mardi 29 mai 2012

La presse hors Québec compare avec une certaine incrédulité les frais de scolarité

Pour le Fiagro de Paris, le grand fossé qui, depuis des lustres, sépare les 8 millions de Québécois du reste du Canada, à majorité anglophone, semble ces dernières semaines redevenu insurmontable.

Le Figaro publie cette carte qui compare les frais de scolarité au Canada :




Depuis le début de la « révolution érable », les médias anglophones répercutent l'incrédulité et l'indignation du reste du pays. Non sans excès, et parfois mauvaise foi. Cette révolte étudiante, dénonce Gary Mason, éditorialiste du quotidien de Toronto (Ontario) Globe and Mail , est un pur « caprice d'enfants gâtés », qui ne se rendent pas compte que les frais d'inscription universitaires au Québec sont déjà «ridiculement bas» par rapport au reste du pays. Sa collègue Margaret Wente fustige les Québécois, ces « Grecs du Canada », en référence au pays qui rejette les mesures d'austérité imposées par l'Europe. Excédée par les débordements, Wente résume ainsi la «mentalité» des étudiants en grève  : « L'État nous doit tout et si nous ne l'obtenons pas, nous allons provoquer une émeute. »

L'hebdomadaire Maclean's de Toronto va encore plus loin. Après avoir en 2010 titré sur « la province la plus corrompue » du Canada, allusion aux divers scandales financiers ayant éclaboussé le gouvernement du premier ministre Jean Charest (Parti libéral, conservateur), il titrait la semaine passée, en une, sur « la nouvelle classe dirigeante du Québec », illustrée par la photo d'un manifestant cagoulé au regard ombrageux, assortie d'un commentaire cinglant : « Comment un groupe d'étudiants privilégiés est entré en guerre et a paralysé toute une province. Pour 325 dollars. » Soit le montant de la hausse annuelle des frais d'inscription universitaire pendant cinq ans, si le premier ministre avait pu mener à bien son projet de réforme.

Le National Post compare aussi les frais d'inscription

Le National Post s'est également penché sur les frais d'inscription dans les différentes provinces canadiennes et les principales facultés pour obtenir un diplôme de quatre ans dans le reste du Canada et (de trois ans ?) au Québec. Ces frais n'incluent pas les frais afférents supplémentaires et ne déduisent pas les crédits d'impôts et autres aides disponibles.

Nouveau-Brunswick




Terre-Neuve


Alberta


Colombie-Britannique


Île-du-Prince-Édouard


Manitoba

Nouvelle-Écosse


Ontario


Québec


Saskatchewan



La manne de l'Alberta

De la Colombie-Britannique à l'Ontario en passant par le Saskatchewan, les Canadiens anglais sont scandalisés par les largesses de l'État-providence québécois et ses universités aux frais d'inscription deux à trois fois plus faibles en moyenne qu'ailleurs. La pilule passe mal, car selon le principe de péréquation, qui vise à combler les disparités fiscales entre les provinces, les plus riches de ces dernières doivent redistribuer leur manne en direction des plus pauvres. L'Alberta, richissime grâce à l'exploitation du pétrole et du gaz naturel, est ainsi le premier contributeur net du Canada, largement au profit du Québec qui engrange 7,3 milliards de dollars par an. Tout en promouvant un modèle économique et social aux antipodes de son voisin de l'ouest.

Voir aussi

Frais de scolarité, taux de diplomation et dette du Québec





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[MàJ] Le boycott étudiant : un mouvement francophone montréalais qui se radicalise

Lysiane Gagnon (dont nous partageons peu d'analyses) résume le clivage entre Montréal et le reste de la province, ainsi qu'entre les étudiants francophones et anglophones :
« Dans la crise étudiante, il y a un net clivage entre la région montréalaise, où se concentre l'agitation, et le reste de la province. Même le cégep de Limoilou, qui a toujours été un foyer de contestation étudiante, fonctionne normalement… Mais il y a un autre clivage, encore plus spectaculaire, et celui-là a en quelque sorte scindé la ville en deux. C'est celui qui existe entre les francophones et les anglophones. Pendant que les institutions françaises étaient déchirées à des degrés divers par le conflit, du côté anglophone, l'heure était au calme… et aux études. Au collège Dawson, une institution du centre-ville qui est en quelque sorte le pendant anglais du cégep du Vieux-Montréal, 4 000 étudiants ont participé au vote (secret) et écarté le boycott. Même chose au collège John Abbott, où l'association étudiante a organisé un référendum (avec votes secrets) qui a duré toute la journée. On notera ici la procédure très démocratique qui a encadré ces décisions. À l'Université Bishop, l'association étudiante n'a même pas réussi à recueillir les 150 signatures requises pour organiser un vote ! À Concordia, l'université populaire du centre-ville qui est la version anglophone de l'UQÀM et qui a connu bien des remous sociaux, les cours n'ont jamais été suspendus. Les profs que les grévistes ont empêchés de donner leurs cours ont donné des examens en ligne ou des travaux à faire à la maison. À McGill, peu de perturbations. Au plus fort du mouvement (autour du 22 mars), quelques milliers d'étudiants ont participé au boycottage, notamment à l'École de travail social, en science po et en lettres. Il reste, selon l'université, une quarantaine de grévistes concentrés dans les « gender studies » et… en littérature française.

Comment expliquer cette différence entre des jeunes du même âge, qui vivent dans la même ville et partagent les mêmes loisirs et les mêmes activités culturelles ? La première raison est d'ordre politique. Les non-francophones, en général réfractaires au PQ, n'éprouvent pas envers le gouvernement Charest la même hargne que leurs compatriotes francophones [belle litote, le PLQ est le parti des non-francophones]. Or, ce conflit étudiant est puissamment alimenté par la mouvance péquiste, tandis que les jeunes les plus militants subissent l'influence de Québec solitaire et des organisations anarcho-communistes. Bien qu'il existe une solide et ancienne tradition de gauche chez les Anglos-Montréalais, ces derniers hésiteront à adhérer à des mouvements qui, comme QS, prônent aussi l'indépendance du Québec. Cette gauche-là est chez elle au NPD, mais ne participe pas à la fronde, car le NPD s'est (fort intelligemment) dissocié de la fronde étudiante. L'autre raison tient au fait que les Anglo-Québécois de vieille souche ont toujours valorisé l'éducation, bien davantage que les francophones. C'est aussi le cas des allophones, ces fils d'immigrants qui se sont expatriés pour donner un meilleur avenir à leurs enfants. Il s'en trouve un très grand nombre à Dawson et à Concordia. Les francophones, on le sait, sont proportionnellement moins enclins à valoriser l'éducation. En 2010, chez les 25-34 ans québécois, 24,8 % des francophones avaient un diplôme universitaire. C'était le cas de 34,9 % des anglophones… et de 37,4 % des allophones. Les francophones sont, de tous les Canadiens, ceux qui lisent le moins de livres et qui s'informent le plus par la télé. Ils sont non seulement plus nombreux à « décrocher » ou à se contenter d'un diplôme inférieur, ils sont aussi plus portés à allonger indûment la durée de leurs études collégiales ou universitaires. D'où le fait que tant d'étudiants n'aient pas hésité à compromettre leur semestre d'hiver en boycottant leurs cours… Bof, un semestre de plus ou de moins ! »





Des manifestants bruyants et survoltés ont réussi à perturber, ce matin, le retour en classe des étudiants en droit et même d'autres facultés de l'UQAM. Les cours de Droit seront même finalement levés jusqu'à vendredi.


Résumé des dernières nouvelles à midi ce mercredi


Gilles Duceppe parle d'une nécessaire indexation des frais de scolarité et des bourses et du fait que la gratuité dans le rapport Parents s'accompagnait d'une année de service civil.




