le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) de l’OECD est pour les adultes ce que le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) est pour les élèves de 15 ans. Le PEICA est une évaluation internationale des compétences de base en traitement de l’information qui sont, selon l’OCDE, « requises pour participer à la vie économique et sociale des économies avancées du XXIe siècle ». Ces tests produisent probablement des mesures plus précises et plus fiables du capital humain que les diplômes officiels des pays sous-développés. Le PEICA fournit une enquête hautement détaillée qui porte sur les compétences en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans des environnements technologiques (RP-ET) chez les adultes âgés de 16 à 65 ans.

Les résultats sont frappants : la Suède a le plus grand écart dans les compétences entre les gens qui y sont nés et ceux nés à l’étranger parmi tous les pays participants au PEICA dans les trois sous-tests (l’illustration ci-dessous donne les résultats pour la « littératie »). Pour M. Sanandaji, c’est un fait fondamental qu’aucun économiste qui analyse cette question ne peut ignorer.

(Source : Résultats en littératie du PEICA)

Le fantasme suédois consiste à penser qu’il suffit de socialiser les enfants d’immigrants et de réfugiés correctement et ils deviendront semblables à des Suédois de souche. Mais voilà, cela ne s’est pas produit ainsi. Une bonne partie de la deuxième génération des immigrés vit dans de beaux ghettos sociaux suédois. Les tensions sociales – l’exode des blancs, recul général de la confiance – ne font qu’empirer. La ville de Malmö qui concentre une forte population immigrée, juste en face du pont vers le Danemark, est un désastre économique et social. Si la proportion de Suédois qui pensaient qu’« on peut faire confiance dans la plupart des gens » était de 70 % dans l’étude World Value Survey en 2005, ce chiffre était tombé à environ 62 % dans la dernière étude en 2014. À Malmö, la ville la plus diverse ethniquement en Suède, le niveau de confiance n'atteint que 52 %. Sur la perte de confiance globale dans les sociétés « diverses », lire Pierre-André Taguieff et Robert Putnam.

La générosité de la Suède coûte une fortune alors que la croissance économique stagne. Le pays dépense actuellement environ 4 milliards $ par année pour l’accueil de nouveaux réfugiés. Ce chiffre n’était encore que de 1 milliard $ il y a quelques années, selon M. Sanandaji. Et le flux de réfugiés ne diminue pas. La Suède accepte automatiquement tous les mineurs non accompagnés. « Nous avions l’habitude de prendre 500 mineurs non accompagnés par an », a-t-il ajouté. « Cette année, nous nous attendons à 12.000 mineurs non accompagnés. »

M. Sanandaji remarque que les graves problèmes liés à l’immigration en Suède apparaissent à peine dans les médias traditionnels. Les journalistes considèrent que leur mission est d’abord de lutter contre le racisme, de sorte qu’ils ne répercutent pas les mauvaises nouvelles. Malgré — ou peut-être à cause de — cette autocensure, le fossé entre les leaders d’opinion et les électeurs sur la question de l’immigration est devenu un gouffre. Selon un récent sondage d’opinion, 58 pour cent des Suédois pensent qu’il y a trop d’immigrants, note M. Sanandaji. Selon des sondages récents, 20 à 25 % des Suédois soutiennent désormais le parti anti-immigration des Démocrates de Suède.

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lundi 21 septembre 2015

Demain, vraiment tous surdoués ?

Documentaire réalisé en France et en Belgique sur les enfants à hauts potentiels. Comment les repérer ? Quelles structures existent ? Comment sont formés les professeurs ? Quelles sont les difficultés de ces familles ? Autant de questions abordées dans le reportage Demain, tous surdoués ?



Malheureusement, en Belgique et en France, seules les écoles privées — et donc vraiment libres (elles bénéficient de nettement plus de libertés qu’au Québec) — peuvent aujourd’hui accompagner les élèves à hauts potentiels, mais cela a un coût financier, et toutes les familles n’en ont pas les moyens.

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Japon — Nombre d'habitants âgés de plus de 80 ans a atteint 10 millions


Dans le cadre de la Journée nationale dédiée aux personnes âgées, les autorités japonaises ont publié des statistiques selon lesquelles les personnes âgées représentent 7,9 % de la population totale du pays.

Selon les données du ministère des Affaires intérieures et des Communications du Japon, les habitants du pays âgés de plus de 80 ans représentent 10,4 millions de personnes, soit 7,9 % de la population totale du pays.

Cette analyse statistique est publiée chaque année à l’occasion de la Journée nationale du respect des personnes âgées fêtée au Japon le troisième lundi de septembre, soit le 21 septembre cette année.

De même, les données montrent que le nombre de Japonais âgés de 80 ans et plus a atteint pour la première fois 10 millions de personnes.
Quant aux détails, 16,4 millions de personnes (12,9 % des habitants) sont âgées de 75 ans ou plus, près de 33,8 millions de personnes (un quart de la population) sont âgées de 65 ou plus dont 19,2 millions sont des femmes et 14,6 millions des hommes.

