samedi 31 août 2013

À la maison, l’étudiant suit les cours en vidéo, à l’école les enseignants surveillent les exercices

Une révolution pédagogique est en marche. Elle a pour nom un drôle de sigle : CLOM (pour cours en ligne ouverts et massifs). Le principe est simple : des enseignants postent la vidéo de leurs cours sur Internet. C'est gratuit et ouvert à tous. En classe, leurs étudiants ont droit de poser leurs questions ou de mettre en œuvre, via des exercices, ce qu'ils ont retenu de la leçon.

Ce phénomène, qui se répand à grande vitesse et modifie l'économie de ce gigantesque marché qu'est l'éducation, a désormais son gourou. Salman Khan, 37 ans, fondateur de la Khan Academy. De son bureau de la Silicon Valley, Khan poste ses vidéos (4 500 à ce jour, diffusées en 28 langues) qui sont visionnées par quelque 6 millions de personnes par mois ! En France, elles sont mises en ligne par Bibliothèques sans frontières, traduites bénévolement par deux polytechniciens, Elsa Sitruk et Julien Braun. La Khan Academy est à but non lucratif. Financée par un investisseur de la Silicon Valley à son lancement, elle a été soutenue à coup de (gros) chèques par Google et la Fondation Bill et Melinda Gates.

Version en français

Bibliothèque sans frontières, une ONG œuvrant pour l'accès au savoir, lancera le 4 septembre sur son site internet la version francophone de la plateforme Khan Academy, qui regroupera plus de 250 leçons vidéos de mathématiques.

En lançant la Khan Academy en français, Bibliothèques sans frontières (BSF) souhaite favoriser l'accès aux connaissances pour le plus grand nombre, des plus jeunes aux adultes, en France comme dans le reste du monde, a expliqué l'historien Patrick Weil et président de l'organisation.

L'ONG est en contact avec les institutions, les écoles pour expérimenter ce projet dans certaines classes, a-t-il précisé à La Croix.

Selon Jean-Manuel Bourgeois, éditeur et administrateur de BSF, « il devrait y avoir un effet viral important ». En France, où la gratuité de l'école est « un principe de base », le problème lié à « l'obligation pour les parents d'acheter des compléments scolaires disparaît » avec un système de vidéos gratuites en ligne, a-t-il estimé.

La version francophone de la Khan Academy, soutenue par la fondation Orange (France Télécom), comprendra des leçons et exercices de pré-algèbre, d'arithmétique ainsi que de géométrie destinés à un large public.

Les élèves de primaire et du début de secondaire pourront visionner les contenus de manière autonome ou encadrés par leurs professeurs. Le projet est aussi destiné aux adultes souhaitant une remise à niveau de leurs connaissances.

Les vidéos sont réalisées par de jeunes professeurs et chercheurs, avant d'être validées par un comité scientifique de professionnels du monde de l'éducation, de l'édition et du numérique.

L'ONG prévoit de mettre sur son site internet http://www.khanacademy.bibliosansfrontieres.org/ 800 vidéos de mathématiques d'ici à la fin de l'année 2013 et traduire l'intégralité du contenu de la plateforme américaine pour janvier 2014. Elle envisage également de diversifier les contenus vidéos en proposant des leçons de français.



Aguiche pour le lancement de la version en français

Khan, parmi les 100 personnes les plus influentes du monde

jeudi 29 août 2013

L’enfant commence à apprendre le langage dans le ventre de sa mère

On apprend à tout âge. Y compris avant même d'être venu au monde ? Pour les chercheurs qui s'intéressent à l'acquisition du langage, les indices en ce sens se sont multipliés au cours des dernières années. On sait désormais que, grâce aux sons qui lui sont parvenus in utero, le nouveau-né a analysé et décrypté un certain nombre d'informations : il reconnaît (et préfère) la voix de sa mère, le générique du feuilleton qu'elle a regardé tout au long de sa grossesse, mais aussi, plus sérieusement, les inflexions de ce qui sera sa langue maternelle. Une équipe a d'ailleurs montré en 2009 que la douce mélodie des pleurs du nourrisson était façonnée par cette langue maternelle.



Tous ces indices laissent penser que le cerveau du fœtus est capable de commencer à décrypter le langage et d'en mémoriser certains éléments. Toute la difficulté consiste à confirmer cette hypothèse et c'est ce petit tour de force que vient de réaliser une équipe de chercheurs finlandais et néerlandais dans une étude publiée le 26 août dans les Actes de l'Académie des sciences américaine. Pour y parvenir, ils ont recruté une trentaine de couples en attente d'un heureux événement. A la moitié d'entre eux, ils ont confié un CD contenant un enregistrement de 8 minutes au cours duquel un mot inventé de trois syllabes (tatata) était répété des centaines de fois, avec deux variantes. La première était un changement de voyelle (tatota), la seconde une différence d'intonation sur la deuxième syllabe. Le tout était entrecoupé de plages musicales sans paroles.

Les futures mamans suivaient des consignes assez simples : depuis la 29e semaine de grossesse (à partir de laquelle le système auditif du fœtus est opérationnel) et jusqu'au terme, elles diffusaient le contenu du disque cinq à sept fois par semaine, de préférence toujours à la même heure de la journée. Elles ne devaient, pendant cette courte opération, pas parler ni chanter. En moyenne, le « tatata  sous ses diverses formes a été entendu plus de 25 000 fois par les fœtus durant cet apprentissage. Il ne restait plus qu'à attendre les naissances. Dans les jours qui suivaient celles-ci, les chercheurs faisaient passer un électro-encéphalogramme (voir photo ci-dessus) aux nourrissons en surveillant la réaction de leur cerveau à l'écoute d'un enregistrement contenant les fameux "tatata". L'expérience a prouvé que les bébés ayant suivi l'entraînement reconnaissaient le mot inventé et ses variantes alors que les enfants du groupe témoin en étaient incapables.

Non seulement ce travail fournit un protocole solide pour détecter, immédiatement après leur naissance, les souvenirs qu'ont emmagasinés les bébés lors de leur vie intra-utérine mais il montre aussi que l'enfant commence à apprendre le langage dans le ventre de sa mère. Les auteurs de l'étude soulignent que la perméabilité du cerveau fœtal aux sons est à double tranchant : « Si un fœtus est exposé à des environnements bruyants ou des environnements dont le son n'est pas structuré, comme par exemple sur le lieu de travail de la mère enceinte, cette expérience peut entraîner chez le nourrisson une organisation aberrante des structures centrales de son système auditif, ce qui pourrait par la suite affecter sa perception et son apprentissage du langage. » Ces chercheurs préconisent donc de faire attention à l'environnement sonore de l'enfant et ce même lorsqu'il est invisible, avant sa naissance.




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lundi 26 août 2013

Québec — Le privé au secondaire continue de gagner en popularité

Près de 21 % des élèves québécois du secondaire fréquentaient une école privée en 2012-2013, selon le ministère de l’Éducation, une proportion qui est sans cesse croissante depuis 15 ans.

Au cours des 15 dernières années, le nombre d’élèves ayant délaissé l’école publique n’a cessé de grimper.

Au secondaire seulement, on estime que la proportion d’élèves inscrits au privé était environ 21 % en 2012-2013, comparativement à 15,8 % en 1998-1999.

Les écoles publiques se disent inquiètes

Cette lente et constante progression inquiè­terait vivement les écoles publiques.

« C’est une mauvaise nouvelle. On est rendu à devoir vendre nos écoles pour attirer de la clientèle. On travaille très fort pour contrer l’exode vers le privé », lance Lorraine Normand-Charbonneau, présidente de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE).

« Les parents qui envoient leurs enfants au privé pensent à tort que ceux-ci seront mieux encadrés, avec un meilleur programme. Mais, en fin de compte, ils passent les mêmes examens que dans les écoles publiques. »

Malheureusement, il est vrai que le Monopole de l'éducation impose les mêmes programmes (sauf options), les mêmes pédagogies (en théorie) et les mêmes examens au privé qu'au public, ce qui restreint l'offre et fausse le marché.

« Ça me fait mal au cœur, avoue pour sa part le président de la Fédération des comités de parents, Gaston Rioux. Il va falloir commencer à se poser des questions. Nous avons un système d’éducation à deux vitesses. »

Gaston Rioux poursuit par un de ces scies habituelles au partisan du public : « L’argent que l’on verse aux écoles privées, c’est du financement de moins pour les écoles publi­ques. Les parents choisissent ensuite le privé parce que certaines écoles publiques sont mal entretenues, moins propres. Il faut financer davan­tage ce qui nous appartient ».