Petites leçons sur ce conflit par Marc Simard, enseignant en histoire au collège François-Xavier-Garneau, à Québec :

1. Les «grévistes» veulent être écoutés, mais n'entendent rien.
Depuis le début des manifestations, les étudiants qui boycottent leurs cours exigent qu'on accueille leur discours, mais ils ne veulent pas entendre les arguments de leurs confrères majoritaires ni l'assourdissant «NON» que leur oppose la société. La génération des enfants-rois ne tolère pas d'être contredite ni même rappelée à l'ordre.
2. Les «grévistes» ne veulent pas négocier, mais gagner.
Plusieurs observateurs de bonne volonté insistent depuis plusieurs semaines pour que le gouvernement négocie avec les étudiants boycotteurs. Ils ne veulent pas comprendre que ceux-ci sont entrés en croisade avec comme seule perspective la victoire et que leur mouvement est manoeuvré par un groupe radical qui n'acceptera rien d'autre que le gel, dans une perspective de gratuité.
3. La démocratie étudiante est gravement malade.
Intimidation, violence, non-respect des injonctions, entorses aux droits démocratiques des opposants, les étudiants malmènent la démocratie et l'État de droit. Après cette crise, le gouvernement devra légiférer pour encadrer les associations étudiantes et leurs pratiques. Le vote électronique, notamment, devra leur être imposé.
4. Ce mouvement est corporatiste et même réactionnaire.
Dans ce débat, le progressisme est à «droite» et la réaction à «gauche». La proposition gouvernementale (augmentation des droits plus amélioration du régime de prêts et bourses) suppose de faire payer davantage les riches, de protéger l'accessibilité et de mieux financer les universités, valorisant ainsi la qualité de l'éducation. Les opposants campent sur le gel et suggèrent même qu'on coupe les universités et qu'on éviscère la recherche.
5. Le terrorisme est de retour au Québec, sous l'appellation de désobéissance civile.
Il a d'ailleurs reçu la bénédiction d'anciens du FLQ et de quelques artistes excités. Certains aiment croire que les casseurs et les perturbateurs des services publics proviennent de l'extérieur du mouvement étudiant. C'est de l'aveuglement volontaire.
6. Les syndicats et les groupes populaires ont fait dévier le débat.
Obnubilés par leur haine du gouvernement Charest, accusé de tous les maux, et du néo-libéralisme, qu'ils voient partout, ils sont entrés dans la danse avec comme objectif de faire tomber le gouvernement libéral. Ils s'appuient pour ce faire sur la CLASSE, pour laquelle le débat sur les droits n'est qu'une étape vers la révolution anarchiste.
7. Les enseignants qui soutiennent ou même encouragent les «grévistes» nuisent à la profession.
Les profs qui portent le carré rouge, manifestent ou défient des injonctions prétendent promouvoir les droits sociaux ou même faire oeuvre de pédagogie. Une brève conversation avec eux montre toutefois qu'ils sont obsédés par leur aversion à l'endroit des libéraux, leur hostilité envers le capitalisme et leur romantisme révolutionnaire. En défiant la loi et l'État de droit pour des motifs aussi mal fondés, ils piétinent leur éthique et ternissent l'image du corps enseignant.
8. Le gouvernement Charest ne peut pas céder à ces revendications.
Négocier une baisse des droits ou accepter un moratoire (requis par les syndicats et par les «roses») équivaudrait à légitimer la violence et à s'agenouiller devant les pressions d'un groupe minoritaire: la raison d'État ne le permet pas. De plus, un recul équivaudrait à un suicide politique pour le premier ministre et le PLQ.
9. Le recours aux tribunaux est entré dans les moeurs.
À moins que le gouvernement n'accorde aux associations étudiantes le droit de grève en l'encadrant strictement, les étudiants brimés feront de plus en plus de demandes d'injonctions. On peut même penser que ceux qui ont subi des dommages dus à ce conflit intenteront des recours collectifs contre leurs associations, les syndicats d'enseignants qui ont appuyé le boycottage et les institutions qui n'ont pas rempli leurs devoirs légaux.
10. La démocratie est à la fois vulnérable et solide.
Les Che et autres Trotsky en herbe jouent une pantomime de Mai 68 et s'imaginent faire la révolution. Mais outre qu'ils oublient les leçons de l'histoire (notamment comment les étudiants français furent torpillés par leurs alliés syndicaux), ils sont aveugles à une des grandes lois des bouleversements révolutionnaires: que ceux-ci ne peuvent aboutir que s'ils ont le soutien de la population, de la police et de l'armée.






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Analyse quantitative du traitement médiatique du boycott étudiant

Richard Martineau et Jean-François Dumas d'Influence Communication analysent l'importance de l'attention portée sur les « carrés » des différentes couleurs dans la presse.

Les carrés rouges auraient reçu plus de 75 % de la couverture médiatique.



La couverture accordée au conflit étudiant représente 49 fois le poids médias des nouvelles internationales au Québec.

C’est la 4e nouvelle la plus médiatisée au Québec depuis 2001 derrière le séisme à Haïti, le 11 septembre 2001 et l’investiture de Barack Obama.

C’est la nouvelle d’origine québécoise la plus médiatisée depuis 2001.

Le volume de couverture du conflit étudiant est déjà 20 % supérieur à celui du scandale des commandites qui a célébré son 10e anniversaire le 11 mars dernier.  Rappelons que le scandale des commandites avait bénéficié d’une très large couverture  entre 2002 et 2005.

Le conflit étudiant a déjà généré une vingtaine d’éclipses médiatiques depuis février. Jamais depuis 2001, un dossier n’a généré autant d’éclipses médiatiques. Rappelons qu’une éclipse médiatique est une polarisation de la couverture autour d’un sujet précis avec un poids médias égal ou supérieur à 20 %.  Certains jours RDI et LCN cèdent plus de 50 % de leur contenu au dossier.

Présentement 4 % du contenu média sur la crise porte sur les frais de scolarité.  Au début de la crise, 79 % du contenu médiatique attribué au conflit étudiant portait sur le sujet.

En raison du conflit étudiant, la politique provinciale a un poids médias 64 % supérieur à la moyenne.

En raison du conflit étudiant, l’éducation a un poids médias 1100 % supérieur à la moyenne. Pourtant on ne parle pas plus de la qualité de l’enseignement.

Ventilation depuis 4 semaines du poids des arguments de chaque mouvement dans les médias traditionnels.

Carré rouge : 75,49 %
Carré blanc : 15,37 %
Carré vert : 9,13 %

 Les mots clés les plus utilisés, en lien avec le conflit étudiant,  dans les médias traditionnels cette semaine au Québec

Loi 78 :  22,00 %
Carré rouge : 6,00 %
Frais de scolarité : 5,67 %
Casseroles :2,74 %

Source





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lundi 28 mai 2012

France — les carences de l'offre scolaire publique




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Parti conservateur du Québec pour l'abolition du cours ECR, les bons scolaires et une allocation de garderie universelle

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), le petit parti récemment rené de ses cendres qui regroupe des orphelins de l'ADQ qui ne se reconnaissent pas dans les positions de la CAQ, se réunissait ce samedi et dimanche en congrès à Drummondville. Pour une école libre y a envoyé un observateur.

On retrouvera ci-dessous les résolutions adoptées en plénière qui touchent à l'enseignement, la famille ou la culture.

Le fractionnement du revenu familial

Le PCQ s’engage à accorder à tous les couples qui ont au moins un enfant la possibilité de fractionner leur revenu, en attribuant jusqu’à la moitié de ce revenu (avec un plafond d'attribution de 50.000 $) à leur conjoint, lorsque l’équilibre budgétaire sera atteint.