Près de 6,8 millions d’habitants âgés de plus de 65 ans au Japon ont un emploi.

De surcroit, le nombre de personnes qui ont déjà fêté leurs 100 ans représente près de 60.000 citoyens japonais.

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La non-exception scandinave : les bons côtés ont précédé l'État-providence

Nima Sanandaji, un Suédois d’origine kurde, a récemment publié un ouvrage (Scandinavian Unexceptionalism : La Non-exception scandinave) qui remet en cause un certain nombre d’idées reçues sur la Suède.
  • Les pays scandinaves se sont attiré des louanges pour leurs niveaux élevés de prestations sociales et leurs résultats économiques et sociaux. Il est vrai qu’ils ont du succès quand on considère la plupart des indicateurs habituels. Cependant, selon l’ouvrage de Sanadaji, le succès de la Scandinavie aurait précédé l’apparition de l’État-providence dans les années 60. En effet, entre 1870 et 1936, la Suède a connu le taux de croissance le plus élevé dans le monde industrialisé. Cependant, entre 1936 et 2008, la Suède ne se classait plus sur le plan du taux de croissance qu’au 13e rang sur 28 pays industrialisés. De 1975 au milieu des années 1990, la Suède est passée du 4e pays au monde selon la richesse au 13e. Pour le chercheur suédois, de nombreuses analyses sur les pays scandinaves confondent corrélation et causalité. Il est clair que bon nombre des caractéristiques souhaitables de sociétés scandinaves, telles que la faible inégalité des revenus, de faibles niveaux de pauvreté et des niveaux élevés de croissance économique sont antérieures au développement de l’État-providence. Ceux-ci et d’autres indicateurs ont commencé à se détériorer après l’expansion de l’État-providence et l’augmentation des impôts pour les financer. 
  • L’ère de la troisième voie sociale-démocrate en Scandinavie, tant admirée par la gauche, n’a duré que du début des années 1970 au début des années 1990. Le taux de création d’entreprises à l’époque de la troisième voie était catastrophique. En 2004, 38 % des entreprises au plus gros chiffre d’affaires avaient été fondées comme des entreprises privées dans le pays. Parmi ces entreprises, seules deux avaient été formées après 1970. Aucune des 100 plus grandes entreprises selon nombre d’employés n’a été fondée en Suède après 1970. En outre, entre 1950 et 2000, bien que la population suédoise soit passée de 7 millions à près de 9 millions, la création nette d’emplois dans le secteur privé fut proche de zéro.
  • Jusqu’en 1960, les recettes fiscales dans les pays nordiques allaient de 25 % du PIB au Danemark à 32 % en Norvège, un taux semblable à d’autres pays développés. À l’heure actuelle, après la forte taxation de l'ère de la troisième voie sociale-démocrate et une phase de réductions des impôts ces dernières années, les pays scandinaves ont, à nouveau, des taux de fardeau fiscal et de dépenses publiques qui les placent dans la moyenne. 
  • On prend souvent la Scandinavie en exemple, car sa population aurait une espérance de vie élevée, serait en bonne santé et connaîtrait une faible mortalité infantile. L’excellence en ce domaine est à nouveau antérieure à l’expansion de l’État providence. En 1960, la Norvège avait l’espérance de vie la plus élevée de la zone OCDE, suivie par la Suède, l’Islande et le Danemark en troisième, quatrième et cinquième positions respectivement. En 2005, l’écart d’espérance de vie entre les pays scandinaves et Royaume-Uni et les États-Unis avait considérablement diminué. L’Islande, dont le secteur d’aide sociale est de taille moyenne, a dépassé au fil du temps les quatre principaux pays scandinaves en termes d’espérance de vie et de mortalité infantile.
  • Les sociétés scandinaves étaient égalitaires bien avant l’apparition de l’État-providence sociale-démocrate. L’inégalité des revenus avait diminué de façon spectaculaire au cours des trois dernières décennies du XIXe siècle et durant la première moitié du XXe siècle. En effet, la réduction des inégalités s’était produite avant l’introduction d’un vaste secteur public et d’une forte imposition fiscale.
  • Le développement des États providence scandinaves a conduit à une détérioration dans le capital social. Même si les pays nordiques sont caractérisés par une bonne santé, seuls les Pays-Bas dépensent plus en chômage pour incapacité que les pays scandinaves. Une enquête de 2001 a montré que 44 % des Scandinaves pensaient qu’il était acceptable de demander des prestations de maladie s’ils n’étaient pas contents de leur environnement de travail.
  • D’autres études ont indiqué que le nombre des absences pour cause de maladie augmente lors des événements sportifs. On est loin du mythe des Suédois luthériens industrieux. Ainsi, l’absence pour cause de maladie chez les hommes a augmenté de 41 pour cent pendant la Coupe du Monde de football 2002. Ces changements d’attitude face au travail ont fait l’objet d’une étude dans le World Value Survey. Dans l’enquête de 1981 à 1984, 82 pour cent des Suédois étaient d’accord avec l’énoncé « demander des prestations gouvernementales auxquelles vous n’êtes pas autorisé n’est jamais justifiable » ; dans l’enquête 2010-14, seuls 55 pour cent des Suédois croyaient qu’il n’était jamais justifiable de réclamer des prestations auxquelles ils n’avaient pas droit.
  • Selon l’auteur, une autre caractéristique regrettable de pays scandinaves est leur difficulté à assimiler les immigrés, très souvent des réfugiés politiques attirés par les généreux bénéfices sociaux des pays scandinaves. Le taux de chômage des immigrants ayant un faible niveau d’éducation dans les pays anglo-saxons est généralement égal ou inférieur au taux de chômage parmi les gens nés dans le pays avec un bagage éducatif similaire, alors que le taux de chômage des immigrés peu qualifiés est beaucoup plus élevé dans les pays scandinaves. Même les immigrants qualifiés éprouvent des difficultés pour trouver un emploi convenable en Scandinavie. Les immigrants très scolarisés en Finlande et la Suède ont un taux de chômage 8 pour cent plus élevé que les Finlandais et les Suédois avec un niveau de scolarité équivalent. Dans les pays anglo-saxons, les taux d’emploi entre immigrés et natifs de même scolarité sont très similaires.
  • Les descendants de migrants scandinaves aux États-Unis combinent un haut niveau de vie typique des États-Unis et la faible inégalité des pays scandinaves. Le revenu médian des descendants scandinaves est 20 pour cent plus élevé que le revenu moyen aux États-Unis. Il est vrai que taux de pauvreté dans les pays scandinaves est plus bas qu’aux États-Unis. Toutefois, le taux de pauvreté chez les descendants d’immigrants nordiques aux États-Unis aujourd’hui ne représente que la moitié du taux de pauvreté moyen des Américains. C’est le cas depuis des décennies. En fait, les Scandinaves américains ont des taux de pauvreté plus faibles que les citoyens scandinaves qui n’ont pas émigré. Pour l’auteur, ceci suggère que des normes culturelles préexistantes à l’État-providence expliquent du faible niveau de pauvreté chez les Scandinaves, plutôt que les États-providence nordiques.
  • De nombreuses analyses de pays scandinaves confondent corrélation et causalité. Selon Sanandaji, il est patent que bon nombre des caractéristiques souhaitables des sociétés scandinaves, telles que la faible inégalité de revenus, le faible taux de pauvreté et les niveaux élevés de croissance économique, sont antérieures au développement de l’État-providence. Il est également clair pour Sanandaji que des taux élevés de confiance sont également antérieurs à l’ère des fortes dépenses publiques et des impôts élevés. Tous ces indicateurs ont commencé à se détériorer après l’expansion des États-providence scandinaves et l’augmentation des impôts nécessaires pour les financer.