Gaston Rioux oublie plusieurs choses :
  • Les parents qui envoient leurs enfants à l'école privée paient deux fois : une fois pour l'école gouvernementale et une fois pour l'école dite privée qui applique les programmes du Monopole ;
  • chaque enfant à l'école dite privée épargne de l'argent à l'école gouvernementale puisque le l'État ne subventionne chaque élève dans les écoles dite privée qu'à 60 %, faisant ainsi une économie de 40 % qu'il pourra affecter aux élèves qui restent dans le secteur étatique ;
  • il n'est pas du tout évident que les écoles gouvernementales appartiennent aux parents si ce n'est en tant qu'abstraction déracinée : le parent n'a guère son mot à dire dans ces écoles, ni sur leurs programmes, ni sur leur pédagogie, ni encore quant à leur administration, ni enfin sur le choix des enseignants. Il s'agit d'un slogan.
« Milieu plus sérieux »

Gérald Boutin, professeur au département des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal, s’intéresse depuis plusieurs années à l’attrait qu’exercent les institutions privées sur les parents. Le Journal de Montréal l'a interrogé.

« Les parents d’aujourd’hui veulent la formation la plus performante possible qui préparera leur enfant à une grande carrière, dit-il. Ils croient que l’école privée est un milieu plus sérieux et mieux encadrant pour les enfants. »

« On peut déplorer ça autant qu’on veut, mais c’est une tendance qui est là pour rester. Il faudrait faire une réflexion en profondeur pour comprendre pourquoi. »

Du côté de la Fédération des établissements d’enseignement privés, on souligne que les différents problèmes vécues dans les écoles publiques contribuent au recrutement du privé.

« On est redevable, entre autres, de l’image négative associée aux écoles de Montréal, qui ont des défis importants à relever », indique le président Jean-Marc Saint-Jacques. Le Journal de Montréal n'a pas cru bon résumer ces défis... Notamment, une paupérisation et une immigration souvent pauvre ou au chômage. Ceci alors qu'on nous dit que l'immigration et le bilinguisme généralisé à Montréal seraient gages de prospérité...

« Le milieu de vie offert par les écoles privées y est aussi pour beaucoup. Les parents aiment que leur enfant fréquente un endroit propre, sans graffitis, avec une belle pelouse. Un bel environnement pour bien apprendre. »

Voir aussi

Québec — La popularité des écoles privées et plus particulièrement catholiques augmente

Écoles privées qui ne respectent pas ouvertement les exigences du Monopole de l'Éducation du Québec

Les règles imposées à l'école privée sont responsables de la sélection pratiquée

Québec — Établissements privés songent à supprimer les épreuves d’admission peu fiables

Les écoles « privées » doivent être financées à 100 %




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jeudi 22 août 2013

Noir bilan pour tableaux blancs

 Implanté massivement dans les écoles du Québec sous le gouvernement Charest, le tableau blanc interactif (TBI) est bien loin de livrer la marchandise. Les données préliminaires d’une étude de l’Université de Montréal brossent un portrait dévastateur de cette nouvelle technologie, a appris Le Devoir.

Avec son équipe, Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation, a interrogé 800 enseignants, mais aussi plus de 10 000 élèves du primaire et du secondaire de partout au Québec. Résultat  : 86 % des enseignants ont trouvé des désavantages au tableau blanc interactif.

Premier constat : le TBI n’est pas utilisé à la hauteur de son potentiel. La plupart du temps, le tableau sert d’écran de télévision ou d’écran de projection. « C’est triste », concède le chercheur, qui constate néanmoins que certains enseignants poussent plus l’exploitation de l’outil. « Mais ça reste un faible pourcentage. »

Il voudrait voir davantage d’enseignants faire interagir les élèves avec le TBI, ce que réclament ces derniers, d’ailleurs. « Les élèves nous le disent, ce qu’ils aiment le plus, c’est d’être sollicités, d’aller manipuler le TBI », souligne M. Karsenti, faisant remarquer que le modèle du « cours magistral » est encore celui qui prédomine.

Autre critique des élèves : le tableau blanc est bien trop petit, surtout dans les grandes classes des écoles secondaires. « Il y a des jeunes qui me disent qu’ils ont des télés bien plus grandes à la maison que le TBI dans la classe. Alors quel est l’intérêt pour eux ? », demande le chercheur, qui n’en est pas à sa première recherche dans le domaine des TIC. « Quand tu as une classe faite sur le long, l’étudiant tout en arrière ne voit rien de ce que l’enseignant écrit au tableau », fait-il remarquer, soulignant qu’un TBI standard fait 3 x 4 pieds.

Source : Le Devoir




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Belgique — Pourquoi l'école fait de vos enfants des cancres

Dans un libelle qui paraît ce 23 août, l’écrivain et enseignant Frank Andriat s’attaque aux pédagogues, idéologues et ministres qui ont mené, selon lui, l’école à sa ruine.

« Mon métier n’est plus ce qu’il était ; en des sphères où l’on rêve l’école, lentement, patiemment et, semble-t-il, passionnément, on la détruit », écrit l’enseignant en colère Frank Andriat dans Les profs au feu et l’école au milieu. Fort de sa longue expérience dans un athénée [à l'origine une école secondaire pour garçons] bruxellois, il y dénonce, en 144 pages et en dix commandements, un désastre scolaire dont l’ampleur semble être ignorée par les débats syndicaux, politiques et médiatiques.

Premiers accusés : les pédagogues, « les mérules de l’enseignement », qui empêchent les profs d’exercer leur métier et les élèves d’apprendre quoi que ce soit de solide. « Oui, le niveau baisse, même si les pédagogues affirmeront qu’on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable. Les élèves touchent à tout en ne sachant plus rien. Ce qu’on nous demande de leur enseigner est de plus en plus large. Ils ne cessent d'apprendre à apprendre, mais ils n’apprennent plus grand-chose », estime l’auteur.

Il fustige donc aussi les politiques, « souvent incompétents en la matière ». « Les ministres sont une espèce à part, surtout celles et ceux qui ont reçu la charge de l’enseignement et qui, pour la plupart, ne se satisfont pas de gérer l’école en bons pères et mères de famille », écrit l’auteur. Il y a aussi les inspecteurs : « Ils ne sont plus là pour voir ce qui fonctionne et pour encourager le prof à aller plus loin (ça, c’est la théorie !) mais, dans la pratique, ils viennent voir ce qui ne correspond pas aux nouvelles tendances édictées et qui brisent parfois, après une visite de trente minutes en classe, des enseignants qui exercent le métier avec bonheur depuis plus de trente ans ! » Les seuls que Frank Andriat épargne, ce sont ses collègues, que les « pédagogues en chambre ont transformés en gentils animateurs ».

Extraits :
«

J’aurais voulu ne jamais écrire ce livre, n’être pas saisi par l’urgence de témoigner, n’être pas envahi par la colère, par cet immense sentiment de gâchis qui, au fil des ans, gagne du terrain dans mes tripes.

J’enseigne depuis trente-trois ans. Avec bonheur. Je devrais plutôt écrire que cela fait trente-trois années que je vois mes élèves avec plaisir, que j’en­tre dans mes classes avec joie. Mon métier n’est pourtant plus ce qu’il était ; en des sphères où l’on rêve l’école, lentement, patiemment et, semble-t-il, passionnément, on la détruit. Plus le temps passe, plus les réformes se multiplient, plus je rencontre de professeurs désorientés, et plus j’ai le triste sentiment que l’on programme la mort de l’école.

mardi 20 août 2013

Petit fantasme des médias dits progressistes, athlètes russes très offensées

Les médias « occidentaux » n'avaient pas hésité à écrire dimanche (ici Agence QMI, là Huffington Post.ca) :
« Après avoir remporté la médaille d'or au relais féminin 4x400 m aux Championnats du monde d'athlétisme, dimanche, en Russie, les athlètes russes Kseniya Ryjova et Tatyana Firova se sont embrassées sur le podium. 
Lorsqu'elles se sont retrouvées en compagnie de leurs coéquipières Youlia Gouchtchina et Antonina Krivochapka sur la plus haute marche, les quatre femmes ont réitéré leur geste. 
Plusieurs rumeurs indiquent que les gagnantes avaient décidé de dénoncer à leur manière la loi controversée du gouvernement du président Vladimir Poutine, votée en juin, qui a banni les démonstrations d'affection des personnes homosexuelles en public. Cette loi a soulevé la colère des défenseurs des droits des gais. »
Kseniya Ryjova (au centre, à gauche) et Tatyana Firova
s'embrassent sur le podium.
Or ce n'est pas  du tout l'avis des intéressées, comme le dit aujourd'hui Radio-Canada à sa façon :
« Interprété par les médias du monde entier [même dans les pays majoritaires du monde où l'homosexualité est mal vue ? Hmm.] comme un geste de protestation face à la loi russe inter­disant la « propa­gande homo­se­xu­elle », le baiser n'était selon Ryjova qu'une simple manifestation de joie après une victoire durement gagnée.