Pour les rédacteurs de ce carnet, il s'agit d'une bonne nouvelle, même si nous pensons que la clause « lorsque l'équilibre sera atteint » pourra  permettre de reporter pendant longtemps cette mesure familiale.

Notons qu'une portion des congressistes voulait qu'on enlevât le « au moins un enfant »... Étrange conception de la famille. On sent qu'une fraction des participants sont des « libertariens » pour qui l'État n'a pas à encourager la naissance d'enfants. Toutefois ces mêmes libertariens ne semblent pas réclamer très haut la fin du système de retraites par répartition ou de santé mutualisé payé dans la pratique par les enfants des autres.

Création d'une allocation universelle de garde d'enfants

Le PCQ remettra directement aux parents une allocation universelle de garde d’enfants, qui sera financée en éliminant les subventions directes aux garderies tant publiques que privées.

Cette mesure nous paraît plus juste par son caractère universel que le système actuel. Les garderies dites à 7 $ ne profitent pas à tous les parents, elles aident principalement les parents des classes moyenne et supérieure. Cette proposition favorise le libre choix. Cette privatisation de fait du réseau des garderies éliminera des inefficacités structurelles (les garderies publiques coûtent déjà plus cher que les privées aux contribuables). Elle réduira aussi des occasions de corruption (les politiciens ne décideront plus de l'attribution des places) ou de moyens de pression par des gardiennes aujourd'hui largement fonctionnarisées.

Bons d'éducation

Un gouvernement conservateur québécois établirait un système de libre choix de l’institution d’enseignement par la remise de bons d’éducation directement aux parents ou à l’étudiant le cas échéant.

C'est une bonne résolution, mais elle était encore meilleure dans sa forme originelle qui parlait de « libre choix de l'école ». La nouvelle formulation inclut les universités. Or ce carnet ne pense pas que l'État (par l'entremise de ces bons d'éducation) doive payer les études universitaires de tous les candidats à ces études, d'autant plus quand on parle de valoriser ces études et de responsabiliser les étudiants dans leurs choix. Cette absence de chèque éducatif universitaire n'exclut pas dans notre esprit d'aider les candidats méritants par des prêts et bourses.

Notons aussi que ces bons d'éducation excluent tout soutien financier aux parents éducateurs à la maison.

Enfin, les chèques scolaires c'est bien. Il existe d'ailleurs d'autres systèmes comme une réduction des impôts et l'élimination de la taxe scolaire pour les parents, les crédits d'impôt à ceux qui financent les écoles privées. Mais tous ces mécanismes sont de peu d'intérêt si les écoles sont toutes soumises au même programme scolaire, aux mêmes méthodes pédagogiques, le tout imposé par le Monopole de l'Éducation du Québec. Il faut donc que les bons d'éducation soient accompagnés d'un assouplissement dans le programme obligatoire, or si ceci n'est pas clairement indiqué, on peut craindre — c'est que démontre les exemples notamment de la Suède — un durcissement dans la surveillance des écoles qui recevront ces chèques. « Pensez donc ! c'est l'argent du gouvernement. On en distribuera plus qu'avant, on ne peut le distribuer à des écoles qui ne seraient pas de qualité, n'appliquerait pas à le programme obligatoire à la lettre, pas question qu'un sou serve à financer des cours ou des activités non approuvés, etc. » Rappelons que, dans le sondage qu'avait fait faire la CLÉ à la fin février 2012, non seulement 63 % des parents québécois se déclaraient en faveur des chèques scolaires, mais la majorité des Québécois (54 %) se disaient aussi pour plus de liberté au niveau des programmes scolaires.


Abolir le cours ECR

Le PCQ s'engage à abolir le cours ECR, autant au secondaire qu’au primaire. Rappelons que la CAQ dans son congrès avait, pour sa part, décidé d'abolir le cours ECR au primaire uniquement. Selon nos informations, le PQ pour n'aurait pas répondu aux demandes de la CLÉ de clarifier sa position quant à ce cours controversé.

Commissions scolaires

Une proposition portant sur le transfert des activités des commissions scolaires aux municipalités régionales de comté (à la campagne) ou aux villes (selon leur population) a été rejetée, non pas quant au principe accepté par les congressistes, mais sur la formulation exacte de la résolution et plus particulièrement sur la nécessité ou non d'élire un commissaire scolaire par MRC ou ville. Commissaire qui pourrait avoir un rôle similaire à l'échevin de l'éducation dans les communes belges ou néerlandaises.

Abolition du système collégial

Le PCQ s’engage à adopter le système collégial en vigueur au Canada anglais et aux États-Unis : ajouter une 6e année au secondaire et une première année à l’université. L’enseignement professionnel serait confié à des écoles spécialisées.

Cette mesure nous paraît secondaire, elle pourrait inutilement rebuter certaines personnes (pourquoi s'aligner sur les Anglais ?) Si la liberté pédagogique était enfin assurée et le monopole étatique des diplômes brisé, les cégeps deviendraient dans les faits optionnels. Ce carnet n'aurait rien contre le fait que certains survivent. En réalité, on peut déjà rester dans son école secondaire et s'inscrire à une université québécoise sans passer par un cégep québécois distinct  : on peut s'inscrire à Stanislas ou à Marie de France qui optent pour le programme français de France et avoir son DEC en douze ans, les deux dernières années du lycée français étant décrétées équivalentes aux deux années de cégep. Il suffirait d'étendre ce système (parmi d'autres).

Les universités anglophones du Québec modulent le nombre d'années d'études pour le baccalauréat (licence en France) selon l'origine des étudiants : 4 ans pour les élèves venant du reste du Canada (120 crédits), 3 ans pour les étudiants sortis d'un cégep (90 crédits), il en va de même pour les détenteurs d'un baccalauréat français (DEC québécois) sortis de Stanislas ou de Marie-de-France, d'un baccalauréat international ou d'un abitur de l'école allemande de Montréal Alexander von Humboldt. Il faut saluer cette souplesse.

Immigration et intégration

Le PCQ mettra fin à l’inversion du devoir d’intégration, et adoptera une Charte des valeurs démocratiques propres au patrimoine historique et culturel du Québec.


Voir aussi

Ruée des étudiants vers les collèges privés





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samedi 26 mai 2012

Les parents seraient plus heureux que les gens sans enfant

Des chercheurs de trois universités nord-américaines ont constaté que les gens qui ont des enfants « font état de niveaux relativement élevés de bonheur, d'émotion positive, ils ressentent aussi plus que leur vie a un sens » que les personnes qui n'ont pas d’enfant.

L'étude, publiée dans Psychological Science et co-écrite par des chercheurs de l'Université de Colombie-Britannique, de l'Université de Californie à Riverside, et l'Université Stanford, paraît alors que les pays occidentaux sont confrontés à dénatalité croissante et une population vieillissante.

Le professeur de psychologie Elizabeth Dunn, de l’université de Colombie-Britannique a déclaré que leur recherche suggère que «les parents sont loin d’être ces « misérables créatures » que certains médias et une certaine élite déprécient tout en valorisant dans la culture dite populaire les couples sans enfant.

Un de ces essais populaires
qui dévalorisent la parenté.
C'est ainsi que Corinne Maier, dans son opuscule No Kid, faisait la promotion de la stérilité. Cette essayiste conformiste y alignait 40 raisons « de ne pas succomber à la tentation de l'enfantement ». À la page 99 de son pamphlet, elle n'hésitait pas à déclarer : « le sentiment de la famille, le sentiment de classe, et peut-être d'ailleurs de race, apparaissent comme les manifestions de la même intolérance à la diversité, d'un même souci d'uniformité », pour conclure : « la famille serait-elle la cellule de base du Front National ? »

Les résultats de cette étude sont basés sur une série d'enquêtes menées en 1982, 1990, 1995 et 1999 auprès 329 participants âgés de 17 à 96 ans.