Le livre n’adresse pas certaines questions. En particulier, pourquoi la Suède a connu une forte baisse dans ses résultats scolaires, à tel point qu’elle a demandé à l’OCDE d’en étudier les raisons. Les résultats scolaires sont non seulement en baisse, mais les étudiants suédois démontrent un manque de motivation pour le travail dur et le nombre d’étudiants qui se présentent en retard en classe a également augmenté.

Cette étude n’est pas sans rappeler le constat de Nathalie Bulle au sujet de la Finlande qui a de très bons résultats dans les classements scolaires internationaux : les traits du système finlandais que copie l’étranger n’expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes. En effet, la culture finnoise connaît un caractère discipliné et un esprit collectif forts, sa pédagogie est conservatrice, le pays homogène ne connaît que peu d’immigration, contrairement à la Suède. Malgré ces faits, le modèle d’élève décrit dans PISA est très fortement orienté vers le futur alors que le succès finlandais reposerait plutôt largement sur le passé, un monde en train de disparaître, une société préindustrielle et agraire, une éthique d’obéissance peut-être la plus forte parmi les sociétés européennes.

Au sujet de l’auteur

Nima Sanandaji détient un doctorat de l’Institut royal de technologie de Stockholm. Il a publié 15 livres sur des questions politiques telles que les perspectives de carrière des femmes, l’intégration, l’esprit d’entreprise et des réformes qui encouragent l’innovation dans la prestation des services publics. Nima Sanandaji est un chercheur au Centre for Policy Studies à Londres.


mercredi 16 septembre 2015

Nombre d'élèves en difficulté a près de doublé en 10 ans, coût : 2,3 milliards par an

Joanne Marcotte relève des extraits du livre TDAH ? Pour en finir avec le dopage des enfants dont nous avons déjà parlé et les commente. Extraits.

Tout cela dit, il demeure que St-Onge soulève une interrogation importante : Y a-t-il surdiagnostic du TDAH au Québec, maintenant champion canadien de la consommation de psychostimulants (ex. : Ritalin) ?

Les données sont ahurissantes :
  • En 10 ans, de 2000-2009, le nombre d’ordonnances de psychostimulants a pratiquement quadruplé.
  • De 2010-2014 (en 5 ans), la quantité de comprimés vendus en pharmacie a augmenté de 56 %.
  • Québec bat le record de consommation des psychostimulants. En 2011, Québec compte 23 % de la population, mais consomme 35 % des psychostimulants
  • Les EHDAA (élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation) représentent maintenant 20 % de tous les élèves, contre 12 % il y a 10 ans.