« Hier, j'ai reçu 20 appels téléphoniques de différents organes de presse qui, au lieu de me féliciter, ont décidé de m'humilier avec ces questions », a déclaré Ryjova, citée par l'agence Itar-Tass.

« Youlia et moi sommes toutes les deux mariées et nous n'avons aucune autre relation. Nous nous entraînons ensemble depuis huit ans et nous sommes devenues de très bonnes amies. »

« Vous ne pouvez pas imaginer ce que signifie pour nous la victoire au bout de huit ans! C'était un déluge d'émotions. Et si à ce moment précis nos lèvres se sont touchées... Je ne sais pas comment certains en sont arrivés à imaginer ça », a dit Ryjova

Une autre athlète russe, la spécialiste [la championne du monde en fait] du saut à la perche Yelena Isinbayeva, avait également plaidé une mauvaise interprétation de ses propos [par qui à nouveau ?] après avoir déclaré qu'en Russie, « nous nous considérons comme des gens normaux où des garçons sont avec des filles, et des filles avec des garçons ».

Rappelons qu'il est de coutume en Russie d'embrasser. En 1972, il n'était pas rare durant la fameuse Série du Siècle entre le Canada et l'Union soviétique, de voir des joueurs de l'URSS s'embrasser sur la bouche après avoir marqué un but. »
Radio-Canada ne cite pas complètement les relayeuses russes :

Gouchtchina a soutenu sa collègue. « C'est une fantasme malsain du photographe qui nous a pris. Je ne comprends pas pourquoi notre équipe est la seule à'être traitée de cette manière. Et si j'avais ainsi félicité la Britannique Christine Ohuruogu? Aurait-on aussi dit que nous étions un couple ? Je ne comprends pas comment on peut y songer. J'ai été choquée après avoir reçu un texto de Ksenia à ce sujet. Cela nous a beaucoup offensées », a déclaré Gouchtchina.





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lundi 19 août 2013

Le système de garderies du Québec : un cul-de-sac

De Myriam Ségal au Saguenay :

Les jeunes libéraux proposent que les places en garderie soient accordées aux plus démunis d'abord. Mauvaise idée, qui émane d'un constat d'échec. Mais comme un randonneur perdu qui refuse de revenir sur ses pas, chacun cherche à sauver ce système malgré son cul-de-sac financier et social.

Mère lisant à ses enfants
Il y a 15 ans, le PQ créait les garderies à 5 $, en promettant une place pour chaque enfant. Rapidement les « lologues » ministériels ont exigé des programmes de formation pour les bambins, du matériel pédagogique, des immeubles hyper-sécuritaires, des diplômes pour les éducatrices. Les syndicats se sont emparés des CPE; les salaires et les coûts ont explosé.

On disqualifiait du coup des femmes qui gardaient fort bien des enfants. Même au noir, elles coûtaient moins cher à l'État que les éducatrices patentées. Les parents responsables faisaient leur job sans se fier au « gouvernemaman » : ils choisissaient leur gardienne, l'interrogeaient, s'impliquaient, veillaient. Mon fils a ainsi été élevé en partie à la campagne, par une mère de famille adorable.

À l'envers

Une amie, qui termine son congé parental, m'a raconté son chemin de croix. Le fœtus à peine conçu, elle l'a inscrit au guichet unique de la région. Liste d'attente : deux à trois ans! Mais plusieurs garderies ont leur propre liste. Elle a donc en plus quémandé une place partout, plaidé sa cause, fait miroiter l'horaire avantageux de son conjoint pour que la garderie encaisse la subvention sans avoir l'enfant toute la journée...

Le monde à l'envers : les parents passent des entrevues, des sélections. Ce devrait être l'inverse ! Mais à cause de l'explosion, prévisible, des coûts du système, on n'a jamais créé assez de places, ce qui donne le gros bout du bâton aux garderies. Après 18 mois de vaines démarches, elle a trouvé... au privé.

Une récente étude de l'Université McGill montre que le bébé sagittaire a moins de chance d'avoir sa place à 7 $ que le bébé bélier. Les places se libèrent à la rentrée scolaire; le bébé d'automne n'aura qu'une chance avant 18 mois, mais le bébé né au printemps en aura deux ! Les jeunes libéraux se rendent bien compte qu'on ne pourra jamais étendre ce ruineux système, et proposent une sélection impossible à administrer, qui transformera les garderies publiques en « ghettos » de pauvreté.

Cela découragera la classe moyenne d'avoir trois ou quatre enfants. Notre société, à force de filet social, aide ses plus démunis à se reproduire et décourage ses « nantis ». À deux salaires de 45 000 $ par an, on vous presse comme un citron. Sales riches » !

En Finlande

La Finlande sert souvent d'exemple aux penseurs sociaux ministériels, qui nous ont imposé une réforme scolaire absurde en prétendant copier ce pays scandinave, aux jeunes instruits, heureux et performants.

Mais ils ont négligé quelques détails : les écoles finlandaises ne comptent que rarement plus de 500 élèves, même au secondaire. Les classes intègrent toutes les catégories d'élèves, des « bollés » aux cancres, et on y ajoute des aides pédagogiques. Tous les jeunes ont des après-midi complets de sport. Les universités trient, sur le volet, ceux qui étudient pour enseigner. On y adule les profs comme nous adulons les médecins.

Le petit Finlandais ne commence l'école qu'à 7 ans. Avant, les parents ont droit à un congé parental jusqu'à trois ans. Ensuite ils ont une allocation pour garder l'enfant à domicile, ou peuvent choisir un service de garde qui recevra une subvention. Ils décident à qui va la subvention. Résultat : dans ce pays modèle, 69 % des enfants restent avec leurs parents jusqu'à 3 ans, et 36 % jusqu'à 7 ans.

Au lieu de nationaliser les enfants, de les enrôler, de les extraire de leur famille, de pénaliser ceux qui gardent leurs enfants, on donne là-bas aux parents les moyens de faire leur job.

Qui aura le courage ?

Qui aura le courage de nous ramener sur nos pas, de rendre aux parents leur fonction première et à l'État son rôle de soutien et non de remplacement ? Pas les jeunes libéraux en tout cas !

Voir aussi

C'était une autre époque...

Les traits du système finlandais que copie l'étranger n'expliquent pas le succès finlandais, ils sont au contraire source de problèmes

« Le système de garderie universel en Suède forme des enfants moins instruits » 

Épidémie de détresse chez les enfants en CPE et chez les enfants nantis

Le PQ retranche 56,2 millions à une des vaches sacrées féministes : les garderies contrôlées par l'État

Étude sur les garderies qui se paieraient d'elles-mêmes : la multiplication des pains

« Le Québec, leader en matière de petite enfance »

« Le système de garderies à 7 $ est-il payant pour le Québec ? Non. »

Étude Fortin, Godbout sur les garderies : « étude loufoque », système injuste, Ottawa premier gagnant

Les CPE ont échoué sur le plan pédagogique... comportemental et démographique

Maternelle publique et gratuite : sans effet sur les résultats au primaire




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vendredi 16 août 2013

La vérité sur l'affaire Galilée, l'hypothèse sans preuve

Dans un ouvrage qui fera date, Aimé Richardt, lauréat de l’Académie française pour sa biographie de Fénelon (1994), décrypte le mythe Galilée en rétablissant une vérité historique fondée sur une étude minutieuse des textes. Dans La vérité sur l’Affaire Galilée, l’auteur donne les raisons de la condamnation du Florentin en la replaçant dans le contexte des connaissances historiques et scientifiques de l’époque. Un ouvrage préfacé par Mgr Huot-Pleuroux, ancien Secrétaire général de l’Épiscopat.