L’étude suggère que les parents sont plus heureux quand ils s’occupent de leurs que lors de leurs autres activités quotidiennes. Le bonheur croît avec la maturité et les circonstances familiales.

« Nous avons constaté que si vous êtes âgé (et sans doute plus mûr) et si vous êtes marié (et vous bénéficiez sans doute de plus de soutien social et financier), alors vous êtes susceptibles d'être plus heureux si vous avez des enfants que vos homologues sans enfant », a déclaré le co-auteur Sonja Lyubomirsky de l’UC à Riverside.

« Fait intéressant, les père sont plus souvent parmi les plus heureux que les mères », d’ajouter le professeur Dunn.

On trouvera l'étude ici.





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vendredi 25 mai 2012

Colombie — L'enseignement par concession

En Colombie, l’État a décidé de confier à Bogota la gestion de certains établissements scolaires à des concessionnaires privés à but non lucratif. Il s’agit d’une sorte de délégation de service public que les Colombiens appellent « l’enseignement par concession ». Cette innovation qui produit d’excellents résultats, selon les évaluations disponibles, a été motivée avant tout par le souci de permettre un meilleure couverture des besoins en créant suffisamment de places pour que les enfants de quartiers pauvres puissent étudier. Et ce en évitant tout dérapage de la dépense publique d’éducation, dans un contexte de pénurie de ressources budgétaires. Un entretien avec Carlos Molina, docteur en droit public (Université Panthéon-Assas-Paris II), professeur de droit public à l’Université de Medellin (Colombie).



Quel est le principe de ce système scolaire par concession ?
Les collectivités locales construisent des écoles et leur octroient un budget ; ces écoles sont ensuite déléguées à des particuliers reconnus pour leur expérience éducative et pour la qualité de leur gestion et de leur administration dans le secteur scolaire. Le modèle de concession vise à renforcer la qualité de l’enseignement public en en confiant la gérance au secteur privé.
La loi 1176 du 27 décembre 2007 prévoit à l’article 30 que les services éducatifs sont du ressort des départements, districts et municipalités certifiés. En cas d’échec démontré des prestations de son établissement, le directeur doit recourir à des services éducatifs émanant d’organismes publics ou privés à but non lucratif pour relever le niveau de son école, sans faire payer les familles. D’où le recours au système de concession.
L’expérience a commencé avec 23 collèges, construits et dotés par l’administration publique de Bogotá. Ils ont été concédés à des entités privées, sur appel d’offre public, entre 1999 et 2002.
À qui bénéficient ces écoles ?
Le ministère de l’Éducation colombien a développé ce projet dans les zones où l’addition de l’offre scolaire publique et privée ne permettait pas de couvrir la totalité des besoins de scolarisation de la population. En pratique, il s’agit uniquement de zones défavorisées, dans des périphéries urbaines et des territoires ruraux où vivent des personnes en grande difficulté économique, et qui connaissent des problèmes de violence. Un accord a ainsi été conclu en 2007 avec le fonds financier de développement Fonade (Fonds National d’enseignement) pour la gestion intégrale de projets d’investissement dans les villages les plus défavorisés du pays.
Ces financements sont accompagnés de subventions pour le transport, la cantine scolaire et les services de santé. À Bogota, grâce à ce système de concession, le taux de scolarisation des enfants de 7 à 15 ans est passé de 70 % en 1995 à 100 % aujourd’hui.
Comment définiriez-vous ce modèle, et comment sélectionne-t-on les concessionnaires ?
Le modèle consiste à confier la gestion d’établissements scolaires à des prestataires privés, pour assurer une offre scolaire de grande qualité dans le cadre d’une dépense publique maîtrisée. Les candidats à la concession peuvent répondre à l’appel d’offres individuellement ou conjointement avec d’autres ; ils doivent apporter la preuve de leur expérience dans l’enseignement, pour pouvoir répondre aux appels d’offres publics concernant la gestion, l’administration, l’organisation et le fonctionnement de ces nouveaux établissements d’enseignement.
Les entreprises à but lucratif ne peuvent pas postuler. Les concessionnaires, qui prennent l’école seuls ou groupés, sont donc des entités à but non lucratif; ils doivent de plus se soumettre à une évaluation annuelle par une entité indépendante.
Comme les écoles à charte américaines, ces établissements ne peuvent pas sélectionner leurs étudiants, sont financés par des fonds publics et opèrent en dehors des accords collectifs d’enseignants ; enfin, les contrats sont soumis à l’impôt.
Les programmes des écoles colombiennes sous contrat de concession doivent être les mêmes que ceux des autres établissements d’enseignement de la ville, qu’ils soient publics ou privés. La journée scolaire est plus longue dans les écoles sous concession que dans les autres écoles, pour avoir le temps de renforcer les enseignements fondamentaux et permettre aux élèves de faire leur devoir dans le cadre d’études surveillées.
Comment fonctionne ce modèle ?
Dans ce modèle d’école par concession, des opérateurs privés fournissent des services éducatifs pour une durée de douze ans. Ils sont payés par les fonds des collectivités locales dans le cadre du Système général de Participation. Cette expérience n’augmente pas les coûts de scolarisation des élèves pour la collectivité.
Chaque école a renforcé sa capacité d’accueil d’environ 940 enfants. Ce changement dans la gestion, l’organisation et la prestation des services éducatifs a engendré un coût annuel de 938 pesos (400 euros environ) par enfant scolarisé. Le nombre d’enfants bénéficiaires est réévalué chaque année sur la base de l’indice des prix à la consommation (Indice-CPI).
De son côté, l’intendant doit gérer et fournir des services d’enseignement en conformité avec les directives de l’enseignement public et avec celles du projet éducatif institutionnel – PEI – de chaque établissement. Il doit également fournir du matériel didactique et un goûter quotidien, préserver et maintenir les installations en bon état.
Ces écoles sont entièrement gratuites pour les familles, comme dans une école publique normale.
Pouvez-vous nous donner quelques exemples ?
Les démarches administratives commencées en décembre 2000 ont permis de concéder cinq collèges situés dans les régions les plus pauvres de Bogota, ce qui a donné des résultats positifs sept ans plus tard. Par exemple, dans les examens nationaux de l’enseignement secondaire SABER 11 (ICFES), les résultats, autrefois très faibles, sont maintenant au-dessus de la moyenne nationale et continuent à progresser.
Le plus grand concessionnaire, l’association d’éducation ALLIANCE, regroupe 6 000 élèves issus de milieux très défavorisés ; il s’est engagé à fournir un enseignement secondaire de qualité, former des enseignants qualifiés, développer un modèle interinstitutionnel, être un centre d’influence pour la communauté et faire progresser la recherche en éducation.
Les écoles gérées par des particuliers accueillent 6 160 enfants et jeunes qui bénéficient du programme d’éducation préscolaire, primaire et secondaire ; ces écoles utilisent les modèles de l’enseignement privé mais aussi divers services éducatifs visant à générer un impact sur la qualité de la vie de la communauté.
A-t-on pu évaluer les résultats obtenus par les élèves de ces écoles ?
Les premiers contrats de concession établis depuis 1996 ont pris fin en 2008, ce qui a permis de dresser un premier bilan de ces programmes, en publiant les résultats des élèves aux tests nationaux et internationaux.
Ce modèle a donné de bons résultats : on enregistre notamment de faibles niveaux d’abandon de scolarité et de redoublement. À cet égard, la carte du rapport sur l’éducation en Colombie Corpoeducación 2006 nous apprend qu’« entre 2000 et 2003, le décrochage a diminué, à l’école primaire, de 8 % à 6 %, et dans le secondaire, de 6 % à 5 % ». Le rapport indique également que « ces résultats peuvent être liés à des programmes promus par le gouvernement national et des gouvernements locaux qui encouragent la fréquentation et l’assiduité scolaires ».
Les évaluations nationales recouvrent toute la gamme des tests SABER, effectués en CM2, en 3e, en terminale et en fin de premier cycle universitaire. Tous les résultats sont accompagnés de données socio-économiques sur l’individu, sa famille et l’école.
Les évaluations internationales sont les tests TIMSS (mathématiques et sciences, pour les CM2 et les 4e) ; les tests PISA ; les tests PIRLS (sur la lecture, pour les CM1) ; les tests CIVED et CIEC, qui mesurent les connaissances et les attitudes civiques des élèves de 14 ans.
L’expérience a donc été évaluée et jugée concluante.
L’enseignement par concession a donc de beaux jours devant lui ?
Le programme continue à se développer avec succès. Cela permet désormais aux opérateurs de chercher des ressources auprès d’organismes de coopération, au niveau national ou international, qui aident à la mise en œuvre de programmes visant à améliorer les institutions. En outre, ce modèle contribue au développement des communautés en offrant des programmes complémentaires aux parents et à la communauté au sens large.
Un des mérites de ce régime par concession est de parvenir à améliorer l’éducation du public en offrant une éducation de qualité aux élèves issus de milieux défavorisés, sans engorger pour autant les installations publiques actuelles ni embaucher plus de personnel dans le secteur public.
La limitation des dépenses publiques ainsi obtenue dans le domaine éducatif est d’autant plus appréciée que la Colombie est un pays en voie de développement, dans lequel l’éducation est un droit gratuit et obligatoire que l’État peine à garantir de manière générale.