La question qui tue : Y a-t-il surdiagnostic ?

Oui, répond clairement le pédiatre Jean-François Chicoine (écoutez ici son commentaire). « Si on est rendus à 13 %, c’est sûr qu’on en traite trop. St-Onge a raison pour ce qui est de la multiplication du diagnostic », conclut-il, ce 13 % faisant référence au pourcentage d’élèves du secondaire qui ont reçu un diagnostic pour le TDAH. Plus encore, selon St-Onge,

Le Centre du TDAH de l’hôpital de Rivière-des-Prairies à Montréal retire 60 % de ces diagnostics aux enfants qui leur sont envoyés par des médecins soupçonnant l,existence d’un TDAH ou ayant posé un tel diagnostic. Le TDAH est surdiagnostiqué ou fait l’objet d’erreurs de diagnostic. Le ministre québécois de la Santé estime que les psychostimulants sont surprescrits et le Collège des médecins du Québec déclarait en février 2015 : « On est conscient qu’il y a un problème de surdiagnostic », les généralistes sont « mal outillés » pour poser des diagnostics liés aux troubles de l,apprentissage et du comportement.
– TDAH ?, p. 21.

Donnée tout à fait intéressante : 60 % des enfants qui prennent des psychostimulants sont nés en juillet, août et septembre. Explication possible ? Plusieurs cas s’expliquent par un simple manque de maturité. Les enfants sont juste trop jeunes et ont plus de difficulté à suivre le groupe. Rien à voir avec un trouble de neurotransmetteurs du cerveau… avis aux parents.

Selon l’auteur, plusieurs autres causes de type social ou environnemental peuvent être à l’origine d’un trouble d’inattention : manque de sommeil, toxines, troubles à la maison, etc.

Et puis, il y a la question des incitatifs financiers…
Les commissions scolaires se livrent à une « course » pour obtenir des diagnostics d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) et ainsi toucher plus de subventions. C’est ce qui explique en partie l’explosion du nombre de diagnostics, estime Québec.

Pour chaque EHDAA qu’elle déclare, une commission scolaire reçoit une allocation de base qui varie de 10 000 $ à un peu plus de 18 000 $, selon le handicap identifié par un « code de difficulté ». Cette allocation est de 5000 $ pour un élève régulier.

– La Presse, février 2015

[...]

Vérification faite auprès du Cabinet du ministre de l’Éducation, c’est 7,3 milliards $ (budget 2015-16) qui sont versés spécifiquement aux commissions scolaires. De ce 7,3 milliards, tenez-vous bien, c’est 2,3 milliards qui sont destinés aux élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage (EHDAA). 2,3 milliards !!! 32 % du 7,3 milliards !!!


32 % de ce qui est versé aux commissions scolaires devrait, en principe, servir à offrir des services directs aux élèves en difficulté.

Est-ce le cas ? Est-il possible qu’encore une fois, fidèle au modèle québécois, on répartisse trop et trop mal des sommes qui devraient être mieux ciblées ? Ce 2,3 milliards, va-t-il vraiment à des services directs en assistance aux enseignants ? On en doute. Selon le ministère, « il s’avère qu’environ 40 % du temps de travail des spécialistes en adaptation scolaire servirait à des tâches administratives ».

[...]

Se peut-il également qu’on « trippe » [sic] pas mal trop « diagnostic », mais qu’on néglige l’assistance et le soutien direct aux enseignants et aux élèves ?

Une généreuse enseignante me faisait part de ce que sa classe comptait 18 élèves. De ce nombre, 8 étaient TDAH ! Quatre élèves dans son groupe requéraient des plans d’intervention individualisés. Lorsqu’un élève avait un résultat de 73 %, on le considérait « à risque ». Vraiment ? À risque à 73 % ?

Lors de l’analyse des crédits du ministère de l’Éducation, on apprend que les EHDAA constituent 28,6 % de la clientèle de la Commission scolaire de Montréal, ce qui est plus élevé que le réseau dont le taux s’élève à 25,8 %. Un élève sur quatre dans tout le réseau…

mardi 15 septembre 2015

Le numérique ne fait pas de miracles à l'école

D’après une étude de l’OCDE, équiper massivement les élèves et leurs classes d’outils numériques ne suffit pas pour obtenir une amélioration des résultats.

Les pays qui ont beaucoup investi dans le numérique n’ont pas enregistré d’amélioration notable des résultats en compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences, souligne l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a étudié pour la première fois les compétences numériques des élèves de quinze ans, à partir des données recueillies lors de l’édition 2012 de son enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves).

Des pays passant peu de temps en ligne à l’école — comme la Corée, la Chine ou la Finlande — ont de très bons résultats aux tests PISA


Impact « mitigé, dans le meilleur des cas »

Malgré l’omniprésence des nouvelles technologies dans notre vie quotidienne, elles ne sont pas encore largement répandues dans l’éducation, relève l’OCDE. Lorsqu’elles sont effectivement utilisées en classe, « leur incidence sur la performance des élèves est mitigée, dans le meilleur des cas ».