Le 22 juin 1633, un certain Galilée fut condamné à Rome par le tribunal du Saint Office. La sentence prononcée par des cardinaux de l’Eglise catholique — appelés en la circonstance « inquisiteurs généraux », fut la suivante : « Nous te condamnons dit le jugement à la prison formelle de ce Saint Office pour le temps qu’il nous plaira de fixer. De plus, au titre d’une pénitence salutaire, nous t’ordonnons de réciter les 7 psaumes de la pénitence salutaire, une fois par semaine, pendant les trois prochaines années... ». Et pourtant, Galilée ne fit pas un seul jour de prison… Il ne récita pas plus les psaumes de la pénitence salutaire puisqu’il confia ce pensum à sa fille religieuse qui s’en acquitta dûment. Et Galilée termina ses jours tranquillement à Arcetri, près de Florence, où il vécut jusqu’à sa mort en 1642.

Le nom de Galilée est généralement associé à un symbole, parfois même à un mythe, celui de la résistance à l’obscurantisme religieux en général et catholique en particulier. Pourtant qui connaît réellement Galileo Galilei, fils de Vincenzio Galilei né à Pise le 15 février 1564 ? Quelles furent ses spécialités scientifiques ? Qu’a-t-il inventé et légué à la science et à la postérité ? Peut-on parler à son endroit de victime de l’Église et de l’obscurantisme ? Bref, pourquoi Galilée fut-il condamné par l’Église catholique ? C’est ce que l’émission ci-dessous vous propose de découvrir en compagnie de l’historien Aimé Richardt, grand prix d’Histoire de l’Académie française, pour son Fénelon, et auteur récemment de La Vérité sur l’affaire Galilée [1].

Écoutez l'émission de Canal Académie avec Aimé Richardt (1 heure 1 minute) :




Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/hist318.mp3

L’auteur.

Aimé Richardt, historien, est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il s’est intéressé à l’affaire Galilée, après avoir étudié l’œuvre d’un des plus grands intellectuels de l’histoire de l’Eglise, Robert Bellarmin [2]. Il est aussi l’auteur de Louvois, le bras armé de Louis XIV [3] ; Le Soleil du Grand Siècle, prix Hugues Capet [4], Les savants du Roi Soleil [5], etc.

Présentation de l’éditeur.

Depuis le XIXe siècle, la cause était entendue : l’Église catholique avait condamné, emprisonné et martyrisé Galilée, un astronome génial, qui avait démontré que la Terre tournait autour du Soleil, ce que l’Église refusait d’admettre.

Or la réalité est tout autre ! Non seulement Galilée n’a jamais passé un jour en prison, n’a jamais été martyrisé, mais Aimé Richardt démontre, en s’appuyant sur des documents irréfutables, que Galilée n’a jamais prouvé la rotation de la Terre autour du Soleil, et que l’Église était fondée à le condamner. En effet, les plus hautes autorités religieuses lui avaient demandé, en 1616, d’apporter une preuve à sa théorie, qui était d’ailleurs celle de Copernic, ou de parler d’hypothèse et, surtout, de ne pas intervenir dans l’explication des textes de la Bible qui paraissaient soutenir la thèse opposée du géocentrisme.

Après l’avoir promis, Galilée est revenu sur sa parole, il a donc été jugé et condamné, avec une mansuétude toute particulière, réclamée par le pape qui était son ami. On est bien loin de l’image d’Épinal du martyr en proie à la persécution de l’Église...



La Vérité sur l'Affaire Galilée


Extrait de l'ouvrage


Chapitre 19


Galilée vu par Arthur Koestler. Une évaluation de son œuvre d'astronome. Sa «récupération» par les libres-penseurs des XVIIIe et XIXe siècles, puis par les marxistes contemporains. Quelques réflexions sur la position de l'Église.


Pour Koestler
« ...dans la mythographie rationaliste il [Galilée] devient la Pucelle d'Orléans de la Science, le saint Georges qui terrasse le dragon de l'Inquisition. Il n'est donc guère surprenant que la gloire de cet homme de génie repose surtout sur des découvertes qu'il n'a jamais faites, et sur des exploits qu'il n'a jamais accomplis. Contrairement aux affirmations de nombreux manuels, même récents, d'histoire des sciences, Galilée n'a pas inventé le télescope. Ni le microscope. Ni le thermomètre. Ni l'horloge à balancier. Il n'a pas découvert la loi d'inertie, ni le parallélogramme de forces ou de mouvement, ni les taches du Soleil. Il n'a apporté aucune contribution à l'astronomie théorique, il n'a pas laissé tomber de poids du haut de la Tour de Pise, et il n'a pas démontré la vérité du système de Copernic. Il n'a pas été torturé par l'Inquisition, il n'a point langui dans ses cachots, il n'a pas dit eppur si muove, il n'a pas été un martyr de la Science. »
Jugement sévère, trop sévère diront certains, mais qui est cependant exact, et répond à nombre de propos fantaisistes des défenseurs de Galilée. C'est ainsi que Bernini écrivait dans son Histoire des hérésies « qu'il [Galilée] resta cinq ans en prison, que Pontécoulant affirmait qu'il soutint la rotation de la terre dans les prisons de l'Inquisition », où il n'entra jamais !

En 1908 Pierre Duhem fit, au sujet du système de Copernic et de la position de Galilée à son sujet, une déclaration qui mérite d'être citée :
« ... [les plus récents progrès de la physique montrent que] la logique était du parti d'Osiander, de Bellarmin et d'Urbain VIlI, et non pas du parti de Kepler et de Galilée, que ceux-là avaient compris l'exacte portée de la méthode expérimentale et, qu'à cet égard, ceux-ci [Kepler et Galilée] s'étaient mépris... Que les hypothèses de Copernic réussissent à sauver toutes les apparences connues, on en conclura que ces hypothèses peuvent être vraies, on n'en conclura pas qu'elles sont certainement vraies; pour légitimer cette conclusion, il faudrait prouver auparavant qu'aucun autre ensemble d'hypothèses ne saurait être imaginé qui permet de sauver tout aussi bien les apparences, et cette dernière démonstration n'a jamais été donnée... [par Galilée]... »
Alexandre Koyré, ce remarquable historien des sciences, ne réserve aucune place à Galilée dans son étude, devenue classique, La Révolution astronomique. Elle est divisée en trois parties :
  • Copernic et le bouleversement cosmique ;
  • Kepler et l'astronomie nouvelle.
  • Borelli et la mécanique céleste.

De son côté le professeur Stillman Drake a écrit :
« L'intérêt de Galilée pour l'astronomie théorique en tant que telle ne fut jamais très grand. Même son combat pour le copernicanisme fut mené principalement sur le terrain de la physique. Il le centra autour de la théorie mécanique des marées et de la réfutation de quelques objections physiques extravagantes soulevées contre tout mouvement de la Terre. Dans la mesure où il s'agit du Dialogue, la théorie copernicienne est présentée sous une forme simplifiée jusqu'à l'absurde, avec le Soleil qui occupe exactement le centre d'orbites circulaires concentriques, schéma que Copernic en personne avait reconnu être insoutenable et qui ne pouvait s'accorder avec aucune des tables astronomiques qui aient jamais été réalisées. »
Alors se pose la question : pourquoi Galilée est-il devenu, à partir du XVIIIe siècle, le « patriarche » de la Science, opposé à l'obscurantisme des Églises en général, et de l'Église catholique en particulier ?

Le rôle des libres-penseurs

Dès 1754, le tome IV de l'Encyclopédie contenait dans l'article « Copernic » un passage consacré à Galilée :
« Le grand Galilée fut autrefois cité devant l'inquisition, et son opinion du mouvement de la Terre condamnée comme hérétique... Galilée, nonobstant cette censure, ayant continué de dogmatiser sur le mouvement de la Terre, fut condamné de nouveau, obligé de se rétracter publiquement et d'abjurer sa prétendue erreur, de bouche et par écrit, ce qu'il fit le 22 juin 1633, et ayant promis à genoux, la main sur les évangiles, qu'il ne dirait et ne ferait jamais rien de contraire à cette ordonnance, il fut ramené dans les prisons de l'inquisition... »
Voici donc une première salve où, en quelques lignes, Galilée est présenté comme un martyr [les prisons de l'inquisition] et dans lesquelles Diderot et consorts négligent de mentionner qu'il n'avait apporté aucune preuve des mouvements de la Terre, se cramponnant à sa théorie (fausse) du flux et du reflux des marées.