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jeudi 24 mai 2012

La hantise des parents éducateurs...le manque de socialisation de leurs enfants

Le manque de socialisation est un prétexte souvent donné par les fonctionnaires (et au moins un juge voir ci-dessous) pour s'opposer aux droits des parents et les empêcher d'instruire leurs enfants à la maison. Pourtant, ce n'est pas un souci réel pour la grande majorité des parents qui savent bien que leurs enfants sont en général aussi bien « socialisés », sinon mieux, que les enfants de l'école publique qu'ils trouvent souvent mal élevés ou élevés dans une permissivité inopportune pour des raisons idéologiques.




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Ruée des étudiants vers les collèges privés

Les collèges privés, épargnés par le boycott étudiant, ont vu leurs demandes d'admissions pour 2012-2013 augmenter par rapport aux années précédentes.

C'est le cas, notamment, du collège Grasset, dans le nord de Montréal. La directrice de l'établissement, Lyne Boileau, indique que le collège a admis 34 étudiants de plus que l'an dernier. En outre, 130 autres étudiants ont été inscrits sur une liste d'attente, comparativement à 6 ou 7 étudiants en temps normal.

Il était impossible d'admettre les étudiants fréquentant déjà le réseau collégial public, précise-t-elle, mais le nombre de finissants du secondaire a bondi.

La situation est semblable dans les autres collèges privés, qui ont tenté d'accepter le plus d'étudiants possible, prêts à payer 4 000 $ pour une année d'enseignement.

Malheureusement, leur capacité d'accueil est limitée, souligne le directeur général de l'Association des collèges privés du Québec, Pierre l'Heureux. Les collèges ne pourraient pas, dit-il, recevoir des milliers de demandes l'an prochain, particulièrement dans la région de Montréal.

Les cours dispensés par les collèges privés pour la session d'automne s'amorceront, comme à chaque année, en août.




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mardi 22 mai 2012

Suisse — Interdiction de scolariser son enfant en anglais (et en allemand)

La défense de l’italien justifie que les enfants soient obligatoirement scolarisés dans cette langue dans le canton italophone du Tessin.

Le Tribunal fédéral (TF) a débouté des parents tessinois qui voulaient inscrire leur fille dans une école privée anglophone.

Le TF rappelle que la liberté de la langue, garantie par la Constitution fédérale, n’est pas absolue. La langue officielle du Tessin est l’italien et l’enseignement y est, sauf rares exceptions, dispensé dans la langue de Dante.

Si la troisième langue nationale n’est pas menacée d’extinction, la nécessité de la protéger contre l’importance grandissante de l’allemand s’est fait ressentir avec acuité il y a quelques décennies, rappelle le TF. Un projet prévoyait même d’interdire formellement l’implantation d’écoles de langue allemande.

Instrument de « sauvegarde »

La législation tessinoise sur l’école obligatoire, qui impose un enseignement en langue italienne aux enfants en âge de scolarité, reflète encore ces préoccupations. Elle est un instrument d’« intégration » et de « sauvegarde » de l’italien face au grand nombre d’habitants germanophones.

Dans le contexte démographique propre au Tessin, ces règles jouissent d’une importance particulière, car l’école est « un vecteur capital de l’identité culturelle et linguistique d’un territoire ». L’intérêt public sur lequel se fonde la loi scolaire l’emporte sur l’intérêt privé des parents à pouvoir inscrire leur enfant dans une école de leur choix.

Particularité cantonale

Déboutés, les parents de la fillette, qui parlent italien et ont la double nationalité italo-suisse, devront payer 2000 francs de frais de justice. À l’appui de leur recours, ils relevaient que leur fillette n’aurait subi aucun désavantage à fréquenter une école anglaise, puisque de toute manière, elle parle déjà italien.

Dans d’autres cantons, ils auraient eu moins de difficultés à inscrire leur enfant dans une école anglophone. Porte-parole du Département vaudois de la formation, Michael Fiaux a ainsi indiqué à l'Agence télégraphique suisse que le canton de Vaud ne connaît pas de réglementation similaire à celle du Tessin.

Des parents vaudois ont toute liberté, s’ils le souhaitent, d’inscrire leur enfant dans une école privée anglophone, pour autant que « les objectifs pédagogiques soient respectés et que le programme suivi permet à l’enfant de réintégrer l’école publique », a précisé le porte-parole. (arrêt 2C_449/2011 du 26 avril 2012)

Source




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vendredi 18 mai 2012

Garderies : pour une répartition juste de la subvention

Khalid Daher, président de l'Association québécoise des garderies privées non subventionnées (AQGPNS), s'exprime dans une lettre ouverte :

Les garderies ont été mêlées malgré elles à des scandales politico-financiers indignes, c'est du moins ce qui ressort des débats à l'Assemblée nationale. La situation est telle que trois ministres se sont succédé et les plaies ne parviennent pas à se cicatriser, tellement les ravages, et à tous les niveaux, sont intenses.

À commencer par notre démocratie, postulat de notre charte et donc de toutes nos institutions. Utiliser ce système ou ce réseau à des fins partisanes est un crime moralement inacceptable, passible du châtiment suprême; la peine politique capitale, à savoir la destitution irrévocable ou le bannissement à perpétuité. Mais aujourd'hui, ce genre de délit bénéficie d'une indulgence navrante, ainsi qu'en témoignent les derniers sondages. Peut-être accoutumé, après tant d'affaires peu reluisantes, telles que celles qu'a connues le secteur de la construction, et surtout après avoir été soumis à un népotisme si vigoureux, ces dernières années, que notre phénotype en a pâti, notre seuil de tolérance a été rehaussé de plusieurs crans, et que cela a fini dans nos moeurs par bourrage intempestif.