« Ce n’est pas forcément parce qu’on utilise le numérique de façon intensive à l’école qu’on réussit bien aux tests numériques », explique Éric Charbonnier, analyste éducation à l’OCDE. Ces tests portent sur la compréhension de l’écrit électronique, mais aussi sur la « navigation ciblée », autrement dit la capacité à trouver la réponse à des questions en cliquant sur une succession de liens internet pertinents.



Le cas de l’Espagne

Les résultats des élèves espagnols se situent ainsi en deçà de la moyenne des pays développés, alors même « qu’ils consacrent plus de 30 minutes par jour au numérique pour les apprentissages », souligne Eric Charbonnier. A contrario, les élèves français se débrouillent mieux sur ordinateur (entre la 10e et la 14e place) que sur papier (12e à 16e), notamment les garçons, « alors que pourtant le numérique ne fait pas partie des apprentissages ».

Les plus performants en compréhension de l’écrit électronique sont les élèves de Singapour, Corée du Sud, Hong Kong, Japon, Canada, Shanghaï... Comme ils ne sont pas davantage exposés à internet à l’école que ceux du reste de l’OCDE, l’étude en déduit que « nombre des compétences essentielles pour la navigation sur internet peuvent également être enseignées et acquises à l’aide de pédagogies et d’outils analogiques traditionnels ».

« Pour réduire les inégalités dans la capacité à tirer profit des outils numériques, les pays doivent avant tout améliorer l’équité de leur système d’éducation », estime donc l’OCDE.

La qualité, pas la quantité, prévaut

Concernant la « navigation ciblée », ce sont les élèves de Singapour qui s’en sortent le mieux, devant ceux de l’Australie, la Corée du Sud, le Canada et les États-Unis. La France est au-dessus de la moyenne de l’OCDE, mais Shanghaï, connu pour ses brillants résultats scolaires, en dessous.

« Ce n’est pas la quantité de l’utilisation » du numérique « qui compte, c’est la qualité », estime Francesco Avvisati, analyste à l’OCDE. L’exemple australien montrerait que le numérique à l’école apporte quelque chose si les professeurs sont formés ou ont de l’expérience.

En revanche, « les pays qui ont donné la priorité à l’équipement ont une tendance plus négative », comme la Pologne. Pour que les nouvelles technologies soient efficaces, « il faut partir des usages », « répondre à des finalités pédagogiques », selon Francesco Avvisati.

Le gouvernement socialiste français mise sur les outils numériques en classe

On a probablement surestimé les compétences numériques des professeurs et des élèves, souligne dans le rapport Andreas Schleicher, directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE. « Combien d’enfants choisiraient de jouer à un jeu vidéo s’il était de la même (mauvaise) qualité que les logiciels que l’on trouve dans de nombreuses classes ? » relève-t-il aussi.

Le plan pour le numérique à l’école expérimenté en France, généralisé à la rentrée 2016, « ne fonctionnera que si les enseignants y adhèrent, s’ils y sont bien formés et si une culture de la collaboration se met en place », prévient Éric Charbonnier.

François Hollande a annoncé en mai qu’un milliard d’euros seraient consacrés en trois ans à ce plan, visant notamment à doter tous les collégiens d’un outil numérique d’ici 2018. Ce plan prévoit trois jours de formation pour les enseignants et le développement de ressources pédagogiques numériques.

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lundi 14 septembre 2015

Euthanasie — le Québec et son culte du consensus froissés

Texte de Mathieu Bock-Côté :

La nouvelle n’est pas passée sous silence, mais rares sont ceux qui en ont pris la pleine mesure. Dans les premiers jours de septembre, les 29 maisons de soins palliatifs ont annoncé qu’elles feraient dissidence contre la loi assurant l’aide médicale à mourir. Leur argument est simple: elles sont là pour accompagner le patient dans ses derniers jours, pour les humaniser, pas pour se consacrer à l’euthanasie. Ils entendent, à leur manière, et dans la mesure du possible, se soustraire à cette obligation et envoyer vers les hôpitaux ceux qui réclament le suicide assisté.

Gaétan Barrette (ci-contre), l’actuel ministre de la santé, et Véronique Hivon, l’inspiratrice de la loi, désormais dans l’opposition officielle, n’ont pas caché leur colère, ou du moins, leur stupéfaction. On peut résumer ainsi leur réaction: comment les maisons de soins palliatifs osent-elle se dérober au consensus québécois, élaboré au fil des ans, et consacré par la loi? On sentait bien que pour eux, la résistance des maisons de soins palliatifs était inimaginable, inconcevable et surtout, inadmissible.