Arago, le grand astronome français, n'hésite pas à affirmer que « quelques heures auraient pu suffire à toutes les observations que fit Galilée dans les années 1610 et 1611. »

« Il est incontestable, écrit Pierre Costabel que le fondateur de la philosophie positive, Auguste Comte, a joué à cet égard un rôle majeur, et que l'image de Galilée, savant positif victime du dogmatisme, doit considérablement à tout le courant philosophique issu, en France, de ce maître à penser aux allures de prophète. L'image susdite a servi de symbole pour l'anticléricalisme qui a présidé aux réformes scolaires de la IIIe République... ... dans la deuxième moitié du XIXe siècle, il y a à la fois consensus quasi universel sur la vérité du mouvement de la Terre et l'injustice de la condamnation de Galilée... » « Galilée hier » c'est donc une image d'Épinal qui alimente aussi bien l'agressivité anticléricale que le malaise d'une grande partie des catholiques... en est-il autrement aujourd'hui ? »

La récupération marxiste

La récupération de Galilée par les milieux marxistes est utilisée comme justification de la lutte antichrétienne. C'est ainsi que l'Encyclopédie Philosophique (Moscou, 1960) affirme que « Galilée a eu une profonde influence sur le développement de la représentation purement matérialiste du monde. »

Selon l'auteur de l'article, il aurait « démontré l'infinitude de l'Univers et interprété les phénomènes de la nature comme matérialiste mécaniste. » Pour faire bonne mesure, l'auteur conclut en affirmant que Galilée « n'aurait jamais accepté l'idée de la création du Soleil et des planètes par Dieu, sinon comme condition mécaniste initiale. »

Kouznetsov, l'auteur russe de Galilée n'hésite pas à en faire un précurseur de la philosophie marxiste :
« Dans sa conception du monde et son style, tout grand penseur reflète son époque et son milieu. Mais il reflète aussi le passé et le futur, ainsi que les autres milieux sociaux et nationaux dans lesquels ses idées se formèrent, résonnèrent, ou subirent une évolution. L'histoire de la nature prouve... le lien indissoluble entre les idées et les modes de pensée particuliers aux diverses nations, unies dans le progrès scientifique et culturel communs. »
Puis, après cet exposé généraliste, Kouznetsov enfonce le clou :
« les savants exceptionnels [au nombre desquels il range Galilée) nous semblent seulement des hommes qui ont su exprimer la logique historique objective de l'évolution unidirectionnelle [lire marxiste léniniste) de la science... »
Quelques réflexions sur la position de l'Église

Dans un article publié en 1790, l'abbé Bergier écrit: « Ce philosophe [Galilée] ne fut point persécuté comme bon astronome, mais comme un mauvais théologien, pour avoir voulu se mêler d'expliquer la Bible. Ses découvertes lui suscitèrent sans doute des ennemis jaloux, mais c'est son entêtement à vouloir concilier la Bible avec Copernic qui lui donna des juges, et sa pétulance seule fut la cause de ses chagrins. »

Propos calme, lucide, et qui nous parait bien fondé. Appliquons-nous à une démonstration en reprenant le parcours de Galilée et les causes de ses différends avec l'Église.

Né dans une famille peu titrée et encore moins fortunée, Galilée fut doté par la nature de deux talents : un don pour les mathématiques, et une grande facilité à se faire des amis pouvant lui rendre des services. Il usera de l'un et l'autre de ces talents pour décrocher son premier poste, celui de professeur de mathématiques à l'Université de Pise, qu'il obtint d'une part grâce à ses travaux sur les centres de gravités des solides, d'autre part, et surtout, grâce à l'intervention du mathématicien jésuite Clavius et du cardinal del Monte.

Peu apprécié des autres professeurs, son contrat ne fut pas renouvelé et Galilée recommença la chasse aux soutiens. Grâce au cardinal del Monte et au Frère Paolo Sarpi, il fut nommé professeur de mathématiques à l'Université de Pise.

En 1597 il commence à s'intéresser à l'astronomie et aux théories de Copernic, son intérêt va croissant. La chance de sa vie se produit en juillet 1609 où, grâce au Frère Sarpi, il put empêcher un Hollandais porteur d'une « longue-vue » de la présenter aux autorités de Venise, puis la copier et l'améliorer en un peu plus d'une semaine, et enfin la présenter au Sénat de Venise comme étant son invention, ce qui lui valut honneurs et récompenses financières.

La fin de 1609 et le début de 1610 voient Galilée utiliser son «télescope» pour examiner les cieux. Il est le premier astronome italien à le faire et les observations s'accumulent : étude de la surface de la Lune qui, démontre-t-il, est recouverte de montagnes, et surtout, en janvier 1610, découverte de quatre satellites de Jupiter qu'il nomme les «planètes médicéennes» en hommage à la famille du grand duc de Toscane, démontrant qu'il est aussi bon courtisan qu'astronome. Il devient mathématicien en chef de l'Université de Pise, et rassemble ses observations dans un petit livre: Le Messager étoilé qui fait sensation.

En 1611 il se rend à Rome où il est accueilli à bras ouverts par Clavius et les astronomes jésuites du Collège Romain. Il rencontre le cardinal Barberini (le futur pape Urbain VIII) dont il se fait un ami. Tout lui sourit, le prince Cesi le fait recevoir membre de l'Académie des Lynx. C'est la Gloire.

Une première ombre apparaît : il se querelle avec le P. Scheiner, astronome jésuite réputé, au sujet de la découverte des taches du Soleil dont il prétend (à tort) être l'auteur.

En 1613 il défend, pour la première fois, la théorie de Copernic par écrit. En décembre 1613, dans sa lettre à Castelli, il met en doute l'interprétation que fait l'Église de certains passages des Écritures, commençant ainsi à mécontenter plusieurs théologiens, surtout dominicains. En effet, le concile de Trente a réservé à l'Église, et à elle seule, le droit d'interprétation de la Bible, voulant éviter ce qui se passait chez les protestants où des interprétations diverses donnaient lieu à de vives querelles entre factions.

En 1614 il est attaqué en chaire par un dominicain, le P. Caccini qui l'accuse d'hérésie. Cette accusation est reprise, en 1615, par le P. Lorini, un autre dominicain, qui le dénonce officiellement à l'Inquisition romaine.

Toujours en 1615 le cardinal Bellarmin écrit au P. Foscarini, un carme, une lettre pleine de sagesse :
« Il me semble que Votre Révérence et le Seigneur Galilée agiront prudemment en se contentant de parler par hypothèse et non pas absolument, car c'est ainsi que j'ai toujours compris que Copernic a parlé. »
À la mi-1615, Galilée reprend et développe les arguments qu'il avait exposés dans la lettre à Castelli, dans une lettre ouverte adressée à Christine de Lorraine. Il y parle de preuves qu'il apporte à la théorie de Copernic, ce qui est faux, mais il s'affirme surtout en défenseur de cette théorie et explique comment, selon lui, l'Église devrait interpréter les Écritures. Cette lettre est dénoncée avec vigueur par les dominicains.

En février 1616, une commission de théologiens du Saint Office condamne deux propositions affirmant l'immobilité du Soleil et le mouvement de la Terre. À la demande du pape Paul V, le cardinal Bellarmin convoque Galilée et lui intime l'ordre d'abandonner sa position de défenseur des thèses de Copernic, lui disant de travailler en savant, par hypothèses, et non d'affirmer sans preuves. Galilée donne son accord et promet obéissance.