Plus de 35 000 parents sont écartés de ce système devenu incontrôlable et insondable. Ils ne comprennent plus rien aux politiques fuligineuses du ministère de la Famille.

L'unique manière de se prémunir contre ce mal troublant est que la subvention soit familiale et non institutionnelle. En d'autres termes, et puisque Revenu Québec a déjà la structure, l'information ainsi que le savoir-faire, ce sera aux parents d'en faire la demande et ce ne sera plus l'apanage des CPE ou des garderies auxquels elle était destinée.

Le gagnant sera, en premier lieu le gouvernement qui sauvera des centaines de millions de dollars, en second lieu ce seront les parents qui seront vraiment privilégiés dans ce nouveau système, et en troisième lieu, ce sera le Ministère qui pourra enfin bénéficier d'un réseau où c'est la compétence qui prime et non l'appartenance à telle ou telle catégorie de ce réseau à vitesse variable. Seuls les gens de métier seront capables de se maintenir et l'on aura moins de prospecteurs.

Cette approche a l'avantage incontestable de bien répartir la subvention du gouvernement. Ceux aux salaires élevés ne l'auront pas, tandis que ceux qui en ont besoin l'auront, et bien entendu le reste sera traité proportionnellement au revenu familial. C'est une solution équitable pour tous et personne ne la contestera. Sauf bien sûr les CPE et les garderies subventionnées, ces élus habitués à la manne. Il y aura des réticences démesurées de la part de ces deux entités. Il faut espérer que le gouvernement soit tout aussi intransigeant et intraitable qu'il l'a été avec les étudiants. C'est la seule incertitude. Car l'on ne connait pas très bien le référentiel de la logique gouvernementale. C'est souvent nébuleux allant jusqu'au chaotique.

Plus précisément, il n'y aura plus d'appels d'offres, plus d'annonces, plus de dépenses abusives au nom d'un principe - celui de l'universalité devenu désuet, il n'y aura qu'une seule chose; la concurrence saine et le travail méritoire, l'essence même de notre démocratie. Les parents iront là où ils voudront, sans être contraints de choisir des garderies ou CPE juste parce qu'elles proposent des places à 7$. C'est le meilleur moyen d'enrayer le favoritisme et l'injustice qui minent notre société.

C'est la solution pour sortir de cette situation, du moins intenable, qui n'arrange ni le réseau et ses innombrables facettes; garderies privées subventionnées, non subventionnées, CPE, milieu familial reconnu, garderies illicites ni les parents qui se sentent lésés dans ce système où ils se demandent à qui il profite vraiment. En bref, ce sont les parents et les enfants qui en seront les privilégiés et non pas les amis du régime ou ses proches.




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mardi 15 mai 2012

Professeurs s'interposent devant la police pour « demander une trêve » et empêcher le retour en classe


On apprend que des professeurs sont payés pendant qu'ils participent aux boycotts des classes, qu'ils s'interposent entre la police et les boycotteurs pour demander « une trêve » désirant ainsi rendre inapplicables les injonctions qui les obligent à retourner enseigner.

Ils expliquent leur refus d'enseigner en invoquant les règlements de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST). En effet, selon eux, les obliger d'enseigner serait les mettre en position psychologiquement dangereuse... Mais ces mêmes enseignants ne semblent pas être inquiets pour leur sécurité quand ils se confrontent à la police...



Mario Dumont et Me Mario Proux. Me Proux a présenté des injonctions en faveur d'étudiants qui veulent avoir accès aux études qu'ils ont payées.





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lundi 14 mai 2012

Joseph Facal et « nos valeurs » québécoises

L'ancien ministre Joseph Facal revient sur la scie de « nos valeurs » québécoises :
« Une niaiserie particulièrement tenace est que le carré rouge serait un signe de fidélité aux valeurs social-démocrates qui distingueraient le Québec. Des jeunes me le soutenaient avec acharnement l’autre jour. Leur fière ignorance, combinée à la certitude d’avoir raison dont on peut être capable à cet âge, rendaient futile tout dialogue. La social-démocratie n’est pas une invention québécoise, même pas en Amérique du Nord. On tend à oublier ces temps-ci qu’il existe un autre Canada que celui de Stephen Harper. Plusieurs provinces sont ou ont été dirigées par des gouvernements néo-démocrates ou libéraux de centre-gauche. On y a haussé régulièrement les droits de scolarité pour tenir compte du fait que les coûts de fonctionnement des universités augmentaient eux aussi. Dans ces provinces, les jeunes fréquentent plus les universités qu’au Québec, un fait massif qui ne semble plus avoir la moindre importance dans le débat actuel. Ailleurs au Canada, on ne s’est pas non plus laisser enfermer dans le faux débat qui nous divise : l’éducation universitaire est-elle un droit ou un investissement sur soi ? On a compris qu’elle est les deux. Remarquez, c’est aussi ce qu’ont compris les étudiants restés en classe. Ce n’est pas un hasard si les facultés universitaires qui ne sont pas en grève sont celles qui offrent les formations avec les meilleurs débouchés et les meilleurs revenus. C’est en Europe que la social-démocratie a les racines les plus profondes. La Grande-Bretagne, par exemple, a fréquemment été gouvernée par les travaillistes. Tony Blair, après des décennies d’immobilisme national sur cette question, a bien dû se rendre à l’évidence : la qualité, ça se paie, et il a haussé les droits universitaires. 
En France, berceau de l’idée d’égalité, les universités sont, pour ainsi dire, gratuites. Mais il faut n’y avoir jamais mis les pieds pour proposer ce système en exemple. Les universités françaises tombent en ruines pour cause de sous-financement. Les gouvernements, de gauche comme de droite, n’ont rien fait de sérieux pour stopper ce déclin. Résultat : un réseau parallèle de grandes écoles hyper-sélectives et très chères s’est développé. La demande pour de la qualité a généré une offre pour y répondre. En Norvège, il n’y a pas de droits de scolarité universitaires. Mais ce pays a choisi d’exploiter le pétrole qu’il possède, ce qui l’a fabuleusement enrichi. Au Québec, ceux qui prônent le gel ou la gratuité universitaire sont souvent les mêmes qui s’opposent à l’exploitation de nos richesses naturelles. En Suède, bastion historique de la social-démocratie, il n’y a non plus de droits de scolarité universitaires. Mais cette « gratuité » est une illusion d’optique. Le taux moyen d’imposition sur les revenus des particuliers est de 58 % et la taxe de vente y est de 25 %. Nos valeureux « progressistes » locaux proposent-ils d’introduire cela ici ? Si la réponse est non, mais qu’on persiste à revendiquer la gratuité ou le gel, ce n’est pas la social-démocratie qu’on veut : c’est le beurre, l’argent du beurre et la fille du marchand de beurre. Quand l’ignorance et la démagogie se drapent dans les « principes », la réalité objective n’a plus la moindre importance. »





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La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, démissionne, retour de Michelle Courchesne

Mme Line Beauchamp démissionne de ses postes de ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport et de vice-première ministre. Elle quitte aussi ses fonctions de députée. Line Beauchamp est entrée en politique en 1998.

Line Beauchamp (à gauche) et le premier Ministre Jean Charest
M. Charest a fait un long éloge de Mme Line Beauchamp où il a salué celle qui a travaillé à ses côtés pendant une dizaine d'années. « Ma chère Line, je veux saluer ta patience, ton courage, et ta très grande détermination », a-t-il dit. « J'ai tenté de te retenir », a-t-il ajouté, évoquant un « sacrifice ».