La réaction des deux leaders politiques avait quelque chose d’absurde: ne se rendaient-ils pas compte que le consensus auquel ils faisaient référence se révélait finalement ... moins consensuelle qu’on ne le disait? Accuser tout un pan de la société de trahir le consensus collectif, n’est-ce pas reconnaître, finalement, qu’il n’existe pas vraiment? À bien des égards, c’est la belle histoire d’une loi adoptée dans l’harmonie généralisée qui éclate devant nous. Que s’est-il vraiment passé?

On nous a vanté un processus législatif exemplaire, conforme aux exigences les plus élevées de la démocratie. Le débat public aurait été exemplaire. Apparemment, tous reconnaissaient la nécessaire reconnaissance d’un droit de mourir dans la dignité – expression politiquement correcte traduisant le droit au suicide médicalement assisté. Apparemment, tous convenaient qu’il fallait désormais considérer comme allant de soi qu’un médecin puisse donner la mort et qu’il s’agissait d’un acte médical.

Dans ce débat, il n’y avait finalement que deux camps autorisés. D’un côté, on avait les partisans enthousiastes du droit de mourir dans la dignité. Et de l’autre, on avait ceux qui confessaient quelques réserves discrètes et gênées sans pour autant remettre en question les fondements de ce projet. Ils n’étaient pas contre. Ils étaient réservés, ou ne se sentaient pas prêts. En un mot, ils n’avaient pas une différence d’objectif, mais de rythme. Le pacte était le suivant: on respecterait les gens du deuxième camp à condition qu’ils acceptent à l’avance d’avoir perdu.

Oh, bien évidemment, on savait qu’il y avait quelques opposants résolus. Mais on les a vite déclarés marginaux et caricaturés en catholiques bornés, suppôts de l’Opus Dei. Il fallait bien les endurer parler et exprimer leur point de vue, mais fondamentalement, ils n’étaient pas les bienvenus dans le débat. On aura bien compris tout cela en commission parlementaire: c’était un grand théâtre où on faisait semblant d’écouter. Mais la décision était déjà prise et on ne permettrait à personne d’empêcher ce grand progrès de s’inscrire dans la loi.

En un mot, on a étouffé le malaise d’un grand nombre et transformé l’opposition avouée au suicide assisté en signe de fermeture d’esprit. Mais aujourd’hui, c’est la réalité qui reprend ses droits. Les désaccords censurés remontent à la surface. Et on se questionne sur l’objection de conscience ou la désobéissance civile. On découvre que le consensus était artificiel et imposé de manière autoritaire. Cela ne veut pas dire que la loi n’est pas légitime. Mais qu’on ne fasse pas semblant que la société communie dans une seule vision.
Réaction d'une artiste subventionnée québécoise
devant une pensée non consensuelle (dans son cercle)


Il y a avait quand même une certaine audace à inscrire le droit au suicide assisté parmi les droits de la personne. Mais la rhétorique des droits, dans la société occidentale contemporaine, semble plus forte que tout. C’est en se maquillant en droit qu’une revendication politique se donne un parfum d’absolu moral auquel il serait indécent de s’opposer. Il faudrait plutôt admettre que sur les questions existentielles, c’est moins la logique des droits qui doit prévaloir que la logique du politique. Personne ne devrait réclamer le monopole de la vertu.

On pourrait élargir le propos: le Québec a souvent l’habitude de se dérober aux débats nécessaires, comme s’il avait le besoin intime de se vautrer dans l’unanimité. Ce qui fait débat ailleurs est ici à peine débattu. On découvrira peut-être un jour qu’une bonne dispute intelligemment menée vaut mieux qu’un silence étouffant. La maturité politique, dans une société, ne consiste pas à abolir la diversité des opinions, mais à reconnaitre la légitimité de désaccords civilisés.

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Le cours ECR, école de l'unanimisme politiquement correct

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Contre la réforme pédagogique

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ECR — Des enseignants peu consultés et toujours mal préparés sept ans plus tard

Extraits d’un article du Devoir de ce jour :

Trop peu formés, trop mal outillés : les enseignants chargés du cours d’Éthique et de culture religieuse se sentent toujours mal préparés et encadrés pour transmettre cette matière à leurs élèves, près de sept ans après son implantation dans la controverse, révèlent les résultats d’une étude obtenue par Le Devoir.

Ex-enseignante et doctorante en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal, la chercheuse Anne-Marie Duclos consacre sa thèse à la réception du programme Éthique et culture religieuse (ECR) chez les enseignants du primaire de la région montréalaise. Son analyse porte sur l’implantation et la mise en œuvre de ce cours en contexte de controverse, en 2008. La publication imminente de ces recherches coïncide avec la mise sur pied d’une autre matière controversée, cette année : le nouveau programme d’éducation sexuelle.

Parmi les enseignants du primaire ayant obtenu leur baccalauréat en enseignement avant l’implantation du cours d’ECR, c’est-à-dire la majorité des enseignants du Québec, près de 60 % ont reconnu n’avoir reçu aucune formation pour transmettre la matière à leurs élèves, tandis que 17 % avaient reçu cinq heures de formation, et 25 % plus de six heures. Des données qui étonnent Mme Duclos.