En 1618, il se brouille avec les astronomes jésuites du Collège Romain au sujet des comètes, les jésuites soutenant, avec raison, qu'il s'agit de corps solides, et Galilée soutenant, à tort, qu'il s'agit de phénomènes atmosphériques. Il publie le Saggiattore dans lequel il se moque cruellement du P. Grassi. Un autre jésuite, le P. Grienberger écrit à ce propos : « Si Galilée ne s'était pas mis la Compagnie à dos, il aurait pu continuer librement à écrire sur le mouvement de la Terre jusqu'à la fin de ses jours... »

Le 6 août 1623, le cardinal Maffeo Barberini, l'ami de Galilée, est élu pape sous le nom d'Urbain VIII. L'orgueil de Galilée ne connaît plus de bornes, il revient à Rome où le pape le reçoit plusieurs fois. Galilée se sentant « tout illuminé des faveurs pontificales » décide alors de se consacrer à une grande apologie de Copernic. Il va y travailler dix ans, et la termine en 1630. Après avoir obtenu l'imprimatur en dissimulant sa promesse de 1616, il publie le Dialogue sur les grands systèmes du monde en 1631. Sans que l'on puisse s'expliquer pourquoi il met certains des propos d'Urbain VIII dans la bouche d'un benêt, Simplicio, ce qui fait enrager le pape. À la demande de celui-ci, une commission de trois théologiens examine le Dialogue, le condamne, et renvoie Galilée devant le tribunal de l'Inquisition. Le procès commence en février 1633.

Galilée est alors traité avec une mansuétude extraordinaire : il loge, pendant le procès, tantôt à l'ambassade de Florence, tantôt dans l'appartement du procureur du tribunal. Mis en difficulté par ses mensonges, il reconnaît ses erreurs, en particulier celle d'avoir enfreint l'interdiction de 1616, abjure, et est condamné à de la prison. Cette peine est immédiatement commuée en une assignation à résidence dans sa villa d'Arceti, près de Florence, où il reçoit librement amis et élèves. Il meurt le 8 janvier 1642.

Alors Galilée maltraité par l'Église ? Martyr ? Certainement pas. À une époque particulièrement rude, il a toujours été traité avec courtoisie et bienveillance. Que n'a-t-il suivi le conseil éclairé et paternel de Bellarmin :
parlez par hypothèse, ne demandez pas à l'Église de réinterpréter certains passages des Écritures tant que vous n'apportez pas la preuve de la théorie de Copernic. Si vous apportez cette preuve, alors bien sûr, nous verrons à modifier l'interprétation que nous faisons de ces passages, mais nous ne pouvons pas le faire sans ces preuves que vous n'apportez pas.
Pourquoi Galilée s'est-il fourré dans ce guêpier, dont il aurait pu sortir en bien plus mauvais état qu'il ne l'a fait ? On ne comprend pas ! Quoi, voilà un homme parti de rien, qui grâce à son intelligence, à ses amis, à une bonne part de chance, se hisse au rang de savant célèbre, familier de nobles fortunés, de prélats influents, d'un pape, et qui, malgré les mises en garde s'obstine à vouloir jouer au théologien, terrain particulièrement dangereux dans la Rome du XVIIe siècle. Or il n'avait rien à y gagner, sa réputation était faite. Alors ?

Selon nous, la réponse est l'orgueil démesuré, quasi luciférien, de Galilée, ce défaut majeur que les Grecs anciens appelaient hubris, et dont ils disaient que c'était une révolte contre les dieux ou les hommes, et que ceux qui en étaient affligés étaient menacés de destruction.

Aristote le définit de la manière suivante : « Hubris est une revanche, les hommes qui y trouvent un plaisir pensent qu'en en maltraitant d'autres ils affirment leur supériorité ».

L’Association étudiante rembourse un étudiant victime du boycott étudiant (m.-à-j.)


Mise à jour (Radio-Canada se réveille après les radios rebelles) :

Les associations étudiantes préoccupées

La situation est préoccupante, dit Antoine Genest-Grégoire, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Les associations étudiantes craignent que cette décision n'établisse un précédent.

« On analyse le procès. Évidemment, c'est alarmant. Ça met en cause certaines choses qui ne sont pas nécessairement couvertes dans la loi. Ça fait beaucoup référence à la Loi 32 sur les associations étudiantes. C'est une loi qu'on est en train d'étudier en ce moment pour voir ce qui peut être changé à l'intérieur. C'est quelque chose sur lequel on va se pencher au cours des prochains mois », dit-il.

De son côté, Jean-François Morasse, un étudiant qui avait fait appel aux tribunaux durant la grève pour pouvoir assister à ses cours, estime que plusieurs étudiants dans la même situation pourraient être tentés d'avoir recours aux petites créances.

« Il y a des pertes de session, des pertes de diplômes, des retards sur le marché du travail. Moi-même j'ai été retardé même si j'ai pu obtenir mon certificat en arts plastiques, j'ai été retardé d'un mois », souligne-t-il.

Il examine actuellement la possibilité d'inscrire son dossier à la cour des petites créances.


Billet originel de jeudi 15 août 2013

Marc-Antoine Dumas, étudiant en histoire à l'Université Laval, a poursuivi son association étudiante à la suite du boycott du « Printemps érable ». Il vient de gagner sa cause devant les tribunaux et l'association syndicaliste-étudiante doit lui rembourser ses frais de scolarité.

Émission radio.

Silence radio dans les médias conformistes.

Voir aussi

Deux étudiants en justice pour mettre fin au « monopole » des associations étudiantes

Pourquoi toutes les cartes du monde sont-elles fausses ?




Les cartes du monde en deux dimensions sont toutes faussées : il y est impossible de respecter à la fois la surface et les distances de la Terre qui est un objet en trois dimensions. La projection la plus commune est celle de Mercator, il s'agit d'une représentation qui favorise les pays du Nord. Les échelles sont modifiées et le placement des continents se fait selon une vision particulière, résultat : l'Afrique est, par exemple, bien plus grande que celle perceptible sur les planisphères de Septentrionaux.

Planisphère du monde selon la projection de Mercator.

La projection de Peters est une projection cartographique, qui contrairement à la projection de Mercator, tente de prendre en compte la taille réelle des continents.

La projection de Mercator, du fait qu'elle est perspective, a tendance à faire apparaître plus grands les pays et continents des zones tempérées aux pôles. Ainsi, dans la projection de Mercator, le Groenland apparait plus grand que le continent africain, alors qu'il est de 14 à 15 fois plus petit.

Planisphère du monde selon la projection de Peters de la Terre
 
 





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Québec — Établissements privés songent à supprimer les épreuves d’admission peu fiables

Selon le journal de Montréal, les épreuves d’admission pratiquées dans certaines écoles secondaires privées pourraient bientôt être chose du passé. De plus en plus d’institutions abandonnent cette pratique, découragées par le nombre élevé d’enfants trop préparés qui échouent ensuite en cours d’année. De nombreux collèges privés dénoncent le «marché» qui entoure les examens d’admission. Tuteurs, cours particuliers, manuels de préparation, des parents déboursent des centaines de dollars pour s’assurer que leur enfant réussisse haut la main l’examen d’entrée des collèges les plus réputés. Une rapide recherche effectuée sur la Toile a permis au Journal de dénicher plusieurs cours de préparation à l’examen d’admission des collèges privés se détaillant jusqu’à 300 $. De plus en plus de manuels et de cahiers de préparation font aussi leur entrée dans les librairies chaque année. « Les enfants sont surpréparés. Cela ne donne pas un portrait juste lors de l’examen d’admission. C’est la course aux tests », déplore le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP) et directeur général du Collège Bourget à Rigaud, Jean-Marc Saint-Jacques.

Plutôt un test de classement


La Fédération des établissements d’enseignement privés milite activement auprès de ses membres pour qu’ils mettent fin à cette pratique. « », Beaucoup d’écoles ont abandonné le test d’admission et l’ont remplacé par un test de classement qui permet de mieux équilibrer les groupes, par exemple en anglais. Pour ce qui est de l’admission, les bulletins du primaire sont de plus en plus importants et donnent une meilleure vue d’ensemble », », explique M. Saint-Jacques. La FEEQ propose aussi qu’une seule épreuve soit mise sur pied, valide pour tous les collèges privés du Québec. « Un même test en même temps pour tout le monde. Ça enlèverait beaucoup de pression sur les enfants et ça règlerait le problème des élèves qui deviennent super performants après avoir passé trois ou quatre tests dans différentes écoles », plaide M. Saint-Jacques.

Ils ont abandonné l'épreuve d’admission :
  • Fondé en 1957 à Montréal, le Collège Mont-Royal a décidé d’éliminer les tests de sélection pour la prochaine année scolaire. Les élèves seront évalués à partir de leurs bulletins de 4e et de 5e année.
  • Le Collège Reine-Marie, à Ahuntsic, sélectionne ses élèves sur la base des bulletins et d’une rencontre individualisée entre la famille et la direction.
  • Au Collège Letendre, à Laval, les candidats sont retenus selon l’ordre chronologique de l’arrivée de leur demande d’admission.