Mme Line Beauchamp explique qu'elle espère que son départ débloquera la situation dans le dossier du boycott des étudiants, que cette démission agira comme « un électrochoc ». L'équipe qu'elle laisse derrière continuerait avec la même détermination. Elle espère que les deux côtés soient plus ouverts au compromis. Pour l'ancienne ministre, les grands perdants actuellement sont les étudiants qui veulent étudier et ne peuvent le faire car on leur empêche l'entrée des classes. En tant que démocrate, elle s'est dite choquée de se faire dire par les représentants des étudiants qu'ils ne faisaient pas confiance dans les représentants du peuple. Elle a également rapporté les nombreuses déceptions suscitées par les fédérations étudiantes qui ne respectaient pas leur parole et lui avaient fait faux bond quand elles avaient promis de la recontacter.

M. Charest répète qu'il s'agit d'une décision personnelle de Mme  Beauchamp et à son initiative. M. Charest se dit attristé de cette décision et qu'il a tenté de la retenir. « Tout ce que Line a fait, elle l'a fait avec le soutien de ses collègues », a-t-il ajouté. M. Charest ne veut pas répondre à la question d'une journaliste qui lui suggère qu'il s'agit là d'un constat d'échec. Le premier Ministre se dit très déterminé dans ce dossier, cette politique étant cruciale pour l'avenir du Québec. Le premier ministre a rappelé qu'il avait écouté et que le gouvernement avait modifié sa position (hausse sur 7 ans plutôt que 5, remboursement selon la capacité de payer, amélioration du programme de bourses), mais que cette attitude ouverte n'était pas partagée par les fédérations étudiantes.

Michelle Courchesne succède à Line Beauchamp comme ministre de l'Éducation, elle revient à son ancien poste. Lire notre bilan sur ses trois ans de ministre de l'Éducation. Elle a montré assez de surdité envers les parents opposés à l'imposition d'ECR, voyons si ce trait de caractère volontaire servira pour mettre en place une autre politique envers les étudiants contestataires.









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ECR — Appel de la cause Loyola, les trois juges en délibéré

Dura lex, sed lex
Le bâtiment de la Cour d’appel du Québec est un bâtiment néo-classique à l’élégance sévère. Sa façade est composée de quatorze colonnes de style dorique en granit. Gravissant les degrés de l’escalier, le visiteur traverse d’abord l’hémicycle du porche dans l’œuvre où trônent deux grandes torchères de bronze puis les deux lourds vantaux du portail couverts de bas-reliefs allégoriques représentant la justice, le châtiment et la vérité. En haut d’un des battants, la maxime gravée « Dura lex, sed lex ».

Le contrôle de sécurité se situe à l’entrée de la salle des pas perdus. Cette grande bâtisse est quasi vide en cette matinée printanière enfin clémente. On croise quelques avocats qui se précipitent vers leur vestiaire pour y revêtir leur toge et achever leurs derniers préparatifs. Des parents commencent à arriver et à se rassembler devant la salle d’audience où trois juges entendront l’affaire du collège Loyola. Il est 9 h 30, on ouvre les portes.

Le bas de la salle est couvert de lambris, au fond le banc des juges et derrière celui-ci un panneau de bois qui devait accueillir un grand portait désormais absent et puis, bien haut, les armoiries du Royaume-Uni supportées à dextre par un léopard et à senestre par une licorne au pied desquels on peut lire « Dieu et mon droit ». La salle est éclairée par un grand plafonnier d’albâtre en forme de vasque parcourue de veines brunes ainsi que des appliques dans ce même style Art déco.

La salle des pas perdus

Les procureurs s’installent à l’avant de la salle d’audience : d'un côté, Me Benoît Boucher et une assistante qui restera silencieuse tout au long de l’audience représentent le ministère de l’Éducation, de l’autre côté, Me Jacques Darche et Me Mark Phillips pour le collège Loyola. Derrière les avocats quelques travées de bancs occupées par l’assistance, une quinzaine de personnes. Du côté du gouvernement, quelques personnes seulement dont M. Jacques Pettigrew, le responsable du programme ECR au MELS, en face, derrière les avocats de l'école, deux jésuites du collège, plusieurs membres de la famille Zucchi dont un des garçons était inscrit à Loyola et le directeur de l’école, Paul Donovan, ainsi qu’une petite demi-douzaine d’autres personnes. Aucun journaliste apparemment.

Les trois juges font leur entrée. La salle se lève. Les magistrats s’asseyent. Au centre, le juge qui mènera les débats : le juge Allan Hilton, un sexagénaire à la mince chevelure blanche, à sa droite le juvénile Richard Wagner aux cheveux châtain et à sa gauche Jacques Fournier, un quinquagénaire, dont la nomination récente avait été qualifiée d’« incompréhensible » par Yves Boisvert, le chroniqueur judiciaire de La Presse.

La plaidoirie du Monopole de l’Éducation

Le procureur Me Boucher, personnage sec aux cheveux poivre et sel, prend la parole. Il veut faire renverser la décision du juge de première instance, Gérard Dugré, qui avait vu la victoire du collège Loyola : le gouvernement aurait dû considérer le cours de religions du monde que cette école donne depuis de nombreuses années comme équivalent au programme ECR. Le juge Dugré avait également déclaré que, sur un plan constitutionnel, en imposant un cours non confessionnel le Ministère violait la liberté de religion de Loyola, qui est protégée par les Chartes des droits et libertés du Canada et du Québec.

dimanche 13 mai 2012

Royaume-Uni — L'État dépense 1 million de livres par semaine sur des avortements répétés

Selon le Daily Mail, le système de la santé publique (NHS) du Royaume-Uni dépense 1 million de livres par semaine sur des avortements répétés. Les femmes célibataires se servent de l’avortement comme une autre forme de contraception.

Les services de santé consacrent près de 1 million de £ par semaine sur des avortements à répétition.

Selon les critiques, les chiffres révélés hier indiquent que des milliers de femmes utilisent la procédure comme une forme de contraception.

Il n’est pas un inhabituel pour certaines femmes d’avoir sept, huit ou même neuf avortements dans leur vie.

Selon les statistiques, les femmes célibataires représentent cinq des six cas de terminaisons répétées. Environ un tiers de tous les avortements pratiqués en Angleterre et au Pays de Galles sont des répétitions.

Les chiffres vont alimenter le débat sur l’opportunité des avortements qui ont coûté à l'État 1.000 £  chacun et qui sont sanctionnées comme étant plus un choix de vie qu’une exigence ou une urgence médicale qui doit être assumé par le Trésor public.

[...]

En 2010, dernière année pour laquelle des chiffres sont disponibles, quelque 189.000 avortements ont eu lieu. Parmi ceux-ci, plus de 64.000 terminaisons étaient sur ​​les femmes qui avaient déjà avorté d’un fœtus dans le passé.

Plus de 50.000 d’entre eux étaient célibataires ou vivant avec un partenaire, tandis que près de 9500 sont mariés – avec l’inconnu sur l’état civil pour le reste.

Les détracteurs de la législation en vigueur sur les avortements considèrent que ceux-ci sont devenus une autre forme de contraception en raison du manque de conseil indépendant dans les cliniques, ce qui conduit des femmes à faire le choix de subir un avortement plutôt que de continuer avec leur grossesse.

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Avortement — « le débat est clos » selon les médias et l'intelligentsia autoproclamée




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Mythe : « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise »

Dans une conférence qu’il présentait la semaine passée au congrès de l’Acfas qui se déroulait au Palais des congrès de Montréal, un chercheur de l’École des sciences de la communication de l’Université McGill a déboulonné le soi-disant mythe selon lequel « seuls les enfants peuvent apprendre de nouvelles langues avec un haut degré de maîtrise », les adultes quant à eux n’y parviennent pas ou beaucoup plus difficilement, « car leur cerveau mature en a perdu la capacité ».