« Six heures pour enseigner toutes les grandes religions et philosophies du monde, ce n’est pas beaucoup, lance-t-elle avec une pointe d’ironie dans la voix. Même si la formation à elle seule n’est pas garante de la réussite ou de l’échec du programme, on peut se demander si cela est suffisant. »

[...]

« À l’époque, il fallait former 23 000 enseignants du primaire, et 2400 spécialistes au secondaire. Ça fait beaucoup de monde, d’autant plus que le gouvernement a coupé le financement de la formation ECR dès 2009 », dit-elle. Cette annulation aussi rapide, qui n’était pas prévue à l’origine, a pu contribuer au faible taux de certification pour l’enseignement d’ECR.

Le sondage mené auprès de 114 enseignants du primaire d’une commission scolaire francophone de Montréal chargés de donner le cours d’Éthique et de culture religieuse montre aussi que la plupart d’entre eux n’ont pas été consultés, ni dans l’implantation ni dans la mise en œuvre du programme d’ECR. Ils n’ont été que 3 % à juger avoir été suffisamment sollicités lors de cette étape de la mise en place du programme.

Implantation controversée

Mis sur pied en 2008, le cours d’ECR présente un aperçu global des différents rites et religions du monde d’un point de vue « neutre et objectif », en y apportant une perspective historique [c’est inexact, une perspective sociologique qui s’intéresse au « phénomène religieux », pas du tout à l’histoire des religieux.]. Il encourage également l’élève à réfléchir aux questions éthiques et sociales [en groupe, avec des balises très politiquement correctes.]

Enseigné dans toutes les écoles de la province, il a une optique strictement « laïque et culturelle ». La loi permet toutefois d’exempter une école privée du programme si le cours de remplacement est jugé « équivalent », ce qui est par exemple le cas au collège Loyola, dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal.

Plusieurs parents avaient exprimé leur mécontentement lorsque Québec avait choisi de mettre fin à l’enseignement religieux traditionnel pour le remplacer par le cours d’ECR en 2008. Les enseignants avaient pour leur part fait entendre leurs réserves sur l’élaboration du nouveau cours ainsi que sur sa méthode d’implantation.

Encore aujourd’hui, une majorité d’enseignants (63 %) se demande comment améliorer le programme, même si celui-ci n’est en place que depuis quelques années [sept !], ce qui laisse Mme Duclos songeuse. 

[...]

Mme Duclos dit craindre que le gouvernement du Québec ne répète ces erreurs avec la création d’un nouveau programme d’éducation sexuelle, à l’étape du projet-pilote depuis la rentrée scolaire.
Ce projet pilote se déroule depuis la rentrée dans une quinzaine d’écoles accueillant quelque 8200 élèves, et durera deux ans. Il devrait par la suite être intégré au programme de tous les élèves dès 2017.

Le ministère de l’Éducation, qui encadre le projet, s’est fait avare de commentaires sur le détail des apprentissages prévus, mais le programme offrirait un certain niveau de latitude aux enseignants ou autres intervenants appelés à transmettre la matière aux élèves.

samedi 12 septembre 2015

L’école et ses Khmers rouges

La méthode syllabique, condamnée
par les Khmers rouges de l'éducation
Texte d'Éric Conan publié dans Marianne de cette semaine (11-17 septembre 2015) : 

C’était pourtant une bonne nouvelle.

Tombant à pic, en cette rentrée scolaire morose. Deux chercheuses publient une enquête expliquant les raisons du désastre de l’enseignement de la lecture. Et démontrent qu’elles ont la solution pour en finir avec ces 40 % d’écoliers entrant en sixième [6e année de scolarisation, fin du primaire] sans maîtriser le français.

Elles auraient dû être saluées en héroïnes par la ministre de l’Éducation et les syndicats d’enseignants. Qui les ont ignorées. Parce que leur conclusion est inaudible : l’enseignement de la lecture est catastrophique parce que les méthodes pédagogiques utilisées depuis trois décennies sont catastrophiques.

Ce constat n’est pas nouveau. De grands chercheurs, comme Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et spécialiste du cerveau, expliquaient que les méthodes courantes de lecture constituaient un « déni de la réalité scientifique ». Ils étaient ignorés. Ou traités de « réacs ». Mais Sandrine Garcia et Anne-Claudine Oller – qui ont osé titrer leur travail Réapprendre à lire – viennent de l’école Bourdieu. Et il faut lire leurs acrobatiques contorsions expliquant qu’elles n’ont rien à voir avec les horribles Polony, Brighelli ou Lafforgue. Prudence ou habileté ? Cela leur a peut-être suffi pour être accueillies par Libération qui n’en revient pas de leur « constat édifiant » : « Des méthodes dites progressistes, censées lutter contre les effets des inégalités sociales, les renforcent au contraire… » Et par le Monde, scotché : « Cette charge sévère et argumentée est inattendue. » Eh oui…

Au travers d’une lourde expérimentation avec des classes de CP [1re année du primaire] durant trois ans, les deux sociologues ont fait ce que le ministère a toujours refusé : évaluer pratiquement l’efficacité des méthodes d’apprentissage. Celles d’aujourd’hui et les anciennes, qu’elles ont remplacées. Résultat : non seulement les premières sont « génératrices d’échecs massifs », mais elles désavantagent les élèves d’origine « populaire » [souvent immigrée en fait]. Garcia et Oller montrent comment elles ont sauvé les élèves perdus, les transformant en une année en « bons lecteurs fluides ». Comment ? Avec des méthodes inavouables. Le « déchiffrage » des années 30. Et du harcèlement : « On les faisait beaucoup répéter. C’est tout simple – ce qui ne veut pas dire facile –, mais efficace. » Du « travail intensif ». Car selon elles, « l’évitement du travail scolaire » conduit à « un renforcement des inégalités ». De quoi, en effet, rendre muets tous les acteurs de l’éducation.