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jeudi 15 août 2013

Histoire de la science — Tout est relatif, monsieur Poincaré !




Le film Tout est relatif, monsieur Poincaré ! propose un voyage en images vers un passé à la fois proche et lointain : l'époque d'Henri Poincaré, époque qui a vu naître, dans un même mouvement notre science et notre monde modernes. Il nous raconte le parcours d'un génie exceptionnel, mathématicien, physicien et philosophe, le dernier sans doute à avoir pu embrasser le savoir de son époque, le premier à jouer un rôle clef dans l'avènement de la science moderne.

Henri Poincaré, reconnu par ses pairs, domine de la tête et des épaules le monde scientifique de son époque et dialogue avec le public... Comment se fait-il que Poincaré fut éclipsé par Albert Einstein ? L’apport exact d’Einstein par rapport à Henri Poincaré et quelques autres physiciens est aujourd’hui assez disputé (Wiki) ou Vidéo Youtube.




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mercredi 14 août 2013

Plus de frères et sœurs ? Plus de chance de se marier et moins de risque de divorcer !

Les divorces sont moins nombreux chez les personnes ayant grandi parmi plusieurs frères et sœurs.

Avant de prendre la décision de se marier, un futur époux se pose de nombreuses questions: « L’élue de mon cœur ne me décevra-t-elle pas? Notre union sera-t-elle durable ? Aurons-nous des enfants, combien en voulons-nous ? » À en croire une étude américaine, plus surprenante, mériterait d’être examinée lors de la préparation au mariage : « Combien mon futur conjoint a-t-il de frères et sœurs ? »

Une interrogation pas si saugrenue, à en croire une étude de l’université de l’État de l’Ohio. Selon ses conclusions, « parmi les facteurs qui peuvent faire diminuer les risques de divorcer à l’âge à adulte, on doit faire entrer la taille de la fratrie dans laquelle on a grandi. Plus on a eu de frères et de sœurs, meilleure est la probabilité de ne pas divorcer. »

Donna Bobbitt-Zeher, sociologue, professeur de l’université de l’Ohio et membre de son institut de recherches sur la population, est un des codirecteurs de cette étude, qu’elle vient de présenter à la réunion annuelle de l’Association américaine de sociologie, à New York. La recherche s'appuie sur le parcours de 57 000 Américains adultes ces trente dernières années.

En croisant les taux de divorce et la taille des fratries d’origine de chacun, les chercheurs de l’Ohio ont d’abord établi que la probabilité de se marier est plus élevée quand on vient d’une grande famille. Plus étonnant, chaque frère ou sœur supplémentaire augmente de 2 % la probabilité pour une personne de rester mariée.

« Avec des frères et des sœurs, on est obligé d’entretenir des liens d’amitié. On doit gérer des hauts et des bas avec d’autres personnes et s’entendre avec des gens qui ne sont pas forcément comme nous », a expliqué Donna Bobbitt-Zeher. Le fait d’avoir passé son enfance à se disputer pour savoir qui mettrait la table ou qui irait chercher le pain, à partager des jouets, à hériter de vêtements usagés laissés par un aîné et à aller chercher un plus jeune à l’école, offrirait une sorte de « préparation » aux contraintes du mariage et une capacité à bien les vivre.

L’envie de reproduire le modèle dans lequel on a vécu ses premières années entre aussi sans doute en ligne de compte. Un couple ayant plusieurs enfants, et qui a donc partagé de nombreuses années de vie commune, offre généralement un exemple de solidité et d’enracinement dans un projet. La religion compte également. Les familles croyantes sont, en moyenne, plus souvent des familles nombreuses et le divorce y est moins bien considéré, donc la décision de se séparer de son conjoint y est encore plus difficile à prendre.

Même si le fait d’être issu d’une grande fratrie offre des avantages, les enfants uniques ne sont pas pour autant condamnés au divorce ou à l’incapacité de supporter autrui. Une étude précédente, portant sur 13 000 enfants uniques, réalisée en 2010 par Donna Bobbitt-Zeher et Douglas Downey, concluait que « le fait de grandir sans frères et sœurs ne compromettait pas les aptitudes sociales. »





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Jacques Brassard, sa carrière de ministre conformiste, puis sa rupture avec le prêt-à-penser


Extraits du n° 40 d'Égards — Notes de lecture du livre Hérésies de Jacques Brassard

Jacques Brassard fait partie de ces rares ex-élus québécois (1976-2002) qui vieillissent bien.

Son livre, Hérésies, témoigne de l’évolution de cet homme politique formé en histoire et en pédagogie dans les officines de la Révolution tranquille.

Il ne faut donc pas s’étonner que la préface soit de Mathieu Bock-Côté, qui combat lui aussi les « dogmes officiels de la rectitude politique ». C’est dans ses chroniques hebdomadaires de 2003 (au journal Le Quotidien de Chicoutimi) à nos jours (au Journal de Québec depuis 2012) que Jacques Brassard a trouvé son chemin de Damas. Il avoue d’ailleurs candidement aujourd’hui, à propos de l’idéologie « réchauffiste » – mais cela s’applique également, comme on le verra, à toute l’idéologie socialo-libérale imposée par la haute fonction publique et la « ligne de parti » – que durant sa carrière de député et de ministre, peut-être étourdi par « les briefings » qui « se succèdent », il n’avait pas mis en doute les articles de foi des médias et des politiciens : « Me suis-je posé des questions sur le bien-fondé de ce credo ? Pas le moins du monde. Je l’avoue honteusement. »


À une époque où l’idéologie soixante-huitarde pouvait se servir, comme repoussoir du conservatisme traditionnel, de la figure honnie, caricaturée et encore vive dans les mémoires d’un Maurice Duplessis, il était difficile de contester les dogmes progressistes. Stimulée et justifiée par le projet souverainiste, la carrière politique partisane d’un Jacques Brassard, qui a duré plus de vingt-cinq ans, s’est passée trop à gauche pour lui permettre de saisir sur-le-champ l’ampleur du marasme politique dans lequel le Québec allait s’enliser.

En 2013, M. Brassard se dit « en rupture de ban avec une bien-pensance oppressante », qu’il désigne avec Ivan Rioufol « sous le nom de tyrannie du politiquement correct », cette « Pensée Unique obligatoirement de gauche ». Il aime à dire que depuis son retrait de la vie politique partisane, il a le bonheur de lire, et de réfléchir aux causes de l’hégémonie actuelle de l’État dit progressiste, qui est en fait plus ou moins socialiste et donc « étatiste ».

Comprenant qu’il a été manipulé pendant plusieurs années, il reproche aux intellos et aux technocrates de s’être acharnés « à faire du peuple québécois une nation sans racine et sans héritage, dont l’identité doit être rapetissée pour faire place au multiculturalisme ». Jeune septuagénaire, M. Brassard comprend que les quatre cents ans d’histoire de ce peuple français en terre d’Amérique ont été balayés du revers de la main par une technocratie qui veut abolir les valeurs judéo-chrétiennes, « patrimoine, traditions, culture, tout ce qui fait notre substance identitaire », des valeurs repoussées « dans les marges pour cause d’archaïsme et de désuétude ». De l’écologisme au multiculturalisme, en passant par l’islamisme et la dictatoriale imposition du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR), cette « nouvelle religion, qui s’enseigne déjà dans nos écoles, consiste en une macédoine socialo-écolo-pacifiste assaisonnée d’altermondialisme et de haine de soi », une haine allant jusqu’à l’« exécration de la civilisation occidentale ».

M. Brassard demeure convaincu que « la solution pour le Québec […], c’est l’indépendance ». Je crois plutôt qu’à l’ère de la mondialisation, inéluctable, l’indépendance politique du Québec n’est pas une fin en soi (si elle le fut jamais). Il reste qu’on peut se réjouir de compter Jacques Brassard parmi la poignée de conservateurs québécois encore actifs dans l’espace public.

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dimanche 11 août 2013

Pompidou et l'école

 Extrait du Valeurs actuelles de cette semaine sur ce pensait le président français Pompidou sur l'éducation :

L’éducation ! C’est peu dire que ce dossier d’avenir, qui, à partir de Valéry Giscard d’Estaing, sera peu ou prou affermé à la gauche, est une préoccupation majeure de Pompidou.