On croit depuis déjà plusieurs dizaines d’années qu’il existe une période critique, située avant la puberté, durant laquelle il serait beaucoup plus facile d’acquérir une langue et de la maîtriser parfaitement. Certains spécialistes pensent que la maturité qu’a atteinte le cerveau des adultes forcerait ceux-ci à faire appel à « des mécanismes neurocognitifs différents de ceux des enfants pour apprendre une nouvelle langue », a rappelé Karsten Steinhauer. D’autres croient plutôt que les adultes utilisent les mêmes mécanismes neurocognitifs, mais que « leur motivation » pour apprendre est moindre de celle des enfants. Enfin, d’autres chercheurs ont émis une troisième hypothèse « mitoyenne », selon laquelle un adulte utiliserait dans un premier temps des mécanismes neurocognitifs différents de ceux employés par les enfants, mais qu’au cours de l’apprentissage, ces mécanismes « convergeraient graduellement vers ceux sollicités par les enfants ».

Pour tester ces différentes hypothèses, Karsten Steinhauer a fait appel à la technique d’électroencéphalographie (EEG), qui en raison de sa grande précision temporelle correspond mieux à l’étude de « la parole, qui est rapide et dynamique ». Grâce à cette technique, il a enregistré les « potentiels évoqués cognitifs » (PÉc) - sur le scalp de trois groupes de sujets - des locuteurs anglophones, des adultes francophones apprenant l’anglais mais ayant acquis un niveau intermédiaire de cette langue seconde, ainsi que des francophones ayant atteint un niveau avancé de maîtrise de l’anglais - tandis qu’on leur faisait écouter des phrases anglaises et françaises correctes, puis rendues insensées par le changement d’un mot.

Karsten Steinhauer a ainsi remarqué que les PÉc enregistrés chez les adultes ayant atteint un niveau intermédiaire se rapprochaient de ceux observés chez les locuteurs anglophones ayant appris leur langue au début de leur vie. Chez les francophones qui étaient parvenus à un niveau avancé, les PÉc étaient similaires à ceux des anglophones. En d’autres termes, le cerveau de ces derniers se comportait désormais comme celui des locuteurs dont l’anglais était la langue maternelle ou avait été acquis dès le plus jeune âge. « La convergence était complète, a indiqué M. Steinhauer en conférence. Ces données vont donc à l’encontre de l’hypothèse selon laquelle il existerait une période critique pour l’apprentissage et elles soutiennent la troisième hypothèse. »

« Il n’est pas impossible de changer les connexions synaptiques dans le cerveau d’un adulte. On peut apprendre à conduire la voiture et à jouer au tennis à l’âge adulte, c’est similaire pour l’apprentissage d’une nouvelle langue », a-t-il ajouté.

Dans un second temps, Karsten Steinhauer a voulu savoir si la méthode employée pour acquérir une langue seconde pouvait influencer l’apprentissage à l’âge adulte et s’il favorisait la convergence qu’il avait observée dans son étude précédente. « Il est possible que le type d’exposition à la nouvelle langue influence le mécanisme d’apprentissage », a-t-il soulevé. Il a donc comparé l’apprentissage implicite dans un contexte d’immersion à un apprentissage explicite en salle de classe. Toujours en comparant les enregistrements EEG, il a constaté qu’au début, le groupe ayant suivi un enseignement explicite réussissait mieux que le groupe en immersion, mais pas pour très longtemps. Seul le groupe en immersion présentait au bout d’un certain temps des PÉc similaires à ceux enregistrés chez les individus dont il s’agissait de la langue maternelle. « L’immersion semble accélérer la convergence », a précisé le chercheur.

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samedi 12 mai 2012

Les troubles estudiantins, la faiblesse de l'autorité : de mauvais augure

L'ancien ministre Jacques Brassard sur son carnet revient sur le boycott des étudiants du Québec.

Le Québec tout entier aura basculé dans une crise socio politique qui dure et perdure pour une raison somme toute…banale : une hausse modérée et justifiée des frais de scolarité sur cinq ans (ramenée à sept ans).

Cette crise, que l’on se plait en certains milieux branchés à désigner pompeusement sous le vocable de « Printemps Québécois », est révélatrice de l’état de la société québécoise au moment même ou elle doit faire face à un sérieux effritement des fondations de l’État Providence, édifié au cours des 50 dernières années à des coûts dépassant largement nos moyens.

C’est ainsi que la fronde étudiante (mélange détonnant d’utopisme débridé, de vandalisme et d’intimidation) a pu compter sur l’appui de toutes les forces dites «progressistes», c’est-à-dire, essentiellement, l’ensemble des composantes de la gauche : les corporatismes syndicaux, un partie notable de la classe politique (PQ, Québec-Solidaire), la colonie artistique et une large proportion de l’intelligentsia (écrivains, universitaires, intellos).

De sorte qu’on peut dire que les rebelles étudiants apparaissent de plus en plus comme l’avant-garde des troupes des bénéficiaires syndiqués du coûteux «Modèle Québécois» qui s’apprêtent à monter l’assaut de tout gouvernement qui osera entreprendre des réformes visant à rendre plus conformes à nos moyens des pièces majeures de l’État providence.

La révolte étudiante, c’est la « bataille de Dieppe » précédant et préparant le « Grand Débarquement » !

Par ailleurs, ce que révèle cette crise, c’est l’état de déliquescence avancé de l’autorité à tous les niveaux de la société. Pour ce qui est de l’autorité parentale, on s’en doutait déjà. Mais ce qui inquiète au plus haut point, c’est la démission des autorités institutionnelles. Celles des universités et des cegeps se sont comportées dans ce foutoir comme des lopettes. Quant aux profs syndiqués, ce fut, de leur part, des prosternations obséquieuses et totalement irresponsables devant la « grandeur et la beauté » du combat révolutionnaire des étudiants. De plus, on a fait un « doigt d’honneur » aux tribunaux.

Tout cela est de très mauvais augure pour la suite des choses.

Si on a eu droit à tout ce tohu-bohu pour un trivial dégel des frais de scolarité, imaginez-vous ce qui va survenir lorsqu’un gouvernement courageux (est-ce un oxymore ?) entreprendra une inévitable opération de reconfiguration de notre sacro-saint « Modèle Québécois » ? Une guerre sociale ? Une plongée dans l’anarchie ? Une insurrection généralisée ?

Vous voyez bien ce que je veux dire ? Évoquons quelques exemples.

Un gouvernement courageux met en œuvre une nécessaire réforme en profondeur des services de garde pour en réduire les coûts exorbitants. Que se passe-t-il? Le chaos social? Une immense pagaille dans tout le Québec?

Un gouvernement courageux met en branle une révision de l’assurance parentale pour la rendre moins « chromée ». Qu’advient-il ? Une mutinerie universelle ? Le Grand Bordel ?

Un gouvernement courageux décide d’élargir la place du privé dans le système de santé. Quelle est la réaction ? La « guerre nucléaire » ?



Vous croyez que je suis pessimiste ? Que j’exagère ? Je ne crois pas. Toutes les sociétés occidentales, vivant depuis des décennies au-dessus de leurs moyens et donc surendettées, sont dans l’obligation de donner à leurs États Providence une taille plus modeste. Certaines ont réussi (Allemagne, Suède), d’autres ont sombré dans le désordre et l’émeute (Grèce).

Chez nous, je crains que le chahut estudiantin ne préfigure bien des tourmentes et bien des tumultes lorsqu’apparaitra un gouvernement courageux décidé d’agir. Nous aurons un gouvernement, ça c’est sûr, mais sera-t-il courageux ? Un doute m’assaille !




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