La ministre ? Difficile de ne pas se sentir visée par les allusions aux enseignements « abaissant les attentes, au nom de la “pédagogie de la réussite” ». Najat Belkacem suit la ligne de son ministère : ce qui ne marche pas doit être accéléré, généralisé, pour aboutir à l’égalité par la médiocrité. Toujours moins, comme le relevait un récent rapport : « L’effort d’écriture rebute les élèves et on le leur épargne. » Mettre fin au sadisme des cours directifs, en finir avec les notes, à la fois traumatisantes et révélatrices de l’abaissement du niveau.

Les syndicats ? Pénible, pour eux qui ratiocinent sur les fameux « moyens », d’entendre les deux sociologues railler la « mode » du « plus de maîtres que de classes » en expliquant que « deux enseignants dans le même espace n’apportent rien si les méthodes sont mauvaises ».

L’essentiel ? « Modifier les démarches et les contenus d’apprentissage. » Un vaste plan initiant les instituteurs aux méthodes efficaces serait plus utile que les 60 000 nouveaux postes. Les associations de parents d’élèves, qui ne cessent de plaindre les « pauvres-enfants — écrasés-de-travail » ? Les deux expertes leur conseillent, plutôt que ces activités périscolaires souvent nulles, d’« investir plus de temps dans l’entraînement ». Les « devoirs à la maison ». Et – horreur – « un peu de travail pendant les vacances ».

Autres grands silencieux, les ex-gourous du « niveau qui monte », les Meirieu, Baudelot, Establet, Dubet, etc. Réapprendre à lire raconte comment l’avant-garde de la linguistique post-1968 a fait carrière au ministère en y important des « convictions pédagogiques » relevant de « croyances » qu’une bureaucratie a « transformées en dogmes ». Ces Khmers rouges de la rééducation, « identifiant l’activité de déchiffrage des syllabes à celle du prolétaire privé de l’exercice de son intelligence par le travail à la chaîne », ont détruit ce qui réussissait. Et imposé des méthodes fantaisistes incompatibles avec le développement du cerveau du jeune enfant. Leur nuisance fut démultipliée quand Lionel Jospin leur a livré les fameux IUFM [Institut de formation des maîtres], où ils ont endoctriné des générations d’enseignants. Et massacré des générations d’élèves, dont l’échec a été « psychiatrisé ». Des victimes qualifiées de « dyspraxiques ou dyslexiques » et puis livrées aux « professionnels de la psychologisation de l’échec scolaire ou des troubles divers des apprentissages ».

Les deux chercheuses aggravent leur cas en estimant que les enseignements de l’orthographe et du calcul ont subi le même sort. Et en concluant que « le progressisme n’est pas toujours associé à ce qui fait progresser les élèves, mais à ce qui a été construit et imposé comme “pédagogiquement de gauche” ». Cela continue avec la réforme du collège, comme le note Philippe Tournier, secrétaire du syndicat majoritaire des chefs d’établissements : « On prend des décisions sur la base de croyances, de manière purement idéologique ! » L’école est victime d’un phénomène dont les pays de l’Est ont fait l’expérience : le pouvoir destructeur de l’idéologie. Elle régit toujours le ministère de l’Éducation qui, comme jadis le Kremlin, résiste aux démonstrations du savoir. Jacques Julliard a raison, il faut commencer par « raser la Rue de Grenelle » [le siège de l'Éducation nationale française].

Voir aussi

École, lecture et sciences cognitives : Quand expérimentation rime avec tradition

France : reportage sur les méthodes d'apprentissage de la lecture.

Méthodes d'apprentissage de la lecture

France — Les 166 000 décrocheurs doivent d’abord apprendre à maîtriser le français

Les étudiants seraient moins bons en orthographe que leurs aînés

Lecture — la catastrophe québécoise

Nombre de « grands lecteurs » en baisse

Québec — Près de la moitié des adultes ne sauraient pas lire de manière fonctionnelle

Europe — lecture des moins de 15 ans, une « situation alarmante »

Très forte chute des résultats en lecture pour les élèves québécois francophones entre 2007 et 2010

30% d'illettrés et de semi-illettrés de lecteurs inefficaces et lents en France ?

Résultats en lecture du français très médiocres, on impose l'anglais intensif de manière « brutale »

Le « mythe » de la Révolution tranquille