Le recueil de ses écrits, publiés l’an dernier par son fils Alain, recèle, parmi beaucoup d’autres, une perle qui met fin à une légende féroce : celle d’un président, certes de haute culture, mais dont l’unique priorité publique se serait résumée à la croissance.

En mars 1971, i l écrit dans une note : « L’immense majorité des enseignants, quelles que soient leurs idées politiques, souffrent d’être bafoués, insultés, ridiculisés et d’être hors d’état de distribuer un enseignement profitable… Il ne faut pas céder aux demandes démagogiques des syndicats : dédoublement des classes, multiplication des travaux pratiques, etc. Ce que veulent les professeurs, c’est le calme. Il est plus facile d’enseigner à 35 élèves attentifs qu’à 25 qui chahutent. » Mais que les professeurs complices de l’agitation prennent garde : « Les enseignants qui prennent la tête des excités[…] doivent être sanctionnés immédiatement et, s’il le faut, par des textes modifiés pour permettre leur suspension sans traitement.

On peut aussi envisager une période de un, deux ou trois ans pendant laquelle le jeune professeur n’est pas titulaire et peut, à tout moment, être licencié. »

Georges Pompidou, président de 1969 à 1974

Déjà, Pompidou décèle les deux facteurs qui minent la qualité de l’enseignement : l’“endoctrinement politique” et la question des programmes. Sur le premier point, il propose de donner « un contenu strict et obligatoire aux programmes de philosophie et d’initiation à l’économie. Les manuels qui sont utilisés pour cette dernière matière sont scandaleux».

S’agissant des programmes, Pompidou propose d’élaguer tout ce qui n’est pas essentiel (pas plus de cinq heures de cours par jour dans le secondaire) pour privilégier des notions précises. Bref, des connaissances. Il déplore les ravages du “pédagogisme” qui, aujourd’hui, a triomphé : « Les syndicats n’ont en tête que de faire créer des postes pour des gens sortant de l’enseignement supérieur avec une fonction vague et inutile. Il n’y a pas à leur céder. »

Pourquoi, alors, leur a-t-on cédé ?

Quand il rédige cette note, Pompidou n’a plus que trois ans à vivre. En 1972, il tombe malade et, à partir de 1973, il consacre toute son énergie à l’urgence des urgences : l’augmentation de l’indépendance énergétique française.

Voir aussi
 
Steve Jobs décriait l'éducation américaine, la paralysie des syndicats d'enseignants, était pour les bons scolaires



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vendredi 9 août 2013

Instruction et éducation...


« Moi, je crois qu’il faut revenir à des choses simples. Il faut distinguer entre l’instruction (c’est-à-dire le rôle des profs c’est d’instruire, c’est de transmettre le savoir) et l'éducation qui n‘est pas le rôle des profs. Je crois que ça a été une grave erreur d’appeler ministère de l’Éducation nationale. En 45 il fallait garder le titre: l’Instruction publique. Ce n’est pas aux profs d’éduquer, c’est aux parents. »

Éric ZEMMOUR


Voir aussi

« Ce n'est pas par hasard que Napoléon Bonaparte a créé le Monopole de la presse à trois ans d'écart du Monopole de l'éducation. »


Pic de natalité en Grande-Bretagne, les enfants coûtent trop pour les Allemands (m.-à-j. vidéo)


« L'Angleterre du baby-boom », titre l'Independent qui explique que « la population du Royaume-Uni augmente plus rapidement que partout ailleurs en Europe, après que le taux de natalité soit monté en flèche, au plus haut depuis 40 ans ».

Les raisons ? Davantage de mères d'une vingtaine d'années, l'immigration et la récession.

Mieux que la France, beaucoup mieux que l'Allemagne

L'année dernière, le Royaume-Uni a vu sa population augmenter de 419 000 personnes, pour atteindre 63,7 millions d'habitants. C'est plus que la France, habituellement championne du taux de natalité, mais dont la population n'a augmenté que de 319 000 personnes (65,48 millions au total) en 2012. Et plus que l'Allemagne, avec 166 000 nouveaux habitants (80,39 millions).

Pour le quotidien, ces centaines de milliers de nouveaux bébés « sont les abeilles ouvrières du futur ». « Bien sûr, ils vont augmenter la pression sur les places à l'école, les services de santé, le logement, les transports, la campagne... Mais sans eux, notre système de retraite court à sa perte, l'État-providence semble bancal et le financement des services publics va se ratatiner , note le I, la version allégée du Independent.

Avant d'ajouter : « Et de toute façon, les bébés sont drôles. Parfois. »

Un enfant sur quatre né d'une immigrante

L'immigration paraît être la première raison de cette explosion des naissances : un enfant sur quatre né l'an passé a une mère née à l'étranger (contre un sur six, il y a dix ans). L'autre facteur, c'est la crise économique. « Est-ce que les gens font plus souvent l'amour quand on est en récession ? » s'interroge le quotidien. Avec la crise, l'évolution du taux de natalité aux États-Unis et en Europe continentale a plutôt été à la baisse, en partie parce que mes familles ont moins d'argent. « Mais pas au Royaume-Uni, cependant », note le I : « Ici, certaines femmes privilégient la maternité à l'emploi. » Eh, oui, c'est une question de priorité, pas uniquement de politiques gouvernementales.

Pendant ce temps en Allemagne

Une étude allemande menée par la Stiftung für Zukunftsfragen révèle que la charge financière d’un enfant est la première raison pour laquelle les Allemands ne font pas plus d’enfants. Faire un enfant coûte cher et ce serait principalement pour cette raison que les Allemands choisissent de ne pas en faire. C’est en tout cas ce que révèle une étude publiée dernièrement par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. Alors qu’ils n’étaient que 58 % en 2011, aujourd'hui 67 % des personnes interrogées, hommes et femmes confondus, ont en effet avancé le coût trop élevé de la charge d’un enfant comme la principale raison de ne pas fonder une famille.

La chancelière Angela Merkel (à gauche) a pris des mesures pour augmenter le nombre de places, mais aussi mettre en place des allocations pour les parents qui choisissent d'élever leur enfant eux-mêmes.

Un vieillissement accéléré de la population

Cette tendance à la stérilité volontaire inquiète le gouvernement qui constate un vieillissement accéléré de la population allemande, en raison d’un taux de natalité extrêmement bas depuis de nombreuses années : 1,36 enfant par femme contre 2 en France en 2012.

Deux mesures ont pourtant été mises en place par le gouvernement allemand, visant à alléger légèrement le coût pointé du doigt par les parents : une nouvelle allocation de 140 euros par mois pour un enfant de moins de trois ans et une place garantie à chaque enfant de 1 ou de 2 ans dans les jardins d’enfants. Les parents allemands ne bénéficient en effet pas d’écoles maternelles, mais de jardins d’enfants payants dont le coût est estimé 250 et 500 dollars pour 45 heures de garde. Cette solution reste cependant l’alternative préférée à l’embauche d’une nourrice, trop onéreuse pour la plupart des parents. Ces derniers choisissent le plus souvent de poursuivre leur activité professionnelle malgré la naissance du bébé, afin de pouvoir assumer cette charge financière.

L’argent n’est pas la seule raison En outre, 813 000 nouvelles places dans les jardins d’enfants seront donc disponibles d’ici la rentrée 2013. Les couples allemands pourraient cependant ne pas être séduits : avoir des enfants coûtent nettement plus cher que 140 dollars alors que n'avoir pas d'enfant n'a aucun impact direct sur le montant de sa retraite personnelle, si ce n'est sans doute de pouvoir gagner plus d'argent et donc de bénéficier d'une plus haute retraite potentielle payée par les enfants des autres puisque le système de retraite allemand en est un par répartition. La charge financière d’un bébé n’est bien sûr pas l’unique raison avancée pour ne pas enfanter. L’incompatibilité entre carrière et famille, la peur de perdre son indépendance, de voyager (Deutschland ist eine Urlaubsgesellschaft) et bien sûr le fait de ne pas avoir trouvé le bon partenaire ont souvent été cité par les personnes interrogées comme d’excellentes raisons de ne pas avoir de descendance.

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Reportage sur une ville allemande qui se vide (Illingen en Sarre, près de la France, 16.000 habitants)